é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 5 octobre 2008

Palestine: La paix maintenant!
Gérard Cateaux


La communauté internationale suit depuis des décennies, pour ne pas dire des lustres, la question palestinienne, où, malgré un conflit qui a trop longtemps perduré, des voix continuent à tenter à se faire entendre pour une solution durable entre Palestiniens et Israéliens, conflit entretenu, soutenu par des forces occidentales avec pour tête de pont les États-Unis et le puissant lobby juif américain.

Cette semaine, à l'occasion des célébrations de la fête EID, nos principaux dirigeants politiques, à savoir, le Premier ministre, le Dr. Navin Ramgoolam et le leader de l'opposition, M. Paul Bérenger, ont évoqué la question Palestinienne, devant une assemblée manifestement acquise à leur cause. Et c'est tant mieux ! Au point où le Premier ministre a reconnu, publiquement, avoir refusé de se rendre aux manifestations organisées par l'Association Israël/Maurice...

Cette question israélo-palestinienne et ses conséquences, nous les avions abondamment évoquées, ici même, pour avoir vécu le terrible massacre de Shaba et Chatilla, au camp palestinien libanais, aux côtés des Palestiniens, représentants de l'Autorité Palestinienne, au Caire, en octobre 1982. Nous avions été accusés, à tort, de soutenir les Palestiniens au détriment de l'Etat d'Israël. Mais, ce que nos détracteurs ont occulté, sciemment, ou par méconnaissance de ce dossier épineux, c'est qu'en Israël même, il existe une organisation, dénoncée par les uns (des faucons, sans doute) et respectée par les autres (des colombes, certainement) qui milite au sein du mouvement anti-colonisation et qui répond au nom de La Paix Maintenant. Ce mouvement a fêté, en avril dernier, ses 30 ans, c'est-à-dire, bien longtemps après l'occupation Israélienne de la Palestine.

C'est, précisément, en 1982, après le massacre au camp palestinien de Sabra et Chatilla, que ce Mouvement pour la Paix avait mobilisé, à Tel-Aviv, 400 000 manifestants, dans leur lutte contre la guerre au Liban.

Nous apprenions, à l'époque, qu'une des militantes du Mouvement La paix Maintenant, Galia Golan, avait ceci à dire : "Nous avons joué un rôle dans le cheminement intervenu au sein de l'opinion publique et le fait est qu'aujourd'hui il y a une majorité d'Israéliens qui soutient la solution à deux États, accompagnée d'un retrait de la Cisjordanie..."

Et si la solution devrait, aussi, passer par la faction palestinienne ! L'influent palestinien, Marwan Barghouthi, héritier direct de Yasser Arafat et qui est emprisonné en Israël, a affirmé dans une lettre à l'occasion des 30 ans du Mouvement pour la Paix : "Moi, Marwan Bargouthi, je vous dis que je suis prêt, tout comme l'immense majorité du peuple palestinien, à une réconciliation historique basée sur les décisions internationales..." Et, de poursuivre, que pour faire la paix, cette réconciliation "permettra la création de deux Etats, palestinien et israélien, vivant côte à côte, en sécurité et en paix, et permettra à nos enfants et à vos enfants de vivre sans menaces de guerre et de bains de sang..." Appelant à la signature d'un cessez-le-feu général et bilatéral le plus rapidement possible.

On sent chez Barghouthi, comme chez le Premier ministre Israélien sortant, Ehud Olmert, comme une volonté d'en finir, une fois pour toutes, avec ce conflit où l'on a vu trop de sang versé. Ce qui a fait écrire l'écrivain Israélien et activiste pacifique, Uri Avneri : "Every drop of blood spilt is a drop of blood wasted..."

Uri, c'est un monument, et j'y reviendrais, certainement !



é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 5 octobre 2008