Faits et effets…
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Les limites du capitalisme
Humeur
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La parabole du prêtre qui se prenait pour un politicien
Faits et effets...
Les limites du capitalisme
Pas la peine, cette semaine, de s'attarder sur le dernier rapport
de Transparency International et le bond spectaculaire que Maurice
est censée avoir réalisé dans l'échelle
de la perception de la corruption dans le pays. Jacques de Navacelle,
le président de la branche mauricienne, a, au moins, eu
quelques arguments pour expliquer cette " performance
" qui tombe comme un cheveu, une énorme perruque
même sur la soupe. Il a rappelé que l'étude
porte sur la période 2007 à mars 2008. Nous ne sommes
pas certains que, même durant cette période, la perception
de la corruption a reculé.Jacques de Navacelle a heureusement
pris aussi le soin de préciser que cette étude a
précédé les affaires Subutex, Cunningham
et Boskalis, cette dernière n'impliquant pas moins qu'un
conseiller très proche du Premier ministre même si,
arrêté comme un autre très bon ami de Navin
Ramgoolam, il a eu droit à un traitement différent,
lui n'étant qu'en congé seulement alors que Siddick
Chady, mêlé à la même affaire, a été
révoqué de la présidence de la Cargo Handling
Corporation le jour même de son interpellation. Comme quoi,
même parmi les proches, il y a une hiérarchie et
une différenciation dans l'application des sanctions.Venons-en
à ce qui, en ce moment, passionne le monde entier, la crise
financière qui ébranle les États-Unis et
à laquelle les gouvernements et les opérateurs économiques
sont suspendus. Le branle-bas qui avait commencé avec la
crise des sub-primes annonçait déjà de grands
bouleversements dans le système bancaire américain.
En dépit des mesures correctives et les saisies d'innombrables
bien immobiliers de particuliers, jetés à la rue
du jour au lendemain, l'explosion n'avait été que
repoussée. Il y a bien eu des signes de récession
notés dès le début de 2008 aux States et
qui n'ont été que corrigés momentanément
avec l'injection de capitaux. Il n'a pas fallu attendre longtemps
pour voir s'écrouler un à un des pans entiers de
la colonne vertébrale financière du pays de George
W. Bush. Les deux institutions qui étaient supposées
couvrir les crédits hypothécaires se sont écroulées
et leur jolie appellation, Freddy Mac et Fanny Mae n'a rien pu
pour elles. Il a fallu l'intervention de la trésorerie
publique pour les sauver.Comme on a affaire à un château
de cartes, cette mise sous tutelle a entraîné d'autres
géants dans sa chute, les banques d'investissements Lehman
Brothers, Merrill Lynch et l'assureur American International Group
et, vendredi, c'était au tour de Washington Mutual, la
caisse d'épargne des Etats-Unis de déclarer faillite
avant d'être absorbé par JP Morgan. Les plus avertis
à New York - et le président Bush lui-même
l'a rappelé - sont d'accord pour dire que si le plan d'injecter
rapidement 700 milliards de dollars dans l'assainissement des
finances n'aboutit pas, ce sera la catastrophe. Hélas,
pas seulement pour les États-Unis mais pour le monde entier
avec son économie globalisée. Déjà
ceux qui auraient dû avoir les moyens de résister,
en raison de leur taille et de leur place sur l'échiquier
mondial prennent des mesures draconiennes pour faire face à
la situation. Toutes les grandes entreprises, les joueurs internationaux
procèdent à des suppressions d'emplois un peu partout
à travers la planète. La Hong Kong and Shanghai
Bank Corporation de Londres a annoncé 1,100 licenciements,
les constructeurs automobiles, General Motors, Renault dégraissent
en raison de la baisse des ventes, elles-mêmes consécutives
au renchérissement des prix des produits pétroliers.Avant
d'aller entreprendre, en pleine tempête financière
internationale, son grand périple européen pour
attirer les investisseurs, ce qui n'est vraiment pas le moment,
Rama Sithanen, qui croit ferme dans ses multiples missions, a
tenu à rassurer. Avec ses réformes, soutient-il,
Maurice a accru sa résilience. Il prend quand même
la peine d'ajouter que nous ne sommes pas immunisés. Et
bien sûr que nous ne le sommes pas. Nos banques ne sont
pas menacées. Les plus importantes affichent même
des profits mirobolants. Mais ce n'est pas là le problème.
Comme on évolue dans une économie ouverte, un phénomène
que l'actuel ministre a sensiblement accentué avec sa politique
ultra-libérale, Maurice va subir les effets de la contraction
dans les marchés fournisseurs de touristes et d'acquéreurs
de nos produits textiles.Déjà en août dernier,
il y a eu une régression de l'arrivée des touristes
français, une de nos sources importantes de visiteurs.
Il n'y a pas de surprise à cela. On sait que le pouvoir
d'achat est en berne dans ce pays, comme d'autres fournisseurs
européens d'ailleurs, que 40 % de la population française
n'a pas été en vacances et que 37 % de cafés,
bar-tabacs et de restaurants ont fermé leurs portes depuis
le début de l'année. Ceux qui ont pris des vacances
ont été en province ou sur les côtes ou encore
ont voyagé court, en Europe même. Quant à
nos IRS, devenus les véritables vaches à lait de
l'alliance sociale, on a relevé qu'il y avait, déjà,
une villa à revendre la semaine dernière dans une
annonce payante d'une agence immobilière. C'est dire !
Quant à nos produits textiles, on sait que le marché
américain est difficile compte tenu de la conjoncture et
que la faiblesse du dollar n'est pas pour aider la trésorerie
de nos usines manufacturières alors qu'en Europe les produits
mauriciens trouveront de moins en moins de preneurs parce que
les ménages ont réduit leur consommation alimentaire
et qu'ils coupent même les dépenses médicales.L'essentiel
dans tout cela, ce sont les leçons qu'il faut en tirer.
Qui aurait cru que le temple du capitalisme que sont les États-Unis
allait nationaliser des monstres de banques d'affaires et que
ce serait l'Etat qui viendrait à la rescousse de grosses
pointures de la finance ? En France également le président
Sarkozy a garanti les dépôts bancaires des français.
Ici, depuis trois ans, on nous chante les louanges du moins Etat
et du tout marché. Le capitalisme montre en ce moment ses
limites. C'est la fin d'un monde. Autant repenser le libéralisme
sauvage qui nous a été imposé depuis trois
ans. De la fermeture de la Development Works Corporation à
la suppression des frais d'examens en passant par l'appauvrissement
des classes moyennes incapables aujourd'hui d'envisager accéder
à la propriété, il y a urgence. A remettre
l'humain au centre du développement.
Humeur
La parabole du prêtre qui se prenait pour un politicien
Habitué à figurer à la une des journaux -
ce qu'il savait habilement provoquer et entretenir -, le père Grégoire
doit faire face, ces jours-ci, à une couverture médiatique
dont il se serait sans doute bien passé. Et à laquelle il n'est probablement
pas habitué. En effet, depuis son premier retour des Etats-Unis
le père Grégoire a eu bonne et même excellente presse. Et
il le méritait, tout au moins au début. Au départ, en effet, il
s'est présenté comme un prêtre ayant une attitude et un langage modernes, aux
antipodes de certains de ses collègues installés. Tellement bien
installés et sûrs de leur statut qu'ils étaient devenus un peu comme des
fonctionnaires, de moins en moins disponibles et parfois désagréables
avec ceux qui avaient besoin d'eux en dehors des horaires. Non seulement Jocelyn Grégoire bénéficiait de
l'attrait de la nouveauté, mais il savait également chanter et prêchait avec
passion à la manière des évangélistes américains,
de véritables showmen comparés aux prêtres se contentant de faire leur sermon à
l'ancienne. Et puis, Jocelyn Grégoire, qui est également psychologue,
se lança dans des sessions qui donnèrent un coup de vieux aux rites de
l'église, composa des chansons en créole aux textes faciles a retenir
et dans lesquelles les refrains avaient beaucoup d'importance. Mais, plus important,
encore Jocelyn Grégoire s'attaqua à un phénomène dont on
parle peu et qui est profondément enraciné chez beaucoup de Mauriciens : la peur du diable et des mauvais esprits que l'on
conjure en allant à l'église certes, mais également
en faisant appel - on n'est jamais trop prudent - aux gardiens lacour des
longanistes. Quelques opérations spectaculaires au cours
desquelles des démons furent chassés par le mon père
firent le reste. Rapidement, Jocelyn Grégoire devint le « mon père
ki konn tiré ».
Dans la même ligné de ceux « ki konne guetté
» ou « ki konn atttaché ».
Les sessions au cours desquelles les participants - qui avaient
été toujours des spectateurs passifs - devenaient acteurs d'un bout
à l'autre de la cérémonie, avec un animateur qui savait
les valoriser, firent courir les foules. Les petites réunions régionales
furent transformées en concerts nationaux ; les enregistrements
de fortune des premiers jours cédèrent la place à des
cassettes enregistrées en studio et elles mêmes à des CD et autres DVD. Le
diable, qui en avait sans doute marre de voir ses gardiens lacour enlevés
et remplacés par de l'eau bénite et des images pieuses,
décida de réagir en utilisant des armes qu'il avait mis au point depuis la nuit
des temps. Il distilla dans l'esprit de celui que l'on avait surnommé
le singing priest qu'il était non seulement un crowd pooler,
mais l'idole des foules qui venaient assister à ses concerts.
Et que ces foules, qui reprenaient ses refrains à la demande, lui
étaient acquises à tout jamais et suivraient aveuglement ses mots
d'ordre. Le diable, qui connaissait bien les faiblesses des hommes et leur
facilité à se laisser tenter par la gloire et la
vanité, poussa l'argument plus loin. Puisque le singing priest pouvait rassembler
plus de foules que les politiciens, pourquoi n'utiliserait-il pas
directement ce pouvoir ? Pour parachever son uvre, le diable
mit sur la route du prêtre des gens à la recherche d'un leader,
pas pour le suivre mais pour l'utiliser pour leurs propres desseins et envies
de pouvoir. Emporté par son ego, le prêtre crut que
pour lui, «the sky was the limit» et abandonna petit à petit le langage
et le ton du prêcheur pour celui du politicien. Tout en gardant la robe
du prêtre et en jouant sur les deux tableaux. Comme les politiciens. Il
se fit d'ailleurs nommer président d'une fédération
sans passer par des élections. Mais, alors qu'il pensait être un leader,
il n'était qu'une proie facile. Il ne savait pas encore que les politiciens
abusaient de la naiveté de tous, même des prêtres
diplômés en psychologie. Utilisé et manipulé par des politiciens
habitués à faire mousser, promettre et ne jamais tenir, il organisa un meeting
le 1er Mai pour diviser les foules. Sa photo entourée de bouncers
comme un politicien fit sursauter les plus fervents de ses fidèles.
Tout comme ses déclarations sur des sujets divers et variés
mais toujours d'un point de vue partisan, pour ne pas dire communal. De la
même eau que celle de la Voice of Hindu et des organisations
sectaires semblables, grands défenseurs du «nou bannisme».
Grisé par le pouvoir attribué par ceux qui l'utilisaient, il crut
qu'il pouvait tout se permettre. C'est ainsi qu'il tenta d'imposer son candidat
pour la présidence de la République et ses choix pour le
remaniement ministériel. Il dut se rendre amèrement compte lorsque le
nom du Président fut annoncé ainsi que ceux du cabinet ministériel
remanié que son pouvoir politique n'existait que dans son ego. S'il
avait encore des doutes à ce sujet, l'acceptation par Etienne
Sinatambou du poste de Deputy Speaker, malgré ses conseils, aurait
du suffire. Mais, emporté par son délire, Jocelyn Grégoire a
multiplié les déclarations et lancé la bataille du «pas touche nou
dimanche». Une bataille perdue d'avance puisque le travail le dimanche est pratiqué à Maurice depuis des années,
comme l'a souligné le communiqué de l'Evêque de Port Louis.
Un communiqué qui a dû faire hoqueter de rire le diable qui aura
été un des principaux personnages de la parabole du prêtre qui se
prenait pour un politicien. Une parabole dont le dernier chapitre reste à écrire.
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 28 septembre 2008
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