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Paul Bérenger :
"Réforme électorale, facile à réaliser
avant les prochaines élections"
Le leader de l'opposition et du MMM a dit "qu'il est
facile de réaliser une bonne réforme électorale
étant donné qu'il y a, en gros, un consensus entre
le PTr, le MMM et le MSM pour le maintien du système actuel
avec une dose de proportionnelle basé sur une liste de
parti". C'est très bien que le Premier ministre
ait, samedi dernier, annoncé la reprise des consultations
sur la réforme du système électoral, a déclaré
Paul Bérenger, ajoutant que s'il entretient encore des
appréhensions quant à la volonté réelle
de Navin Ramgoolam de réaliser cette réforme, il
lui accorde toutefois le bénéfice du doute.
Ce qui l'inquiète, c'est que le chef du gouvernement ait
mélangé trois choses: la réforme du système,
le financement des partis politiques et le contrôle des
affiches et utilisation de plastique en temps de campagne électorale.
Les trois choses doivent être réalisées, mais
de manière séparée l'une de l'autre. Les
amalgamer est la meilleure façon de bloquer la réforme,
a-t-il soutenu. Le leader de l'opposition a dit qu'il faut se
concentrer sur la réforme électorale et "si
vraiment la volonté politique existe chez Navin Ramgoolam,
il est facile de réaliser cette réforme avant les
prochaines élections".
Sévère mise en garde à l'APM
Une sévère mise en garde a été, par
ailleurs, adressée à l'Automatic Pricing Mechanism
en prévision de sa rencontre du 1er octobre prochain l'enjoignant
de procéder à une baisse des prix de l'essence et
du diesel. Le leader de l'opposition n'a pas manqué de
rappeler que depuis la dernière augmentation de juillet,
les prix des produits pétroliers ont dégringolé,
passant de 147 dollars américains à mois de 107
, soit moins de 40 dollars le baril.
Il a cité l'exemple de l'Afrique du Sud qui a déjà
baissé ses prix à la pompe, une première
fois, le 1er septembre dernier et qui procédera à
une nouvelle baisse le 1er octobre. Répondant à
une question à ce sujet sur le prix auquel le pays s'approvisionne,
il a soutenu qu'il n'y a aucune transparence à ce sujet,
puisque "le contrat qui nous lie à la compagnie
indienne est gardé secret".
Abordant la crise financière et économique aux États-Unis
et qui gagne les pays d'Europe, il a, une nouvelle fois, déploré
que, pendant que le ministre des Finances Rama Sithanen avance
qu'il n'y a aucune inquiétude à avoir, les premières
répercussions négatives se font déjà
sentir à Maurice. Il a soutenu que les entreprises textile
éprouvent des difficultés avec un manque de commandes
dû à la contraction de la demande sur les marchés
des États-Unis et de l'Europe.
Tourisme: "Arrêtez de manipuler les chiffres!"
Paul Bérenger a estimé que la situation est encore
plus inquiétante du côté du tourisme, jugeant
aussi "honteux" que les autorités dissimulent
les statistiques qui sont toujours disponibles le 27 pour le mois
précédent sauf pour le dernier mois d'août.
"On distille des chiffres partiels au moyens d'articulets
de presse manipulés", a dénoncé
Paul Bérenger, qui a rappelé avoir prévu
que les chiffres d'août n'allaient pas être bons.
Pour septembre, ce sera pire, a-t-il ajouté.
Invité à dire si le chiffre de 15% de 2007 n'est
pas tributaire de la baisse sensible des arrivées enregistrées
en 2006 du fait du Chikungunya, il a, là aussi, déploré
que Xavier Duval ait présenté les choses autrement
que par les faits et qu'il se réfère à la
prévision officielle d'un chiffre de 10% pour 2008. ll
a aussi ajouté attendre de voir les chiffres comparatifs
pour les mois d'août de 2007, 2006 et même 2005 por
jauger du degré de ralentissement des arrivées.
Il a dit qu'une croissance de 15% avait été enregistrée
en 2007 par rapport à 2006 et que la progression officielle
projetée par le gouvernement pour 2008 était de
10%. Or, souligne Paul Bérenger, la croissance des arrivées
n'a été que de 2.4% pour le mois d'août avec
cette donnée inquiétante pour le plus gros marché,
la France qui a baissé de 1.8%.
Après avoir rappelé que la croissance des arrivées
n'a été que de 5% pour les mois de janvier à
août et que ses prévisions, même s'il espère
avoir tort, sont que les chiffres de septembre seront encore moins
bons que ceux d'août, il a dit craindre que les chiffres
pour l'année 2008 ne soient inquiétants. Aussi,
il a invité les autorités à "arrêter
de manipuler les chiffres, de se leurrer et de leurrer la population.
La crise financière nous fera mal et elle nous fait mal
déjà", a-t-il déclaré.
S'agissant des IRS, le leader de l'opposition a dit être
au courant du retrait de certains investisseurs étrangers,
mais qu'il est trop tôt pour dire si la crise affecte déjà
ce secteur. Ce qui est, en revanche, certain, c'est qu'elle aura
une incidence sur le Foreign Direct Investment et, donc, inévitablement
sur les IRS.
Évoquant, ensuite, la psychose qui s'installe dans le pays
sur la fiabilité de produits importés, laits, bonbons
et produits sur le marché local comme le kalamindas et
les pistaches salées colorées, le leader de l'opposition
a dit que le gouvernement doit arrêter cela et prendre des
mesures qui s'imposent au lieu de se contenter de réagir
aux événements.
C'est encore plus vrai, a-t-il dit, pour les bonbons lapin. Aucune
précaution et des réactions tardives alors qu'à
Singapour des mesures ont été prises et qu'en Chine
même les autorités ont pris leurs responsabilités.
Encore plus inacceptable, poursuit-il, est le fait que le gouvernement
ait attendu l'intoxication des enfants par le kalamindas pour
passer à l'action. Cela dit, il a reconnu que nous n'avons
pas les moyens de procéder à des analyses et qu'il
faut avoir recours aux étrangers.
Dresser une liste officielle de produits impropres à
la consommation
Toujours est-il qu'il faut adopter le principe de précaution
et dresser une liste officielle de produits impropres à
la consommation pour mettre un terme à la psychose qui
a gagné la population, a suggéré Paul Bérenger.
C'est une question de confiance avant tout et les gens ne sont
pas convaincus que les personnes qui sont responsables du dossier,
à la Santé et à la Protection des Consommateurs
soient celles qui peuvent être à la hauteur de la
situation, a soutenu le leader de l'opposition qui n'a pas manqué
de souligner que Rajesh Jeetah et Sylvio Tang ont été
transférés parce qu'ils ont été des
"fiascos complets" à leur précédents
ministères.
Abordant ensuite les licenciements à Mauritius Telecom,
il a réitéré la solidarité du MMM
aux deux syndicalistes renvoyés par la direction et a profité
pour attirer l'attention sur un aspect du dossier qu'il a discuté
avec ses hommes de loi, la protection du "whistle blower".
Paul Bérenger a dit avoir insisté au moment des
débats sur le Competition Bill pour que cette protection
et l'exemption de poursuites soient accordées à
ceux qui viennent de l'avant avec des dénonciations comme
c'est le cas aux États-Unis et dans l'Union Européenne,
mais que le gouvernement n'en a pas tenu compte.
"Possible criminal offence de la part de MT"
Il y a un seul secteur, a-t-il dit, où cet aspect existe,
c'est sous la POCA, votée par le gouvernement MSM/MMM en
2002 et qui prévoit une protection légale au terme
de la section 49. Raj Ragoonath, qui a consigné plusieurs
dépositions à l'ICAC a le "legal status of
a protected witness" sous la section 49 (5) et ceux qui en
ont fait fi ont sommis un délit punissable sous la loi.
Aussi, il a invité Raj Ragoonath à faire une déclaration
à la police pour qu'elle enquête sur le cas et pour
que la loi soit appliquée. Il a évoqué un
"criminal offence" de la part de MT et a dit que son
parti est là pour n'importe quel coup de main que souhaite
le syndicaliste concerné.
Le dernier sujet évoqué par le leader de l'opposition
et au sujet duquel il a exprimé de la tristesse est l'absence
du Premier ministre à l'assemblée générale
des Nations Unies tandis que "les présidents de
la petite Seychelles, de Madagascar et du Mozambique ont tenu
de belles allocutions respectivement sur les petits états
vulnérables, un dossier dont Maurice est censé être
responsable".
Il a rappelé que les pays développés ont
l'argent et le savoir-faire et les pays de la région, leurs
terres et leurs main d'uvre composée de petits planteurs
et que c'était le moment de pousser à une coopération
à ce sujet. Or, Maurice a brillé par son absence,
a déploré Paul Bérenger. Il a dit espérer
que Navin Ramgoolam se rendra au moins au sommet crucial des ACP
au Ghana. "Ses priorités sont incompréhensibles.
Voilà un Premier ministre qui se rend à un congrès
partisan aux États Unis", et qui fait l'impasse
sur l'ONU.
Quant à la venue des Law Lords, Paul Bérenger a
dit avoir bien "apprécié leur performance"
d'autant qu'il a eu l'occasion de discuter avec certains d'entre
eux et les avoir informés qu'il n'y a pas eu jusqu'ici
de polémique sur ce recours ultime au Judicial Committee
du Privy Council.
Quant à la situation à la Banque de Maurice, le
leader de l'opposition a soutenu que c'est après qu'il
a demandé la fin des tiraillements entre le ministre des
Finances et le Gouverneur sur la crise financière internationale
qu'il y a enfin eu une rencontre.
Il faut que cessent les pressions sur le Monetary Policy Committee
et que soit constituée, comme demandé par le MMM
depuis la semaine dernière et comme cela se passe à
travers le monde, une cellule de crise avec le ministre des Finances,
le Gouverneur et les principaux conseillers. Quant à la
prévision de M. Bheenick d'une possible inflation à
deux chiffres en décembre prochain, le leader de l'opposition
a dit que cela n'a rien de nouveau et que tout dépendra
de l'évolution des cours du pétrole.
Remaniement :"Beaucoup de personnes blessées
"
"Il n'y a pas de doute et je le constate: le récent
remaniement a blessé beaucoup de personnes dans les communautés
créole et musulmane". C'est ce qu'a déclaré
le leader de l'opposition alors qu'il était interrogé
par la presse sur les remous qui ont suivi le dernier exercice
de remaniement ministériel décidé par Navin
Ramgoolam.
Paul Bérenger a aussi dit qu'après "avoir
utilisé ces derniers temps des propos à caractère
communal et avoir soutiré des groupuscules communalistes,
le langage de Navin Ramgoolam a subitement changé et qu'il
est devenu un 'rassembleur' qui ne tient pas compte de la communauté
du président, du Premier ministre ou du vice-Premier ministre.
Il le dit mais, juste à côté, il y a Xavier
Duval qui se dit bien représenté avec son titre
bidon. Which is which ?"
Santé publique
Devoir de précaution
Le scandale du lait chinois frelaté et des produits dérivés
de ce lait fait craindre le pire. La crise commence par l'annonce
de la découverte, en Chine, de mélamine ajoutée
illégalement - pour faire croire à un taux élevé
de protéines - dans du lait en poudre vendu par trois grandes
sociétés laitières chinoises, provoquant
la mort d'au moins quatre bébés et l'hospitalisation
d'environ 13 000 enfants qui ont été soignés
à la suite de problèmes rénaux. Le scandale
s'est ensuite étendu à toute une série de
produits contenant du lait, des glaces aux sucreries, en passant
par les fameux "bonbons lapins". C'est d'ailleurs cette
découverte, à Singapour, qui a déclenché
l'alerte à Maurice. Les autorités mauriciennes ont
réagi dès mardi dernier, en retenant des commerçants
plus de 54 000 bonbons (White Rabbit) en provenance de Chine,
suspectés de contenir de la mélamine. Écoles,
tabagies, boutiques et supermarchés, entre autres, ont
reçu la visite des inspecteurs du ministère de la
Santé cette semaine, et ont retenu les bonbons mis en vente.
Des échantillons de ces bonbons ont été envoyés
en laboratoire pour être analysés. Les résultats
sont attendus incessamment avant que des actions soient prises.
"Nous ne pouvons saisir et détruire ces produits
sans preuve. Nous attendons les résultats pour prendre
des actions en conséquence", explique le haut
cadre de la Santé. En fin de semaine, les autorités
ont également retiré du marché 55 sacs de
lait en poudre "Full Cream" (SDJ) ainsi que trois sacs
de "Instant full cream" (Four Cows) de 25 kg. Ces produits
font actuellement l'objet d'analyses à Maurice, en vue
de détecter la présence de mélamine. Selon
nos informations, les autorités projettent également
d'envoyer d'autres échantillons à l'étranger.
Le lait chinois importé durant la période de
pénurie
Un haut cadre du ministère de la Santé explique
que le lait en provenance de Chine a été mis sur
le marché mauricien durant la période de pénurie
qui a récemment touché le pays. "Durant
la période de pénurie, huit importateurs ont importé
du lait de Chine. Mais cette semaine, lors de nos descentes, nous
n'avons obtenu des sachets de lait chinois uniquement chez deux
importateurs. Les six autres avaient déjà écoulé
leur stock", explique-t-il. Ce haut cadre du ministère
précise par ailleurs que des deux importateurs où
les autorités ont retenu du lait chinois, l'un n'a fait
aucune importation depuis plusieurs mois, alors que l'autre en
a importé récemment. Notre interlocuteur fait ressortir
qu'avant leur importation de Chine, ces produits, comme le demande
le Food Act, ont fait l'objet d'analyses. "Les importateurs
ont obtenu leur permis d'importation, car ces produits satisfaisaient
les normes internationales fixées. À l'époque,
personne n'a parlé de mélamine", explique-t-il.
Selon nos informations, il ressort qu'à cause du mauvais
goût de ces laits chinois, ces produits n'étaient
pas écoulés auprès du grand public, mais
principalement auprès des commerçants pour des Food
Processing Plants. Les principaux commerçants qui pourraient
être concernés sont les fabricants de Ice-Cream,
voire d'Alouda, entre autres. Le ministère de la Santé
rassure toutefois que ces produits chinois n'ont pas été
utilisés pour la fabrication de yaourt. "Les trois
entreprises qui fabriquent du yaourt à Maurice importent
leur lait de la Hollande, de France, d'Inde ou d'Australie. Nous
avons testé plusieurs échantillons et il n'y a aucun
risque", assure notre interlocuteur.
Les pays d'Europe en état d'alerte
A ce jour, aucun cas de maladie associée à la consommation
d'autres produits que le lait en poudre n'a été
signalé. Néanmoins, la peur du lait chinois contaminé
à la mélamine a gagné l'étranger.
Plusieurs pays ont suspendu leurs importations de produits laitiers
chinois ou les ont retirés du marché. La région
Asie-Pacifique est la plus touchée par le scandale : Brunei,
le Cambodge, l'Indonésie, la Malaisie - qui étendu
l'interdiction à tous les produits contenant du lait, comme
les chocolats - et Singapour. L'Organisation Mondiale de la Santé
(OMS) et l'agence de l'ONU pour l'alimentation la FAO, ont appelé
vendredi dernier les pays à une "vigilance accrue"
face à une possible diffusion des produits contaminés
par la mélamine. Les pays de l'Union Européenne
ont ainsi décidé de recourir aux grands moyens face
au scandale en interdisant les importations de tous les produits
alimentaires pour enfants provenant de Chine, qui contiendraient
du lait en poudre, comme le chocolat, les confiseries, et les
biscuits.
La nouvelle cargaison de produits alimentaires de Chine bloquée
à la douane
Alors que l'UE a interdit l'importation des produits laitiers
de Chine, une liste de 116 produits du marché à
Singapour commence à circuler à Maurice. La mélamine
aurait aussi été détectée dans une
large palette de produits, dont plusieurs grandes marques. Concernant
la liste de produits émis par Singapour, les autorités
mauriciennes restent prudentes. "À première
vue, il faut savoir que certains de ces produits ne sont pas disponibles
sur le marché mauricien. D'autres, si disponibles, à
l'instar des produits Kraft, ne sont pas importés de Chine",
indique un haut cadre du ministère de la Santé.
Cependant, le ministère compte effectuer des vérifications
et prendra des actions en conséquence. Après la
suppression du marché, des "bonbons lapins" et
de deux marques de lait en provenance de Chine, les autorités
mauriciennes appellent les commerçants à plus de
vigilance. Le Conseil des ministres, qui s'est réuni vendredi
dernier, a annoncé une série de mesures en guise
de prévention. Le gouvernement a pris des mesures de précaution
visant à mettre la population à l'abri de tout risque
de contamination des produits alimentaires provenant de Chine
et soupçonnés de contenir de la mélamine.
Parmi ces mesures, celle de l'arrêt temporaire des importations
des produits laitiers en provenance de Chine. De même, la
nouvelle cargaison de produits alimentaires chinois a été
mise sous scellé à la douane. Le ministre de la
Protection des Consommateurs, Sylvio Tang, donne l'assurance qu'en
collaboration avec le ministère de la Santé et celui
du Commerce, les autorités suivent cette affaire de près
et demande à la population de ne pas céder à
la panique.
C'est quoi la mélamine :
La mélamine est un produit chimique le plus souvent obtenu
en forme de cristaux blancs riches en Nitrogen et utilisée
dans la fabrication de résines synthétiques et de
plastique. Ce produit est à la base de la production de
colle, de "whiteboards", de formica, de carrelages,
d'ustensiles de cuisine, de fertilisants
Toxique, même
à faible dose, ce produit est interdit comme additif alimentaire
en Chine, aux États-Unis, à Singapour, en Malaisie,
en Tanzanie, au Japon, au Bangladesh, au Gabon, à Myanmar,
en Thaïlande, au Burundi et à Brunei. La mélamine,
en contact avec d'autres composants chimiques se dissout difficilement
et cause en effet des troubles de santé dont l'insuffisance
rénale, qui peut mener à la mort. Par les symptômes
éventuels d'une intoxication : l'irritabilité et
le manque d'urine. La victime peut aussi avoir une forte tension
artérielle, du sang dans l'urine et des signes d'une infection
de reins.
Mélamine : possible risque sanitaire pour les enfants
L'autorité européenne de sécurité
des aliments (EFSA), saisie par la Commission Européenne,
a examiné l'impact sur le corps humain de la consommation
de résidus de mélamine et a donné sa réponse
jeudi dernier. L'EFSA a étudié plusieurs hypothèses,
en prenant en compte à la fois le taux de contamination
de la poudre de lait en mélamine, la proportion des dérivés
laitiers dans la recette des produits, et la consommation de ceux-ci
par les adultes et les enfants. L'objectif était de chiffrer
dans chaque cas le niveau d'exposition des sujets à la
dose journalière tolérable (TDI) de mélamine
pour le corps humain, fixée à 0.5 mg /kg de masse
corporelle du sujet. Selon ces résultats, l'EFSA estime
que la contamination de produits dérivés du lait
chinois ne pose pas de problèmes pour la santé des
adultes. Même conclusion pour les enfants ayant une consommation
moyenne (14g de chocolat ou de caramels ou de 22g de biscuits).
Mais, dans le cas d'enfants dévorants ces produits à
haute dose tous les jours, le risque sanitaire existe. A titre
de comparaison, Singapour, qui retient la TDI américaine
de 0.63mg/kg contre 0.50 pour l'Union Européenne, souligne
qu'il faudrait manger quotidiennement 47 bonbons White Rabbit
ou 13 paquets de biscuits à la pomme de terre pour le dépasser.
Reste que l'EFSA ignore si les hauts niveaux retenus pour le scénario
du pire pourrait exister en Europe. Aucun produit contaminé
par la mélamine n'a été jusqu'ici détecté
sur le sol européen.
Source : internet
L'ambassadeur de Chine à Maurice, Gao Yu Chen : "S'il
y a des cas isolés, il ne faut pas généraliser
l'affaire"
La réputation des produits "Made in China" a
été gravement ternie par ce nouveau scandale de
sécurité alimentaire après une série
d'affaires ces dernières années. Pékin, régulièrement
sur la sellette pour ses produits alimentaires ou pharmaceutiques
de mauvaise qualité, voire toxiques, pour ses jouets à
la peinture au plomb
est cette fois au centre d'un autre
tapage internationale. Cette fois, le scandale du lait frelaté,
qui met en évidence la présence de mélamine
chez 22 fabricants de lait chinois ébranle le crédit
commercial de la Chine à l'étranger. Mais les autorités
chinoises ont réagi promptement dès la mise en évidence
de la mélamine dans le lait classique.
La Chine a annoncé jeudi dernier vouloir donner plus de
moyens au système de contrôle alimentaire. Selon
la presse chinoise, le Premier ministre, Wen Jiabo, s'est engagé
à en finir avec ces scandales récurrents : "Nous
voulons empêcher que cela se reproduise, pas juste pour
les produits laitiers, mais pour tous les produits alimentaires",
a-t-il déclaré aux Pékinois. Mais déjà,
les pays de l'UE ont retiré et interdit de vente ces produits
laitiers en provenance de Chine. Et la presse internationale,
ne manque pas de rappeler qu'en 2007, des chiens et des chats
du continent nord-américain en avait été
victimes. Du gluten importé de Chine, pour leurs pâtées
industrielles, avait été trafiquée à
la mélamine. Plusieurs dizaines de milliers d'animaux d'élevage,
comme des porcs, avaient aussi été nourris avec
des préparations contenant des suppléments protéinés
importés de Chine, contaminés avec de la mélamine.
De passage à Pékin, le commissaire européen
au Commerce, Peter Mandelson, a estimé que les mesures
adoptées pays les pays européens seront une réponse
"proportionnée et prudente". "Si elles
sont adoptées, ce seront des mesures d'urgence qui seront
revues dans les dix jours", a-t-il précisé.
"Nous devons agir de manière prudente sans réagir
de façon excessive", a dit aussi le commissaire
lors d'une conférence de presse à Pékin durant
laquelle il s'est ostensiblement versé un verre de lait
chinois qu'il a ensuite dégusté. Il demeure néanmoins
que ce nouveau scandale qui ébranle le crédit commercial
de la Chine à l'étranger laisse un goût amer
L'ambassadeur de Chine à Maurice, Gao Yu Chen fait ressortir
que dès que le problème de lait frelaté est
apparu en Chine, le gouvernement a enclenché un mécanisme
national d'urgence pour traiter ce problème et assurer
la sécurité alimentaire. "Le gouvernement
n'a pas caché le problème et a même publié
la liste des marques de laits contaminés et leurs fabricants",
dit-il, ajoutant que les autorités chinois estiment "inacceptable
qu'il y ait des développements économiques au détriment
de la Santé". "Nous ne fermons pas les
yeux sur ce problèmes, et nous prenons les mesures qui
s'imposent. Toutefois, s'il y a des cas isolés, il ne faut
pas généralisé l'affaire", souligne
l'ambassadeur de Chine à Maurice. Il indique que la qualité
des produits et la sécurité alimentaires sont deux
grands défis auxquels tous les pays du monde sont appelés
à faire face. Il rassure la population mauricienne en donnant
la garantie que les autorités chinoises font de leur mieux
pour que de pareils scandales ne se répètent.
Afin de mieux protéger les consommateurs - L'institut
pour la Protection des Consommateurs appelle à une action
musclée
L'Institut pour la Protection des Consommateurs (ICP) est d'avis
que les consommateurs mauriciens ne sont pas à l'abri des
risques de contamination alimentaire. Dans un communiqué
adressé à la presse vendredi dernier, l'ICP lance
donc un appel à une prise de conscience nationale et à
une action musclée afin de mieux protéger les consommateurs.
"L'empoisonnement récent d'enfants par la rhodamine,
la mise en vente de confiseries et autres biscuits à base
de lait contaminé sur le marché, ainsi que d'autres
faits récents souligne l'incapacité des autorités
d'agir en amont", s'insurge l'ICP, déplorant l'absence
d'un système efficace pour assurer la traçabilité
des aliments. L'institut rappelle que dans une publication dans
la presse, il avait, depuis 2003, dénoncer l'utilisation
de la rhodamine par les marchands de pistaches. "Le récent
scandale de l'utilisation de ce colorant cancérigène
par un marchand de barbe-à-papa confirme que depuis 2003,
rien n'a été fait pour interdire la vente de ce
produits au marchands d'aliments", déplore l'ICP.
Concernant les produits à base de lait importé de
Chine l'ICP estime que le principe de précaution devrait
prévaloir. L'organisation demande au ministère de
la Santé d'interdire la vente de ces produits potentiellement
à risque et le retrait de ceux-ci des rayons jusqu'à
ce que des tests appropriés établissent s'ils sont
propres à la consommation ou non. L'ICP lance aussi un
appel à la population d'être vigilante quant à
l'achat ou à la consommation de tels produits. Cette organisation
revient également sur le cas d'empoisonnement de consommateurs
par des calebasses, ainsi que le scandale de 48 000 poulets contaminés
dans une ferme de l'Est, de même que celui de viande congelée
importée de l'Afrique du Sud, sans forcément de
suivi de la part du ministère de la Santé. L'ICP
rappelle que depuis 2004, il n'a cessé de réclamer
lors des diverses consultations budgétaires, la mise en
place d'une agence de coordination pour la sécurité
sanitaire des aliments. Selon lui, fondée sur le modèle
de l'AFSSA en France, cette agence, regroupant toute les autorités
concernées par la sécurité alimentaire, devrait
permettre d'assurer la traçabilité des aliments
et mieux protéger les consommateurs. L'ICP demande au gouvernement
d'initier des consultations en vue de dégager une stratégie
à long terme pour mieux protéger les consommateurs.
Du colorant pour vêtement utilisé dans certains
aliments
Friands de "kalamindas" ou de "pistaches salées
grillées", attention, l'intoxication vous guette.
Certains commerçants utilisent du colorant - toxique -
pour la fabrication de leurs produits. Après le cas des
enfants qui avaient été intoxiqués après
avoir mangé de la barbe-à-papa, dans une école
à Flacq, les analyses ont révélé que
le marchand s'est servi de la rhodamine B, un produit chimique
pour colorer ses friandises. Ce cas a éveillé les
soupçons des autorités qui ont aussi pris, cette
semaine, des sanctions contre deux marchands de pistaches salées,
également colorées à la rhodamine B, selon
les analyses. Depuis vendredi, les officiers du ministère
de la Santé sillonnent le pays pour épingler d'autres
contrevenants. Un nouveau scandale alimentaire qui suscite l'intérêt
du public et appelle à la prudence. Cette situation, décriée
par les autorités, fait non seulement craindre une intoxication
alimentaire, mais soulève aussi plusieurs questions quant
au contrôle insuffisant des produits alimentaires locaux.
Les quinze enfants d'une école gouvernementale de Flacq,
victimes de malaises et hospitalisés il y a deux semaines,
ont été intoxiqués. C'est ce que révèle
le verdict des analyses du government analyst, indiquant
que les échantillons de kalamindas consommé par
les victimes, contenaient de la rhodamine B. Or, cette substance
chimique et toxique, d'un grenat fluorescent, est en réalité
une teinture utilisée dans les usines de textile. Mais
le vendeur de kalamindas (barbe-à-papa) s'est servi de
la teinture dans la fabrication de ses produits. Épinglé
par le ministère de la Santé, ce vendeur a écopé
d'un prohibition order, lui interdisant de se servir à
nouveau de ce composé chimique. L'inspectorat de la Santé
a intenté des poursuites contre ce marchand à qui
les autorités reprochent outre d'avoir utilisé de
la rhodamine dans la fabrication de ses kalamindas, d'en avoir
vendu aux enfants. La loi prévoit une amende variant entre
Rs 2 000 minimum et Rs 3 000 maximum. Mais ce cas révélé
en début de semaine n'est pas le seul a alerté la
Santé publique. Les autorités ont effectué
plusieurs descentes auprès des marchands d'aliments, et
il ressort que sur 23 échantillons de pistaches salées
grillées retenus, deux contenaient de la rhodamine, d'où
la texture rosâtre des pistache grillées. La rhodamine,
explique un médecin, peut provoquer de vives réactions
spontanées surtout chez les enfants. Chez d'autres, la
nocivité peut être ressentie à plus long terme,
notamment à travers des maladies incurables dont le cancer.
A faible dose, ajoute le médecin, la rhodamine a des effets
immédiats systémiques, affectant le système
respiratoire, le système digestif, mais aussi une irritation
de la peau, entre autres.
Food Act : 43 "Permitted Food colours"
L'utilisation de la rhodamine dans les aliments n'est pas permise
par notre législation. Le Food Act établit
en effet une la liste des 43 "Permitted Food colours",
parmi lesquelles ne figure pas la rhodamine, substance contrôlée
par le Dangerous Chemical Control Board. Les importateurs de ce
produit doivent faire une application auprès de ce Board
en vue de l'obtention d'un permis avant d'importer ce produit,
explique un préposé du ministère de la Santé.
Selon nos informations, il n'y a eu aucune demande d'application
de permis d'importation pour de produits depuis deux ans. Malgré
tout, on peut acheter de la rhodamine partout, tant dans les boutiques
ou les magasins de l'île, voire dans les marchés.
C'est son prix très abordable (Rs 10 à Rs 15 un
gros sachet) qui attire les utilisateurs qui la préfèrent
aux colorants pour aliments qui sont beaucoup plus chers. Une
marchande de pistaches aux abords du Champ de Mars - soutenant
qu'elle n'utilise pas ce produit - indique que la teinture naturelle
qu'elle ajoute à ses pistaches coûtent Rs 100 le
1/4 kg, soit environ Rs 700 le kilo. "Be si ena dimoun
pe gagn couler dix roupi dan bazar, zot préfer aster laba,
zot pa guet kalité", explique-t-elle. Il ressort
également qu'à Maurice, ce produit est aussi utilisé
pour des besoins religieuses. Dans ce cas, explique le préposé
du ministère de la Santé, il s'agit d'un "non
food stuff" et ni le Dangerous Chemical Control Board, ni
le ministère de la Santé n'a d'autorité,
dit-il, expliquant que la rhodamine est considérée
comme "neither an additive for food stuff nor a chemical".
D'autres produits testés cette semaine
Face à cette situation, les autorités sanitaires
effectuent actuellement une enquête auprès des marchands
de pistaches salées pour déterminer la provenance
de cette substance toxique. "Mais il manque la collaboration
des marchands", souligne notre interlocuteur. "Les
dispositions qui s'imposent seront prises pour assurer au plus
tôt un strict contrôle sanitaire auprès des
vendeurs de pistaches salées", affirme le ministre
de la Protection de consommateurs, Sylvio Tang. Déjà,
indique-t-il, dans l'intérêt des consommateurs, les
autorités ont demandé aux marchands de ne pas mettre
ces produits, mélangés à de la rhodamine,
sur le marché et de ne plus avoir recours à cette
substance pour colorer leurs produits. "Il n'y a pas d'interdiction
de vente, mais nous faisons appel à la conscience des marchands,
et également au bon sens des consommateurs, pour ne pas
mettre en péril la santé", fait ressortir
Sylvio Tang. Il ajoute que l'intention n'est pas de nuire au business
des marchands de pistaches, mais de veiller à la sécurité
alimentaire. On apprend par ailleurs que d'autres produits alimentaires
locaux feront l'objet de contrôle sanitaires strictes cette
semaine.
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