RAM !
Avec un prénom pareil, on peut dire que Ram Ruhee était
prédestiné pour devenir un de ces dieux du stade,
incarnés par Zeus Philios, dieu de l'amitié, et
Hermès, divinité de la jeunesse, chez les Grecs.
Ceux-là mêmes qui ont inventé l'Olympisme,
d'où les Jeux Olympiques.
Ram Ruhee a fait partie de ce trio emblématique, qui comprenait,
entre autres, feu Jean-Roland Delaître et Chintamun Rambocus,
et qui a régné, pendant des décennies, sur
l'univers sportif mauricien. Tous les trois, taillés dans
un seul bloc, ont travaillé pour l'avancement du sport
mauricien, chacun à son poste, en des occasions diverses,
sur les plans locaux et internationaux.
Mais, Ram Ruhee, aura été, sans aucun doute, celui
a ramené plus de lauriers à la République
mauricienne, que dis-je, bien avant que Maurice ne devienne une
République, bien avant que Maurice ne devienne une Nation
indépendante... C'est dire le parcours marathonien qu'il
a accompli pour inscrire Maurice au fronton du temple où
se déroulaient les fêtes sportives, où il
s'agissait de fêter la rencontre sublime de la sympathie
et de l'amitié.
Un jour, quand j'étais tout jeune, ma mère adoptive,
plus connue comme Miss Thérèse, en lisant le quotidien
de l'après-midi, le vénéré Le Mauricien,
m'appelle et me montre un article où l'on parlait de Ram
Ruhee. Elle me dit ceci :"Tu vois ce monsieur, il a été
mon élève à l'école primaire de Flacq.
Un jour, je l'avais "corrigé" parce qu'il n'avait
pas les devoirs que j'avais imposés à mes élèves.
Rentrant chez lui, il en avait fait part, à sa maman, de
la correction que je lui avais infligée. Le lendemain,
sa maman l'accompagna à l'école et me demanda pourquoi
je l'avais "corrigé". Je lui ai répondu
que c'était parce que le petit n'avait pas fait ses devoirs.
Et tu sais ce que la maman de Ram m'a dit :'Miss, mo donne
ou la permission kontinié korize li..."
J'ai demandé à ma mère combien de fois après
l'aviez-vous "corrigé" ? Et sa réponse
fut :"Je n'ai plus jamais "corrigé" Ram
parce qu'il était devenu entretemps un bon élève.
Et, aujourd'hui, quand je vois que la presse parle de lui, je
suis fière de ce petit Ram..."
Cette anecdote peut faire sourire aujourd'hui, mais, en ce temps-là,
et même de mon temps, l'éducation visait à
l'accomplissement de nos futurs décideurs. Ces jeunes des
villages, "coming from nowhere", grâce aux efforts
de nos éducateurs, ont su leur donner les outils qui ont
fait d'eux des citoyens. Le premier d'entre eux a été,
sans conteste, Seewoosagur Ramgoolam, qui, de sa Belle-Rive natale,
a fréquenté une des plus prestigieuses institutions
secondaires du pays, en son temps, avant des études en
médecine, pour finir élu au fauteuil mairal de Port-Louis,
puis ministre, enfin Premier ministre...
Ram Ruhee s'est fait une réputation à la force de
ses convictions. Il avait compris, très jeune, que sur
le terrain sportif se retrouvent des êtres que la vie sociale
sépare. Il avait compris, de par les multiples fonctions
qu'il a occupées, que le sport n'était autre qu'une
manière de collaborer, d'aplanir les différences,
de gommer les disparités, afin que les êtres communient
dans une même passion.
C'est cette passion-là qui a permis à Ram de labourer
les coeurs de nos sportifs, comme une métamorphose du corps
humain en une poésie de l'amour, Ram était fait
d'un autre métal: d'Or de préférence...
Devi, Rubina et Raj ont, certainement, vécu son engagement,
son abnégation et sa fraternité. C'est pourquoi
nous pleurons, aujourd'hui, Ram. Dieu de l'Olympe mauricien !
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 26 octobre 2008
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