a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 26 octobre 2008



  Judiciaire - Law and Order : Pouvoirs accrus aux magistrats
  Heure d'été à partir d'aujourd'hui - Si vous avez oublié, à vos montres!
  Souveraineté - Chagos : "Maurice n'a jamais reconnu le BIOT"
  Dossier Chagos - Paul Bérenger : "Il faut porter l'affaire devant la Cour criminelle internationale"
  Jugement des "law lords" et souveraineté mauricienne sur les Chagos - Joe Lesjongard, président du MSM: "Que le gouvernement entame, avec urgence, des pourparlers sérieux avec Londres"
  Comité Social Chagossiens - "Unissons-nous derrière le quadricolore "
  Prévisions météorologiques été 2008-09 - Saison cyclonique relativement normale
  Profil - Saleem Currimjee


Judiciaire

Law and Order : Pouvoirs accrus aux magistrats

Face à la dégradation de la situation du law and order, traduite par un nombre croissant de délits d'agression et de vol avec violence aussi bien que des dérives au niveau des mœurs sexuelles, l'Assemblée nationale sera saisie, à la reprise le 11 novembre, d'une série d'amendements renforçant de manière substantielle les "sentencing powers" des magistrats, que ce soit au niveau de la cour intermédiaire ou encore des tribunaux et des districts.

Le "Judicial Provisions Bill", piloté par l'Attorney General, Rama Valayden, a été entériné lors des délibérations du conseil des ministres de vendredi dernier. Avec l'adoption prochaine de ce texte de loi, la juridiction des cours de district et de la cour intermédiaire sera étendue, les magistrats concernés ayant des pouvoirs accrus et renforcés. La décision a également été prise en vue de revoir à la hausse les peines maximales pour une série de délits allant des cas de "larceny with or without offensive weapons" en passant par des cas d'agression et des délits sexuels ou encore des abus avec des enfants pour victimes.

La note explicative de ce projet de loi définit deux principaux objectifs à cette initiative du gouvernement, soit "to provide for heavier penalties for certain offences and increase the sentencing jurisdiction of the District Courts and the Intermediate Court" et également abolir les "fixed sentences" et autres "mandatory sentences" tout en rétablissant la "sentencing discretion" des magistrats. Le précédent exercice de ce genre avait été entrepris en 1999 avec l'adoption du Judicial Provisions Act.

L'une des conséquences majeures de ces amendements concerne la jurisdiction de la cour intermédiaire et des cours de district. Ainsi, la section 113 du Courts Act est amendée pour permettre aux magistrats siégeant en cour intermédiaire d'imposer des peines d'emprisonnement d'un maximum de 15 ans au lieu de dix ans comme c'est le cas actuellement. Des condamnations allant jusqu'à 20 ans de prison seront aussi possibles dans des cas de "persistent offender". La juridiction des cours de district est également revue à la hausse avec la possibilité de prononcer des peines d'emprisonnement de cinq ans au lieu des deux ans actuellement et des amendes allant jusqu'à Rs 100 000 au lieu des Rs 10 000 du jour.

Des amendements ont également été portés au Criminal Code en vue d'autoriser que "the maximum term of penal servitude which a Court may inflict where no specific penalty is provided, is increased from 30 years to 40 years". Par ailleurs, la discrétion sera accordée aux magistrats d'imposer "a sentence of life or, where compelling reasons exist, a sentence for a term not exceeding 60 years" dans cette nouvelle étape pour le rétablissement de la situation du law and order dans le pays.

Par ailleurs, le principe permettant la déduction de la période de détention provisoire de la condamnation formelle sera intégré au Judicial Provisions Bill à être débattu à l'Assemblée nationale. Des amendements en ce sens sont proposés à la clause 135 du Criminal Procedure Act en prévoyant que "the period spent on remand by a convicted person prior to the trial will also be taken into account by the Court when inflicting a sentence of imprisonement".

Dans le même souffle, le gouvernement a pris la décision d'éliminer l'expression "hard labour" du jargon du judiciaire avec l'abrogation annoncée de la clause 152 du Criminal Procedure Act. Une des raisons justifiant cette démarche est qu'il n'existe aucune différence dans le traitement des prisonniers condamnés aux travaux forcés et ceux des autres catégories lors de la période d'incarcération.

Le Judicial Provisions Bill revoit à la hausse les peines d'emprisonnement pour un chapelet de délits criminels avec des fois le double de ce qui est prévu actuellement, soit :

- des peines de 20 ans de prison au lieu de dix pour le délit de "harbouring armed band" ;

- de dix ans au lieu de cinq et d'une amende maximale de Rs 150 000 pour le délit de "torture by official" ;

- de 20 ans de prison au lieu de dix pour le délit de "forgery of private writing" ;

- de cinq ans de prison au lieu de deux pour le délit de "taking part in an unlawful assembly" ;

- de six ans d'emprisonnement au lieu de trois pour le délit d'"assault against a member of the Assembly or judicial officer" ;

- de dix ans au lieu de cinq pour le crime de "aiding prisoner charged with crime" ;

- de 20 ans au lieu de dix pour des délits d'"assault with aggravating circumstances" ;

- de 5 ans de prison au lieu de six mois pour le délit de "dealing in offensive weapon" ;

- de 40 ans au lieu de 20 pour les accusations de "rape, attempt upon chastity and illegal sexual intercourse" sous la section 249 (1A) (a) et (b) du Criminal Code ;

les délits de sodomie et de bestialité restent passibles de peine d'emprisonnement maximale de deux à cinq ans ;

- de deux ans de prison au lieu d'une année et d'amendes passant de Rs 10 000 à Rs 100 000 pour des délits de "publishing false news" ;

- de 20 ans au lieu de dix ans pour des délits de crime d'incendie ;

- de 20 ans de prison au lieu de 10 pour des condamnations sous la section 352 du code criminel, soit le délit de "damaging property by band"

- et les fausses alertes à la bombe seront dorénavant passibles de peines d'emprisonnement allant jusqu'à dix ans.

D'autre part, le Judicial Provisions Bill prévoit une série d'amendements au Child Protection Act avec des peines d'emprisonnement de 30 ans, soit le double de ce qui est stipulé dans la loi actuellement pour ceux trouvés coupables de "child trafficking", de 20 ans de prison au lieu de huit pour les délits d'abandon d'enfants ou encore des condamnations allant de deux ans à 30 ans pour des délits criminels avec des enfants comme victimes.


Heure d'été à partir d'aujourd'hui

Si vous avez oublié, à vos montres!

C'est fait. Le pays est passé à l'heure d'été ce matin à 2h exactement lorsque l'heure légale a été avancée d'une heure. Donc, si vous ne l'avez pas encore fait, il n'est pas trop tard ou si vous avez un déjeuner à midi, alors prenez garde parce que vous risquez d'accuser une heure de retard chez votre hôte. Ou encore s'il est midi, vous n'avez qu'à réajuster votre montre, réveil ou portable pour qu'elles passent à 13h.

Le passage à l'heure d'été a été décidé cette année par le gouvernement afin d'obtenir une heure de clarté additionnelle dans l'après-midi. L'objectif est donc de faire des économies d'énergie en réduisant les besoins d'éclairage en soirée. Avec la mise en application de cette mesure, les économies en matière d'énergies tourneraient autour de 15MW et plusieurs millions de roupies surtout si l'on prend en compte l'augmentation du prix du pétrole sur le marché international et ses retombées directes sur le budget de l'Etat. Le système d'heure d'été s'étendra jusqu'au 29 mars 2009. En d'autres mots, le soleil se lèvera aux alentours de 6h au lieu de 5h et la nuit tombera aux alentours de 20h au lieu de 19h pendant la période estivale.

Le passage à l'heure d'été implique des changements dans notre quotidien, au travail, à l'école ou à la maison. Il s'agira donc de s'adapter au fur et à mesure que les jours passeront. Dans le milieu du travail, nombre d'entreprises ont déjà pris des dispositions par rapport aux horaires de travail, alors que d'autres préfèrent sa mise en vigueur pour étudier son impact sur leurs activités ou la performance et la productivité.


Souveraineté

Chagos : "Maurice n'a jamais reconnu le BIOT"

Les principaux animateurs du Groupe Réfugiés Chagos ont essuyé leur plus important revers dans leur lutte légitime pour un retour dans l'archipel. En effet, dans un "split judgment", soit trois Law Lords contre deux, mercredi dernier, le Full Bench de la House of Lords a décrété que les Chagossiens ne disposent d'aucun droit de retour dans l'archipel au terme des deux Orders in Council en date de juin 2004 leur interdisant l'accès au British Indian Ocean Territory (BIOT). La désillusion est immense mais les Chagossiens continuent à faire preuve de résilience en portant leur espoir sur la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Du côté du l'hôtel du gouvernement, les premières réactions officielles soutiennent avec force que ce jugement ne concerne et n'affecte aucunement la revendication de la souveraineté de Maurice sur l'archipel des Chagos.

"L'État mauricien n'a jamais reconnu le British Indian Ocean Territory (BIOT) ", a affirmé avec force le Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans un premier commentaire sur l'affaire des Chagos, lors de l'inauguration du complexe commercial Les Halles à Phoenix, vendredi dernier. Dans cette même veine, le gouvernement s'est attelé à la tâche depuis la fin de la semaine de rédiger une Note Verbale en des termes diplomatiques pointus à être adressée au Foreign Secretary, David Milliband.

Dans un premier commentaire officiel, le Foreign Secretary avait déclaré que "the two Orders in Council made for the British Indian Ocean Territory in 2004 therefore stand and provide that no person has a right of abode in BIOT or the right to enter the Territory unless authorised." La correspondance émanant du ministère des Affaires étrangères à Port-Louis visera à réitérer de manière ferme la souveraineté de Maurice sur l'archipel des Chagos, à confirmer la non-reconnaissance par Port-Louis de l'existence du BIOT et à préparer les prémices du prochain round de consultations politiques et diplomatiques entre Port-Louis et Londres sur ce litige historique.

En marge de cette initiative immédiate, le gouvernement a pris la décision d'assurer une meilleure coordination avec les conseils légaux, soit les experts internationaux du cabinet légal Brownlie, les spécialistes de la question au Attorney General's Office et au Solicitor General's Office, les officiels au niveau du Prime Minister's Office et du ministère des Affaires étrangères. À ce stade, très peu de détails ont transpiré quant à la prochaine étape envisagée par le gouvernement pour insuffler un nouvel élan à la question de revendication de la souveraineté de Maurice sur les Chagos.

Toutefois, le Premier ministre a tenu à répéter son appel à l'unité de toute la population dans la conjoncture. "Le combat pour la souveraineté de Maurice sur l'archipel des Chagos doit être celui de toute la population mauricienne", devait-il affirmer en lançant un appel aux Chagossiens pour qu'ils soient partie prenante de la revendication mauricienne. "Ce n'est pas en tant que Mauricien qu'Olivier Bancoult a entré son affaire devant la justice britannique, mais en tant que citoyen britannique. Je lance un appel aux Chagossiens pour qu'ils fassent leur revendication en tant que personnes faisant partie de l'État mauricien et non comme un groupe", a-t-il ajouté.

Navin Ramgoolam a tenu à faire preuve de sympathie à l'égard des membres de la communauté chagossienne, qui ont été déboutés par la House of Lords dans leur demande pour la reconnaissance de leur droit au retour dans l'archipel. Il leur a demandé de ne pas céder au découragement face à l'adversité. Il a fait ressortir que " nous n'avons pas voulu interférer dans la démarche des Chagossiens qui avaient entré une action de groupe. "

Mais revenant à la position mauricienne sur la question de souveraineté, le Premier ministre a été des plus catégoriques : "Notre revendication pour la souveraineté de Maurice sur l'archipel des Chagos est basée sur des principes de droit international. Donc, ce jugement (de la House of Lords) ne concerne pas directement la souveraineté de l'archipel des Chagos. Il y a des résolutions des Nations unies, dont la résolution 1514, qui stipulent qu'aucune puissance coloniale n'a le droit de démembrer un État avant son accession à l'indépendance. C'est le cas également pour la résolution 2066 des Nations unies", devait-il renchérir en laissant entendre qu'une offensive diplomatique s'impose et se prépare.

La cellule des Chagos, qui travaille sous la supervision étroite du Premier ministre, est appelée à mettre les bouchées doubles en prévision d'un éventuel coup d'envoi des consultations anglo-mauriciennes agréées précédemment entre Navin Ramgoolam et son homologue britannique, Gordon Brown. "Il était convenu tacitement que le coup d'envoi de ces échanges politiques et diplomatiques allait être donné après le jugement des Law Lords. Avec les développements de mercredi dernier, nous devrons nous attendre à des premières initiatives, dont la confirmation des designated officials pour ouvrir le dialogue entre Port-Louis et Londres sur les Chagos", avancent des sources généralement bien informées.

Une étape préalable à ces discussions devrait être la transmission à Londres d'un mémorandum rédigé par le gouvernement. Ce document pourrait servir d'agenda des prochaines discussions. Dans la conjoncture, l'un des points fondamentaux demeure les intentions et projets des Américains pour la base nucléaire de Diego-Garcia à l'expiration du présent bail de l'archipel des Chagos dans huit ans, soit en 2016. Le discours tenu par les Britanniques est que les îles de l'archipel des Chagos retourneront à Maurice après 2016 si "la défense des intérêts stratégiques des Americains n'exige plus une présence militaire dans cette région".

Les prévisions diplomatiques sont qu'un retrait des Américains de l'océan Indien après 2016 devrait relever de l'utopie. D'ailleurs, dans son édition d'hier, le quotidien indien Indian Express note que "with the US military active in Afghanistan, Pakistan and Iraq, Diego Garcia has become the largest and most important US overseas air, naval and army base." "The Pentagon has no intention of vacating the rental island, not now, nor when the lease expires".

Une autre question majeure, qui est remontée à la surface à la lumière des commentaires des Law Lords dans leur jugement de mercredi dernier, a trait aux dispositions de l'accord anglo-mauricien signé en 1982 sur le paiement d'une compensation "in full settlement" aux Chagossiens. À l'hôtel du gouvernement, l'on faisait ressortir en fin de semaine qu'un "fresh look" s'imposait par rapport aux répercussions des engagements politiques et formels pris dans le cadre de cet accord de même que la stratégie à être adoptée au cas où cette question figurerait parmi l'arsenal d'arguments présentés par les Britanniques.

Les premières indications officielles quant aux prochaines étapes de la revendication de la souveraineté mauricienne sur les Chagos devront être perceptibles au moins lors de la première quinzaine du mois prochain suite à une nouvelle évaluation légale des données politiques et diplomatiques.


House of Lords :"Point de non-retour" pour les Chagossiens

Les Law Lords, même dans un jugement avec une majorité de trois contre et avec 94,5% des sondés du quotidien britannique The Guardian se prononçant contre les conclusions de la House of Lords, ont apposé un "point of no return" aux espoirs des Chagossiens pour un retour dans leur archipel natal. Suite au jugement en faveur de Londres, d'aucuns s'accordent à dire que "it is the end of the road" en ce qui concerne les recours aux instances judiciaires britanniques initiés il y a dix ans de cela.

Le principal argument qui a fait pencher la balance en faveur du Foreign and Commonwealth Office, justifiant les deux Orders in Council de 2004 interdisant l'accès à leurs îles natales aux Chagossiens, a été de nature militaire, soit les menaces aux intérêts stratégiques des Etats-Unis et des pays occidentaux en général. Lors des délibérations à la fin de juin dernier, Diego Gracia fut présenté aux Law Lords comme "a defence facility of the highest importance, a linchpin for the United Kingdom's allies" après les attaques terroristes du 11 septembre 2001.

Lord Hoffman, l'un des "Senior Lords" à se prononcer en faveur du gouvernement britannique, a pris fait et cause pour les thèses anglo-américaines en soutenant que "the government was entitled to legislate for a colony in th security interests of the United Kingdom." Plus loin, il devait réitérer que "some of these scenarios might be regarded as fanciful speculations, but in the current state of uncertainty the government is entitled to take the concerns of its ally into account".

Lord Hofmann ne partage pas les arguments des conseils légaux des Chagossiens en ce qui concerne le caractère illégal de la décision de Londres de les déraciner de leurs îles natales. "In a ceded colony, however, the Crown has plenary legislative authority. It can make or unmake the law of the land. What these citations show is that the right of abode is a creature of the law. The law gives it and the law may take it away. In this context I do not think it assists the argument to call it a constitutional right. The constitution of BIOT denies the existence of such a right", devait-il soutenir dans les attendus de ce jugement de 186 paragraphes.

Néanmoins, Lord Hofmann s'est montré compatissant quant au sort qui a été infligé aux Chagossiens depuis leur expulsion de leurs îles natales il y a quarante ans de cela. "It is accepted by the Secretary of State that the removal and resettlement of the Chagossians was accomplished with a callous disregard of their interests. For the most part, the community was left to fend for itself in the slums of Port-Louis. The reasons were to some extent the usual combination of Bureaucracy and Treasury parsimony but very largely the goverment's refusal to acknowledge that there was any indegenous population for which the United Kingdonm had a responsibility", a souligné le Law Lord. La prise de position de Lord Hoffmann a été soutenue par Lord Rodger et Lord Carswell.

De son côté, Lord Bingham, l'autre "Senior Law Lord", qui s'est prononcé en faveur d'un droit de retour des Chagossiens, a réaffirmé que les deux Orders in Council étaient nuls et non-avenus. "The power to legislate without going to Parliament was an anachronistic survival. The duty of protecttion cannot ordinarily be discharged without removing and excluding the citizen from his homeland", a-t-il déclaré.

Lord Bingham a commenté en des termes très sévères les correspondances émanant de Washington s'évertuant de justifier des attaques terroristes. "Despite highly imaginative letters written by American officials to strengthen the Secretary of State's hand in this litigation, there was no credible reason to apprehend that the security situation had changed ? It was not said that the criminal conspiracy headed by Osama Bin Laden was, or was planning to be, active in the middle of the Indian Ocean. In 1968 and 1969 American officials had expressly said that they had no objection to occupation of the outer islands for the time being", s'est appesanti Lord Bingham.

Pour sa part, dans son "dissenting judgment", Lord Mance est d'avis que "factors relied on as justifying the order were based on a remote and unlikely risk of large-scale ressetlement".


Olivier Bancoult : "Nous ne baisserons nullement les bras"

Le jugement des Law Lords du 22 octobre a été une amère désillusion pour les Chagossiens. Mais à l'image du leader du Groupe Réfugiés Chagos, ils ne comptent pas baisser les bras. Tout semble indiquer que la revendication devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour une nouvelle compensation devrait constituer un nouveau tremplin en attendant de nouvelles initiatives.

Les différentes options ont été identités par Me Richard Gifford, conseil légal, qui a défendu le cas des Chagossiens devant les différentes instances judiciaires en Grande-Bretagne. "It has been the misfortune of the Chagos islanders that their passionate desire to return to their homeland has been caught up in the power politics of foreign policy for the past 40 years."

"Sadly, their struggle to regain their paradise lost has been dismissed on legal grounds, but the political possibilities remain open for parliament the British public and the international community to continue to support", a-t-il déclaré à la presse à Londres peu après le jugement.

De son côté, Olivier Bancoult, qui a stigmatisé la Grande-Bretagne pour avoir bafoué les droits fondamentaux des Chagossiens, a indiqué comprendre : "It is not the end of the road. We will continue. We're down, but certainly not out. How can we be expected to live outside our birthplace when there are other people living there now ?"

Le leader des Chagossiens n'a pas caché son amertume par rapport au jugement des Law Lords. "We are very disappointed at this judgment by the House of Lords, but we simply will not give up. We have the strength to go on because our case is a just cause and because what we are asking for is nothing more than our human rights", a-t-il conclu.


David Milliband : "Aucune excuse pour nos prédécesseurs"

Le Foreign Secretary, David Milliband, est intervenu officiellement pour faire comprendre qu'avec le jugement des Law Lords, il n'est nullement question de justifier la démarche des précédents gouvernements britanniques. Il a ajouté que le présent gouvernement s'apprête à entretneir favorablement toute demande des Chagossiens pour des "pélerinages sur des lieux de mémoire" dans l'archipel.

"We do not seek to excuse the conduct of an earlier generation. Our appeal to the House of Lords was not about what happened in the 1960s and 1970s. It was about decisions taken in the international context of 2004", a fait comprendre le Foreign Secretary, qui a ajouté : "This required us to take into account issues of defence [and] security of the archipelago and the fact that an independent study had come down heavily against the feasibility of lasting resettlement of the outer islands of BIOT".

David Milliband devait revenir sur l'essence des deux Orders in Council de 2004 à l'effet que : "The two Orders in Council made for the British Indian Ocean Territory (BIOT) in 2004 therefore stand and provide that no person has a right of abode in BIOT or the right to enter the Territory unless authorised."

En conclusion, le Foreign Secretary a trouvé : "I believe that the judgement vindicates our decision to bring the appeal on issues of such public importance. We realise, of course, that this judgement will be a great disappointment to many Chagossians. We will keep in close touch with the Chagossian communities and consider carefully future requests to visit the Territory."


Dossier Chagos

Paul Bérenger : "Il faut porter l'affaire devant la Cour criminelle internationale"

Il est choquant qu'en 2008, la Grande Bretagne se sert toujours de cet outil légal archaïque et antidémocratique qu'est le Order in Council. C'est l'avis du leader de l'opposition, Paul Bérenger, qui s'exprimait hier, lors de la conférence de presse du MMM, sur le dernier jugement de la House of Lords sur le retour des Chagossiens sur leurs îles. Pour Paul Bérenger, le jugement en défaveur des Chagossiens représente malgré tout un jugement intéressant, du fait que sur cinq Lords, deux ont pris des positions très fermes contre le Order in Council. Le leader de l'opposition estime qu'il est temps de "porter l'affaire devant la Cour criminelle internationale". Il demande aux Chagossiens de considérer cette option.

Si les Lords Hoffmann, Carswell et Rodger ont décidé en faveur du gouvernement britannique pour interdire toute possibilité de retour dans l'archipel des Chagos, deux des Law Lords, notamment les Lords Bingham et Mance, ne partagent pas leur avis, rappelle Paul Bérenger. C'est l'aspect positif à retenir du récent jugement du Order un Council. Outil légal archaïque et antidémocratique que dénonce le leader de l'opposition, appuyant ses propos par le rapport du Lord Bingham of Cornhill. Ce dernier indique en effet qu'"as an exercise legislative power by the Executive without the authority of Parliament, the Royal prerogative to legislate by order in Council is indeed an anachronistic survivor". "Il aurait suffi qu'un autre Lord donne un avis favorable pour que les Chagossiens retrouvent leur droit et renverse cet outil dépassé", estime Paul Bérenger. Pour l'avoir longuement analysé, ce jugement ne devrait pas toutefois nous décourager, avance-t-il. Le leader du MMM demande ainsi aux Chagossiens de considérer l'option de porter l'affaire devant la Cour criminelle internationale, car le déracinement des Chagossiens est un crime contre l'humanité, dit-il. S'il est d'avis que redonner le droit de retour aux Chagossiens à leur pays natal n'aurait en rien affecté la souveraineté de Maurice sur l'archipel, Paul Bérenger souligne toutefois qu'il faut faire attention à ne rien faire qui porte atteinte à notre souveraineté.

Abordant la crise économique financière et monétaire qui se mondialise, le leader de l'opposition est revenu sur le discours du Premier ministre, Navin Ramgoolam, vendredi dernier, à l'occasion de l'inauguration du complexe commercial Phœnix, Les Halles. Pour Paul Bérenger, "le Premier ministre est plus Sithanen que jamais, alors que Sithanen lui-même a commencé ces derniers temps à changer de langage". Le leader du MMM note en effet que longtemps après avoir affirmé qu'il n'y avait pas d'inquiétude et que la crise financière n'aurait pas d'impact sur le pays, le ministre des Finances, Rama Sithanen, commence ces derniers temps à concéder les conséquences de la crise sur le pays. Paul Bérenger se dit néanmoins "déçu et inquiet de l'assurance qu'affiche le chef d'État, qui en présentant des chiffres dépassés donne l'impression que tout va bien pour le pays et que cette donnée ne changera pas en 2009". Il relève les propos du chef-économiste de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Klaus Schmidt-Hebbel, paru dans l'AFP, qui souligne que "nous nous attendons à un affaiblissement substantiel de l'économie mondiale avec nombre des économies de l'OCDE tombant dans la récession". Klauss Schmidt-Hebbel indique également qu'"il est vraisemblable que la reprise sera plus lente à venir que lors de précédents épisodes de récession économique …". De même, vendredi dernier l'International Air Transport Association (IATA) a publié des chiffres démontrant que pour la première fois, le nombre de passagers aériens pour le mois de septembre a connu une baisse de 3 % comparé à 2007. "Nous savons que depuis la crise a éclaté depuis la mi-septembre, mais ici, Navin Ramgoolam continue avec son même refrain : "Tout va bien Madame la marquise…", dit-il. Selon Paul Bérenger, le Premier ministre devrait plutôt s'atteler de régler certaines urgences. Parmi les dossiers cités : le dialogue entre le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick, et le ministre des Finances ainsi que les décisions au niveau de la State Trading Corporation (STC) pour réduire l'inflation et la TVA et également la pression fiscale sur les consommateurs.

Le MMM réclame une baisse du prix du diesel et de l'essence

Le MMM déplore par ailleurs que malgré la chute du prix du baril de pétrole - qui est passé de U$ 147 en juillet pour atteindre moins de U$ 65 cette semaine - le prix de l'essence et du diesel n'a toujours pas été réduit à Maurice. Le leader du parti remarque également que la dégringolade encore plus forte du fret maritime passe totalement inaperçu sur le plan local. Avançant que si les produits pétroliers ont connu une baisse de plus de 50 % et que le prix du fret maritime a connu lui une baisse de plus de 90%, Paul Bérenger estime "révoltant que malgré ces données, le prix de l'essence et du diesel n'a pas baissé". Il fait ressortir par là même que la baisse du prix du fret devrait affecter le prix du riz, de la farine, du ciment... "À Maurice, les consommateurs ne voient aucun changement alors qu'en dépit de la baisse du prix du pétrole, la baisse du prix du fret aurait dû occasionner une baisse de tous les prix, surtout du diesel et de l'essence", martèle le leader de l'opposition. Se referrant au dernier appel d'offres de la STC, Paul Bérenger indique que sur le plan mondial le prix d'achat du riz, à la tonne, a baissé de U$ 611 en 2007 à 411 U$. Le MMM réclame que les autorités baissent, en priorité, le prix du diesel et de l'essence. Le leader du parti estime également qu'en ce qu'il s'agit du ciment, il faut pousser les compagnies importatrices à revoir leur prix. Dans ce même contexte, le leader de l'opposition insiste pour une révision à la baisse du prix du billet d'avion pour les pèlerins de hadj. Paul Bérenger remarque que le prix a été fixé à Rs 47 500 et qu'avec la chute du prix du pétrole, le prix du billet d'avion a connu une baisse de 4 % seulement. "Le Président de l'Islamic Cultural Centre a lui-même reconnu que le billet aurait dû baisser en dessous de Rs 40 000", souligne le leader du MMM. Il rappelle que lorsqu'il était Premier ministre il était parvenu à faire baisser le prix par 10 %. Tenant compte de l'importance de ce pèlerinage pour nos compatriotes de foi musulmane, le MMM lance un appel pour que le prix du billet d'avion soit revu à la baisse.

"Lizié Bunwaree pe ouver"

Paul Bérenger relève trois autres points, notamment l'abolition du CPE, le projet de métro léger et le cas des marchands ambulants, sur lesquels le gouvernement de l'Alliance sociale (AS), dit-il, est revenu par "pur fanatisme politique". Avançant que l'abolition du CPE, remplacé par un système d'élite est un crime contre les enfants, le leader du MMM note toutefois que "lizié l'actuel ministre de l'Éducation, Vasant Bunwaree pe ouver". Selon lui, en lisant entre les lignes les propos de Vasant Bunwaree, il est clair que ce dernier reconnaît les torts causés aux enfants. Le MMM, dit-il, ne réclame pas un mea culpa public, mais demande que le tir soit corrigé. "Nous comptons sur Vasant Bunwaree pour le faire, dit-il, ne serait-ce qu'en catimini car le crime contre les enfants a assez duré". Revenant sur le projet de métro léger, le leader de l'opposition rappelle que l'ancien régime MMM/MSM avec la Banque mondiale ont planché dessus. "Mais parce qu'il s'agit d'un projet de l'ancien régime, le gouvernement l'a annulé", s'insurge Paul Bérenger. Mais aujourd'hui, tous les experts soutiennent que ce projet est inévitable, relève-t-il, ajoutant que depuis trois ans, le gouvernement tourne en rond avec la congestion routière. "Plus on tarde avec la mise en place du métro léger, plus le projet nous reviendra cher", fait ressortir le leader des Mauves. Il exprime par ailleurs sa sympathie envers les marchands ambulants qui encourent de grosses difficultés actuellement. Paul Bérenger rappelle que l'ancien régime MMM/MSM avait débuté les travaux du Hawkers Palace, mais une fois de plus, s'indigne-t-il, par pur fanatisme, le gouvernement de l'Alliance sociale a préféré y installer un supermarché. Le leader de l'opposition prend l'engagement, en cas de prochaine victoire aux législatives, de corriger le tir pour ces trois cas mentionnés plus haut.


L'heure des questions

Politique:"Les émotions et les malentendus derrière nous"

Le conflit au niveau du comité régional de Grand Baie/Poudre D'or entre Madan Dulloo et Pradeep Jeeha est "une histoire derrière nous". C'est ce qu'a répondu le leader du MMM, à l'heure des questions. Il rappelle qu'il avait déjà indiqué que ce brouillage était basé sur "beaucoup d'émotions et de malentendus. Mais aujourd'hui c'est une affaire classée". Répondant aux questions de la presse concernant les fonds sur les millions du National Pension Fund investis pour soutenir la Bourse de Port Louis, Paul Bérenger rappelle qu'il a interpellé le ministre des Finances sur ces investissements. Néanmoins, dit-il, la réaction de Rama Sithanen, très irrité par sa question, l'a surpris. Il assure qu'il reviendra avec ce dossier dès la rentrée parlementaire. À la remarque que la décision de baisser le prix de l'essence revient à l'Automatic Price Mecanism (APM), Paul Bérenger dira que "si les instances telles l'APM ou l'ICAC sont appelées à agir en indépendant, nous saurons comment ça fonctionne". Pour Paul Bérenger, l'Alliance sociale a dénaturé les institutions telles que l'ICAC et l'APM. "Ce sont eux qui décident, pour après venir dire pas nou sa, li sa", dit-il. Paul Bérenger n'a pas souhaité faire de commentaire sur les propos du leader du MSM après le congrès tenu dans le cadre des 25 ans du parti. Il devait toutefois siffler :"Nou conn se ki bizin conné, laisse li dan so bann illusion".


Jugement des "law lords" et souveraineté mauricienne sur les Chagos

Joe Lesjongard, président du MSM: "Que le gouvernement entame, avec urgence, des pourparlers sérieux avec Londres"

Recours, en dernier ressort, à la Cour internationale de La Haye en cas d'échec diplomatique

"La question chagossienne dont le point fondamental demeure la souveraineté de Maurice sur l'archipel reste, d'abord et avant tout, une question politique qu'il convient de traiter de gouvernement à gouvernement", estime Joe Lesjongard, président du MSM. Intervenant sur le sujet, hier, après le jugement de mercredi des Law Lords en l'absence de son leader, Pravind Jugnauth, en mission à l'étranger, M. Lesjongard juge "extrêmement urgent" que le gouvernement mauricien entame des pourparlers "sérieux" avec Londres en vue de trouver un terrain d'entente sur une base bilatérale "et, s'il le faut", sur une base trilatérale en y incluant Washington.

Le MSM "déplore" que l'ancien pouvoir colonial continue, sur la question des Chagos, "d'imposer son diktat colonialiste auu 21e siècle", déclare Joe Lesjongard. Il souligne qu'après leur lutte épique, les Chagossiens avaient le droit "légitime" d'espérer retourner sur leurs terres. Le président du MSM critique la déclaration expresse faite juste après le prononcé du jugement des "law lords" par le Foreign Secretary britannique, David Milliband "remettant, dit-il, en question la souveraineté mauricienne sur les Chagos"."Le MSM qui, déclare son porte-parole, a toujours soutenu la lutte des Chagossiens de même que la souveraineté mauricienne sur les Chagos", juge "inacceptable" que la Grande-Bretagne veuille "remettre en question notre souveraineté sur l'archipel". Selon lui, après la déclaration de M. Milliband dans la perspective de la fin du bail aux Etats-Unis en 2016, il est "extrêment uurgent" que le gouvernement mauricien entame des pourparlers "sérieux" avec le gouvernement britannique en vue de trouver un terrain d'entente sur une base bilatérale "et, s'il le faut", sur une base trilatéral en y incluant les autorités américaines.Au cas où cette initiative déplomatique n'aboutisse pas, le MSM est d'avis que le gouvernement mauuricien, "au nom du peuple mauricien", devrait, en dernier ressort, entrer une action devant la Cour internationale de La Haye en sollicitant, préalablement, le soutien de blocs régionaux et autres "comme la SADC". Joe Lesjongard dit "espérer" que le gouvernement travaille sur ce dossier "avec tout le sérieux nécessaire". Pour le MSM, la question chagossienne demeure "surtout et avant tout", une question "politique" qu'il convient de traiter "de gouvernement à gouvernement".

"L'irresponsabilité de Sithanen"dénoncée

Il explique qu'à ce jour, les discussions n'ont pas mené à de grands résultats, mais qu'il importe de "jeter les bases" en vue d'attaquer le point fondamental de la question qui est celui de la souveraineté de l'Etat mauricien sur les Chagos. Joe Lesjongard concède que la défaite du Groupe Réfugiés Chagos (GRC) devant les "law lords" est susceptible d'être une "blessing in disguise" dans la mesure où cette défaite "permet à l'Etat mauricien de revoir toute sa stratégie" et "d'évoluer sur un autre plan".Evoquant, par ailleurs, la situation économique à la lumière de l'évolution de l'économie mondiale, le porte-parole du MSM critique, de nouveau, "l'attitude provoquante" du ministre des Finances qui, selon lui, n'aura fait que "berner" la population en laissant entendre, dit-il, que "tout va pour le mieux". Pour M. Lesjongard, Rama Sithanen est "un irresponsable". Selon lui, il est "dangereux" de "cacher la vérité" à la population quant à l'impact de la crise mondiale sur l'économie nationale."Que Sithanen ait le courage de parler d'inflation, de déficit commercial, de déficit du compte courant, de la dette publique, des dangers qui guètent les projets IRS et le tourisme!" Il rappelle que son parti a déjà remis en question les projections de croissance du ministre et soutient, qu'au final, celle-ci "sera moins de 5%". Joe Lesjongard parle de la Bourse "qui a plongé en deux fois" et veut des informations précises quant aux placements du National Pensions Fund (NPF) qui y ont été faits.Le président du MSM se dit, d'autre part, "heureux" que son leader, Pravind Jugnauth, est "la seule personnalité mauricienne" a avoir été invitée comme observateur pour assister à l'élection présidentielle américaine. Selon lui, il s'agit, là, d'un "grand honneur" qui "témoigne de l'estime international" dont jouit le leader du MSM et "prouve son atachement au système démocratique".


Comité Social Chagossiens

"Unissons-nous derrière le quadricolore "

Pendant les dix dernières années qu'a duré l'action légale du Groupe Réfugiés Chagos (GRC) contre l'Angleterre, son rival, le Comité Social des Chagossiens (CSC), mené par Fernand Mandarin et l'avocat Hervé Lassémillante, a toujours soutenu que cette démarche était un piège tendu par les Anglais et que, finalement, ce sont leurs intérêts qui allaient primer, même si Olivier Bancoult devait obtenir gain de cause, avec des conséquences graves pour la souveraineté mauricienne sur l'archipel. Le CSC craignait que le gouvernement anglais n'organise un référendum incitant ainsi les Chagossiens retournés dans l'archipel à faire sécession avec la République de Maurice.

La défaite du groupe de Bancoult devant la chambre des Lords a conforté la position du CSC car, le point positif est que "la souveraineté mauricienne est encore sauve". Selon l'avocat Lassémillante, "en tant que Mauricien, il était souhaitable que l'expédition britannique d'Olivier Bancoult échoue pour le bienfait du peuple mauricien dans son intégralité parce que les Chagos appartiennent à toute l'île Maurice et non pas seulement à certains Chagossiens qui se sont proclamés Britanniques devant la justice londonienne". Tout en étant d'accord avec son avocat sur le principe, Fernand Mandarin affirme, lui, "ne pouvoir qu'être chagrin qu'à cause de l'action de Bancoult ce sont, après tout, des Chagossiens comme lui qui ont perdu la face".

Fernand Mandarin, Hervé Lassémillante et le CSC soutiennent que "Olivier Bancoult doit reconnaître son erreur et il doit maintenant serrer les rangs derrière le quadricolore mauricien et personne ne lui en voudra". "Les Anglais ont joué la carte anglaise et les Chagossiens qui suivent Olivier Bancoult ont voulu jouer ce jeu mais, qu'importe, Maurice c'est d'abord 1,2 million de Mauriciens. Avec sa défaite, le groupe des Anglo-Chagossiens est appelé à se rapetisser. La question des Chagos aujourd'hui est devenue plus que jamais une affaire mauricienne. Il faut que M. Bancoult retourne au bercail mauricien. Qu'il se présente résolument avec les membres de son groupe en tant que Mauriciens, qu'il abandonne ses démarches qui sont maintenant totalement isolées dans un cul de sac britannique", soutient Me. Lassémillante.

"Quand nous avons vu à l'œuvre le fascisme anglais, je dis bien le fascisme anglais, et le malheur des Chagossien que ce fascisme a causé, nou disan bwi", affirme Me. Lassémillante, en battant le rappel de tous les Mauriciens à défendre l'intégrité territoriale de notre pays.

L'avocat dit reconnaître qu'il y a eu des erreurs de positionnement dans le passé de la part du gouvernement mauricien, par exemple en 1990 quand sous le gouvernement de sir Anerood Jugnauth, l'île Maurice avait fait retirer une motion qu'elle voulait déposer aux Nations unies contre l'Angleterre. "Nous aussi au Comité Social Chagossien nous avons commis des erreurs parce que nous n'avions pas confiance dans la politisation du contentieux entre les deux pays. Mais, après le jugement de la chambre des Lords, il y a manifestement aujourd'hui une volonté politique de la part du gouvernement mauricien, de tous les partis politiques et des Mauriciens en général pour faire triompher la souveraineté mauricienne sur les Chagos. Aujourd'hui, nous n'avons pas d'autre alternative que de regrouper toutes les forces du pays pour présenter un dossier solide devant l'assemblée générale des Nations unies en septembre de l'année prochaine pour réclamer que le contentieux Maurice/Angleterre soit débattu. Maurice a les compétences nécessaires au State Law Office et en la personne de son expert international, Me Brown Lee, pour entreprendre ce combat. Nous avons le temps qu'il faut pour conscientiser chaque pays membre de l'Onu d'ici septembre prochain", selon l'avocat.

Me. Lassémillante a affirmé que dans le plan de retour sur l'archipel conçu par Olivier Bancoult, ses hommes de loi anglais et les hommes d'affaires derrière lui et intitulé "Returning Home", que la chambre des Lords a rejeté, "il était question de la mise sur pied d'une Chagos Resettlement Commission dont la tâche allait être de gouverner et d'administrer les Chagos au nom du British Indian Ocean Territory." "Cette commission aurait eu pour tâche d'établir les critères de sélection des personnes et des familles qui feraient la demande pour être admises dans les îles. Il n'était donc pas question que tous les Chagossiens puissent rentrer dans les îles. Cela voulait dire que le retour de chaque Chagossien dans son île n'était pas automatique ".

Fernand Mandarin a rappelé que, lors de la visite organisée dans les îles chagossiennes il y a deux ans, neuf membres du CSC et lui-même admis à bord du bateau mauricien qui les transportait avaient bravé les Anglo-Chagossiens et le gouvernement britannique en arborant un t-shirt aux couleurs mauriciennes. "Tou dimoun a bor ti pé dir nou pa fer sa, Anglé pou anpes nou débarké. Nou ti réfiz fer sa et gouvernma anglé pa ti kapav anpes nou désann dan Chagos parski li koné ki bann zil pou Moris et qui Chagossiens ek tou Mauriciens gagn drwa rantré ek sorti dan bann zil kot zot finn né", a-t-il soutenu. Fernand Mandarin fait un appel pour que "les Mauriciens cessent de considérer la bataille pour la récupération des Chagos comme le combat d'une seule communauté".


Prévisions météorologiques été 2008-09

Saison cyclonique relativement normale

Les prévisions météorologiques sont pour le moins favorables pour le pays à l'entame de la saison estivale. La saison cyclonique, qui débute officiellement à partir du 1er Novembre - quoiqu'une première tempête tropicale a déjà été nommée il y a une semaine - s'annonce ainsi normale. Elle pourrait être marquée par une dizaine de cyclones, avec une forte probabilité que l'un de ceux-ci représenterait une menace pour Maurice ou Rodrigues. C'est ce que révèle le dernier rapport météorologique de la station de Vacoas, qui n'écarte pas non plus que les deux premiers mois de l'année soient témoins d'inondation, de pluies torrentielles, de température élevée et d'un fort taux d'humidité. La pluviosité s'annonce également normale, encore que les services météorologiques n'écartent pas des possibilités de pluies torrentielles. Quant à la CAW, elle commence la saison sèche avec sérénité. Le stock d'eau est largement supérieur à la normale.

"L'activité cyclonique, au cours de la saison d'été 2008-2009 sera normale avec environ 10 tempêtes nommées et au moins deux dans le canal du Mozambique." C'est ce que conclut la station de Vacoas dans son Seasonal Outlook 2008-09, rendu officielle cette semaine. Ce rapport est une indication de l'évolution des conditions climatiques attendues cet été et les variations qui interviendront dans le Sud-Ouest de l'océan Indien pendant la même période. La saison cyclonique officielle sera ainsi entre le 1er novembre et le 15 mai de l'année prochaine. Plusieurs scénarios sont possibles. Les analyses indiquent néanmoins qu'il existe la possibilité que la zone Sud-Ouest de l'océan Indien puisse "experience near to or slightly above normal tropical cyclones formations this season".

La nouvelle saison a également été marquée par une activité peu ordinaire, il y a une semaine, avec la formation dans le Sud-Ouest de l'OI de la première tempête tropicale modérée et portant le nom d'Asma. Leur optimisme reste tout de même mesuré en tenant en compte du réchauffement des températures de la surface de la mer, qui est propice au développement des tempêtes tropicales : "Toutes les tempêtes nommées qui vont se développer dans le Sud-Ouest de l'océan Indien ne seront pas nécessairement des menaces pour l'île Maurice. Toutefois, il existe une forte probabilité qu'au moins l'une d'elles pourrait passer à l'intérieur de 100 km de Maurice ou de Rodrigues."

Les analyses de la station météorologique portent aussi sur les conditions climatiques qui prévaudront pendant l'été. Les prévisionnistes annoncent le début de la saison des grosses pluies vers la mi-décembre, alors que la chaleur incommodante enregistrée en cette période pourrait refaire son apparition. "Les températures seront généralement proches de la moyenne en général. Les températures supérieures à la normale et un taux d'humidité élevé pendant une longue période de temps peuvent affecter les groupes vulnérables de la population pendant le mois de janvier et février", indiquent-ils.

Après les inondations qui avaient frappé le pays au début de l'année, causant même la mort de plusieurs personnes, le rapport attire cette fois l'attention sur les risques probables. "Atmospheric conditions, during summer, will be conducive to the occurrence of some extreme weather events that may adversely affect weather locally, such as torrential rains and strong winds. Damages resulting from excess rainfall, in the form of severe flash floods, are likely to be more significant than the other weather elements. Furthermore, IPCC report concludes that global warming is likely to increase the severity of extreme weather events, namely the occurrence of more frequent intense precipitation, intense tropical cyclone and other extreme weather events, including torrential rains and floods. All these conclusions from World Centers indicate a high probability for normal activity during the coming cyclone season", est-il souligné.

Avec une pluviosité moyenne d'environ 1350mm sur l'île Maurice et 725mm sur Rodrigues pendant la saison, la Central Water Authority (CWA), ainsi que la Water Resources Unit (WRU) estiment que les réserves en eau devraient être moins affectées. Le pays dispose même d'un stock d'eau supérieur à la normale par rapport aux précédentes années. A titre d'exemple, Mare-aux-Vacoas, qui est généralement rempli à 69% seulement à pareille période, a un taux de remplissage de 88% actuellement. Le Midlands Dam est presque totalement rempli, alors que la moyenne pour les autres réservoirs tourne autour des 94%.

L'année dernière à pareille période, la CWA avait déjà envisagé un programme de coupure à cause d'un hiver très maigre en pluies. "Aucun programme de coupure n'est à l'ordre du jour. Nous sommes sereins. Nos réserves souterraines et de surface sont satisfaisantes. Mais nous invitons la population à éviter le gaspillage malgré tout", déclare Harry Baullock, Directeur de la CWA.

D'ailleurs, le vice-Premier ministre et ministre des Services publics, Rashid Beebeejaun, a présidé une réunion avec les autorités concernées en fin de semaine pour passer en revue la situation. Estimant que le gaspillage est à éviter à tout prix, et malgré la situation favorable, il devait également indiquer que la CWA ne sera pas en mesure d'assurer une fourniture 24 heures sur 24 dans certaines régions.


Profil

Saleem Currimjee

Pour l'architecte Saleem Curimjee, Phoenix les Halles est, à l'extérieur, un immense cadeau enveloppé. A l'intérieur, il est comme le ventre d'une baleine sorti tout droit de Pinnochio dont il faut aller à la découverte des coins cachés. Ce concept sur lequel l'architecte a travaillé pendant trois ans en collaboration avec les promoteurs et les locataires respecte la règle de base des shopping centres : un parcours qui oblige le visiteurs à passer devant tous les magasins du complexe. Le parcours serpente à travers les deux blocs du complexe divisés en trois niveaux et reliés par un pont. Tout l'intérieur a été conçu pour inciter le visiteur à se focaliser sur les vitrines des magasins, car toutes les parties vitrées donnant sur l'extérieur sont dépolies. Ce n'est que du food court que l'on peut avoir vue sur l'extérieur à travers une immense baie, conçue pour donner le sentiment que le complexe flotte sur l'autoroute. Le respect des règles du genre n'a pas empêché l'architecte de faire appel à sa griffe d'artiste : on retrouve dans les motifs cubiques et les couleurs des escaliers certains thèmes qui reviennent sans cesse dans les peintures de Saleem Currimjee. Phoenix les Halles est le deuxième grand immeuble, après celui de Emtel, dessiné par Saleem Currimjee, qui a beaucoup travaillé comme architecte décorateur sur des maisons et des appartements et a collaboré à la restauration/récréation du Bâtiment du Trésor. Après Phoenix Les Halles et en attendant une prochaine exposition de peinture, il travaille sur les plans d'un projet hôtelier aux Seychelles.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 26 octobre 2008