m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 26 octobre 2008



  Société - Le juge Balancy défend la liberté sous caution et la présomption d'innocence
  Changement d'horaire - Se régler sur l'heure d'été
  Publication - Ritournelle de la faim de J.M.G. Le Clézio: Le manque obsédant
  Rencontre - Ce qui nous touche au cœur: Pour saluer Le Clézio
  Le premier salaire - Un début d'indépendance
  Double K - Triple Vibes
  Sculpture sur noix de coco - Des expressions qui accrochent le regard
  Célébration à Paris et à Bruxelles - Malcolm de Chazal revisité
  Collectionneur - Sa passion des pièces rares
  Coiffure - Défilé de création - Oser l'extravagance
  Cuisine - Chocolat: Oubliez le classique!
  Portrait - Sanjiv Mihdidin, le Mr Property de Rogers
  Collectionneur - Sa passion des pièces rares
  Livres - Unravelling the Thread – The Gujadhurs of Mauritius par Leela Gujadhur Sarup
  Mode orientale - Célébrer Divali avec élégance
  Atif Aslam: entre satisfaction et déception
  Le 18 décembre au Stade Anjalay - Sonu Nigam chez nous
  Vendredi soir au SVICC, Pailles - Raphaël sur scène, ça en valait le détour


Société

Le juge Balancy défend la liberté sous caution et la présomption d'innocence

Nombre de citoyens de notre pays ne comprennent toujours pas le principe de la remise en liberté sous caution. Comment des personnes arrêtées par la police dans des affaires criminelles, parfois atroces, arrivent à obtenir leur remise en liberté sous caution en attendant d'être jugées?

Pour le juge Eddy Balancy,"c'est une règle, un droit humain fondamental indissociable de la présomption d'innocence" et il est d'avis "qu'il y a nécessité d'une vaste campagne d'éducation de masse à ce sujet, laquelle éducation", souligne-t-il, "doit être dispensée également aux officiers de police, aux officiers du Parquet (state Law Office) et même à des magistrats".

Le juge Balancy avait partagé ses constats à ses pairs africains lors d'un séminaire tenu à Balaclava. A ce même séminaire, rappelons-le, le magistrat Priveeraj Fekna avait, lui, démontré les faiblesses criardes des méthodes d'enquêtes policières à Maurice.

"Bail : The hurdles and difficulties (La caution : les obstacles et les difficultés), thème du document de reflexion soumis par le juge Balancy avait mis l'accent sur (i) ce qui empêchait au citoyen suspect de jouir de son droit à la liberté et qui freinait l'évolution de la loi sur la remise en liberté conditionnelle à Maurice (ii) les principes établis dans la loi mauricienne relative à la caution après que certains de ces obstacles et difficultés eurent été franchis et (iii ) le chemin qu'il restait encore à la société mauricienne à parcourir pour que les droits fondamentaux à la liberté et à la présomption d'innocence puissent, enfin, triompher.

"Le profane réagit sous l'émotion ..."

Selon le juge Balancy, maintes jugements passés, dont celui dans l'affaire l'Etat v/s Noordally, ont bien finis par établir que la liberté sous caution d'un suspect "doit être la règle tandis que sa détention ne doit être que l'exception".. Toutefois, il a fait remarquer, " l'Histoire démontre aussi que, jusqu' à tout récemment, une partie du judiciaire, tant au haut niveau qu'à l'échelon inférieur, s'accrochait encore à une considération irrationnelle de la nature sérieuse du délit allégué pour refuser d'accorder la liberté sous caution. Ce genre d'approche découle surtout d'une crainte de relâcher des suspects sous caution dans des cas de crimes atroces en prenant le risque d'aller à l'encontre de l'opinion publique véhiculée dans les médias et même par les représentants du peuple à l'Assemblée nationale. Or, la raison pour laquelle le public s'oppose généralement à la remise en liberté sous caution est simplement, selon le juge, que le profane (le Layman) réagit sous le coup de l'émotion et non pas de manière rationnelle. Il y a l'inaptitude du profane à saisir l'idée même derrière la caution, celle du respect de la liberté du citoyen et de ce qu'implique la présomption d'innocence. C'est pourquoi, avait fait remarquer le juge Balancy, on entend le genre de commentaire suivant du profane à la radio: "Guette sa kalité crim la, talerr ou pou trouve la cour largue lor caution !" A ce stade, le juge Balancy avait rappelé "qu'en Afrique du Sud, il y a eu des émeutes causées par une masse incapable d'accepter qu'un suspect dans un crime sérieux soit relâché sous caution. Aux yeux d'une masse qui ne réfléchit pas, remise en liberté sous caution signifie presque à un acquittement".

Selon le juge Balancy, bien que des jugements successifs prononcés avec autorité par le Judicial Committee du Privy Council - notamment dans l'affaire Hurnam - aient rendu les magistrats mauriciens maintenant plus confiants dans leur prise de décision, l'influence d'une opinion publique mal-informée demeure encore un obstacle au respect de la liberté et de la présomption d'innocence. C'est, d'après le juge," ce qui explique l'indisposition persistante de la Police et du State Law Office de consentir à la remise en liberté conditionnelle dans des cas où l'opinion publique désapprouve la caution, nommément, dans les cas de trafic de drogue et d'abus sexuels sur les enfants".

Selon le juge Balancy, il y a nécessité d'une éducation de la masse, mais, ensuite celle des auxiliaires de la justice eux-mêmes (officiers de Police, Officiers du Parquet et magistrats) qui eux aussi doivent être mieux formés afin de résister aux influences externes.

Le juge Balancy avait pointé du doigt certaines lacunes des milieux officiels qui, selon ses constats, l'application des principes relatifs à la liberté sous caution. "La Cour suprême de Maurice a souvent eu à déplorer la "nonchalance" de prosecutors et d'officiers du State Law Office lorsqu'ils ont à soutenir des objections à la remise en liberté sous caution. Peu entraînés, ces officiers n'apportent pas suffisamment de preuves quant aux risques réels qu'encourait la société si un suspect était relâché sous condition. Des fois, ces officiers et mêmes des magistrats tous aussi peu formés ne comprennent pas les enjeux réels. D'où la nécessité d'une formation spécifique dans le cadre d'un Judicial Education Project", avait-il souligné.

"Mécanisme démodé"

Le juge devait aussi faire des observations quant à l'imposition de conditions à la remise en liberté sous caution à Maurice. Il partagea largement l'opinion exprimée, antérieurement, par ses collègues les juges Bushan Domah et Asraf Caunhye que "le mécanisme est démodé"." La tendance est, malheureusement, d'imposer une unique panoplie très limitée de conditions. Traditionnellement, on met des contraintes financières sur les suspects, mais il faut imaginer une formule plus appropriée afin de s'assurer que personne ne soit condamnée à rester en détention provisoire uniquement parce qu'il n'a pas de moyens financiers pour garantir sa caution. Certaines cours de district imposent, elles, un tarif uniforme pour le même type de délit. Or, le mauvais côté d'une telle approche, c'est qu'une caution financière tarifiée exigée d'un pauvre est suffisante pour le dissuader de se conduire d'une telle façon peut être totalement inefficace pour décourager un riche d'agir de la même façon. Donc, il faudrait tenir compte de la capacité financière du suspect et mettre au point un autre système pour ceux qui ont peu sinon pas de ressources du tout," conclut le juge Balancy.


Changement d'horaire

Se régler sur l'heure d'été

Demain matin, lorsque nos pendules afficheront 02h00, il sera en fait 01h00, suivant le passage à l'heure d'été mis en place par l'État. Si certains voient déjà les économies d'énergie réalisées en faisant correspondre l'activité humaine avec l'ensoleillement, d'autres sont perplexes. Certaines personnes en sont même angoissées à l'idée seule de ce changement, surtout après les propos du conseiller spécial du Premier ministre, Joël de Rosnay, qui planche sur le dossier Maurice, Île Durable, depuis plusieurs mois. En indiquant que "l'heure d'été aura des répercussions sur la santé publique", Joël de Rosnay ravive des inquiétudes.…

Appliquée depuis longtemps en Europe, l'heure d'été permet d'avancer la journée plus tôt, rappelle le Dr Zouberr Joomaye, spécialiste en Médecine Interne. Si bien adaptée en Europe, cette mesure, qui sera appliquée chez, nous soulève des appréhensions, notamment en ce qui concerne les conséquences du changement d'heure sur l'état de santé de l'homme. Pour certains, ce changement apportera une meilleure hygiène de vie, notamment avec plus de temps consacré aux loisirs. Pour d'autres, le passage à l'heure d'été entraînera des perturbations au niveau du mode de vie. "Théoriquement, les gens devraient se trouver en meilleure santé", estime notre interlocuteur. Il explique que sur le plan physiologique, chaque personne a, dans son organisme, une horloge biologique qui permet de réguler le cycle de veille et de sommeil. Cette horloge biologique est étroitement liée à la sécrétion du cortisol - hormone dont la sécrétion se fait en fonction d'un cycle de 24 heures et présente un pic maximal le matin, à 8 h. "C'est cette hormone qui nous permet d'avoir plus de tonus lors de nos activités. Durant le sommeil, la sécrétion du cortisol est minimale", indique le Dr Zouberr Joomaye. Ainsi, dit-il, l'heure d'été permettra aux personnes de commencer le travail précisément à 8h, à l'ouverture des bureaux au moment où la sécrétion du cortisol est maximale. "On débutera donc la journée avec plus de tonus. Et dans l'après-midi, après les heures de travail, on trouvera du temps pour se consacrer à des activités extra-professionnelles, ce qui signifie : plus de temps de loisirs", soutient le spécialiste. Il fait ressortir que plus de temps consacré aux loisirs signifie une réduction du stress et, de ce fait, "théoriquement", les gens devraient se trouver en meilleure santé.

Risques de perturbations chez les enfants, les personnes âgées, les personnes souffrant de troubles du sommeil

En dehors des effets positifs mentionnées plus haut, le Dr Zouberr Joomaye note également des effets pratiques dus au changement d'horaire. Même si peu d'études ont été réalisées sur les effets du changement d'heure sur la physiologie et le comportement, il ressort que la critique essentielle en matière de santé publique porte sur la modification des rythmes biologiques qui risquent d'occasionner des troubles du sommeil, et qui, par ailleurs, aura des effets sur l'appétit, la capacité de travail, voire de l'humeur. "Actuellement, il n'y a pas d'études validées indiquant que l'heure d'été aura des effets néfastes sur la santé. Ce changement peut, toutefois, chez certaines personnes, provoquer des débalancements temporaires au moment du changement de temps, sans vraiment avec des conséquences formelles", indique le Dr Zouberr Joomaye. Il souligne toutefois qu'il ressort dans la plupart des cas de débalancements que ce sont souvent les personnes qui ont déjà des troubles de sommeil ou des troubles psychologiques qui risquent d'en subir l'effet. Certaines études effectuées en Europe démontrent que les personnes très sensibles, surtout chez les enfants, les personnes âgées, les personnes souffrant de troubles du sommeil et celles qui sont atteintes par une ou plusieurs pathologies ou présentant une fragilité psychologique, ont plus de mal à se synchroniser. Par ailleurs, du point de vue de l'alimentation, les premiers jours peuvent être difficiles pour d'aucuns, puisqu'il y a, en général, un décalage au niveau des horaires. "Mais l'organisme humain s'adapte facilement au nouveau changement d'horaires, comme c'est le cas lorsqu'on va dans un autre pays", assure notre interlocuteur.

Difficultés de concentration

Chez certains enfants, le changement d'horaire peut avoir d'autres conséquences, notamment au niveau du comportement. "Les heures passées devant la télé ou l'ordinateur ont tendance à s'allonger avec le changement d'horaire. Ce qui provoque certainement un effet néfaste sur la santé", explique le Dr Zouberr Joomaye. Il rappelle que le nombre d'heures accumulées devant la télé ou l'ordinateur augmente le risque d'épilepsie chez les enfants ainsi que le manque de sommeil. "Un enfant qui dort mal ne peut se concentrer ou se concentre moins bien dans la journée pour les études", explique notre interlocuteur. Dans cette optique, conseille-t-il, il convient aux parents d'exercer un contrôle rigoureux sur les activités pratiquées par les enfants après les heures de classes ou pendant les vacances. Par ailleurs, pour ceux qui appréhendent ce changement d'horaire, le spécialiste fait ressortir que tout changement génère chez certaines personnes une certaine angoisse. Pour le Dr Zouberr Joomaye, "ce que nous devons comprendre, c'est que l'heure d'été est un évènement qui se produit souvent dans d'autres pays. Il faut s'adapter en se disant qu'il y aura du temps pour les loisirs. Il faut une nouvelle organisation de sa journée qui nous permet de nous lever tôt…"


Conseils

Bien négocier le passage à l'heure d'été

Dormir sereinement, s'adapter progressivement, se coucher plus tôt, se reposer davantage et pour certaines personnes modifier son rythme de travail peuvent aider à passer le cap de l'heure d'hiver à l'heure d'été.

Tout planifier la veille

Les personnes sujettes au stress peuvent se sentir angoissées par les conséquences du changement d'heure, et notamment par le fait de devoir régler l'heure de tous leurs équipements électroniques. Si la plupart du matériel (ordinateur, télévision, lecteur DVD...) se règle tout seul, il peut être rassurant pour beaucoup de tout régler à l'avance. Changer l'heure, la veille, présente aussi l'avantage d'habituer l'organisme au changement d'heure avant même qu'il ne survienne.

S'adapter petit à petit

De nombreux docteurs et psychologues conseillent d'anticiper le changement d'horaire, en particulier pour les enfants. Le changement d'heure perturbe beaucoup leurs petites habitudes, et peut leur faire perdre l'appétit, ou les rendre grognons. L'idéal est de modifier progressivement le rythme d'un bébé pour lui éviter un changement trop brutal. Par exemple, en décalant de 15 minutes l'heure de réveil, de repas et de coucher d'un enfant à partir de jeudi, cela permettra de ne pas trop le perturber. Il faut savoir que le passage à l'heure d'été est très perturbant pour un bébé : la lumière du jour risque de l'empêcher de s'endormir dans la soirée.

Se coucher plus tôt

Un bon conseil pratique pour les "lève-tôt" est de se coucher plus tôt une heure et une demi-heure ce dimanche soir. Ainsi, avec le même nombre d'heures de sommeil, ils se réveilleront sensiblement à une heure habituelle.

Que faire si on est perturbé

Certaines personnes ressentent une forte fatigue après un changement d'horaire, voire une sensation de malaise. Il faut alors se reposer au maximum, et surtout se forcer à adopter un rythme de vie (travail, repas, heures de coucher et de réveil) correspondant à la nouvelle heure. Les symptômes disparaîtront en quelques jours, voire quelques semaines au maximum.


Publication

Ritournelle de la faim de J.M.G. Le Clézio: Le manque obsédant

C'est le récit d'un personnage brillant. C'est le roman d'Ethel : une jeune fille fragile "qui fut malgré elle une héroïne à vingt ans" dans le Paris de la guerre. Elle accède vite à la conscience des réalités de la vie et prend en main son destin. C'est une histoire de famille, une autobiographie trafiquée et des histoires de faillite, d'errance et de manque. Autour, rôdent les fantômes de l'Histoire.

Dans Ritournelle de la faim de J.M.G. Le Clézio (Gallimard, 2008), on évolue dans plusieurs temps narratifs, entre les souvenirs, la mémoire, les brumes de l'oubli, les digressions sur l'enfance, on revient à un présent lesté d'un poids dramatique. On est aussi entre le rapport à la mère et le rapport à l'écriture dans un portrait qui éclaire la mère et le narrateur réciproquement, du côté de l'intime.

Dans deux courts chapitres, au début et à la fin du roman, l'écrivain évoque la faim, une réalité à la Libération : "Je connais la faim, je l'ai ressentie. Enfant, à la fin de la guerre, je suis avec ceux qui courent sur la route à côté des camions américains... Cette faim est en moi. Je ne peux l'oublier. Elle met une lumière aiguë qui m'empêche d'oublier mon enfance... C'est d'une autre faim qu'il sera question dans l'histoire qui va suivre..." Nous voilà avertis du sens métaphorique du mot. Dans les dernières pages du roman, Le Clézio parle d'une autre ritournelle: le Boléro de Ravel. La mère de l'écrivain lui avait raconté son émotion lors de la première du Boléro: "Maintenant, je comprends pourquoi. Je sais ce que signifiait pour sa génération cette phrase répétée, serinée, imposée par le rythme, le crescendo. Le Boléro n'est pas une pièce musicale comme les autres. Il est une prophétie. Il raconte l'histoire d'une colère, d'une faim. Quand il s'achève dans la violence, le silence qui s'ensuit est terrible pour les survivants étourdis..."

Entre ces deux temps de narration, il y a la maison mauve, l'itinéraire initiatique de la jeune héroïne Ethel. Une enfance et une adolescence à la lisière du monde adulte fait de mauvaises affaires et de lâcheté. Ethel a à peine dix ans lorsqu'elle visite l'Exposition universelle en compagnie de son grand oncle Soliman qui achète la maison mauve avec sa varangue qui évoque l'île Maurice. Le vieil oncle fait d'Ethel sa légataire, mais à sa mort, le père d'Ethel met en péril la petite fortune de son tuteur. Le monde d'Ethel bascule. Les rêves de son vieil oncle font place aux mondanités et aux préjugés : "Tôt ou tard, la conversation dérivait. C'était invariable. Ethel aurait pu dire à quel instant précis, ce qui déclenchait la dérive. Cela suivait une sorte de signal secret. Alexandre repoussait son assiette, où le cari avait laissé une marque orange pareille à la ligne des vives-eaux sur une plage. Les restes de brèdes et de grains imitaient très bien les algues déposées par la marée... Pourquoi Monsieur Soliman était-il resté étranger à tout cela? Il avait rompu les amarres, il avait quitté l'île à l'âge de dix-huit ans, n'était jamais retourné. Il dédaignait ses concitoyens, les trouvait mesquins, ragoteurs, inintéressants... les voix montaient, descendaient. Résonnaient des noms de lieux, Rose-Hill, Beau-Bassin , l'Aventure, Riche en Eau, Balaclava..." Maurice imprègne tout le roman, mêlée aux brumes de la mémoire. Face à la déchéance du monde des adultes, Ethel prend conscience des événements. Le livre est ponctué de silences, mais à la fin l'auteur intervient en personne pour chercher les traces du vélodrome d'hiver et les lieux qui conduisaient aux camps. Il évoque une suite de noms de rues comme dans un roman de Modiano : "RUE DES ENTREPRENEURS/RUE DE LOURMEL/RUE DU COMMERCE/NOTRE-DAME-DU-PERPETUEL SECOURS... J'ai cherché l'endroit où autrefois se trouvait le Vel'd'Hiv. Cela s'appelle aujourd'hui la Plate-Forme... A Drancy, au pied des grands immeubles rectilignes, si semblables à ceux des nouveaux ghettos de Sartrouville, Rueil, Le Raincy. Ils sont vêtus de pardessus trop chauds pour la saison, les enfants portent des bérets. L'un d'eux, au premier plan, a une étoile accrochée à la place du coeur. Ils sourient à l'objectif, ils semblent poser pour un portrait de famille. Ils ne savent pas qu'ils vont mourir..." On comprend alors qu'on a lu une histoire qui emprisonne, empêche de briser les silences, de combler les manques et cherche la clé qui ouvrirait les menottes de la mémoire.


Rencontre

Ce qui nous touche au cœur: Pour saluer Le Clézio

Une avalanche de déclarations, de témoignages, d'hommages. Décidément, le prix Nobel de littérature décerné à J.M.G Le Clézio aura permis de substantielles moissons. Il reste néanmoins à le connaître beaucoup mieux en lisant ses livres. Parmi les multiples facettes de l'écrivain que beaucoup d'autres désireraient estampiller, Sarojini Bissessur-Asgarally a aperçu l'ami. C'est que Le Clézio a côtoyé bien des gens et surtout, ceux du peuple. La mémoire de l'amitié me touche beaucoup, dit cette proche de Jémia et J.M. Le Clézio. Elle aime se souvenir de leur rencontre (c'était en 1997). Un ami commun a téléphoné pour dire que Le Clézio et sa femme sont à Maurice. Nous avons partagé un repas à Trou-d'Eau-Douce. A l'époque, l'écrivain travaillait sur Malcolm de Chazal. L'émotion de la rencontre aura initié une durable écoute. Dans leur impatiente passion de découvrir des écrivains et de partager les joies de la littérature, le couple Asgarally, hésitant au début, dit qu'il a pris le courage de demander à Le Clézio s'il accepterait de présider le prix Jean Fanchette qui existait déjà. Il a accepté avant son départ de Maurice et depuis l'aventure continue. Le Clézio sera présent pour la 4ème fois cette année. L'attribution du prix Jean Fanchette 2008 sera présidée d'un hommage au grand poète et psychanalyste mauricien. Celle qui a pris le temps de connaître Le Clézio dit aussi qu'il est un de ces écrivains que l'on met longtemps à déchiffrer. Chacun de ses livres imprime dans la mémoire une marque précise. Il faut un certain temps pour cerner l'énigme de cette circulation d'énergie dans son livre avant de passe au suivant. Quand on interroge sur les rencontres de l'écrivain, son amie répond qu'elles étaient faites à ras d'émotion. Il est toujours resté fidèle à ses amitiés, aux indignations qui placent ses textes à hauteur de l'humain. Le Clézio ne connaît pas de gens ordinaires, seulement des gens singuliers - et qui ne le savent pas. Sarojini donne deux exemples de rencontres avec les démunis ou les déracinés: l'écrivain avait lu dans un journal qu'un pêcheur avait échappé à un naufrage. Il est allé à sa rencontre et l'a interrogé discrètement sur la vie des pêcheurs. Il l'a aussi réconforté. J.M.G Le Clézio s'est aussi indigné de la déportation des Chagossiens au mépris des droits de l'homme. En témoigne son article "Diego Garcia, les déportés du paradis" (La Point, 13 décembre 2002). Il écrit à la fin de son article: "Comme tous les réfugiés du monde, les exilés n'ont pas perdu espoir de retourner un jour dans leurs îles natales. On peut rêver de ce jour où, enfin, malgré l'inconsciente insolence des puissances militaires et l'affairisme des gouvernements, le monde recouvrera sa raison et saura rendre justice aux Chagossiens." L'écrivain a rencontré Charlésia Alexis à Pointe-aux-Sables et ils ont évoqué les Chagos. Charlésia venait d'obtenir son passeport britannique. De même, il a rencontré à Rodrigues, nous raconte notre interlocutrice, une vielle femme qui avait vu le grand-père de Le Clézio lorsqu'elle était petite. Sensible à un regard, à un détail du paysage, l'écrivain avait rencontré lors d'une de ses visites à Maurice, des habitants de Crève-Cœur et de Montagne-Longue. Il avait pris le temps de marcher à ciel ouvert, émerveillé devant les manguiers, s'imprégnant de l'odeur du safran et du sol mauricien. "L'homme n'écrit pas seulement avec des mots. Tous les langages ne seront pas de trop pour entendre ce qui se dit chaque jour."


Le premier salaire

Un début d'indépendance

Ils ont entre 18 et 26 ans et travaillent dans différents secteurs. Leur entrée dans le monde de l'emploi, il y a quelques années pour certains et plus récemment pour d'autres, a été marquée par une émotion particulière. Celle que l'on ressent lorsqu'on tient en mains son premier salaire. Les jeunes rencontrés font un retour en arrière pour évoquer avec nous ce moment où ils ont compris que premier salaire voulait aussi dire, indépendance, dépenses, responsabilité…

"La première fois que je tenais une importante somme d'argent dans mes mains, j'ai été impressionné. Il s'agissait de mon premier salaire", se souvient Franco Broquet, pâtissier de 22 ans. C'était il y a six ans, il débutait alors dans le métier et touchait… Rs 2 450. "Ce n'était pas seulement les billets qui comptaient pour moi, c'était surtout le fruit des efforts fournis au travail", ajoute Franco Broquet. De son côté, Sandra Salvara, 18 ans et guide touristique confie : "Lorsque j'ai eu mon premier salaire, j'ai réalisé que je jouais désormais dans la cours des grands!" Et c'est avec un salaire de Rs 5 000 que la jeune femme a fait son tremplin dans le monde de la consommation. Car, qui dit premier salaire, dit premières dépenses!

Un premier emploi, une première rémunération… et comme pour toutes les premières fois d'une vie, celle-ci reste mémorable. Une première rentrée d'argent dans sa vie d'adulte prend un sens significatif. Kunal Soorojebally, 26 ans, concède que cela lui a fait prendre conscience de l'importance des termes comme "indépendance et responsabilité." Après avoir fait ses débuts, il y a six mois, dans une banque privée, Kunal Soorojebally a été promu IT and Systems Support Officer. Son premier salaire, confie-t-il, relevait d'un montant de Rs 7 000. Il raconte sa première réaction, " j'ai pensé à acheter une lampe en terre et l'allumer pour une prière de remerciement à Dieu." Et une fois ce geste spirituel terminé, le jeune salarié d'alors file aux magasins pour acheter des cadeaux à l'intention de ses proches. "Une douche à gaz pour mes parents, des vêtements et des peluches pour ma petite amie", dit-il. Kunal Soorojebally, ne s'est pas pour autant négligé. Il s'est offert des vêtements et des accessoires.

Il s'achète une maison

Il y a aussi ceux qui comme, Shavila Dhorbul, enseignante au secondaire, doivent faire leur preuve durant une période de formation avant d'être confirmé. L'attente, de l'enveloppe dans ce cas, raconte notre interlocutrice de 25 ans, est longue! "Après deux mois, je commençais à m'impatienter!" Puis, les Rs 18 000 sont arrivées, pour être vite dépensées! Revenant sur cet épisode, notre enseignante concède, "si c'était à refaire, j'aurais mis un peu d'argent de côté".

Olivier Legrand, 23 ans, n'a pas de remords. Pour cause, ce jeune superviseur et responsable de réseau, dans le secteur privé, s'est fié à son flair, ce qui lui a garanti un investissement durable: une maison! Il faut dire qu'Olivier Legrand a fait son entrée dans le monde de l'emploi à 17 ans. Les centres d'appels lui ouvrent leurs portes. Mais ce dernier considère que son "premier vrai salaire", c'est celui qu'il percevra à 20 ans. "Une somme de Rs 6 500", se souvient-il. Salarié et ayant acquis une stabilité professionnelle, le jeune homme a soif d'indépendance. Pour arriver à quitter le cocon familial, il contracte un prêt auprès d'une assurance et investi dans l'achat d'une maison. "J'avais réussi à accomplir quelque chose de concret avec mon premier salaire", confie ce dernier. Désormais propriétaire, Olivier Legrand, a une vie professionnelle active. Il va même jusqu'à décupler d'efforts pour rembourser ses dettes et assurer son avenir.

Après les dépenses, le temps des économies

Pour nos invités, être salariés est donc, aussi, synonyme d'indépendance. Et c'est bien souvent le premier salaire qui annonce le début de ce sentiment. Franco Broquet, lui, n'a pu s'offrir une maison. Mais, grâce à ses économies qu'il a consolidées depuis son premier salaire, il a pu construire une chambre, annexée à la maison familiale. Pour sa part, notre guide touristique, elle, parle d'un sentiment de légitime fierté quant au fait de ne plus dépendre entièrement de ses parents. Car, même si elle est salariée et peut se payer ses vêtements et autres effets personnels, Sandra Salvara vit encore chez sa famille. La jeune fille nous explique qu'elle n'est pas prête de se faire plaisir comme à son premier fin de mois. Economies obligent! "Je n'aurais pas l'occasion de me faire des cadeaux encore une fois comme à mon premier salaire parce qu'il faudra économiser pour mon avenir." Et s'il est un autre qui concède qu'il aura à écouter les conseils de ses parents, c'est bien Kunal Soorojebally. Les dépenses se feront à compte-gouttes. "Je vais me fiancer très bientôt…" dit-il.


Centres d'appels-Gagner beaucoup en peu de temps

Si une myriade de jeunes font encore leurs débuts dans les centres d'appel, c'est que le secteur offre, depuis son essor, des perspectives intéressantes en matière de salaire. Selon un directeur d'opérations dans un centre d'appel, les jeunes sans expérience gagnent une moyenne de Rs 8000 lorsqu'ils débutent dans une compagnie, spécialisée en service clientèle. S'ils passent un stage d'un mois environ, leur salaire de base est accompagné, d'un bonus pour la performance et la qualité, lequel peut s'élever jusqu'à Rs 2000. Ceux qui sont employés sur le plateau de la vente et des services reçoivent le même salaire de base que leurs collègues du service clientèle. Mais, ils peuvent arrondir leur enveloppe grâce aux commissions basées sur le nombre de ventes effectuées et toucher jusqu'à Rs 50 000.

Quant aux jeunes qui ont plus d'expérience, notre interlocuteur nous explique qu'ils gagnent une moyenne de Rs 10 000 comme salaire de base, sans compter les bonus et autres commissions.


Double K

Triple Vibes

Tenter l'aventure en solo lui a réussi! La vibe, il l'envoie avec trois titres qui ont successivement cartonné. Depuis Zizman dernier, son premier opus, sorti en 2007, Double K a signé un contrat avec le succès. De cet album, l'on retient Retourn nou zil, véritable cri du coeur pour un retour au Chagos, cette chanson est de circonstance. Retourn nou zil, lui a même valu un Bonnto Award, en décembre dernier. Puis, plus récemment il y a eu Si enn zour, extrait d'une compilation. Et actuellement Dimal sorti tout droit de Rougail Séga Vol.2, est "le titre du moment" de Double K. Son empreinte vocale, sa sensibilité… sont indéniablement sa marque de fabrique. Désormais, il faudra compter avec Double K dans le secteur. Son style, il la veut mi-ragga et mi-séga tout en s'accordant à d'autres harmonies. C'est ce qui fait, d'ailleurs, la marque de fabrique du jeune chanteur qui fête ses 24 ans demain.

Exilé pour Mighty Jah

De son vrai nom Jean-Marc Empeigne, Double K a été révélé avec son groupe Mighty Jah. Il y a trois ans, la bande cartonnait avec Essayé Sanze twa, avant de disparaître. "Nou ankor la!", rassure Double K. "Mighty Jah pa'nn kasé. Nasty Cool ek mo mem, nou finn pran létan pou fer nou album solo. Et contrairement aux autres membres de Mighty Jah, j'ai la chance de vivre de ma musique. Les autres ont dû se consacrer à leur travail." Avec Fauss Destination, sorti en 2007, Nasty Cool n'a pas pour autant connu le même succès que son ami. Mighty Jah sera bientôt de retour avec deux nouvelles surprises. Notamment avec l'arrivée d'une voix féminine et un nouvel album, Exilé. "Cet album sera à 100% séga ambiance", annonce Double K. "Ce titre reflète un fait de société, c'est-à-dire, le départ en grand nombre de Mauriciens pour l'étranger." Exilé, c'est aussi Kontan, Esklavaz, Ou dan mo lavi, Soif pouvoir, Pa koné… L'enregistrement musical d'Exilé, fait ressortir Double K, a été fait en live. Et ce sont les musiciens de Zotsa qui ont assuré cette partie. Pour marquer sa présence dans le circuit, Mighty Jah, explique notre interlocuteur, sortira un album chaque trois ans. Et parallèlement, Double K, lui, continuera son parcours solo.

De Rodrigues à Roche-Bois

Avec Mghty Jah, Double K n'est pas à sa première formation. Il fait ses débuts avec Nou Nas Cool avant d'intégrer Ragga King. Et c'est avec celui-ci qu'il fera son premier album. Né à Rodrigues, c'est avec ses grands-parents qu'il grandit à Roche-Bois, "une terre fertile", dit-il, qui a produit les plus grands: Kaya, Berger Agathe, Gérard Bacorilall… "Faire de la musique pour moi, dit-il, était une évidence. Mon grand-père, Tonton Empeigne, en fait. Mo pa'nn gaynn lédikasyon akadémik. Mo lédikasyon sé lamizik. Les références du ragga m'ont inspirés. Il y a eu aussi Sylvain Kallycharan, Zotsa, Negro Pou Lavi…" Aujourd'hui, c'est au tour de Double K d'inspirer ceux qui font leur entrée dans l'arène ou encore son public. Il y a une semaine, un de ses fans n'a pas manqué de s'agripper à lui, après un concert. "Il n'avait pas fini de me remercier pour la chanson Dimal, grâce à laquelle, disait-il, il a pu se réconcilier avec sa compagne!"


Dimal, Double K

Zot ti amouré

Pa ti kapav sanpasé

Pa ti kapav distancé

Zot ti éna zot prozé

Sa li enn zistwar vré

Ki monn trouvé ar mo dé lizié

Apré trwa zan zot finn maryé

Zot finn désid pou kré enn fwayé

Tou lé zour diskité

Ziska désidé pou kité

Mé zamé zot ti pansé

Ki tou sala pou arivé

Esayé maziné

tou sa moman zot finn pasé

Divan Bondié

zot finn ziré ki zamé

zot pou séparé

Refrain

Vrémen sa fer mal, mal, mal

Vrémen sa fer di mal, mal, mal

Vrémen sa finn tourn mal, mal, mal

Vrémen sa fer di mal, mal, mal

(2 X)

Mo finn trouvé

vrémen sa dé la zot ti amouré

Pa ti pé kapav sanpasé

Pou ki fer zordi

zot finn kité

Larm lizié pé kulé

dan lizié zot tou lé dé

Pou ki fer zot na pa rétourné

Pou ki zot kapav kontinié

Esey pran zot lorgey

met anba zot lipyé

Aret les zot infliansé

Zot lespri ki a pé tourmanté

Dimunn la li, li la pou rakont

sé ki li lé

Ant zot dé personn pa finn truvé

Alors kas enn poz pou avansé

(Refrain)

Ti gagn drwa pardoné

Pou ki zot koné kot zot été

Divan Bondié là

zot finn ziré ki zamé

zot pou séparé

Eseyé maziné, tou sa moman

ki zot finn pasé

Séyé dir mwa ki finn arivé

pou ki zot pa pé lé rétourné

Arété diskité

Donn lamour enn sans pou kontinié

Avec létan tou sa pou sanzé

Zot pou trouvé tou pou vinn volonté

Zot bizin aksepté dan la vie

éna tou sort kalité problem

Tou létan li pou egzisté

Zot ki bizizn zot

Ki bizin seye positivé


Au Mali, en décembre prochain

OSB en première partie du concert de Morgan Heritage

Entre les Otentik Street Brothers (OSB) et l'Antillais François Yrius de One Way Production, l'alliance est scellée. Aux côtés de Bruno Raya des OSB, jeudi dernier, lors d'une conférence de presse commune autour du Reggae Dancehall Festival du 8 novembre prochain, François Yrius, qui connaît Maurice et ses artistes, a signifié son intention de collaborer musicalement avec le groupe. Cette collaboration s'annonce intéressante pour nos références du ragga. En attendant de se retrouver aux Antilles, c'est au Mali que Master KoolB et les siens feront vibrer le public lors d'un concert en décembre prochain. Les OSB partageront l'affiche avec Morgan Heritage. Ils assureront la première partie du spectacle. Et c'est non sans humour que François Yrius a dit souhaiter entendre les OSB sur… du zouk calypso!

Reggae Dancehall Festival, le 8 novembre

Neg'Marrons, la voix du peuple

"Les Neg' Marrons chante la voix du peuple. Ils véhiculent des messages sociaux qui sont proches des nôtres…" explique d'emblée Bruno Raya, de OSB Co. Ltd, co-organisateur du Reggae Dancehall Festival. Le choix de ce groupe pour l'occasion n'est pas un hasard. Ce rendez-vous aura lieu au Stade SGD, le 8 novembre prochain, à partir de 17 heures. Le concert, qui réunira sur la même scène les OSB, les Neg'Marrons et Pierpoljak, débutera à l'heure indiquée, a tenu a préciser Jean-François Yrius de One Way Production. Ce dernier a, à son actif, l'organisation de quelque 70 concerts-aux Antilles et à Paris- avec à l'affiche des noms tel Diams', Henri Salvador, Lorie, et des pointures du reggae. Les Neg' Marrons, de même que Pierpoljak auront l'occasion de rencontrer leurs fans pour des séances de dédicace.

Les billets qui sont déjà en vente à Rs 300 l'unité, seront aussi disponibles le jour du concert. Cependant le prix passera à Rs 400. Les points de vente sont: tous les magasins Otentik Paradize Burning, Solid Gold, Habit, Harbour Music Shop et Power Music Shop, One Drop (Chemin Grenier), Magasin Lotus (Quatre-Bornes), Master Sound (Bambous), Dodo Music Shop, Mahebourg.


Sculpture sur noix de coco

Des expressions qui accrochent le regard

Justin Fernando Palamandadige n'est pas inconnu au Craft market du Caudan où il expose ses oeuvres. Visage creusé, expressions repoussantes ou malicieuses... ces singes ou tête d'homme qu'il sculpte dans du noix de coco accrochent le regard. "Je n'ai pas de modèles, je cisèle directement les formes à partir de ma mémoire et de mon imagination ", déclare cet artiste visiblement doué. À son stand ou chez lui, à Triolet, Fernando utilise ses outils dont le tournevis, une petite scie, une pince et se laisse guider par son imagination. Depuis vingt ans, l'homme et son descendant sont à la source de ses inspirations. "Les singes m'ont toujours inspiré. D'ailleurs j'en avais un ", dit cet homme âgé de 34 ans, fasciné par nos amis les primates. Au fur et à mesure qu'il découpe son noix apparaissent, entre ses mains, des formes, des singes dont il fait fumer une cigarette, un vieil homme portant un chapeau à qui il offre une pipe, des pirates dont un bandana couvre un oeil ou encore une tortue, un lapin, un éléphant, un crapeau et autres animaux et formes. Aucune des oeuvres de Fernando ne laisse le visiteur indifférent.

Le Srilankais cisèle également porte crayon, cendrier, maquettes de bateau et le résultat donne de délicats travaux qu'il est intéressant d'aller admirer sur place où il explique avec enthousiasme son travail.

Cet art, Justin Fernando Palamandadige le tient de son père, sculpteur sur bois au Sri Lanka. À 14 ans, il vient à bout de sa première sculpture dont il s'est lancé par loisir et qui est très vite rejointe par d'autres. À Maurice, où il a immigré depuis 15 ans, il a passé des années à l'ombre d'une usine textile, à Flacq, avant de reprendre ses outils pour se consacrer exclusivement à sa passion. Une passion qui, par la suite, est devenue un métier.


Célébration à Paris et à Bruxelles

Malcolm de Chazal revisité

Autobiographie spirituelle et Moïse, deux publications récentes de Malcolm de Chazal chez l'Harmattan donneront lieu à une présentation signée et animée par Robert Furlong à Paris et à Bruxelles. Malcolm de Chazal revisité: c'est le titre d'une soirée spéciale organisée le lundi 10 novembre par le Théâtre du Lucernaire à Paris pour marquer le lancement des deux ouvrages mentionnés. Ce sera ensuite le Théâtre-Poème à Bruxelles qui accueillera cette manifestation.

Au programme: la présentation d'un échantillon de documentaires réalisés sur un texte de Furlong par le Mauritius College of the Air sous le titre Malcolm de Chazal, ce Mauricien de génie. La soirée Chazal comprendra aussi des lectures d'extraits des textes du poète mauricien par la compagnie londonienne Echange Theatre et un débat avec le public.

Cet hommage en Europe à Malcolm vient donner à la littérature mauricienne un relief nouveau et présente Maurice comme un pôle de contribution à la pensée universelle.

L'Echange Theatre de Londres est une compagnie de théâtre dirigée par les comédiens Fanny Dulin et David Furlong, dont la spécificité est de faire découvrir au public anglais les grands morceaux du répertoire théâtral français. Leur dernière productionn, jouée au Camden People's Theatre, consistait en une mise en scène des Mouches de Jean-Paul Sartre jouée pour la première fois en anglais sous le titre The Flies avec, sur scène, le groupe de hard rock mauricien, Riot in heaven.

10 novembre 2008 à 20h - Entrée libre - Théâtre du Lucernaire, 53 rue Notre Dame des Champs 75006 Paris. Le Théâtre-Poème, 30 rue d'Ecosse, 1060, Bruxelles.


Collectionneur

Sa passion des pièces rares

Pièces de monnaies présentées sous différentes formes (carré, dentelé), billets de banque rarissime, timbres de différentes époques, objets en cuivre dont certains datent du 19e siècle, dents de cachalots: ce sont là les pièces maîtresses d'une collection privée que conserve précieusement Roland Ng Fok-Sue, un habitant de Camp-le-Vieux, Rose-Hill. La passion de collectionner des pièces de monnaie anciennes ou des timbres - témoins de l'histoire d'un pays, de véritables documents historiques où l'on peut en tirer des informations économiques, mais aussi politiques, historiques - l'habite depuis qu'il est tout jeune. Aujourd'hui, il dispose d'une collection d'une série de timbres commémoratifs de Maurice et d'une centaine de pièces de monnaie.

Cet homme, âgé de 49 ans, a pu constituer une telle collection, d'une part, grâce à ses bonnes relations avec ses amis et membres de la famille et, d'autre part, en les achetant. Un investissement qui, dit-il, n'est pas à but lucratif, mais un loisir.

Bien que certaines pièces de monnaies ont connu certains stigmates du temps (légère usure, quelques rayures infimes) celles-ci ainsi que les timbres et billets de sa collection sont présentées dans un excellent état de conservation. Chaque monnaie, chaque timbre sont répertoriés et classés dans un classeur. La meilleure façon d'augmenter sa collection

est de procéder à des échanges avec d'autres collectionneurs. "J'ai des doubles que je souhaiterais échanger avec d'autres personnes", déclare Roland Ng Fok-Sue, qui se dit à la recherche de spécimens encore plus rares.

Contact : 796 97 83


Coiffure - Défilé de création

Oser l'extravagance

La collection coloration printemps-été de L'Oréal, spécialiste de la beauté et du soin du cheveu a été dévoilé samedi dernier à l'hôtel Maritim, Pte-aux-Piments. Réalisations uniques inspirées des dernières tendances et alliées au savoir-faire professionnel...

Conçue sur le thème "Extravaganza", cette soirée donné la possibilité aux invités à entrer dans l'univers fantaisiste et coloré des arts vivants. L'Oréal Professionnel a mis tout en œuvre pour valoriser la profession en donnant l'occasion aux 15 coiffeurs de différents salons ayant suivis une formation de L'Oréal Professionnel de révéler leur talent. Ces derniers ont présenté "Marron chic" et "Folie d'or", des thèmes en rapport avec la collection coloration l'Oréal "Extravaganza". Le blond et le marron sont sans conteste les nuances vedettes de cette saison. A suivi ensuite la présentation de la ligne "Extravaganza" avec 3 versions (coupe courte, coupe longue, coupe ballon) par Nathalie Guichard, l'unique formatrice dans la zone océan Indien. Les coiffures de la ligne "Extravaganza" ont été présentées par les mannequins de l'Agence Haseena. Le maquillage était assuré par Rita Teck Young d'Espace beauté.


Cuisine

Chocolat: Oubliez le classique!

Ah, si seulement nos papilles étaient moins farouches et se laissaient séduire par du chocolat dans tout ses états! Elles en seraient conquises! Voyons, que diriez-vous d'un délice où le chocolat s'allierait subtilement aux épices? Le chocolatier français, Vincent Feuvrier, lui, serait ravi de donner forme à cette alchimie. Dans son atelier,Theobroma, à Floreal, l'artisan pâtissier/chocolatier et son équipe réalisent les plus grands classiques qui enchantent les plus gourmands et gourmets depuis huit ans. Mais de là à convaincre plus d'un que le chocolat n'est pas un produit hermétique et peut se prêter à différentes fantaisies ou encore se retrouver en cuisine… est une tâche ardue. Il faut reconnaître que nos papilles tropicales sont plutôt classiques! Pour le sympathique chocolatier de Floréal, composer avec nos habitudes n'a pas été difficile. Même s'il aurait préféré nous introduire à d'autres originalités. Grand passionné, il décrit le chocolat noir, son préféré, comme une matière brute capricieuse, mais malléable, se laissant sculpter au gré de ses feelings. En attendant de vous laisser convaincre par du chocolat relevé, Vincent Feuvrier vous propose de commencer par une recette classique, pour ensuite continuer avec les variantes (plus loin).

Tartelettes au chocolat

Ingrédients: Pour la pâte sucrée. 150 g de farine, 75 g de beurre pommade, 75 g de sucre glace et 2 jaunes d'oeufs. Pour la ganache. 110 g de crème liquide, 150 g de chocolat noir, 1/2 gousse de vanille

Méthode: Commencez par préparer la pâte. Dix minutes avant la cuisson, préchauffez le four. Mélangez la farine tamisée, le beurre et le sucre glace. Lorsque tous les ingrédients se sont incorporés, ajoutez les deux jaunes d'oeufs. Ne pétrissez pas la pâte! Lorsque le mélange est homogène, abaissez la pâte et découpez en cercle. Etalez les cercles sur de petites moules et chemisez-les. Placez du papier cuisson sur le fond. Mettez des grains secs sur le papier, ce qui empêchera la pâte de monter durant la cuisson. Enfournez, à 180°C, pendant dix minutes. Démoulez et Réservez.

Préparez la ganache. Concassez finement le chocolat et réservez dans un saladier. Fendez la gousse de vanille dans le sens de la longueur. A l'aide du dos de la lame d'un couteau, relevez la pulpe. Versez la crème liquide dans une casserole. Ajoutez la vanille. Portez la crème à ébullition. Retirez du feu. Versez la crème sur le chocolat. Mélangez continuellement à l'aide d'un fouet, jusqu'à ce que le mélange soit bien homogène. Versez la ganache chaude sur le fond de pâte cuite. Dressez sur une assiette. Vous pouvez accompagner cette tartelette d'une boule de glace à la vanille.


Osez les Variantes!

Pour agrémenter vos tartes et, ci-dessous, des variantes qui ne peuvent qu'épater!

- Ajoutez une pointe de fleur de sel à votre ganache. Il ne s'agit pas ici de "gros sel" ou de sel fin. Trop puissants, les cristaux du gros sel seront désagréables en bouche. Tandis que la fleur de sel salerait la ganache dans son ensemble. La fleur de sel offre des éclats délicats qui disparaissent, aussitôt, sur la langue "ne laissant ainsi que le souvenir d'une étincelle". Pour cette version, utilisez jun chocolat fort en cacao.

-Ajoutez des morceaux finement hachés de gingembres confits au sucre, à la ganache.

-Remplacez le chocolat noir par du chocolat au lait et faites infuser une cuillère à café de thé "earlgrey" dans la crème liquide chaude.

-Enfin, pour décorer vos tartelettes, les feuilles d'or (alimentaires) en mettront plein la vue!

Amateurs de cuisine

Vous êtes passionnés de cuisine? Partagez vos recettes avec nous. Contactez-nous au téléphone: 2078200 ou 2078286 ou par e-mail: cuisinesunlights@lemauricien.com

Boîtes à questions

Vous souhaiteriez connaître des astuces pour améliorer vos recettes préférées? Vous avez des questions sur la pâtisserie? Faites-nous parvenir toutes vos questions au téléphone: 2078200 ou 2078286 ou par e-mail:cuisinesunlights@lemauricien.com. Week-End Sunlights vous répondra avec le concours du chef Feizal Chaumoo de Bake Master QSC

La réponse du chef

Mélanie Eléonore: "Comment réussir une crème au beurre?"

-A Maurice, ce qu'on appelle la crème au beurre est en fait le nappage classique utilisé pour décorer les gâteaux d'anniversaire et surtout le fameux gâteau Marie.

Pour 100 g de beurre (à température ambiante), utilisez 100 g de sucre glace(icing sugar) et une cuil. à soupe de jus de citron.

Mélangez et battez le tout avec une cuillère en bois ou un batteur électrique. Pour obtenir une crème blanche, choisissez un beurre (le White Creaming) spécialement conçu pour ce genre de nappage et disponible chez les revendeurs spécialisés.


Portrait

Sanjiv Mihdidin, le Mr Property de Rogers

Sanjiv Midhdidin est le responsable de la gestion et du développement des actifs immobiliers de Rogers sous le label Foresite, lancé le mois dernier. Voici le portrait du Managing Director de cette nouvelle entité appelée à devenir un des piliers du groupe Rogers.

Après ses études au collège Royal de Curepipe, cet habitué des premières places en classe entre à l'université de Maurice pour faire son "first degree" d'ingénieur. Une fois son diplôme en poche, il obtient une bourse d'études de l'université de Newcastle où il va faire un MSC en environnement. Rentré à Maurice en 1994, il va travailler pendant huit ans comme ingénieur conseil avant de reprendre, en part time, le chemin de l'université pour passer un MBA en Finances et en gestion. Pourquoi ne pas avoir passé les trois diplômes les uns après les autres, comme on le fait généralement pour séparer le temps des études de celui du travail ? "Je ne crois pas qu'il y ait un temps pour les études et un autre pour le travail. L'éducation est un processus permanent. Je pense qu'il faut savoir alterner études et travail, apprendre la théorie, puis la mettre en pratique et accumuler une expérience professionnelle entre un degré et un MBA. C'est après avoir acquis de l'expérience sur le terrain que je me suis rendu compte que je n'avais pas suffisamment de connaissance en finances et en gestion, ce qui m'a fait retourner à l'université de Maurice." Il termine son diplôme en 2002 et se joint au Sugar Investment Trust qui, sous la direction de Joyti Jeetun, lance alors la première grande opération de démocratisation des terres à Maurice. "J'ai passé deux années passionnantes à la SIT et je me souviens encore du morcellement de Wootoon dont tous les lots réservés aux petits actionnaires de l'industrie sucrière furent vendus en quelques heures." Deux ans plus tard, à l'expiration de son contrat avec la SIT, Sanjiv se retrouve face à trois possibilités professionnelles : ouvrir son propre business; accepter une bourse de l'Imperial College de Londres pour aller faire un PHD ou entrer chez Rogers pour faire de la section proprety un véritable département. Pourquoi ne pas avoir continué avec la SIT ? "Parce que je voulais faire autre chose de plus grand. Je voulais changer de job pour aller voir ailleurs. Les jeunes cadres mauriciens fonctionnent différemment de leurs aînés, ont un nouveau mind set. Autrefois "the first job was the lifetime job". Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les gens - tout au moins ceux que je côtoie - bougent professionnellement, ont une ouverture d'esprit, sont prêts à prendre des risques pour faire avancer les choses. En quatorze ans de vie professionnelle, j'ai travaillé dans trois jobs, autrefois on aurait dit que j'étais instable. Aujourd'hui, c'est normal." C'est donc après mûre réflexion que Sanjiv décide en 2004 de refuser la bourse de l'Imperial College pour accepter la proposition de Rogers. "J'ai fait ce choix à la fois pour des raisons familiales et professionnelles. Mon épouse était enceinte, ce qui rendait un séjour à Londres compliqué et puis j'avais déjà décidé en 1994 que mon avenir professionnel se passerait à Maurice. Je fais partie de ceux qui croient qu'ils doivent revenir au pays après les études et participer à la création de son avenir. Je ne regrette pas mon choix." Il n'a aucune raison de le faire surtout depuis le lancement de Foresite.

Quand il rentre chez Rogers, la section responsable de la gestion des actifs immobiliers du groupe n'est composée que de trois personnes. "Au fil des années et des projets, Rogers avait constitué un portefeuille immobilier allant de centres commerciaux, comme les bâtiments abritant les deux Jumbos et des parcs industriels, des immeubles ou des portions de terre. En 2004, le paysage immobilier a changé avec l'amendement du landlord and tenant act, les nouvelles donnes créées avec les changements fondamentaux au niveau de l'industrie sucrière et la création des IRS. Le contexte environnemental de l'immobilier à Maurice depuis ces dernières années est une motivation pour avancer. Avant 2004, le portefeuille immobilier de Rogers était une collection de timbres que l'on sortait de temps à autre de l'album pour les admirer sans les exploiter à leur juste valeur. A partir de 2004, on a décidé d'optimiser la gestion de ce portefeuille qui a un fort potentiel de développement et dont la valeur dépasse largement les Rs 2.5 milliards." L'une des illustrations de la nouvelle politique immobilière du groupe est visible au Rogers House - que l'on appela le premier gratte-ciel de Port Louis à l'époque de sa construction ! Avec un réaménagement de l'espace intérieur, un comblage des jardins extérieurs pour la construction d'une terrasse, aujourd'hui occupée par un restaurant donnant sur une des principales rue de la capitale, le vénérable bâtiment bénéficie d'un look ultra moderne. Mais le travail de Sanjiv Mehdidin ne consiste pas seulement à faire du relookage immobilier. "La petite équipe de trois personnes s'est agrandie, enrichie pour atteindre aujourd'hui le nombre de quinze. Nous nous sommes tout d'abord focalisés sur la gestion de nos actifs pour faire du "property management" et avons mis en place un outil informatique adapté pour revoir l'utilisation de nos propriétés. De la gestion, nous sommes passés à la création de Foresite, qui va nous permettre d'aller vers le développement de nouveaux projets à partir de nos actifs avec, si le besoin se fait sentir, la collaboration d'autres développeurs. Nous sommes en train de constituer cette équipe de développement et réfléchissons sur un formule qui sera présentée l'année prochaine. Par ailleurs, nous allons bientôt lancer un "property fund", constitué de nos actifs immobiliers, qui sera côté en bourse et permettra à ceux que cela intéresse d'acheter des actions." Pour son Managing Director, Foresite est appelé à devenir un des piliers des activités de Rogers avec le tourisme, la logistique et les services financiers. Qu'en est-il de la concurrence dans cette île Maurice qui, avec les IRS et autres morcellements, semble atteinte d'une fièvre de l'immobilier ? "La concurrence est nécessaire: elle fouette le sang et met la pression nécessaire pour faire avancer. Il faut de la concurrence pour créer l'innovation et proposer des produits et des services meilleurs que ceux des autres. Sans concurrence, on tombe dans la morosité." Et l'avenir de Maurice au milieu de cette crise économique mondiale qui oblige les bourses à jouer au yo-yo ? "La crise économique fait de l'immobilier une valeur sûre. D'autant plus qu'il a été identifié comme étant un des principaux secteurs de développement dans le contexte post-sucre et post- textile. On l'a vu avec les IRS, on commence à le voir avec les bâtiments de plus en plus modernes qui sont construits, à la cybercité, par exemple. Même si le contexte économique est difficile pour le moment, j'ai foi dans l'avenir de Maurice. Je crois que nous avons les moyens de faire de Maurice un beau pays où il fait bon vivre avec un plan de développement immobilier mûrement réfléchi et surtout respecté. Rendre Maurice belle en respectant l'environnement, je crois que c'est possible."


Collectionneur

Sa passion des pièces rares

Pièces de monnaies présentées sous différentes formes (carré, dentelé), billets de banque rarissime, timbres de différentes époques, objets en cuivre dont certains datent du 19e siècle, dents de cachalots: ce sont là les pièces maîtresses d'une collection privée que conserve précieusement Roland Ng Fok-Sue, un habitant de Camp-le-Vieux, Rose-Hill. La passion de collectionner des pièces de monnaie anciennes ou des timbres - témoins de l'histoire d'un pays, de véritables documents historiques où l'on peut en tirer des informations économiques, mais aussi politiques, historiques - l'habite depuis qu'il est tout jeune. Aujourd'hui, il dispose d'une collection d'une série de timbres commémoratifs de Maurice et d'une centaine de pièces de monnaie.

Cet homme, âgé de 49 ans, a pu constituer une telle collection, d'une part, grâce à ses bonnes relations avec ses amis et membres de la famille et, d'autre part, en les achetant. Un investissement qui, dit-il, n'est pas à but lucratif, mais un loisir.

Bien que certaines pièces de monnaies ont connu certains stigmates du temps (légère usure, quelques rayures infimes) celles-ci ainsi que les timbres et billets de sa collection sont présentées dans un excellent état de conservation. Chaque monnaie, chaque timbre sont répertoriés et classés dans un classeur. La meilleure façon d'augmenter sa collection

est de procéder à des échanges avec d'autres collectionneurs. "J'ai des doubles que je souhaiterais échanger avec d'autres personnes", déclare Roland Ng Fok-Sue, qui se dit à la recherche de spécimens encore plus rares.

Contact : 796 97 83


Livres

Unravelling the Thread - The Gujadhurs of Mauritius

par Leela Gujadhur Sarup

Le livre Unravelling the Thread - The Gujadhurs of Mauritius a été lancé par le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, mercredi dernier, à l'auditorium Octave Wiéhé, à Réduit, en la présence de son auteure, Leela Gujadhur Sarup, historienne et chercheur, et son préfacier, Jean-Claude de l'Estrac, directeur exécutif de La Sentinelle. Le livre comble un vide qui devait l'être depuis longtemps déjà, celui de conter l'histoire d'une des familles indo-mauriciennes parmi les plus notables de l'île, les Gujadhur qui, comme de nombreux Mauriciens venus de l'Inde dans le sillage de l'importation de la main-d'œuvre agricole indienne initiée en 1834, comptent plus d'un siècle et demi de présence sur le sol mauricien.

Le livre sera disponible en librairie en décembre, à Rs 650 l'exemplaire. Ce grand format, abondamment luxueusement illustré, répond, selon l'auteure, qui a tout à fait raison de le dire, à un profond besoin de faire connaître la fabuleuse histoire de la famille Gujadhur : " As emigrants and their first descendants, the story of my family need to be told - especially so as it played great role in the socio-economy scenario of the island of Mauritius. I think it is a good idea to let people in Mauritius and erstwhile colonies of the world know this story, which cannot be written off in the history of Mauritius."

"Colonial Emigration 19th-20th Centuries"- 2e volet d'une trilogie

L'occasion se prêtait bien pour le lancement du deuxième volet d'une trilogie, qui porte également la signature de Leela Gujadhur Sarup, sur l'immigration indienne pratiquée sous l'administration coloniale britannique. Ce volet, en deux volumes, a été présenté par le professeur Indur Fagoonee, Vice-Chancelier de l'Université de Maurice.

"Colonial Emigration 19th-20th Centuries" est le fruit d'un minutieux travail de recherche effectué depuis plusieurs années au niveau des archives rendant compte de l'immigration du port de Calcutta aux colonies britanniques et étrangères. L'auteure a étudié à cet effet trois sources documentaires - la législation coloniale, les Colonial Emigration Acts (1837-1932) ; les rapports annuels ainsi que les débats y relatif.

Les publications faisant partie de cette trilogie, réparties en volumes de 400 à 750 pages, sont en vente à Rs 5 000 l'exemplaire. Des travaux d'archives qui en valent le coût, et faciliteront l'accès à la matière première indispensable à toute recherche digne de ce nom. Contactez le 250-0090 ou le 253-8380.

B.Burrun


Mode orientale

Célébrer Divali avec élégance

Ce mardi, la communauté hindoue célèbrera Divali, fête de la lumière marquant le début du nouvel an. Outre la préparation de succulents gâteaux, des vêtements neufs sont achetés à l'occasion des festivités. Des vêtements signifiant la rupture avec le passé et le début d'une nouvelle période plus prospère. Cette année, outre le sari qui a préservé son élégance, d'autres tenues traditionnelles indiennes sont présentées dans des couleurs sombres. La nouvelle collection est présentée par le model pakistanais Adnan Mir et Nitisha Ramkhelawon qui, elle, a voulu se livrer au jeu. Lumière sur des lignes modernes où l'on change de couleur comme on change d'humeur...

Sari, sherwani, salwaar-kameez, churidar, kurta, tunique, tenues européennes inspirées du sari complètent avec sandales et nu-pieds, l'allure élégantisme des tenues traditionnelles indiennes. Outre l'indémodable blanc, cette année les couleurs sont foncées. Chez M.Tulsidas, une éclatante palette de marron, rouille, bleu, noir ou couleur oignon accessoirisée de paillettes sur fond de coton "handloom", de soie sauvage ou en georgette est proposée.

S'inscrivant dans la mouvance "Bollywood", les tenues traditionnelles indiennes se veulent élégantes pour la fête de la lumière et peuvent être portées sans avoir l'air de sortir d'un palais arabe. Aux tonalités fortes, les saris épousent les formes et suggèrent une beauté sereine. La beauté et la grâce incomparables des saris en ont fait le vêtement favori des femmes les plus élégantes. Décliné dans une multitude de matières et de couleurs, le sari est vêtu de diverses façons. Il peut être assorti avec un bra ou un choli décolleté ou sans manches. Le sharara, tandem top dénudé et jupe longue est porté à son comble avec des variations diverses et des matières bien choisies. Une collection séduisante dans l'air du temps. Quant aux broderies faites à la main et aux "glasswork", elles viennent égayer les motifs. Le churi (pantalon porté avec le churidar) froissé est de nouveau dans les tendances actuelles. Il est accompagné d'un churidar et d'un dupatta (châle).

Chez les hommes, différents styles existent pour le kurta, kameez ou sherwani au "col Nehru". Présentés dans du "aari work" (broderie de fil) et assortis avec un pajama (pantalon), un "dupatta'' et un kolapuri champal (savattes en cuir) ou un mojri (babouche) ou encore un afghani turban, ils sont devenus des indispensables de la mode indienne. Unis, rayures, broderies en fil, motifs: il en existe pour tous les goûts. D'autres tenues, véritables modèles de métissage font aussi le bonheur de toutes celles qui souhaitent ajouter une touche de mode occidentale à leur tenue. C'est ce que propose "Only Sugar". Cette boutique sise au Dias Pier, Caudan Waterfront propose, entre autres des kurtas accessoirisés de paillettes. La particularité de la culture indienne se ressent jusque dans les bijoux. "Only Sugar" suggère les sacs paillettés pour marier parfaitement au style décontracté, aux soirées ainsi qu'aux sorties quotidiennes. Les tenues choisies pour le Divali peuvent aussi être accompagnées de bracelets indiens assortis de boucles d'oreilles ainsi que d'autres accessoires dont des savattes.


Tenues traditionnelles indiennes

Les Kameez (longues tuniques) ont une version plus courte appelée Kurta qui sont parfaitement adaptées à la mode occidentale. Différents styles existent pour ces tuniques ou kurtas qu'on retrouve chez M.Tulsidas ou chez Only Sugar. Le Salwar kameez est composé de 3 éléments : un pantalon : le salwar; une tunique : le kameez qui se porte long ou court; un foulard : le dupatta. Le salwar, large, s'attache à la taille et se resserre aux chevilles. Avec le salwar, les femmes portent le kameez. Elles optent parfois la mode des suits-pants avec le Kameez ou les Kurtas sur le jean.

Le Churidar ressemble quelque peu au salwar mais il est beaucoup plus serré. Les femmes portent également avec le salwar ou le churidar le kurta (une tunique longue avec ou sans col).

Le Lengha est composé d'une longue jupe et d'un choli ou alors une tunique longue.

Le Sherwani est principalement porté lors de grandes occasions. Il est composé d'un long manteau boutonné avec un col appelé "Nehru". Le Sherwani se porte parfois avec le Duppata et Pajama

Le Kurta Churidar est un ensemble composé d'un pantalon et d'un haut appelé kurta. Le Churidar traditionnel est attaché avec un noeud (Nala) à la taille. Les nouvelles tendances veulent qu'il soit muni d'un élastique à la place du noeud. La particularité de cette tenue est que les extrémités sont froissées. Le churidar s'accompagne d'un Kurta, tunique sans col s'arrêtant aux genoux.

Le Kurta Pajama est comme le Kurta Churidar avec la seule différence que le pantalon est large.

Le sari. Quand on parle de la mode indienne on pense forcément aux saris; Vêtement traditionnel qui fait partie des rares vêtements à avoir traversé plusieurs milliers d'années. Il est porté par dessus un jupon appelé petticoat et un haut, le choli qui évolue de façon très différente avec ou sans manches, en coton ou en soie.


Atif Aslam: entre satisfaction et déception

Une grosse foule, toutes générations confondues, avait pris d'assaut La Citadelle, samedi dernier, pour écouter la rockstar pakistanaise, Atif Aslam. Ce qui a fait le bonheur des nombreux spectateurs, c'était ces moments de communion avec le crooner et cela a fait chaud au cœur malgré plusieurs faiblesses au niveau de l'organisation. La rock star a été à la hauteur de sa réputation. Il a tout donné dans un déchaînement de rythmes sonores. Ils ont été nombreux à se laisser griser par la superbe voix de ce timbre dru et sa façon d'étirer les notes jusqu'aux limites. Il donne à chaque mot, son poids de charme et d'émotions. Il chante sans préciosité. Simplement, naturellement. Au début du concert, Atif Aslam lance une invitation endiablée à danser, frappe dans les mains, puis languit son rythme, le temps d'une pensive chanson d'amour. A travers ce concert, Atif Askam a révélé un talent aussi divers que multiple. Il nous a émerveillé dans les chansons d'amour comme Pehli Nazar, Kuch Is Tarah et Hum Kis Galli. Etonnés avec ses propres compositions comme Ehsaas et Doorie et il sait donner une personnalité aux standards les plus connus comme Ba Khudah et Kismat Konnection. Son répertoire surprendra par son intimité, sa chaleur, cette douce émotion distillée au gré de la nuit. La puissance du souffle et la virtuosité de Doorie ont provoqué l'hystérie. Il suffit de voir la ferveur de ses fans lorsqu'il est descendu parmi la foule. Dreams Entertainment Ltd, l'organisateur de ce concert doit être salué pour cette initiative. Toutefois, il y a plusieurs points noirs au tableau. Le fait d'ouvrir une seule entrée pour les différentes catégories aurait pu avoir des conséquences graves avec des bousculades. D'autres auraient pu s'écraser contre les barrières de sécurité. Et comme il n'était pas donné à tout le monde de se procurer d'une place VIP à Rs 1 500, ceux se trouvant au fond ont été contraints à faire beaucoup d'effort pour avoir une meilleure visibilité de la scène placée trop bas. La musique devenait, par moments, assourdissante. Cela devait complètement couvrir la voix sublime du chanteur. Malgré ces faiblesses déjà mentionnées, le concert a été un succès et ce n'est pas peu dire?


Le 18 décembre au Stade Anjalay

Sonu Nigam chez nous

Après Atif Aslam, Sonu Nigam, l'autre grande vedette de la Grande Péninsule sera chez nous le 18 décembre prochain pour se produire au Stade Anjalay, Belle-Vue. La venue du chanteur indien est une initiative de Xpert Logistic Entertainment. L'interprète de Suraj Hua Madham, Main houn naa qui a la particularité de charmer les foules n'est pas à son premier concert chez nous. En effet, en 2000, il avait donné un concert au Stade de Rose-Hill et en 2005 au Stade Anjalay. Par ailleurs, les prix des billets pour ce concert qui débutera à 20h seront connus au courant de cette semaine.


Vendredi soir au SVICC, Pailles

Raphaël sur scène, ça en valait le détour

Deuxième passage réussi pour Raphaël. Deux ans après avoir présenté Caravane, l'artiste français adulé par le public mauricien, est revenu pour enchanter de nouveau ses fans avec son dernier album Je sais que la Terre est plate. Inoubliables instants qui font découvrir Raphaël plus ardent que jamais.

Dès qu'il monte sur scène, les cris s'élèvent et le public ne manque pas de lui manifester son amour avec des "Raphaël je t'aime". Avec Je sais que la terre est plate, il emmène le public qui ne cesse de l'acclamer dans son monde riche de voyages et de nostalgie grâce à des mélodies, mélange de pop et de sensibilité. Guitare en main, harmonica à la bouche, micro aux lèvres... Il enchaîne avec d'autres mélodies dont Le vent de l'hiver, une délicieuse ballade tzigane tourbillonnante. Avec Schengen, titre issu de son précédent album, Raphaël évoque l'exil des sans-papiers. Ne partons pas fâchés, Dans 150 ans, puis Adieu Haïti, son nouveau morceau aux accents reggae, le chanteur convie son public à découvrir l'île d'Haïti.

Au Centre Swami Vivekananda vendredi soir, il a offert une dizaine de morceaux toujours marqués par les thèmes chers à l'artiste, comme l'exil géographique ou les déceptions sentimentales. Entouré de cinq musiciens, il n'a pas oublié de chanter de vieux morceaux comme Comme un homme à la mer.

Le public a eu la joie d'assister à plus d'une heure d'envoûtement. Et La caravane pour une fin de concert en osmose avec son public.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 26 octobre 2008