é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 28 septembre 2008

ECONOMIE

Le chaos planétaire !
Gérard Cateaux


Dans cet imbroglio occasionné par l'effrondement de l'économie mondiale avec des dépôts de bilan de nombreuses institutions monétaires américaines, les petites nations, comme la nôtre, seront les plus à plaindre avec des conséquences néfastes pour nos sources de développements économiques. Les piliers sur lesquels repose notre ordre économique, à savoir les espaces que nous occupons dans les domaines du textile, du tourisme, de l'agro-industrie, sont si tributaires de facteurs exogènes, que nous risquons de subir les conséquences de ces marasmes venus d'ailleurs.

S'il est vrai que sur le plan de la finance, nos capitaines d'industrie s'efforcent de rassurer la communauté des affaires, voire financières, il n'en demeure pas moins qu'en raison des actifs étrangers - les sociétés pétrolières, la construction automobile, les ordinateurs, l'équipement électrique, les télécommunications, l'alimentation, la chimie et la pharmacie - nous ne saurons échapper aux difficultés d'adaptation qui frappent, aujourd'hui, les grandes et moyennes puissances.

Assistons-nous à une mort lente du libéralisme longtemps prônée par le capitalisme international ? Pendant longtemps, le libéralisme économique a été au centre de tous les débats. Cette notion a assuré la plus grande liberté de décision des entreprises et des places financières et avec sa formule décentralisée, elle a pu représenter une assurance contre les erreurs. Le libéralisme a, aussi, assuré le développement optimal des branches, dans sa version technocratique, et, par conséquent, la création la plus efficace de richesses.

Le libéralisme a affirmé un principe de concurrence, mais, en réalité, il a opéré dans un champ stratégique d'actions économiques qui supposait une élucidation des atouts, le choix de leur jeu, la minoration des conséquences défavorables ou le rejet sur un "assureur" de risques.

Le libéralisme profite aux forts, et, par conséquent, il rend les pauvres plus pauvres encore. Il brise le ressort des faibles et les soumet à l'inertie d'un destin technologique qu'ils subiront par apathie ou rejetteront dans une révolte irraisonnée...

Nos sociétés sont en crise - la mondialisation oblige - et elles ne sont plus placées sous la domination de l'argent. Puisque l'argent n'est plus roi ... Il nous reste à penser que l'homme peut se sauver lui-même, en combattant la résurgence des intégrismes, du racisme et de l'individualisme forcené.

La paupérisation de l'Etat-providence met la politique en situation d'échec et la démocratie en état de fragilité. Notre société a besoin de se spécialiser dans l'humain, afin qu'une société plus harmonieuse émerge de la marche chaotique de celle que nous connaissons aujourd'hui. Et qui est, désormais, d'ordre planétaire !



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