Faits et effets
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Quel est ce pays…
Humeur
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Comme d'habitude
Pris sur le vif
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La présentatrice
Faits et effets...
Quel est ce pays
Quel est ce pays où un ministre des Affaires étrangères
annonce le plus solennellement possible à l'Assemblée
Nationale un 19 septembre que c'est le Premier ministre qui va
défendre les intérêts nationaux et ceux du
Sud à un sommet qualifié de la dernière chance
des ACP à Accra, Ghana, fin septembre-début octobre,
et qui finalement ne s'y rend pas ? Qu'il ait de bonnes ou de
mauvaises raisons pour rester au pays, c'est son droit mais comme
son déplacement avait été annoncé
au Parlement par son tout nouveau chef de la diplomatie, et non
pas à une quelconque réunion du " constituency
labour party ", il doit quand même une explication
à la nation. Aucune jusqu'ici.
Quel est ce pays où au lieu d'être sur le front des
urgences, ce Premier ministre choisit de mobiliser son cabinet
tout entier, non pas pour une feuille de route immédiate
en vue d'atténuer les effets de la crise financière
sur son propre pays, mais pour une séance de " ti
lékol " à la Clarisse House, pas avec un chef
d'État important mais avec Mervyn King, le pape, dit-on,
de la bonne gouvernance et qui, en plus, n'en est pas à
sa première visite ? C'est dans ce même pays que
l'on parle de bonne gouvernance depuis des lustres et qu'un comité
avait même été mis sur pied depuis 2002 avec
le même président Tim Taylor qui officie encore sans
que l'on décèle la moindre amélioration dans
la gestion des affaires publiques. Bien au contraire !
C'est dans ce même pays où ce sont les nominés
du même Premier ministre qui trouvent que c'est tout à
fait conforme à la bonne gouvernance que d'intervenir en
faveur de personnes impliquées dans le trafic de drogue
et que des nominés politiques de son propre entourage sont
empêtrés dans des allégations de corruption
et dont la plupart pratique tout sauf la bonne gouvernance dans
des organismes para-publics ? Demandez ce que CHC, BA (Beach Authority)
- pour ne citer que quelques-uns de nos plus beaux fleurons en
matière de gestion publique - veulent dire, vous aurez
déjà une première bonne indication.
Quel est ce pays unique où, au lieu de baisser sensiblement
les prix des produits pétroliers, comme le fait le reste
du monde, on les augmentent de manière provocante alors
même que son taux d'inflation est déjà à
deux chiffres et que cela pousse des ménages à des
sacrifices insoupçonnés ? C'est le pays où
un conseil des ministres au grand complet glose sur la bonne gouvernance
avec un visiteur étranger mais qui affirme à son
Parlement et à sa population qu'il a réalisé
un " mari deal " avec une compagnie indienne qui met
les consommateurs à l'abri des grandes fluctuations de
prix et sur lequel on réaliserait chaque année des
millions de profits mais dont on ne sait toutefois pas à
quel point il est " mari " ce " deal " puisqu'il
est tout simplement secret et qu'il n'a pas été
le résultat d'un exercice d'appel d'offres international
comme cela a été le cas depuis plus de 25 ans. Un
dossier d'une épaisse opacité qui est un véritable
scandale. C'est ça la bonne gouvernance, paraît-il.
Voilà un sujet qui devrait être discuté avec
Mervyn King
Dans ce pays, ceux qui achètent leur carburant à
la pompe, les simples usagers mais aussi de nombreuses catégories
professionnelles qui en dépendent, chauffeurs d'autobus,
de taxis, de motocyclettes, planteurs et pêcheurs, qu'ils
soient riches ou pauvres, paient les mêmes taxes au ministre
des Finances, sous forme de TVA à 15 %, ce qui veut dire
qu'il empoche de plus en plus lorsqu'il y a augmentation, ce poste
budgétaire progressant de manière spectaculaire.
Mais ce n'est pas la seule taxe qui est prélevée
sur chaque litre payé, il y a aussi les items qui vont
aux subsides sur le riz et la farine et le transport gratuit mais
aussi aux dépenses d'un organisme du nom de la State Trading
Corporation.
Ce qui veut dire que, dans ce pays, le petit usager de mobylette,
le petit planteur et le petit pêcheur paient de leur outil
de travail pour engraisser les compagnies d'autobus qui sont censés
véhiculer les étudiants et les personnes du troisième
âge, qu'ils soient riches ou pauvres, même lorsqu'ils
restent au garage. Ces consommateurs plumés paient aussi
pour un clone de la même STC et qui, lui, porte le nom de
STC Management Company Ltd. Créée avec l'argent
public de la STC, elle est soustraite à tout contrôle
puisqu'incorporée comme une compagnie privée. Ça,
c'est de la super bonne gouvernance.
Dans ce pays où les enfants ont indistinctement le transport
gratuit, ils sont, en plus, supposés être admis dans
des établissements scolaires se situant le plus près
de leur domicile. Ils appellent ça le " catchment
area ", et, on vous assure, ce n'est pas ainsi que l'on désigne
les meilleurs endroits pour la prise des pêcheurs. Non,
puisque, dans la politique des carburants, ils sont les premiers
à être pris dans la spirale des prix chers à
la pompe.
Ce pays, ce n'est pas l'Irlande, ce " celtic tiger "
comme on l'appelle et, qui, 25 ans durant, a été
le meilleur élève de l'Europe et qui a enregistré
un taux de croissance exceptionnel et qui, frappé par la
crise, a saisi son Parlement d'une loi garantissant les dépôts.
Ce n'est pas les États-Unis où qu'ils soient républicains
ou démocrates, ils se mettent au-dessus de leurs intérêts
partisans en pleine campagne électorale pour aider leur
pays et leurs compatriotes à faire face. Ce n'est pas la
France, où c'est un régime de droite qui annonce,
chaque jour, des mesures pour soulager les plus nécessiteux.
Ce n'est pas non plus, même si on y approche, l'Inde, l'Afrique
du Sud ou la Zambie qui ont pris des mesures fiscales pour que
le carburant soit à la portée des consommateurs.
Si vous n'avez toujours pas trouvé, un dernier tip,
c'est celui où on s'amuse à réaliser des
sondages à des moments où ils ne s'imposent pas.
Ils ne mesurent jamais l'opinion publique au lendemain d'une affaire
Subutex, d'un remaniement ministériel ou d'une augmentation
à contre courant du carburant. Ce pays, c'est l'île
Maurice de l'alliance sociale
Humeur
Comme d'habitude
L'approche de la fin de l'année est marquée à
Maurice par une série d'événements. Au niveau
climatologique, l'hiver va céder sa place aux chaleurs
de l'été. Encore que cette année, il semblerait
que le climat ait subi quelques changements qui fait que l'on
continue à utiliser les moletons le soir tout en transpirant
pendant la journée. Si l'hiver semble jouer les prolongations
cette année, les arbres fruitiers annoncent de belles récoltes,
si aucun cyclone ne vient jouer au trouble-fête. Cette floraison
a réveillé deux races de prédateurs qui s'attaquent
aux fruits : les chauves-souris et les marchands de mangues. Les
premières attaquent d'en haut, les autres d'en bas et les
deux espèces massacrent nos arbres fruitiers. La première
pour se nourrir, l'autre pour les vendre. Si les deux espèces
sont également nuisibles, la deuxième est beaucoup
plus dévastatrice. Il suffit de se rendre dans une foire
aux légumes ou aux bazars improvisés près
des marchés pour le découvrir. Des mangues dont
le noyau est à peine formé et qui sont à
un demi-tiers de la taille qu'elles peuvent atteindre sont vendues
par lots. Ce sont visiblement des mangues volées, car aucun
propriétaire d'arbre fruitiers ne peut cueillir des mangues
qui sont presque encore à l'état de bourgeon. Des
mangues dilait, comme on dit en créole. Les vendeurs
de mangues sont en fait des voleurs qui arpentent les rues avec
une gaulette pour les plus équipés et munis de pierre
pour les autres qui massacrent les arbres et les fruits. La police
de l'environnement et les inspecteurs des marchés municipaux
ne pourraient-ils pas s'occuper de ce dossier et interdire la
vente de fruits volés ? Leurs auteurs sont définitivement
plus dangereux pour la croissance des fruits que les chauves-souris
et les cyclones.
L'autre événement de cette fin d'année sera
le retour des marchands ambulants sur les trottoirs de nos villes
et de nos gros villages. Comme tous les ans, aucune décision
n'a été prise au niveau du gouvernement et des municipalités
pour régler ce problème qui existe depuis plus de
quinze ans. Comme d'habitude, aucun élu ne voudra prendre
une décision contre les marchands de moins en moins ambulants,
car ils sont, paraît-il, d'une rare efficacité en
période électorale et contrôlent des quartiers
entiers. Et n'hésitent pas à mettre la main à
la poche pour financer certaines dépenses électorales.
Comme l'élu municipal se préoccupe plus des besoins
des marchands ambulants que des demandes de ses administrés,
qui s'acquittent pourtant de la taxe municipale, les centre villes
vont bientôt se transformer en bidonvilles où régneront
le plastic et les boîtes en carton. D'autre part, les trottoirs
vont se transformer en étaux de fortune qui vont bloquer
l'entrée des magasins dont les propriétaires paient
pourtant une patente et une taxe municipale annuelle. Quand les
citadins en auront assez de la situation et commenceront à
harceler les conseillers municipaux ; que les propriétaires
de magasins menaceront de ne pas payer la taxe municipale, les
maires vont enfin se manifester. Ils organiseront des réunions,
tiendront des conférences de presse et participeront à
des émissions de radio pour affirmer que "ça
ne peut plus se continuer". Ils demanderont aux inspecteurs
municipaux et à la police de faire quelques saisies spectaculaires,
puis diront qu'ils autorisent les marchands ambulants pour des
"raisons humanitaires". Sans manquer de
promettre de prendre des mesures dès le début de
l'année prochaine pour trouver "une fois pour toutes"
une solution au problème des marchands ambulants. En sachant
bien que, sauf notable exception, c'est un autre conseiller qui
sera maire et qui se gardera bien de prendre une quelconque décision
en attendant
la fin de l'année pour le faire.
Le dernier événement de l'année est l'élection
mairale dans les cinq villes. Depuis quelques semaines, les prétendants
au collier mairal ont commencé plus ou moins discrètement
leur campagne. Comme les municipalités sont contrôlées
- le terme gérées ne s'applique pas ici - par l'Alliance
sociale, tout repose sur un partage des postes qui ne tient en
compte que l'appartenance politique. Pas les qualités de
gestionnaire du candidat ou son expérience professionnelle.
Une fois le partage des villes fait, il appartiendra à
chaque parti ayant obtenu un mairat de départager ses conseillers.
Ce ne sera pas chose facile, car tous les conseillers aspirent
à la fonction de maire. Surtout depuis que les salaires
ont été augmentés par le PRB. Il y aura des
cris et des grincements de dents, des dénonciations, des
menaces de démission et des dossiers d'accusation refilés
à la presse. Et puis, au nom de l'unité du parti,
ou de l'alliance, les maires seront élus et ne feront strictement
rien de leur mandat ou voudront en faire trop en tombant ainsi
dans le ridicule.
Comme d'habitude.
PS : Puisque nous parlons de municipalités, quelqu'un aurait-il
des nouvelles de l'enquête que l'ICAC a ouverte sur le dossier
des conseillers de Quatre-Bornes impliqués dans l'histoire
de location d'étals dans une des foires de la ville ?
Pris sur le vif
La présentatrice
-Tu as vu le concours Miss Mauritius à la télévision
toi?
- Tu peux croire! C'est un gaspillage. Ça dure des heures
et c'est toujours la même chose. Quand on l'a vu une fois,
on l'a vu toutes les fois. Après, sorry bonne femme, ce
n'est pas un concours de beauté. J'ai vu des photos des
candidates dans les journaux. Certaines sont tellement maigres
qu'on dirait de véritables gaulettes casse maçons.
- C'est la tendance, ma chère. Plus tu es maigre, plus
tu est supposée être jolie. Moi je trouve que les
candidates étaient plutôt potables cette année.
- Ah bon, qu'est-ce que tu veux dire par plutôt potables
?
- Bon, elle ne sont pas des top des tops, elles ne sont
pas du niveau de Aiswarya Rai, non, mais elles ne sont pas cette
quantité de vilain là. Elles sont plutôt potables,
je te dis.
- Tu penses que des candidates plutôt potables de Maurice
peuvent aller faire bonne figure au concours Miss World? Tu as
vu les filles canons qu'il y a dans ce concours-là. Tous
les pays envoient des top des tops et nous on envoie des
gaulettes casse maçons, toi. Dans un concours de ridicule,
on gagnerait sûrement un prix, dans un concours de beauté,
no way. Alors comment est la Miss de cette année ?
- Elle cause bien en tout cas
-
Ah bon, elle ne mélange pas les LE avec les LA
-
pas du tout toi. Elle se débrouille plutôt
bien, je te dis. D'ailleurs, toutes les filles ont plutôt
bien répondu. Il n'y a pas eu de gaffe monumentale.
- Il n'y a pas eu de beautés, il n'y a pas eu de gaffe,
mais qu'est-ce qu'il y avait dans ce concours alors ? Je sais,
c'est pour regarder les Mr World que tu as regardé le programme.
Alors, comment ils étaient ?
- Tu as raison, c'est un peu pour ça que je regardais.
Je croyais qu'ils allaient être un peu plus bouffons que
les filles, mais ils étaient plutôt corrects.
- Ils étaient plus jolis que les filles quoi ?
- Non, je ne peux pas dire ça. C'était comme pour
les filles. Il n'y avait pas parmi les candidats des Brad Pitt,
des Hritik Roshan ou des Jude Law, mais ils étaient plutôt
potables, eux aussi.
-Si les candidates et les candidats sont potables, il faut faire
un change of name avec le concours. Et par rapport aux
filles, les candidats ils causent bien.
- Plutôt. Il y a eu un seul qui a confondu un LE avec un
LA au moment des questions, mais ça même tout. Ils
se débrouillent bien dans l'ensemble.
- Il y a eu un scandale à la fin, comme d'habitude, une
candidate qui est venu dénoncer l'organisation?
- Même pas.
- Mais qu'est-ce qu'il y avait dans ce concours où il ne
s'est rien passé pour que tu regardes jusqu'à la
fin.
- La présentatrice.
- Ah bon, c'est la présentatrice qui était le clou
du spectacle, non pas les Miss, ni les Mr ? Qu'est-ce qu'elle
avait de si extraordinaire cette présentatrice ?
- Sa taille
.
-
ok, ok, je vois. On m'a dit ça. C'est une grosse
présentatrice de la radio qui a fait l'animation. Et alors
?
- Tu viens toi-même de dire que les candidates étaient
des gaulettes casse maçons. Alors tu imagines une grosse
présentatrice dans un concours de beauté.
- C'était peut-être fait pour mettre en valeur la
minceur des candidates. En tout cas, elle a le droit de présenter
et je trouve que ce n'est pas chic de la critiquer.
- N'importe quoi. Tu trouves normal de dire que les candidates
ressemblent à des gaulettes casse maçons et injuste
qu'on dise que la présentatrice est grosse.
-Je trouve pas chic de s'attaquer à sa personne.
- Mais c'est elle-même qui a exposé sa grosse personne
devant le public, toi. Sorry bonne femme, elle va présenter
un concours de beauté où les candidates acceptent
d'être jugées et critiquées sur leur physique
et tu dis qu'on n'a pas le droit de la critiquer! Pourquoi tu
es chagrine pour elle, c'est elle-même qui a rôdé.
Et encore elle a eu de la chance, toi.
-Comment ça, elle a eu de la chance?
- Heureusement que Radio Pirates ne fait plus de programmes à
la radio.
- Qu'est-ce que ça à voir avec la présentatrice.
- Tu sais comment ils avaient surnommé une candidate à
Miss Mauritius: Sheila Coenne.
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 5 octobre 2008
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