é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 16 novembre 2008

DE GUANTANAMO À DIEGO !
Gérard Cateaux


Pendant la campagne des dernières présidentielles américaines, le candidat démocrate, le sénateur de l'Illinois, Barack Obama, avait promis qu'une des premières mesures qu'il serait amené à prendre, une fois installé à la Maison Blanche, ce serait la fermeture de la prison de Guantanamo, située sur le territoire cubain.

Cette partie de terre cubaine avait été louée aux Etats-Unis pour la construction d'une base militaire. Plus tard la base avait été évacuée, jusqu'au moment où l'administration Bush décida, dans sa croisade contre le terrorisme, d'en faire une prison, appelée à y recueillir tous les "terroristes" venus de toute part, enlevés comme tels, à partir d'un networking planétaire placé sous l'égide des agents de la Central Intelligence Agency, la CIA, qui avaient pour mission de mener des actions proches de l'Inquisition. La plupart de ces prisonniers soumis aux pires sévices venaient du vivier musulman, enlevés du Pakistan, de l'Afghanistan, du Yemen et même du Canada et des Etats-Unis.

L'Etat-voyou américain avait décidé que ces Musulmans faisaient partie de "l'axe du mal", formule, ô combien convenable, pour satisfaire les aspirations des néo-conservateurs américains et de leur président conservateur-en-chef, George W. Bush, dont la pensée se résumait dans cette phrase devenue, tristement célèbre :"Si vous n'êtes pas avec nous, c'est que vous êtes contre nous…" Il fallait, donc, se plier à la volonté unilatérale du "premier gendarme du monde".

De Guantanamo à Diego, le parallèle est vite fait. Dans la mesure où cette partie de notre territoire a trouvé son analogie par le fait que des "terroristes" présumés ont séjourné à Diego avant d'être acheminés vers l'île de Cuba, en avion. Des rapports, à cet effet, existent et peuvent être répertoriés à partir des archives de la CIA. Les avions transportant ces présumés "terroristes" ont survolé la Grande-Bretagne, l'Ecosse, la Pologne et la Tchécoslovaquie, avant qu'ils n'atterrissent à Guantanamo. Si nous faisons ce parallèle entre Guantanamo et Diego, c'est justement parce que cette parcelle de notre territoire, Diego, a été louée aux Américains après son excision de la future République de Maurice. Avec la création du British Indian Ocean Territory. Nous, les Mauriciens sommes, farouchement, jaloux de la défense de notre patrimoine indiaocéanique, avec Diego comme tête-de-pont de l'ensemble de l'univers marin et terrestre qui constitue notre République. Souvenons-nous de cette fameuse déclaration de feue Indira Gandhi qui voyait en Maurice "a great little country…"

Nous sommes heureux d'apprendre, cette semaine, par le biais du très vénérable quotidien américain, le Washington Post, celui-là même qui était à l'origine du scandale du Watergate, que le président élu, consacrera sa première décision à la fermeture de la prison de Guantanamo. Guantanamo est une verrue sur l'imagerie cubaine. Si le président-élu des Etats-Unis faisait montre d'une intervention chirurgicale politique de premier ordre, rien ne dit qu'il n'aura pas sauvé l'âme américaine et l'expurger de la notion d'Etat-voyou…



é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 16 novembre 2008