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Changer les modes de consommation et de production
Un défi difficile, mais pas impossible !
Produire et consommer plus en réduisant la pression
sur nos ressources naturelles et en polluant moins notre environnement,
est un défi difficile à relever, mais pas impossible.
Cela implique toutefois un changement radical de chacun de nos
gestes quotidiens, de notre mentalité et de nos modes de
consommation et de production qui, en ce faisant, peut aussi faire
de l'île Maurice un modèle en matière de développement
durable. Et aussi de permettre au pays de s'engager activement
dans la lutte contre le réchauffement planétaire.
Sommes-nous prêts à prendre le pari ?
Ce qui est sûr, c'est que le gouvernement a fait un premier
pas dans cette voie en adoptant à cet effet un programme
national réalisé au terme de plusieurs mois de consultations
entre les différents partenaires et acteurs économiques
du pays. La mise en uvre de ce programme intégré
constituera une première dans la région d'autant
que Maurice a été sélectionnée comme
" pays pilote " par le United Nations Environment Programme
(UNEP) en vue de promouvoir un concept de production et de consommation
durables à travers la planète pour contrer le phénomène
de réchauffement climatique. Un protocole d'accord a ainsi
été signé entre le PNUE et le Ministère
de l'Environnement en mai de l'année dernière pour
l'élaboration de ce programme. Le projet, piloté
par le professeur Tulsiraj Ramjeawon, agissant également
comme consultant pour le compte de l'UNEP, est aujourd'hui prêt
à être implémenté.
C'est lors du Sommet mondial sur le développement durable
(SMDD) à Johannesburg en 2002 que la question de "changer
les modes non viables de production et de consommation"
a été évoquée comme un des principaux
éléments du développement durable. Le concept
" Getting more well-being from less " se décline
ainsi en un véritable pari, voire une opportunité
de rectifier le tir, de préserver ce que nous n'avons pas
encore détruit et d'apporter notre contribution, aussi
minime soit-elle, dans la réduction des émissions
de gaz à effet de serre.
L'objectif consiste ainsi à réduire les impacts
négatifs sur l'environnement à travers des stratégies
visant à modifier les modes de consommation et de production.
Combien sont ceux qui ont tiré des bénéfices
en détruisant la nature, et ce sans avoir à verser
des indemnités ? Combien de fois avons-nous réutilisé
un sac en plastique ou acheté des boissons dans des logements
en verre, donc réutilisable ? Pendant combien de temps
avons-nous continué à dilapider les richesses de
la nature - comme nos lagons ? Combien sont-ils les automobilistes
qui convergent à Port-Louis seuls dans leurs véhicules
à Port-Louis -, un comportement qui implique un gaspillage
d'énergie, la dégradation de la qualité de
l'air et l'aggravation de la congestion routière ? Ou encore
combien sont ceux qui oublient de fermer le robinet quand ils
se brossent les dents ? La liste d'exemples est loin d'être
exhaustive quant aux comportements et gestes qui, souvent de manière
inconsciente, ont pourtant un effet sur notre environnement, notre
qualité de la vie ou les ressources naturelles dont nous
disposons.
Corriger nos erreurs
Comment donc développer une approche qui corrigerait nos
erreurs et qui permettrait de promouvoir un modèle de production
et consommation respectueuses de l'environnement ? Comment parvenir
? Le premier constat du rapport est que les tendances actuelles
en matière de consommation et les activités de production
ont augmenté de manière significative au cours des
deux dernières décennies et devraient, selon les
projections, s'intensifier dans les prochaines années d'après
le même schéma. Notamment une tendance à réduire
les ressources naturelles, à accroître la pollution
de notre environnement et à multiplier les menaces que
cette pollution représente sur la santé des êtres
humains... Les facteurs inhérents à cette situation
: la hausse du revenu par habitant, la démographie, les
changements dans le mode de vie, les nouvelles technologies, les
institutions et les infrastructures qui, est-il souligné,
ont une incidence directe sur nos comportements de tous les jours.
Le comité en charge du projet s'est ainsi aligné
sur les lignes directrices de l'UNEP pour l'élaboration
et la mise en uvre de ce plan d'action pour l'île
Maurice. En identifiant tous les secteurs clés de l'économie
mauricienne, en particulier les petites et moyenne entreprises
(PME), les auteurs du programme notent également l'absence
de paramètres pour promouvoir au niveau industriel un concept
de production propre et moins polluant. Ce qui leur fait dire
qu'il reste encore "un long chemin à parcourir
avant que ce genre d'approche ne soit largement adopté
et pleinement intégré comme une pratique quotidienne
dans toutes les entreprises locales".
Au chapitre de la consommation, le document soumis au ministère
de l'Environnement analyse que les intérêts du jour
des consommateurs portent actuellement - et uniquement - sur les
prix, la qualité et la sécurité des consommateurs.
Pour renverser cette situation, est-il soutenu, les principes
de consommation durable devraient faire partie intégrante
des actions des organisations des consommateurs, tout en leur
procurant les outils nécessaires pour assurer leur promotion.
Volonté et leadership
C'est dans cette optique que plusieurs ateliers de travail avaient
été constitués pour débattre sur des
thèmes centrés sur l'énergie, l'eau, les
infrastructures et les styles de vie et d'examiner les problèmes
clés qui s'opposent au développement durable. Le
rapport souligne ainsi que "la consommation et la production
durable" sont directement liées aux secteurs et questions
socio-économiques tels que la croissance économique
et la compétitivité, la création d'emplois,
la protection de l'environnement, l'eau et la sécurité
énergétique, la réduction de la pauvreté,
la santé et l'éducation. Ce qui totalise 44 projets,
qui seront initiés, pour atteindre les objectifs précis
dans les secteurs identifiés (voir plus loin).
La mise en uvre du programme SCP dépendra dans une
large mesure des synergies entre les secteurs clés de développement
pour atteindre les objectifs tels que la création d'emplois,
la promotion de la qualité dans le domaine de l'environnement,
la santé publique, l'énergie, la gestion des ressources
naturelles et la réduction de la pauvreté. L'implémentation
du programme reste toutefois une étape cruciale sur laquelle
le rapport s'y attarde, car un suivi continu est une des conditions
sine qua non de son succès. C'est pour cela qu'il est recommandé
que des indicateurs de performance - 30 au total - soient mis
en place pour assurer l'évolution des progrès accomplis
dans ces différents secteurs. Il est également recommandé
qu'un comité consultatif soit mis en place pour examiner
sur une base régulière les progrès accomplis
une fois le programme mis en application.
C'est dire que la réalisation d'un tel projet relève
d'un véritable défi, qui nécessitera non
seulement la participation de tout un chacun, mais aussi d'un
véritable leadership.
Rs 35 millions pour sa mise en uvre
Le coût total du SCP programme est estimé à
environ Rs 35 millions. Les mécanismes de financement identifiés
dépendra de laide des organisations gouvernementales et
du secteur privé. Le Maurice île Durable Fund
(MID) est aussi identifié comme une source de financement
qui a été introduite par le gouvernement dans son
budget 2008-09. Alors que le centre de l'UNEP sur la consommation
durable et de la production fournira un appui technique pour les
différents projets. Le rapport indique également
que le soutien des agences de coopération sera recherché,
en sus des actions qui devront être enclenchées par
le ministère de l'Environnement pour la mise en uvre
des projets pilote.
Les mesures recommandées en fonction des secteurs clés
Consommation d'énergie
- Développer des standards pour les principaux appareils
ménagers
- Remplacer les lampes à incandescence par des lampes
dites économiques
- Renforcer les capacités des fournisseurs d'énergie
et promouvoir les sociétés offrant des services
énergétiques
- Identifier les équipements consommateurs d'énergie
- Conduire un audit énergétique obligatoire pour
les gros consommateurs d'énergie
- Aider les PME à mener à bien Audits énergétiques
- Exiger des organismes publics d'acheter seulement de l'énergie
efficace pour les systèmes d'éclairage
- Accroître les connaissances sur la consommation durable
(conduite de véhicules et véhicules économes
en énergie)
- Conduire une enquête sur les émissions de véhicules
et renforcer les capacités mesurer les d'émissions
- Changer le comportement des usagers de la route et les encourager
à opter pour d'autres modes de transport
- Formulation d'un programme stratégique et de recherche
sur l'énergie
Consommation d'eau
- Mettre en place un des codes et des règlements dans
le domaine de la plomberie
- Rendre obligatoire les "audit" d'efficacité
concernant la consommation de l'eau
- Encourager l'utilisation et le stockage de l'eau de pluie
pour l'arrosage
- Maintenir une campagne nationale de sensibilisation sur les
économies d'eau
Infrastructures, bâtiments et construction
- Développer une vision commune et élaborer les
lignes directrices d'un plan d'action pour un système de
construction durable
- Modification du règlement de la construction et introduire
des incitations financières
- Promouvoir un programme de bourses et des projets de démonstration
- Lancement d'un programme d'étude pour assurer le développement
et la formation des professionnels de l'industrie ; et promouvoir
des campagnes d'éducation et de sensibilisation
- Promouvoir le concept de recherche et développement
dans le domaine de la construction
Gestion des déchets
- Promouvoir le recyclage des déchets en mettant l'accent
sur cartons et plastiques
- Lancer un programme de récupération des déchets
organiques générés par le secteur hôtelier
- Promouvoir le compostage
- Elaboration d'une stratégie de gestion intégrée
des déchets dans toutes les collectivités locales
Service public
- Assurer un suivi en matière de consommation d'énergie
dans le secteur public et exiger des rapports annuels
- Économiser l'eau dans le secteur public et encourager
une utilisation durable
- Recycler les équipements informatiques usés en
vue d'être réutilisés
- Sensibiliser les différents ministères et département
public en ce qui concerne les rapports, normes et standards du
ministère de l'Environnement
Consommation et services
- Développement d'un système national d'éco-étiquetage
avec accent sur l'agriculture et produits alimentaires
- Promotion de produits durables grâce à des incitations
financières et l'amélioration de leur visibilité
- Renforcement des capacités des industries quant à
une meilleure gestion du cycle de vie et de durabilité
des produits
Éducation, communication et styles de vie
- Maintenir une campagne nationale de sensibilisation sur les
économies d'énergie
- Développer des ressources éducatives sur des
matériaux conformes aux principes de consommation et de
production durables
- Renforcement des capacités des ONG sur le développement
durable
- Mettre au point un matériel éducatif ciblant
les PME sur les avantages et l'utilisation des ressources
- Lancement des concours et des projets reconnaissant et récompensant
les efforts vers des modes de vie durables.
Justice de haute instance
La première session historique du Privy Council à
Maurice
Selon les premières estimations avancées dans
des milieux avisés, le coût de la première
session historique des Law Lords du Judicial Committee du
Privy Council à Port Louis - y compris les frais d'aménagement
et administratifs - pour entendre des procès intentés
par des citoyens mauriciens en leur évitant d'aller à
Londres pourrait dépasser légèrement les
5 millions de roupies. Mais, pour une fois, il semble que les
deniers publics aient été bien utilisés et
que la démarche - une initiative de Rama Valayden - se
soit avérée concluante. C'est, en tout cas, le sentiment
général qui s'exprime parmi les plaignants qui ont
pu se faire entendre et parmi les hommes de loi locaux à
l'exception notable de l'avocat et ancien ministre, Anil Gayan,
qui formule encore des critiques.
Après une semaine passée à écouter
des procès, les Law Lords ont quitté le pays, hier
matin, avec la quasi-certitude qu'ils reviendront vers la même
période de septembre, l'année prochaine... Toutefois,
les effets collatéraux que pourrait entraîner le
retour des Law Lords à Maurice de manière régulière
seraient, fait-on remarquer à ce stade, (i) la délocalisation
définitive de la Law Review Commission et du Centre des
Droits de l'homme parce que, à compter de cette semaine,
le bâtiment qui abritait ces instances - soit l'ancien Tribunal
correctionnel de Port Louis - et qui a servi de cour pour le Judicial
Committee repasse sous le contrôle total des services
judiciaires qui y logeront, entre autres, la Cour des affaires
commerciales (ii) le déplacement, pour la troisième
fois, de la statue d'Anjalay Coopen, la femme martyre, vers un
lieu politiquement plus approprié et, surtout, (iii) la
fin d'un mythe qui faisait jusqu'ici accroire que seuls les Queen's
Counsels et autres Senior Counsels pouvaient plaider devant les
Law Lords. Pour ce qui est de ce mythe, dès leur première
audition - celle du procès interjeté en appel par
l'ancien Temporary Magistrate Dattatreya Panday contre son licenciement
par la Judicial and Legal Services Commission - les Law Lords,
y ont mis un terme. "Je voudrais dissiper tout malentendu
concernant les pratiques du Judicial Committee pour ce qui est
des droits d'audience. Le Judicial Committee autorise à
quiconque qui a été admis aux barreaux de tout Etat
qui sollicite ses services comme instance de justice finale à
plaider devant lui. Bien sûr, nous aurions souhaités
voir à l'uvre des membres du barreau local. Mais,
les membres du barreau des pays qui nous accueillent n'ont pas
droit d'audience exclusive", a déclaré le Judicial
Committee par la voix de Lord Hope of Graighead (John Arthur
David). Les autres membres du Judicial Committee étaient
Lord Mance (Jonathan Hugh), Lord Rodger Of Earslferry (Alan Ferguson),
Lord Carswell (Robert Douglas) et Sir Paul Kennedy.
"Libre d'accepter ou de rejeter nos services"
Dans une île Maurice souveraine depuis quarante ans maintenant,
a-t-on toujours encore besoin de se tourner vers une instance
judiciaire d'inspiration coloniale pour que justice soit rendue
dans notre pays ? Il ne fait aucun doute que le débat autour
de cette question persistera encore longtemps, certains ayant
fait connaitre leurs préférences, soit pour une
Cour d'Appel constituée de juges de pays du Commonwealth,
soit pour une cour avec des juges de la région. La question
n'a pas non plus laissé insensibles les Law Lords britanniques
eux-mêmes. C'est ainsi que le Lord Hope of Graighead a fait
ressortir ce qui suit, lundi dernier :
"Le Judicial Committee du Privy Council est venu siéger
à Maurice parce que la Constitution de la République
de Maurice prévoit que le Privy Council est la Cour d'Appel
de dernière instance du pays. Mais, il faut souligner que
nous siégeons ici à Maurice non seulement parce
que la Constitution le prévoit, mais encore parce que nous
avons été invités à le faire. Nous
sommes ici sur invitation afin que nous puissions remplir notre
fonction constitutionnelle. Il n'a jamais été dans
l'intention du Privy Council de s'imposer sur un Etat ou sur une
juridiction qui ne voudrait pas de lui. Nous offrons un service,
et tout Etat indépendant est entièrement libre,
dans les limites de sa propre Constitution, d'accepter ou de rejeter
notre offre. Dans des cas - comme à Maurice - où
le service du Privy Council est encore jugé être
de valeur, nous ferons tout ce que nous pourrons pour le servir
au mieux de nos capacités".
Lord Hope a précisé que "le Privy Council
siégeait en public à Maurice, comme toutes les cours
de justice auraient dû le faire, afin que ses membres puissent
être vus et entendus par le public. La façon dont
nous conduisons nos délibérations est conforme aux
traditions bien établies à Downing Street (siège
du Privy Council). Nous écoutons et, quand c'est nécessaire,
nous testons les arguments. Nous ne nous précipitons pas
pour rendre nos jugements et il ne faut pas s'attendre à
des jugements rapides (ex-tempore decisions). Prendre notre temps
fait également partie de nos traditions".
Special Leave aux frères Callachand
Malgré cette dernière affirmation, les Law Lords
n'ont pas mis plus de quinze minutes, lors de leur séance
de travail vendredi dernier, pour délibérer et accorder
un Special Leave à deux frères, Mohamed Iqbal
et Mohamed Anwar Callachand, leur permettant de demander à
la Cour suprême de reconsidérer une révision
de leur peine de sept ans d'emprisonnement pour coups et blessures
infligés à leur beau-frère, mais sans intention
de tuer. Représentés par Me. Guy Ollivry et Me.
Yanilla Moonshiram, les frères Callachand s'étaient
plaints que ni la Cour intermédiaire, ni la Cour suprême,
ni la Cour d'Appel de Maurice n'aient tenu compte qu'ils ont passé
18 mois en détention avant d'écoper des sept années
d'emprisonnement. Les objections de Me. Geoffrey Cox Q.C, conseil
légal du gouvernement mauricien à la démarche
des frères Callachand n'ont pas convaincu les Law Lords.
D'un autre côté, l'ancien Temporary Magistrate Dattatreya
Panray, qui a contesté son licenciement par la Judicial
and Legal Services Commission et les Health Care Assistants,
renvoyés par le ministère de la Santé au
lendemain des élections sous accusation qu'ils avaient
été recrutés illégalement, devront
patienter. Dans le cas du Temporary Magistrate Panday, son homme
de loi, Me. James Guthrie, QC, a qualifié "d'injuste
le fait qu'il avait été mis à la porte sans
s'être vu la possibilité de faire entendre son point
de vue". Dans celui des Health Care Assistants (H.C.A's)
- cas que l'avocat Kailash Trilochun a réussi à
soumettre à très peu de frais à l'attention
du Privy Council - les Law Lords auront, entre autres points,
à statuer si leur renvoi avait été ordonné
par un ministre sur instruction du gouvernement ou par la Public
Service Commission (PSC) seule instance habilitée à
recruter et à licencier les employés du Service
civil ? Si c'est le ministre qui a fait annuler le contrat des
Health Care Assistants, l'annulation pourrait être déclarée
nulle et non-avenue.
En attendant les décisions du Privy Council dans ces deux
affaires, toute la petite équipe d'employés des
services judiciaires qui ont assisté les Law Lords dans
leurs travaux disent avoir été impressionnés
par leur simplicité. Ces derniers n'ont pas également
manqué de saluer le dévouement de leurs assistants
mauriciens. Une chose est aussi certaine, leg colonial ou pas,
plus jamais le Privy Council ne sera considéré à
Maurice comme un austère instrument de justice distante...
Rencontre avec les syndicalistes de l'éducation
Bunwaree demande un dossier complet des doléances
Les rencontres entre le ministre de l'Education, Vasant Bunwaree
et les syndicalistes des secteurs primaire et secondaire, se sont
succédées durant la semaine. "Nous pouvons
qualifier la première réunion que nous avons eue
avec le ministre Bunwaree comme une prise de contact",
déclare Vinod Seegum, président de la Government
Teachers' Union (GTU). Depuis qu'il occupe le siège
le plus important à l'IVTB House, Vasant Bunwaree
n'avait encore eu de rencontre officielle avec les représentants
des enseignants du primaire et du secondaire. Et même si
les syndicalistes se sont rendus à Phoenix dans l'optique
de présenter leur instance, ils ont aussi saisi de l'occasion
pour évoquer les dossiers jugés prioritaires. Ainsi,
après avoir reçu les représentants de l'Union
of Private Secondary Education Employees, le nouveau ministre
de l'Education a rencontré les dirigeants de la GTU
mardi dernier. "La GTU lui a signifié sa volonté
de collaborer pleinement avec le ministère. Toutefois,
nous lui avons également rappelé que nous assumerons
notre rôle de syndicalistes", explique d'emblée
Vinod Seegum. Et parmi les sujets évoqués, le retard
dans la nomination de 80 Deputy Head Teachers, les cours
de B.ed et le transfert des enseignants. Autre syndicat, autre
discussion. En effet, lors de sa rencontre avec la Government
Urdu Teachers' Union (GUTU), le ministre de
l'Education a pris connaissance des revendications de celle-ci.
"A notre avis, il y a une faille au niveau de la communication
au ministère de l'Education. Nous avons abordé
cette question avec le ministre. Puis, s'agissant de la nomination
des Deputy Head Teachers, nous l'avons informé qu'il
y a des enseignants de langues orientales qui ont plus de six
ans d'expérience et qui sont toujours dans l'attente d'une
promotion", explique Haniff Peerun, président
de la GUTU. " Le ministre de l'Education a paru très
attentif à la question des leçons particulières",
poursuit ce dernier. Dans l'ensemble, les syndicalistes du primaire
ont exprimé la satisfaction après leur première
prise de contact avec Vasant Bunwaree. Ce dernier, disent-ils,
a fait preuve d'attention à l'heure où les dossiers
importants ont été évoqués. "Nous
sommes confiants qu'il apportera des résultats positifs"
fait ressortir Haniff Peerun. A l'issue des différentes
rencontres, le ministre de l'Education a demandé à
ses interlocuteurs de lui soumettre un dossier détaillé
sur leurs doléances.
Managers du privé: "l'ancien ministre n'était
pas à l'écoute de nos doléances
"
Si la Fédération des Managers des Collèges
Privés, n'a pas encore eu de rencontre avec le successeur
de Dharam Gokhool, elle lui a toutefois envoyé une requête
dans ce sens, mardi dernier. La fédération qui avait
réuni ses membres, le lendemain à Rose-Hill, avait
soulevé la question d'extension of hours. "Nous
espérons qu'à partir de janvier prochain, de nouvelles
mesures seront prises pour que nous puissions travailler avec
les élèves jusqu'à 15 heures. Nous avions
déjà fait cette suggestion. Car les réunions
et autres corrections qu'on nous a proposées de faire entretemps,
sont choses courantes pendant l'année", déclare
Harris Bachwa porte-parole de la fédération. Et
si le ministère accède à cette proposition,
il lui faudra, également, ajoute-t-il, intervenir auprès
de la National Transport Authority, afin de revoir les
horaires de trajet dans le cadre du transport gratuit. "Jusqu'ici
il y a eu une réticence de la part de la NTA à ce
niveau", note Harris Bachwa. Par ailleurs, la fédération
qui lors de son assemblée de mercredi dernier, a réitéré
ses préoccupations et son sentiment d'être laissée
pour compte, était plutôt silencieuse depuis quelques
temps. "L'ancien ministre n'était pas à
l'écoute de nos doléances
" avance
Harris Bachwa pour expliquer le silence des managers. Ces derniers
qui souhaitent vivement une rencontre avec Vasant Bunwaree, devront
cependant attendre le retour de celui-ci de l'étranger.
D'autre part, les interventions de Vasant Bunwaree, samedi prochain
dans le cadre des activités marquant le Teachers day sont
aussi attendues avec intérêt. Le ministre pourrait
bien donner des indications quant à sa vision et ses projets
pour le secteur éducatif.
Miss Mauritius 2008
Toujours le même fancy-fair
La dernière édition de Miss Mauritius a eu lieu
samedi dernier à la Citadelle. Comme d'habitude, ce concours
de beauté a été marqué, au niveau
de son organisation et de son déroulement, par l'amateurisme
et l'à-peu-près qui sont devenus ses deux traits
caractéristiques en trente-neuf ans d'existence. Compte
rendu d'un concours organisé par une compagnie familiale
portant le label national et qui ressemble de plus en plus à
un fancy-fair.
Le fancy-fair de 2008 commença bien avant le début
du spectacle, dans la salle avec les places supposément
numérotés qui ne l'étaient plus et celles,
réservées, qui étaient déjà
occupées. Pour régler le problème et faire
taire les récriminations, l'organisation fit ajouter des
chaises supplémentaires. C'est ainsi que pendant tout le
déroulement du concours, on assista à un transport
de chaises dans la salle pour les gens qui continuaient à
arriver. En dépit du fait qu'il était souligné
que les portes de la Citadelle allaient être fermées
à 19h45 pour les besoins de la retransmission à
la télévision du show. Nom grandiloquent pour un
spectacle de patronage soi-disant conçu par un chorégraphe
qui aurait travaillé à Broadway avec l'aide d'un
chanteur/danseur ayant fait carrière en Australie. La partie
"Broadway" fut une catastrophe exécutée
- le terme est juste - par des danseurs de toutes les formes et
de tous les gabarits. Il ne suffit pas de faire trois pas à
gauche et trois autres à droite et de lever la main où
la jambe, d'avancer ou de reculer avec une chaise pour faire un
numéro de cabaret en play-back. Si Bob Fosse avait pu voir
ce que Rémy Vacher a fait de ce chef-d'uvre musical
et dansé qu'est "All that Jazz", il aurait probablement
changé de métier. Le clou du show supposément
chorégraphié par un ex-de Broadway, se produisit
quand les spectateurs médusés virent entrer, hésiter,
reculer, puis essayer de sortir discrètement de scène
des danseurs alors qu'une concurrente habillée en robe
de mariée, suivies par d'autres, s'immobilisait sur scène.
Cette scène burlesque filmée en direct dura quelques
bonnes minutes. On expliqua par la suite que c'est parce que l'entrée
de scène était trop petite et que la collision entre
les danseurs et les candidates avait eu lieu. En direct live !!!
C'était tout simplement un manque de coordination et de
professionnalisme, inacceptables n'importe où dans le monde.
Mais nous étions à Maurice dans ce fancy-fair que
l'on appelle Miss Mauritius. La partie "australienne"
du show fut beaucoup plus enlevée que les séquences
"Broadway". Jerry Nayna est certes un danseur chevronné
et sa troupe est assez dynamique. Mais sa chorégraphie,
visiblement destinée à le mettre en valeur avec
ses changements de costumes, était répétitive
et les nombreuses chansons qu'il a interprétées
se ressemblent un peu trop. Si le show fut à la mesure
du concours et de l'organisation, désordonnée et
ringarde, les différents clips réalisés par
la télévision sur les préliminaires du concours
étaient bien faits et, pour une fois, agréables
à suivre. Au niveau de l'animation de la soirée,
une question doit être posée : comment se fait-il
qu'un concours dont la principale condition est d'exiger que les
candidates soient minces est-il co-animé par une présentatrice
qui s'habille en taille au moins 50 ?
Les Miss étaient-elles au moins jolies, allez-vous me demander
? Il est difficile de répondre à cette question
dans la mesure où le concours Miss Mauritius est tout sauf
un concours de beauté. Les candidates étaient charmantes,
certaines avaient de la personnalité, du charme, mais il
y avait définitivement beaucoup plus de jolies filles
dans la salle, samedi soir, que sur la scène. Mais il convient
d'ajouter que par rapport aux années précédentes,
les candidates 2008 étaient plus potables - pas
forcément au niveau physique - et s'exprimaient beaucoup
mieux. A tel point qu'il n'y a pas eu, au moment des interviews
redoutées, des boulettes à faire rire pendant toute
une année. La boulette du concours fut prononcée
par la toute nouvelle Miss Réunion. Interrogée sur
ce qu'elle avait d'important à dire, elle répondit
avec le ton d'un élève qui répète
son texte mal appris :
-Il faut absolument que je dise merci à Mme Obeegadoo de
m'avoir invitée. Voilà, c'est fait.
Et les fameux Mr Mauritius World ? Beaucoup ont cru que ce nouvel
appendice masculin au concours Miss Mauritius allait être
une occasion de franche rigolade. Surtout après les débuts
d'un concours similaire rapidement annulé. On se trompait
: les candidats à ce concours se sont plutôt bien
débrouillés, ce qui veut dire qu'ils n'ont pas été
ridicules et ont apporté un tout petit peu de sang nouveau
à ce concours. A ce niveau, une autre question mérite
d'être posée: à quoi va servir ce roi sans
couronne, mais avec écharpe, et son titre qui ne mène
nulle part, même pas à la finale d'un Mr World, puisque
ce concours n'existe pas encore ? Au niveau des questions, on
pourrait également poser celle-ci : où est donc
cet hôpital, qui devait s'appeler Medicaid, que l'organisation
de Miss Mauritius devait faire construire avec les recettes et
les dons des sponsors depuis plus de trente ans?
Il y a quelques années encore, Miss Mauritius suscitait,
sinon des passions, du moins quelques polémiques. Aujourd'hui,
il ne provoque qu'une seule réaction : ça existe
encore ? Et la bonne question est celle-ci: Comment, au début
du ce 21ème siècle, un concours dont l'organisation
est aussi ringarde, totalement aux antipodes de la beauté
et de l'élégance, peut-il non seulement exister
encore, mais bénéficier d'une appellation nationale
alors que c'est en fin de compte une affaire purement privée?
Familiale même. En effet, les droits du concours sont détenus
par Primerose Obeegadoo; le concours est organisé par son
fils et sa belle-fille et c'est sa petite fille qui apporte les
résultats sur scène. Ils ont crée une dynastie
et celle-ci est secondée, dans sa perpétuation,
par un comité dont la tâche principale des membres
semble consister à marcher d'un bout à l'autre de
la salle pendant le concours et à aller remettre des prix
aux dauphines de la reine en les embrassant devant les caméras
de la télévision.
Il serait d'utilité nationale que quelqu'un fomente une
révolution, détrône la reine mère et
sa dynastie et organise enfin un concours national digne de ce
nom et de ce pays. Pas ce fancy-fair dont la trente-neuvième
édition a eu lieu samedi dernier.
Pension de retraite post-PRB 2008
Des retraités du gouvernement déclarent la guerre
au département du Trésor
Des retraités de la Fonction publique contestent le
mode de calcul de leur pension de retraite adopté par l'Accountant
General's Office après la publication du récent
rapport du Pay Research Bureau (PRB) et déclarent la guerre
au département du Trésor. Ces fonctionnaires à
la retraite menés par M. Philippe Jeantou, ancien dirigeant
de la Government Servants'Association (GSA) arguent que le calcul
adopté par le Trésor n'est pas conforme à
celui recommandé par le PRB dans sa table de conversion
officielle.
Lors d'une réunion, hier matin, à Port-Louis, les
protestataires ont affirmé que l'anomalie les concernant
perdure depuis la publication du rapport Chesworth en 1988. Selon
eux, ce sont surtout les plus âgés qui sont partis
le plus longtemps à la retraite qui se retrouvent les plus
défavorisés. Pour eux, le département du
Trésor est devenu "une agence de contre-développement";
un "promoteur de la misère pour les petites gens".
"La grande famille des quelque 27 000 retraités
de la Fonction publique est pénalisée par cette
institution et le gouvernement doit mettre en place un organisme
pour étudier nos doléances et nous rétablir
dans nos droits", estime M. Jeantou. Il précise
que les récriminations ne visent pas une personne en particulier
mais l'institution en général. Selon lui, le ministre
des Finances n'est pas au courant de la situation.
Il explique qu'alors que, généralement, les pensionnés
du gouvernement reçoivent leur "payslip" deux
fois l'an dont une fois à la fin de juillet, ils l'ont
reçu, cette fois, après les premiers paiements post-PRB
fin août. Selon lui, cela serait intentionnel en vue de
ne pas permettre aux retraités de faire des représentations
pour la correction des anomalies. Il rappelle, à cet effet,
que la date limite fixée par le PRB était le 31
août dernier.
C'est, invoque M. Jeantou, en prenant connaissance de leur "payslip"
que nombre de retraités de la Fonction publique ont constaté
qu'ils n'ont pas obtenu le dû auquel ils estiment avoir
droit en se basant sur la table de conversion officielle du PRB.
"L'Accountant General's Office est-il habilité
à procéder à un mode de conversion "batard"
en outrepassant la table de conversion officielle du PRB ?",
se demande M. Jeantou.
Il avance que ce sont surtout les moins instruits des fonctionnaires
à la retraite qui ne maîtrisent pas les subtilités
d'une table de conversion qui se retrouvent, ainsi, pénalisés.
Philippe Jeantou et d'autres retraités comptent sur le
"sens de justice" du Premier ministre et du ministre
des Finances pour intervenir en leur faveur.
Faute de quoi, disent-ils, ils n'auront d'autre choix que de saisir
la Justice et, ainsi, "ouvrir les vannes" pour
une compensation rétroactive depuis le rapport Chesworth
de 1988, date depuis laquelle, selon eux, leur pension est mal
calculée à chaque révision salariale qui
concerne les fonctionnaires et les retraités de la Fonction
publique.
Iles éloignées
Mission européenne à Rodrigues en fin de semaine
La chef de la délégation de la Commission européenne
à Maurice, Claudia Wiedey, l'ambassadeur de France, Jacques
Maillard, et le haut-commissaire britannique, John Murton, ont
effectué une mission officielle à Rodrigues en fin
de semaine. De son côté, le chef commissaire de l'Assemblée
Régionale de Rodrigues, Johnson Roussety, a profité
de son transit à Maurice, jeudi matin, pour établir
un premier contact avec le nouveau ministre, responsable du porte-feuille
de Rodrigues, James Burty David.
"La mission de la Commission européenne dans
l'île a permis aux responsables de faire un constat des
projets mis en uvre dans le cadre du Decentralised
Cooperation Programme visant à encourager le développement
de micro-projets. Avec les officiels de l'Agence Française
de Développement, nous avons pu passer en revue le projet
d'adduction et de fourniture d'eau à Rodrigues. Nous avons
procédé à une redéfinition de nos
priorités dans le secteur de l'eau, qui bénéficiera
prochainement de la visite de deux experts français en
la matière", a déclaré à
Week-End Johnson Roussety.
Le chef-commissaire de Rodrigues, qui s'est entretenu avec
le ministre David, jeudi matin, a obtenu la confirmation que le
nouveau ministre de Rodrigues fera le déplacement pour
les manifestations officielles marquant la fête de l'autonomie,
qui sera célébrée à Rodrigues le dimanche
12 octobre prochain.
Le ministre David pourrait effectuer son premier déplacement
officiel à Port-Mathurin au cours de la semaine prochaine.
"Le ministre m'a fait comprendre qu'il viendra à
Rodrigues dans les jours à venir pour une première
prise de contacts officiels. Mon souhait au ministre est qu'il
fasse preuve de flexibilité pour une meilleure gestion
de l'autonomie dans l'esprit de la loi, qui a été
votée par l'Assemblée nationale", a ajouté
le chef commissaire.
Le dossier de la reconversion des pêcheurs avec le paiement
d'une compensation demeure au centre des préoccupations
des dirigeants de la majorité à l'Assemblée
Régionale de Rodrigues. Il sera abordé en profondeur
lors des discussions avec le ministre David. Un bras de fer est
engagé depuis plusieurs mois avec le ministère des
Finances à ce sujet.
Toxicomanie et jeunes
Deux expertes américaines pour rappeler les principes
de prévention
Expertes en prévention dans le domaine de la toxicomanie,
Maurice Cynthia L. Timmons et Mona M. Johnson étaient à
Maurice, la semaine dernière, à l'initiative du
Département d'Etat des Etats-Unis. L'objectif : se mettre
à l'écoute des jeunes et des acteurs engagés
dans la lutte pour aider le pays à rendre ses actions plus
efficaces. Cynthia L. Timmons et Mona M. Johnson ont eu plusieurs
sessions de travail avec les concernés et sont venues nous
rappeler quelques principes de base.
Il ne suffit pas de donner l'information aux jeunes. Il est tout
aussi important de savoir la leur transmettre. Au cas contraire,
ils seront indifférents aux messages entendus. L'un des
principes de la prévention, rappellent Cynthia L. Timmons
et Mona M. Johnson, est de sensibiliser les jeunes pour qu'ils
sachent faire les bons choix. Le travail auprès de ces
derniers est appelé à commencer le plus tôt.
La qualité de l'information donnée est aussi importante.
Il est attendu qu'elle soit " claire et honnête".
Telles sont quelques-uns des conseils donnés à Maurice
par Cynthia L. Timmons et Mona M. Johnson. Depuis le 22 septembre,
ces deux expertes américaines en prévention ont
eu des sessions de travail avec des groupes de jeunes de différents
établissements. "Ils ont été très
attentifs à ce que nous avons dit et nous avons noté
le changement d'attitude qui s'opérait chez certains alors
que nous leur passions l'information", ont-elles noté.
Comme technique de travail Cynthia L. Timmons et Mona M. Johnson
ont opté pour des discussions interactives. Une approche
qui, selon elles, s'avère efficace auprès des jeunes
quand il est question de prévention.
Ces sessions de travail ont aussi permis aux deux expertes de
mieux comprendre la situation de l'abus des substances licites
et illicites à Maurice. Les collégiens rencontrés
" nous ont parlées de cigarettes, d'alcool, de
gandia et, quelques-uns, de Subutex". La situation auprès
des jeunes mauriciens, poursuivent-elles, ne diffère pas
grandement de celle qu'elles ont rencontrée ailleurs. Cynthia
Timmons travaille avec les enfants de prisonniers en Oklahoma
en tant que directrice de Children of Promises. Mona Johnson est
directrice d'une compagnie active auprès des jeunes et
des communautés sur la question de toxicomanie. Avant leur
arrivée à Maurice, elles avaient pris part à
un programme similaire aux Seychelles. Pour les deux expertes,
les raisons qui encouragent les jeunes vers les substances sont
les mêmes : curiosité, pression, influence, etc.
"Put actions behind words "
Comme partout, des mesures sont nécessaires pour mettre
les jeunes à l'abri. C'est ce qu'ont fait comprendre Cynthia
L. Timmons et Mona M. Johnson qui rencontraient la presse dans
les locaux de l'ambassade des Etats-Unis à Port-Louis,
jeudi, en présence de Craig White, First Secretary et Public
Affairs Officier de l'Ambassade. Précisant que, "
there are many good things happenning here ", elles recommandent
au pays de: " Put actions behind the words ."
Elles demandent aussi que le bien-être des jeunes soit gardé
en tête au moment des prises de décision. Dans ce
domaine, disent-elles, la tâche sera moins difficile pour
ceux qui se soucient de l'intérêt des jeunes.
Comme recommandé par les différents professionnels
maurciens, Cynthia L. Timmons et Mona M. Johnson sont d'avis qu'au
moins une personne devrait être attachée à
chaque établissement de l'île pour faire de la prévention
auprès des jeunes et pour répondre à leurs
questions. Après une rencontre avec le ministère,
elles précisent avoir constaté que le nombre de
personnes employées pour la prévention reste restreint
en fonction du nombre de collèges. Elles demandent que
plus de moyens soient accordés dans ce secteur.
Plus de moyens et plus de formation ; c'est ce dont ont aussi
besoin les travailleurs sociaux opérant auprès des
enfants des rues. Cynthia L. Timmons et Mona M. Johnson souhaitent
que la possibilité soit offerte aux jeunes concernés
par ce problème d'intégrer le système. Les
deux expertes avouent avoir été touchées
par la passion et le travail des éducateurs de rue et ont
exprimé le souhait de passer davantage de temps avec ces
derniers si l'occasion leur est donnée de revenir à
Maurice.
" Le problème est national, il fait appel à
une réponse nationale", ont aussi précisé
les deux expertes. Elles ont lancé un appel aux autorités
et aux différentes organisations de s'unir et de travailler
en collaboration. Ce qui n'est pas toujours le cas à Maurice,
ont-elles constaté. " Nous aurions souhaité
que la même énergie et la même synergie que
nous avons constatées dans les ateliers de travail continuent
après notre départ ", ont-elles demandé.
Au début de leur programme, Cynthia L. Timmons et Mona
M. Johnson avaient eu des sessions de travail avec les acteurs
engagés dans la lutte contre la drogue. D'autre part, elles
ont aussi lancé un pressant appel aux autorités
pour une étude de la situation concernant la toxicomanie
dans le pays. Ce qui permettra de mieux définir les stratégies
de lutte.
Ces deux expertes, a expliqué Craig White, a été
une manière pour le département d'État des
États-Unis de venir en aide à Maurice et aux Seychelles
face au problème de toxicomanie qui affecte les deux îles.
Précisons que les principales recommandations de Cynthia
L. Timmons et Mona M. Johnson sont les mêmes que celles
des différents rapports et plans d'action lancés
ces dernières années à Maurice avec pour
but de rendre efficace la lutte contre la toxicomanie. Plusieurs
de ces recommandations n'ont cependant jamais été
mises en application.
Callixt d'Offay (COI) : " Discrimination et stigmatisation
toujours de véritables freins pour le dépistage
et les soins"
Jeudi, les gagnants du concours de dessins " Jeunes face
à la stigmatisation et à la discrimination des personnes
vivant avec le VIH ", ont reçu leurs chèques
dans les locaux du ministère de la Santé. Visant
à la sensibilisation, ce projet a été organisé
par le Projet AIRIS de la Commission de l'Océan Indien
avec le soutien de la AIDS Unit. Intervenant lors de cette cérémonie,
Callixt d'Offay a tenu à féliciter les organisateurs
d'avoir surtout donné l'occasion aux jeunes d'exprimer
leur point de vue et de leur permettre de porter un nouveau regard
sur leur environnement. "Car depuis 25 ans, la discrimination
et la stigmatisation sont toujours de véritables freins
pour le dépistage et les soins. Et le regard que les jeunes
portent sur les autres, infectés ou pas, va apporter la
différence dans l'immédiat et surtout dans les années
à venir ", a précisé le SG de la
COI. De son côté, le ministre Jeetah a rappelé
que, " contre la stigmatisation, il nous faut passer l'information
correctement ". Selon le ministre de la Santé
: " Le problème doit être sérieusement
considéré car ce que nous subirons dépendra
de ce que l'on aura fait ou de ce que l'on n'aura pas fait. "
Sur cette même question, ce n'est donc pas seulement "
parce que c'est la mode du moment " que des concours
pour les jeunes doivent continuer à être organisés
a souligné Callixt d'Offay: " L'implication des
jeunes dans les projets de développement et dans la vie
communautaire est nécessaire, car elle peut révéler
de nouvelles perspectives concernant les problèmes, créer
plus d'unité et de confiance au sein de la communauté
et développer les aptitudes citoyennes et le réflexe
citoyen pour le présent et l'avenir. En effet, aujourd'hui,
nous avons plus que jamais besoin de ces aptitudes et ce réflexe,
car 45% des nouvelles infections à VIH à l'échelle
mondiale sont parmi les jeunes de moins de 24 ans. Pour le cas
de Maurice, vous savez déjà que la prévalence
est estimée à plus de 1% et que parmi les cas qui
sont recensés, près de 20 % se trouvent dans la
tranche d'âge 15 à 24 ans."
Des chiffres illustrant la gravité de la situation sur
les plans international et local ont aussi été cités
par le nouveau ministre de la Santé. Le VIH & SIDA
ajoute-t-il : " N'est pas une maladie qui choisi ses victimes.
Elle nous concerne tous. Si une personne est infectée,
elle doit être soutenue, au lieu d'être rejetée.
" Par ailleurs, le ministre a rappelé que dans
son dernier plan d'action, Maurice s'est réengagée
à lutter contre le VIH à travers une approche multisectorielle.
Rajesh Jeetah a aussi précisé qu'il faudra veiller
sur l'efficacité des campagnes lancées.
À souligner que les uvres des gagnants mauriciens
seront pris en considération pour la deuxième partie
du concours qui réunira cette fois des participants des
Comores, de Madagascar et des Seychelles.
Inondations du 26 mars dernier
La FAPEC entendue par le comité d'enquête
L'audience des différentes parties devant déposer
devant le Fact Finding Committee, institué dans
le sillage des inondations du 26 mars dernier, se poursuit. Mardi
dernier, c'était au tour de la Fédération
des associations de parents d'élèves des Ecoles
Catholiques (FAPEC) d'être entendue, par le juge Bushan
Domah, qui préside le comité d'enquête. Deux
jeunes élèves, Jennyka Grégoire du collège
Darwin et Sébastien Charlot, du collège Saint Mary's,
ont également apporté leurs témoignages.
Dans le dossier qu'elle a constitué, la fédération
a relevé des cas d'écoliers diversement affectés
par la montée des eaux et des rivières en crue.
Elle a aussi présenté deux lettres signées
par des responsables des écoles Marie-Reine RCA et Poste
de Flacq RCA, respectivement, dans lesquelles ils relatent l'inondation
de leur établissement. Le dossier de la FAPEC comprend
aussi d'autres éléments, notamment la troisième
édition du Newsletter de la station météorologique,
d'août 2001, abordant le changement climatique. S'interrogeant
sur les échanges téléphoniques entre la Météo
et le ministère de l'Education, le 26 mars dernier, la
FAPEC souhaite que le comité d'enquête se penche
davantage sur la teneur de ces correspondances. Dans ses recommandations,
la fédération propose, entre autres : "As
from now the Mauritius Meteorological services should place some
stations in some schools, which were inundated before their opening
hours on 26th March 2008" ; "The government should
adopt the Annual Rental Value to Primary Catholic schools as it
is for secondary colleges for repair and installation of drains
as many of such schools were flooded on that day due to lack of
proper infrastructure."
Portrait posthume
Guy Juliette, un enseignant comme on n'en fait plus
Guy Juliette s'est éteint jeudi à l'issue d'une
brève mais douloureuse maladie. Il faisait partie de ces
enseignants d'exception qui ont su ouvrir les fenêtres de
la vie à des générations d'adolescents boutonneux
et leur apprendre à forger les outils pour affronter la
vie et devenir des hommes responsables. Voici le portrait posthume
d'un enseignant comme on ne sait plus en faire.
Guy Juliette est né en 1937, deux ans avant le début
de la deuxième guerre mondiale à Port Louis, qui
était alors plus une ville résidentielle qu'une
capitale bruyante. Il était l'aîné d'une famille
de six enfants, trois garçons et trois filles, nés
de l'union d'un courtier maritime et d'une femme au foyer. Il
passe son enfance dans les années de guerre et des privations
surtout alimentaires et celles de son adolescence dans les années
de l'après guerre et du début de l'opulence. C'est
sans doute de ces années difficiles, surnommées
" létan margoz"' où l'on ne mangeait
pas toujours à sa faim et rarement selon ses envies qu'il
tient son amour de la cuisine. Après les classes primaires
à l'école de l'Eastern Suburb puis celle de Villiers
René Guy Juliette poursuit ses études secondaires
au collège Royal de Port Louis. Son diplôme en poche
il postule pour entrer dans la fonction publique mais au lieu
de devenir fonctionnaire il choisit l'enseignement. Sa candidature
est accepté comme élève à l'école
normale, qui à l'époque s'appelait encore Teachers
Training School. C'était un centre de formation pédagogique,
dans l'interprétation noble du terme, où des professeurs
non seulement qualifiés mais surtout pédagogues
dans l'âme apprenaient aux futurs enseignants comment éveiller
l'intelligence de l'élève, lui faire découvrir
l'univers, exciter sa curiosité et comment forger les
armes nécessaires pour affronter la vie et devenir des
hommes dignes de ce nom. Guy Juliette fera partie de ces enseignants
émérites qui ont donné ses lettres de noblesse
au système d'éducation mauricien dans une école
où les ministres étaient encore compétents
et ne passaient pas leur année à faire des déclarations
ridicules. Des enseignants que le système mauricien ne
sait plus fabriquer. Après ses années de formation
Guy Juliette entame le début d'une longue et brillante
carrière en devenant instituteur des écoles catholiques.
Il fera le tour des écoles catholiques de l'île avec
des "postings" aussi bien dans les villes que dans ce
que l'on appelait autrefois des régions retirées.
C'est-à-dire des écoles tellement perdues au fin
fond des campagnes mauriciennes que les enseignants étaient
obligés habiter sur place pendant la semaine. C'est au
cours de ce tour de l'île des écoles qu'il acquit
sa réputation de pédagogue hors pair et monta en
grade pour finir comme maître d'école en fin de carrière
. La réputation de Guy Juliette était tellement
établie qu'après sa mise à la retraite, le
Bureau d'Education Catholique fit appel à ses compétences
par la suite et le nomma Conseiller Pédagogique. Poste
qu'il occupa avec compétence, humanité et humilité.
Ce célibataire endurci était aussi un bon vivant,
dont le goût de la fête était connu. Il avait
un sens aigu des relations humaines et établit , tout
au long de sa carrière, de solides amitiés qui lui
sont restées fidèles jusqu'au terme de sa vie.
Il aimait les gens et avait constitué, au fil du temps,
une bande d'amis qui se rencontraient régulièrement
autour d'une bonne table. Avec les bouteilles, les rires et les
chansons qui vont avec. Comme les gens de sa génération,
Guy Julliette connaissait par cur les grands airs du répertoire
classique et ceux des opérettes. Selon ceux qui ont eu
le privilège de faire partie de la bande à Guy,
il était un gourmand qui savait également faire
la cuisine. "Il savait transformer un vulgaire carri bringelles
avec des pilchards ou une vindaye d'ourites avec des poivrons
en uvres d'art culinaires. Il avait gardé les recettes
d'autrefois où un petit bout de gras ou une pincée
d'aromates donnaient de la vie à une vulgaire fricassé
de lentilles ou un simple étouffé de légumes."
Il allait lui-même faire ses courses et avait son boucher,
son marchand de poisson et de légumes et était capable
d'aller à Port Louis juste pour acheter un élément
indispensable à une sauce. En dehors de la bonne chère
Guy Juliette aimait également les courses - il piquait
régulièrement son pool et pestait contre les faux
tuyaux qu'on lui refilaient - et le football. Son équipe
favorite était celle de Liverpool dont il ne ratait aucun
match. Il était capable de décrire dans les détail
les qualités de chacun des joueurs de son équipe
et tous les défauts de ses ennemis historiques: les
membres de Manchester United. Chose curieuse : Guy Juliette qui
ne savait pas conduire était l'heureux propriétaire
d'une voiture avec chauffeur. Quand on lui demandait pourquoi
il ne passait pas son permis il répondait invariablement
"J'ai déjà une mauvaise conduite, je ne
vais pas en plus le mettre sur un document. De toutes les façons
comme ça je peux boire et rentrer chez moi sans jamais
prendre le volant et sans jamais subir d'alcootest."
Et puis subitement la vie de ce retraité sans histoire
bascule. En février de cette année, cet homme qui
n'a jamais été malade de sa vie, a un malaise
au cours d'une fête familiale. Ses proches pensent qu'il
a eu une alerte cardiaque et qu'il s'en était sorti. Ils
se trompaient. Son médecin lui apprend que ses poumons
sont attaqués par un cancer et lui donne seulement six
mois à vivre. Il en vivra un de plus. Atteint de cette
terrible et désormais banale maladie qui vous bouffe une
partie du corps de l'intérieur, rend impuissantes les défenses,
naturelles, avale les globules et s'étend comme l'eau sale
contamine les plus belles rivières, Guy accepte la fatalité.
Sans jamais se plaindre ou maudire son sort. "J'accepte
ce qui m'arrive. J'ai tellement bien profité de la vie.
Et il y a des gens qui sont tellement plus malheureux ou plus
malades que moi." Avec un courage qui a stupéfié
son entourage, il a suivi le traitement requis en gardant autant
que possible - quand la maladie le lui permettait- ses habitudes.
Entre ses ponctions il a continué son train de vie habituel
: son shopping pour ne pas rater les promotions des supermarchés
; ses tournées au bazar pour profiter des légumes
de saison; les courses qu'il suivait de loin avec de temps en
temps, une incursion au Champ de Mars d'où il revenait
heureux mais, un peu plus fatigué à chaque fois.
Il continuait à recevoir et à organiser des soirées,
prenait soin de son apparence et ne se plaignait jamais. Même
si l'on remarquait à quel point la maladie progressait
sur son visage. Il continuait à suivre l'actualité
politique et éducative et à en discuter avec ses
visiteurs. A qui il faisait toujours offrir un " p'tit
fort" en s'excusant de ne pas pouvoir les accompagner.
Il parlait de sa maladie avec détachement, même quand
elle lui coupait le souffle et l'obligeait à ralentir le
débit, à parler plus bas. Il a su rester jusqu'au
bout cet enseignant qui savait se tenir, employer les mots justes
et le ton approprié.
Comme il avait préparé pendant des années
ses "time table" de classes d'avance Guy Juliette
avait également préparé la cérémonie
de ses funérailles. Il avait choisi les chants et les
textes et décidé de remplacer le cantique final
par une de ses chansons préférées. C'est
ainsi que ceux qui sont allés assister à la cérémonie
funèbre vendredi après midi ont eu la surprise d'entendre
"We shall overcome." Un gospel de combat vers la
vie éternelle qui est aussi l'hymne international de l'équipe
de Liverpool. C'était la dernière note de Guy Juliette,
un de ces grands enseignants comme on n'en fait plus.
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