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Relations sino-mauriciennes
Financement chinois de Rs 8,9 milliards à Maurice
L'une des principales retombées de la visite d'État
effectuée par le président Hu Jintao, en début
de semaine, est que la République populaire de Chine est
devenue un des principaux bailleurs de fonds de l'économie
mauricienne. Avec la signature de trois conventions de financement
à Clarisse House, mardi matin, Beijing a mis à la
disposition de Maurice des financements de l'ordre de Rs 8,9 milliards,
dont un prêt de Rs 8,6 milliards à des intérêts
annuels de 2% pour des travaux d'extension et de modernisation
au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport. Lors de la
séance de travail officielle, le président chinois
a présenté un plan en cinq points pour renforcer
les relations historiques entre Beijing et Port-Louis. De son
côté, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, s'est
félicité de l'adoption de la One China Policy par
feu sir Seewoosagur Ramgoolam dans les années 70 et a ajouté
que Maurice se garde de s'ingérer dans les affaires intérieures
de la République populaire de Chine.
Les travaux de construction sur le chantier de l'aéroport
devraient démarrer cette année maintenant que le
prêt de Rs 8,6 milliards a été signé
avec l'Exim Bank de la République populaire de Chine. A
la fin des travaux, le Sir Seewoosagur Ramgoolam International
Airport sera en mesure d'accueillir quelque quatre millions de
passagers annuellement. C'est ce qu'a indiqué le Premier
ministre à un point de presse jeudi.
Les deux autres conventions portent sur une ligne de crédits
sans intérêts de Rs 200 millions et un "Grant"
de Rs 150 millions. "Cette assistance financière
de Rs 8,9 milliards est la plus importante que Maurice ait jamais
obtenue en une seule occasion. La République populaire
de Chine accède à la première place des pays
venant en aide à Maurice pour son développement.
Bien que la République populaire de Chine soit affectée
par la crise économique internationale, ce pays a augmenté
l'assistance financière à Maurice. Nous récoltons
les fruits de la One China Policy adoptée par le Père
de la Nation dans les années 70 malgré les pressions
internationales de l'époque", a soutenu Navin
Ramgoolam.
Dans un autre ordre d'idées, le Premier ministre s'est
félicité du soutien indéfectible de la Chine
aux revendications de souveraineté de Maurice sur les Chagos
et Tromelin. Répondant à une question de la presse
sur le respect des Droits de l'Homme en Chine, Navin Ramgoolam
a déclaré que "mo pa ine rantr dan les affaires
internes de la Chine. Mo ine guette lintéré de Maurice".
La République populaire a augmenté le nombre
de bourses d'études universitaires d'une vingtaine annuellement.
De son côté, le président chinois a présenté
un plan en cinq points pour approfondir les relations sino-mauriciennes
établies au niveau diplomatique il y a 37 ans de cela.
"In the political sphere, the two sides have continued
to strengthen mutual trust, and have shared mutual understanding,
sympathy and support on issues concerning each other's key interests",
rapporte la partie chinoise après les échanges de
mardi matin.
Sur le plan économique, les deux pays ont constaté
que l'expansion des échanges génèrent des
bénéfices mutuels. Ils ont pris la décision
de poursuivre cette coopération économique dans
les domaines du travail, du Project Contracting, de l'agriculture,
des investissements et de la formation.
La Chine et Maurice sont convenues de maintenir des échanges
à très haut niveau sur le plan politique aussi bien
que des institutions "to reinforce mutual political trust",
d'établir une coopération économique et commerciale
très poussée en vue d'établir une "Economic
and Trade Cooperation Zone", d'encourager les entreprises
chinoises à investir à Maurice et de promouvoir
la coopération bilatérale dans les infrastructures,
d'encourager la coopération bilatérale face à
la crise économique internationale, de procéder
à des échanges dans les domaines de l'éducation,
de la culture, de la santé publique, du tourisme et au
niveau de jeunesse, et de renforcer la coopération sur
le plan international et régional.
"China is willing to keep up consultation and coordination
with Mauritius on issues like climate change, sustainable development
of island countries, United Nations Security Council reforms and
jointly safeguard the rights of developing countries", souligne-t-on,
au sein de la délégation chinoise.
Le programme de visite du président chinois d'une durée
de 28 heures a été menée tamabour battant.
Le fait marquant demeure la ponctualité dont ont fait preuve
le président Hu Jintao et les membres de sa délégation
lors des différentes étapes du programme officiel.
Les deux discours au banquet d'Etat ont été marqués
par la célébration de l'amitié sino-mauricienne
indéfectible à travers le temps. Le président
chinois a regagné Beijing mardi soir vu que Maurice était
la dernière étape de cette offensive politique et
diplomatique de la République populaire de Chine en Afrique.
Rencontre MMM/Hu Jintao: Coopération bilatérale
et Tibet au menu
C'est la coopération bilatérale et le Tibet qui
était au menu de la rencontre Hu Jintao et sa délégation
et le leader de l'opposition lors de la rencontre qui s'est tenue,
mardi dernier, à Hotel Hilton où séjournait
le président de la République populaire de Chine.
Paul Bérenger, qui était accompagné de deux
anciens ministres des Affaires Étrangères, Jayen
Cuttaree et Madan Dulloo de même que Vijay Makhan, ancien
Secretary for Foreign Affairs, a évoqué le dossier
des relations privilégiées qui existent entre les
deux pays, mais aussi du Tibet. Le leader de l'opposition a évoqué
la récente position adoptée par la Chine au Human
Rights Committee de Genève.
Visite du président Hu Jintao: Satisfaction policière
et quelques grincements de dents
La visite du président chinois, Hu Jintao s'est passée
sans anicroches du point de vue policier. Aucun incident à
déplorer sur les routes, en dépit de quelques grincements
de dents policiers, compte tenu que, d'après les dispositions
du plan de travail établi, nombre d'entre eux ont dû
demeurer pendant dix heures d'affilée debout, en uniforme,
bravant un soleil de plomb.
Le public a particulièrement apprécié la
courtoisie des officiers de police sur les routes, qui ont tout
mis en oeuvre afin que la circulation se déroule sous les
meilleures auspices possibles. Du côté de la police,
la coopération et la compréhension des usagers de
la route a particulièrement été appréciée.
Crise financière
Air Mauritius : des pertes de Rs 100 M par mois
Le bilan pour les neuf premiers mois de l'exercice financier 2008/09,
d'avril à décembre de l'année dernière,
indique que la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius,
a réalisé des pertes de Rs 100 millions par mois.
La principale raison de cette mauvaise performance demeure principalement
les "Hedging Losses" suite à la décision
du Risk Management Committee de "Hedge" 80% des
besoins en carburant de la compagnie à $ 105 le baril pour
une période de deux ans. De ce fait, à six semaines
de la fin de l'année financière, le Board d'Air
Mauritius, qui est sans "Chairman" depuis le
début de cette année avec la démission de
Sanjay Bhuckory, prévoit que les pertes pour les 12 mois
dépasseraient facilement les 23,1 millions d'euros (plus
de Rs 1 milliard). Une autre confirmation accablante est que les
"Unrealised Losses on Unexpired Fuel Hedge Contracts"
ont connu une augmentation de Rs 800 millions en un mois pour
se retrouver à hauteur de Rs 7 milliards. De son côté,
le Top Management d'Air Mauritius a commencé à
lever le voile sur l'opération "tayé razé"
des conditions de service du personnel.
Les chiffres rendus publics dans les "Financial Highlights
- Interim Financial Statements" au 31 décembre
pour les besoins de la Bourse de Maurice sont accablants. La situation
peut se résumer comme suit :
Pertes : Rs 100 millions par mois, soit environ de Rs 1,2 milliard
au 31 mars prochain ;
"Aircraft Operating Costs" : Rs 1,7 milliard
par mois, soit quelque Rs 300 millions de plus qu'en 2007 ;
"Hedging Losses" : Rs 7 milliards, soit Rs 800
millions de plus que les estimations de janvier dernier ;
"Collaterals" au 31 décembre sous forme
de garanties du GM : Rs 5,3 milliards avec une "Guarantee
Fee" payable, dont Rs 2,4 milliards de "Collateral
Disbursements" ;
Découverts bancaires : Rs 710 millions
"Cash Flow" : Rs 120 millions au 31 décembre
contre Rs 3,2 milliards au 31 mars 2008
Dépenses administratives : Rs 90 millions par mois.
Devant ce constat des faits financiers, le conseil d'administration
d'Air Mauritius concède que "the results of the
last quarter" (jusqu'à la fin de mars prochain)
will be negative mainly on account of further significant losses
on fuel hedging and decline in demand as regards both passengers
and cargo. The estimated losses for year ending 31st March 2009
of 23 million euros previously announced are therefore expected
to increase".
Le dernier trimestre de 2008 a été très difficile
pour la compagnie aérienne nationale même si traditionnellement
la fin de l'année ouvre de nouvelles perspectives dans
ce domaine. "When compared to the period October 2007
to December 2007, the last quarter of 2008 shows the following
: a drop in number of passengers carried by 10,1%, a decrease
in passenger load factor by 5,3% to reach 68,7% and a drop in
cargo tonnage by 17,5%", note la compagnie aérienne
nationale.
Devant l'exigence du gouvernement à l'effet qu'un "Rescue
Plan including timing and amount of funds to be injected and ascertain
that no further injection or guarantee is required from Government"
doit être avalisé et adopté dans une semaine
au maximum, le Board d'Air Mauritius a réitéré
son intention dans une séquence de "Cost Cutting
Measures", entre autres une injection de capitaux, la
vente des "Non-Core and Surplus Assets", une
révision des dessertes avec l'élimination des destinations
à pertes en prenant avantage des "Code-Sharing
Agreements" avec d'autres compagnies aériennes
et un programme de réduction de coûts à effets
immédiat.
Avant l'échéance imposée par le gouvernement,
la direction générale d'Air Mauritius a initié
des consultations tardives avec les dirigeants de l'Intersyndicale
Air Mauritius, qui comprend l'Air Mauritius Staff Association,
l'Air Mauritius Cabin Crew Association, l'Air Mauritius Employees'
Union et la Private Transport Employees' Union. Les syndicalistes,
qui avaient été convoqués par le directeur
des Resources humaines, vendredi, pour prendre connaissance des
propositions de "Cost Cutting" affectant l'ensemble
du personnel d'Air Mauritius, ont indiqué que toute décision
reviendra aux employés. Ainsi, la prochaine manifestation
de samedi prochain à l'initiative de l'Intersyndicale revêtira
toute son importance.
Une des conditions imposées par les dirigeants de l'Intersyndicale
Air Mauritius est que tout le processus de consultations avec
le Management doit se faire dans la transparence totale. C'est
ce que laisse entendre Awadh Balluck, coordonnateur et porte-parole
de l'Intersyndicale après la réunion de vendredi
dernier. "Nous voulons être informés officiellement
de toutes les mesures d'économies arrêtées
par la direction d'Air Mauritius avant que nos membres ne soient
appelés à se prononcer sur ces points. Nous avons
également des propositions de Savings à soumettre
à la compagnie. Tout cela ne sera possible que dans un
dialogue au sens propre du terme. Quand le CEO a besoin des syndicalistes,
il nous appelle mais quand nous réclamons des réunions
sur des dossiers spécifiques, nous continuons à
attendre", a fait comprendre un des animateurs de l'Intersyndicale.
Pour la période allant d'avril à décembre
2008, Air Mauritius a déjà réduit son budget
d'"Administrative Expenses", qui est passé
de Rs 850 millions à Rs 800 M. Les principales propositions
identifiées par le Chief Executive Officer d'Air
Mauritius, Manoj Ujoodha, dans le cadre de l'exercice "Cutting
Cost to the Bones" à partir du 1er avril prochain
sont comme suit :
gel des "Increments" des quelque 2 500 employés
d'Air Mauritius en 2009 avec possibilité de reconduction
en 2010 ;
réduction de 50% du budget des heures supplémentaires
avec un contrôle strict sur les "Overtimes"
autorisées ;
réduction de 50% des dépenses à l'item du
"Duty Travel" avec accent sur des possibilités
de "Conference Calls" et durée minimale
des déplacements à l'étranger ;
réduction de 25% du budget alloué pour les appels
à partir des téléphones cellulaires et facturation
aux employés des appels en dehors des nouveaux plafonds
imposés ;
réduction de 30% des "Consultancy and Legal Fees"
encourus par Air Mauritius ;
réduction de 25% des "Office supplies",
du budget pour l'entretien des équipements informatiques
;
élimination du budget consacré à la "Business
Hospitality", aux conférences, fêtes et
cadeaux de fin d'année ; et
révision des limites imposées pour les factures
d'essence aux bénéficiaires ;
réduction de 35% du budget pour les réparations
et les entretiens.
Dans la correspondance aux chefs de départements portant
sur ces mesures d'économies, Manoj Ujoodha rappelle que
"given the current adverse financial situation, you are
hereby requested to ensure strict budget control over all expenditures
as per guidelines for cost items under Employee and Administration
for Financial Year 09/10".
Commentaires sur MK: Le NESC apostrophé par un "Senior
Minister"
Un "Senior Minister", proche du dossier de la
crise financière secouant la compagnie aérienne
nationale, Air Mauritius, a fait part des protestations et des
reproches du gouvernement au National Economic and Social Council
(NESC) suite à la décision du Board de cette institution
d'émettre des commentaires publics sur ce dossier. Cela
s'est passé juste après que les détails du
communiqué (émis par le NESC) sont arrivés
dans le domaine public, et les critiques ministérielles
étaient des plus sonores. La décision de publier
un communiqué intitulé "The Crisis at Air
Mauritius" avait été entérinée
lors de la réunion du conseil d'administration en date
du 12 février.
A ce stade, Week-End n'a pas été en mesure
de confirmer officiellement si le président du Board du
NESC, Mohamad Vayid, a été informé de la
teneur de l'opération "brosse la tête"
entreprise par ce "Senior Minister" contre un
membre du NESC. "Nous pensons qu'il est malveillant de
la part de ce membre du gouvernement de s"adresser à
un des membres du Board pour ses remarques désobligeantes
alors que la décision avait été prise collégialement
dans les instances appropriées et que chacune des composantes
du NESC a apporté sa contribution à la rédaction
de ces commentaires sur un dossier d'intérêt national.
Le Senior Minister peut ne pas partager l'avis du NESC.
Mais il y a une manière de le faire", a fait comprendre
un des "Board Members", qui a eu vent de cette
affaire.
En effet, dans un "Press Release" en date du
17 février, le NESC s'est livré à une analyse
de la grave crise à Air Mauritius. D'emblée, le
NESC trouve que "recent developments do not suggest that
the authorities concerned, within and outside the company, have
a comprehensive plan to correct the situation and place the company
on a sound and sustainable footing so that it can move forward
in a highly competitive environment".
Le NESC épingle Air Mauritius pour ses échecs sur
le plan d'Accountability, de Good Governance, de transparence
et d'intérêt public. Le Board du NESC avance que
les problèmes de la compagnie aérienne nationale
ne sont pas seulement de nature financière mais comprend
des aspects d'absence de leadership, de "poor stewardship
of shareholders' interests" ou encore d'éventuels
conflits d'intérêts au sein du conseil d'administration.
Dans son analyse des problèmes d'Air Mauritius, le NESC
cache difficilement son scepticisme devant tout rétablissement
de la situation. "The piecemeal approach being favoured
to deal with the situation is unlikely to put Air Mauritius back
on its feet, improve employee relations and ensure a better future
for the company as it is both tentative and premature",
notent les membres du Conseil économique et social.
La responsabilité des trois hauts fonctionnaires représentant
les intérêts du gouvernement au sein du Board d'Air
Mauritius dans la crise d'Air Mauritius et la présence
du CEO de Rogers et du directeur général d'une compagnie
de fret ont également fait l'objet de sévères
critiques. "It is counter-productive to entrust the reform
of Air Mauritius to those who are already challenged for being
in an ambivalent situation, " réaffirme le NESC,
qui propose la mise sur pied d'un "High Level Committee
of professionals" pour élaborer un plan d'action
général pour le sauvetage d'Air Mauritius.
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