a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 16 novembre 2008



  Conjecture politique - N° 8 : une équation électorale à risques
  Rêve cauchemardesque - Huit mois sous un pont à Melbourne pour Jimmy
  Produits pétroliers - La PKOTAPP enquête sur les cargaisons débarquées en octobre


Conjecture politique

N° 8 : une équation électorale à risques

Le "Writ of Election" que signera le Président de la République, sir Anerood Jugnauth, pourrait ouvrir la voie à une lutte Pravind / Ashock Jugnauth à Moka-Quartier-Militaire
Onze jours après le jugement unanime du Board of Appeal du Privy Council invalidant l'élection d'Ashock Jugnauth dans la circonscription de Moka/Quartier-Militaire (N°8) en tant que membre de l'Assemblée nationale, le suspense dure toujours quant aux échéances en vue d'une élection partielle. Des observateurs politiques avertis n'écartent pas jusqu'ici la possibilité que l'électorat de cette circonscription pourrait rester sur sa faim quant aux dates pour le "Nomination Day" et le "Polling Day" après l'intervention tant attendue du leader de l'Alliance Sociale, Navin Ramgoolam, au congrès du Parti travailliste du jour, qui se tient à Pailles, au Convention Centre Swami Vivekananda. N'empêche que faute de toute annonce quant à la date de la partielle, les éléments, qui constitueront la base de l'intervention du Premier ministre à ses partisans, feront l'objet d'un décryptage politique systématique et seront sujets à interprétation. Sur le terrain, Ashock Jugnauth, qui a perdu son siège pour "bribery" électoral, confirme sa présence et sa détermination à reconquérir son siège face à son neveu et son ancien leader, Pravind Jugnauth.

A vendredi après-midi, l'entourage politique du Premier ministre tentait encore de déceler la moindre indication quant au calendrier pour la campagne de la partielle à Moka/Quartier-Militaire susceptible de faire partie des annonces au congrès des Rouges de ce matin. Tout semble indiquer que le secret serait encore bien gardé dans la mesure où ce dossier, qui fait partie des affaires d'Etat, n'aurait même pas été effleuré lors des délibérations du conseil des ministres de la fin de la semaine écoulée.

"Le N° 8 ne constitue pas une simple élection partielle. Dans la conjoncture politique, cette joute électorale revêtira toute son importance à un maximum d'un peu moins de deux ans avant les prochaines législatives, et aucune des parties concernées n'a droit à l'erreur si elle veut conserver ses chances sur l'échiquier pour la prochaine échéance électorale", souligne-t-on dans les milieux autorisés à l'hôtel du gouvernement pour justifier l'accalmie notée au cours de la semaine écoulée concernant la date pour la partielle.

Outre la déclaration du Premier ministre lors du Question Time à l'Assemblée nationale, mardi dernier, écartant l'éventualité d'élections générales anticipées en 2009, aucun autre détail n'a transpiré au niveau de ces préoccupations électorales. "Le fait que le Premier ministre se soit appesanti sur la nécessité d'organiser une partielle au N° 8 tout en tentant de mettre en sourdine l'éventualité d'élections générales anticipées constitue un message quant à sa volonté visant à compléter son mandat de cinq ans en tant que Premier ministre", poursuivent ces mêmes sources, qui demeurent dans l'attente de la confirmation des intentions politiques de Navin Ramgoolam.

D'autres cercles proches du pouvoir mettent l'accent sur l'importance de l'arme politique que détient le chef du gouvernement avec la prérogative de fixer la date des élections générales. "Avec un gouvernement entamant la seconde moitié de son mandat, le Premier ministre dispose d'un atout majeur compte tenu de la possibilité de rappeler le pays aux urnes de manière anticipée et au moment opportun selon ses analyses. De ce fait, la question de compléter le mandat de cinq ans ou non demeure plus académique qu'autre chose", avancent ceux qui continuent à entretenir l'idée d'élections générales anticipées dans le sillage de l'invalidation du siège d'Ashock Jugnauth avec une configuration d'alliance modifiée.

Une autre aile au sein du gouvernement, tout en affirmant vouloir respecter les pouvoirs constitutionnels du Premier ministre à fixer la date de cette partielle dans les limites imparties par la loi, dresse une liste des contraintes que ce soit en termes de dates ou de contexte économique. "L'élection partielle au N°8 en décembre reste la moins hasardeuse des options. Au cas contraire, le premier trimestre de l'année prochaine représenterait un véritable casse-tête", indique-t-on dans ce camp.

Une des premières contraintes relève du domaine économique. "Le vice-Premier ministre et ministre des Finances ne cesse de répéter que la période intervenant après le premier trimestre de 2009 sera marquée par une absence de visibilité sur le plan économique avec la confirmation du spectre de la récession. Le Premier ministre prendra-t-il le risque de lancer ses troupes dans une joute électorale dans une telle situation ? Par contre, ce même ministre des Finances revient régulièrement sur le fait qu'à compter de décembre, les prix de vente au détail devraient baisser apportant un semblant de réconfort aux consommateurs en cette fin d'année", supputent-ils.

Le mois de février 2009 ne se prête pas à une partielle avec la célébration de l'Abolition de l'Esclavage le dimanche 1er septembre, la Thaipoosam Cavadee le dimanche 8 février et le pèlerinage annuel à Grand-Bassin pour la Maha Shivaratree le lundi 23 février de l'année prochaine. La première quinzaine du mois de mars est d'habitude consacrée aux activités marquant la Fête Nationale du 12 mars. La traditionnelle rentrée parlementaire du début d'année intervient en principe vers la troisième semaine du mois de mars.

Reste le mois de janvier ! "Le leader du Parti Travailliste relèvera-t-il le pari d'une partielle au mois de janvier 2009 avec un break pour un éventuel White Christmas à Londres ?", avancent les observateurs, qui rappellent que ce scénario avait été imposé à Navin Ramgoolam pour la "fameuse partielle du N°19" qui fut tenu le 30 janvier 1995.

Après l'intervention politique du Premier ministre à la mi-journée, l'absence de visibilité sur le plan politique pourrait être atténuée même si à ce stade, toutes les permutations restent possibles ; et le N°8 garde encore son cachet d'équation électorale à risques. A part la question de Timing, la circonscription N°8 verra-t-elle un match à trois avec l'Alliance Sociale, le MSM et l'Union Nationale alignant chacun son candidat ou encore l'Alliance Sociale et le MMM pratiquant du "Shadow Boxing" électoral par le truchement des candidatures de l'oncle et du neveu de la famille Jugnauth ?

Dans le camp du MSM, le mood est à l'attentisme. La principale préoccupation au cours de la semaine écoulée au sein du Sun Trust Building a été de recueillir des éléments relatifs au soutien formel du MMM quant à une éventuelle candidature d'Ashock Jugnauth à la partielle de Moka/Quartier-Militaire. En fin de semaine, l'état-major de ce parti semblait être satisfait de la confirmation de l'alignement du MMM derrière l'ancien ministre de la Santé.

Dans ce contexte politique caractérisé par des "bruits" d'éventuels contacts d'alliance politique avec la majorité gouvernementale, le MSM privilégie le silence. D'ailleurs, l'absence d'un point de presse du leader du parti, Pravind Jugnauth, dans la journée d'hier n'est pas innocente. "Les dirigeants du MSM préfèrent attendre prendre connaissance des intentions du leader du Parti travailliste au congrès et s'il y a lieu, ils feront les commentaires nécessaires en début de semaine", soutiennent des apparatchiks du MSM, qui se gardent de s'aventurer à aborder le chapitre d'alliance électorale.

Ashock Jugnauth, qui confirme sa candidature pour une éventuelle partielle au n°8, vu qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation sous des procédures criminelles, assure une présence systématique sur le terrain. L'oncle et le neveu ne se sont pas fait de cadeaux avant même l'éventuel coup d'envoi de la campagne officielle d'une partielle. Répondant aux attaques de Pravind Jugnauth le présentant comme un "député illégal", Ashock Jugnauth a rétorqué publiquement sans ambages que " c'était une décision collective. Pourquoi à l'époque n'avait-il pas parlé de député illégal ? S'il était un saint, il aurait dû le dire haut et fort en 2005 quand j'étais devenu député… Qu'il se le dise bien, je ne suis pas un lâche ! "

Pour le moment, le ton est donné à Moka/Quartier-Militaire où tout ressemble à une affaire à être réglée en famille…


Paul Bérenger : "Nos indications sont que Pravind Jugnauth sera le candidat du PTr/MSM"

"Nos indications sont que la partielle à Quartier-Militaire/Moka aura lieu au tout début de l'année prochaine et que Pravind Jugnauth sera le candidat du PTr/MSM", a déclaré, hier, le leader du MMM, Paul Bérenger. Pour cette partielle, M. Bérenger souhaite l'élaboration, dans le meilleur délai, d'un "Code of Conduct with teeth".

Selon le leader du MMM, c'est parce que le PTr "a peur d'affronter cette partielle" que ce parti "soutiendra Pravind Jugnauth", faisant, ainsi, de ce dernier, d'après lui, "le candidat du PTr/MSM". A des questions, il devait réitérer, d'une part, qu'il est "plus que probable", en cas de partielle, que le MMM soutienne la candidature d'Ashock Jugnauth et que, d'autre part, son parti a "tourné la page" pour ce qui est de ses relations avec le MSM après les déclarations post-congrès de Pravind Jugnauth. "Son ton, son arrogance, argue Paul Bérenger, ont suscité la colère".

Interrogé, par ailleurs, pour un commentaire à la suite de la déclaration du président de Transparency Mauritius, Jacques de Navacelle, s'étonnant que le MMM puisse soutenir la candidature d'Ashock Jugnauth après le jugement des "Law Lords", M. Bérenger devait expliquer que même si M. de Navacelle "a droit à son opinion", il n'a "pas compris grand-chose à ce jugement" dans la mesure où, dit-il, ce ne sont pas selon les mêmes critères qu'une élection est invalidée en Grande-Bretagne et à Maurice.


Pravind Jugnauth : "Ca ne vaut pas la peine de réagir aux propos de Bérenger"

Aucun commentaire. Malgré la communication de Paul Bérenger, leader du MMM, selon laquelle le leader du MSM serait le candidat du Ptr dans le cadre d'une éventuelle partielle au N° 8 (Quartier Militaire/Moka), Pravind Jugnauth dit ne pas souhaiter réagir. Pour lui "ça ne vaut pas la peine de réagir aux propos de Paul Bérenger". Contacté par Week-End, le leader du MSM a indiqué qu'il tiendra une conférence de presse cette semaine pour annoncer une décision de son parti dans le cadre d'une éventuelle élection partielle au N°8. Élection qui aura ou n'aura peut-être pas lieu, rappelle Pravind Jugnauth. Mais la question de se présenter à ce scrutin, s'il se tenait, sera prise par l'ensemble du MSM, qui étudie actuellement cette possibilité, précise le leader du MSM. Il confie également qu'il n'a aucune communication ni avec le Ptr, ni avec le MMM. "Quand je dis Ptr, je parle de Navin Ramgoolam et quand je dis MMM, je parle de Paul Bérenger", ajoute, toutefois notre interlocuteur. Néanmoins, dit Pravind Jugnauth, il y a certains dirigeants de ces deux partis avec lesquels il discute. "Ils me connaissent bien et nous communiquons pas mal. Autant de politique que d'autres choses", indique le leader du parti Soleil. Pour ce qui est d'une probable alliance avec le MMM, M. Jugnauth s'explique une nouvelle fois : "Je n'ai pas confiance. Je reste sur mes gardes. Pourquoi aujourd'hui le MMM dit être blessé par mes propos tenus sur les ondes d'une radio privée ? J'ai simplement répété ce que j'ai toujours dit." Et par rapport à la candidature annoncée d'Ashock Jugnauth, leader de l'Union Nationale au N° 8, si élections partielles il y a, Pravind Jugnauth déclare :"Je le laisse agir et réagir…".


Au congrès annuel du PTr à Pailles ce dimanche - Discours de Navin Ramgoolam attendu

Le discours du Premier ministre et leader du PTr ce dimanche est attendu dans le cadre du congrès annuel de son parti qui se tient à Pailles, au Centre de conférences Swami Vivekananda. Cette première grande sortie politique du Dr Navin Ramgoolam depuis les rassemblements de la Fête du Travail le 1er mai s'inscrit, en effet, dans une conjoncture particulière.

L'imminence annoncée d'une élection partielle dans la circonscription N° 8 (Quartier Militaire/Moka) fait, en effet, que l'intervention du chef de file des rouges et de la majorité gouvernementale est très attendue. Il s'agira, en effet, de décrypter si la partielle aura lieu et si oui, quand, précisément. Les observateurs s'attendent aussi à ce que le leader du PTr dévoile qui sera le candidat de son parti ou, à défaut, s'il y a des indications que le PTr choisira, comme le MMM, de ne pas se présenter et de soutenir - implicitement ou ouvertement ? - un candidat.

A voir comment les abords du Centre de conférences Swami Vivekananda ont été pavoisés de rouge, hier, il semble que le PTr ait décidé de mettre le paquet pour que ce rassemblement soit un succès. Il y a quelques semaines, au même endroit, le MSM, pour son 25e anniversaire, avait attiré une grosse foule de partisans. Il est évident que dans cette période de pré-campagne électorale, les rouges ne manqueront pas, tout aussi, de mobiliser un maximum de supporters.


Rêve cauchemardesque

Huit mois sous un pont à Melbourne pour Jimmy

Cet étudiant mauricien de 21 ans, pris en charge par l'Armée du Salut et l'Australian Federation of International Students, n'avait pour seul bien que son passeport
Un véritable cauchemar soutenu par de poignants témoignages que ce reportage publié dans l'édition d'hier du plus grand quotidien de Melbourne, The Age, sur un étudiant mauricien, âgé de 21 ans. Celui qui est présenté sous le nom fictif de Jimmy, a passé huit mois sous un pont de cette importante agglomération australienne dans le dénuement le plus total. Longtemps encore, Jimmy se rappellera de ce jour en octobre où est intervenue cette rencontre providentielle avec des membres de la Salvation Army, qui avec l'aide de l'Australian Federation of International Students, l'a pris en charge avec un minimum de confort.

Pourtant, en avril de l'année dernière, quand il avait pris l'avion à destination de Melbourne en vue d'entreprendre des études en Graphic Design au Cambridge International School, Jimmy ne s'était nullement douté qu'il allait vivre un cauchemar sans pareil sous un pont dans les parages du Rod Laver Arena à Melbourne. Le quotidien The Age affirme que le cas de ce jeune étudiant mauricien est loin d'être une exception. Citant un des responsables de la branche de l'Armée du Salut de cette région d'Australie, le journaliste fait état d'"Increasing numbers of international students who are homeless, living in unsuitable accommodation or simply struggling to feed themselves".

Certes, l'avidité des agents recruteurs peu scrupuleux à faire de l'argent facile est un des facteurs-clé dans le drame que vivent des étudiants mauriciens en Australie. Mais la naïveté des parents à croire que les enfants peuvent subsister avec les revenus générés par les 20 heures de travail autorisées par semaine vient s'ajouter à une dose d'amour-propre du jeune, qui ne veut pas mentir davantage à ses proches à Maurice. Le tout débouche sur un cocktail explosif pour des jeunes désemparés, dont la préoccupation initiale était d'obtenir le PR (Permanent Residency) en Australie.

Quelle est la mésaventure de Jimmy ? Quand il avait été recueilli par des membres de l'Armée du Salut le mois dernier, l'étudiant mauricien n'avait que pour seul bien, son passeport avec son visa d'étudiant l'autorisant à travailler pour une durée maximale de 20 heures par semaine. Au cours de ces huit derniers mois, il a vécu dans des conditions des plus précaires. Pourtant, il n'a rien dit à ses parents à Maurice.

"Carrying the pride of his Indian family on his shoulders, Jimmy does not want them to know how he became penniless in a foreign city - why he was sleeping under a pedestrian bridge near the Rod Laver Arena, how he survived on charity van food, and why his loved ones couldn't contact him after he sold his mobile phone to Cash Converters for $10, " raconte The Age.

Pourtant, ses parents ont encouru les frais des études en Graphic Design dans un collège privé au nom ronflant à Melbourne au coût de 10 000 dollars (Rs 200 000) pour une année. "Jimmy's family trusted the agent and paid her generously to get Jimmy enrolled. The agent painted a rosy picture of Melbourne where jobs were aplenty and accommodation was affordable. It was not the first time the agent and her company took money from Mauritian families by providing a wildly unrealistic picture of life in Melbourne for international students. The Mauritian Government is currently prosecuting GRS for operating without a licence", ajoute le journaliste en racontant le calvaire du jeune Mauricien.

Initialement, Jimmy avait été accueilli dans une "Homestay Accommodation" dans la région de Newport jusqu'au début de cette année. Tout en poursuivant ses études, il devait prendre de l'emploi à temps partiel en tant qu'aide de cuisine, de Telemarketer ou encore de représentant commercial en vue de payer les loyers de 130 dollars par semaine (Rs 2 600).

"Sometimes Jimmy was paid, sometimes he wasn't. He fell behind with the rent and, within 10 months, was asked to move out. With no family to turn to and nowhere to go, finding a place to sleep became a priority. " Et c'était le début de sa descente aux enfers.

Au tout début, il prenait sommeil la nuit dans des McDonald ou dans des trains jusqu'au jour où il fut agressé par des voyous. Il trouva refuge sous le pont avoisinant le Rod Laver Arena. "I was the worthless son. I was on the streets and trying to ignore it. Couldn't. My school work was becoming degraded. I couldn't concentrate and I didn't know where to go after school finished. Only the streets. I can't tell that to my parents, because they trusted that I can do it, "

devait-il soutenir avec des larmes aux yeux.

Cette vie à la belle étoile tout en s'accrochant à ses études allait basculer une nuit quand ses lunettes allaient être endommagées par un gang d'ivrogne. "I was scared at first. I was hanging around the streets in the city and meeting with so many types of people, sometimes drunk and violent. So many times, I used to catch the train at night to feel safe. Once I ended up in Lilydale. There were no more trains going back to the city and that's where I got bashed by five drunk guys and my glasses were finished. I can't see without them, " devait-il poursuivre.

Sans ses lunettes, Jimmy ne pouvait plus suivre les cours. "For the next seven months, everything was a blur. At college he couldn't see the computer screen, the projector screen or even read books. He couldn't afford the $50 fee the college charged to mark late assignments. He wore the same clothes every day and had nowhere to shave. He couldn't concentrate on studies. "

Jimmy fut contraint de vendre l'un des derniers objets utiles à sa survie en vue de se nourrir. Il allait vendre son téléphone cellulaire pour la somme de 10 dollars australiens à des "Cash Converters". Sans son téléphone, il était coupé de tout. Les employeurs désireux de lui donner du travail ne pouvaient plus se mettre en contact avec lui et ses parents à Maurice étaient coupés de leur fils unique.

Le véritable drame : ses parents étaient sous l'impression que Jimmy les évitait parce qu'il menait la belle vie. "My father thought I was enjoying myself. Like I was getting money and partying all the time, when that was not the case. I would tell my parents that the situation was not going smoothly, but I never told them I had no accommodation. The truth would have shattered their hopes", déclare-t-il.

Le comble n'allait pas tarder à survenir. En raison de ses absences répétées aux cours, son admission au collège fut annulée. "Hope faded fast. The fear of being deported without completing the course mounted. How would he explain to his parents what he was doing back in Mauritius ? All the loans. All the hopes. All the shame", ne cessait de s'interroger Jimmy sous ce pont où passe régulièrement le Wattle Park Tram de Melbourne.

Mais depuis, un nouveau jour s'est levé pour Jimmy, qui a été recueilli par la Salvation Army. Il a de quoi se nourrir quotidiennement, il a trouvé un "Emergency Shelter", un téléphone cellulaire et une nouvelle paire de lunettes afin de pouvoir reprendre ses études dans le meilleur des cas avec la conclusion des consultations initiées auprès du Department of Immigration and Citizenship.

Heureusement que pour Jimmy, il y a eu l'Armée du Salut, l'Australian Federation of International Students dans la région de Melbourne où vit une importante communauté de Mauriciens. Mais le drame qu'a vécu ce jeune étudiant mauricien doit être un rappel que l'Australie, même avec certaines facilités pour des études et le travail, n'est nullement ce paradis tant vanté par certains agents recruteurs, qui ont pignon sur rue à Maurice…


Escroquerie alléguée - Australie : un magot de Rs 7 M pour un agent

Des limiers de la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe tentent actuellement d'élucider un important cas d'escroquerie alléguée avec pour toile de fond des demandes de visa d'étudiant pour l'Australie. Le montant des commissions réclamées pour ces démarches s'élève à quelque Rs 7 millions, avec pas moins de 36 passeports mauriciens saisis lors d'une descente policière chez le suspect principal, Irfan Siddiqui, habitant Bois-Chéri. Celui-ci est également accusé de bigamie suite à une déposition consignée par une habitante de la localité.

Le suspect, qui a été interpellé au cours de la semaine écoulée, faisait du démarchage pour envoyer des Mauriciens étudier en Australie avec promesse d'emploi. Selon les premiers témoignages versés dans le dossier à charge, les tarifs réclamés variaient entre Rs 150 000 et Rs 300 000 pour un visa d'étudiants en Australie. Outre les 36 passeports soumis par ses "clients", la police a également saisi toute une série de formulaires de demandes de visa à être déposés auprès de la Haute Commission australienne à Port-Louis, des rapports d'examens médicaux émis par une clinique de la capitale pour accompagner ces demandes de visa.

En guise de défense face à ces accusations, Irfan Siddiqui a fait comprendre à l'inspecteur Seeboruth et au sergent Bharosa de la CID de Curepipe qu'il est prêt à rembourser les clients qui ne sont pas satisfaits de ses services. L'enquête policière suit son cours.


Produits pétroliers

La PKOTAPP enquête sur les cargaisons débarquées en octobre

Estimant que le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen ait pu induire le public en erreur en affirmant qu'une seule cargaison de produits pétroliers a été débarquée durant le mois d'octobre, la Platform Kont Ogmentasyon ek tax abisif lo produits pétroliers (PKOTAPP) mène actuellement une enquête pour déterminer si un premier cargo aurait pu arriver à Maurice au début d'octobre à part celui du 26 octobre. Cette information est considérée par ce mouvement comme vitale suite à la décision du gouvernement de réunir le comité de l'Automatic Pricing Mechanism (APM) et d'appliquer une baisse de 15% sur l'essence et 20% sur le diesel. Cela, en ligne avec la baisse du prix du pétrole sur le marché mondial.

Le porte-parole de la PKOTAPP, Jayen Chellum, qui est également dirigeant de l'Association des consommateurs de l'île Maurice (ACIM), a ainsi recherché des clarifications dans ce sens au niveau du port. Une première correspondance avait été adressée au directeur général de la Mauritius Port Authority (MPA), le 8 novembre dernier, en vue de connaître le nombre de navires qui ont débarqué des produits pétroliers pendant le mois d'octobre. Ce dernier, visiblement pas satisfait de la réponse de la MPA, a récidivé cette semaine en cherchant la confirmation concernant l'arrivée d'une première cargaison le 3 octobre.

Dans la deuxième correspondance adressée au responsable de la MPA, Jayen Chellum fait remarquer que "if such information is either hidden or made difficult of access, then there seems to be other motives than serving the public interest". Il indique ainsi dans sa lettre les dates relatives à l'arrivée du "tanker" Pratibha Koyna en octobre: "Please allow me to share with you the very information you refused to give me as a member of the public. These are: there were two shipments of petroleum products to Mauritius in the month of October 08. These were brought by the same ship, namely, Pratibha Koyna. The 1st shipment arrived on 3rd Oct and left on 7th Oct. The 2nd arrived on 26th and left 30th Oct."

Cette information n'a, à ce jour, pas été confirmée par la MPA. Mais le porte-parole de la PKOTAPP ne semble pas vouloir baisser les bras, estimant que Rama Sithanen a induit le public en erreur. Ce dernier avait, lors d'un point de presse qui avait suivi la décision du gouvernement de réunir d'urgence le comité de l'APM, soutenu que le gouvernement a accepté de revoir le prix des carburants avant janvier 2009 dans le souci de s'aligner sur les prix du marché international pour "soulager les problèmes des consommateurs et des opérateurs économiques". La baisse de prix des carburants est ainsi intervenue, avait-il précisé, à la suite de l'arrivée d'un "tanker" la veille, alors que le prix moyen évalué se situait autour de 82 US Dollars. Décision avait été également prise pour que le comité de l'APM se réunisse désormais tous les mois pour revoir le prix des carburants. Le plafond maximal applicable sera ainsi de 7,5% - au lieu de 20% - qu'il s'agisse d'une augmentation ou d'une baisse de prix.

Les taxes qui dérangent!

C'est justement pour cette raison que la PKOTAPP veut déterminer si l'information communiquée par le VPM reflète les faits. La pertinence de l'information concernant l'arrivée d'une ou deux cargaisons de produits pétroliers réside dans le prix sur lequel la State Trading Corporation (STC) devrait s'aligner, et ce, en fonction de la baisse continue du pétrole sur le marché international.

Jayen Chellum souligne, par ailleurs, que le gouvernement n'a toujours pas considéré les requêtes de la PKOTAPP concernant les taxes appliquées sur l'essence et le diesel sous forme de contributions versées dans les caisses de la Road Development Authority (RDA) et dans les fonds connus comme le Bus Companies Recovery Account (BCRA) et le Maurice île durable Fund (MID); sans compter les 15% de Taxe à valeur ajoutée appliquée sur chaque litre d'essence et de diesel.

Ces taxes se situent autour de Rs 7 que le gouvernement prélève sur chaque litre de diesel et d'essence vendu à la pompe. Elles servent à subventionner le prix du diesel pour les compagnies d'autobus et à alimenter les caisses de la RDA et du MID Fund. En sus de sa requête au gouvernement de dévoiler les conditions du contrat signé avec la raffinerie de Mangalore, une des revendications de la PKOTAPP est la suppression de ces taxes sur les carburants, estimant que le gouvernement impose une double taxation aux consommateurs, notamment pour ce qui est de la Road Tax. Cette taxe routière se décline sous la forme "déclaration" ou la vignette que les propriétaires de véhicules versent chaque année à la National Transport Authority (NTA). Elle a d'autant plus été majorée jusqu'à 60% (pour les grosses cylindrées) en juillet dernier, vue qu'elle faisait partie des mesures budgétaires de Rama Sithanen. Une partie des recettes engrangées par la NTA, soit Rs 250 millions, servira également de "grant" puisés du MID Fund pour financer un programme de modernisation du transport public.



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