s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 16 novembre 2008



  HSC: tricheries sur internet - Et si les informations échangées étaient erronées?
  Des candidats du RCC - "Our plans to become successful individuals have been thwarted by unexpected occurrence"
  Intoxication alimentaire - Aucune salmonelle dans les ingrédients de la mousse de marlin
  Lutte contre le VIH/SIDA - La mauvaise gouvernance, meilleure alliée du virus
  Indignés de la politique du ministère quant au paiement des heures supplémentaires - Les infirmiers se préparent à la confrontation… au risque de pénaliser les patients, dont ceux nécessitant des sessions de dialyse
  Licenciement de deux syndicalistes chez MT - L'intervention du président Sarkozy auprès de France Telecom sollicitée
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HSC: tricheries sur internet

Et si les informations échangées étaient erronées?

Le rapport de Cambridge sur les échanges d'informations portant sur les questions divulguées sur Internet, avant la tenue des examens de physique, chimie et mathématiques, pourrait conforter une éventualité envisagée par le MES. Les données disponibles sur les sites de Facebook et Blackpapers.info, seraient probablement erronées! Cambridge, au courant depuis quelques temps déjà, de ces "informations"-en ligne depuis octobre dernier- les qualifient d'ailleurs de "rumeurs". Si l'université britannique avait pris cette affaire au premier degré, elle aurait procédé à des changements au niveau du marking scheme pour ne pas pénaliser les candidats. La position de Cambridge vient aussi conforter les analyses observées par le comité institué par le MES. De son côté, après avoir noté que "Cambridge ne traite pas cette affaire avec le même sérieux que nous", le ministre de l'Education, Vasant Bunwaree, réitère sa confiance au système de monitoring de Cambridge…

Et si les informations circulées sur Internet et présentées comme des questions d'examens de Cambridge, communiquées en avance étaient fausses? Cette éventualité est actuellement étudiée par le Mauritius Examination Syndicate (MES). Il n'est pas improbables que des échanges (en toute bonne foi) d'informations erronées aient pu donner lieu à la polémique qu'on connaît. Celle-ci a été déclenchée il y a quelques jours à peine, tandis que les échanges de données en ligne remontent à… octobre dernier! C'est jeudi que des candidats prenant part aux examens de Higher School Certificate alertent le directeur, Lucien Finette, du MES sur l'existence de ces informations. Mais, celui-ci était déjà au courant de l'affaire, une heure auparavant.

Depuis que la nouvelle - à l'effet que des éléments d'informations portant sur des questions prévues dans les papiers de physique, chimie et mathématiques avaient été dévoilés sur deux site, peu avant la tenue des examens- est parvenue au MES, celui-ci a institué un comité pour passer au crible toutes les informations soulevées en ligne. Hier, ce comité procédait encore à une analyse approfondie des données recueillies, avec les questionnaires concernés à portée de main pour dresser des comparaisons. Présent également au MES, hier, le directeur de l'établissement, Lucien Finette, explique que ce travail se fait parallèlement avec l'enquête menée par Cambridge. Sans pour autant révéler les détails sur ce qui a été jusqu'ici constaté par le comité, Lucien Finette déclare à Week-End, "nous essayons d'être objectifs dans nos analyses. Nous évaluons la pertinence et l'impact des informations qui ont circulé avant la tenue des papiers.Toutefois, nous nous rendons compte qu'il y a eu beaucoup de choses qui ne sont pas vraies!" Lucien Finette laisse entendre que ces informations pourraient être "des spéculations faites entre internautes". Des réponses données sur Facebook se seraient avérées fausses. Ces derniers se seraient peut-être basés sur les précédents questionnaires pour avancer, voire élaborer d'éventuelles questions. Toutefois, Lucien Finette évoque la possibilité que des étudiants: en se basant sur des données en ligne, aient pu avoir des informations qui les auraient, par chance, privilégiés. En revanche, les données erronées, auront pénalisé, estime-t-il, ceux qui s'y sont fiés.

"Il y a eu tricherie!"

"A la sortie des épreuves de Chimie, un de mes élèves m'a lancé: Monsieur, ou fer mwa krwar ou pa ti koné ki pou éna dan legzamen? Mwa mo ti fini koné!", confie un enseignant d'un collège d'Etat. "Les informations divulguées sur Internet ne sont pas fausses!", ajoutent, d'emblée, Jaysen Seerungen et Kowen Lecoquin. Ces derniers, candidats du collège Eden, en sont persuadés. Et ont tenté de convaincre le directeur du MES, à ce propos, vendredi dernier. "Il y a trop de précisions, cela ne trompe pas!", affirme Jaysen Seerungen. Ce dernier, qui a opté pour les Mathématiques, dit n'avoir pu accéder à Facebook et Blackpapers.info, avant les examens. "Cependant, les échos qui me sont parvenus démontrent qu'il y a eu tricherie!", souligne-t-il. De son côté, le directeur du MES n'a pas manqué de relever les différentes heures apparaissant sur les deux sites d'interaction, lors des échanges entre les internautes sur les papiers d'examens. Lucien Finette note que les heures indiquées sont celles des deux serveurs et non des pays (le Singapour et la Malaisie ont été souvent évoqués) d'où proviendraient les informations.

Cambridge: "Supposed exams questions"

A ce stade, la communication entre Cambridge et le MES est régulière. A Maurice, au fil des analyses, chaque point qui requiert un éclaircissement est soumis à l'institution britannique. Mais, au final, c'est le rapport -attendu avec impatience- de l'université de Cambridge qui déterminera l'issue de toute cette affaire. Et quel que soit la/les conclusion/s, il est souhaité de tous que Cambridge inclue des mesures préventives dans son rapport.

La première réaction de Cambridge, vendredi après-midi, a, a priori, déçu du côté du ministère de l'Education. En effet, lorsque l'université britannique conseille aux candidats mauriciens de ne pas prêter foi aux "rumors" qui sont en ligne et des "supposed exams questions" qui y ont été évoqués, cette note a refroidi plus d'un! Réagissant à son tour, le ministre de l'Education, Vasant Bunwaree, est plutôt agacé. "Cambridge ne traite pas cette affaire avec le même sérieux que nous!", déclare le ministre de l'Education. Hier matin, dans une déclaration faite à Week-End, il se demandait encore "comment est-ce que des étudiants/internautes ont pu débattre de certains topiques sur Internet?" Comme bon nombre de Mauriciens, le ministre s'interrogeait sur les questions portant sur le décalage horaires entre les pays dont les ressortissants participent aux examens certifiés par Cambridge, les risques de fuite par des moyens de communications rapides entre autres… "D'autant qu'il y a 4 semaines en préparant le plan stratégique, j'avais soulevé des questions sur le décalage horaire pour les examens de Cambridge", souligne Vasant Bunwaree. Ce dernier précise aussi que l'université anglaise avait été, au préalable, informée sur le passage de Maurice à l'heure d'été. Entre-temps, le gouvernement ne se prononce sur aucune décision. Car il attend la soumission du rapport de Cambridge avant de déterminer la marche à suivre. Idem pour le ministre de l'Education, lequel (dans un deuxième temps) réitère sa confiance en Cambridge, université crédible qui "dispose d'un très bon système de monitoring."

Et dans le sillage de la polémique qui suscite un débat passionné, des propositions sont faites de part et d'autre. Notamment i) annuler les examens de HSC et reprendre de nouvelles épreuves au début de 2009 iii) organiser des examens uniquement pour ceux qui concourent aux bourses iv) ou pour tous les candidats et iv) annuler les papiers concernés et les reprendre ultérieurement.

Tandis que toute cette affaire est pris au premier degré, Cambridge, de son côté, campe sur sa position. Pour cause, il revient que l'université connaissait déjà l'existence de ces informations, jugées erronées et qui ne pouvait avoir une incidence conséquente sur les examens en cours. D'ailleurs, si dans l'éventualité où les informations échangées étaient fondées, Cambridge, laisse-t-on comprendre, aurait déjà fait le nécessaire pour changer le marking scheme!


Syndicats des enseignants du secondaire - "Faut-il continuer avec Cambridge?"

La communauté des enseignants a été prise au dépourvu. L'affaire de tricherie via Internet a choqué les pédagogues. Certains d'entre eux, à l'instar de Krishna Ramana (Education Officers Grade A Union) et Naraindranath Gopee (Government State Secondary School Union) expliquent avoir même déjà averti le MES sur les risques de fuite à cause du décalage horaire dans les pays du Commonwealth. "Mais le MES ne s'est pas attardé sur nos mises en garde", déplore Krishna Ramana, qui a aussi exercé comme Supervisor durant les précédents examens de HSC. "Ce qui s'est passé sur Internet est révoltant! Aujourd'hui, Cambridge doit comprendre que Maurice ne peut être traité au petit bonheur, quitte à refaire les examens", ajoute-t-il. Naraindranath Gopee a, pour sa part, rencontré Lucien Finette au courant de la matinée d'hier. "J'ai demandé au directeur du MES d'envisager la réorganisation des examens pour les matières qui ont fait l'objet de tricherie sur le net. Les élèves impliqués peuvent être retracés et ils devraient être sanctionnés! Pour minimiser les probabilités de fuite, le gouvernement devrait penser à subventionner le MES pour pourvoir aux candidats des papiers 'mauriciens'", déclare N.Gopee. "Mauricianiser les questionnaires jusqu'à ce que le MES ne soit plus dépendant de Cambridge", c'est ce que pense aussi Yayah Paraouty, président de l'Union of Private Education Employees Union. Ce dernier est également d'avis que la tenue de nouveaux examens, dans les épreuves concernées, soit prise en considération. "Sept ans d'études secondaires balayés d'un revers de la main, pour des collégiens qui se sont préparés pour ces examens", s'indigne Lysie Ribot, de la Secondary and Preparatory School Teachers Union. Lysie Ribot attend que les responsabilités soient situées, d'autant que "des bourses d'études sont en jeu". Réorganiser des examens serait à son sens "une injustice à ceux qui ont décrocher après les épreuves". Et de confier: "Je préfère ne pas me mettre à leur place!". Pour cette dernière, "il serait temps de se mettre à la table de discussion pour voir s'il faut continuer avec Cambridge".


Pour prévenir des risques de fuite: Suren Bissoondoyal, maintient qu'un accord avec Cambridge a été conclu

Le décalage horaire, l'heure d'été… Le temps a été souvent remise en cause dans cette affaire de tricherie présumée. En effet, le time zone des pays dont les ressortissants concourent aux examens de Cambridge, est un facteur que l'université britannique prend au sérieux. Lorsque des candidats de deux pays prennent part aux mêmes épreuves le même jour, l'écart entre l'heure à laquelle débute celles-ci dans les deux pays respectifs ne peut donner lieu à des possibilités de fuite. Cette question portant sur le décalage horaire assure Suren Bissoondoyal, ancien directeur du MES, avait fait l'objet d'un accord entre l'institution mauricienne et Cambridge débouchant sur "des special papers" pour Maurice. Cependant, son successeur, Lucien Finette, a, dans une déclaration à notre confrère Le Mauricien (dans son édition d'hier) affirmé qu'une correspondance de Cambridge est d'avis que "this is misinformation". Suren Bissoondoyal insiste: "Le document prouvant ce accord doit se trouver quelque part au MES comme à Cambridge. Entre-temps, il y a eu des changements d'officiers au sein des deux établissements. Mais, lorsque dans les années 80, j'ai rencontré l'ancien Chief Executive de Cambridge, en l'occurrence John Reddaway, je lui avais fait part des problèmes de fuite qui peuvent surgir à cause du décalage horaire, il m'a donné la liberté d'en discuté avec ses officiers. Cet accord stipulait que s'il n'est pas possible pour Maurice de prendre part aux épreuves à la même heure que, par exemple, Singapour, Cambridge envisagerait des special papers pour nous. Evidemment, cela nous coûte plus cher! Cet accord a été mis en pratique jusqu'à mon départ du MES", explique Suren Bissoondoyal. Quant à la présente affaire de tricherie, ce dernier est d'avis que "les candidats qui concourent pour une bourse" devraient être les seuls à reprendre de nouveaux examens, au cas où ce problème est officiellement reconnu.


Après la médiatisation de cette affaire: Colère et menaces sur Blackpapers.info

Des internautes, inscrits sur Blackpapers.info n'ont cessé de manifester leur mécontentement à l'annonce de la fermeture de tous les serveurs de téléchargement du site. Les webmasters de Blackpapers.info qui, dans un communiqué, ont sévèrement condamné les "fuites" concernant les papiers d'examens à venir, ont préféré fermer ses download servers in "protest". Un avertissement a été lancé dans ce sens. "If these acts continue to happen in the near future, the next step would be to shut down the site for good." Déjà, dès la médiatisation de cette affaire, des abonnés du site ont laissé éclater leur colère, allant jusqu'à même proférer des insultes à l'encontre de ceux qu'ils suspectent être à l'origine du "leakage". Selon ces internautes, ce seraient des candidats concourant aux bourses d'études qui auraient monté un complot afin de chambouler la tenue des examens. Mise en garde, menaces… ont accompagné des messages sur le forum du site. Un des"experienced user" a même avancé le nom de celui-un "soi-disant" élève d'un collège star-qui aurait été l'instigateur de cette affaire. "We will find u… u will pay for f… sake!", écrit cet internaute.

Par ailleurs, le nombre de visiteurs sur certains forum de discussion a atteint les 7700!


Des candidats du RCC

"Our plans to become successful individuals have been thwarted by unexpected occurrence"

Le ministre de l'Education, Vasant Bunwaree, se veut rassurant envers les candidats qui participent toujours aux examens de fin de cycle du secondaire. Ils leur demande de ne pas céder à la panique et se concentrer sur leurs épreuves. A la lumière du rapport de Cambridge, assure le ministre,"tout sera fait dans l'intérêt des étudiants". Pour sa part, le directeur, Lucien Finette, du Mauritius Examination Syndicate, rappelle que cette affaire est survenue en dehors du contrôle de son institution. Mais, dorénavant, dit-il, le MES consultera de façon régulière les sites d'interaction axés sur les échanges de données académiques. "Nous attendons à ce que Cambridge préconise des mesures préventives, dans son rapport", déclare Lucien Finette. Cependant, malgré l'assurance donnée par le ministre de l'Education, un bon nombre de collégiens réclament l'annulation des examens en cours. Hier matin, un groupe d'étudiants du collège Royal de Curepipe s'est réuni pour réclamer d'une seule voix, l'organisation de nouveaux examens. "Près de 97% d'entre nous comptete pour une bourse anglaise. Nous avons pris part aux épreuves dont les matières ont fait l'objet de fuite", explique Hanish Charitar, élève du collège Royal de Curepipe. Dans un communiqué le groupe qu'il représente écrit: "Our main focus, at present is to ensure that all students sitting for the exams are on equal footing. Therefore, to re-create a level playfield and instill confidence, as exams are a highly sensitive issue, the wisest course of action would be to organise fresh exams for all the papers. This is the only option to leave everyone - the MES, Cambridge University, the Government, parents, students and teachers with a clear conscience (…)Today, our plans to become successful and respected individuals have been thwarted by unexpected occurrence." Toutefois, précise ce dernier, "si de nouveaux examens sont organisés, Cambridge est tenu à informer les différentes universités qui accueilleront les étudiants mauriciens de la situation, vue que nous risquons d'être en retard pour les inscriptions".

Le groupe d'étudiants composé de Jaysen Seerungun et Kowen Lecoquin (Collège Eden) et Warren Seerugun et Yvon Leste (Collège La Confiance), qui a rencontré le directeur du MES vendredi dernier, a aussi réclamé la tenue de nouveaux examens. Se disant "frustrés" et "pas satisfaits" de la rencontre avec Lucien Finette, des membres du groupe estiment que le certificat de HSC 2008, éclaboussé par cette affaire, "ne sera pas crédible". Kowen Lecoquin d'avis "que les étudiants qui ont triché devraient être sanctionnés."


Intoxication alimentaire

Aucune salmonelle dans les ingrédients de la mousse de marlin

Les résultats d'analyses sont tombés cette semaine et le ministère de la Santé confirme qu'il n'y a aucune trace de salmonelle - la bactérie à l'origine des problèmes de santé d'une quarantaine de personnes la semaine dernière - dans les ingrédients utilisés dans la mousse de marlin. Certes, les échantillons de la mousse de marlin récoltés dans les supermarchés contenaient cette bactérie, mais l'analyse de ceux pris chez le fabricant, ainsi que les ingrédients utilisés par ce dernier, ne révèlent rien de fâcheux. Le ministère de la Santé indique toutefois que d'autres analyses sont en cours, en vue de déterminer si le fabricant ou son employeur seraient porteurs de la bactérie, d'où peut-être l'origine de la contamination. D'aucuns pensent néanmoins, que si les ingrédients sont mis hors de cause, l'intoxication provoquée par la mousse de marlin tirerait peut-être son origine d'une rupture de la chaîne de froid. Ceci tant au niveau des supermarchés que lors du transport chez les consommateurs. A cette question, le ministère indique qu'il n'est pas en mesure d'y répondre.

Malgré l'intoxication alimentaire qu'aurait causée la consommation de la mousse de marlin par une quarantaine de personnes il y a deux semaines, les ingrédients utilisés dans la fabrication de ce produit ne sont pas en cause. C'est ce qu'indique le rapport du ministère de la Santé, suivant les analyses du laboratoire de bactériologie de l'hôpital Victoria qui confirment qu'il n'y a aucune trace de salmonelle dans d'autres échantillons de marlin surgelé, les œufs, les boîtes de Dessert Cream, d'huile et de la gélatine entrant dans la fabrication du produits recueillis chez le fabricant de mousse de marlin. À ce stade, les autorités ne peuvent toutefois toujours pas se prononcer sur l'origine de la salmonelle dans la mousse de marlin qu'avaient consommé les personnes contaminées. Toutefois, si les résultats des échantillons récoltés chez le fabricant s'avèrent négatifs à la salmonelle, il demeure que le fabricant n'est toujours pas mis hors de cause. Un haut gradé du ministère de la Santé indique que d'autres analyses sont en cours en vue de déterminer si le fabricant ou son employeur seraient porteurs de la bactérie, d'où peut-être l'origine de la contamination. "Il arrive que certaines personnes portent la bactérie sans montrer des signes d'intoxication. Ils sont des "carriers of salmonella", et peuvent contaminer d'autres personnes ou des aliments qu'ils touchent", explique ce haut gradé du ministère. Les résultats de ces analyses seront connus sous peu. D'autres sources indiquent, elles, que l'origine de salmonelle dans cette affaire serait due à une rupture de la chaîne de froid. En effet, il faut savoir qu'une fois sorties du réfrigérateur ou du congélateur, les bactéries se multiplient. Davantage si l'aliment cru est congelé une nouvelle fois. Elles sont alors tellement nombreuses que notre système immunitaire et les acides de notre estomac ne peuvent rien contre. La bactérie "la plus connue et la plus redoutée" est la salmonelle. Pour d'aucuns une rupture de la chaîne de froid - entre le transport du supermarché jusqu'au domicile du consommateur ou encore dans le cadre d'une supercherie au niveau des supermarchés pour économiser l'énergie - pourrait être la source de la présence de la salmonelle dans la mousse de marlin analysés par les officiers du ministère. D'ailleurs, en début de la semaine dernière, une opération-surprise de la Flying Squad du bureau sanitaire, a donné lieu à l'émission d'un Prohibition Order contre le gérant d'un libre-service de Quatre-Bornes qui éteignait son congélateur le soir et le rallumait le matin. Une façon de voir se multiplier les bactéries. Mais cette vérification en ce qu'il s'agit d'une éventuelle rupture de la chaîne de froid dans le cas de la mousse de marlin n'est pas du ressort du ministère de la Santé, nous a-t-on fait comprendre.


Le fabricant de mousse de marlin : "Cette affaire nous porte préjudice"

"Ce sont les produits prélevés chez les victimes qui contenaient de la salmonelle. Jusqu'ici, ma fabrication n'est pas mise en cause. Pourtant, toute cette histoire cause d'énormes préjudice à mon business, à un produit sain", explique le fabricant de mousse de marlin. S'il est resté dans l'ombre pendant tout ce temps, le fabricant de mousse de marlin accepte aujourd'hui de parler de ce problème qui affecte son business. "A cause de ces problèmes d'intoxication, déplore-t-il, c'est un employé, parents de deux enfants, qui se retrouve au chômage technique."

Depuis une dizaine d'années, ce Mauricien confectionne de la mousse de marlin pour le plaisir de ses proches et amis. "Nous n'avons jamais eu de problèmes avec cet aliment. Il n'y a aucun de nos proches qui s'est retrouvé malade après avoir consommé de la mousse de marlin", dit notre interlocuteur. En 2006, il décide d'en faire un business. Mais, aujourd'hui, après le "Prohibition Order" que lui a servi les autorités, il s'en trouve désenchanté. En effet, outre ce Prohibition Order lui interdisant toute fabrication ou vente de produit alimentaire, ce fabricant de mousse de marlin a aussi écopé de deux contravention pour (1) "no possession of Premarket Approuval Permit", et (2) "distribution d'aliments contaminés". "Mais les produits que les autorités ont recueillis chez nous ne sont pas contaminés. Les analyses le confirment. Comment peut-on dire que nous avons mis sur le marché un produit impropre à la consommation", s'indigne notre interlocuteur. Le ministère parle d'encourager les petites entreprises, mais le manque d'informations lorsqu'on va ouvrir un business est flagrant, déplore-t-il.

Le fabricant de mousse de marlin fait par ailleurs ressortir qu'avant la mise sur le marché de son produit, il a entamé des démarches formelles pour avoir un permis d'opération. "Nous avons même fait faire des analyses par le government analysis department à Réduit. Ils n'ont rien trouver de compromettant et nous avons obtenu les permis nécessaire pour ouvrir notre business. À aucun moment, on nous a parlé de Premarket Approuval Permit, que nous devons posséder avant de mettre notre produit sur le marché", fait ressortir le fabricant de mousse de marlin. Ce dernier s'indigne également du laxisme au niveau des supermarchés. "Combien de home made products, dans les rayons des supermarchés disposent d'un Premarket Approuval Permit?", s'interroge-t-il. Il relève d'autres cas de figure pouvant faire état d'intoxication alimentaire à l'instar du commerce de kebab, mais sur lesquels, déplore-t-il, le ministère ne se penche pas. D'ailleurs, plusieurs médecins du privé ont noté, ces dernières semaines, des pathologies semblables à celles d'une intoxication par la salmonelle. Pourtant, ces patients n'auraient pas consommé de la mousse de marlin. "Il faut tenir compte que la salmonelle peut être partout. Et surtout en cas de rupture de la chaîne de froid, cette bactérie se multiplient. On ne doit pas négliger ce détail", estime le fabricant de mousse de marlin.


Rupture de la chaîne de froid: Le gérant d'un libre service pris en flagrant délit d'infraction

L'inspectorat sanitaire a saisi "très tôt" lundi dernier, 220 kilos de viande et autres produits congelés dans un libre-service de Quatre-Bornes. Le gérant de ce commerce a été pris en flagrant délit d'infraction. Ce dernier éteignait son congélateur le soir et le rallumait le matin. En débarquant "très tôt" lundi dernier au supermarché, les inspecteurs sanitaires ont constaté que le congélateur était bien branché, mais que la viande et autres produits qu'il contenait n'étaient pas tout à fait décongelés. Les autorités leur ont servi une contravention. Depuis quelques temps, apprend-on, les inspecteurs sanitaires ont des soupçons quant à la pratique du "alime-teigne" chez certains commerçants. C'est ainsi que la visite surprise de la Flying Squad du Sanitaire a pris en flagrant délit ce commerçant dont ils soupçonnaient que les congélateurs du libre-service étaient éteints la nuit pour n'être rebranchés que le lendemain matin. Une opération plus ou moins bien planifiée, car en débarquant lundi matin, sachant que le libre-service avait fermé ses portes depuis dimanche, midi, ils étaient plus à même de trouver des "produits à risques". Un haut cadre de l'inspectorat sanitaire souligne que les "surprise checks" dans les supermarchés seront désormais réguliers.


Lutte contre le VIH/SIDA

La mauvaise gouvernance, meilleure alliée du virus

Il n'existe toujours pas de médicament pour guérir du SIDA, ni de vaccin. Mais les moyens pour vaincre la maladie et le virus sont là. Les Professeurs Rozenbaum et Lang citent les avancées au niveau du traitement, de la prise en charge, de la prévention, de la connaissance. Mais la mauvaise gouvernance et des politiques inadaptées permettent toujours au virus de se propager.

"Aujourd'hui la recherche médicale ne sert à rien. On a tous les outils qu'il faut. Mais on n'a pas les politiques adaptées pour combattre la maladie", dit le Pr Willy Rozenbaum. L'efficacité des traitements, les avancées dans les domaines touchant à la prise en charge des malades, à la prévention et autres rendent optimiste le co-découvreur du virus du SIDA. Pour vaincre le VIH/SIDA : "La solution, on l'a. Mais on n'a pas les politiques qu'il faut pour que les moyens appropriés soient utilisés pour éradiquer la maladie."

De son côté, le Pr Jean-Marie Lang rappelle un fait : si le SIDA est connu depuis 25 ans, cela fait bien une cinquantaine d'années que l'épidémie existe. "Pendant les 25 premières années ça a été une épidémie silencieuse, sournoise et dévastatrice qui a envahi le monde." Depuis que le virus a été identifié de nombreux progrès ont été réalisés. Mais l'après-SIDA, le scientifique ne croit pas le vivre. Pire : "Préparez-vous, le SIDA, même nos petits enfants devront en parler", dit l'hématologue CHU de Strasbourg. Ses observations rejoignent celles du Pr Rozenbaum. Si certaines avancées permettent un optimisme réel, des "dysfonctionnements" dans la gestion de la situation par les politiques s'érigent en obstacles. À travers le monde c'est aujourd'hui la mauvaise gouvernance qui est l'un des plus fidèles complices du VIH. Sans démocratie, sans le respect des droits de tout un chacun, "On ne soignera pas une telle épidémie", dit le scientifique à Week-End. Pour le Pr Jean-Marie Lang : "La clé du succès c'est l'engagement des autorités politiques."

"Le virus ne pardonne rien"

Cependant, il s'inquiète "face à la vitesse à laquelle se développent les facteurs de risque dans un contexte où s'installe une lassitude et que le SIDA n'est plus une priorité. Le virus lui, en profite!" Alors que les questions liées au SIDA restent d'actualité, en France, par exemple, cette lassitude a amené une baisse dans la vigilance avec pour résultat une hausse dans l'incidence. "Le virus ne pardonne rien. Il est ainsi devenu un indicateur des dysfonctionnements dans la manière dont sont gérés les pays." D'où l'importance, ajoute-t-il, que la situation soit constamment suivie afin que chacun soit ramené devant ses responsabilités. Au niveau de la région, les Professeurs Rozenbaum et Lang déclarent à Week-End avoir noté des améliorations. "Les choses avancent. Déjà, le colloque a été une occasion de poser les problèmes sur la table et d'en discuter. Je note que l'on n'a pas hésité à parler de sujets comme la drogue, des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes et autres. C'est déjà un pas vers la solution", dit le Professeur Rozenbaum. Selon ce dernier : "Il faut arriver à démystifier la maladie."

Drogue : "Pénaliser ne fait pas partie de l'arsenal thérapeutique"

Par ailleurs le Pr Lang rappelle la nécessité d'apporter le soutien approprié aux personnes souffrant de dépendance aux drogues. Il avait aussi fait mention en conclusion de l'atelier qu'il avait animé sur les actualités thérapeutiques, lundi. À cette occasion, il avait fait un plaidoyer pour que l'usager de drogue soit avant tout considéré comme un malade avec des besoins spécifiques en matière de traitement médical. "Pénaliser est dangereux et ne fait pas partie de l'arsenal thérapeutique." Il a aussi rappelé que si la politique de réduction des risques a montré son efficacité "Il a été démontré que la répression conduit à une augmentation de prises de risques auprès des usagers." Interrogé par Week-End, le Pr Lang invite Maurice à la vigilance à tous les niveaux. "Il faut sortir de l'idée que l'épidémie s'arrête aux toxicomanes." L'étendue du problème, pense-t-il, peut être encore plus importante derrière cette façade. L'observation de ce dernier rejoignant les craintes exprimées par des acteurs de la lutte quant à une éventuelle propagation de l'épidémie à travers des relations sexuelles non-protégées.


Dépistage

Remettre en question pour banaliser: Au niveau du dépistage, il y a aujourd'hui un besoin essentiel qui se fait ressentir pour la banalisation de ce service. Cette approche désormais prônée par les spécialistes remet en cause l'existence même des Voluntary Councelling and Testing (VCT) Centres encouragés à travers le monde depuis des années. Tout comme il en existe à Maurice il s'agit de centres spécialement conçus pour les prises de sang sur des personnes souhaitant connaître leur statut sérologique. Les officiers attachés au VCT ont aussi le devoir (légalement obligatoire à Maurice selon le AIDS Act) de procéder à un counselling auprès des volontaires avant la prise de sang et au moment de l'annonce des résultats. Et ce, qu'importe ces résultats. Les avancées dans le traitement et la nécessité de démystifier le VIH/SIDA rendent aujourd'hui les VCT obsolètes avancent le Pr Rozenbaum et le Dr Catherine Gaud. La méthode présente, tient, selon le professeur, du"non-sens."

Dr Gaud : "Le patient doit être dépisté pour être traité" - Selon le Pr Rozenbaum : "Il a été noté que le counselling n'apporte par de modification dans le comportement ou sinon il ne dure que quelques semaines." Pour le Dr Gaud l'étape du pre-counselling peut en elle-même représenter un obstacle si la personne ne souhaite pas parler des choses de sa vie. "L'objectif du dépistage aujourd'hui est avant tout le traitement" dit le Pr Rozenbaum. "Si une personne est trouvée positive, il suffit simplement de lui dire qu'elle sera traitée et qu'elle pourra vivre normalement." Le Dr Gaud précise que si la confidentialité des résultats doit demeurer, l'anonymat doit être banni "parce qu'il crée une rupture dans le suivi. Le patient doit être dépisté pour être traité."

Ce dernier rappelle qu'un test réalisé le plus tôt possible permet un traitement plus efficace. Ce qui a un impact direct sur la réduction des risques et la prévention. Il est donc nécessaire dit-il de rendre le dépistage accessible au plus grand nombre à travers les services de santé en général. Banalisé le dépistage, ajoute-t-il, sert aussi à combattre les préjugés et les discriminations associés au VIH/SIDA. Comptant parmi les premiers scientifiques engagés dans la lutte contre le VIH, le Pr Rozenbaum rappelle que tout au long de l'histoire de telles remises en question ont été nécessaires. "Au tout début je ne voyais pas la nécessité du dépistage parce que de toute manière, il n'y avait pas de traitement et que tout le monde devait se soumettre aux mêmes règles de prévention." L'idée des VCT avait ensuite été développée et acceptée pour éviter la discrimination et le respect des droits des malades. Aujourd'hui, le contexte a changé: "Il faut savoir déconstruire pour reconstruire", dit le Pr Rozenbaum.


Méthadone: La triste parade du gouvernement

C'est pour limiter l'accès à la Méthadone que le gouvernement a pris la décision de revoir la période d'induction de 15 à 30 jours. Cette étape marquant le début du programme pour tout patient c'est donc un nombre encore plus restreint d'usagers de drogue qui pourra y avoir accès. L'objectif de cette décision vise à régler les problèmes qui se posent dans les quelques points de distribution où se regroupent un nombre croissant de patients. Officiellement c'est, bien entendu, une autre réponse qui est apportée, le ministère affirmant qu'une étude est actuellement en cour. Reste que la meilleure solution face au problème d'engorgement au niveau des centres de dispensation aurait consisté à décentraliser le service et à professionnaliser l'ensemble du système où de graves lacunes persistent. La décision gouvernementale bafoue les principes du programme qui s'en retrouve mis en péril. La Méthadone a été introduite à Maurice avec pour objectif de réduire les risques de contamination à VIH, aux hépatites et autres infections auprès des consommateurs de drogues injectables (DCI). Il espère aussi réduire la consommation des drogues et les problèmes associés à la toxicomanie. Si proprement appliqué il devrait rendre obsolète le trafic. Des objectifs qui ne peuvent être atteints qu'à partir du moment où la Méthadone est rendue accessible à une majorité. Depuis son entrée en vigueur, la Méthadone a permis à un certain nombre de patients de retrouver une vie normale. Ce qui a convaincu de nombreux autres à réclamer ce même traitement à travers les trois ONGs qui font le lien avec le centre d'induction de Beau-Bassin. Entre-temps, les listes d'attente s'allongent, le Centre Goomany, par exemple, ayant déjà fait savoir que certains des CDI enregistrés récemment ne seront reçus que dans près un an. Aucune autre solution ne leur est offerte par l'État qui refuse toujours le dialogue avec la société civile sur cette question. Alors que le gouvernement se vante d'avoir été proactif face à l'épidémie du SIDA, sa manière de gérer le programme de substitution à la Méthadone laisser planer de sérieux doute quand à sa sincérité. Depuis 2006, sur les 17 000 CDI mauriciens (RSA 2004) 1994 ont été admis sur Méthadone. 92% continuent le programme de maintenance, 10 se sont désintoxiqués avec succès. Côté échange de seringues, la situation n'est pas meilleure, ce service - visant aussi la réduction des risques - ne touchant qu'une poignée.

Autant d'espace laissé au VIH pour qu'il continue sa progression alors que la drogue modifie sans cesse le profil du pays.


Traitement: " Il y a une normalisation dans l'espérance de vie des patients "

En 25 ans, les avancées dans le traitement médical des personnes vivant avec le VIH ont été permanentes. Depuis 2006 ont été développés des médicaments qui " permettent de remettre debout des gens qui étaient couchés ", explique le Pr Lang. Il existe aujourd'hui jusque 22 molécules pouvant être combiné pour le traitement des patients touchés par le VIH. " Cela permet plusieurs combinaisons. On peut même en faire à la carte ", ajoute le scientifique. Pour résultat, grâce au traitement médical: " Il y a normalisation dans l'espérance de vie des patients", ajoute le Pr Lang. Mais le traitement, rappelle-t-il est efficace du moment qu'il est respecté et, bien-entendu, disponible. Parce que les inégalités du système font qu'à travers le monde un nombre important de patients n'a toujours pas accès aux antiretroviraux (ARV). De son côté, le Pr Rozenbaum rappelle à Week-End que le traitement médical fonctionne que lorsqu'il y a l'encadrement social approprié. "Entre-temps, un autre défi se pose: il est estimé que sur chaque patient placé sur traitement aux antiretroviraux (TARV) 2 à 3 nouvelles infections interviennent", dit le Pr Lang. Le Pr Rozenbaum explique que des liens étroits existent entre le traitement et la prévention. En effet, les risques de transmission du VIH se retrouvent considérablement amoindris chez les patients sur TARV. Dans le cas de couples séro-différents, la procréation peut être envisagée, mais doit se faire en consultation avec le médecin traitant. Dans tous les cas de figure l'usage du préservatif reste vivement conseillé. Par ailleurs, il est désormais chose établie que " Le traitement peut réduire la contamination " affirme le Dr Catherine Gaud. "Plus il y aura de gens qui seront traités il y aura moins de morts et moins de contamination" dit le Pr Lang. Autant de raisons pour lesquelles le traitement devrait être rendu disponible au plus grand nombre. Dans son discours à la fin du colloque la présidente de Rive a aussi demandé que les patients soient traités " rapidement et correctement." Au cas contraire, les conséquences seront lourdes. Maurice, pour rappel a reçu, lundi, un appareil destiné à mesurer la charge virale des patients. Ce qui permettra aux médecins des prescriptions médicales mieux adaptées. Jusqu'ici, avec les moyens dont nous disposons, Maurice mesurait uniquement le taux de lymphocytes CD4 restant dans le sang des personnes infectées. Pour précision, en progressant, le VIH augmente en nombre dans le sang du patient alors que son système de défense (CD4) baisse. S'appuyant sur les résultats des tests sanguins, le meilleur traitement consiste ainsi à diminuer la virémie et de, parallèlement, restaurer le système immunitaire.


Moncef Mouhoudhoire (Mayotte): " Je ne me suis jamais senti autant exclu "

Mercredi, il espérait prononcer un discours devant les participants au colloque. Pour dire que la situation chez lui ressemble à celle qui prévaut dans les autres îles de la région. Qu'en raison de la proximité et des voyages, ses problèmes sont aussi les nôtres, et vice-versa. Qu'il a des solutions à suggérer et des conseils à prendre. Mais quand il s'est approché du micro : " La parole m'a été refusée sans la moindre explication. " Moncef Mouhoudhoire l'attribue à un fait : il vient de Mayotte : " Pour des raisons politiques nous sommes exclus. Dans les discours, ils ont pourtant dit que les îles de la région devraient unir leurs forces pour combattre ce problème qui est commun. Mais là, c'est comme-çi on choisissait de ne rien dire au Mahorais alors qu'il y a une alerte à la bombe. " Si que Mayotte n'a pas été invité au colloque " Je m'y suis invité, j'y suis venu de moi-même dans l'espoir de participer. C'est la quatrième fois que je le fais. "

Se disant profondément blessé il ajoute : " Je ne me suis jamais senti aussi exclu. C'est de l'hypocrisie et ce n'est pas ainsi que l'on va vaincre le SIDA. Le virus fait son job. Moi, je fais le mien, j'exhorte les politiciens à faire le leur. " Moncef Mouhoudhoire est le président de l'association Nariké M'sada. "Il y a 173 patients dans la file active, mais seulement 1073 personnes se sont faites dépistées en 2007 sur une population de 186 452 habitants."Dans son discours il espérait entre autre dire : "Je ne veux aucunement embarrasser les organisateurs de ce 7ème colloque à qui j'adresse mes remerciements et mes félicitations. Mais il y a une telle concentration d'énergie et d'intelligence réunie ici, que je n'arrive pas à comprendre pourquoi et comment nous n'arrivons pas à dépasser la politique politicienne. Je suis associatif et j'avance avec force que, pour l'instant, la politique nous handicappe. Il y a une interpénétration régionale avec Mayotte qui est avérée. Même si cela est fait avec beaucoup de courtoisie, L'ignorer serait criminel, l'ignorer serait irresponsable, l'ignorer serait de l'exclusion, de la stigmatisation"


7è Colloque VIH de l'Océan Indien: Les avancées notées, les lacunes décriées

La situation dans la région de l'océan Indien peut encore être contrôlée. Mais d'importantes failles dans le système inquiètent. Tenu du 10 au 12 novembre à Maurice le 7è Colloque de l'OI a permis aux acteurs de la lutte dans la région de faire le point et de resserrer les liens.

Sur une population de 1. 2M, Maurice compterait 13 000 personnes vivant avec le VIH (pvvih). La prévalence locale a été calculée à 1. 8%. Depuis 1987, 3133 cas ont été officiellement enregistrés dans le pays. À Madagascar, on compte 577 cas officiels. Les estimations parlent d'une prévalence de 0.13%, soit 14 000 individus sur une population de 19.7M. À la Réunion, la prévalence est à 0. 2%, 0. 5% aux Seychelles et 0. 8% aux Comores. La région a une population estimée à 22. 6M et le nombre de pvvih est estimé à 30 000, la prévalence à 0. 2%. Pour Yves Bourny, de l'ONUSIDA ; "La situation dans la région est encore gérable. Les systèmes de santé doivent pouvoir absorber le choc et offrir les services nécessaires." La région a les moyens pour faire face : "Ce serait inadmissible si on n'y arrive pas." Si ce 7è Colloque VIH de l'Océan Indien a donné l'occasion aux acteurs de la lutte de noter les progrès réalisés, il a aussi permis à tout un chacun de s'exprimer sur les lacunes qui persistent. D'où la situation de vulnérabilité dans laquelle demeure l'océan Indien. Autour du thème "Réduisons les risques", le colloque aura permis de situer les priorités qui demeurent. Cet exercice imaginé par le Dr Catherine Gaud de Rive, il y a 7 ans, garde tout son sens.

Du 10 au 12 novembre quelques 500 acteurs de la lutte étaient réunis à La Plantation pour discuter. Les objectifs étant l'harmonisation des actions contre le VIH, le SIDA, l'ignorance, la discrimination et la stigmatisation. L'exercice a été une occasion de franc dialogue tout en ayant été une opportunité pour les participants de se tenir informés des développements dans différents secteurs : traitement, prévention, dépistage, communication, entre autres. Ce colloque a vu la participation de quelques éminents scientifiques engagés dans la lutte contre le VIH au niveau mondial. Parmi, les Professeurs Jean-Marie Lang, Willy Rozenbaum, Eric Oksenhendler, de même que le Dr Catherine Gaud, présidente de RIVE, entre autres. Plusieurs ONG étaient aussi représentés. Et cette année, une trentaine de personnes vivant avec le VIH étaient aussi présentes pour faire entendre leurs voix.


"Un message d'amour et d'humanité"

À travers les îles, des défis majeurs demeurent pour rendre efficace la réponse qui doit être apportée pour contrer le VIH. Au cas contraire, ont précisé les différents intervenants, les conséquences seront lourdes. Compte tenu de la gravité de la situation à Maurice, un appel spécial a été lancé au gouvernement pour que les mesures appropriées soient prises afin de permettre au système de fonctionner. Lors du colloque, les approximations dans le traitement des patients et pour la réduction des risques à Maurice ont été décriées.

Présent pour la cérémonie d'ouverture, Navin Ramgoolam a parlé de la nécessité de coordonner les actions. À cette même occasion le Dr Gaud a rappelé : "Nous avons une responsabilité écrasante pour chaque vie qui est unique. C'est de la qualité de notre travail dont dépend la vie de ceux que nous soignons."Et lors de la clôture du colloque elle a lancé un appel à tout un chacun pour "donner un message d'amour et d'humanité qui manque de plus en plus dans notre société." En 2009, c'est Madagascar qui accueillera le colloque.


PVVIH: Témoigner pour le respect

Ils se prénomment Sabrina, Niven, Regi, Cindy, Josianne, Albertine, Patrick, Paul. Ils viennent des Comores, de Maurice, de la Réunion, des Seychelles, de Madagascar. Mercredi, ils ont été de la trentaine de femmes et d'hommes à s'être mis debout devant les participants au colloque pour parler. Parce qu'en se faisant entendre, ils espèrent voir les choses changer. Et ces changements, c'est dans leur quotidien déjà qu'ils veulent les voir intervenir.

Les préjugés, la stigmatisation, la discrimination qui entourent les personnes vivant avec le VIH apportent des blessures profondes aux âmes de ces dernières. Certains parlent de suicides, d'autres cherchent les mots pour exprimer le désespoir profond, las d'être jugés, d'être critiqués parce que malades. Plusieurs souffrent aussi de l'extrême précarité dans laquelle les a plongés la pauvreté ou encore la consommation de drogue. Et les défaillances du système les y ont abandonnés. Comment alors penser à se soigner?

Derrière chaque visage, une histoire. Parfois des drames qui en cachent d'autres. Il y a ceux que les circonstances avaient conduits à la drogue ou à la prostitution. Ils ont ensuite choisi de refaire surface, pour leurs enfants, par amour. D'autres ont été contaminés à cause de l'amour. Le SIDA se transmet beaucoup chez des partenaires vivant en couple. Il y a aussi ceux qui s'efforcent d'avancer en dépit de l'injustice. Parmi ceux qui ont témoigné, une collégienne adolescente contaminée après un viol. Parce que la société tend trop souvent à se croire en position de juger pour mieux rejeter, nombreux sont-ils à choisir la clandestinité. Y compris vis-à-vis de ceux qui leur sont proches. D'autres vivent des regrets et tentent de trouver la force pour avancer.

Il n'y a pas lieu d'offrir de la pitié, avait précisé plus tôt, le Dr Gaud. Ceux qui vivent avec le VIH, avait dit Nicolas Ritter, ont avant tout besoin que leurs droits et leur dignité soient respectés. L'encadrement reste primordial. L'appui et le soutien doivent exister dans l'ensemble du système appelé à se professionnaliser. Pour bousculer les choses, Vivre +, l'association des pvvih de Maurice a été relancée. Au niveau de l'OI, Ravanne + battra le tambour pour faire monter leurs voix de ceux qui vivent avec le virus. Il y a eu de l'émotion, des larmes. Mais aussi de l'espoir. Lundi, Elysa avait raconté comment tout en étant séropositive, elle a voulu être mère. D'origine malgache, elle a été vigilante sur son traitement. Dans trois mois, elle accouchera.


Indignés de la politique du ministère quant au paiement des heures supplémentaires

Les infirmiers se préparent à la confrontation… au risque de pénaliser les patients, dont ceux nécessitant des sessions de dialyse

Les horaires de travail des infirmiers est de nouveau source de problème dans les hôpitaux. Après leurs représentations concernant les recommandations du dernier rapport du Pay Research Bureau (PRB), cette fois la Nursing Association (NA) déplore le manque de considération du ministère de la Santé à l'égard des infirmiers qui effectuent des heures supplémentaires dans les Area Health Centres (AHC) et certains dispensaires. Depuis juillet 2008, malgré les nombreuses doléances faites auprès du ministère, les infirmiers n'ont pas perçu leur paiement d'heures supplémentaires, indique le président de l'association, Cassam Kureeman. De même, les infirmiers postés dans les centres de dialyse se retrouvent avec une "on call allowance", alors qu'ils effectuent leur travail de routine. Trop c'est trop, estime la NA qui lance un ultimatum au ministère de la Santé. "Si, d'ici quinze jours, aucune solution n'est trouvée pour nous payer correctement, nous irons en confrontation. Les infirmiers arrêteront de travailler à partir de 16 h, cela au risque de pénaliser les patients", indique Cassam Kureeman.

La politique gouvernementale d'étendre les heures de travail dans les AHC et certains dispensaires dans les régions à forte agglomération pose aujourd'hui problème aux infirmiers qui y sont affectés. En effet, si auparavant les infirmiers touchaient un overtime selon un overtime rate entre 16 h et 18 h de lundi à samedi et de 8 h à 12 h le dimanche, aujourd'hui ils se retrouvent avec une Allowance, au même titre qu'un autre cadre d'employés soit, les Dispenser. "Ceci est injuste car le dernier rapport PRB ne préconise pas ce type de paiement", explique Cassam Kureeman. Il fait ressortir que si le rapport PRB ne soulève aucun point en ce sens, cela signifie que les anciennes clauses devraient demeurer telles quelles. "Mais à cause des représentations des dispensers qui n'étaient pas d'accord de percevoir une allowance pour les overtime, le ministère a proposé une allowance pour les infirmiers également au lieu d'un overtime payment", indique le président de la NA. Plusieurs représentations ont été faites au ministère pour contester cette démarche, avance Cassam Kureeman. Mais jusqu'ici le ministère persiste avec sa nouvelle politique, dit-il, ajoutant que depuis juillet 2008, les infirmiers ne perçoivent plus d'overtime. Outre un sentiment de frustration, les infirmiers affectés dans les AHC craignent également que lors dans le prochain PRB, cette nouvelle politique du ministère soit appliquée à l'ensemble des infirmiers.

La même frustration est perceptible au niveau des centres de dialyse. Cette fois ce sont les recommandations du PRB qui sont contestées. Le "on call allowance", perçue pour les heures de travail supplémentaires, soit de 17 h à 21 h, n'est pas appréciée. Les heures de travail dans ces centres sont de 7 h à 21. Auparavant, de 17 h à 21 h, les infirmiers percevaient un overtime payment pour les heures supplémentaires effectuées entre 17 h et 21 h. Mais le dernier rapport PRB a changé la donne, recommandant une "on call allowance" pour le travail effectué entre 17 h et 21 h. "Quand on est "on call" cela signifie qu'on s'occupe des cas urgents. Or, ce n'est pas le cas après 17 h. Nous travaillons toujours jusqu'à 21 h selon la routine. Soit avec le même nombre de patients à dialyser que durant la journée", explique Cassam Kureeman. C'est injuste de nous payer une "on call allowance" alors que nous sommes "on duty", s'indigne le président de la NA. Une fois de plus, dit-il, malgré les nombreuses doléances faites au ministère à ce sujet, ce dernier persiste avec la "on call allowance". Outrée du manque de considération du ministère à l'égard de ces infirmiers, la NA lui lance un ultimatum. "Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Si aucune solution n'est trouvée, nous irons en confrontation", indique le président de l'association. Cassam Kureeman fait ressortir que si d'ici quinze jours le ministère n'a pas rectifier le tir ou trouver une solution arrangeante, les infirmiers affectés dans les AHC rentreront chez eux à 16 h. Ceux dans les centres de dialyse fermeront boutique à 17 h. Cela au risque de pénaliser les patients. Conscient des conséquences d'une telle réaction, le syndicat des infirmiers indique qu'il est ouvert au dialogue et espère que le ministère prendra une décision qui ne mettra pas en danger la santé de la population mauricienne.


Licenciement de deux syndicalistes chez MT

L'intervention du président Sarkozy auprès de France Telecom sollicitée

Dans une déclaration à la presse, vendredi après-midi, le premier conseiller près de l'ambassade France, M. Blattes, a démenti avoir affirmé, jeudi dernier, aux représentants du Comité de soutien syndical pour la réintégration des deux syndicalistes licenciés par Mauritius Telecom que "que la balle est dans le camp du gouvernement mauricien concernant la décision de réintégration". Selon M. Blattes, ce qui, par contre, a été assuré aux deux représentants du Comité de soutien, en l'occurrence MM. Rashid Imrith et Ashok Subron, c'est que les deux lettres adressées au président français, M. Nicolas Sarkozy, et à son ministre de l'Economie, Mme Christine Lagarde, " parviendront à leurs destinataires".

Les lettres, rédigées par M. Vishnu Jugdhurry, porte-parole du Comité de Soutien comprenant toutes les fédérations et confédérations syndicales de la République de Maurice, sollicitent l'intervention de M. Sarkozy auprès de France Telecom, actionnaire minoritaire chez Mauritius Telecom, pour que les deux syndicalistes licenciés, Raj Raghoonath et Indiren Carpanen, retrouvent enfin leurs postes.

Les lettres ont été remises à l'ambassade de France à l'issue d'une manifestation symbolique, jeudi matin, au cours de laquelle on a vu revenir au front également des syndicalistes à la retraite comme Malleck-Amode et Auguste Follet, qui ont tenu à témoigner de leur solidarité.

Le Comité de soutien avance que "le Conseil d'administration de Mauritius Telecom a pris la décision de limoger les deux syndicalistes, respectivement président de la Mauritius Telecom Employees'Association et secrétaire de la Telecommunication Workers'Union, pour des raisons d'ordre politique et afin de se débarrasser de voix qu'il savait gênantes pour la mise en place d'une éminente opération de dégraissage portant atteinte aux droits acquis des travailleurs mauriciens". Et de soutenir par ailleurs "qu'un peu partout dans le monde (au Guatemala, en Pologne, au Salvador et au Kenya) la société France Telecom, bien que minoritaire dans des sociétés nationales, s'attaque à des droits à l'expression et d'association pourtant si chers au peuple français qu'au peuple mauricien".

Ce Comité de soutien, qui a reçu le concours de parlementaires, tous partis confondus, mardi à l'Assemblée nationale accuse France Telecom de la non-réintégration des deux syndicalistes et parle de " pressions " sur des représentants nommés par le gouvernement de Maurice au sein du Conseil d'administration de MT. France Telecom est actionnaire à 40 % du capital de MT - contre 60 % au gouvernement mauricien - mais ses 4 représentants - contre cinq Mauriciens - constitueraient une minorité de blocage.

L'instance de soutien aux deux syndicalistes licenciés argue dans la lettre destinée au président Sarkozy et son ministre de l'Economie, que, "du fait que le gouvernement français est lui-même un partenaire majoritaire de France Telecom, la France est donc indirectement impliquée dans cette affaire". Selon le Comité, "M. Sarkozy doit agir pour mettre un terme à ce qui ne peut être qualifiée autrement qu'une politique systématique de la part de la Société France Telecom de museler les syndicalistes et de bafouer les droits fondamentaux des travailleurs en se rendant ainsi coupable du non-respect des Conventions internationales ratifiées par la France et aussi par France Telecom elle-même".

" Que la Constitution de Maurice soit respectée"

Le Comité de soutien invoque par ailleurs que c'est "sous l'influence apparente de France Telecom que la direction de Mauritius Telecom a délibérément choisi de décapiter les syndicats dans le but de faciliter un plan de restructuration qui élimine des droits sociaux, fruits de longues années de luttes, fragilise l'emploi et introduit de l'emploi contractuel et précaire". Par ailleurs, l'on met en avant dans ce courrier : "Vous-même, Monsieur le Président, vous n'auriez jamais accepté que ce genre de politique soit appliqué dans la République française et l'ensemble du mouvement syndical français et des associations de droits humains français n'aurait jamais accepté cela."

En guise de conclusion, le Comité de soutien syndical a demandé à Nicolas Sarkozy, de "veiller i) au respect de la Convention 87 de l'Organisation internationale du travail à laquelle ont souscrit et la République française et la société France Telecom ii) au respect des dispositifs de la Constitution de la République de Maurice sur le libre exercice des droits d'expression et d'association iii) au respect des droits sociaux acquis de haute lutte par les travailleurs à travers l'histoire de l'Humanité et enfin iv) d'exiger que MM. Indiren Carpanen et Raj Raghoonath soient réintégrés sans conditions dans leurs droits et leurs postes".

La grande responsabilité du gouvernement mauricien

Il faut relever que le Comité de soutien syndical a tenu, jeudi, à " féliciter les représentants élus du peuple mauricien - ministres et députés du gouvernement et de l'Opposition confondus - pour avoir clairement exprimé leur solidarité et réclamer la réintégration immédiate et sans condition des deux syndicalistes cette semaine". Toutefois, selon le regroupement, cette solidarité très appréciée ne décharge pas le gouvernement de sa grande part de responsabilité dans toute l'affaire. Ainsi, le premier veut que le gouvernement rappelle à l'ordre - quitte à les révoquer et les remplacer - ses représentants sur le Conseil d'administration de Mauritius Telecom en leur rappelant leur devoir de faire respecter sa propre volonté (celle du gouvernement) que les syndicalistes soient réintégrés et que les lois du travail de la République de Maurice, Etat souverain, ne soient pas bafouées. Le Comité veut également que le gouvernement accorde la protection qui est due sous le POCA à M. Raghoonath. Celui-ci a déposé une plainte en bonne et due forme auprès de la Commission indépendante contre la corruption (l'ICAC) concernant "des transactions douteuses effectuées par certains chez MT au détriment du peuple mauricien", avance-t-on. M. Raghoonath se plaint d'avoir été victime de représailles et de tentative d'intimidation. Enfin, l'on réclame qu'un rapport salarial rédigé par M. Appanah ne soit pas considéré en raison du coup fatal porté aux droits acquis des travailleurs de MT.

Il faut souligner que, malgré le feu croisé Comité de soutien syndical/parlementaires de tous bords qu'elle subit, la direction de Mauritius Telecom prétend encore que "des négociations sont en bonne voie pour trouver une solution qui satisferait toutes les parties". C'est ce qu'a répondu, M. Delphine, responsable du service des relations publiques de la compagnie à Week-End qui l'interrogeait. Or, le Comité de soutien affirme, pour sa part, "qu'il n'y a pas de négociation ! "


Tour du monde en solitaire

Le jeune Zac Sunderland à mi-chemin de l'exploit

Ce navigateur, qui s'est pointé en rade de Port-Louis seul à bord de son voilier de 36 pieds, baptisé l'Intrepid, n'a pas encore fêté ses 17 ans. Il devra le faire à la fin de ce mois quand il se retrouvera entre ciel et mer et naviguant vers Durban, sa prochaine escale. Pourtant depuis le 14 juin dernier, Zac Sunderland, ressortissant américain, s'est engagé dans une expédition pas comme les autres en mer. Il veut devenir le plus jeune navigateur à avoir effectué le tour du monde en voilier et en solitaire. Il ambitionne de battre le record détenu par l'Australien, David Hicks, soit un tour du monde en solitaire à 18 ans.

Avec l'escale à Port-Louis, Zac Sunderland se retrouve presque à mi-parcours de son expédition. Mais au fond de lui-même, ce jeune Américain sait que l'heure de vérité sonnera quand il reprendra la mer au cours de la semaine prochaine en vue de contourner la partie méridionale de l'Afrique dans les meilleures conditions possibles. "Zac must get underway soon to improve the odds of rounding Cape of Good Hope beyond South Africa en route to Cape Town in good weather," peut-on lire sur le Website réservé au récit des différentes étapes de son voyage.

"After I'll reach Cape Town, then I'll be able to feel like it's downhill, because it'll be pretty much a straight shot across the Atlantic and through Panama Canal", devait-il concéder à sa mère, Marianne Sunderland, lors des échanges téléphoniques via satellite.

En attendant de pouvoir franchir cette étape cruciale et se retrouver dans les temps pour rallier la côte californienne, en particulier la Marina Del Rey, son point de départ aux Etats-Unis, Zac Sunderland devra retrouver les forces nécessaires, procéder aux réparations requises à son bateau, assurer le ravitaillement et reprendre la mer à bord de son Intrepid.

Depuis son arrivée, mercredi, le jeune navigateur solitaire a pu retrouver son père, qui a fait le déplacement à Maurice pour les réparations au bateau et a pu se reposer quelque peu. Zac Sunderland se félicite de l'aide obtenue jusqu'ici par son père Laurence Sunderland pour les réparations. "Laurence hooked up with a bunch of ex-Vendée Globe racers in Mauritius who will assist with the rigging repairs. The people in Mauritius have been extremely hospitable and friendly towards Laurence and Zac," notent encore les responsables de ce site internet.

Mais avant d'arriver à Maurice, le navigateur solitaire a dû faire une escale non-prévue à Rodrigues. Il a obtenu une précieuse collaboration de la part des responsables de l'Office du Tourisme de Rodrigues pour lui faciliter la tâche. Depuis son départ de Darwin en Australie, il a rencontré de nombreuses difficultés en mer. Il s'est retrouvé projeté par-dessus bord en au moins deux occasions. Son harnais de sauvetage fut d'un grand secours dans ces situations des plus critiques.

"The previous few weeks of cruising after leaving Darwin, Australia offered smooth sailing, after Sunderland had faced harsh conditions in the Indian Ocean. High winds died down, allowing him to cruise at 12 to 15 knots. Intrepid took quite a thrashing in the Indian Ocean, as 8 to 10-foot swells and 20 knots of wind beat against the forestay, causing it to come undone. With his harness on tight, the teen skipper attempted to remedy the situation and almost fell overboard twice", raconte sa mère sur le Website, qui ajoute que "during this period, the boat's genoa became badly damaged, causing the teen to attempt a makeshift repair during the stormy conditions".

Avant d'affronter de grosses intempéries dans l'océan Indien, Zac Sunderland a dû faire preuve de sang-froid pour se défaire d'un bateau pirates. C'était au large des côtés d'Indonésie avant l'escale australienne.

Avant de pouvoir se présenter comme étant le plus jeune navigateur à avoir effectué le tour du monde en solitaire, Zac Sunderland doit prendre son mal en patience et s'armer de courage pour la seconde partie du trajet car ne dit-on pas que "sailing/cruising is 99 % boredom punctuated by 1 % sheer terror ?" Ce ne sera qu'en avril prochain quand le voilier Interprid accostera la Marina Del Rey que Zac Sunderland pourra confirmer si à l'escale de Maurice, il avait déjà affronté "the 1 % of sheer terror". Bon courage pour le reste de l'expédition…


Depuis mardi - Une unité de pêche à la dérive à St-Brandon

Avec le démarrage de la campagne de pêche sur les bancs, l'Amina II, unité de pêche avec huit membres d'équipage, se trouve en difficultés au large des îles de l'archipel de Saint-Brandon. Les autorités mauriciennes, entre autres le National Coast Guard (NCG) et le ministère qui s'occupe de la Pêche suivent de très près l'évolution de la situation en mer. Elles soutiennent que l'armateur, Hossen Kinoo, doit prendre les mesures qui s'imposent pour le remorquage de son bateau.

Dans la matinée d'hier, le commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, a passé en revue la situation de la dérive d'Amina II avec le commandement général de la NCG. "Les faits indiquent que le bateau de pêche est à la dérive en raison d'un problème mécanique. Le monitoring à travers le VMS Transponder au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport et au Centre de Recherches d'Albion permet d'établir de manière régulière les positions de cette unité de pêche. L'armateur du bateau a été informé des procédures à être enclenchées pour le remorquage de ce bateau de pêche. Cette opération ne relève nullement d'une opération de sauvetage", affirme-t-on du côté des Casernes centrales.

De ce fait, l'armateur aura à encourir les frais de cette opération, qui pourrait être mise en œuvre par des bateaux se trouvant déjà sur la zone. Mais Hossen Kinnoo s'offusque du fait que depuis mardi quand il a alerté les autorités des problèmes rencontrés par l'équipage d'Amina II, rien n'a été fait par la NCG concernant son bateau de pêche. Il avance que deux des membres d'équipage seraient souffrants. Affaire à suivre sur les bancs de pêche…


Projet de route à 3,2 milliards

Terre Rouge-Verdun: Les offres chinoises évaluées par le CPB

Le Central Procurement Board (CPB) a mis en place un comité en vue d'évaluer les offres soumises par les compagnies chinoises concernant le projet d'infrastructure routière, la Terre Rouge-Verdun Link Road. Comme souligné dans notre édition de la semaine dernière, ce projet d'autoroute, d'après ces mêmes offres, coûtera Rs 2 milliards additionnelles par rapport à son évaluation initiale (Rs 1,2 milliard), réalisée par la compagnie française, BCEOM, l'année dernière. Sur cette affaire, qui commence à prendre des allures de scandale en raison d'une possible surévaluation, pourrait se greffer un deuxième scandale entourant le projet Port-Louis Ring Road dans lequel un politicien serait lié.

"Rs 3,2 milliards pour 15,7 kilomètres de goudron!", avions-nous indiqué dans l'article qui révélait que le gouvernement était en présence d'une offre qui dépassait largement son budget, constitué, d'ailleurs, à travers un emprunt auprès de l'Export Import Bank of China (EXIM). Une des conditions du bailleur de fonds pour concrétiser cet emprunt était que l'appel d'offres lancé pour la réalisation de cette infrastructure routière devait être exclusivement réservé aux compagnies chinoises. Quatre compagnies sont aujourd'hui dans la course pour décrocher ce méga-contrat. A savoir, Beijing Construction Engineering Group (Rs 3,2 milliards ), China International Water and Electric Corporation (Rs 3,4 milliards), Beijing Zhuzong Group (Rs 3,4 milliards) et China Jiangsu International (Rs 3,6 milliards).

Nous apprenons cette semaine que le CPB compte aller de l'avant avec l'exercice d'évaluation financière et technique. Un comité d'évaluation, présidé par un professionnel du secteur privé, a été mis sur pied pour évaluer les offres des quatre compagnies chinoises présélectionnées. "Normalement, l'exercice d'évaluation devrait prendre une quinzaine de jours", fait comprendre un haut cadre du CPB.

Compte tenu du coût élevé de ce projet par rapport à une première estimation faite l'année dernière par les experts de BCEOM, la Road Development Authority (RDA) aurait également envisagé de faire une contre évaluation des offres chinoises. Cependant, les nouvelles dispositions du Public Procurement Act n'autorisent plus l'organisme ayant présenté le projet d'avoir accès aux documents soumis par les entreprises qui ont coté pour le même projet. Dans un premier temps, les responsables de la RDA avaient demandé à un expert de BCEOM de procéder à une réévaluation du projet.

Dans le milieu de la construction et de la RDA, on indique que le gouvernement reculera s'il est avéré que les estimations faites par les compagnies soumissionnaires sont trop élevées. Les dispositions de la loi autorisent d'autant plus un "public body" d'annuler l'exercice d'appel d'offres s'il est estimé que les "bids" sont supérieures aux estimations initiales. Il reste à savoir qu'elle sera la décision du gouvernement concernant ce projet de route, même si à la RDA ils sont nombreux à penser qu'un nouvel exercice d'appel d'offres devrait être lancé. "Tout va dépendre des conditions qui sont liées à cet emprunt, car l'idéal aurait été d'ouvrir l'exercice d'appel d'offres et de donner l'occasion à d'autres, dont les compagnies mauriciennes, d'y participer", déclare un haut cadre de la RDA.

Il reste que le coût de ce projet, consistant à construire une autoroute pour relier Verdun à Terre Rouge, a alimenté les conversations dans les différents milieux concernés. "Nous avons compris que les compagnies chinoises étaient peu enclines à revoir leurs offres", fait-on comprendre dans le milieu des ingénieurs, alors que du côté des compagnies de construction, on maintient que les "bids" ne reflètent pas les tarifs qui sont actuellement pratiqués sur le marché.

Deuxième scandale à venir?

Des estimations faites par des compagnies expertes dans la construction des routes indiquent que le projet, en tenant compte du taux d'inflation et des facteurs influençant le prix des matières premières, ne devrait pas dépasser les Rs 2,2 milliards. Ils n'écartent ainsi pas la possibilité que la Terre Rouge-Verdun Link Road ait pu faire l'objet d'une surévaluation, d'autant que le kilomètre de route dans les projets les plus récents a coûté en moyenne Rs 50 millions (route à deux voies) et Rs 100 millions (route à quatre voies).

Pour rappel, le projet Terre Rouge-Verdun Link Road est appelé à jouer un rôle important dans la stratégie du gouvernement de décongestionner la capitale. Le but est de construire une route alternative qui permettra aux automobilistes d'éviter de passer par la capitale pour accéder ou quitter le nord de l'île. La première phase de ce projet consiste à construire 15,7 kilomètres de route. L'autre partie du tronçon, long de 7,2 kilomètres, devrait permettre de relier Verdun à Ebène. Les experts estiment qu'une fois opérationnelle, la nouvelle route devrait absorber entre 15% à 20% le flot de véhicules utilisant actuellement le corridor Caudan-Quai D pour atteindre d'autres destinations autres que la capitale.

Par ailleurs, les informations qui nous sont parvenues, cette semaine, tendent à faire croire qu'un deuxième scandale pourrait se greffer sur celui-ci. Il s'agit du Port-Louis Ring Road, une route périphérique que le gouvernement ambitionne de construire pour décongestionner les entrées sud et nord de la capitale. Il se chuchote qu'un politicien proche du pouvoir aurait tenté d'influencer les conclusions d'un exercice d'évaluation de "bids" au CPB. Affaire à suivre...


PC Dome 2008, du 21 au 22 novembre au Caudan Waterfront

Une mini-foire pour choisir le Right PC

Une pléiade de revendeurs d'ordinateurs réunie sur une même plateforme, le 21 et 22 novembre prochain, pour permettre aux Mauriciens de choisir l'ordinateur qui leur convient le mieux. C'est l'objectif de PC Dome 2008, organisé par Microsoft Océan Indien. L'événement, qui se tiendra au Caudan Waterfront, de 10 h à 19 h, est une première à Maurice. Il est organisé en collaboration avec les partenaires certifiés de Microsoft à Maurice et devrait permettre au public mauricien de bénéficier des conseils de plusieurs revendeurs agréés de Microsoft, dont Task Computers, Pascal Computers, Leal Informatics, Computer Vision, Connoisseur, Megabyte, Galaxy et Maurisystems Ltd.

À travers cette initiative, Microsoft souhaite offrir à la clientèle mauricienne le choix d'acquérir, lors de ces deux jours de mini-foire, le Right PC. C'est à dire : l'ordinateur qui semble le mieux convenir à leurs besoins spécifiques : Education, Loisirs ou Petite Entreprise. Deux catégories de visiteurs sont ciblées, notamment les home users et les petites entreprises. À travers cet événement, Microsoft vise à permettre aux familles ainsi qu'aux entreprises mauriciennes d'avoir en un même toit, un choix plus large des différents ordinateurs disponibles sur le marché mauricien. Mais aussi à simplifier l'expérience de l'achat d'un ordinateur, surtout pour ceux qui ont une connaissance technique limitée de l'informatique. PC Dome 2008 devrait permettre au public mauricien de bénéficier des conseils de plusieurs revendeurs par rapport à leurs besoins spécifiques. Microsoft a procédé à la formation du personnel de ses partenaires à cet effet. Le concept de PC Dome 2008 répond, selon Microsoft, aux aspirations de trois catégories de Mauriciens. "Il y a les familles qui veulent investir dans l'éducation de leurs enfants ; il y a ceux qui veulent utiliser l'informatique dans le cadre de leur petite entreprise et finalement il y a ceux qui ont besoin d'un PC pour leur besoin de loisirs", a rappelé le représentant de Microsoft Océan Indien, Paul Bunting, lors d'une conférence de presse à l'hôtel Labourdonnais, la semaine dernière. Il devait aussi souligné qu'il y a aujourd'hui sur le marché des ordinateurs qui sont abordables en termes de prix : il faut savoir qu'il y a même des ordinateurs de grande qualité qui sont montés à Maurice. "Chez Microsoft, nous avons les logiciels correspondant aux besoins de ces populations. Il suffisait que les différents acteurs se mettent ensemble et grâce à notre réseau de partenaires certifiés, c'est aujourd'hui une réalité", a indiqué Paul Bunting. Le représentant de Microsoft Océan Indien, Paul Bunting, a fait valoir que cette initiative vient renforcer la politique de Microsoft de contribuer à rendre la technologie informatique accessible au plus grand nombre. "Dans la mesure où il y a des familles et des individus de milieux modestes qui y consacrent une large part de leur économie, nous considérons qu'il est de notre devoir de mieux les orienter dans le choix de l'outil qui leur sera le plus utile, de les conseiller dans le choix du Right PC", a-t-il expliqué. Les visiteurs de la mini-foire disposeront ainsi d'un large choix au niveau d'ordinateurs portables, des ordinateurs desktop ou encore des téléphones portables compatibles avec la technologie Windows Mobile. Durant les deux jours, le public pourra également assister à des démonstrations de fonctionnalités des différents logiciels Microsoft par des techniciens de Microsoft. Ceci dans le but de familiariser davantage le public et les petites entreprises avec les nouvelles technologies.


Prévention

Attention ! Un canular dans vos mails

On n'est jamais trop prudent avec nos enfants… Certes, mieux vaut prévenir que guérir, mais dans certains cas, on se passerait bien de conseils visant surtout à alarmer inutilement la population. C'est le cas de ce courriel qui circule depuis quelques temps, autour d'une "Nouvelle drogue dans les écoles". La nouvelle drogue porterait le nom de "Strawberry quick", ou "Strawberry Met" et ressemblerait à une fraise en cristaux durcis. Il s'agirait selon le correspondant "d'un bonbon qui grésille et qui sautille dans votre bouche. Les enfants ingèrent cette drogue en pensant que c'est un bonbon et se précipitent rapidement à l'hôpital dans un piteux état". Le courriel indique également que "cette drogue" peut aussi être "à la saveur de chocolat, de beurre d'arachide, de cola, de raisin et d'orange". L'auteur avise également les internautes de faire circuler ce courriel à autant de personnes possible, même s'ils ne sont pas des enfants de sorte à ce que nous puissions sensibiliser les gens et espérer éventuellement prévenir les tragédies de se produire. Selon certaines sources ce courriel circulerait depuis décembre 2007. D'autres avancent qu'il s'agit d'une mise en garde datant d'octobre 2008. Face à une telle présentation, il est facile de comprendre la peur véhiculée par un tel courriel. Et si ce fléau était réellement présent dans les écoles ? Largement de quoi inquiéter les parents… et les autorités, indique le site francophone sur les canulars du web, hoaxbuster.com. En effet, au risque de créer une psychose au sein de la population, il faut savoir que "cette drogue" n'existe pas. Les autorités mauriciennes contactées affirment n'avoir jamais entendue parler d'une telle drogue, et encore moins de cas d'enfants malades après avoir mangé un "Strawberry quick". Il s'agirait d'une rumeur. D'ailleurs, ce courriel ne contient aucun élément contextuel : pas de nom d'école, ni de référence d'hôpital, ni de symptômes… Rien. On se passerait bien de ce type de canular, provenant d'internautes mal inspirés ou encore d'adultes qui peuvent parfois perdre tout esprit critique au point de diffuser ce genre de nouvelles sans fondement. Par conséquent, cette rumeur, très exagérée, joue sur la peur bien compréhensible des dangers encourus par les enfants. Elle a au moins le mérite de rappeler qu'il faut les sensibiliser à ne pas accepter n'importe quoi de n'importe qui.


Solidarité estudiantine

Les élèves du LLB remettent un chèque à RIVE

En apprenant en 2007 qu'un de leur camarade, la jeune Axelle, est atteinte d'une maladie génétique qui affecte le système immunitaire et que son état nécessite des soins vitaux et coûteux à la Réunion, les élèves du Lycée La Bourbonnais (LLB) se sont mobilisés pour lui venir en aide. Ils ont ainsi organisé une tombola en décembre 2007 et un grand concert en février 2008, réunissant une pléiade d'artistes tels Eric Triton, Linzy Bacbotte, Christophe Rey, Thierry Béchard, Bérengère Couve,entre autres). Les recettes obtenues de ces deux activités (plus de Rs 500 000) vont permettre de rembourser une bonne partie des soins d'Axelle. Le reliquat de la somme obtenue, soit un chèque de quelque 6 700 Euros, a été remis mardi dernier par le Proviseur du LLB, Christian Guyomard, au Dr Catherine Gaud (Médecin chef du service d'Immunologie clinique au CHR de la Réunion et Présidente de la Conférence Régionale de Santé), en sa qualité de Présidente de l'Association RIVE Océan Indien, qui aide notamment à la Réunion à la prise en charge de personnes dans le cas d'Axelle. Lors de cette cérémonie, qui s'est faite en présence de l'Ambassadeur de France, Jacques Maillard, du Directeur de RIVE, Jacques Rolin, du directeur de PILS, Nicolas Ritter et d'Axelle et de sa famille, le Dr Catherine Gaud a adressé aux élèves ses félicitations pour l'esprit de solidarité dont ils ont témoigné. "Nous dépendons tous les uns des autres, et il est encourageant de voir que vous avez su donner de votre temps et de votre énergie pour aider à sauver une élève qui avait besoin de vous", a fait ressortir le Dr Catherine Gaud.

Étant présente à Maurice dans le cadre du septième Colloque VIH Océan Indien, elle a aussi tenu à profiter de cette occasion pour mettre vivement en garde le millier de jeunes présents contre le SIDA. "Maurice connaît aujourd'hui une situation catastrophique avec quelque 2% de la population touchée par le SIDA, soit le plus fort pourcentage régional. Le SIDA se transmet par contamination sanguine et sexuelle. Vous pouvez l'éviter", a fait ressortir le Dr Catherine Gaud dans un discours direct et très apprécié. "En tant que jeunes, vous êtes appelés tôt ou tard à être sollicités par des pourvoyeurs de drogues diverses. Sachez leur dire non. Ne vous laissez pas entraîner dans l'argumentation qui veut que vous devez en consommer pour faire comme les copains, être dans le coup, et que ça ne portera pas à conséquence. Vous le regretterez toute votre vie. Par ailleurs, vous aurez tôt ou tard des relations sexuelles. Sachez vous protéger et faire en sorte que votre sexualité soit épanouie en non débridée", a déclaré la présidente de l'Association RIVE Océan Indien.


CEB

700 000 lampes économiques distribuées à partir de cette semaine

Le Central Electricity Board (CEB) devrait mettre 700 000 ampoules additionnelles à la disposition de ses abonnés à partir de cette semaine. La distribution se fera ainsi selon la même formule que celle appliquée lors du lancement de ce projet. Profitant également de la présence des représentants de Electricité de France (EDF) à Maurice, le CEB travaille actuellement sur la mise en œuvre d'un programme pour l'élimination de ces lampes une fois qu'elles seront inutilisables, cela en raison de leur teneur en mercure.

"C'est une mesure qui commence déjà à porter ses fruits", fait-on ressortir au CEB en marge de son projet de distribuer Rs 1 million d'ampoules économiques à ses abonnés. A ce jour, 300 000 lampes fluorescentes compactes (LFC) ont été distribuées aux abonnés qui, pour s'en procurer, doivent obligatoirement présenter trois "vieilles" ampoules pour en obtenir un maximum de trois lampes économiques moyennant une somme de Rs 40. "Nous notons un grand engouement au niveau du public, car les gens viennent faire la queue pour s'en procurer. C'est une mesure qui marche partout et qui devrait apporter des résultats très vite", souligne un dirigeant du CEB.

A l'île de la Réunion, ce projet semble connaître un succès retentissant. La majorité des foyers en sont dotés. C'est ainsi l'objectif que compte atteindre le CEB qui n'écarte pas la possibilité de renouveler l'expérience une fois que l'objectif de distribuer 1 million d'ampoules sera atteint. "Nous visons principalement les abonnés résidentiels. Il y a quelque 320 000 abonnés qui peuvent en tirer avantage. Donc, notre objectif est de toucher le maximum d'abonnés et de leur permettre de réduire leur facture d'électricité. Chaque famille peut économiser environ Rs 20 mensuellement sur sa facture d'électricité", fait-on comprendre.

Le CEB travaille également en partenariat avec EDF pour la mise en œuvre d'un programme d'élimination des (LFC) une fois qu'elles seront inutilisables ou transformées en déchet. Car au-delà des avantages que procurent les lampes économiques - elles consomment entre 4 et 5 fois moins d'énergie, contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre produites par des centrales électriques à combustibles fossiles -, il est primordial que le consommateur soit informé sur comment l'utiliser et s'en débarrasser une fois qu'elle aura terminée son cycle de vie où brisée accidentellement. D'après les recherches effectuées et les pratiques adoptées dans les pays soucieux de leur environnement et de la santé des populations, des programmes de recyclages ont été mis en œuvre pour se départir de ce type de déchets, qui contiennent du mercure, classifiée comme une matière toxique.

Nous apprenons, par ailleurs, que le CEB compte revoir sa structure tarifaire. Cela aura-t-il une incidence sur le tarif d'électricité? A cette question, on laisse entendre que la révision des tarifs n'est pas d'actualité, ceux qui travaillent sur ce projet déclarant que le but est de proposer une grille tarifaire mieux adaptée à la situation actuelle. "Nous avons 22 types de tarifs qui sont appliqués par rapport à la catégorie de l'abonné. Il peut être résidentiel, commercial ou industriel. Nous avons un besoin de rationaliser le système", explique-t-on. Les recommandations d'un consultant étranger sont ainsi attendues le mois prochain.


La russe déclarée persona aux Seychelles

Extension jusqu'au 31 décembre

Le Bureau du Premier ministre a accédé à la demande de la resssortissante russe Yulia Timonina qui est soutenue par Amnesty International (Mauritius). Son visa de séjour a été étendu jusqu'au 31 décembre.

En effet, le visa de séjour de la ressortissante russe qui arrive à expiration, cette semaine, a été étendu jusqu'à la fin du mois de décembre 2008. Une lettre du PMO explique que cette extension a été accordée " on humanitarian grounds". Rappelons que Yulia Timonina était venue se marier à Maurice avec Gaëtan Pierre, un ressortissant seychellois, membre d'un parti politique d'Opposition, avec qui elle a un enfant. Auparavant, cette ressortissante russe avait constesté en cour un ordre d'expulsion à son endroit. Elle avait perdu en première instance, mais avait eu gain de cause devant la cour d'appel. Lorsqu'elle a voulu retourner aux Seychelles, où elle a engagé plusieurs procès contre l'état seychellois elle a appris qu'elle a été déclaré persona non grata dans l'archipel. C'est pour attendre les décisions de la cour seychelloise, concernant ses procès que Yulia Timonina a demandé une extension de son visa de séjour à Maurice.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 16 novembre 2008