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Dossier Chagos
Paul Bérenger : "Il faut porter l'affaire devant
la Cour criminelle internationale"
Il est choquant qu'en 2008, la Grande Bretagne se sert toujours
de cet outil légal archaïque et antidémocratique
qu'est le Order in Council. C'est l'avis du leader de l'opposition,
Paul Bérenger, qui s'exprimait hier, lors de la conférence
de presse du MMM, sur le dernier jugement de la House of Lords
sur le retour des Chagossiens sur leurs îles. Pour Paul
Bérenger, le jugement en défaveur des Chagossiens
représente malgré tout un jugement intéressant,
du fait que sur cinq Lords, deux ont pris des positions très
fermes contre le Order in Council. Le leader de l'opposition estime
qu'il est temps de "porter l'affaire devant la Cour criminelle
internationale". Il demande aux Chagossiens de considérer
cette option.
Si les Lords Hoffmann, Carswell et Rodger ont décidé
en faveur du gouvernement britannique pour interdire toute possibilité
de retour dans l'archipel des Chagos, deux des Law Lords, notamment
les Lords Bingham et Mance, ne partagent pas leur avis, rappelle
Paul Bérenger. C'est l'aspect positif à retenir
du récent jugement du Order un Council. Outil légal
archaïque et antidémocratique que dénonce le
leader de l'opposition, appuyant ses propos par le rapport du
Lord Bingham of Cornhill. Ce dernier indique en effet qu'"as
an exercise legislative power by the Executive without the authority
of Parliament, the Royal prerogative to legislate by order in
Council is indeed an anachronistic survivor". "Il aurait
suffi qu'un autre Lord donne un avis favorable pour que les Chagossiens
retrouvent leur droit et renverse cet outil dépassé",
estime Paul Bérenger. Pour l'avoir longuement analysé,
ce jugement ne devrait pas toutefois nous décourager, avance-t-il.
Le leader du MMM demande ainsi aux Chagossiens de considérer
l'option de porter l'affaire devant la Cour criminelle internationale,
car le déracinement des Chagossiens est un crime contre
l'humanité, dit-il. S'il est d'avis que redonner le droit
de retour aux Chagossiens à leur pays natal n'aurait en
rien affecté la souveraineté de Maurice sur l'archipel,
Paul Bérenger souligne toutefois qu'il faut faire attention
à ne rien faire qui porte atteinte à notre souveraineté.
Abordant la crise économique financière et monétaire
qui se mondialise, le leader de l'opposition est revenu sur le
discours du Premier ministre, Navin Ramgoolam, vendredi dernier,
à l'occasion de l'inauguration du complexe commercial Phnix,
Les Halles. Pour Paul Bérenger, "le Premier ministre
est plus Sithanen que jamais, alors que Sithanen lui-même
a commencé ces derniers temps à changer de langage".
Le leader du MMM note en effet que longtemps après avoir
affirmé qu'il n'y avait pas d'inquiétude et que
la crise financière n'aurait pas d'impact sur le pays,
le ministre des Finances, Rama Sithanen, commence ces derniers
temps à concéder les conséquences de la crise
sur le pays. Paul Bérenger se dit néanmoins "déçu
et inquiet de l'assurance qu'affiche le chef d'État, qui
en présentant des chiffres dépassés donne
l'impression que tout va bien pour le pays et que cette donnée
ne changera pas en 2009". Il relève les propos
du chef-économiste de l'Organisation de coopération
et de développement économiques (OCDE), Klaus Schmidt-Hebbel,
paru dans l'AFP, qui souligne que "nous nous attendons
à un affaiblissement substantiel de l'économie mondiale
avec nombre des économies de l'OCDE tombant dans la récession".
Klauss Schmidt-Hebbel indique également qu'"il
est vraisemblable que la reprise sera plus lente à venir
que lors de précédents épisodes de récession
économique
". De même, vendredi dernier
l'International Air Transport Association (IATA) a publié
des chiffres démontrant que pour la première fois,
le nombre de passagers aériens pour le mois de septembre
a connu une baisse de 3 % comparé à 2007. "Nous
savons que depuis la crise a éclaté depuis la mi-septembre,
mais ici, Navin Ramgoolam continue avec son même refrain
: "Tout va bien Madame la marquise
", dit-il.
Selon Paul Bérenger, le Premier ministre devrait plutôt
s'atteler de régler certaines urgences. Parmi les dossiers
cités : le dialogue entre le gouverneur de la Banque de
Maurice, Rundheersing Bheenick, et le ministre des Finances ainsi
que les décisions au niveau de la State Trading Corporation
(STC) pour réduire l'inflation et la TVA et également
la pression fiscale sur les consommateurs.
Le MMM réclame une baisse du prix du diesel et de l'essence
Le MMM déplore par ailleurs que malgré la chute
du prix du baril de pétrole - qui est passé de U$
147 en juillet pour atteindre moins de U$ 65 cette semaine - le
prix de l'essence et du diesel n'a toujours pas été
réduit à Maurice. Le leader du parti remarque également
que la dégringolade encore plus forte du fret maritime
passe totalement inaperçu sur le plan local. Avançant
que si les produits pétroliers ont connu une baisse de
plus de 50 % et que le prix du fret maritime a connu lui une baisse
de plus de 90%, Paul Bérenger estime "révoltant
que malgré ces données, le prix de l'essence et
du diesel n'a pas baissé". Il fait ressortir par
là même que la baisse du prix du fret devrait affecter
le prix du riz, de la farine, du ciment... "À Maurice,
les consommateurs ne voient aucun changement alors qu'en dépit
de la baisse du prix du pétrole, la baisse du prix du fret
aurait dû occasionner une baisse de tous les prix, surtout
du diesel et de l'essence", martèle le leader
de l'opposition. Se referrant au dernier appel d'offres de la
STC, Paul Bérenger indique que sur le plan mondial le prix
d'achat du riz, à la tonne, a baissé de U$ 611 en
2007 à 411 U$. Le MMM réclame que les autorités
baissent, en priorité, le prix du diesel et de l'essence.
Le leader du parti estime également qu'en ce qu'il s'agit
du ciment, il faut pousser les compagnies importatrices à
revoir leur prix. Dans ce même contexte, le leader de l'opposition
insiste pour une révision à la baisse du prix du
billet d'avion pour les pèlerins de hadj. Paul Bérenger
remarque que le prix a été fixé à
Rs 47 500 et qu'avec la chute du prix du pétrole, le prix
du billet d'avion a connu une baisse de 4 % seulement. "Le
Président de l'Islamic Cultural Centre a lui-même
reconnu que le billet aurait dû baisser en dessous de Rs
40 000", souligne le leader du MMM. Il rappelle que lorsqu'il
était Premier ministre il était parvenu à
faire baisser le prix par 10 %. Tenant compte de l'importance
de ce pèlerinage pour nos compatriotes de foi musulmane,
le MMM lance un appel pour que le prix du billet d'avion soit
revu à la baisse.
"Lizié Bunwaree pe ouver"
Paul Bérenger relève trois autres points, notamment
l'abolition du CPE, le projet de métro léger et
le cas des marchands ambulants, sur lesquels le gouvernement de
l'Alliance sociale (AS), dit-il, est revenu par "pur fanatisme
politique". Avançant que l'abolition du CPE, remplacé
par un système d'élite est un crime contre les enfants,
le leader du MMM note toutefois que "lizié l'actuel
ministre de l'Éducation, Vasant Bunwaree pe ouver".
Selon lui, en lisant entre les lignes les propos de Vasant Bunwaree,
il est clair que ce dernier reconnaît les torts causés
aux enfants. Le MMM, dit-il, ne réclame pas un mea culpa
public, mais demande que le tir soit corrigé. "Nous
comptons sur Vasant Bunwaree pour le faire, dit-il, ne
serait-ce qu'en catimini car le crime contre les enfants a assez
duré". Revenant sur le projet de métro
léger, le leader de l'opposition rappelle que l'ancien
régime MMM/MSM avec la Banque mondiale ont planché
dessus. "Mais parce qu'il s'agit d'un projet de l'ancien
régime, le gouvernement l'a annulé", s'insurge
Paul Bérenger. Mais aujourd'hui, tous les experts soutiennent
que ce projet est inévitable, relève-t-il, ajoutant
que depuis trois ans, le gouvernement tourne en rond avec la congestion
routière. "Plus on tarde avec la mise en place
du métro léger, plus le projet nous reviendra cher",
fait ressortir le leader des Mauves. Il exprime par ailleurs sa
sympathie envers les marchands ambulants qui encourent de grosses
difficultés actuellement. Paul Bérenger rappelle
que l'ancien régime MMM/MSM avait débuté
les travaux du Hawkers Palace, mais une fois de plus, s'indigne-t-il,
par pur fanatisme, le gouvernement de l'Alliance sociale a préféré
y installer un supermarché. Le leader de l'opposition prend
l'engagement, en cas de prochaine victoire aux législatives,
de corriger le tir pour ces trois cas mentionnés plus haut.
L'heure des questions
Politique:"Les émotions et les malentendus derrière
nous"
Le conflit au niveau du comité régional de Grand
Baie/Poudre D'or entre Madan Dulloo et Pradeep Jeeha est "une
histoire derrière nous". C'est ce qu'a répondu
le leader du MMM, à l'heure des questions. Il rappelle
qu'il avait déjà indiqué que ce brouillage
était basé sur "beaucoup d'émotions
et de malentendus. Mais aujourd'hui c'est une affaire classée".
Répondant aux questions de la presse concernant les fonds
sur les millions du National Pension Fund investis pour soutenir
la Bourse de Port Louis, Paul Bérenger rappelle qu'il a
interpellé le ministre des Finances sur ces investissements.
Néanmoins, dit-il, la réaction de Rama Sithanen,
très irrité par sa question, l'a surpris. Il assure
qu'il reviendra avec ce dossier dès la rentrée parlementaire.
À la remarque que la décision de baisser le prix
de l'essence revient à l'Automatic Price Mecanism (APM),
Paul Bérenger dira que "si les instances telles
l'APM ou l'ICAC sont appelées à agir en indépendant,
nous saurons comment ça fonctionne". Pour Paul
Bérenger, l'Alliance sociale a dénaturé les
institutions telles que l'ICAC et l'APM. "Ce sont eux
qui décident, pour après venir dire pas nou sa,
li sa", dit-il. Paul Bérenger n'a pas souhaité
faire de commentaire sur les propos du leader du MSM après
le congrès tenu dans le cadre des 25 ans du parti. Il devait
toutefois siffler :"Nou conn se ki bizin conné,
laisse li dan so bann illusion".
Jugement des "law lords" et souveraineté mauricienne
sur les Chagos
Joe Lesjongard, président du MSM: "Que le gouvernement
entame, avec urgence, des pourparlers sérieux avec Londres"
Recours, en dernier ressort, à la Cour internationale
de La Haye en cas d'échec diplomatique
"La question chagossienne dont le point fondamental
demeure la souveraineté de Maurice sur l'archipel reste,
d'abord et avant tout, une question politique qu'il convient de
traiter de gouvernement à gouvernement",
estime Joe Lesjongard, président du MSM. Intervenant sur
le sujet, hier, après le jugement de mercredi des Law Lords
en l'absence de son leader, Pravind Jugnauth, en mission à
l'étranger, M. Lesjongard juge "extrêmement
urgent" que le gouvernement mauricien entame des pourparlers
"sérieux" avec Londres en vue de trouver un terrain
d'entente sur une base bilatérale "et, s'il le faut",
sur une base trilatérale en y incluant Washington.
Le MSM "déplore" que l'ancien pouvoir colonial
continue, sur la question des Chagos, "d'imposer son diktat
colonialiste auu 21e siècle", déclare Joe
Lesjongard. Il souligne qu'après leur lutte épique,
les Chagossiens avaient le droit "légitime" d'espérer
retourner sur leurs terres. Le président du MSM critique
la déclaration expresse faite juste après le prononcé
du jugement des "law lords" par le Foreign Secretary
britannique, David Milliband "remettant, dit-il, en question
la souveraineté mauricienne sur les Chagos"."Le
MSM qui, déclare son porte-parole, a toujours soutenu la
lutte des Chagossiens de même que la souveraineté
mauricienne sur les Chagos", juge "inacceptable"
que la Grande-Bretagne veuille "remettre en question notre
souveraineté sur l'archipel". Selon lui, après
la déclaration de M. Milliband dans la perspective de la
fin du bail aux Etats-Unis en 2016, il est "extrêment
uurgent" que le gouvernement mauricien entame des pourparlers
"sérieux" avec le gouvernement britannique en
vue de trouver un terrain d'entente sur une base bilatérale
"et, s'il le faut", sur une base trilatéral
en y incluant les autorités américaines.Au cas où
cette initiative déplomatique n'aboutisse pas, le MSM est
d'avis que le gouvernement mauuricien, "au nom du peuple
mauricien", devrait, en dernier ressort, entrer une action
devant la Cour internationale de La Haye en sollicitant, préalablement,
le soutien de blocs régionaux et autres "comme la
SADC". Joe Lesjongard dit "espérer" que
le gouvernement travaille sur ce dossier "avec tout le sérieux
nécessaire". Pour le MSM, la question chagossienne
demeure "surtout et avant tout", une question "politique"
qu'il convient de traiter "de gouvernement à gouvernement".
"L'irresponsabilité de Sithanen"dénoncée
Il explique qu'à ce jour, les discussions n'ont pas mené
à de grands résultats, mais qu'il importe de "jeter
les bases" en vue d'attaquer le point fondamental de la question
qui est celui de la souveraineté de l'Etat mauricien sur
les Chagos. Joe Lesjongard concède que la défaite
du Groupe Réfugiés Chagos (GRC) devant les "law
lords" est susceptible d'être une "blessing in
disguise" dans la mesure où cette défaite "permet
à l'Etat mauricien de revoir toute sa stratégie"
et "d'évoluer sur un autre plan".Evoquant,
par ailleurs, la situation économique à la lumière
de l'évolution de l'économie mondiale, le porte-parole
du MSM critique, de nouveau, "l'attitude provoquante"
du ministre des Finances qui, selon lui, n'aura fait que "berner"
la population en laissant entendre, dit-il, que "tout
va pour le mieux". Pour M. Lesjongard, Rama Sithanen
est "un irresponsable". Selon lui, il est "dangereux"
de "cacher la vérité" à la population
quant à l'impact de la crise mondiale sur l'économie
nationale."Que Sithanen ait le courage de parler d'inflation,
de déficit commercial, de déficit du compte courant,
de la dette publique, des dangers qui guètent les projets
IRS et le tourisme!" Il rappelle que son parti a déjà
remis en question les projections de croissance du ministre et
soutient, qu'au final, celle-ci "sera moins de 5%".
Joe Lesjongard parle de la Bourse "qui a plongé
en deux fois" et veut des informations précises
quant aux placements du National Pensions Fund (NPF) qui y ont
été faits.Le président du MSM se dit, d'autre
part, "heureux" que son leader, Pravind Jugnauth, est
"la seule personnalité mauricienne" a avoir été
invitée comme observateur pour assister à l'élection
présidentielle américaine. Selon lui, il s'agit,
là, d'un "grand honneur" qui "témoigne
de l'estime international" dont jouit le leader du MSM et
"prouve son atachement au système démocratique".
Comité Social Chagossiens
"Unissons-nous derrière le quadricolore "
Pendant les dix dernières années qu'a duré
l'action légale du Groupe Réfugiés Chagos
(GRC) contre l'Angleterre, son rival, le Comité Social
des Chagossiens (CSC), mené par Fernand Mandarin et l'avocat
Hervé Lassémillante, a toujours soutenu que cette
démarche était un piège tendu par les Anglais
et que, finalement, ce sont leurs intérêts qui allaient
primer, même si Olivier Bancoult devait obtenir gain de
cause, avec des conséquences graves pour la souveraineté
mauricienne sur l'archipel. Le CSC craignait que le gouvernement
anglais n'organise un référendum incitant ainsi
les Chagossiens retournés dans l'archipel à faire
sécession avec la République de Maurice.
La défaite du groupe de Bancoult devant la chambre des
Lords a conforté la position du CSC car, le point positif
est que "la souveraineté mauricienne est encore
sauve". Selon l'avocat Lassémillante, "en
tant que Mauricien, il était souhaitable que l'expédition
britannique d'Olivier Bancoult échoue pour le bienfait
du peuple mauricien dans son intégralité parce que
les Chagos appartiennent à toute l'île Maurice et
non pas seulement à certains Chagossiens qui se sont proclamés
Britanniques devant la justice londonienne". Tout en
étant d'accord avec son avocat sur le principe, Fernand
Mandarin affirme, lui, "ne pouvoir qu'être chagrin
qu'à cause de l'action de Bancoult ce sont, après
tout, des Chagossiens comme lui qui ont perdu la face".
Fernand Mandarin, Hervé Lassémillante et le CSC
soutiennent que "Olivier Bancoult doit reconnaître
son erreur et il doit maintenant serrer les rangs derrière
le quadricolore mauricien et personne ne lui en voudra".
"Les Anglais ont joué la carte anglaise et les
Chagossiens qui suivent Olivier Bancoult ont voulu jouer ce jeu
mais, qu'importe, Maurice c'est d'abord 1,2 million de Mauriciens.
Avec sa défaite, le groupe des Anglo-Chagossiens est appelé
à se rapetisser. La question des Chagos aujourd'hui est
devenue plus que jamais une affaire mauricienne. Il faut que M.
Bancoult retourne au bercail mauricien. Qu'il se présente
résolument avec les membres de son groupe en tant que Mauriciens,
qu'il abandonne ses démarches qui sont maintenant totalement
isolées dans un cul de sac britannique", soutient
Me. Lassémillante.
"Quand nous avons vu à l'uvre le fascisme
anglais, je dis bien le fascisme anglais, et le malheur des Chagossien
que ce fascisme a causé, nou disan bwi",
affirme Me. Lassémillante, en battant le rappel de tous
les Mauriciens à défendre l'intégrité
territoriale de notre pays.
L'avocat dit reconnaître qu'il y a eu des erreurs de positionnement
dans le passé de la part du gouvernement mauricien, par
exemple en 1990 quand sous le gouvernement de sir Anerood Jugnauth,
l'île Maurice avait fait retirer une motion qu'elle voulait
déposer aux Nations unies contre l'Angleterre. "Nous
aussi au Comité Social Chagossien nous avons commis des
erreurs parce que nous n'avions pas confiance dans la politisation
du contentieux entre les deux pays. Mais, après le jugement
de la chambre des Lords, il y a manifestement aujourd'hui une
volonté politique de la part du gouvernement mauricien,
de tous les partis politiques et des Mauriciens en général
pour faire triompher la souveraineté mauricienne sur les
Chagos. Aujourd'hui, nous n'avons pas d'autre alternative que
de regrouper toutes les forces du pays pour présenter un
dossier solide devant l'assemblée générale
des Nations unies en septembre de l'année prochaine pour
réclamer que le contentieux Maurice/Angleterre soit débattu.
Maurice a les compétences nécessaires au State Law
Office et en la personne de son expert international, Me Brown
Lee, pour entreprendre ce combat. Nous avons le temps qu'il faut
pour conscientiser chaque pays membre de l'Onu d'ici septembre
prochain", selon l'avocat.
Me. Lassémillante a affirmé que dans le plan de
retour sur l'archipel conçu par Olivier Bancoult, ses hommes
de loi anglais et les hommes d'affaires derrière lui et
intitulé "Returning Home", que la chambre
des Lords a rejeté, "il était question de
la mise sur pied d'une Chagos Resettlement Commission dont la
tâche allait être de gouverner et d'administrer les
Chagos au nom du British Indian Ocean Territory." "Cette
commission aurait eu pour tâche d'établir les critères
de sélection des personnes et des familles qui feraient
la demande pour être admises dans les îles. Il n'était
donc pas question que tous les Chagossiens puissent rentrer dans
les îles. Cela voulait dire que le retour de chaque Chagossien
dans son île n'était pas automatique ".
Fernand Mandarin a rappelé que, lors de la visite organisée
dans les îles chagossiennes il y a deux ans, neuf membres
du CSC et lui-même admis à bord du bateau mauricien
qui les transportait avaient bravé les Anglo-Chagossiens
et le gouvernement britannique en arborant un t-shirt aux couleurs
mauriciennes. "Tou dimoun a bor ti pé dir nou pa
fer sa, Anglé pou anpes nou débarké. Nou
ti réfiz fer sa et gouvernma anglé pa ti kapav anpes
nou désann dan Chagos parski li koné ki bann zil
pou Moris et qui Chagossiens ek tou Mauriciens gagn drwa rantré
ek sorti dan bann zil kot zot finn né", a-t-il
soutenu. Fernand Mandarin fait un appel pour que "les
Mauriciens cessent de considérer la bataille pour la récupération
des Chagos comme le combat d'une seule communauté".
Prévisions météorologiques été
2008-09
Saison cyclonique relativement normale
Les prévisions météorologiques sont pour
le moins favorables pour le pays à l'entame de la saison
estivale. La saison cyclonique, qui débute officiellement
à partir du 1er Novembre - quoiqu'une première tempête
tropicale a déjà été nommée
il y a une semaine - s'annonce ainsi normale. Elle pourrait être
marquée par une dizaine de cyclones, avec une forte probabilité
que l'un de ceux-ci représenterait une menace pour Maurice
ou Rodrigues. C'est ce que révèle le dernier rapport
météorologique de la station de Vacoas, qui n'écarte
pas non plus que les deux premiers mois de l'année soient
témoins d'inondation, de pluies torrentielles, de température
élevée et d'un fort taux d'humidité. La pluviosité
s'annonce également normale, encore que les services météorologiques
n'écartent pas des possibilités de pluies torrentielles.
Quant à la CAW, elle commence la saison sèche avec
sérénité. Le stock d'eau est largement supérieur
à la normale.
"L'activité cyclonique, au cours de la saison d'été
2008-2009 sera normale avec environ 10 tempêtes nommées
et au moins deux dans le canal du Mozambique." C'est
ce que conclut la station de Vacoas dans son Seasonal Outlook
2008-09, rendu officielle cette semaine. Ce rapport est une
indication de l'évolution des conditions climatiques attendues
cet été et les variations qui interviendront dans
le Sud-Ouest de l'océan Indien pendant la même période.
La saison cyclonique officielle sera ainsi entre le 1er novembre
et le 15 mai de l'année prochaine. Plusieurs scénarios
sont possibles. Les analyses indiquent néanmoins qu'il
existe la possibilité que la zone Sud-Ouest de l'océan
Indien puisse "experience near to or slightly above normal
tropical cyclones formations this season".
La nouvelle saison a également été marquée
par une activité peu ordinaire, il y a une semaine, avec
la formation dans le Sud-Ouest de l'OI de la première tempête
tropicale modérée et portant le nom d'Asma. Leur
optimisme reste tout de même mesuré en tenant en
compte du réchauffement des températures de la surface
de la mer, qui est propice au développement des tempêtes
tropicales : "Toutes les tempêtes nommées
qui vont se développer dans le Sud-Ouest de l'océan
Indien ne seront pas nécessairement des menaces pour l'île
Maurice. Toutefois, il existe une forte probabilité qu'au
moins l'une d'elles pourrait passer à l'intérieur
de 100 km de Maurice ou de Rodrigues."
Les analyses de la station météorologique portent
aussi sur les conditions climatiques qui prévaudront pendant
l'été. Les prévisionnistes annoncent le début
de la saison des grosses pluies vers la mi-décembre, alors
que la chaleur incommodante enregistrée en cette période
pourrait refaire son apparition. "Les températures
seront généralement proches de la moyenne en général.
Les températures supérieures à la normale
et un taux d'humidité élevé pendant une longue
période de temps peuvent affecter les groupes vulnérables
de la population pendant le mois de janvier et février",
indiquent-ils.
Après les inondations qui avaient frappé le pays
au début de l'année, causant même la mort
de plusieurs personnes, le rapport attire cette fois l'attention
sur les risques probables. "Atmospheric conditions, during
summer, will be conducive to the occurrence of some extreme weather
events that may adversely affect weather locally, such as torrential
rains and strong winds. Damages resulting from excess rainfall,
in the form of severe flash floods, are likely to be more significant
than the other weather elements. Furthermore, IPCC report concludes
that global warming is likely to increase the severity of extreme
weather events, namely the occurrence of more frequent intense
precipitation, intense tropical cyclone and other extreme weather
events, including torrential rains and floods. All these conclusions
from World Centers indicate a high probability for normal activity
during the coming cyclone season", est-il souligné.
Avec une pluviosité moyenne d'environ 1350mm sur l'île
Maurice et 725mm sur Rodrigues pendant la saison, la Central Water
Authority (CWA), ainsi que la Water Resources Unit (WRU) estiment
que les réserves en eau devraient être moins affectées.
Le pays dispose même d'un stock d'eau supérieur à
la normale par rapport aux précédentes années.
A titre d'exemple, Mare-aux-Vacoas, qui est généralement
rempli à 69% seulement à pareille période,
a un taux de remplissage de 88% actuellement. Le Midlands Dam
est presque totalement rempli, alors que la moyenne pour les autres
réservoirs tourne autour des 94%.
L'année dernière à pareille période,
la CWA avait déjà envisagé un programme de
coupure à cause d'un hiver très maigre en pluies.
"Aucun programme de coupure n'est à l'ordre du
jour. Nous sommes sereins. Nos réserves souterraines et
de surface sont satisfaisantes. Mais nous invitons la population
à éviter le gaspillage malgré tout",
déclare Harry Baullock, Directeur de la CWA.
D'ailleurs, le vice-Premier ministre et ministre des Services
publics, Rashid Beebeejaun, a présidé une réunion
avec les autorités concernées en fin de semaine
pour passer en revue la situation. Estimant que le gaspillage
est à éviter à tout prix, et malgré
la situation favorable, il devait également indiquer que
la CWA ne sera pas en mesure d'assurer une fourniture 24 heures
sur 24 dans certaines régions.
Profil
Saleem Currimjee
Pour l'architecte Saleem Curimjee, Phoenix les Halles est, à
l'extérieur, un immense cadeau enveloppé. A l'intérieur,
il est comme le ventre d'une baleine sorti tout droit de Pinnochio
dont il faut aller à la découverte des coins cachés.
Ce concept sur lequel l'architecte a travaillé pendant
trois ans en collaboration avec les promoteurs et les locataires
respecte la règle de base des shopping centres
: un parcours qui oblige le visiteurs à passer devant tous
les magasins du complexe. Le parcours serpente à travers
les deux blocs du complexe divisés en trois niveaux et
reliés par un pont. Tout l'intérieur a été
conçu pour inciter le visiteur à se focaliser sur
les vitrines des magasins, car toutes les parties vitrées
donnant sur l'extérieur sont dépolies. Ce n'est
que du food court que l'on peut avoir vue sur l'extérieur
à travers une immense baie, conçue pour donner le
sentiment que le complexe flotte sur l'autoroute. Le respect des
règles du genre n'a pas empêché l'architecte
de faire appel à sa griffe d'artiste : on retrouve dans
les motifs cubiques et les couleurs des escaliers certains thèmes
qui reviennent sans cesse dans les peintures de Saleem Currimjee.
Phoenix les Halles est le deuxième grand immeuble, après
celui de Emtel, dessiné par Saleem Currimjee, qui a beaucoup
travaillé comme architecte décorateur sur des maisons
et des appartements et a collaboré à la restauration/récréation
du Bâtiment du Trésor. Après Phoenix Les Halles
et en attendant une prochaine exposition de peinture, il travaille
sur les plans d'un projet hôtelier aux Seychelles.
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