a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 22 février 2009



  Economie en 2009 - FMI : décélération de la croissance à 2%
  Relations sino-mauriciennes - Financement chinois de Rs 8,9 milliards à Maurice
  Crise financière - Air Mauritius : des pertes de Rs 100 M par mois


Economie en 2009

FMI : décélération de la croissance à 2%

Après avoir aligné pendant trois années consécutives un taux de croissance économique variant dans la fourchette de 5,1% à 5,4% annuellement, Maurice se retrouve en 2009 en face d'une nouvelle réalité. En effet, la récente "Staff Mission" du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Christina Daseking, après analyse des données économiques en ce début d'année, prévoit que le taux de croissance connaîtra une nette décélération pour se retrouver à 2%, soit sensiblement le même taux que les 2,3% enregistrés en 2005. Ces prévisions, qui ont été communiquées au vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, en fin de semaine, ont également constitué l'information du FMI par le truchement du "Press Release" 9/43 en date du 20 février. La principale raison évoquée par le FMI pour justifier ses conclusions demeure la nette détérioration de l'environnement économique au cours de ces derniers mois.

Dans la conjoncture, force est de constater que le FMI ne cesse de surprendre au niveau des prévisions du taux de croissance pour Maurice. La présente mission de cette institution internationale dirigée par Christina Daseking a préféré adopter une attitude contrastante à celle de 2008 où le FMI croyait que le taux de croissance allait être de 8%. Devant la crise économique internationale, dont les répercussions néfastes continuent à se déferler, le FMI octroie une croissance de 2% à Maurice. Les premières prévisions établies paraissent moins pessimistes que le FMI, soit la Mauritius Commercial Bank (MCB) avec des prévisions de 4,3%, la Banque de Maurice avec 4% et le gouvernement avec 4% pour 2009.

"A sharply deteriorating external environment, however, is posing significant challenges. On the back of much weaker external demand for textiles and tourism, economic growth is projected to decelerate to 2 percent down from more than 5 percent in 2008", soutient le FMI dans le "Staff Statement" suite à la mission qui a été bouclée vendredi après-midi, avec une "Wrapping-Up Session" au ministère des Finances.

Jusqu'ici, le gouvernement, se basant sur les dernières tendances dans le secteur de l'habillement pour la zone franche et du tourisme, mise sur un scénario de zéro-croissance dans ces deux principaux secteurs visibles, locomotives de la croissance ces dernières années. Mais des risques que ces deux piliers économiques affichent une croissance négative en 2009 ne sont pas à écarter dans la conjoncture, avec de nouvelles répercussions sur la "GDP Growth".

La leader de la mission du FMI devrait rappeler en différentes occasions lors des séances de travail à l'Hôtel du gouvernement que "you should consider yourself very lucky with a 2 percent GDP growth". Néanmoins, on met en garde contre des pressions additionnelles au niveau du déficit budgétaire et de l'endettement public. Au ministère des Finances, l'on s'appesantit sur le fait que l'évolution du déficit budgétaire par rapport au PIB doit être analysée sur une base cyclique au lieu d'une comparaison d'une année à l'autre dans cette conjoncture.

Pour faire face à la crise économique mondiale, le FMI recommande au gouvernement la vigilance par rapport à la mise en œuvre des différentes composantes du "Fiscal Stimulus Package" adoptées par le gouvernement lors d'une séance spéciale du conseil des ministres en date du 20 décembre 2008, et une approche coordonnée pour un allègement de la politique monétaire.

"The mission welcomed the government's proactive policy response in the form of a fiscal stimulus package and coordinated monetary easing. Given the serious risks to the economy, it stressed the need to remain vigilant in maximizing the impact of the stimulus package, while containing fiscal and balance of payments pressures", recommande le FMI.

Les "Concluding Remarks" de la mission du FMI mettent également l'accent sur un meilleur contrôle des dépenses publiques et des encouragements aux investissements émanant du privé. "The Mission encouraged the authorities to improve efficiency of public spending and further support private investment by removing administrative bottlenecks. The global recession also adds urgency to measures that strengthen competitiveness and protect the most vulnerable groups", avance encore le FMI, qui revient à la charge sur la nécessité d'une réforme en profondeur des corps para-publics et du système d'assistance sociale, avec l'élimination des "Poorly Targeted Price Subsidies" par ce qu'il présente comme un "Well-Targeted Social Safety Net".

L'analyse des perspectives économiques est axée sur les fronts de la politique monétaire et de l'évolution du taux de change de la roupie. Le FMI se déclare partisan de la politique d'"Easing of Monetary Policy" et souhaite voir le taux de change de la roupie ne pas subir de mouvements excessifs. Cet organisme demande également aux autorités de se montrer extrêmement prudentes par rapport au niveau de devises étrangères.

En ce qui concerne le taux de change de la roupie par rapport au dollar américain principalement, des appréhensions avaient été exprimées dans certains milieux bancaires. Commentant les tendances de la roupie ces dernières semaines, un cambiste de la Standard Bank's Africa Desk à Johannesburg a soutenu en début de semaine que "the Mauritian rupee is depreciating in response to massive demand for dollars from within Mauritius. The tourism and textile industries aren't bringing in the foreign currency that they used to do, so everyone is looking for dollars at the moment", note la Standard Bank selon une dépêche de Bloomberg.

Cette agence de presse internationale spécialisée de la finance au niveau mondial ajoutait en début de semaine que "the rupee weakened as much as 2,9 percent to Rs 33.8250, the steepest decline since January 26. The drop extended the rupee's decline this year to 5,4 percent".

La recommandation du FMI en vue de "maintain a prudent level of international reserves" détonne par rapport à l'optimisme dans la dernière analyse de la Banque de Maurice. Dans son "Overview" pour le mois de janvier dernier, la Banque centrale note que "at the end of December 2008, the net international reserves of the country stood at Rs 90,164 million, which based on the value of the import bill for the fiscal year 2007/08 and exclusive of the purchase of aircraft, represented 36,6 weeks of imports, up from 34,4 weeks of imports at the end of November 2008. The gross foreign exchange reserves of the Bank of Mauritius decreased from Rs 56,060 million at the end of december 2008 to Rs 54,873 million at the end of January 2009".

D'autre part, le FMI a commenté l'évolution du taux d'inflation, qui semble avoir épousé une courbe descendante. "The current account deficit is expected to rise further to 11 percent of GDP, notwithstanding falling prices for food and fuel. The latter, however, are now a welcome driver of lower inflation, which fell to just above 5 percent in January, measured on a year-to-year basis", ajoute la mission du FMI.

La mission Daseking, qui doit regagner Washington durant le week-end, a eu lors de son séjour à Maurice des séances de travail avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick, des officiels du gouvernement, des représentants du secteur privé et des bailleurs de fonds. La prochaine mission du FMI pour les "Article IV Consultations" est prévue en juin, soit lors de la période de présentation du budget de six mois pour juillet-décembre 2009.


Rama Sithanen: "Sans la réforme nous serions déjà en récession"

Face au diagnostic de l'économie par le Fonds monétaire international (FMI), le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, parvient à deux conclusions majeures. En établissant les prévisions pour une croissance économique de 2%, cette institution de financement internationale n'a pas tenu en ligne de compte les répercussions du mini-budget du 20 décembre dernier et ensuite sans les réformes enclenchées depuis juillet 2005, l'économie aurait déjà été affectée de plein fouet par la récession.

"Le FMI a fait abstraction des effets du Fiscal Stimulus Package de Rs 10,4 milliards adopté par le gouvernement pour encadrer les efforts dans les principaux secteurs économiques. C'est ce qui explique leurs prévisions de 2% de croissance en 2009", soutient le VPM et ministre des Finances. En principe, les effets du mini-budget devraient représenter une croissance additionnelle dans la fourchette de 1,5% à 2% au taux de croissance globale.

"Il faut aussi reconnaître que le FMI ne dispose pas de la même visibilité micro-économique que nous. Avec la mise en place du Stimulus Package, nous avons adopté un Micro-Economic Monitoring des différents secteurs. Dans ses analyses, le FMI s'en tient à des principaux paramètres économiques et aux données relatives internationales pour soutenir ses prévisions. De notre part, nous faisons preuve de flexibilité comme la récente décision du gouvernement en faveur des touristes français débarquant à Maurice sans passeport. Cette décision peut doper la croissance dans l'industrie touristique vu que la France est le principal marché touristique", a fait ressortir Rama Sithanen.

La satisfaction du vice-Premier ministre et ministre des Finances dans l'analyse du FMI est que "sans les réformes enclenchées depuis juillet 2005, l'économie aurait déjà été en récession". Il prend à témoin le paragraphe des "Concluding Remarks" à ce sujet.

En effet, le FMI soutient que "as a result of sustained economic reforms over the last few years, Mauritius macroeconomic fundamentals are solid. The fiscal position improved, the public debt to GDP ratio declined, and economic growth reached its highest level in a decade in 2008. Moreover while banks in many countries have come under severe stress, the Mauritian banking system has remained well-capitalized and liquid".

Rama Sithanen avance que "there is room for monetary easing" comme préconisé par le FMI. Malgré tout nous allons maintenir la vigilance vu qu'il y a des risques même si jusqu'ici, nous avons été "Ahead of the Curve" avec les différentes mesures adoptées par le gouvernement depuis mai de l'année dernière ; "It is difficult but also challenging".


Relations sino-mauriciennes

Financement chinois de Rs 8,9 milliards à Maurice

L'une des principales retombées de la visite d'État effectuée par le président Hu Jintao, en début de semaine, est que la République populaire de Chine est devenue un des principaux bailleurs de fonds de l'économie mauricienne. Avec la signature de trois conventions de financement à Clarisse House, mardi matin, Beijing a mis à la disposition de Maurice des financements de l'ordre de Rs 8,9 milliards, dont un prêt de Rs 8,6 milliards à des intérêts annuels de 2% pour des travaux d'extension et de modernisation au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport. Lors de la séance de travail officielle, le président chinois a présenté un plan en cinq points pour renforcer les relations historiques entre Beijing et Port-Louis. De son côté, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, s'est félicité de l'adoption de la One China Policy par feu sir Seewoosagur Ramgoolam dans les années 70 et a ajouté que Maurice se garde de s'ingérer dans les affaires intérieures de la République populaire de Chine.

Les travaux de construction sur le chantier de l'aéroport devraient démarrer cette année maintenant que le prêt de Rs 8,6 milliards a été signé avec l'Exim Bank de la République populaire de Chine. A la fin des travaux, le Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport sera en mesure d'accueillir quelque quatre millions de passagers annuellement. C'est ce qu'a indiqué le Premier ministre à un point de presse jeudi.

Les deux autres conventions portent sur une ligne de crédits sans intérêts de Rs 200 millions et un "Grant" de Rs 150 millions. "Cette assistance financière de Rs 8,9 milliards est la plus importante que Maurice ait jamais obtenue en une seule occasion. La République populaire de Chine accède à la première place des pays venant en aide à Maurice pour son développement. Bien que la République populaire de Chine soit affectée par la crise économique internationale, ce pays a augmenté l'assistance financière à Maurice. Nous récoltons les fruits de la One China Policy adoptée par le Père de la Nation dans les années 70 malgré les pressions internationales de l'époque", a soutenu Navin Ramgoolam.

Dans un autre ordre d'idées, le Premier ministre s'est félicité du soutien indéfectible de la Chine aux revendications de souveraineté de Maurice sur les Chagos et Tromelin. Répondant à une question de la presse sur le respect des Droits de l'Homme en Chine, Navin Ramgoolam a déclaré que "mo pa ine rantr dan les affaires internes de la Chine. Mo ine guette lintéré de Maurice". La République populaire a augmenté le nombre de bourses d'études universitaires d'une vingtaine annuellement.

De son côté, le président chinois a présenté un plan en cinq points pour approfondir les relations sino-mauriciennes établies au niveau diplomatique il y a 37 ans de cela. "In the political sphere, the two sides have continued to strengthen mutual trust, and have shared mutual understanding, sympathy and support on issues concerning each other's key interests", rapporte la partie chinoise après les échanges de mardi matin.

Sur le plan économique, les deux pays ont constaté que l'expansion des échanges génèrent des bénéfices mutuels. Ils ont pris la décision de poursuivre cette coopération économique dans les domaines du travail, du Project Contracting, de l'agriculture, des investissements et de la formation.

La Chine et Maurice sont convenues de maintenir des échanges à très haut niveau sur le plan politique aussi bien que des institutions "to reinforce mutual political trust", d'établir une coopération économique et commerciale très poussée en vue d'établir une "Economic and Trade Cooperation Zone", d'encourager les entreprises chinoises à investir à Maurice et de promouvoir la coopération bilatérale dans les infrastructures, d'encourager la coopération bilatérale face à la crise économique internationale, de procéder à des échanges dans les domaines de l'éducation, de la culture, de la santé publique, du tourisme et au niveau de jeunesse, et de renforcer la coopération sur le plan international et régional.

"China is willing to keep up consultation and coordination with Mauritius on issues like climate change, sustainable development of island countries, United Nations Security Council reforms and jointly safeguard the rights of developing countries", souligne-t-on, au sein de la délégation chinoise.

Le programme de visite du président chinois d'une durée de 28 heures a été menée tamabour battant. Le fait marquant demeure la ponctualité dont ont fait preuve le président Hu Jintao et les membres de sa délégation lors des différentes étapes du programme officiel. Les deux discours au banquet d'Etat ont été marqués par la célébration de l'amitié sino-mauricienne indéfectible à travers le temps. Le président chinois a regagné Beijing mardi soir vu que Maurice était la dernière étape de cette offensive politique et diplomatique de la République populaire de Chine en Afrique.


Rencontre MMM/Hu Jintao: Coopération bilatérale et Tibet au menu

C'est la coopération bilatérale et le Tibet qui était au menu de la rencontre Hu Jintao et sa délégation et le leader de l'opposition lors de la rencontre qui s'est tenue, mardi dernier, à Hotel Hilton où séjournait le président de la République populaire de Chine.

Paul Bérenger, qui était accompagné de deux anciens ministres des Affaires Étrangères, Jayen Cuttaree et Madan Dulloo de même que Vijay Makhan, ancien Secretary for Foreign Affairs, a évoqué le dossier des relations privilégiées qui existent entre les deux pays, mais aussi du Tibet. Le leader de l'opposition a évoqué la récente position adoptée par la Chine au Human Rights Committee de Genève.


Visite du président Hu Jintao: Satisfaction policière et quelques grincements de dents

La visite du président chinois, Hu Jintao s'est passée sans anicroches du point de vue policier. Aucun incident à déplorer sur les routes, en dépit de quelques grincements de dents policiers, compte tenu que, d'après les dispositions du plan de travail établi, nombre d'entre eux ont dû demeurer pendant dix heures d'affilée debout, en uniforme, bravant un soleil de plomb.

Le public a particulièrement apprécié la courtoisie des officiers de police sur les routes, qui ont tout mis en oeuvre afin que la circulation se déroule sous les meilleures auspices possibles. Du côté de la police, la coopération et la compréhension des usagers de la route a particulièrement été appréciée.


Crise financière

Air Mauritius : des pertes de Rs 100 M par mois

Le bilan pour les neuf premiers mois de l'exercice financier 2008/09, d'avril à décembre de l'année dernière, indique que la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, a réalisé des pertes de Rs 100 millions par mois. La principale raison de cette mauvaise performance demeure principalement les "Hedging Losses" suite à la décision du Risk Management Committee de "Hedge" 80% des besoins en carburant de la compagnie à $ 105 le baril pour une période de deux ans. De ce fait, à six semaines de la fin de l'année financière, le Board d'Air Mauritius, qui est sans "Chairman" depuis le début de cette année avec la démission de Sanjay Bhuckory, prévoit que les pertes pour les 12 mois dépasseraient facilement les 23,1 millions d'euros (plus de Rs 1 milliard). Une autre confirmation accablante est que les "Unrealised Losses on Unexpired Fuel Hedge Contracts" ont connu une augmentation de Rs 800 millions en un mois pour se retrouver à hauteur de Rs 7 milliards. De son côté, le Top Management d'Air Mauritius a commencé à lever le voile sur l'opération "tayé razé" des conditions de service du personnel.

Les chiffres rendus publics dans les "Financial Highlights - Interim Financial Statements" au 31 décembre pour les besoins de la Bourse de Maurice sont accablants. La situation peut se résumer comme suit :

Pertes : Rs 100 millions par mois, soit environ de Rs 1,2 milliard au 31 mars prochain ;

"Aircraft Operating Costs" : Rs 1,7 milliard par mois, soit quelque Rs 300 millions de plus qu'en 2007 ;

"Hedging Losses" : Rs 7 milliards, soit Rs 800 millions de plus que les estimations de janvier dernier ;

"Collaterals" au 31 décembre sous forme de garanties du GM : Rs 5,3 milliards avec une "Guarantee Fee" payable, dont Rs 2,4 milliards de "Collateral Disbursements" ;

Découverts bancaires : Rs 710 millions

"Cash Flow" : Rs 120 millions au 31 décembre contre Rs 3,2 milliards au 31 mars 2008

Dépenses administratives : Rs 90 millions par mois.

Devant ce constat des faits financiers, le conseil d'administration d'Air Mauritius concède que "the results of the last quarter" (jusqu'à la fin de mars prochain) will be negative mainly on account of further significant losses on fuel hedging and decline in demand as regards both passengers and cargo. The estimated losses for year ending 31st March 2009 of 23 million euros previously announced are therefore expected to increase".

Le dernier trimestre de 2008 a été très difficile pour la compagnie aérienne nationale même si traditionnellement la fin de l'année ouvre de nouvelles perspectives dans ce domaine. "When compared to the period October 2007 to December 2007, the last quarter of 2008 shows the following : a drop in number of passengers carried by 10,1%, a decrease in passenger load factor by 5,3% to reach 68,7% and a drop in cargo tonnage by 17,5%", note la compagnie aérienne nationale.

Devant l'exigence du gouvernement à l'effet qu'un "Rescue Plan including timing and amount of funds to be injected and ascertain that no further injection or guarantee is required from Government" doit être avalisé et adopté dans une semaine au maximum, le Board d'Air Mauritius a réitéré son intention dans une séquence de "Cost Cutting Measures", entre autres une injection de capitaux, la vente des "Non-Core and Surplus Assets", une révision des dessertes avec l'élimination des destinations à pertes en prenant avantage des "Code-Sharing Agreements" avec d'autres compagnies aériennes et un programme de réduction de coûts à effets immédiat.

Avant l'échéance imposée par le gouvernement, la direction générale d'Air Mauritius a initié des consultations tardives avec les dirigeants de l'Intersyndicale Air Mauritius, qui comprend l'Air Mauritius Staff Association, l'Air Mauritius Cabin Crew Association, l'Air Mauritius Employees' Union et la Private Transport Employees' Union. Les syndicalistes, qui avaient été convoqués par le directeur des Resources humaines, vendredi, pour prendre connaissance des propositions de "Cost Cutting" affectant l'ensemble du personnel d'Air Mauritius, ont indiqué que toute décision reviendra aux employés. Ainsi, la prochaine manifestation de samedi prochain à l'initiative de l'Intersyndicale revêtira toute son importance.

Une des conditions imposées par les dirigeants de l'Intersyndicale Air Mauritius est que tout le processus de consultations avec le Management doit se faire dans la transparence totale. C'est ce que laisse entendre Awadh Balluck, coordonnateur et porte-parole de l'Intersyndicale après la réunion de vendredi dernier. "Nous voulons être informés officiellement de toutes les mesures d'économies arrêtées par la direction d'Air Mauritius avant que nos membres ne soient appelés à se prononcer sur ces points. Nous avons également des propositions de Savings à soumettre à la compagnie. Tout cela ne sera possible que dans un dialogue au sens propre du terme. Quand le CEO a besoin des syndicalistes, il nous appelle mais quand nous réclamons des réunions sur des dossiers spécifiques, nous continuons à attendre", a fait comprendre un des animateurs de l'Intersyndicale.

Pour la période allant d'avril à décembre 2008, Air Mauritius a déjà réduit son budget d'"Administrative Expenses", qui est passé de Rs 850 millions à Rs 800 M. Les principales propositions identifiées par le Chief Executive Officer d'Air Mauritius, Manoj Ujoodha, dans le cadre de l'exercice "Cutting Cost to the Bones" à partir du 1er avril prochain sont comme suit :

gel des "Increments" des quelque 2 500 employés d'Air Mauritius en 2009 avec possibilité de reconduction en 2010 ;

réduction de 50% du budget des heures supplémentaires avec un contrôle strict sur les "Overtimes" autorisées ;

réduction de 50% des dépenses à l'item du "Duty Travel" avec accent sur des possibilités de "Conference Calls" et durée minimale des déplacements à l'étranger ;

réduction de 25% du budget alloué pour les appels à partir des téléphones cellulaires et facturation aux employés des appels en dehors des nouveaux plafonds imposés ;

réduction de 30% des "Consultancy and Legal Fees" encourus par Air Mauritius ;

réduction de 25% des "Office supplies", du budget pour l'entretien des équipements informatiques ;

élimination du budget consacré à la "Business Hospitality", aux conférences, fêtes et cadeaux de fin d'année ; et

révision des limites imposées pour les factures d'essence aux bénéficiaires ;

réduction de 35% du budget pour les réparations et les entretiens.

Dans la correspondance aux chefs de départements portant sur ces mesures d'économies, Manoj Ujoodha rappelle que "given the current adverse financial situation, you are hereby requested to ensure strict budget control over all expenditures as per guidelines for cost items under Employee and Administration for Financial Year 09/10".


Commentaires sur MK: Le NESC apostrophé par un "Senior Minister"

Un "Senior Minister", proche du dossier de la crise financière secouant la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, a fait part des protestations et des reproches du gouvernement au National Economic and Social Council (NESC) suite à la décision du Board de cette institution d'émettre des commentaires publics sur ce dossier. Cela s'est passé juste après que les détails du communiqué (émis par le NESC) sont arrivés dans le domaine public, et les critiques ministérielles étaient des plus sonores. La décision de publier un communiqué intitulé "The Crisis at Air Mauritius" avait été entérinée lors de la réunion du conseil d'administration en date du 12 février.

A ce stade, Week-End n'a pas été en mesure de confirmer officiellement si le président du Board du NESC, Mohamad Vayid, a été informé de la teneur de l'opération "brosse la tête" entreprise par ce "Senior Minister" contre un membre du NESC. "Nous pensons qu'il est malveillant de la part de ce membre du gouvernement de s"adresser à un des membres du Board pour ses remarques désobligeantes alors que la décision avait été prise collégialement dans les instances appropriées et que chacune des composantes du NESC a apporté sa contribution à la rédaction de ces commentaires sur un dossier d'intérêt national. Le Senior Minister peut ne pas partager l'avis du NESC. Mais il y a une manière de le faire", a fait comprendre un des "Board Members", qui a eu vent de cette affaire.

En effet, dans un "Press Release" en date du 17 février, le NESC s'est livré à une analyse de la grave crise à Air Mauritius. D'emblée, le NESC trouve que "recent developments do not suggest that the authorities concerned, within and outside the company, have a comprehensive plan to correct the situation and place the company on a sound and sustainable footing so that it can move forward in a highly competitive environment".

Le NESC épingle Air Mauritius pour ses échecs sur le plan d'Accountability, de Good Governance, de transparence et d'intérêt public. Le Board du NESC avance que les problèmes de la compagnie aérienne nationale ne sont pas seulement de nature financière mais comprend des aspects d'absence de leadership, de "poor stewardship of shareholders' interests" ou encore d'éventuels conflits d'intérêts au sein du conseil d'administration.

Dans son analyse des problèmes d'Air Mauritius, le NESC cache difficilement son scepticisme devant tout rétablissement de la situation. "The piecemeal approach being favoured to deal with the situation is unlikely to put Air Mauritius back on its feet, improve employee relations and ensure a better future for the company as it is both tentative and premature", notent les membres du Conseil économique et social.

La responsabilité des trois hauts fonctionnaires représentant les intérêts du gouvernement au sein du Board d'Air Mauritius dans la crise d'Air Mauritius et la présence du CEO de Rogers et du directeur général d'une compagnie de fret ont également fait l'objet de sévères critiques. "It is counter-productive to entrust the reform of Air Mauritius to those who are already challenged for being in an ambivalent situation, " réaffirme le NESC, qui propose la mise sur pied d'un "High Level Committee of professionals" pour élaborer un plan d'action général pour le sauvetage d'Air Mauritius.



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