é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 22 février 2009



  Crise économique - CSG-Solidarité: "Une spirale de licenciements massifs"
  Scénario optimiste - Tourisme : une logique de croissance zéro en 2009
  Profitant de la crise en Guadeloupe - Maurice accueille les touristes français sans passeport
  Emploi - Hôtel Ambre: la direction précisera ses intentions ce mercredi
  Rodrigues - Pour faire face à la crise
  Road-show conjoint Emirates/MTPA - Maurice à la conquête du Moyen-Orient
  15e anniversaire de la présence de la compagnie d'aviation réunionnaise à Maurice - Air Austral augmente ses fréquences quotidiennes sur Maurice
  Textile — Shibani Inwear - 532 personnes licenciées


Crise économique

CSG-Solidarité: "Une spirale de licenciements massifs"

La Confédération syndicale de Gauche-Solidarité (CSG-Solidarité) dénonce le fait qu'en ce début 2009, l'économie est engagée dans une spirale de licenciements massifs dans différents secteurs de l'économie, soit de l'hôtellerie au secteur de l'habillement en passant par les BPOs. Face à cette crise, cette confédération syndicale soumet au gouvernement une série de sept mesures d'urgence en vue de faire face à la situation et atténuer les difficultés des salariés.

"L'économie est entrée dans une spirale de licenciements généralisés. Ce que nous avons pu constater jusqu'ici n'est qu'un début car le pire est à venir. Ce sont les employés qui font les frais de la crise économique soit en étant victimes de licenciements soit avec des conditions de travail modifiées à leur désavantage. Il est clair que le Stimulus Package adopté par le gouvernement ne fonctionne pas; il ne représente qu'une accélération aveugle de la réforme économique de Sithanen", soutient CSG-Solidarité dans une déclaration de presse émise hier après-midi. Elle ajoute que ces licenciements résultent de la conjugaison de trois facteurs majeurs, en l'occurrence la crise internationale, l'échec de la réforme économique Sithanen et l'entrée en vigueur de l'Employment Rights Act.

Ashok Subron, le porte-parole de CSG-Solidarité parle d'un "grave conflit d'intérêts" dans la mise à exécution du Stimulus Package. "La co-gestion de ces fonds publics de Rs 10,4 milliards est assurée par des représentants du patronat. Mais le plus grave est que nous avons appris officiellement que la liste des compagnies bénéficiant des fonds sous le Stimulus Package est sous le sceau de confidentialité. Ce sont des représentants du secteur privé qui décident de l'allocation de ces fonds publics, constitués des contributions des contribuables. C'est un véritable scandale portant la double signature de Navin Ramgoolam et de Rama Sithanen", devait-il avancer.

Pour les dirigeants syndicaux de la CSG-Solidarité, le Stimulus Package est un véritable fiasco dans la conjoncture vu que ce plan devait supposément protéger l'emploi. Dans ce contexte de spirale de licenciements, ils proposent sept mesures d'urgence, soit

le gel de l'application de l'Employment Rights Act au chapitre du licenciement;

le rétablissement de la formule de "Severance Allowance" comme sous le Labour Act;

l'application des "Transition Unemployment Benefits" sur les "Total Earnings" et non les salaires de base;

l'introduction d'urgence d'une "Wealth Tax" sur ceux qui ont bénéficié de la situation économique au cours de ces trois dernières années pour remplacer la déduction de salaires de 1% à partir de ce mois;

la dissolution du comité de co-gestion sous le Stimulus Package aussi bien que des autres sous-comités;

que les employés ont un droit de veto au sein des entreprises bénéficiant des fonds publics et

la convocation d'urgence par le gouvernement d'une table ronde réunissant les représentants du monde syndical, des associations de petits planteurs et de petits entrepreneurs en vue d'élaborer une politique économique alternative dans ce contexte de crise.

L'appel de CSG-Solidarité à la population est d'initier un débat sur ces sept demandes, de remplir les formulaires pour la déduction de 1% des salaires et de se préparer pour un rassemblement annoncé pour le mois de mars.


Curepipe: Réunion vendredi des licenciés de Shibani

Les quelque 500 employés de Shibani Inwear, qui ont été envoyés sur le pavé au cours de la semaine écoulée avec la mise sous administration judiciaire de leur usine, s'organisent pour décider de la marche à suivre et pour revendiquer leurs droits fondamentaux. Ils prévoient une assemblée de tous les employés licenciés vendredi prochain dans la cour de l'Eglise Ste-Thérèse à Curepipe. Ils ont sollicité et bénéficié du soutien de CSG-Solidarité.

L'auteur de cette initiative, Steve Pyanee, un des licenciés, soutient que "les employés doivent connaître la situation pour prendre les décisions qui s'imposent. Nous traversons une période extrêmement difficile et des plus traumatisantes. Nous ne savons quoi faire dans la conjoncture. Comment peut-on prétendre vivre avec des allocations mensuelles de Rs 3 000?".

Steve Pyanee a passé les trente dernières années dans le secteur de la zone franche avec six ans au sein de Shibani Inwear. Il conteste le fait que les employés soient des victimes dans des conflits entre "différan group kapitalis". "Les licenciés sont en présence d'informations troublantes au sujet des recettes d'exportations, qui n'auraient pas été enregistrées dans les comptes de la compagnie. Nous allons réclamer des explications", devait-il avancer.


Scénario optimiste

Tourisme : une logique de croissance zéro en 2009

En attendant les prochaines vacances de Pâques, qui représentent normalement une reprise des activités, l'industrie touristique est entrée depuis le début de cette année dans une logique confirmée de croissance zéro pour 2009. C'est du moins un scénario optimiste face au refus du Bureau central des statistiques (BCS) de s'engager dans des prévisions pour les prochains mois. Néanmoins, des risques d'une croissance négative planent sur ce secteur économique, dont la performance en 2008 n'a été guère reluisante.

Malgré les efforts de promotion touristique avec un budget additionnel de Rs 100 millions alloué à la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), l'incertitude est toujours de mise en ce début d'année. D'ailleurs, la confirmation est apportée par le BCS, qui en date du 18 février, trouve que "a slowdown in the number of tourists is expected in 2009 due to the economic downturn observed in our main markets. At this point in time, lack of visibility does not allow for a reasonable forecast".

Entre-temps, l'inquiétude gagne le secteur de l'hôtellerie où les menaces de licenciements pour raison économique ou encore de fermeture d'hôtels faute de clients se font de plus en plus précises et les premiers départs annoncés. Des spécialistes de l'industrie touristique supputent que le second trimestre, soit après la première pointe de la saison touristique avec les vacances de Pâques, risque d'être déterminant au niveau des emplois et du niveau d'activités dans ce secteur.

Les dernières données statistiques officielles confirment le marasme qui affecte l'industrie touristique depuis septembre dernier au moins. Les recettes générées par cette industrie n'ont guère progressé en 2008 comparativement à 2007. En effet, les statistiques compilées par la Banque de Maurice indiquent que les recettes brutes du tourisme étaient de Rs 41,2 milliards en 2008 contre Rs 40,7 Md en 2007, soit une croissance nominale de 1,3%. La croissance des recettes au cours de ces dernières années a été nettement plus substantielle, soit de Rs 9 milliards de plus en 2007 comparativement à 2006 et de Rs 6 milliards de plus en 2006 en comparaison à 2005.

"Cette augmentation dans les recettes brutes ne constitue nullement une indication de la bonne santé de ce secteur économique. Si ces recettes sont reconverties en devises étrangères, notamment en dollars américains ou en euros aux taux de change en vigueur, le tableau est complètement différent dans la mesure où nous allons nous retrouver avec une régression dans les recettes car le taux ne peut même pas compenser celui de la dépréciation de la roupie", avance-t-on dans les milieux du tourisme, qui cachent difficilement leur pessimisme dans la conjoncture.

Les recettes de Rs 10,4 milliards engrangées au cours du quatrième trimestre sont quasiment inférieures à celles du deuxième trimestre de l'année alors que jusqu'ici, la période d'octobre à décembre constituait "la coupe de l'hôtellerie". Ces recettes trimestrielles sont inférieures d'au moins Rs 2 milliards à celles de la période correspondante en 2007 où le montant était de Rs 12,3 Md.

Le nombre de touristes visitant Maurice l'année dernière a été de 930 456, soit une hausse de 2,6%, bien loin des "Double-Digit Figures" de 2007. L'Europe, qui est affectée par la récession, représente le plus important marché avec 65,4% des arrivées. Le taux de croissance sur ce marché n'a été que de 2,1% avec la France représentant une progression honorable de 8,3% alors que le statu quo est de mise pour ce qui est de la Grande-Bretagne.

Par contre, l'Italie et l'Allemagne sont en régression dans la fourchette de 4,4% et 5,6%. Le marché de la Réunion et de l'Afrique du Sud reste sous la barre des 100 000 visiteurs chacun, avec des croissances respectives de 0,4% et de 3,3%.

La période allant de septembre à décembre de l'année dernière, représentant la pointe de la saison touristique, a été nettement plus difficile. La déception est encore plus grande pour le mois de décembre où le nombre de touristes est tombée sous la barre fatidique des 100 000 en un mois, soit 97 388. Les mois de septembre et de novembre ont été également déficitaires par rapport à la période correspondante en 2007.

Les premiers chiffres d'arrivées touristiques pour 2009 sont attendus avec impatience en vue de mieux dessiner les contours de cet important secteur économique avec 28 534 emplois directs, dont un peu plus de 22 000 dans les hôtels sans oublier les 4188 dans le réceptif et les milliers autres emplois indirects mais lucratifs...


Avec la crise - La Bourse : exode de Rs 195,9 millions jusqu'ici

Les valeurs-phare cotées à la Bourse de Maurice continuent à subir les contrecoups de la crise financière internationale. En sept semaines cette année, le principal indice boursier, le Semdex, a essuyé une baisse de 16,25% avec la capitalisation boursière bien calée sous la barre des Rs 100 milliards. A la clôture de la séance boursière du 31 décembre 2008, cet important indicateur boursier était à Rs 109,3 milliards.

Mais la tendance qui suscite des inquiétudes concerne l'intérêt des étrangers dans des placements à la Bourse de Maurice. Depuis le début de cette année, la Bourse de Maurice a déjà connu un exode de Rs 195,9 millions, soit des investisseurs étrangers cherchant à liquider leurs investissements à Maurice pour aller chercher des placements dits "Safe Havens".

Le marché boursier n'a pas connu ce genre de situation depuis une dizaine d'années déjà car le rapatriement le plus conséquent par des investisseurs à la Bourse sur une année s'élève à Rs 385,3 millions en 1999. Cette situation a commencé à se développer depuis l'année dernière car les placements nets des étrangers sur la Bourse de Maurice avaient été réduits de plus de moitié, soit Rs 654,9 millions contre Rs 1,5 milliard en 2007.

D'autre part, l'évolution des cours des "Blue Chips" à la Bourse de Maurice ajoute à la déprime si les spécialistes boursiers ne cessent d'affirmer qu'il faut investir à la Bourse que quand les cours sont au bas niveau. L'une des valeurs boursières ayant pris le plus gros coup est l'action de Naïade Resorts Limited dans le secteur hôtelier avec une baisse de 31,97% à la Bourse depuis le début de l'année.


Profitant de la crise en Guadeloupe

Maurice accueille les touristes français sans passeport

À cause des grèves et des mouvements sociaux qui secouent la Guadeloupe actuellement, les touristes français, contraints d'y annuler leur séjour peuvent venir à Maurice sans passeport. Maurice profite de cette crise pour tendre les bras aux touristes français, leur permettant de déroger à la procédure normale pour les voyageurs en provenance de l'Hexagone. Cette décision du Prime minister's office fait suite à la requête du ministère du Tourisme et de la Mauritius Tourism and Promotion Authority (MTPA) et vise à booster notre secteur touristique, indique le ministre Xavier Duval. L'opération Maurice sans passeport, valide jusqu'au 31 mars 2009, pourrait s'étendre aux autres voyageurs européens, se retrouvant dans cette situation, confie-t-il. Actuellement, la demande se fait sentir principalement au niveau de l'Italie.

Avec les nouvelles dispositions prises par la MTPA, les touristes français n'auront qu'à présenter leur carte d'identité valide et un billet d'avion pour séjourner à Maurice. Ces touristes, en l'occurrence ceux qui projetaient de visiter la Guadeloupe, mais contraints de revoir leur destination à cause des tensions qui y règnent, devront s'être au préalable inscrits en ligne sur le site www.mauricesanspasseport.com. Ils devront remplir un formulaire d'identification (valide jusqu'au 31 mars 2009 pour l'identification en ligne) qui requiert le lieu de séjour annulé, l'état civil, le lieu de séjour à Maurice et le numéro de carte d'identité, entre autres. Ce document individuel devra être rempli dans un délai minimum de trois jours ouvrables et un maximum de sept jour avant le départ. Une fois à Maurice, les passagers seront orientés vers un comptoir qui leur est réservé. "Nous avons été réactifs dans cette démarche et nous en sommes fiers. La décision a été prise en 24 h et le site monté en 48 h. Il y a des milliers de français qui sont contraints d'annuler leur voyage. Pourquoi ne pas en profiter", explique Xavier Duval. À ce stade, indique le ministre du Tourisme, nous avons 100 personnes qui sont déjà arrivées. "1 000 autres sont in the pipeline. C'est fantastique, et pour notre tourisme et pour Air Mauritius", fait ressortir Xavier Duval. Actuellement, au départ des aéroports français, les avions sont presque à 100% remplis, indique-t-il. Il rappelle que généralement en DOM TOM, 80% des touristes français voyagent sans passeport. D'où la décision des autorités mauriciennes de mettre en place de nouvelles procédures.

En ce qu'il s'agit de la question de sécurité, le ministre fait ressortir que "le passeport n'est qu'une pièce d'identification. Avec une carte d'identité valide, nous assurerons le même service aux passagers". D'où les procédures d'identification du formulaire en ligne qui sont ensuite adressées à l'office du Tourisme de Maurice qui effectue le transfert aux autorités pour le suivi. Notons que le formulaire d'identification individuelle devra être rempli par le voyageur ou son intermédiaire, notamment le tour opérateur, l'agent de voyage, la compagnie aérienne… Avec cette mesure, indique le ministre du Tourisme, Maurice veut encourager les touristes français à venir profiter des nombreux atouts de notre destination et renforcer davantage les liens culturels et historiques avec la France. Selon le ministre, la démarche des autorités mauriciennes a été très bien accueillie. Il souligne que "cette réactivité du gouvernement a fait que nous avons obtenu un grand boost touristique dans la presse française, mais également la presse internationale". Rappelons selon la procédure normale pour les voyageurs en provenance de l'Hexagone est que tous les passagers doivent présenter à leur arrivée à Maurice un passeport devant être valide six mois après la date de retour, ainsi qu'un billet retour. Cette nouvelle mesure pour l'entrée de certains touristes français sur le territoire mauricien pourrait être étendue à d'autres pays d'Europe. Selon les indications de l'office du Tourisme, il existe une grande demande des touristes italiens, se trouvant dans cette même situation que les touristes français, en quête d'une nouvelle destination. Dans cette optique, les autorités envisagent fortement de revoir les procédures d'entrées. L'objectif est de redynamiser le marché du tourisme en provenance de l'Hexagone et de positionner Maurice comme la destination de choix.


Emploi

Hôtel Ambre: la direction précisera ses intentions ce mercredi

Un centaine de salariés au sein de l'hôtel Ambre, établissement appartenant au groupe Apavou, devraient être fixés sur leur sort ce mercredi après que la direction a annoncé qu'il communiquera un plan contenant les mesures envisagées vis-à-vis de son personnel. Selon les premières indications, il n'est pas à écarter que d'autres employés, après les douze personnes licenciées la semaine dernière, puissent perdre leur emploi. Une partie sera également redéployée vers d'autres hôtels, et d'autres pourraient être contraints au chômage technique ou à un congé sans solde.

Cette réunion tripartite prévue ce mercredi à 12h30 sera ainsi déterminante quant à l'avenir d'une centaine de travailleurs. Valeur actuelle, l'hôtel situé dans l'est de l'île emploie 240 personnes. Cette réunion est la deuxième en une semaine. vendredi après-midi, et c'est le ministre du Travail et des Relations industrielles, Jean-François Chaumière, qui l'avait présidée. Ce dernier a exprimé le souhait qu'une solution rapide soit trouvée après les deux manifestations organisées par les travailleurs la semaine dernière. Le gouvernement n'aurait également pas apprécié la démarche des travailleurs, syndiqués au sein de la Hotel and Restaurant Employees' Union (HREU) et l'Organisation of Hotel Catering Workers' Unity.

Durant ces deux semaines la situation a été relativement tendue au sein du personnel de l'hôtel, la direction ayant même à un moment donné évoqué la l'éventuelle fermeture de l'hôtel lors des discussions bipartites. C'est d'ailleurs la question qui a provoqué un arrêt brutal des discussions. "Nous avons décidé de stopper les négociations avec la direction de l'hôtel lorsqu'elle a évoqué la possibilité de fermer l'établissement. Nous avons immédiatement informé, à travers une lettre conjointe, le ministre du Travail", explique Atma Shanto, négociateur pour le compte des employés.

En l'absence d'informations concernant le nombre de travailleurs qui seront concernés par les différentes options envisagées par le direction, les parties concernées n'ont pu poursuivre les discussions vendredi après-midi. D'où la tenue d'une deuxième réunion tripartite ce mercredi. "La direction a indiqué qu'il communiquera des chiffres au cours de cette réunion. De toute évidence, nous sommes contre l'éventualité d'imposer des congés sans solde ou l'option de chômage technique. Si certains sont mis au chômage technique, il faudra continuer à payer les employés. De toute façon, elle n'est pas claire dans ses explications. Nous nous attendons à des propositions concrètes ce mercredi", fait ressortir le syndicaliste.

Ce dernier estime, par ailleurs, que cette situation découle de la proclamation de la nouvelle loi qui est venu remplacer le Labour Act, l'Employment Rights Bill. "Il est important de savoir que la direction d'Ambre Hôtel voulait licencier des travailleurs en décembre dernier", avance notre interlocuteur. Et Atma Shanto de mettre en avant : "C'est suite à nos protestations qu'ils ont gelé leur décision. Or quelques jours après la proclamation de la nouvelle loi, les menaces de licenciement reviennent sur la table. Cela se passe actuellement dans d'autres secteurs d'activités comme le textile."


Rodrigues

Pour faire face à la crise

Pour faire face à la situation catastrophique de l'industrie touristique à Rodrigues, les opérateurs se sont réunis pour envisager les mesures à prendre. Une des solutions pour atténuer la crise serait une baisse du billet d'avion Maurice/Rodrigues.

Les opérateurs touristiques réunis au sein des quatre associations rodriguaises ont commencé une serie de rencontres pour conscientiser les forces vives de Rodrigues sur l'importance de l'industrie touristique dans l'économie du pays et la nécessité de tout mettre en œuvre pour éviter que la situation ne se dégrade davantage. Ces rencontres ont débouché sur une réunion d'explication qui a eu lieu à l'hôtel Les Cocotiers, le vendredi 13 fevrier, avec les responsables des associations non-gouvernementales. Lors de cette réunion, Aurel André, Benoit Jolicoeur et Jean Pierre Lim Kin ont, tour à tour, expliqué qu'avec la crise que connaît l'industrie touristique, c'est toute l'économie de Rodrigues qui sera affectée. On constate déjà une baisse de 27% des touristes mauriciens qui constituent le plus gros marché dans le secteur touristique. Les hôtels menacent de licencier ou de diminuer les salaires. Les produits artisanaux et agricoles auront moins de débouchés ce qui représente un sérieux manque à gagner pour de nombreuses familles rodriguaises. Mais pire, ont souligné les animateurs de la réunion, cette situation peut entraîner une crise sociale dans le pays.

Pour les opérateurs, une des plus grosses contraintes au développement de l'industrie touristique de Rodrigues est le coût du billet d'avion entre Maurice et Rodrigues qui est trop élevé. Ils demandent au gouvernement central de mettre en place une mesure spéciale pour Rodrigues en puisant Rs 200 millions dans le Stimulus Package de Rs10 milliards pour subventionner le fuel tax pour une période de 18 mois. Cette mesure provoquera une baisse de Rs 3024 sur le billet d'avion Maurice/Rodrigues/Maurice. Les différents syndicats, le Rodrigues Council of Social Services, le Centre Carrefour ainsi que les autres associations d'éleveurs et de pécheurs soutiennent cette demande. Les présidents des communautés villageoises soutiennent la proposition pour réclamer une baisse du billet d'avion entre Maurice et Rodrigues.

Les représentants des associations touristiques comptent poursuivre leur campagne de sensibilisation auprès de la population avant de demander une réunion spéciale de l'Assemblée Regionale sur cette question d'intérêt nationale . C'est seulement après un travail approfondi sur le terrain qu'une délégation rodriguaise se rendra à l'île Maurice pour présenter cette demande au gouvernement mauricien.


Road-show conjoint Emirates/MTPA

Maurice à la conquête du Moyen-Orient

Emirates Airlines renforce et consolide sa campagne pour vanter les mérites touristiques de Maurice au Moyen-Orient. Dans cette optique, conjointement avec la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), la compagnie aérienne y tiendra un road-show du 1 au 5 mars prochain.

Le road-show débutera au Koweït pour ensuite se diriger vers Riyad, Djeddah (Arabie Saoudite) ainsi qu'à Dubayy. Les différents sites d'attractions de Maurice seront présentés aux agences de voyages ainsi qu'aux médias. Le pays sera mis en valeur auprès de quatre cités potentielles en vue de les inciter à choisir Maurice comme destination. Selon une étude réalisée par ArabianBusiness. com en 2008, en moyenne les touristes du Moyen-Orient sont ceux qui voyagent le plus dans le monde. Cette étude révèle que quatre sur cinq touristes du Moyen-Orient visiteraient au moins deux pays annuellement. Selon le directeur de la MTPA, Karl Mootoosamy, le marché du Moyen-Orient a un énorme potentiel. Rappelons qu'en 2008, Maurice a accueilli 4000 visiteurs en provenance des Emirats Arabes Unis. Chiffre équivalent à une hausse de 108,5 . Il faut noter qu'Emirates Holidays, la branche tour-opérateur d'Emirates Airlines, n'en est pas à sa première promotion de Maurice. En 2004, en collaboration avec la MTPA et le ministère du Tourisme, à travers son road-show Discover Mauritius, elle avait fait la promotion auprès de 5 pays notamment la Jordanie, l'Egypte, le Koweït et le Liban. Pour le prochain road-show, qui se tiendra début mars, une délégation mauricienne, composée des officers de la MTPA et d'Emirates Airlines se rendra aux Emirats Arabes Unis. Cette délégation sera présidée par le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier Duval.


15e anniversaire de la présence de la compagnie d'aviation réunionnaise à Maurice

Air Austral augmente ses fréquences quotidiennes sur Maurice

À compter du 6 avril 2009, les fréquences de la desserte Air Austral sur Maurice passeront de 4 à 6 quotidiennement. La compagnie d'aviation réunionnaise prendra, en effet, livraison de son troisième ATR 72-500. Ce nouvel appareil, immatriculé F-OMRU, en clin d'œil à l'île Maurice - d'une capacité de 64 sièges, disposant des dernières évolutions technologiques en termes de confort pour ses passagers - permettra de renforcer la desserte régionale de la compagnie. Et Air Austral mise davantage sur la ligne Réunion/Maurice. C'est l'annonce faite par le directeur général d'Air Austral, Gérard Éthève, vendredi dernier, lors d'une conférence de presse autour du 15e anniversaire de la compagnie. Ces 15 ans de relations bilatérales avec Maurice sont qualifiées de fructueuses par Air Austral, qui compte également sur ces relations pour optimiser sa nouvelle desserte vers Sydney et Nouméa, prévue à partir du 12 avril 2009.

Les vols supplémentaires prévus entre la Réunion et Maurice, avec six vols quotidiens entre les deux îles permettront aux voyageurs de choisir l'horaire idéal pour se rendre dans l'île sœur, d'offrir des correspondances optimales vers les autres destinations d'Air Austral au départ de St-Denis, indique Gérard Éthève. Air Austral consolide ainsi sa position sur le marché régional. Quant au projet d'une première liaison régulière vers Sydney et Nouméa, à raison de deux vols hebdomadaires, il relève d'une décision prise depuis 2006, assure Gérard Ethève. Il répondait aux questions de la presse qui faisait le parallèle avec la décision d'Air Mauritius d'arrêter son propre vol direct sur Sydney. "Cela n'a rien à voir avec Air Mauritius", fait ressortir Gérard Éthève, ajoutant qu'Air Austral entretient de très bonnes relations avec la compagnie d'aviation nationale et l'île Maurice. Avec ce projet certes, la compagnie d'aviation réunionnaise récupérera logiquement son propre marché, à savoir sa clientèle réunionnaise, qui passait jusqu'ici par Maurice pour se rendre à Sydney. Mais il existe aussi une possibilité inverse, notamment avec des Mauriciens choisiraient le transit vers la Réunion. En effet, Air Austral proposera à partir du 12 avril 2009, deux liaisons hebdomadaires entre Paris Charles de Gaules et Nouméa, via Saint Denis et Sydney, avec un temps de voyage de 27h20 entre Paris et Nouméa. Les correspondances sont assurées avec les vols Maurice - Réunion - Maurice avec un temps de transit optimal. Le départ de Paris est prévu pour les mercredis et les dimanches et celui de Nouméa et de Sydney les mardis et samedis.

En 15 ans de desserte, Air Austral a effectué 2 000 vols entre La Réunion et Maurice, a indiqué Gérard Ethève. Le nombre de passagers pour 2008 sur Réunion/Maurice s'élève à 242 679 contre 110 193 en 1994. Air Austral a gagné plus de 20 % de part de marché sur sa desserte Réunion/Maurice, shiftant de 30 % en 1994, pour atteindre 53 % en 2008. La compagnie, qui date de plus de 30 ans déjà, se positionne comme un acteur majeur de la desserte de l'Océan Indien entre la France Métropolitaine et la Réunion, tout comme sur les liaisons régionales. Interrogé sur d'éventuelles difficultés de la compagnie face au choc financier mondial, Gérard Ethève indique qu'il y a six mois, Air Austral craignait le pire avec l'augmentation du prix du kérosène. Cependant, comme la compagnie assure une desserte de nature plutôt domestique, elle n'a pas été vraiment touchée par la crise internationale. Il fait aussi ressortir qu'Air Austral, qui procède par petits pas, mesure ses risques avant d'investir dans un projet. La stratégie de la compagnie c'est d'ouvrir de nouvelles lignes après s'être assurée de la profitabilité de l'entreprise et de la viabilité des nouvelles dessertes. Notons qu'au cours des 12 derniers mois, la compagnie d'aviation réunionnaise a transporté 789 837 passagers, 322 625 sur les dessertes long courrier de et vers la France Métropolitaine et 457 512 sur son réseau régional. Le taux d'occupation des vols, toutes destinations confondus est de 83%. Il atteint 85 sur le long courrier et 71 % sur le régional. Corollaire de l'évolution de l'activité, le chiffres d'affaires de l'entreprise atteint à ce jour, 263 millions d'euros, soit plus du double du chiffre réalisé il y a cinq ans et le quintuple de celui d'il y a six ans, lorsque ma compagnie exploitait uniquement un réseau régional.


Textile - Shibani Inwear : 532 personnes licenciées

Coup dur pour les 532 employés de Shibani Inwear. Placée sous administration judiciaire cette semaine, l'usine n'est plus en mesure de poursuivre ses activités, alors que les employés, dont 468 Mauriciens et 64 étrangers, nourrissent encore l'espoir d'obtenir une indemnité de licenciement. Selon les premiers éléments disponibles, l'usine de textile n'arrivait pas à honorer ses dettes estimées à un peu moins de Rs 300 millions auprès de ses différents créanciers. La Mauritius Leasing Company a mis sous scellés les machines de l'entreprise qui, indique-t-on, se trouvait financièrement dans la zone rouge depuis quelque temps, notamment à cause d'un carnet de commandes réduit et de l'absence d'un plan pour remonter à la surface. D'ailleurs, les démarches en vue d'obtenir le soutien du gouvernement à travers le "Stimulus Package" n'ont pas abouti. C'est le Receiver Manager, Mustaq Osman de Pricewaterhouse qui a pris en charge ce dossier. Des démarches ont été entreprises au ministère du Travail et des Relations industrielles en vue de faciliter le paiement des indemnités des travailleurs. Les licenciés prévoient de se rencontrer cette semaine. Une manifestation n'est pas à écarter.



é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 22 février 2009