Faits et effets…
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Ruptures
Humeur
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Pollutions en tous genres
Pris sur le vif
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Le choix
Faits et effets...
Ruptures
Un énième scandale autour des examens. On dirait
que depuis qu'un politicien a été nommé à
sa tête, le Mauritius Examination Syndicate est poursuivi
par la poisse. Après les erreurs de transmission à
Cambridge, celles qui ont marqué la distribution de certains
papiers, voilà, cette fois, des bouts de questionnaires
de matières en Higher School Certificate qui sont posés
sur un site de Facebook pour la grande joie de tricheurs. Ce n'est
pas directement la faute au MES, cette fois, mais a-t-il pris
toutes les précautions pour que de tels incidents ne se
produisent pas ? On ne le sait pas et il faudra attendre les éclaircissements
que fournira Cambridge pour savoir comment tout cela s'est produit,
si le décalage horaire a été pris en considération
et la suite que les uns et les autres donneront à ce nouveau
scandale.
Une chose est sûre, c'est que les étudiants déjà
stressés rien qu'à l'approche des examens, le sont
davantage au moment d'y participer. Aussi, ce qui est arrivé
doit les avoir jetés dans un terrible désarroi.
Imaginez ceux qui n'ont pas triché et qui seront pénalisés
parce qu'ils se seront montrés honnêtes ou tout simplement
ignorants que des indications étaient disponibles sur la
toile. Ce n'est pas une situation juste et équitable. Les
étudiants, eux-mêmes, sont divisés sur ce
qui serait acceptable à tous pour réparer ce qui
est devenu une terrible discrimination. Certains, trop heureux
d'en avoir fini avec certains examens, se sont exprimés
contre toute nouvelle épreuve alors que d'autres sont d'avis
que la solution la plus équitable serait de tout remettre
à plat et que le papier de physique soit repris par tous.
Faut attendre pour voir comment sortir de ce dilemme.
A malheur quelque chose est bon, dit l'adage. En effet. Avec Cambridge,
ça commence à bien faire. A ceux qui s'asseyent
dans des bureaux de la ville britannique et qui ont, pendant longtemps,
affirmé que " Cambridge never errs " alors que
les faits témoignent du contraire démontrent que
" Cambridge always errs ", il faut dire ça suffit.
Ces services ne sont pas gratuits, les étudiants doivent,
avec la suppression des subventions de l'Etat, payer chers leur
participation aux examens de SC et le moins auquel ils sont en
droit d'attendre, c'est un service adéquat. Cela dit, il
appartient maintenant au gouvernement de décider de la
marche à suivre pour mettre un terme à cette interminable
saga des erreurs de Cambridge et le plus tôt il engage des
discussions dans ce sens, le mieux ce sera pour tous, étudiants,
parents et enseignants.
Contrairement à son prédécesseur, Vasant
Bunwaree semble être mieux équipé pour comprendre
les enjeux du secteur et apporter les changements qui s'y imposent.
Il a jusqu'ici montré qu'il était prêt au
dialogue avec tous les acteurs de l'éducation. On doit
profiter de la présente situation propice aux franches
discussions pour poursuivre la réforme engagée sous
le précédent gouvernement. Le ministre a évoqué
le remplacement de l'examen du HSC par un baccalauréat
international. Puisqu'il est question d'un système qui
se pratique en France, mais pas seulement, il devrait songer à
aller plus loin et faire poursuivre l'école publique mixte
au-delà du primaire et abolir une fois pour toutes ce CPE
maudit qui a, malheureusement, été affiné
avec le A+. Profiter du contexte pour opérer une rupture
avec le passé. C'est non seulement possible, mais souhaitable.
Pour le plus grand bien de nos enfants.
Le Prix Nobel de littérature, Jean-Marie Gustave Leclézio,
a ainsi refusé que son nom soit donné à la
Bibliothèque Nationale mauricienne. C'est ce qu'il a dit
cette semaine à l'occasion d'une visite au pays. L'affaire
peut paraître banale. Non, ce qu'a dit le distingué
visiteur est révélateur de la manière dont
fonctionne le gouvernement. Dans une tentative de récupérer
la distinction de l'écrivain aux origines mauriciennes,
le Conseil des ministres est allé vite en besogne et a
dans la précipitation, pris une décision de l'honorer
à la première occasion. On sait aujourd'hui que
l'écrivain n'a même pas été consulté
avant la décision officielle. Sinon, il aurait déjà
dit son opposition au projet gouvernemental et le Conseil des
ministres n'en aurait pas été saisi.
Ce que cela démontre aussi, c'est que nous avons un gouvernement
qui n'a qu'un seul réflexe, donner des noms ici et là.
L'honneur s'arrête là pour eux. C'est la solution
de facilité. On n'a d'ailleurs qu'à voir tous les
noms des " papis " de nos actuels dirigeants donnés
aux places publiques, ports, aéroports, rues, jardins lorsque
ce ne sont pas les bustes des uns et des autres qui envahissent
nos artères. C'est de l'infantilisme à l'état
pur, avec des héritiers politiques qui se croient obligés
d'aller chercher toujours plus pour honorer la mémoire
de leurs géniteurs. Des signes de reconnaissance souvent
plus ostentatoires et tardifs que ce qui se pratiquait de leur
vivant. Là aussi, une rupture avec le passé s'impose
si le pays veut réellement se réclamer de la modernité.
Le pavé dans la mare jeté par le nobélisé
Jean-Marie Gustave Leclézio ne fait que nous rappeler que
certaines de nos méthodes sont franchement dépassées
pour ne pas dire ridicules. L'auteur du Chercheur d'or
ne voulait manifestement pas être confondu avec un quelconque
chercheur de dorure. L'écrivain aime le pays d'origine
de son père pour ce qu'il représente sur un plan
affectif, émotionnel en terme d'enracinement et non pas
pour qu'il soit, lui, représenté sur un immeuble.
Le comble dans ce genre d'histoire, c'est que cela attire au pays
des railleries. Et il est heureux qu'après avoir dit non
à cette décision du gouvernement, il a aussi profité
pour suggérer que le gouvernement donne le nom d'un écrivain
mauricien à cette bibliothèque.
Humeur
Pollutions en tous genres
Vous savez ce qui est admirable dans notre pays? C'est la capacité
des dirigeants politiques à faire le contraire de ce qu'ils
ont annoncé ou promis. Exemple : au nom du gouvernement,
le ministre du Tourisme - par ailleurs, vice-Premier ministre
- a lancé une campagne qui, au départ, a fait un
peu sourire, mais qui, il faut bien l'admettre, commence à
porter des fruits. Il s'agit, bien sûr, de la campagne Décollé
pas collé, qui commence à rendre leurs couleurs
originelles - parfois criardes - aux murs, aux devantures de
boutiques, aux troncs d'arbres et même aux colonnes électriques
du pays. On commençait à se dire que l'époque
où nos centres- villes étaient impitoyablement défigurées
à chaque élection ou manifestation politique était
bien révolue et que peut-être le gouvernement allait
prendre les mesures - renvoyées d'année en année
- pour purger nos centres-villes de cette autre plaie : les marchands
ambulants. On s'est une fois de plus trompé. La preuve
est visible depuis la fin de la semaine : la place d'Armes, la
portion de l'autoroute allant du centre de Port-Louis à
Pailles et le rond-point du Réduit sont recouverts d'oriflammes
rouges annonçant la tenue du congrès travailliste.
Le congrès anniversaire se tenant au centre de conférence
de Pailles, on peut se demander pourquoi est-ce que le centre
de Port-Louis a été décoré des couleurs
du PTr, tout comme les colonnes du CEB ont été transformées
en porte pavillons. Cette opération décoration qui
est en fait une pollution mérite quelques questions: Le
ministre du Tourisme a-t-il pris les mesures nécessaires
dans le cadre de l'opération anti-affichage sauvage ou
va-t-il se réfugier derrière le fait que les pavillons
rouges sont attachés, pas collés ? Un tailleur
estime à Rs 15 pièce le pavillon rouge. Il serait
intéressant de savoir qui a payé la note et si cette
opération ne peut pas être assimilée - pour
rester dans l'actualité - à un "bribe électoral"
visuel pour inciter les gens à aller à une manifestation
politique ?
Espérons, par ailleurs, que le CEB, dont le directeur général
n'arrête pas de menacer les abonnés d'une prochaine
augmentation des tarifs fera payer au PTR une location pour l'occupation
de ses colonnes. J'aurais bien proposé la même chose
au comité responsable de la préservation des monuments
historiques pour l'occupation de la place d'Armes. Mais depuis
que ce comité a classé la statue de sir Seewoosagur
Ramgoolam sur la liste des monuments historiques, je m'interroge
sur leur sens de l'Histoire. Ils sont capables de décréter
que ces drapeaux rouge font partie du patrimoine de Maurice
Les habitants de la partie résidentielle du centre de Rose-Hill
sont, pour leur part, victimes de pollution sonore. En effet,
à intervalle réguliers, la municipalité de
Rose-Hill utilise ou loue l'esplanade et la cour du Plaza pour
des concerts. Ces manifestations, qui se multiplient en période
de fin d'année, provoquent à chaque fois les mêmes
problèmes. La route Royale est bloquée, ce qui paralyse
tout le centre-ville et les chemins avoisinants. Entrer ou sortir
de Rose-Hill devient alors une épreuve qui peut durer des
heures. Mais le pire est sans conteste la pollution sonore qui
fait partie de ces concerts. Elle commence la veille de la manifestation
quand les techniciens commencent la balance du son. Ils sembleraient
que ces techniciens aient un problème de surdité
aigüe, sinon ils ne pousseraient pas au maximum le son. Les
tax payers de la municipalité habitant à des
kilomètres à la ronde sont obligés de subir
les goûts musicaux des sonorisateurs pendant des heures.
La situation est la même tôt le lendemain, puisque
des heures avant le concert les techniciens refont la balance
sonore qui avait été faite la veille et laissent
jouer, à fond la caisse, la musique pour créer l'ambiance.
Les habitants des alentours du Plaza qui n'ont pas les moyens
d'aller passer la journée ailleurs doivent subir pendant
toute la journée la musique d'ambiance, les hurlements
des animateurs, les prestations pas toujours musicales des artistes
et " last but not least ", le discours du maire. Restons
à Rose-Hill pour signaler l'existence d'une autre pollution
au centre ville. Tous les soirs après 10 heures et demie,
le tronçon de la route Royale allant des églises
à Kentucky est transformé en piste de course motocycliste.
Tous les soirs, des propriétaires de grosses cylindrées
qui se prennent pour des Hell Angels font hurler leurs moteurs
et grincer leurs roues dans le cadre de ce qui semble être
un rodéo. Il semblerait que les policiers de Rose-Hill
soient atteints de la même maladie que les responsables
de sonorisation. Autrement, ils auraient verbalisés depuis
longtemps ces motocyclistes pour hyper tapage nocturne répété.
Pour mettre fin a ces pollutions sonores, il faut que leurs victimes
exigent des candidats aux prochaines élections municipales
l'engagement que l'esplanade du Plaza ne servira plus de scène
de concert et que le tronçon de la route Royale ne sera
plus utilisé comme piste de course pour grosses et bruyantes
cylindrées.
Pris sur le vif
Le choix
- Si tu votais là-bas, toi, pour qui tu irais voter ?
- Comment tu peux me poser cette question là? Mais il n'y
a pas de choix possible toi, pas un seul moment d'hésitation.
- Ah bon, tu aurais pris ta décision depuis maintenant
même?
- Depuis maintenant même !! Mais tu rêves, toi. Ma
décision a été prise depuis longtemps. Tu
me connaîs:pour moi il y a des questions ki énan
enn seule réponse:la bonne réponse.
- Aio, je crois qu'on ne parle pas de la même élection
la.
- Comment ça, mais il n'y a eu qu'une élection qui
compte, toi : celle de Barack Obama qui, comme on voit sur le
panneau de l'autoroute, a cassé la baraque. D'ailleurs
tu sais quelle publicité c'est, toi ? Il n'y a que le nom
de Barack dessus ?
- Ah bon, tu me parles de l'élection de Barack Obama. Ca
c'est top et il y a même pas de discussion à avoir
dessus, ça tu as raison. De toutes les manières
les américains n'avaient pas le choix : ils ne pouvaient
tout de même pas élire cette Palin avec so vilain
la queue de cheval et ce vieillard de Mc Cain là. Ils avaient
perdu dès le départ, mo ti sire. Mais tu sais ce
qui me fait rire dans cette élection Obama là...
-... la queue de cheval de Palin, je parie. To fine déja
dire ça.
-Pas du tout toi. Ce qui ne fait rire c'est que tout dumone ici
fine vine Obama. Surtout ceux qui disaient qu'Obama n'avait pas
d'expérience, était trop jeune et qu'on ne pouvait
pas mettre un pays comme l'Amérique entre les mains d'un
homme de couleur. Maintenant si tu les entends ça: plus
Obama que zotte ça n'existe pas.
- Ma chère on a l'habitude de ça ici. To fine bliyé
ki le lendemain de chaque élection à Maurice to
bizin rode ban partisans de l'opposition avec la bougie rouge.
Du jour au lendemain tout le monde est devenu partisan du gouvernement.
Ca même ki est en train d'arriver avec Obama. Comment disait
Boodhoo carapatte fine change lichien?? En parlant de cette publicité
sur l'autoroute moi aussi j'ai vu, mais je ne sais pas qui l'a
fait. Il y a bien une espèce d'affaire jaune, jaune sur
le panneau, mais mo pas capave dire toi ce quelle firme c'est.
- Si on peut pas reconnaître le logo ça veut dire
que c'est une mauvaise publicité alors.
- Tu as bien raison. Quelle l'autre élection tu me parlais
là ?
- De celle de la partielle au numéro huit à Moka.
Si tu habitais là-bas pour qui tu voterais: pour le tonton
ou le neveu ?
- Ils ont dit qu'ils seront candidats avant même qu'on déclare
l'élection ?
- Le tonton a dit qu'il poserait s'il avait une partielle. Je
crois que le neveu avait déjà dit ça dans
le passé. Alors quel est ton pronostic ?
- Je vais te dire franc toi : si j'habitais là-bas, j'aurais
voté blanc, je te dis.
- Mais ki faire ? Tu n'as pas le droit, toi. Il faut accomplir
ton devoir civique. Comme le disait mon bonhomme papa les gens
sont morts pour obtenir le droit de vote dans ce pays. Nous avons
la responsabilité de faire notre devoir civique
- Mais quand tu vas voter ça même veut dire faire
son devoir civique, non.
- Mais tu sais bien que le vote blanc ne compte pas. Comme dans
les usines ça fait partie des rejects. Donc il faux que
tu exprimes ton choix.
- Mais justement, il n'a pas de choix toi. Comme disaient les
grandes personnes d'autrefois, dans cette affaire topette ne vaut
pas morette.
- Non là c'est pas correct, le tonton lui a été
reconnu coupable de corruption d'électeurs.
- Mais il ne faut pas oublier que ce tonton faisait partie d'un
gouvernement dont le neveu était le Vice Premier ministre.
Pendant des mois ils nous ont dit que le gouvernement d'avant
avait été un modèle de "good governance"
et de bonne administration. Cette affaire de fraude a eu lieu
quand l'ancien gouvernement était au pouvoir, non? Dans
cette affaire la topette ne vaut pas morette et si je votais là-bas,
je ne voterais pas, je te dis. Il faut que les politiciens arrêtent
de prendre les électeurs pour des imbéciles. Après
il y a une autre chose que je ne comprends pas dans cette affaire
du numéro 8 là.
- Qu'est-ce que tu ne comprends pas encore?
- Si j'ai bien suivi l'affaire c'est un candidat battu des travaillistes
qui a porté l'affaire en cour en disant que c'est à
cause des mardayes du tonton qu'il a été battu aux
élections, non ?
- C'est exactement ça.
- Alors explique moi pourquoi ce candidat battu à qui on
a volé la victoire ne pose pas sa candidature lui même?
Si on lui a volé la victoire la dernière fois, les
électeurs devaient lui faire un triomphe cette fois, non?
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 16 novembre 2008
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