m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 5 octobre 2008



  Reportage: Métier oublié - Charbonnier maître du feu
  Sculpture : Mauricien à l'étranger - L'univers féerique de Steve Armance
  ARTiste - D. Constantin signe Les toiles de David
  Portrait - Suthedeo " Bhai" Beeharry, le Mauricien qui a fait reculer le gouvernement
  Pour que la musique reste un plaisir - Protégez vos oreilles
  Concert - Guy Criaki et Dominique Barret : la rencontre
  En passant par Anoska
  Du 4 au 11 octobre, Festival provençale au Sands Resort & Spa octobre - Sur un air de Provence…
  Recette - La pomme de terre : sucrée ou salée
  Brèves


Reportage: Métier oublié

Charbonnier maître du feu

L'exploitation du charbon de bois ne date pas d'hier, ses utilisations non plus. La carbonisation du bois par les charbonniers dans la forêt a longtemps donné un excellent combustible domestique, utilisé aussi en industrie. "Sarbon létan lontan" est aujourd'hui associé au barbecue avec la société des loisirs. On trouve encore dans les forêts du nord du pays des "fours" reliés les uns aux autres par de petits sentiers. Ce sont les derniers vestiges d'une activité séculaire dont l'un des enjeux de production est d'éviter les dégâts en milieu naturel et sur la santé. Suivez les traces d'un charbonnier de Roches-Noires pour comprendre une activité liée à la maîtrise du feu.

Pour rejoindre Dadone, 31 ans, charbonnier depuis 10 ans, il faut emprunter un étrange chemin coloré par de la cendre. On quitte rapidement les grands arbres pour pénétrer un lieu isolé dans les bois de Roches Noires. Là, on trouve des places aménagées pour les "fours sarbon." Ce sont des lieux reculés qui témoignent des conditions rudes de travail. Le charbonnier Dadone nous explique d'emblée pourquoi il fait ce métier : "Bizin tire ration dan mo lacaz, pena travay, pou tras lavi bizin fer sarbon... sa travay la fer ici depi lontan... dimoun encor servi sarbon pou cuit manzé meme dan la ville... mais bizin kone brile sarbon." Le développement de l'activité a toutefois ralenti. Il y a de plus en plus de contrôles sanitaires et de "spot check." Il faut une "patente" pour exercer de nos jours, nous dit le charbonnier. Mais il ne se décourage pas et prend les précautions nécessaires. Il travaille pour un contracteur et surveille son "four" jour et nuit. Le savoir-faire du charbonnier consiste à contrôler les flammes sinon on obtient des cendres et non du charbon.

Sarbon ene produit bien ancien

On utilise les méthodes anciennes pour fabriquer le charbon de bois dans ces places charbonnières à Roches-Noires. Des travailleurs sont sur place le matin pour décharger le bois. L'un deux s'arrête pour nous expliquer comment le charbon est obtenu. Il y a d'abord le choix du bois qui va être carbonisé : bois de filaos, eucalyptus, longanier - du bois qui ne brûle pas vite. Une équipe de quatre personnes au moins se charge d'empiler le bois pour faire un assemblage en forme de volcan, environ huit mètres de haut. Le bois empilé va du plus gros morceau aux fines branchages aux extrémités. La pyramide peut être construite en un jour ou deux selon l'équipe. On peut monter jusqu'à cinq fours dans les places charbonnières tout dépend de la fourniture en bois. Le bois empilé est recouvert de paille et de terre en laissant un espace libre au centre du four. On enflamme le tas recouvert par le bas. La flamme est envoyée dans ce trou. Le feu prend en l'espace de huit heures et se propage jusqu'en haut. Une partie du bois consumé par la chaleur transformera l'autre partie en charbon.

Le charbonnier assure une surveillance jour et nuit. Le four peut exploser comme un volcan. Il faut alors remettre du bois en le faisant chauffer. Le four cuit pendant huit jours de haut en bas. On sait que le charbon est prêt lorsque le tas de bois se transforme en poudre, nous dit le charbonnier. "Après 8 zour commence casser ek trouv sarbon..." Après le démontage, le chargement se fait dans des sacs (balles). Le charbon est vendu aux quincailleries et aux particuliers. Le charbonnier Dadone nous dit que le barbecue a donné un nouveau souffle au charbon de bois: "Sarbon la pe alé..." Lui, continue à surveiller ses fours dans l'isolement. Une activité peu valorisée, mais sans le charbon de bois, il serait sans emploi.


Le charbon de bois est obtenu en carbonisant du bois de manière contrôlée en l'absence d'oxygène. Le procédé permet de retirer du bois, son humidité et toute matière végétale volatile pour ne laisser que le carbone. Le charbonnier nous dit qu'un four peut donner environ 500 "balles" de charbon. Un sac de charbon coûte environ Rs 150. La carbonisation se fait sur un espace de 5 arpents dans un terrain à bail. L'activité, loin des résidences, est soumise à une réglementation sanitaire.


Hygiène et sécurité

Il faut savoir que la carbonisation produit des substances qui peuvent être nocives et des précautions sont nécessaires. Les gaz produits par la carbonisation ont une forte teneur en monoxyde de carbone qui est toxique lorsqu'on le respire. Lorsqu'on travaille autour du four et lorsqu'on l'ouvre, il faut s'assurer d'une ventilation convenable afin de permettre au monoxyde de carbone de se disperser. Les goudrons et fumées provenant de la carbonisation, bien que n'étant pas directement toxiques, peuvent avoir à la longue des effets nocifs sur le système respiratoire.


Sculpture : Mauricien à l'étranger

L'univers féerique de Steve Armance

Installé à Bezon en France depuis neuf ans, Steve Armance est devenu cette année, le Champion du monde de sculpture sur glace. Depuis qu'il a quitté l'île Maurice, le sculpteur, âgé de 48 ans, n'a cessé de se perfectionner dans cette discipline éphémère et glacial mais néanmoins féerique. Outre le fait d'être médaillé d'or dans plusieurs compétitions de sculpture sur bois à Maurice, de collectionner médailles et récompenses dans d'autres concours de sculptures notamment sur bloc de glace, Steve Armance a aussi figuré en 2003 dans le livre Guiness des Records. Portrait d'un personnage atypique...

Les journaux francophones le classent parmi les artistes les plus accomplis dans le domaine de la sculpture sur glace. En France ou à Ottawa, Steve Armance fait parler de lui. C'est que la persévérance de celui-ci dans le domaine de la sculpture l'a amené à devenir l'un des meilleures sculpteurs de glace internationaux. Pour s'en convaincre, il suffit de s'arrêter sur les titres qu'il a obtenus depuis 1990 : trois médailles d'or obtenus à Maurice de 1990 à 1995, 2ème place au Canada en février de cette année, 4ème place à Ottawa en 2007, et d'autres concours qui se sont tenus depuis 1999.

Où s'arrêtera cette fulgurante ascension? Certainement pas avant ce titre de Champion du monde obtenu en mars dernier lors du concours international en Alaska, véritable rendez-vous des meilleurs sculpteurs de glace au monde, où il a obtenu la première place (multiblock), devenant ainsi le champion du monde de sculpture sur glace.

Des personnages loufoques, moitié animal, moitié homme, des situations des plus hétéroclites : voilà ce qui inspire Steve Armance, qui sait trouver un angle fantaisiste à ses pièces, ce qui les rend uniques. Pour la création de pièces originales, les fruits et légumes attirent également son attention. "La sculpture fait partie de ma vie, c'est un besoin vital comme manger et respirer. Si un jour je devais arrêter de sculpter, ce que je ne souhaite pas, je pense que ce serait juste une moitié de moi qui continuerai à vivre. Dans chaque sculpture que je réalise, je donne une partie de moi, que je redécouvre après l'œuvre terminée ", affirme Steve Armance que nous avons rencontré alors qu'il était en vacances à Maurice. Né à l'ile Maurice, de père sculpteur, il commence dès l'enfance à travailler sur le bois dans l'atelier familial. "La passion de la sculpture, je pense que je suis né avec, mon initiation commence avec le bois et ce n'est que bien plus tard que j'ai commencé à toucher d'autres matières, jusqu'à plonger complètement dans l'éphémère, tailler les fruits et légumes pour finir avec les blocs de glace et le sable ", dit-il. Steve Armance a développé un site internet ( stevesarmancessculptures.com) sur lequel l'on peut découvrir ses œuvres.

Bien que les œuvres en glace ne durent que 5 heures, cette matière vivante mais périssable, ne laisse jamais insensible ceux qui la modèlent. "Sculpter pour moi, ce n'est pas simplement donner une forme, mais aussi communiquer avec la matière, en conséquence la nature et ce n'est que là que j'arrive à m'exprimer", dit-il.

La maîtrise des matières lui permet des prouesses audacieuses. "Sculpter perpétuellement différentes matières me permet de découvrir constamment les merveilles de la nature, les formes, les traits, les textures, les expressions et les émotions. La sculpture doit naturellement apporter aux personnes qui la pratiquent un bien-être, un sentiment d'apaisement et de satisfaction presque spirituel, parce qu'il s'agit de reproduire ce qu'on a vu, vécu, ou imaginer dans le passé, le présent ou le futur. En fait, chaque sculpture m'apprend un peu plus tous les jours, c'est, en quelque sorte, un apprentissage de la vie, qui contribue à l'harmonie et au bonheur de ma vie."

Steve Armance a fait ses études à Maurice et passa deux années à l'Ecole des Beaux-Arts où il perfectionne le modelage, le dessin et la sculpture, ensuite il fut employé par des entreprises de sculpture sur bois et après par de grands Hôtels où il faisait des sculptures sur sable et sur polystyrène, avant de découvrir la sculpture sur bloc de glace et sur fruits et légumes. Après des années d'expérience, il ouvrit son propre atelier d'Art et boutique d'artisanat de sculpture sur bois et polystyrène à Bezon. Aujourd'hui, il propose des cours de sculptures sur fruits et légumes aux professionnels de la restauration haut de gamme, pour celles et ceux qui veulent améliorer la présentation des buffets, ou des plats en tous genres, ou créer des pièces montées avec des fruits et légumes sculptés, entre autres. En novembre 2003, la réalisation d'une sculpture en résine, La Marianne, homologuée dans le livre Guinness des Records, comme le plus grand buste de la Marianne de France, jamais sculpté (1m 82). Puis, en avril 2006 : Mall of Emmirates, Ski Dubai Dubai, participation en équipe à la réalisation de la plus haute sculpture de glace au monde, représentant la tour Burj Al Arab (12 m 50) l'une des plus hautes tours commerciales de Dubai qui a aussi figuré dans le livre Guiness des Records.


ARTiste

D. Constantin signe Les toiles de David

D'une exposition à l'autre la signature est la même. Cette fois, on trouve en plus un souffle qui laisse respirer la couleur. Par les taches, les traits exécutés rapidement pour aller vers une atmosphère, David Constantin engloutit le temps et le monde, paysages et gens, les ports et les bateaux. L'artiste a choisi la galerie du Moulin Cassé, à Pereybère pour présenter son 4ème solo du 16 au 20 octobre 2008.

Sa voie semble tracée vers cette exploration aussi épurée que persévérante: à travers ses aquarelles et ses encres, David Constantin continue à tourner autour du port (des ports), des rues de Port Louis ou du littoral par des après-midi calmes. Il cherche à découvrir ces lieux sous divers angles de vue et restituer une atmosphère selon les variations horaires. David nous indique quelques procédés picturaux susceptibles d'approfondir notre champ de vision. Il procède "par taches... la couleur est plus libre par rapport au trait." C'est peut-être une des raisons pour lesquelles il a estimé nécessaire d'introduire dans ses vibrations de lumière suffisamment d'ocre et de bleus pour sentir une atmosphère. Dans les 49 toiles (technique mixte) exécutées sur une période de trois ans, il y a des polyvalences dans les nuancements, l'accumulation des touches énergétiques et la tension des tracements. David peint sur place avec un groupe d'amis. Il semble avoir développé ses propres techniques du dessin à la peinture. Il multiplie les séries (ports, bateaux), alterne les tons chauds et froids, rajoute des touches de couleur pour s'en affranchir.

Nous avons aimé ces figures encrées de noir à la fois figuratives et abstraites. Dans Bain-Boeuf, Crève-coeur, Salines-Tamarin, la surface de la toile s'articule par ces taches épaisses ou tremblées évoquant une image de la terre ou de la mer. Une composition dynamique dans laquelle l'ombre est forme et sujet. David Constantin retrouve intuitivement la configuration du paysage environnant, celui des rochers, des barques et des arbres. Les contrastes qu'il exploite s'accompagnent d'une ambiance. Ses toiles de petits ou grands formats sont suffisamment profondes pour pénétrer le mystère de la nature.


Portrait

Suthedeo " Bhai" Beeharry, le Mauricien qui a fait reculer le gouvernement

Jusqu'au mois de juillet 2008 Suthedeo Beeharry était un parfait inconnu pour les Mauriciens. Et puis il y a eu les commentaires de la Cour Suprême sur l'affaire qu'il avait logé en Cour en 2005 contestant la nomination de deux nouveaux Deputy Prime Ministers par le gouvernement . Depuis Bhai Beeharry est devenu celui qui a obligé le gouvernement à voter une loi pour corriger son "erreur" de 2005. Voici son portrait.

Bhai Beeharry, comme ceux qui le connaissent le surnomment, est né à Ferney, à l'époque des établissements sucriers du sud, où travaillait son père. En sus d'être employé de "tablissement" le père de Bhai Beeharry était également chef agent travailliste pour la région. "Je suis le seul des quatre enfants de la famille a avoir suivi les traces politiques de mon père. J'allais avec lui aux meetings, j'écoutais les discussions politiques qu'il avait quand Horold Walter, qui était député de Mahébourg, venait le voir. Comme tous les jeunes de cette époque j'étais passionné par la politique et le combat pour l'indépendance." Plus tard la famille Beharry quitte Ferney pour s'installer à Mahébourg où Suthedeo trouve du travail comme électricien dans une compagnie d'autobus. Il quittera cette compagnie en 1979 pour aller pratiquer le même métier dans l'Aviation Civile où il restera jusqu'à sa retraite, qu'il prend en 1994. Durant ses années de jeunesse, Beeharry est, comme son père et comme une majorité de Mauriciens un travailliste convaincu. Sa fidélité au Labour durera jusqu'en 1982. "Je ne vous raconte pas à quel point nous avons été secoué par les premiers soixante zéro qui mettait fin au règne du PTr depuis l'indépendance. Avec ces premiers soixante zéro, je me suis rendu compte que le parti travailliste ne répondait plus à ce que j'attendais de la politique. Après la cassure MMM/PSM, je suis entré au MSM avec beaucoup d'autres travaillistes et avons soutenu ce parti pour les élections de 1983 et les autres. Je suis devenu un agent du MSM et j'ai longtemps fait partie de ses instances dirigeantes dans le sud." C'est au sein de ce parti que Bhai Beeharry fait la connaissance d'Anil Gayan dont il deviendra le chef agent pour la circonscription numéro 12. Il suivra Anil Gayan quand ce dernier décide de claquer la porte du MSM, en 2006, pour aller rejoindre l'Union Mauricienne d'Ashock Jugnauth. Il suivra également Anil Gayan quand ce dernier se sépare du parti d'Ashock Jugnauth. "J'ai confiance en Anil Gayan et je suis disposé à le suivre là où il ira politiquement." Même s'il retourne au MSM ou adhère au PTr ? Beeharry éclate de rire, regarde Anil Gayan, qui assiste de loin à la conversation et évite de répondre. Au lieu de faire élire les autres, de mettre son savoir faire et son expérience du terrain politique au service des autres pourquoi est-ce que Bhai Beeharry n'a pas posé sa candidature à la députation du numéro 12 ? "Parce que cela ne m'intéresse pas. Je crois que dans la vie chacun doit connaître ses limites. J'ai des capacités et l'expérience nécessaires pour être "chef agent" ou président d'une régionale, pas pour être député. Je n'ai pas le niveau requis pour cette fonction. Je serai incapable de faire ce "job". Je suis le premier à rire de certains députés qui passent cinq ans au Parlement sans jamais ouvrir la bouche. Je suis le premier

à bouffonner certains ministres quand ils font des déclarations que personne ne comprend. Je ne veux pas me retrouver dans cette situation et je préfère rester à ma place pour ne pas me rendre ridicule."

C'est après les élections de 2005 que Bhai Beeharry va être amené à lancer la procédure qui fera de lui le Mauricien qui va obliger le gouvernement à revoir les titres de deux de ses ministres. "Après la défaite et les préstations de serment nous étions Pradeep Roopun et Anil Gayan et moi en train de discuter politique quand Anil Gayan a dit que les deux nouveaux postes de Deputy Prime Ministers étaient anticonstitutionnels. J'ai alors dit que si c'était le cas il fallait poursuivre le gouvernement en cour. Anil Gayan et Roopun m'ont alors demandé si j'étais prêt à mettre le "case" à mon nom. J'ai dit oui sans hésiter parce que si tous les citoyens doivent respecter la loi il faut que le gouvernement le fasse aussi, en donnant l'exemple. C'est lui qui doit faire respecter la loi, il ne peut pas la violer. Ils ont fait les démarches et j'ai signé les papiers." Est-ce qu'il envisageait à ce moment làunevictoire ? "Franchement non. Parce qu'on ne peut jamais savoir ce que la Cour va décider. Mais j'étais persuadé qu'il fallait aller de l'avant, même si à Maurice les procès sur les cases électorales prennent beaucoup de temps." Ce n'est pas tous les matins qu'un Mauricien décide de poursuivre le gouvernement en Cour. Est-ce qu'en tant qu'activiste politique Bhai Beeharry n'a pas eu des craintes contre d'éventuelles représailles venant d'en haut en signant les papiers ? "Je reconnais que j'ai réfléchi quand même. Je n'avais pas peur puisque je n'avais rien fait de mal. La loi dit que quand vous n'êtes pas satisfait d'un chose il faut demander à la Cour de trancher. Cela dit, je sais ce qu'on peut faire à Maurice en termes de représailles politiques. Mais j'étais tranquille dans la mesure où aucun membre de ma famille ne travaille dans le gouvernement. Sinon cela aurait pu être différent." Et puis l'inpensable - tout au moins pour les avocats du gouvernement - est arrivé : la Cour Suprême a débouté le case Beeharry mais en faisant des commentaires approuvant la justesse de sa démarche. "J'étais à Londres chez mon frère quand Anil Gayan a téléphoné pour dire ce qui était arrivé en cour. Mon frère est allé sur internet pour lire les journaux de Maurice. J'ai eu un choc, un choc agréable et je me suis dit que le justice existait encore à Maurice. Mais j'avoue que, quand je me suis rendu compte que mon "case" avait obligé le gouvernement à faire voter une loi pour corriger son erreur de 2005 que j'ai été vraiment fier de moi de MM Gayan et Roopun.. Ce que nous avons fait prouve que quand on a raison il ne faut pas hésiter à aller de l'avant. Il ne faut pas croire que la justice est faite juste pour les grands "paltots". Il faut que les Mauriciens aillent de l'avant quand ils subissent une injustice ou une situation injuste. Il ne faut pas hésiter. C'est pourquoi nous allons continuer le procès plus avant. J'ai été surtout fier de ce que les juges ont dit et surtout des commentaires faits par l'ancien juge Robert Ahnee." Comment son entourage a acceuilli sa victoire sur le gouvernement?" Ceux qui suivent la politique comprennent l'importance de ce qui s'est passé. Depuis que je suis rentré les gens qui me connaissent me félicitent. Mes parents ne s'intéressent pas comme moi à la politique. Ils sont comme la majorité des Mauriciens: ils travaillent pour joindre les deux bouts. Et puis les Mauriciens se désintéressent de plus en plus de la politique parce qu'ils sont décus par les grands partis."

A quoi est-ce que l'agent politique qu'est Bhai Beeharry attribue cette déception? "Tous les grands partis politiques ont pratiquement la même idéologie, le même discours et sont capables d'oublier tout ce qu'ils ont pu dire sur les anciens adversaires devenus leurs partenaires. En créole on dit Topette ne vaut pas Morette. On pourrait dire que le MMM, le MSM et le PTr c'est un seul parti en trois morceaux." Quelle serait la meilleure alliance politique selon Bhai Beeharry pour les prochaines élections générales? " C'est difficile à dire. Il nous reste théoriquement deux ans avant les élections, ce qui veut dire que tout peut arriver au niveau des alliances. Je pense que les choses vont se préciser sérieusement quelques mois avant les élections. Comment voulez-vous que je vous dise pour quelle alliance je serais susceptible de voter alors que les politiciens eux-mêmes ne savent pas ce qu'ils vont faire, avec qu'ils vont s'alliancer? Je crois qu'il est temps de créer un nouveau parti, avec de nouveaux combattants pour changer la politique à Maurice et intéresser les Mauriciens. Surtout les jeunes, comme mes enfants, qui ne sont pas intéressés par ce que disent et font les politiciens qui sont en place depuis l'indépendance. Je crois que l'électorat veut du sang neuf, du changement, du vrai changement, pas juste un repositionnement un peu comme le remaniement que Navin Rangoolam vient de faire. Il est temps de changer de cycle. Si un vieux vétéran de la politique comme moi est fatigué de cette situation, imaginez les jeunes qui sont la majorité de l'électorat et qui n'ont pas de culture politique doivent penser. Fine l'heure pou en vrai changement."


Pour que la musique reste un plaisir

Protégez vos oreilles

MP3, radio via portable, musique en auto, concert, discothèque… Le loisir musical est en forte progression, surtout chez les jeunes. Or, à travers nos comportements vis-à-vis des sons, nous risquons de mettre notre audition en danger. Et oui, nos oreilles sont aussi précieuses que fragiles. Certes, on ne le dira jamais assez, attention au volume! Toutefois, il faut savoir que le volume sonore n'est pas le seul facteur qui peut mettre vos oreilles en danger. La durée de l'écoute est tout aussi primordiale. Pour que le plaisir musical dure toujours, certains bons réflexes devraient être développés…

Selon Agi-Son, une association de professionnels de la musique, 70% des musiciens pratiquant des musiques amplifiées souffriraient de traumatismes auditifs. Cette association, qui mène actuellement une campagne de sensibilisation aux risques auditifs liés à l'écoute et à la pratique des musiques amplifiées, souligne également qu'entre pratique et écoute, un jeune sur quatre aurait un déficit reconnu comme pathologique. Pour éviter des problèmes auditifs, il faut apprendre à bien gérer son écoute et son exposition. Mais attention, prévenir les risques auditifs ne signifie pas forcément diminuer le volume sonore. En effet, le principal facteur de risque est le temps d'exposition plus que le seul volume. Il est donc nécessaire d'acquérir les bons réflexes pour protéger ses oreilles des sons excessifs.

- Éloignez-vous des enceintes.

- Contrôlez le volume de votre baladeur.

- Faites des pauses : par exemple 10 minutes toutes les 45 minutes ou 30 minutes toutes les 2 heures d'écoute.

- En cas de niveau sonore élevé, portez des protections auditives en mousse. Elles atténuent le son.

- Si vous êtes musicien : vérifiez l'acoustique de votre local de répétition, faites des pauses pendant les répétitions, revoyez à la baisse votre niveau sonore individuel et collectif, utilisez un sonomètre pour connaître précisément le niveau sonore auquel vous êtes soumis.

- Attention, la fatigue fragilise les oreilles.

- L'alcool, les drogues et les médicaments rendent moins vigilants.

Notez toutefois que les sifflements et bourdonnements, ainsi que de forte douleur au son ou une baisse d'audition durant plus de 24 heures doivent vous amener à consulter les urgences ORL.


La musique relaxante agirait sensiblement sur la tension artérielle

La musique adoucit les mœurs. C'est bien connu. Le fait nouveau, c'est qu'elle diminuerait aussi sensiblement la tension artérielle des hypertendus. Mais attention, pas n'importe quelle musique! Pour baisser la tension : écoutez une musique relaxante, à l'instar du son de vague…

Les résultats d'une étude ménée par le Pr Jean Tang du College of Nursing de Seattle démontrent qu'il vaut mieux écouter une musique dite "relaxante" - sons de vagues - que Mozart! Le Pr Jean Tang a ainsi, sur une durée de quatre mois, mesuré l'évolution de la tension artérielle de 41 hypertendus de 65 ans et plus. Ces derniers - pas forcément mélomanes -, repartis en deux groupes, devaient, trois fois par semaine, écouter soit du Mozart, soit une musique relaxante. À la grande surprise des chercheurs, il ressort que le célèbre compositeur autrichien aurait moins d'effet sur la tension artérielle. Certes, dans les deux groupes, l'équipe du Pr Jean Tang a constaté une baisse de la tension systolique, mais elle s'est avérée supérieure (6,4% contre 5%) avec la musique relaxante. Les chercheurs américains n'ont, en revanche, observé aucune différence concernant la tension diastolique. Selon le Pr Jean Tang, le fait d'écouter des sons relaxants aurait un impact sur le système nerveux parasympathique. Or, ce dernier est connu pour ralentir la fréquence cardiaque et abaisser la tension artérielle. Quant aux amateurs de Hard Rock ou de Heavy Metal…


L'exposition au paracétamol : un facteur de risque d'asthme chez l'enfant

Il existerait un lien entre la prise de paracétamol au cours de la première année de vie et l'apparition d'asthme, d'eczéma ou d'allergies durant l'enfance. Lien mis en évidence dans une étude publiée dans la revue The Lancet, mais qui demande toutefois confirmation…

Dans le cadre de cette étude sur l'asthme infantile, le Pr Richard Beasley, du Medical Research Institute, en Nouvelle-Zélande, avec son équipe, a passé au crible les données concernant 200 000 enfants originaires de 31 pays. Suivant les résultats obtenus, l'auteur soutient que le fait de donner à un nourrisson du paracétamol pour traiter sa fièvre augmenterait son risque d'asthme de 46%. Pire, précise-t-il, chez les petits régulièrement traités avec cet antalgique, le risque serait triplé. Dans un éditorial, le Pr Graham Barr, de la Columbia University à New York, souligne l'importance majeure de ce travail. Mais l'éditorialiste néanmoins attend une prochaine étude qui pourra clairement identifier le lien de causalité. De son côté, le Pr Richard Baesley soutenant que l'exposition au paracétamol pourrait constituer un facteur de risque d'asthme chez l'enfant, précise, toutefois, que pour autant, ce médicament reste le traitement de référence de la fièvre chez les nourrissons, les résultats de son étude ne doivent en aucun cas inciter les parents à cesser de l'utiliser. Il suggère que les parents s'en tiennent aux recommandations officielles de l'OMS en la matière. A savoir de n'utiliser ce traitement que chez les nourrissons dont la température est supérieure à 38,5°C.


Manger des melons pour faire baisser sa tension

Selon des nutritionnistes américains, les melons et les pastèques sont particulièrement riches en potassium. En manger, conseillent-ils, contribueraient à faire baisser la tension et éviter les problèmes d'hypertension. Selon Lona Sandon, du Southwestern Medical Center, lié à l'université du Texas, manger des fruits et légumes de saison riches en potassium permet de faire baisser la pression artérielle. Suite à une étude qu'elle a récemment menée, elle indique que l'équivalent de deux tasses de pastèque apporterait environ 10% des apports journaliers recommandés en potassium. Il en va de même pour la consommation d'un quart de melon qui apporte 800 à 900 milligrammes de cette substance, soit approximativement 20% de l'apport journalier recommandé. Les abricots, avocats, figues, kiwis, oranges, raisins, ou les pommes de terres sont également des sources de potassium.


Concert

Guy Criaki et Dominique Barret : la rencontre

Dans le parcours de Guy Criaki, il aura chanté et accompagné Dominique Barret, l'un des meilleurs chanteurs de la région de l'océan indien. Après 20 ans d'absence sur la scène musicale, l'interprète de Elle disait, grand succès des années 80, qui fait de nouveau parler de lui en sortant un best-of, poursuit son petit bonhomme de chemin humant également les textes que des auteurs comme le Réunionnais Dominique Barret lui aurait proposé lors de plusieurs concerts donnés à l'île de la Réunion comme à Maurice, des ballades et maloyas comme Pou ou mamzel. Lors d'une rencontre avec la presse mardi au restaurant Le Chutney, Port-Louis, voici ce qu'il en dit de celui-ci: "Dominique Barret est un excellent chanteur, un crooner, très sympathique et séduisant. " La rencontre entre ces deux chanteurs aurait été fait par l'intermédiaire de l'épouse de Dominique Barret, fan de Guy Criaki, qui aurait retrouvé le chanteur français sur le site myspace.

Guy Criaki, originaire du sud de la France, commence dans sa plus tendre enfance à se servir de sa voix pour faire plaisir à ses amis. Encouragé par la plupart de ceux qui l'entendent chanter, il découvre les plaisirs d'une future nouvelle vocation. De temps à autre, il participe à quelques concours régionaux, et fait parler de lui dans quelques journaux Autodidacte et ayant compris quelques recettes, il ne tarde pas à s'essayer sur un clavier, en y jouant les Beatles, avec ses amis musiciens. Il n'en faudra pas plus à cet adolescent pour apprendre à jouer de la guitare, en écoutant les autres exercer leur style. Il faudra alors attendre son retour de l'armée pour découvrir le monde de la composition et une folle passion pour la musique et le chant. Guy Criaki annonce la sortie de son prochain album à la fin de cette année. Il revient avec de nouvelles chansons avec de nouveaux sons qui dévoilent ses talents d'arrangeur. Quelques chansons de Dominique Barret pourraient bien faire partie du répertoire de Guy Criaki.


En passant par Anoska

"Maudite pluie!" Comment ne pas en vouloir au temps lorsqu'on habite la cité Anoska? Sur la rue qui mène à l'entrée de la cité, aucun abri pour se protéger. Les longilignes haies de bambous ne servent à rien dans ces moments-là. Chez eux, au chaud des enfants rencontrés… en passant par la cité, ne se préoccupent pas du mauvais temps. Sous le regard bienveillant de leur mère, ils nous racontent leur quotidien et des tâches qu'ils accomplissent et qui relèvent de leurs responsabilités d'enfants.

Rentrant du travail-ou d'ailleurs- en cette fin d'après-midi, hommes et femmes pressent le pas. Il commence à faire sombre et un peu froid. De plus, la plupart des pylônes électriques ont décidé de faire la moue! Tandis que la grosse pluie s'acharne sur la cité, le feu sur lequel Fabrice Allas, 28 ans, prépare le dîner, contribue aussi a réchauffer sa maisonnée. Il y fait assurément bon. La pluie s'abattant sur la tôle des deux pièces ne dérangent aucunement Anne-Sophia, 12 ans et Christ, 6 ans, scotchés devant la télé, dans la chambre à coucher. A côté, dans un coin du salon, improvisé en cuisine, Fabrice s'apprête à couper les brèdes. Dans un grand éclat de rire, elle raconte que son prénom surprend toujours plus d'un. "C'est un prénom masculin. Je le sais… Mais j'suis une femme!", dit-elle, comme pour souligner une évidence. Et presque au même moment, son compagnon s'approchant d'elle lui fait signe qu'il s'en va prendre son service.

Deux maisons plus loin, chez Ancilla Azie, ses fils: Chalevin, 7 ans et Marvyn, 13 ans, regardent aussi la télé. Mais, eux, n'entendent pas le crépitement de la pluie… Comme la majorité des habitants de la cité, leur modeste maison est en dur. A cette heure de l'après-midi, la routine est au rendez-vous. Les garçons sont rentrés de l'école un peu plus tôt et comme d'habitude ils se sont acquittés des tâches qui leur reviennent. "Mo passe balyié. Mo passe sifon. Mo lave lasiet…", dit Marvyn tel un élève récitant sa leçon. Son jeune frère s'y est mis lui aussi. Donner un coup de main à leur mère "pour garder la maison propre" est un principe que celle-ci leur a inculqué depuis longtemps. "Ce ne sont pas des tâches lourdes. Je voudrais que mes enfants arrivent à faire ce qu'il faut, au moins le minimum pour être indépendants", explique Ancilla Azie, 28 ans.

Debout à 3 h, leur mère quitte Anoska une heure plus tard pour aller travailler

La contribution des petites mains chez Fabrice Allas, n'est pas négligeable non plus! Et comme sa voisine, elle explique qu'elle conçoit l'aide de ses enfants comme un principe. Dans un ton un peu plus solennelle, elle poursuit: "Kumsa si démain mo mor, zot kapave débriyé." Mais, pour les deux mères, "pa kestion ki zot fer louvraz lour ek danzéré!" Anne-Sophia, Marvyn… leur font certes gagner du temps, disent-elles. Cependant, pas à n'importe quel prix. "Mo pa pou less Marvyn kwi, fer zafer lour, lave linz tou sa", explique Ancilla Azie. "Kan mo ti zanfan, mo ti lav linz. Dan vakans mo ti bizin ale kass dité. Mais je ne veux pas qu'ils fassent la même chose. Il y a un temps pur tout", renchérit Fabrice Allas. Depuis quelques mois, la jeune mère a trouvé du travail dans l'industrie sucrière. Elle y exerce en tant que laboureur. Debout à 3 heures, elle quitte Anoska une heure plus tard. Avant de partir, elle prépare de quoi mettre dans le pain des enfants. A 6 heures, lorsque son compagnon s'en va à son tour, c'est Anne-Sophia qui prend le relais. "Mo ranz lili, mo fer enn ti pé louvraz, lave lassiet, mo fer dipain…", raconte la fillette qui est à sa deuxième année de CPE. Observant sa soeur, Christ l'interrompt pour revendiquer lui aussi ses responsabilités matinales. "Mo ramas délo" dit fièrement le petit garçon. Six à sept bouteilles précise-t-il. "Délo aret koulé dans gramatin. Lerla tanto létan li rékoulé, Christ mem ki rérempli boutey", explique sa mère. Avant de se rendre à l'école, Anne-Sophia s'occupe de son frère, lui donne son bain et l'habille: gestes qu'elle répète également chaque après-midi en rentrant. "Je lui donne son pain et je l'aide aussi à faire ses devoirs", dit-elle. Quand Marvyn aide Charlvin à enfiler ses chaussures le matin, il n'est pas rare que l'adolescent s'entende dire: "Léssé! Mo kapave meté mo tousel." Marvyn ne se laisse pas toujours convaincre. "Je ne le laisse faire que lorsque je suis en retard", dit-il, sous le regard amusé de son frère.

Le grand nettoyage du week-end

"Je me réveille tous les jours à 5h30", explique Marvyn. La tête recouvert d'un bonnet de laine, l'adolescent confie que, comme Anne-Sophia, son travail matinal consiste à passer le balai dans les deux pièces de la maison et à s'occuper de son jeune frère. Avant de se rendre à la plantation où elle y travaille, Ancilla Azie, aura, elle aussi, préparé de quoi mettre dans le pain de ses fils. A six heures, elle est déjà loin de sa cité. "Mo mari oussi fini alé sa ler là. Li travay dan sassé", explique cette dernière. De retour du collège où il est en première année en filière pré-professionnelle, Marvyn retrouve… le balai et le chiffon.

Vendredi après-midi, jour de grand nettoyage pour Anne-Sophia. Attention, prévient-elle, "mo amani!" Et la demoiselle de dévoiler son programme. D'abord, dit-elle, "mo pran mo létan, mo souye partou, mo passe siffon dan tou ti kwen". Ensuite, c'est le nettoyage du sol. La jeune fille, fronçant les sourcils, raconte qu'elle se fâche sérieusement quand "Christ pass dan lakaz ek so bisiklet", à peine le ménage terminé. Une anecdote qui ne manque pas de faire rire, Odile, une voisine en visite: "Dé lwen mo tann li kriyé: éta Christ!" Chez Ancilla Azie, c'est durant le week-end qu'à lieu le grand ménage, sans que Marvyn - pas maniaque visiblement-, ne s'emporte…

Anne-Sophia: "Mo pou fer mékanik, koumsa si enn zour mo pé ale Port-Louis, mo loto an pann, mo pou koné ki bizin fer!"

Ancilla est au petit soin pour ses fils. Le goûter de l'après-midi fait partie des attentions qu'elle leur accorde. Contrainte de travailler dur à la plantation, elle explique qu'elle veille de près à leur éducation. Après le balai et le rangement, ils retrouvent très vite le crayon et leur manuels. "Un peu de télé, le dîner à 19 heures et au lit à 20 heures… Petite exception les vendredis et samedis", confie Fabrice en expliquant les règles à respecter. L'éducation y trouve une place de choix. "Mem si mo koné ki li pa porté lor aprann, monn dir li ki li pou al lékol ziska li vinn vyé si bizin", précise cette dernière. Et si elle n'est peut-être pas douée académiquement, il y a deux domaines dans lesquelles la demoiselle semble avoir des prédispositions. Il n'y a qu'à jeter un coup d'œil sur le mur de la pièce qui sert de salon. Des médailles y sont accrochées témoignant de ses talents pour l'athlétisme. Chaque course à laquelle elle participe, Anne-Sophia se retrouve toujours sur le podium. Quand on lui demande ce qu'elle veut faire plus tard, sa mère ne peut s'empêcher de pousser un soupir… "Mo ti anvi li vinn polisiere. Mé li…", dit Fabrice rapidement interrompue. "… Mo lé fer mékanik", lance la fillette au grand désarroi de sa mère. "Mo kontan loto. Kan mo ale dan latélié mo tonton mo abitié donn li koudmé. Mo pou fer mékanik, koumsa si enn zour mo pé ale Port-Louis, mo loto an pann, mo pou koné ki bizin fer!"

Marvyn, lui, ne sait pas trop encore ce qu'il fera plus tard. Il ne caresse pas de rêve particulier. Sa mère, elle, voit déjà son fils dans la menuiserie. Lui, même s'il a été initié au travaux de bois au collège, il ne paraît pas convaincu! Par contre, Charlvin, de son côté, semble avoir une vague idée du métier qu'il veut exercer. Regardant les deux têtes de cerfs accrochés au mur du salon, il confie: "Mo pou travay dan sassé…"


Du 4 au 11 octobre, Festival provençale au Sands Resort & Spa octobre

Sur un air de Provence…

La Provence vue à travers un de ses plus grands vignobles et sa gastronomie… Pendant une semaine, The Sands Resort & Spa vivra à l'air de Provence. Ceci, dans le cadre d'un festival provençal qu'organise l'hôtel jusqu'au 11 octobre, avec le chef Philippe Bousseau du Sands, le chef Jean-Claude Santioni du Jardin de Bacchus, Henri Fabre, propriétaire de grands vignobles en Provence, et la sommelière Claire Santioni. Subtile mariage de bons plats et d'excellents crus sans oublié la bonne humeur provençale, ce festival est une invitation à découvrir les saveurs du sud de la France. Pour accompagner cette cuisine provençale, la maison Fabre propose en exclusivité le fleuron de ses vins, le Chateau de l'Aumérade ainsi qu'une grande sélection de vin. Durant toute la semaine, avec un menu différent chaque jour, The Sands Resort & Spa égayera les soirées de ses hôtes sur un air de Provence. Lors de la soirée inaugurale, vendredi dernier, Henri Fabre n'a pas manqué de souligner "l'amitié, la chaleur dans le coeur et l'amour pour la gastronomie qui unit la Provence et Maurice". Il a d'ailleurs profité de l'occasion pour introniser certains de nos compatriotes à son club de luxe, le Henri's Club. Ce club, très select, pour les amoureux du vin et de la gastronomie compte 80 membres, regroupant des personnalités du monde, allant des artistes très connus aux hommes d'État. Parmi les membres intronisés, vendredi soir, le ministre du Tourisme, Xavier Duval.


Recette

La pomme de terre : sucrée ou salée

Omniprésente dans le panier de la ménagère, la pomme de terre est un légume qui ne se déguste quasiment qu'en cuisine. Pourtant, elle se décline aussi en version sucrée… Goulab jamun ou pudding, osez essayer la pomme de terre autrement. Cette année a été décrété année internationale de la pomme de terre par l'Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture des Nations Unies. Et ce, à juste titre. Aliment clé, le tubercule le plus populaire reste encore plus incontournable en ce temps où la crise alimentaire est d'actualité.


Aloo paratha

Ingrédients (Pour 5 personnes): 300g de farine, 250 g de pommes de terre, 50 g d'oignon, 5 g d'ail, 5 g de gingembre, 5 g de piment, 5 g de poudre à curry, une pincée de levure chimique (bicarbonate de soude), huile, sel, thym, persil, cumin et un peu d'eau tiède

Méthode: Préparez une pâte avec la farine, l'eau et la levure. Pétrissez jusqu'à ce que la pâte devienne homogène. Faites une boule. Coupez 5 portions et laissez reposer pendant une heure. Abaissez chaque portion pour obtenir 5 rectangles d'environ 3 cm. Repliez-les, faites des boules. Laissez reposer encore une heure. Entre-temps, épluchez et lavez les pommes de terre. Coupez les oignons en rondelles et faites-les roussir dans de l'huile chaude. Ajoutez les pommes de terre râpées, les condiments écrasés, les épices et les fines herbes. Laissez mijoter pendant 20 minutes. Vérifiez et rectifiez l'assaisonnement, si nécessaire. Retravaillez la pâte. Pétrissez en deux fois. Formez des rectangles. Placez deux cuillères à soupe de pommes de terre épicées au centre de chaque rectangle. Rabattez les bords. Aplatissez et faites cuire sur une plaque graissée.


Galettes

Ingrédients (pour 5 personnes): 400 g de pommes de terre, 600 g de farine de blé, 5 g de levure, sel et margarine.

Méthode: Pelez et faites bouillir les pommes de terre. Écrasez, ajoutez la farine et la levure. Pétrissez énergiquement dans une casserole jusqu'à ce que la pâte se détache des parois. Formez des boules et laissez reposer une heure. Saupoudrez votre plan de travail de farine. Abaissez les boules et formez des cercles de 15 cm de diamètre. Faites cuire les deux côtés dans une poêle graissée avec de la margarine.

Pommes de terre farcies


Pommes de terre farcies

Ingrédients (pour 5 personnes): 5 pommes de terre d'environ 125 g chacune, 100 g d'oignon, 100 g de carotte, 300 g de viande hachée, 100 ml de bouillon de viande (cube), 1 œuf, 25 g de margarine, thym, persil, ail, sel et poivre.

Méthode: Pelez les pommes de terre. Coupez la partie haut, dans le sens de la longueur. Creusez les pommes de terre en laissant un peu de pulpe à la base. Conservez les pommes de terre dans de l'eau salée pour qu'elles ne s'oxydent pas. Epluchez et hachez l'ail. Hachez les deux tiers des oignons. Mélangez les condiments avec la viande et l'œuf entier. Salez et poivrez. Faites fondre la margarine dans une poêle. Faites revenir les carottes et le reste des oignons coupés en rondelles. Etalez la préparation dans un plat à gratin. Placez les pommes de terre sur ce lit de légumes. Farcissez les pommes de terre et recouvrez les avec leur "chapeaux" . Versez le bouillon de viande et parsemez de thym et de persil. Enfournez à 1880°c pendant 45 minutes. Arrosez de temps en temps avec le jus de cuisson.


Goulab Jamun

Ingrédients (pour 5 personnes): 250 g de pommes de terre, 200 g de lait en poudre, 15 g de margarine ou de beurre, 5 g de levure chimique, 500 ml d'eau, 240 g de sucre, 4 graines de cardamome (élaïti) et de l'huile.

Méthode: Épluchez et lavez les pommes de terre. Faites-les bouillir. Réduisez les pommes de terre en purée, ajoutez la margarine ou le beurre. Incorporez le lait en poudre et la levure. Faites de petites boules d'environ 3 cm de diamètre. Laissez reposer pendant 30 minutes. Faites frire dans de l'huile jusqu'à coloration. Préparez un sirop. Mettez le sucre dans une casserole et recouvrez d'eau. Laissez fondre et portez à ébullition. Ajoutez la cardamome. Égouttez les boules après la friture et mettez-les dans le sirop chaud. Laissez refroidir et enlevez du sirop au moment de servir.


Pudding de pomme de terre

Ingrédients (pour 5 personnes): 250 g de pommes de terre, 100 g de lait en poudre, 200 g de sucre, 30 g de margarine ou de beurre, 4 œufs, 50 g de raisins secs, 50 g de coco râpé, 5 ml d'essence de vanille et du caramel

Méthode: Lavez et faites bouillir les pommes de terre. Réduisez-les en purée, ajoutez la margarine ou le beurre. Mélangez. Incorporez le sucre et les œufs. Mélangez. Ajoutez le lait en poudre et fouettez vigoureusement. Ajoutez les raisins secs, le coco râpé et l'essence de vanille. Préparez du caramel en faisant fondre 100 g de sucre dans une casserole. Tamisez le fond d'un moule avec le caramel. Versez la pâte à pudding dans le moule. Recouvrez le moule. Faites cuire au bain-marie dans une marmite à pression pendant 30 minutes. Démoulez quand le pudding est encore chaud.

Vous pouvez mettre le raisin à tremper dans du rhum ou du cognac pendant une heure.


Brèves

Au MGI hier soir: Soirée réussie pour les melting "potes"

Le MGI a accueilli hier soir le chanteur français Guy Criaki et l'artiste réunionnais, Dominique Barret, pour un concert que les deux artistes ont mené en commun, l'un prêtant main forte à l'autre dans l'interprétation de leur répertoire. Leur prestation sur scène est venue consacré la première collaboration - fructueuse - entre ces artistes devenus amis. Retrouvant cette complicité sur scène, ils ont exprimé toute la subtilité de leurs compositions, constituées de ballades, mélodies et maloyas, en les enchaînant les unes après les autres sans aucun temps mort. Plus qu'une scène partagée, c'est à un véritable spectacle que les artistes ont offert, chacun participant aux chansons de l'autre, apportant ainsi sa touche personnelle à l'original. Le trio le plus apprécié par le public a été Mon coeur est pris où Guy Criaki s'est livré à un chassé-croisé vocal avec Dominique Barret et Meera Mohun. Après avoir proposé quelques morceaux de son dernier album, l'artiste français a aussi fait revivre ses succès un peu plus anciens comme Elle disait devant un public enthousiasmé tandis que Dominique Barret a partagé, ses derniers succès parmi lesquels Margoze amer.

Au Suffren: Soirée endiablée des années 50

Les soirées mensuelles musicales orientées autour des années 50 ont repris hier au Suffren. Pour offrir une ambiance typique de ces années, l'organisateur Jacques Maunick propose au menu tous les tubes américains qui ont fait danser des générations, en version originale (Elvis Prestley, Cliff Richard, Nat King Cole, Connie Frnacis, Roy Orbison, les Platters, les grands orchestres de l'époque dont ceux de Billy Vaughn, Perez Prado, Edmundo Ross, entre autres, sans oublier le ballroom dancing avec cha cha cha, tango, valse. Les soirées années 50 auront lieu chaque premier samedi du mois de 20h à 23h30.

Sarod et Kathak: Danse synchronisée

Les rythmes du Sarod du pandit Mukesh Sharma et les mouvements souples du Kathak du pandit Raghav Raj Bhatt se sont harmonisés pour créer une belle fusion au Théâtre Serge Constantin, à Vacoas.

Le pandit Mukesh Sharma, le disciple du maestro Ustad Amjab Ali Khan a présenté avec virtuosité des ragas classiques. Sa musique est d'une parfaite maîtrise conceptuelle. Il prouve que le talent, il faut en avoir autant dans la tête que dans les doigts. Sa musique est d'une surprenante fluidité. Avec Anand Chutto au tabla, il joue les improvisations en accélérant le temps en marquant les attaques.

Le visage du pandit Raghav Raj Bhatt transmet les sentiments de la vie. Les mélomanes ont apprécié ses mouvements corporels et ses pas de danses bien synchronisées. Les multiples évocations de Dieu à travers de petits signes glissés dans l'obscurité, un regard, un presque rien. La danse semble procurer un sentiment d'euphorie chez lui. Dans un tourbillon de mouvements, les artistes du MGI ont accompagné le maître. Rappelons que ce concert était une initiative du Dr Parmessur Ramloll.

Expo de dessins à la Galerie Malcolm de Chazal: Traits et tons en harmonie

L'Association pour la créativité artistique (ACA) de Dev Chooramun propose une exposition de dessins d'artistes locaux et étrangers à la Galerie Malcolm de Chazal, à Curepipe. La manifestation se tiendra jusqu'au 14 octobre 2008. Les artistes qui exposent viennent de différents horizons : Inde, Bangladesh, Iran, Croatie. Leurs travaux aux thèmes divers (surréaliste, abstrait, contemporain) ont été exécutés au crayon, encre, pastel. Nous vous proposons un aperçu des travaux de deux artistes: Dr. Chandrabhusan Srivastava (Inde) et Debashis Pal (Bangladesh).

Expo photos à la galerie IBL: Jano Couacaud: D'ici et D'ailleurs

Ce photographe s'est fait remarquer dans les années 80 par un projet initié en collaboration avec Lindsey Collen et Henri Favory. Il s'agissait d'un document visuel sur la vie au quotidien et le travail des dockers de Port- Louis, menacés par l'introduction du Bulk Sugar Terminal. Jano Couacaud avait illustré un livre issu de ce projet et intitulé Bord la Mer par de superbes photographies en noir et blanc. L'artiste a voyagé entre-temps. De retour à Maurice, il s'est attelé à divers projets et s'est livré entièrement à sa passion de la photographie. Son expo photo, visible à la galerie IBL, à partir du 15 octobre, comporte une sélection de clichés pris lors de ses voyages. Ce sont autant de portraits et de paysages (en milieu rural et urbain) qui nous viennent de Cuba, du Cambodge, de la Chine ou des Seychelles et qui donnent une vision de la création et du style de Jano Couacaud.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 5 octobre 2008