a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 23 novembre 2008



  Perspectives économiques - Crise financière : la MCB dévoile les contours de l'impact
  Assemblée nationale - Le durcissement des peines n'est pas une solution à la criminalité
  HSC: tricheries sur Internet - Conclusions et décisions demain matin
  Tour du monde en solitaire - Zac Sunderland : "Je souhaite voir un Mauricien faire mieux que moi"
  Justice - La MRA condamnée pour procédure de recrutement illégale
  Vente de l'emplacement du Waqf Board à la Place d'Armes - Les promoteurs sud-africains chez le notaire


Perspectives économiques

Crise financière : la MCB dévoile les contours de l'impact

La "Strategy, Resarch and Development Unit" de la Mauritius Commercial Bank (MCB) a dévoilé dans la dernière édition de MCB Focus les contours de l'impact de la crise financière sur l'économie mauricienne pour la fin de cette année et l'année prochaine. Tout en définissant les six zones de répercussion de la crise financière internationale, la MCB prévoit un taux de croissance à la baisse d'un peu moins d'un pour cent, soit 4,4% en 2009 contre les 5,3% prévus pour l'année en cours. D'autre part, les strategic analysts de la plus importante banque commerciale du pays soulignent que les deux secteurs économiques les plus visibles, la zone franche manufacturière et le tourisme, subissent déjà les soubresauts de la détérioration de l'état de l'économie sur le plan mondial. La plus grave crainte est exprimée avec les risques d'un ralentissement dans la création d'emplois l'année prochaine et le spectre d'une remontée du taux de chômage à 7,9% en 2009 contre 7,7% en 2008. D'autres paramètres et indicateurs économiques et financiers, comme le niveau des réserves en devises étrangères ou encore un retour au rouge dans la performance au niveau de la balance des paiements aussi bien que la dégringolade de l'indice boursier, le SEMDEX, en fin de semaine, constituent des signes que la phase d'immunité aux effets de contagion de la crise internationale s'est estompée.

Les prévisions économiques pour 2009 ne sont guère brillantes compte tenu de l'évolution de la crise internationale et d'absence de mesures énergiques et concertées pour renverser la vapeur. "Soft economic conditions are expected to persist in 2009 with GDP growth forecast to weaken by a significant 90 basis points to attain a relatively subdued, but circumstantially commendable 4,4%", souligne la MCB dans les premières projections. Jusqu'ici, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sitnanen, s'est gardé de s'aventurer à faire des pronostics sur le taux de croissance.

MCB Focus s'appesantit sur les effets de contagion en réitérant le fait que "the economic climate should be largely wilted by a projected and drawn-out fragility in international financial markets and a protracted economic downturn in various countries".

Les deux principaux secteurs économiques vulnérables aux répercussions de la crise financière internationale demeurent le textile et le tourisme et sans oublier d'autres secteurs économiques. "In fact, against a backdrop of repeated downgrades of global growth prospects, external circumstances would take a major toll on the real output of several local factors, notably textile and tourism", note la MCB.

Pour mieux démontrer l'ampleur des effets néfastes de la crise internationale sur Maurice, la MCB ajoute que ces difficultés dans le secteur du textile se feront sentir l'année prochaine en dépit des "non-negligible output gains from the extension of the third-country fabric derogation under the Africa Growth Opportunity Act (AGOA) to Mauritius".

Au niveau du secteur du tourisme, la MCB se fait l'écho des premières craintes exprimées par rapport aux réservations enregistrées jusqu'ici pour le début de l'année prochaine. Les milieux hôteliers les plus optimistes et avec le plus de muscles financiers et stratégiques pour affronter la crise internationale n'hésitent pas à avancer que les réservations pour le premier trimestre de l'année prochaine sont en retard d'au moins 25% par rapport à la normale.

La dernière édition de MCB Focus avance que "indications of relatively modest forward booking of hotel rooms as registered by some major operators could be regarded as an inauspicious growth pointer for next year". Entre-temps, la performance enregistrée dans l'industrie touristique est encore loin d'être robuste cette année et comme l'affirme la MCB, "it falls well short of our longer term ambition for the tourist industry".

Analysant les derniers chiffres de l'industrie touristique, la MCB avance qu'une "marked abating performance has been observed lately, with year-on-year growth shrinking from 5,4% for the January-July 2008 period to 1,9% for that of the subsequent three months". Avec la confirmation de cette tendance, la croissance sectorielle devrait être de 3,6% avec quelque 940 000 touristes attendus cette année. Les recettes touristiques brutes devront connaître une progression de 5,9%, soit Rs 43,1 milliards en 2008 contre Rs 40,7 milliards en 2007.

La performance enregistrée jusqu'ici dans le textile vient confirmer les analyses à l'effet que "the short-term outlooks in the local textile and tourism industries have worsened". Les dernières données émanant du secteur de la confection indiquent une contraction de 2,5% de la valeur ajoutée dans le textile au cours du deuxième trimestre de cette année. À ce titre, deux contraintes majeures sont avancées, notamment la roupie forte et des "dampened demand orders".

"The performance for the year (2008) is scheduled to be quite unfavourable and represents a cause for concern when considering the segment's relevance to the economy in terms of employment and income generation", prévoit la MCB en abordant les risques pour la création d'emplois en 2009. Avec les sentiments timorés affichés par les investisseurs et les hommes d'affaires, le taux de chômage pourrait reprendre la courbe ascendante l'année prochaine.

"With short-term job creation capacity and readiness likely to be held down by subdued dynamism within a number of sectors, including tempered investor sentiment, the unemployment rate is expected to rise to 7,9% next year. This would entail an anticipated satisfactory performance in 2008, with the joblessness rate on course to decline by a substantial 80 basis points compared to last year to reach a forecast 7,7%", font ressortir les strategic analysts de la MCB, qui rejoignent du même coup les conclusions du président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, au sujet des craintes de voir "la crise financière se transformer en crise de l'emploi".

MCB Focus met également l'accent sur les mécanismes de transmission de la crise financière à l'économie et identifie du même coup six zones d'impact : une "lower real sector growth", une tendance à la baisse de l'inflation, un "deteriorating current account deficit", un ralentissement dans le flux des capitaux étrangers, un "softening" du taux de change de la roupie et des pressions sur les recettes fiscales. Ces signes de contagion à la crise internationale sont déjà visibles à Maurice, même s'il y a une réticence institutionnelle à les concéder.

Poursuivant son analyse des effets de la crise internationale sur Maurice, la MCB cite des délais dans le démarrage des projets, dont une baisse dans l'Investment Ratio en 2009 en dépit d'un "expected pick-up in public infrastructure outlays, the intended purchase of aircraft and the planned unfolding of the Tianli Project."

En conclusion à cette analyse économique, dont la pertinence pourrait mettre mal à l'aise les thuriféraires du pouvoir politique en place, la MCB précise que "it is primordial that the Mauritian economy does not fall into an alarmist trap that would cripple its ability to regain strength and even cause existing conditions to degenerate into even more hostile territory via a self-fulfilling prophecy".

La MCB se félicite des dernières initiatives et mesures prises dans cette tentative de renforcer la résilience de l'économie et souhaite voir les autorités redoubler d'efforts dans cette voie car "the knack to recover against adversity is within reach". L'une des décisions qualifiée de pragmatique demeure le changement d'attitude à la Banque de Maurice avec la révision à la baisse du Repo Rate de 50 points, amenant dans son sillage une réduction des taux d'intérêts bancaires.

"Further movements in the same direction look rational on a balance of convenience basis and should eventually help industries boost their productivity levels and upgrade their intrinsic competitiveness in an environment characterised by non-negligible domestic imbalances and serious external threats", a conclu la MCB.


L'inflation sous contrôle :un signe positif

Le dérapage de l'inflation, qui a marqué 2008, pourrait être atténué dans les mois à venir. C'est du moins ce qu'indique MCB Focus dans son analyse des effets de la crise financière à Maurice. Avec un taux d'inflation de l'ordre de 9,9% en 2008, les prévisions établies par la MCB sont qu'il devrait redescendre à 5,9% en décembre de l'année prochaine, soit une baisse conséquente en excluant tout autre choc économique et financier.

Néanmoins, la MCB met en garde contre tout optimisme démesuré sur le front des prix au détail. "Relative price stickiness and downward pressures on the rupee vis-à-vis the dollar might limit the direct and second-round impact of external dynamics on domestic inflation", lit-on dans les highlights de MCB Focus, qui ajoute que "on a positive note, the anticipated softening and stabilisation of commodity prices in 2009 should reduce the upside risks on inflation, possibly benefiting the trade and domestic oriented industries owing to more affordable prices of consumer goods and raw materials".

La MCB maintient que la vigilance sera encore de mise en 2009 au niveau de l'inflation. "Notwithstanding dissipating inflation fears, the average rise in the consumer price index would still not thoroughly enter a comfort zone next year, thereby warranting continuing vigilance by the authorities. This implies that recent drops in global commodity prices should not undercut efforts to structure a robust and comprehensive food and energy policy for Mauritius, given the benefits that should accrue over the longer term", suggère la MCB, qui note que "as signs of contagion observed so far at different echelons of the real sector threaten to proliferate should external shocks amplify or perpetuate, the domestic economy is thrust into an expectative mood".


En 2009 - Le retour du déficit de la balance des paiements

La balance des paiements affichera un déficit l'année prochaine. La conclusion de la MCB est catégorique à ce sujet compte tenu de la tendance enregistrée avec les derniers mois de 2008. Le déficit estimé en 2009 est de Rs 5 milliards contre une balance des paiements favorable de Rs 4,9 milliards en 2008 et de Rs 13,9 milliards en 2007. Les principaux facteurs poussant dans cette zone rouge sont "a growing dependency of foreign direct investment at the balance of payments" et une détérioration des comptes courants avec le déficit de la balance commerciale.

"Afflicted by adverse conditions abroad, the balance of trade deficit is projected to widen considerably this year to Rs 67,1 billion, thus contributing to a deterioration of the current account deficit to some 10% of GDP (5,2% in 2007). The external situation of the country is likely to remain delicate in 2009, the more so given an expected continuing shift in the favourable euro-dollar dynamics that prevailed some time back. With a projected decline in net capital inflows, the balance of payments may be expected to shift to a deficit in the last few months of 2008 and 2009", prévoit la MCB.

Au chapitre des pressions au niveau de la balance des paiements, la MCB évoque les risques d'une baisse dans les "porfolio flows" ou encore des investissements dans les projets d'Integrated Resort Schemes (IRS). "Whereas capital and financial flows have in the recent past more than compensated for current account deficits, resulting in healthy surpluses on the balance of payments, there are indications that this situation will not be sustained in the near future as portfolio flows decline and demand for IRS villas is curbed in the wake of economic difficulties and uncertainties linked to the global financial crisis", rappelle MCB Focus.

De son côté, le dernier rapport mensuel de la Banque de Maurice pour le mois d'octobre, publié en fin de semaine, confirme que le montant de Foreign Direct Investment (FDI) pour les neuf premiers mois de l'année a été de Rs 7,2 milliards, dont Rs 3 milliards dans le tourisme et Rs 2,3 milliards dans le secteur de la "Financial Intermediation".

En 2007, le FDI a représenté une rentrée de capitaux de Rs 11,5 milliards, dont Rs 5,9 milliards dans le tourisme. Du côté du Board of Investment (BOI), l'on se garde à ce stade de faire de commentaires sur la possibilité que l'objectif d'entrée de capitaux de Rs 15 milliards sous forme de FDI soit atteint en 2008. Initialement, une somme de Rs 20 milliards avait été évoquée.

À la fin de septembre dernier, le niveau des réserves en devises étrangères était de Rs 80,3 milliards, soit une baisse de Rs 9,6 milliards par rapport à novembre de l'année dernière. Ces réserves représentaient l'équivalent de 32,6 semaines d'importations alors que pour les deux premiers mois de cette année, la couverture d'importations était de 36 semaines, soit presque un mois de moins comparativement.

Cette baisse dans le niveau des réserves en devises étrangères s'explique par une réduction dans les "net foreign assets of other depository corporations", dont des détenteurs des Global Business Licences. En effet, les "foreign assets" de la Banque de Maurice sont passés de Rs 51,7 milliards en septembre de l'année dernière à Rs 55,4 milliards en septembre 2008. Par contre, ceux des "other depositiry corporations" ont connu une baisse, passant de Rs 33,6 milliards à Rs 24,6 milliards, selon les derniers chiffres publiés par la Banque de Maurice à la fin de la semaine.


En fin de semaine - Bourse de Maurice : plongeon du SEMDEX

La Bourse de Maurice a connu deux séances extrêmement difficiles en fin de semaine. À la clôture de la séance boursière de vendredi, le SEMDEX, l'indice officiel, avait enregistré une baisse de 43,7% par rapport à sa performance la plus élevée en date du 18 février de cette année. L'indice a clôturé à 1 181,05 points contre 2 101,37 points, qui constitue un "the index's all-time closing high".

Cette baisse dans le principal indice boursier de Port-Louis a été entraînée par la baisse de confiance des investisseurs principalement dans le secteur de l'hôtellerie. Les spécialistes boursiers s'interrogent sur le potentiel de croissance de l'industrie touristique en 2009 compte tenu de la crise financière qui ébranle le monde et le spectre de la récession.

Les valeurs hôtelières sont cotées à la baisse de manière systématique lors des séances boursières. Ainsi, les actions du groupe Naïade Resorts Limited, dont les ambitions dans ce créneau économique n'étaient pas à dédaigner jusqu'à tout récemment, ont clôturé la semaine en chute libre, soit à Rs 27, une baisse de 76,72% comparativement au cours affiché lors de la première séance boursière de 2008, le 3 janvier dernier. Le titre de Naïade Resort Limited avait atteint le cours le plus élevé de Rs 135 lors de la séance boursière du 9 janvier dernier.

Le titre de Sun Resorts Limied, qui avait établi le cours le plus élevé de Rs 135 lors de cette même séance de janvier 2008, se retrouve dans une situation presque similaire. La perte de la valeur boursière des actions de Sun Resorts Limited a été de l'ordre de 66,67% avec son cours de clôture de Rs 42 vendredi dernier.

L'action de New Mauritius Hotels Limited, qui était cotée à Rs 194 lors de la séance du 9 janvier 2008, était affichée à Rs 67 à la Bourse de Maurice vendredi. Devant l'évolution des cours boursiers des valeurs hôtelières, les habitués de la Corbeille de Port-Louis avancent que ces développements constituent la confirmation que les "foreign shareholders want to leave the market".

D'autre part, le désinvestissement des étrangers sur la Bourse de Maurice se poursuit. Après avoir connu un "net foreign disinvestment" de Rs 139,8 millions en octobre, les trois premières semaines de novembre se sont soldées sur un compte négatif de Rs 87,6 millions, soit un total de Rs 227,4 millions. Pour cette période, les investisseurs étrangers se sont débarrassés d'actions cotées à la Bourse de Maurice pour une valeur de Rs 880 millions.

Les deux valeurs-phare de Port-Louis, soit la Mauritius Commercial Bank et la State Bank Commercial Bank, ont également essuyé des revers. La MCB a été cotée en baisse à Rs 118, soit 27,61% de moins que son cours du 3 janvier dernier alors que pour la séance du 19 février dernier, la MCB avait atteint le point le plus élevé de Rs 192.

L'action de la SBM était cotée vendredi à Rs 57, soit 28,3% de moins qu'en début d'année.


Assemblée nationale

Le durcissement des peines n'est pas une solution à la criminalité

C'est le "sentencing policy" ou du moins l'absence d'objectifs clairs en la matière qui ont dominé les débats sur le Judicial Provisions (Amendment) Bill, présenté par l'Attorney General, Rama Valayden à l'Assemblée Nationale, mardi dernier. Des échanges sur ce texte ont émergé une similitude de vues entre le leader de l'opposition, Paul Bérenger et le Government Deputy Whip, Shakeel Mohamed sur le fait que le durcissement des peines d'emprisonnement n'est pas une solution à la criminalité et aux problèmes de "law and order" dans le pays.

Dans sa présentation, finalement assez brève, l'Attorney General a justifié la nécessité d'amender le Judicial Provisions Bill, qui n'a pas été révisé depuis 1999. Le gouvernement, a-t-il dit, veut se montrer intraitable vis-à vis des criminels et sur certains crimes dont ceux à caractère sexuel.

Selon les nouvelles dispositions de cette loi, les peines d'emprisonnement pour viol, par exemple, peuvent aller jusqu'à 40 ans. Rama Valayden a aussi souligné que ces nouveaux amendements réaffirment le principe de la séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le judiciaire qui aura la discrétion de décider des peines à infliger.

S'il a dit être en faveur de toute mesure visant à améliorer la situation dégradée du "law and order" pour la ramener sous contrôle, le leader de l'opposition a dit que le durcissement en vrac des peines ne constitue pas une solution magique contre la criminalité, les magistrats eux-mêmes n'infligeant, déjà pas la meine maximale dans de nombreux cas. Il faut d'abord dégager un "sentencing policy".

ll y a, d'une part, la police, ses propres lacunes, son besoin de formation, le manque d'équipements, mais aussi l'ingérence politique, mais il faut, d'autre part, a affirmé Paul Bérenger, les causes de la criminalité qui doivent être examinées pour pouvoir traiter le problème à la source. Il a attribué à la pauvreté, la drogue et le trafic y relatif, les raisons qui poussent au crime.

C'est un leurre que de faire croire qu'en augmentant les peines, on règle le problème de la criminalité, bien au contraire, a souligné le leader de l'opposition ajoutant que le tout répressif n'a été efficace dans aucun pays. Paul Bérenger a aussi évoqué la gravité qui consiste à envoyer, pour des délits mineurs, des jeunes dans nos prisons, déjà surpeuplées et qui sont de véritables usines à fabriquer des criminels. Concluant, il a invité le gouvernement à venir avec une solution globale qui tient compte de tout ce qu'il a évoqué.

Pas un élément dissuasif

Le député travailliste Yatin Varma, qui l'a succédé à la tribune, s'est déclaré favorable aux amendements qui, de son point de vue, envoient un signal fort au pays selon lequel l'actuel gouvernement compte agir fermement vis-à-vis des criminels. Cela est conforme, a-t-il dit, au manifeste électoral du Parti Travailliste qui, a-t-il soutenu, a pris de nombreuses initiatives pour contenir les problèmes d'ordre public et de sécurité.

Fazila Jeewa-Daureeawoo s'est, elle aussi, interrogée sur l'incidence d'une augmentation de peines sur la criminalité. Elle a cité les cas de personnes qui sont envoyées en prison parce qu'elle ne peuvent s'acquitter des amendes qui leur sont infligées et qui comptent déjà pour 35% de détenus pour inviter à une réflexion sur la politique pénale.

François Labelle a cité des études pour démontrer que le durcissement des peines n'est pas une panacée dans la lutte contre la criminalité. Aussi, prolonger le temps passé en prison ne peut, en aucun cas, constituer une solution, a-t-elle soutenu, non sans avoir épinglé la qualité de la rédaction de certaines clauses du code pénal et celles qui doivent être revisitées puisqu'elles sont inadaptées aux réalités présentes.

Si le Government Deputy Whip Shakeel Mohamed a contesté l'argument du leader de l'opposition selon lequel il y aurait une corrélation entre pauvreté et criminalité et qu'il a plutôt imputé ce problème social à l'absence de moralité, de l'éducation parentale et à la perte de spiritualité, il l'a toutefois rejoint pour dire que l'augmentation des peines ne va pas agir comme un élément dissuasif pour prévenir les crimes. "Est-ce que vos pensez que quelqu'un qui va commettre un délit va être calé dans ses pulsions en se disant qu'il risque de prendre quelques années de plus?", s'est interrogé le député de la majorité.

Dans son intervention juste après, le chef de file du groupe MSM, Nando Bodha a, lui aussi, plaidé pour une révision de la "sentencing policy", les peines variant trop pour un même délit. Il s'est étonné que le gouvernement vienne de l'avant avec des peines renforcées qui touchent à certains délits présentement examinés par le Select Committee sur le Sexual Offences Bill et a souhaité que ce comité vienne de l'avant avec ses propositions. Le député a aussi réclamé une étude sur la criminalité.

Le dernier intervenant avant le résumé des débats par l'Attorney Général et le vote du texte a été Sam Lauthan, celui-là même qui avait, en 2003, introduit le concept de travaux communautaires alors qu'il était ministre de la Sécurité Sociale et des Institutions Réformatrices. Il a, lui aussi, mis en garde contre le tout répressif.

Rama Sithanen tancé par le Speaker

Autre texte approuvé, ce mardi, le budget supplémentaire de Rs 335 millions pour l'exercice financier 2007/2008 par le "vice-Prime minister" et ministre des Finances, Rama Sithanen. Il va très vite être interrompu par le Speaker qui lui rappellera qu'il n'a pas le droit, sous les Standing Orders et Erskine May d'ouvrir un débat général sur le budget et la politique économique et qu'il devrait se limiter aux dotations supplémentaires proposées.

N'arrivant pas à se replacer dans son discours écrit de présentation, le ministre va être stoppé par Kailash Purryag qui n'aura de cesse de lui rappeler que "you are completely out of subject" alors qu'il s'égarait dans des considérations comme la dernière réunion du G 20. Rama Sithanen finira quand même par expliquer les raisons des dotations attribuées à divers postes de dépenses.

Dans un bref commentaire, le leader de l'opposition a réclamé des explications sur l'évolution des taux d'intérêts, sur la fautes de prévision et les dépenses excessives pour les heures supplémentaires de la santé et si elles sont dues à un manque de personnel.

Vasant Bunwaree a, lui, expliqué, une nouvelle fois, la philosophie d'un budget supplémentaire pour dire que le gouvernement a été assez précis dans ses prévisions tandis que Maya Hanoomanjee a évoqué les réallocations et la nécessité pour les organismes comme la MTPA de venir justifier leur budget supplémentaire.

Ses collègues, Sunil Dowarkasing et Nando Bodha, ont profité pour critiquer la gestion économique et budgétaire de Rama Sithanen, le dernier intervenant accusant le ministre de faire dans le "virtuel". Après le résumé des débats, il y a eu l'examen en comité des dotations, lesquelles ont permis aux députés d'obtenir de plus amples renseignements sur certains postes de dépenses. C'est ainsi qu'en réponse à des questions de Maya Hanoomanjee que Navin Ramgoolam a confirmé qu'une cellule antiterroriste sera créée à son bureau.

A l'ajournement des travaux, Alan Ganoo a demandé que "cesse le cinéma à Mauritius Telecom", que les nominés du Premier ministre à la tête de cet organisme soient rappelés à l'ordre et que les deux syndicalistes soient réintégrés avant la Noël. Jean-François Chaumière dont le sens de la justice avait été salué par le député de l'opposition, dit ne pouvoir parler au nom du Premier ministre, mais a promis de poursuivre ses efforts en vue de trouver une solution à ce problème.


Mardi prochain - La Subutex Connection de nouveau sur le tapis

Si la dernière question d'Ajay Gunness sur la saisie des documents de la police relatifs à l'intervention de l'Attorney General en faveur de Marcellin Humbert le 25 décembre 2007 n'a pas permis d'obtenir de plus amples renseignements sur cette affaire, il faut espérer que Maurice Allet aura, lui, plus de chance. Il interpellera le Premier ministre, mardi sur l'évolution de l'enquête initiée sur les appels téléphoniques faits par Rama Valayden dans le sillage de l'affaire Subutex impliquant Cindy Legallant et Bernard Joly.

Les autres questions pour le Premier ministre sont comme suit: entreprendre une étude sur la criminalité (Maya Hanoomanjee), les vols à Morcellement Raffray à Terre Rouge et l'introduction d'un code de conduite pour ministres et fonctionnaires (Mahen Jhugroo), la retransmission en direct par la MBC et les radios privées des débats parlementaires (Rajesh Bhagwan), le sort des chagossiens (Eric Guimbeau), la vente d'alcool et de cigarettes et les paris hippiques par les mineurs (Sheila Grenade), les facilités de remorquage par la police à Rodrigues (Christian Leopold), le nombre de condamnés à des travaux communautaires pour viols et abus sexuels sur mineurs (Sunil Dowarkasing), la déclaration obligatoire des avoirs par les hauts fonctionnaires, la responsabilité des fonctionnaires dans l'affaire Ashock Jugnauth (Shawkatally Soodhun) et l'invitation faite à la Coonjan Orchestra par la MBC (Françoise Labelle).

Parmi les questions adressées aux autres ministres, les missions du BOI à New York, le travail du dimanche, la corruption à la douane, les centres d'appel, l'introduction d'un Freedom of Information Bill, l'impact des lampes économiques et de l'heure d'été, la baisse des prix, les projets touristiques à Le Morne, l'autoroute Terre Rouge/Verdun, les nouvelles cartes d'identité nationale, la situation des pécheurs, la gestion des réserves en devises étrangères, le travail des enfants dans le secteur informel, le sort des Health Care Assistants recrutés en 2005, Airports of Maurtius Ltd et Rodrigues.

En sus de l'adoption en troisième lecture du budget supplémentaire 2007/2008, trois textes devraient être considérés à la séance de mardi, The International Arbitration Bill, texte qui vise à faire de Maurice un centre d'arbitrage international, présenté par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, The Equal Opportunities Bill, inscrit au nom de l'Attorney General, Rama Valayden et The LAVIMS (Project Implementation) Bill du ministre du Logement et des Terres.


HSC: tricheries sur Internet

Conclusions et décisions demain matin

Réunion marathon, hier, pour la représentante de Cambridge International Examination (CIE), Ann Puntis. Cette dernière est arrivée à Maurice, hier, dans le sillage de la polémique survenue après que des cas de tricheries-aux examens de HSC- sur Internet aient été révélés. Dans un premier temps, la réunion entre Ann Puntis, le ministre de l'Education, Vasant Bunwaree, le directeur, Lucien Finette, du Mauritius Examinations Syndicate, entre autres, s'est tenue à l'IVTB House à Phoenix. Celle-ci a démarré à 13 heures. Ann Puntis, qui dispose d'un rapport complet sur cette affaire de fuites alléguées, dans les questionnaires de chimie et physique, devait aussi prendre connaissance du rapport du MES et de l'Education à ce sujet. Et de même que les questions du ministre de l'Education. En effet, hier matin, ce dernier laissait encore entendre que certains points méritaient d'amples éclaircissements. Il est attendu que les discussions entre Ann Puntis et les représentants de l'Education se poursuivent aujourd'hui. Ce n'est que demain matin, que toutes les parties concernées feront part-lors d'une conférence de presse-de leurs conclusions respectives et sans aucun doute des mesures préconisées. D'ailleurs, la décision du gouvernement et les options proposées sont attendues avec impatience par les 10 000 candidats qui ont pris part aux examens, dont les 2 000 collégiens qui concourent pour une bourse.

En attendant des déclarations officielles, il revient que Cambridge serait en présence des noms de ceux qui auraient divulgué des informations sur les papiers incriminés. Aussi, deux possibilités devraient être sérieusement étudiées. Notamment, l'élimination des questions qui auraient été discutées en ligne et l'organisation de nouveaux examens en physique et chimie. D'autre part, si les examens dans ces deux matières sont organisés, il faudra définir qui sont ceux qui y participeront: les 10 000 candidats ou uniquement ceux qui ont compete pour la bourse d'Angleterre?


Tour du monde en solitaire

Zac Sunderland : "Je souhaite voir un Mauricien faire mieux que moi"

Le jeune Américain Zac Sunderland, qui fêtera samedi prochain ses 17 ans, s'apprête à reprendre son tour du monde à la voile et en solitaire. Les dernières réparations à son voilier, Intrepid, ont été bouclées avec l'arrivée, vendredi, d'une nouvelle voile commandée de la République populaire de Chine. Pour l'un de ses ultimes rendez-vous de cette escale à Maurice, le jeune navigateur a voulu partager son expérience et ses émotions avec une vingtaine de jeunes passionnés de voile. Cela s'est passé hier matin, dans l'enceinte de la base nautique de Grand-Baie. Entre-temps, Mohun Sungkur, un lecteur de Week-End, a fait parvenir à la rédaction un numéro du magazine National Geographic, en date d'octobre 1968, faisant état du tour du monde en voilier entrepris par un autre jeune Américain de 16 ans, Robin Lee Graham, et son escale à Port-Louis pour des réparations au mât de son voilier, Dove, en mars 1968.

Cette rencontre entre Zac Sunderland et des jeunes passionnés de voile, hier, était empreinte de spontanéité, de générosité et de partage. Des échanges entre gens de la mer avides de toujours apprendre tout en sachant pertinemment bien que nul ne pourra maîtriser l'océan ou encore mâter les éléments quand ils sont déchaînés. Avec patience et courtoisie, il a répondu aux questions des jeunes sur cette soif d'aventures qui l'anime.

Zac Sunderland n'aura surpris personne dans le groupe quand à la fin des échanges il soulignera en toute simplicité : "Je souhaite voir un jeune Mauricien faire mieux que moi à l'avenir." À ce moment, l'émotion était à son comble au sein du groupe, qui a pris l'engagement de suivre régulièrement la progression du voilier Intrepid pour le reste du voyage entre Maurice et la côte ouest des États-Unis.

Le jeune Américain envisage de lever l'ancre mardi, selon toute probabilité, pour reprendre la mer en direction de Durban, la prochaine escale. "Tout est fin prêt. Les réparations nécessaires ont été apportées au voilier. Le ravitaillement pour la traversée de cette partie de l'océan Indien a déjà été complété avec une pensée spéciale pour son anniversaire dans une semaine et pour également Tnanksgiving. Il ne reste que les formalités de douane en vue de récupérer des objets en la possession des autorités mauriciennes avant de partir", a indiqué à Week-End un des volontaires s'occupant de Zac Sunderland depuis son arrivée à Grand-Baie il y a une dizaine de jours.

La dernière étape des préparatifs pour le départ a été franchie vendredi quand Zac Sunderland a récupéré une voile pour l'Intrepid qui avait été commandée de Chine. À la mi-semaine, Laurence Sunderland, le père du jeune navigateur, qui avait fait le déplacement à Maurice pour les réparations, est reparti pour les États-Unis au terme d'une mission bien accomplie. Au cours de la semaine, le jeune homme soignait une grippe, qui l'accablait depuis son arrivée à Maurice.

Mais d'ici mardi matin, tout sera fin prêt. Dans sa tentative d'établir un nouveau record du plus jeune navigateur à effectuer le tour du monde en voilier et en solitaire, Zac Sunderland sait que la traversée Maurice-Durban, longue de quelque 1 500 miles, constitue un véritable test. "The leg should take ten to fourteen days depending on the weather. There is reportedly a storm that lives off of the Southern tip of Madagascar. Zac's job will be to stay far enough South of Madagascar to avoid this storm without going too far and getting blown South of Durban and needing to beat to get into port", souligne Marianne Sunderland, sa mère, sur le site web retraçant les principales étapes de cette aventure.

Zac Sunderland avait profité de la journée de mercredi pour effectuer un fine tuning complet de l'Intrepid avant le départ de son père pour les États-Unis. "Zac has been working hard on the boat - cleaning, organizing, troubleshooting a few systems that were not working properly. He has a great group of guys around him to assist him and guide him in the absence of Laurence. Today is a big day with various rigging jobs, reattaching the stainless steel pulpit and lifelines", ajoute sa mère, qui révèle que son fils avait été reçu à dîner par l'ambassadeur américain en poste à Maurice au cours de la semaine écoulée.

Zac Sunderland se veut reconnaissant envers tous ceux qui ont apporté leur contribution en vue de faciliter son escale à Maurice, en particulier les habitués du Grand-Bay Yacht Club où l'Intrepid était amarré. "Mauritius looks a lot like Hawaii. It has steep mountains and a lot of sugar cane fields. The yacht club has been great about offering any help they can, including letting us borrow one of their dinghies to get back and forth to Intrepid, which is at anchor in the bay", raconte le jeune Américain dans son livre de bord virtuel.

Différents événements, de la présence des pirates au large de la Somalie à la Volvo Ocean Race entre l'Afrique du Sud et l'Inde, sans oublier la tentative d'un jeune Britannique de 16 ans, Mike Perham, qui vient de prendre le départ d'une "solo, non-stop and unassisted circumnavigation", sont commentés par Zac Sunderland et son entourage. Mais le tout dans un esprit d'ouverture sans pareil.

"It is really an amazing time on the water these days. Mike Perham is on his way. We've keeping track of him for some time now", devait avouer la mère du jeune Américain. "Zac's idea was to be able to stop and see the world and experience a bit on his way. We have the highest regard for Mike (Perham) and his family and wish him well", devait poursuivre Marianne Sunderland, qui se trouve à son domicile à Los Angeles.

En guise de conclusion à l'aventure où sont engagés ces deux jeunes, la mère de Zac Sunderland trouvera que "the two trips are completely different with Perham going fully sponsored in a million dollar racing boat." "I don't think it makes either trip better than the other. No matter what happens both young men have extraordinary strength and vision to take on this monumental task and are to be commended for it. If Mike and Zac both complete their journeys as planned, Zac will still be the youngest American solo circimnavigator and a very accomplished sailor", conclut la mère, fière de la détermination de son jeune fils.


L'escale du voilier "Dove" à Port-Louis en mars 1968

Il y a quarante ans, l'édition du mois d'octobre du magazine américain National Geographic consacrait sa une au voyage en solitaire autour du monde avec escale à Maurice du jeune Américain Robin Lee Graham, âgé de 16 ans, à bord du voilier Dove. La coïncidence a voulu que lors de cette escale précédente, comme l'actuelle de Zac Sunderland, le jeune navigateur s'était retrouvé avec la nécessité d'entreprendre des réparations majeures à son voilier, notamment à un mât brisé. Mohun Sungkur, un lecteur de Week-End habitant la route Highlands, Phoenix, a accepté de mettre à la disposition de la rédaction ce précieux document retraçant cette aventure.

Sur plus d'une quarantaine de pages, agrémentées de photos, dont entre autres une vue panoramique de la cité de Port-Louis à partir de la montagne des Signaux. Une véritable photo d'archives avec le port sans les installations d'embarquement du sucre en vrac, une ville de Port-Louis sans aucun gratte-ciel et encore les artères principales de la capitale sans embouteillage ou encore une Mer Rouge encore vierge de toute construction d'entrepôts ou des tours de la minoterie ou la cheminée de la MCFI. C'était en mars 1968, car le jeune navigateur note dans son récit que le pays se préparait à célébrer l'indépendance du pays.

Le jeune Robin Lee Graham avait mis 24 jours pour rallier Maurice à partir des îles Cocos. Après avoir traversé Rodrigues, sa crainte principale était de faire naufrage à Maurice la nuit. "I became concerned that I might run into Mauritius at night. Standing on the overturned dinghy, I strained in vain to see a black dot in the moonlight...", avait-il écrit dans les colonnes du National Geograpahic Magazine.

Pourtant, avant de faire escale à Port-Louis en mars 1968, le navigateur en solo de 16 ans et quelques mois avait connu le pire cauchemar en mer quand son voilier fut pris dans une violente tempête vers 2 heures du matin. "With the mast down, Dove was out of control. The boat wallowed from gunwale to gunwale. It was 3. 30 a.m. before I got my gear secure. I lay awake until the first rays of dawn wondering what would happen next. Port-Louis, Mauritius, was 2 300 miles off. I had never heard of a boat going far under jury rig. Could I do it ? I had no choice", raconte le jeune navigateur.

Ce fut un véritable soulagement pour ce jeune Américain quand il parvint à rallier Maurice dans des conditions de navigation des plus difficiles. "What a sight to see the island lift up out the ocean, green and round", ajoute-t-il en faisant état de l'accueil chaleureux des Mauriciens et de l'aide obtenue pour les travaux de réparation à son bateau.

Robin Lee Graham se rappelle encore de ce délicieux plat de riz frit au poulet qui fut servi lors de la fête pour marquer la fin des réparations du voilier. "Fifteen friends accepted my invitation to a mast-stepping party on Dove. Crewmen from the lying-over yachts helped me rig it. You can bet this time I remembered to place a coin - a Mauritius 50-cent piece - under the mast", concède-t-il avant de reprendre la mer en direction de l'île de la Réunion.

Port-Louis demeure encore cette escale incontournable pour les aventuriers en quête de sensations fortes en mer…


Justice

La MRA condamnée pour procédure de recrutement illégale

La Mauritius Revenue Authority (MRA) a été condamnée, mercredi dernier, à revoir le cas d'un ancien employé du bureau de l'Income Tax, Manilall Beeharry, à qui elle avait refusé une promotion au poste de chef de section. La Cour suprême, composée des juges Asraf Caunhye et Bushan Domah, a effectivement retenu l'argument de M. Beeharry à l'effet qu'un comité qui l'avait interviewé dans le cadre de l'exercice de promotion n'était pas légalement constitué selon les provisions de la loi régissant la MRA.

La décision de la Cour suprême suscite déjà deux importantes interrogations pour laquelle, à l'heure qui est, on n'a pas de réponses : i. vu que la MRA a recruté les trois quarts de ses centaines d'officiers sur la base des recommandations du même comité d'interviewers, est-ce que cette majorité d'employés travaille-t-elle dans la légalité ? et ; ii. est-ce que les évaluations de diverses taxes perçues auprès des contribuables faites par les officiers ainsi recrutés, soient des centaines de millions de roupies, étaient légalement dues ?

L'intervention de la Cour suprême dans cette affaire découle de la frustration de Manilall Beeharry de s'être vu privé d'une promotion. Il avait été poussé à se retirer de la fonction publique le 29 juin 2006 après avoir été Assistant Commissioner dans l'ancien département de l'Income Tax. Or, M. Beeharry et ses hommes de loi se sont par la suite rendus compte que, au moment où le comité d'interviewers avait siégé - soit entre le 24 avril 2006 et le 1 er juillet 2006 - ce comité n'avait aucune entité légale.

Durant cette période, a fait ressortir le plaignant (M. Beeharry), les trois interviewers, nommément MM. Mosafeer, Hannelas et Gunnoo, ne faisaient eux-mêmes pas encore partie de la Management Team de la MRA, comme l'exige pourtant la loi régissant l'organisme, ni n'étaient-ils eux-mêmes chefs de départements ou de divisions ou même employés comme simples officiers de la MRA. MM. Mosafeer, Hannelas et Gunnoo n'avaient été que "désignés" par la MRA dans leurs fonctions d'interviewers, ont fait ressortir les juges avec un brin de sarcasme en utilisant l'expression "sic".

L'avocat de la MRA aura beau plaidé que les trois interviewers détenaient le pouvoir de recruter de leur employeur (en l'occurrence la MRA elle-même), et ce en leur capacité de "directors designate" et qu'il n'y a eu aucun empiétement sur les droits de M. Beeharry, les deux juges ont eu eux une lecture fort différente des circonstances. "Une des raisons avancées par M. Beeharry pour affirmer que le rejet de sa candidature au poste de chef de section à la MRA est teinté d'illégalité est que MM. Mosafeer, Hannelas et Gunnoo n'ont été employés qu'à partir du 1 er juillet 2006. La MRA n'a pas contesté cette affirmation du plaignant", ont relevé les juges.

En clair, ont souligné les deux juges, "la MRA est un corps statutaire créé par un acte du Parlement. Dans l'exercice de ses décisions de recruter et d'accorder une promotion au plaignant, la MRA ne peut agir autrement que ce que ne l'autorise cet acte." "La MRA n'a pas de pouvoir pour mettre en place un mode alternatif pour constituer un comité de recrutement composé de directors (designate). Si telle avait été l'intention du législateur de lui accorder un tel pouvoir, ce dernier n'aurait pas inscrit expressément dans la loi le terme "shall" (doit) qui est une obligation (mandatory) quand il s'agit de recruter ou de promouvoir du personnel." Selon les juges, en faisant obligation à la MRA à bien constituer son instance de recrutement, "le législateur a voulu, justement, prémunir contre toute irrégularité qui aboutirait à l'annulation de toute éventuelle mauvaise décision".

La Cour suprême a donc conclu que "the process of the recruiting exercice which was based on an interview and recommandation made by the committee lacked jurisdiction inasmuch as the 3 members of the committee which constituted the majority had not been appointed to form part of the management team of the MRA in conformity with the provisions of the Act which had been expressly prescribed for that purpose".

La Cour suprême a statué que "since the decision-making process on which the Authority relied to reach its final decision is flawed on account of a procedural irregularity of such a nature as to render the decision taken null and void, the Court has no option but to quash the Authority's decision in respect of the applicant's application to the post of Section Head".

Pour la Cour suprême, la MRA a agi de manière illégale et a enfreint ses obligations statutaires sous les sections 6 et 11 du Maritius Revenue Authority Act. Toutefois, ont souligné les juges, "puisque ce n'est pas à la Cour suprême de se substituer à la MRA dans l'exercice de ses fonctions statutaires et de ses obligations sous la loi pour nommer et sélectionner son personnel, la cour renvoie la tâche de prendre une nouvelle décision par rapport à l'application de M. Beeharry, et ce en conformité avec les provisions de la loi."

Les juges, on le constate, ont limité leur décision à la candidature de M. Beeharry. Mais il se pourrait que cette décision judiciaire provoque maintenant une cascade de réclamations-contestations de la part d'autres personnes s'estimant également lésées. Ce qui risquerait alors de déstabiliser la MRA, qui est un secteur vital pour l'économie du pays.


Vente de l'emplacement du Waqf Board à la Place d'Armes

Les promoteurs sud-africains chez le notaire

Yaco Odendhaal et Chris Beech, les promoteurs sud-afrcains du projet immobilier de 23 étages sur l'emplacement appartenant au Waqf Board, maintenant connu comme Islamic Cultural Association à la Place d'Armes, sont attendus au pays ce week-end pour tenter de faire aboutir la transaction au coût agréé de Rs 130 millions.

Comme l'a rapporté Week-End, la semaine dernière, ces promoteurs qui sont associés à Business Partners de Raj Ramrachia, homme d'affaires mauricien établi en Afrique du sud, ont, par les soins de l'avoué Raouf Jaddoo, fait servir une mise en demeure à la ICA, au détenteur du bail sur ce terrain, Edinburgh Ltd, représenté par L. K. Patel, au BOI, à la Banque des Mascareignes et à Nando Bodha (voir plus loin la réaction de l'avocat-parlementaire) visant à les amener à respecter la promesse de vente de l'emplacement.

La Banque des Mascareignes et Nando Bodha ont offert Rs 150 millions à M. Patel pour la cession de l'emplacement, ce que contestent les promoteurs sud-africains. Ces derniers ont par l'entremise de leur associé Raj Ramrachia déjà engagé des discussions avec la notaire Nazma Dookhee en vue de conclure la vente.

Une rencontre entre promoteurs et notaine est prévue pour le début de la semaine. Lors des discussions avec différentes autorités légale, il a été confirmé que l'avoué d'Edinburgh, Iqbal Dauhoo, ne pouvait revendiquer une quelconque part de la transaction. Si les choses n'évoluent pas, une action sera initiée en cour en vue d'obtenir une décision au plus tôt sur toute cette affaire.


Nando Bodha : "Nous travaillons sur ce projet depuis huit mois"

"C'est un projet à l'initiative de la compagnie française RTA Investments. Roubina Jadoo et moi-même sommes les conseillers juridiques. Je travaille également en tant qu'urbaniste sur ce projet." Ce sont les explications qu'a tenu à fournir l'avocat parlementaire Nando Bodha, suite à la mise en demeure qu'ont servie les promoteurs du projet immobilier sur le site Waqf Board à la Place d'Armes à l'Islamic Cultural Association, actuel détenteur du bail.

"Depuis huit mois, avec un groupe de consultants, incluant la compagnie Ernst & Young (montage financier) et ONG- SENG GOBURDHUN (génie civile), nous travaillons sur ce projet qui comprendra deux tours, dont une destinée à un hôtel cinq étoiles", indique Nando Bodha. Il soutient que depuis le début, "nous sommes en discussion avec M. L.K Patel, de Edinburgh Court qui détient l'option de vente et le bail de construction auprès de l'ICA, propriétaire du bail".

"Nous travaillons pour arriver à un accord", dit-il, ajoutant qu'un protocol d'accord a été proposé en octobre 2008. Certes, à un moment, un groupe sud-africain s'est interéssé à ce site, et ils ont entamé les discussions avec M. L.K.Patel. "Mais nous avons toujours travaillé sur le plan légal avec Me Dauhoo, conseiller juridique de l'ICA, et M. L.K.Patel", assure l'avocat parlementaire.

D'ailleurs, indique-t-il, en début de novembre, nous avons eu une réunion avec tous les consultants et nous sommes arrivés à un accord final. "Me Dauhoo a apporté des amendements à l'accord final entre RTA Investments, l'ICA et Edinburgh Court. Les representants de RTA Investments doivent revenir dans les prochains jours pour finaliser le contrat et avoir toutes les dimensions de l'accord", fait comprendre Nando Bodha.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 23 novembre 2008