é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 16 novembre 2008



  Economie et banques - Charges et coûts bancaires : une réduction s'impose !
  National Pensions Fund - Vishnu Lutchmeenaraidoo : « Rs 100 millions investies pour soutenir artificiellement la Bourse de Port-Louis »


Economie et banques

Charges et coûts bancaires : une réduction s'impose !

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a fait un appel aux banques pour une révision à la baisse des coûts et des charges bancaires qui sont pratiqués dans la conjoncture. C'était lors du "Wrapping Up" du point de presse d'hier axé sur les répercussions de la crise financière sur l'économie mauricienne. Il devait également revenir sur les attentes du gouvernement à l'effet que les prix de vente au détail devront baisser sur les étagères à compter du mois prochain. Il a également répondu aux accusations portées par le MMM contre la gestion des placements et des investissements du Plan National de Pension (NPF).

"Li indésan pou bann labank fer gro profits dan ène kontext difisil pou bann opératers ékokomik. Mo pena nanyen kontre profits. Mais bann labank éna ène devwar de solidarité et de responsabilité et révise zotte banne coûts, charges ek commission", a déclaré Rama Sithanen en abordant le dernier volet de son intervention face à la presse.

Le Grand Argentier a soutenu que la démarche visant à revoir à la baisse les coûts et commissions pratiqués par les banques est possible compte tenu de la solidité des bilans financiers de ces institutions ces derniers temps. "Le défi pour les banques est que ces dernières doivent pratiquer une politique en vue de rendre plus accessible le crédit aux opérateurs économiques", devait-il s'appesantir en mettant l'accent sur la nécessité d'une approche "plus juste et plus correcte" dans le secteur bancaire.

D'autre part, le VPM et ministre des Finances a souligné que "nous nous attendons à une accélération de la baisse de prix au détail à partir du mois prochain", a-t-il fait ressortir. Rama Sithanen a annoncé que la prochaine baisse du prix de vente au détail de l'huile de cuisine sera beaucoup plus conséquente. "C'est ce que m'ont fait comprendre les producteurs. Ces derniers ont évoqué l'existence de stocks d'huile de cuisine importés à un prix élevé. C'est la même chose pour des stocks de riz de qualité supérieure. Les stocks existants demeurent un obstacle à la réduction des prix de vente au détail. Mais le mot d'ordre au secteur du commerce reste que la totalité de la réduction du cours mondial, du fret et des devises doit être répercutée sur les consommateurs par le biais d'une baisse de prix", a-t-il répété.

Lors de la première partie de cette conférence de presse, le ministre des Finances est revenu sur la crise financière internationale, qui avait fait l'objet d'une Private Notice Question (PNQ) du leader de l'opposition, Paul Bérenger, à la reprise des travaux parlementaires mardi dernier. "Le présent gouvernement fait mieux sur le plan économique malgré une récession qui frappe le monde de plein fouet que le MSM/MMM en 2005 sans cette récession. Si en 2005, le monde était passé par cette crise sans précédent, l'économie mauricienne se serait retrouvée dans une situation des plus catastrophiques. Grâce à la réforme économique enclenchée, nous pouvons faire face à la situation et nous avons amélioré la résilience économique d'un pays. Sans réforme, nou ti pou fini dan récession", n'a-t-il cessé de se targuer.

Rama Sithanen, qui a soutenu que le présent gouvernement peut présenter deux nouveaux budgets avant les prochaines élections générales, a confirmé qu'une série de comités ont été institués en vue de mieux assurer le suivi de la crise financière internationale. "Je dois remercier les opérateurs économiques pour leurs propositions que ce soit par rapport à la politique des taux d'intérêts, au taux de change, à la fiscalité ou encore aux dépenses publiques", a-t-il ajouté avant de lâcher "nou pas inde tende nanyen depi l'opposition. Péna okenn analys sérié. Zot nek zis allim inpé difé".

Réagissant aux dernières critiques du président de la Commission économique du MMM, Vishnu Lutchmeenaraidoo, le n°4 du gouvernement a parlé de "mensonges" quant aux commentaires de l'opposition sur la capacité de stockage des produits pétroliers. "Depuis le 25 janvier dernier, le gouvernement a entériné la décision d'augmenter la capacité de stockage de produits pétroliers dans le port. Les compagnies pétrolières et la State Trading Corporation ont déjà initié des procédures à cet effet. Actuellement, la capacité maximale n'est pas de 11 jours. Pour le Mogas, elle est de 35 jours et devrait passer à 60 jours et pour le Gasoil de 54 jours à 75 jours", a-t-il dit.

Rama Sithanen s'est élevé contre la tentative de politiser la gestion du Fonds national de Pension avec les derniers placements sur le marché boursier. "La gestion des fonds du NPF et du NSF est confiée à des professionnels de la finance et de la comptabilité. Même les représentants des employés sur ces instances sont des professionnels avertis. Ils ont également retenu les services de la firme de consultants Hewitt et de Morgan Stanley. Dois-je cesser de suivre les conseils de ces professionnels pour suivre quelqu'un qui n'a pas travaillé au cours de ces derniers 18 mois ? Sa seule fonction professionnelle avant d'assumer des responsabilités ministérielles avait été d'organiser des foires", a-t-il soutenu.

Le VPM et ministre des Finances a révélé que 53 % des fonds du NPF ont été investis dans des Government Papers, soit des Bons du Trésor, des Bonds, des Treasury Notes, 27 % représentent des placements bancaires en roupies et en devises, 3 % en des prêts, et 17 % dans des Equities, dont 11 % sur le plan local et 6 % à l'étranger. En 2005, le Return on Investment a été de 10,7 % alors que la moyenne pour les trois dernières années a été de 13,33 %, soit 12,5 %, 15,4 % et 12 % respectivement.

Le "Market Value" du NPF est de Rs 53,7 milliards alors que les Costs sont de Rs 47,6 Md. Le prochain exercice d'évaluation du NPF est prévu pour le mois de décembre. "Concernant les récents placements boursiers, le NPF a réalisé une plus-value de 10 % en revendant les titres d'une banque commerciale en une semaine. Avec le secrétaire financier, Ali Mansoor, à la tête du comité d'investissements du NPF, il n'y a pas eu de placements en Equity à l'étranger. Cessons de politiser la gestion des fonds du NPF !" a-t-il fait comprendre.


Résultats trimestriels - State Bank : progression de 46,7 % des profits

Pour le premier trimestre de l'exercice financier 2008/09, la State Bank of Mauritius (SBM) maintient sa progression avec un accroissement de 46,7 % de ses profits à la fin de septembre dernier comparativement à la période correspondante en 2007. Le bénéfice net réalisé est de Rs 542,7 millions, soit un bénéfice par (EPS) de Rs 2,10 contre Re 1,43 à septembre 2007.

C'est ce qu'indiquent les "Abridged Unaudited Interim Financial Statements" au 30 septembre dernier. "Le pourcentage d'augmentation du bénéfice net pour le premier trimestre, excluant les dividendes reçus, est de 22 %. La croissance du chiffre d'affaires s'est traduite par une augmentation des revenus nets d'intérêts ainsi que des bénéfices sur les opérations de change qui ont plus que compensé l'augmentation des charges administratives. Par conséquent, le ratio coût/bénéfice s'est amélioré pour atteindre 35,7 % au 30 septembre 2008", souligne la State Bank of Mauritius en guise de commentaires.

D'autre part, la State Bank of Mauritius, qui a payé un dividende de Rs 255 par action le mois dernier, se félicite du fait que "le bilan du groupe demeure satisfaisant, avec un ratio des emprunts à risque comparés aux emprunts nets de moins de 0,5 % et un Capital Adequacy Ratio dépassant les 20 % au 30 septembre dernier. De plus, la SBM gère proactivement les risques, maintient un capital aussi bien qu'une liquidité robuste".

La direction générale de la SBM affirme être attentive à l'évolution de la crise financière internationale et aux éventuelles répercussions sur le plan local. "Against a backdrop of global financial and economic upheaval, the Group remains alert to the unfolding of the worldwide events and the potential impact on the domestic economy. Growth opportunities nonetheless still exist in the local and international markets and are being captured by the Group while maintaining best practices in risk and capital management", affirme la State Bank.


Au 30 septembre - MCB : profits de Rs 880 M (+ 36 %)

Au 30 septembre dernier, la Mauritius Commercial Bank (MCB) a enregistré des profits de quelque Rs 880 millions, soit une progression de 36 % comparativement à la période correspondante en 2007. Avec une telle performance, les Earnings per Share (EPS) de la MCB sont passés à Rs 3,7, soit au moins une roupie de plus comparativement aux Rs 2,73 de septembre de l'année dernière. Un dividende intérimaire de Rs 2,25 par action a été déclaré pour l'exercice financier se terminant au 30 juin 2009.

"This excellent performance reflects the momentum gained in the balance sheet growth during the latter part of the last financial year and which has continued during the quarter under review. Group loans and deposits grew by 27 % and 25 % respectively during the year to 30th September, 2008," affirment la direction de la MCB en passant en revue le bilan financier intérimaire pour le premier trimestre 2008/09.

La MCB met en avant le fait que ses différentes lignes d'opération ont connu un bon taux de croissance et ont contribué de manière saine à la progression de l'Operating Income. "Non-interest expenses, which increased by 11M for the quarter, have been kept well under control and the positive trend in the level of non-performing loans, over the previous years has continued, with NPL ratios further down from their 30th September positions," note la MCB.

Au chapitre des perspectives, la MCB mise sur un taux de croissance supérieur à 25 % en excluant la vente des "Securities" pour le premier semestre de l'exercice financier en cours. Mais ces prévisions sont sujettes à une condition, notamment que "notwithstanding any sudden or systemic deterioration of the economic environment in Mauritius and in the region".

La MCB soutient que dans la conjoncture de la crise financière internationale, il est extrêmement difficile de se hasarder dans des prévisions. "There seems to be little doubt that the current global financial crisis will have an impact in several sectors of the Mauritian economy. The direct consequences thereof and any spill-over effects in the medium term are, at present, very difficult to evaluate", soutient la MCB.

"The MCB Group is not exposed to any of the highly speculative or risky products and transactions which were at the root of the banking disasters elsewhere in the developed world and has a Capital Adequacy Ratio above 15 %, which is well in excess of international regulatory norms", rappelle la MCB en guise de conclusion.


National Pensions Fund

Vishnu Lutchmeenaraidoo : " Rs 100 millions investies pour soutenir artificiellement la Bourse de Port-Louis "

Vishnu Lutchmeenaraidoo a dénoncé, vendredi, à une conférence de presse, deux décisions hautement condamnables imputées au ministre des Finances, Rama Sithanen et au secrétaire financier, Ali Mansoor, celles d'avoir utilisé Rs 100 millions du National Pensions Fund (NPF) pour soutenir artificiellement la Bourse de Port-Louis et d'avoir fait des placements dans Morgan Stanley qui ont résulté en une perte de Rs 2 milliards sur les Rs 7,5 Md qui ont été engagés auprès de ce fond.

Les actifs du NPF, a rappelé Vishnu Lutchmeenaraidoo, se montent à Rs 50 milliards au total et cet argent sacré ne peut être ainsi utilisé. Dans le cas des Rs 100 millions qu'il dit avoir été investies pour soutenir la Bourse et empêcher qu'elle chute, le porte-parole du MMM a, pour bien montrer que c'est un chiffre conséquent qui a été placé en une journée, rappelé que le montant total de transactions quotidiennes de la Bourse s'élève à quelque Rs 30 millions.

Ce qui lui fait dire que le NPF a, en une journée, placé au prix fort pour l'équivalent de trois jours de transactions. Il a exigé du ministre des Finances des explications sur ce qu'il a appelé le gaspillage de l'argent sacré des salariés " au lieu de piquer sa crise au Parlement ". Le MMM, a-t-il dit, condamné sans réserve " une manipulation éhontée de la Bourse de Port-Louis pour faire accroire que tout va bien ".

S'agissant des placements dans Morgan Stanley, fonds qui s'est retrouvé dans la tourmente avec la crise financière internationale, Vishnu Lutchmeenaraidoo a parlé de chute catastrophique de 80 % de ses valeurs. Il a, d'ailleurs rappelé que la firme Mitsubishi a dû venir à la rescousse de Morgan Stanley avec Rs 7 milliards pour qu'elle ne fasse pas faillite, que le FBI enquête sur sa gestion tandis que l'agence de notation Moody's l'a placé sous surveillance après avoir abaissé son classement.

Or, a-t-il dit, c'est pas moins de Rs 7,5 milliards des fonds du NPF, soit 15 % de son portefeuille total, qui y ont été investis, opération sur laquelle il y a eu une " perte " de Rs 2 milliards. Le président de la commission économique du MMM a qualifié tout cela de " grave et d'irresponsable " d'autant, a-t-il soutenu, que cet argent a ainsi été exposé dans un contexte de marchés particulièrement volatiles, avec aucune garantie de plus-values et même de pouvoir récupérer les fonds placés. " Une gabegie monumentale ", a-t-il avancé.

Comme le "Floating Rate Note" de 1995

Dans ses critiques contre la méthode de Rama Sithanen, il n'a pas manqué de rappeler le Floating Rate Note de quelque Rs 2,7 milliards contractées à la veille des élections générales de 1995, emprunt qui s'est soldé par une perte de Rs 1,2 milliard et qu'a dû rembourser Paul Bérenger lorsqu'il était ministre des Finances en 2001.

Il s'est, par ailleurs, interrogé sur ce qu'il est advenu des Rs 400 millions que le ministre des Finances a retirées de la Banque de Maurice pour les transférer dans un Foreign Currency Treasury Management Fund dont on entend plus parler. Comment est géré ce fonds, quels sont les retours réalisés sur investissements, personne n'en sait rien, a dénoncé Vishnu Lutchmeenaraidoo.

Il a réitéré sa proposition pour que 50 % de nos devises en réserves étrangères soient investies dans l'or tout en rappelant qu'aux Etats-Unis, c'est 78,5 %, en Allemagne 66 %, en Italie 68 %, en France 60 % et en Grande Bretagne 37 % alors même que ce dernier pays produit lui-même ses devises. Or, à Maurice, le montant des placements en or ne se chiffre qu'à 2,5 %.

Par ailleurs, l'ancien ministre des Finances a repris ses critiques contre Rama Sithanen pour son approche sur la crise internationale et qui étonnerait même les chancelleries étrangères basées à Maurice alors que la plupart des pays du monde ont initié des mesures pour en atténuer les effets.

L'essence aurait dû être à Rs 28 le litre

Rappelant que Maurice ne dispose pas de stock stratégique de produits pétroliers, ce qui expose le pays à des problèmes de pénurie et de production industrielle, le président de la commission économique du MMM a également proposé que les capacités soient augmentées et que, le cas échéant, nous fassions comme les Seychelles - qui ont fait l'acquisition de tanker pour avoir à sa disposition suffisamment de carburant. Au chapitre des propositions toujours, Vishnu Lutchmeenaraidoo a demandé que le gouvernement vienne avec un plan d'urgence pour la production alimentaire.

Il a aussi évoqué la situation des prix pour s'étonner que l'essence qui a baissé sur le marché mondial ne se vende pas à son prix réel de Rs 28 le litre sur le marché local, ce qui aurait aussi pour effet d'atténuer le taux d'inflation et donner un ballon d'oxygène aux consommateurs qui, soutient-il, ont été bien affectés ces derniers trois ans jusqu'à être appauvris.

Le président de la commission économique du MMM qui était entouré de ses collègues Seilendra Gokhool, Vijay Makhan, José Arunasalon, Ananda Rajoo et Sham Mathura, a aussi dit que Maurice n'enregistrera qu'un taux de croissance de 3 % en 2009, ce qui confirme que, contrairement à ce que prétend Rama Sithanen, le pays sera bel et bien affecté par la crise économique mondiale.



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