a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 28 septembre 2008



  Echiquier politique - Réforme électorale : reprise fin octobre !
  Paul Bérenger : - "Réforme électorale, facile à réaliser avant les prochaines élections"
  Santé publique - Devoir de précaution


Echiquier politique

Réforme électorale : reprise fin octobre !

Après un premier round de consultations séparées avec les principaux dirigeants de partis politiques en mai dernier et un gel du dossier de la réforme électorale, le Premier ministre et leader de l'Alliance Sociale, Navin Ramgoolam, a signifié son intention de revenir à la charge avant la fin de l'année. Tout semble indiquer que le nouveau round des échanges avec un panel plus élargi devrait intervenir avant la reprise des travaux à l'Assemblée nationale le 11 novembre prochain et à son retour de mission à Singapour et de sa participation au sommet de la Francophonie au Quebec vers le 20 octobre. Ces indications ont transpiré compte tenu des contacts informels entre le chef du gouvernement et des représentants de l'opposition parlementaire lors des fonctions officielles en cours de semaine.

Mais à ce stade, l'hôtel du gouvernement n'a pas encore avisé officiellement des représentants de l'opposition, notamment ceux du MMM et du MSM, des dates des nouveaux rendez-vous ou encore de la formule de consultations qui sera adoptée pour la relance du chantier de la réforme électorale. Selon ce qui avait été indiqué en réponse à une question de la presse le week-end dernier, les prochaines séances de travail ne seront pas compartimentées et séparées comme tel avait été le cas la première fois.

"L'impression qui se dégage est que le Premier ministre envisage d'animer des séances de travail avec des délégations élargies des partis politiques autour d'une même table, soit les leaders des différents partis politiques accompagnés de leurs principaux lieutenants. Il a laissé entendre que la période la plus propice pour la tenue de cette table ronde nouvelle version devrait être avant la prochaine rentrée parlementaire", a fait comprendre un de ses interlocuteurs de l'opposition, qui avait voulu sonder le PM en cours de semaine.

Le principal objectif de cette nouvelle étape des consultations sur la réforme électorale est de rechercher un "terrain d'entente" pour faire progresser les discussions entre partis politiques en vue que les prochaines élections générales se déroulent dans un nouveau cadre. De ce fait, la principale pierre d'achoppement à tout consensus global sur le projet de réforme, notamment le sort du Best Loser System, pourrait faire l'objet d'une déclaration liminaire à la reprise des discussions vers la fin d'octobre.

Les recoupements d'informations que Week-End a effectués en cours de semaine indiquent que le menu de la réforme électorale que pourrait proposer le Premier ministre à ses interlocuteurs serait en trois volets : le statu quo pour le Best Loser System ; l'introduction d'une dose de proportionnelle dans le système électoral et la présentation d'une formule de financement des partis politiques dans un début de transparence à ce chapitre.

Une quasi-unanimité se dessine sur le plan politique quant aux risques que comportent des changements dans le Best Loser System sans un consensus général à la veille des prochaines échéances électorales. Les observateurs politiques soutiennent que la meilleure formule pour enclencher le processus de réforme électorale pourrait être, lors de l'étape initiale, de faire abstraction de toute modification à la formule de nomination des huit députés correctifs après les législatives. Dans le même souffle, les promoteurs de la réforme devront également prendre l'engagement à l'effet que le "First Past the Post" continuera à être le concept maître déterminant l'issue des législatives.

Une composante majeure de la réforme électorale envisagée concerne l'introduction d'une dose de proportionnelle dans le système électoral. Les réticences exprimées de part et d'autre sur l'échiquier politique suite à l'expérience à l'Assemblée Régionale de Rodrigues devront être dissipées dans les meilleurs délais. L'adoption d'une dose de proportionnelle devrait, entre autres, être l'occasion pour Maurice de rattraper son retard en termes de représentation féminine par rapport aux "targets" définis par la Southern African Development Community (SADC).

Ainsi, avec un éventuel seuil de 5 % des suffrages pour se qualifier sous la proportionnelle, il faudra compter une moyenne d'une vingtaine de représentants élus sous la proportionnelle, donnant ainsi une Assemblée nationale avec au moins 90 parlementaires. Une question d'ordre pratique se posera au lendemain des prochaines élections en vue d'accommoder tous les parlementaires dans l'hémicycle.

"Le projet est de construire une House of Parliament moderne dans la nouvelle ville de Highlands. Mais la construction de cette ville nouvelle pourrait intervenir après la réforme électorale. Dans un premier temps, il faudra intégrer les 90 parlementaires dans l'hémicycle actuel avec une fin à la tradition des places réservées pour les Backbenchers au sein de l'hémicycle. Comme c'est le cas à la Chambre des Communes, the Mother of Parliaments, les backbenchers seront engagés dans une Musical Chair à l'Assemblée nationale et nous devrons adopter la formule de prétoire pour les interventions lors des débats à l'Assemblée nationale. Mais le véritable problème demeurera le Question Time", soutient-on dans les milieux politiques autorisés. Et de rappeler que "nous ne sommes pas encore arrivés à ce point car les conclusions au sujet de la réforme électorale ne sont pas encore connues".

Le troisième plat majeur au menu de la réforme électorale pourrait se présenter sous forme de financement des partis politiques. Une tendance au sein du gouvernement propose qu'il est temps de tenir en ligne de compte les aspects financiers de la politique en vue d'insuffler un nouvel élan à la lutte contre le fléau de la fraude et de la corruption. Ces milieux affirment qu'il ne devrait pas y avoir de problèmes majeurs pour élaborer la formule en vue de calculer le montant à être alloué aux différents partis politiques en puisant des fonds publics.

"Le ministère des Finances dispose de différentes formules pour l'allocation de fonds dans le cadre du budget annuel, notamment pour des Ong. Pour ce qui est du financement des partis politiques, sur une base d'hypothèse, si le gouvernement décide d'allouer une roupie par mois aux partis politiques pour chaque vote recueilli lors des élections générales, il faudra prévoir un item budgétaire annuel de l'ordre de Rs 8,4 millions avec quelque 700 000 électeurs. Les partis politiques doivent se mettre d'accord sur la formule en tenant compte de la Capacity to Pay du gouvernement", avancent certains milieux, qui assurent un "monitoring" de l'évolution des procédures relatives à la réforme électorale.

La reprise des consultations devra également voir le gouvernement initier une série de propositions pratiques en vue d'organiser les prochaines élections générales sur de nouvelles bases. L'une des recommandations qui devraient retenir l'attention concerne le déroulement du scrutin et les procédures pour la proclamation des résultats des législatives. Indépendamment du projet visant à introduire l'Electronic Voting System (EVS), l'intention évoquée à l'hôtel du gouvernement est d'établir une formule permettant la proclamation des résultats le même jour du vote.

Une des conséquences de cette mesure devrait être un réaménagement de l'heure de l'ouverture des bureaux de vote avec la possibilité de ramener la fermeture de ces bureaux de 18 h actuellement à 16 h. Le projet de réforme en gestation pourrait éliminer l'heure du déjeuner d'une heure, soit entre midi et 13 h, avec la fermeture des bureaux de vote. "Les bureaux de vote devraient rester ouverts toute la journée sans interruption aucune jusqu'à la fermeture pour le dépouillement. Maurice demeure l'une des rares démocraties où le déroulement du vote est interrompu pour le déjeuner. Avec cette mesure, nous allons nous aligner sur les pratiques et normes internationales", devait-on s'appesantir.

Avec ce réaménagement du temps de vote, les autorités pourraient être amenées à augmenter le nombre de bureaux en vue d'accélérer le flot des électeurs aux isoloirs et de faciliter les procédures pour le dépouillement des bulletins de vote le même jour. Des consultations devraient être tenues au préalable avec la Commission électorale sur des aspects pratiques de ces changements le jour des élections. Il existe très peu de chances que la Commission électorale puisse objecter à l'élimination de l'heure du déjeuner le jour du vote car le commissaire électoral, Irfan Rahman, a toujours été partisan de cette mesure.

Le dossier de la réforme électorale compilé à l'hôtel du gouvernement en vue de la reprise des consultations comprend une série d'initiatives allant dans ce qui est présenté comme la modernisation des élections à Maurice. Ainsi, des consignes et directives pourront être promulguées pour éliminer la zone des 200 mètres autour des centres de vote avec des tables des agents des partis politiques face-à-face et des risques quasi permanents de confrontation pendant la journée du vote. Il sera question d'un contrôle strict à l'intérieur des bureaux de vote.

Des règlements sont également prévus par rapport à l'utilisation des banderoles à travers l'île pendant la campagne électorale. Le gouvernement tente de décourager l'utilisation de ces banderoles, qui doivent être renouvelées une bonne douzaine de fois pour une campagne électorale d'une quarantaine de jours. Des endroits spécifiques pourraient également être désignés pour les campagnes d'affichage électoral en vue d'un meilleur respect de l'environnement.

La réglementation dans l'utilisation des hauts-parleurs dans des réunions politiques nocturnes ou encore sur des voitures pendant la campagne électorale fait également partie de la panoplie des mesures susceptibles de s'inscrire dans le package de la réforme électorale.

D'autre part, la facture de location des voitures et autres véhicules aussi bien que la note d'essence est une des dépenses les plus conséquentes pour les partis politiques. Une des propositions "Floated" en prévision de la prochaine étape est une interdiction aux partis politiques de faire transporter gratuitement les électeurs aux centres de vote le jour du scrutin. Il serait question d'un budget spécifique alloué à la Commission électorale concernant le transport des électeurs à mobilité réduite. Les modalités et répercussions de ces mesures font actuellement l'objet d'évaluation à l'hôtel du gouvernement avant leur inclusion dans le menu pour la table ronde sur la réforme électorale.


Le redécoupage électoral soumis en novembre 2009

L'Electoral Boundaries Commission a franchi, vendredi dernier, une nouvelle étape dans l'une de ses principales missions avant les prochaines élections générales. En effet, réunis sous la présidence de Me Yousouf Aboobaker, les membres de cette instance ont adopté le calendrier de travail pour le redécoupage électoral des 20 circonscriptions de Maurice.

Selon les premières indications disponibles, l'Electoral Boundaries Commission envisage de soumettre officiellement ses recommandations pour un nouveau redécoupage électoral à être avalisées par l'Assemblée nationale lors de la session de novembre 2009. De ce fait, a été établi lors de ces délibérations le calendrier de travail, avec la soumission de représentations de la part des parties intéressées pour des modifications aux délimitations des circonscriptions, pour des descentes sur le terrain de la part des membres de la Commission aussi bien que pour la rédaction du rapport.

"Lors de la réunion de vendredi dernier, nous avons pu établir les grandes lignes du calendrier de travail et du Planning pour le prochain exercice de redécoupage électoral. Nous avons également identifié les besoins en expertise que ce soit en termes de cartographes, d'arpenteurs et de statisticiens pour mener à bien cette mission. C'est un travail conséquent qui nous attend", a indiqué à Week-End le président de l'Electoral Boundaries Commission.

Me Aboobaker s'est appesanti sur le fait que le redécoupage électoral se fait dans le strict respect de la section 39 de la Constitution. "Le redécoupage électoral ne se résume nullement à un simple exercice arithmétique. La loi impose des paramètres bien spécifiques que nous sommes tenus de respecter à la lettre. Dans aucun cas de figure, nous ne pouvons modifier le nombre de circonscriptions, dont le nombre est de 20 à Maurice selon la Constitution", devait-il conclure.


Le commissaire Rahman en mission aux Maldives

Le commissaire électoral, Irfan Rahman, a été choisi par le Commonwealth Secretariat pour faire partie de la mission d'observateurs étrangers aux prochaines élections présidentielles dans l'archipel des Maldives. Il doit quitter Maurice en ce début de semaine car le scrutin est prévu pour le 8 octobre.

D'autre part, le commissaire électoral est rentré récemment d'une mission d'observateurs aux récentes élections au Swaziland. Il avait dirigé la délégation de l'Union africaine à la demande du président de l'organisation panafricaine, Jean Ping.


Paul Bérenger :

"Réforme électorale, facile à réaliser avant les prochaines élections"

Le leader de l'opposition et du MMM a dit "qu'il est facile de réaliser une bonne réforme électorale étant donné qu'il y a, en gros, un consensus entre le PTr, le MMM et le MSM pour le maintien du système actuel avec une dose de proportionnelle basé sur une liste de parti". C'est très bien que le Premier ministre ait, samedi dernier, annoncé la reprise des consultations sur la réforme du système électoral, a déclaré Paul Bérenger, ajoutant que s'il entretient encore des appréhensions quant à la volonté réelle de Navin Ramgoolam de réaliser cette réforme, il lui accorde toutefois le bénéfice du doute.

Ce qui l'inquiète, c'est que le chef du gouvernement ait mélangé trois choses: la réforme du système, le financement des partis politiques et le contrôle des affiches et utilisation de plastique en temps de campagne électorale.

Les trois choses doivent être réalisées, mais de manière séparée l'une de l'autre. Les amalgamer est la meilleure façon de bloquer la réforme, a-t-il soutenu. Le leader de l'opposition a dit qu'il faut se concentrer sur la réforme électorale et "si vraiment la volonté politique existe chez Navin Ramgoolam, il est facile de réaliser cette réforme avant les prochaines élections".

Sévère mise en garde à l'APM

Une sévère mise en garde a été, par ailleurs, adressée à l'Automatic Pricing Mechanism en prévision de sa rencontre du 1er octobre prochain l'enjoignant de procéder à une baisse des prix de l'essence et du diesel. Le leader de l'opposition n'a pas manqué de rappeler que depuis la dernière augmentation de juillet, les prix des produits pétroliers ont dégringolé, passant de 147 dollars américains à mois de 107 , soit moins de 40 dollars le baril.

Il a cité l'exemple de l'Afrique du Sud qui a déjà baissé ses prix à la pompe, une première fois, le 1er septembre dernier et qui procédera à une nouvelle baisse le 1er octobre. Répondant à une question à ce sujet sur le prix auquel le pays s'approvisionne, il a soutenu qu'il n'y a aucune transparence à ce sujet, puisque "le contrat qui nous lie à la compagnie indienne est gardé secret".

Abordant la crise financière et économique aux États-Unis et qui gagne les pays d'Europe, il a, une nouvelle fois, déploré que, pendant que le ministre des Finances Rama Sithanen avance qu'il n'y a aucune inquiétude à avoir, les premières répercussions négatives se font déjà sentir à Maurice. Il a soutenu que les entreprises textile éprouvent des difficultés avec un manque de commandes dû à la contraction de la demande sur les marchés des États-Unis et de l'Europe.

Tourisme: "Arrêtez de manipuler les chiffres!"

Paul Bérenger a estimé que la situation est encore plus inquiétante du côté du tourisme, jugeant aussi "honteux" que les autorités dissimulent les statistiques qui sont toujours disponibles le 27 pour le mois précédent sauf pour le dernier mois d'août. "On distille des chiffres partiels au moyens d'articulets de presse manipulés", a dénoncé Paul Bérenger, qui a rappelé avoir prévu que les chiffres d'août n'allaient pas être bons. Pour septembre, ce sera pire, a-t-il ajouté.

Invité à dire si le chiffre de 15% de 2007 n'est pas tributaire de la baisse sensible des arrivées enregistrées en 2006 du fait du Chikungunya, il a, là aussi, déploré que Xavier Duval ait présenté les choses autrement que par les faits et qu'il se réfère à la prévision officielle d'un chiffre de 10% pour 2008. ll a aussi ajouté attendre de voir les chiffres comparatifs pour les mois d'août de 2007, 2006 et même 2005 por jauger du degré de ralentissement des arrivées.

Il a dit qu'une croissance de 15% avait été enregistrée en 2007 par rapport à 2006 et que la progression officielle projetée par le gouvernement pour 2008 était de 10%. Or, souligne Paul Bérenger, la croissance des arrivées n'a été que de 2.4% pour le mois d'août avec cette donnée inquiétante pour le plus gros marché, la France qui a baissé de 1.8%.

Après avoir rappelé que la croissance des arrivées n'a été que de 5% pour les mois de janvier à août et que ses prévisions, même s'il espère avoir tort, sont que les chiffres de septembre seront encore moins bons que ceux d'août, il a dit craindre que les chiffres pour l'année 2008 ne soient inquiétants. Aussi, il a invité les autorités à "arrêter de manipuler les chiffres, de se leurrer et de leurrer la population. La crise financière nous fera mal et elle nous fait mal déjà", a-t-il déclaré.

S'agissant des IRS, le leader de l'opposition a dit être au courant du retrait de certains investisseurs étrangers, mais qu'il est trop tôt pour dire si la crise affecte déjà ce secteur. Ce qui est, en revanche, certain, c'est qu'elle aura une incidence sur le Foreign Direct Investment et, donc, inévitablement sur les IRS.

Évoquant, ensuite, la psychose qui s'installe dans le pays sur la fiabilité de produits importés, laits, bonbons et produits sur le marché local comme le kalamindas et les pistaches salées colorées, le leader de l'opposition a dit que le gouvernement doit arrêter cela et prendre des mesures qui s'imposent au lieu de se contenter de réagir aux événements.

C'est encore plus vrai, a-t-il dit, pour les bonbons lapin. Aucune précaution et des réactions tardives alors qu'à Singapour des mesures ont été prises et qu'en Chine même les autorités ont pris leurs responsabilités. Encore plus inacceptable, poursuit-il, est le fait que le gouvernement ait attendu l'intoxication des enfants par le kalamindas pour passer à l'action. Cela dit, il a reconnu que nous n'avons pas les moyens de procéder à des analyses et qu'il faut avoir recours aux étrangers.

Dresser une liste officielle de produits impropres à la consommation

Toujours est-il qu'il faut adopter le principe de précaution et dresser une liste officielle de produits impropres à la consommation pour mettre un terme à la psychose qui a gagné la population, a suggéré Paul Bérenger. C'est une question de confiance avant tout et les gens ne sont pas convaincus que les personnes qui sont responsables du dossier, à la Santé et à la Protection des Consommateurs soient celles qui peuvent être à la hauteur de la situation, a soutenu le leader de l'opposition qui n'a pas manqué de souligner que Rajesh Jeetah et Sylvio Tang ont été transférés parce qu'ils ont été des "fiascos complets" à leur précédents ministères.

Abordant ensuite les licenciements à Mauritius Telecom, il a réitéré la solidarité du MMM aux deux syndicalistes renvoyés par la direction et a profité pour attirer l'attention sur un aspect du dossier qu'il a discuté avec ses hommes de loi, la protection du "whistle blower". Paul Bérenger a dit avoir insisté au moment des débats sur le Competition Bill pour que cette protection et l'exemption de poursuites soient accordées à ceux qui viennent de l'avant avec des dénonciations comme c'est le cas aux États-Unis et dans l'Union Européenne, mais que le gouvernement n'en a pas tenu compte.

"Possible criminal offence de la part de MT"

Il y a un seul secteur, a-t-il dit, où cet aspect existe, c'est sous la POCA, votée par le gouvernement MSM/MMM en 2002 et qui prévoit une protection légale au terme de la section 49. Raj Ragoonath, qui a consigné plusieurs dépositions à l'ICAC a le "legal status of a protected witness" sous la section 49 (5) et ceux qui en ont fait fi ont sommis un délit punissable sous la loi. Aussi, il a invité Raj Ragoonath à faire une déclaration à la police pour qu'elle enquête sur le cas et pour que la loi soit appliquée. Il a évoqué un "criminal offence" de la part de MT et a dit que son parti est là pour n'importe quel coup de main que souhaite le syndicaliste concerné.

Le dernier sujet évoqué par le leader de l'opposition et au sujet duquel il a exprimé de la tristesse est l'absence du Premier ministre à l'assemblée générale des Nations Unies tandis que "les présidents de la petite Seychelles, de Madagascar et du Mozambique ont tenu de belles allocutions respectivement sur les petits états vulnérables, un dossier dont Maurice est censé être responsable".

Il a rappelé que les pays développés ont l'argent et le savoir-faire et les pays de la région, leurs terres et leurs main d'œuvre composée de petits planteurs et que c'était le moment de pousser à une coopération à ce sujet. Or, Maurice a brillé par son absence, a déploré Paul Bérenger. Il a dit espérer que Navin Ramgoolam se rendra au moins au sommet crucial des ACP au Ghana. "Ses priorités sont incompréhensibles. Voilà un Premier ministre qui se rend à un congrès partisan aux États Unis", et qui fait l'impasse sur l'ONU.

Quant à la venue des Law Lords, Paul Bérenger a dit avoir bien "apprécié leur performance" d'autant qu'il a eu l'occasion de discuter avec certains d'entre eux et les avoir informés qu'il n'y a pas eu jusqu'ici de polémique sur ce recours ultime au Judicial Committee du Privy Council.

Quant à la situation à la Banque de Maurice, le leader de l'opposition a soutenu que c'est après qu'il a demandé la fin des tiraillements entre le ministre des Finances et le Gouverneur sur la crise financière internationale qu'il y a enfin eu une rencontre.

Il faut que cessent les pressions sur le Monetary Policy Committee et que soit constituée, comme demandé par le MMM depuis la semaine dernière et comme cela se passe à travers le monde, une cellule de crise avec le ministre des Finances, le Gouverneur et les principaux conseillers. Quant à la prévision de M. Bheenick d'une possible inflation à deux chiffres en décembre prochain, le leader de l'opposition a dit que cela n'a rien de nouveau et que tout dépendra de l'évolution des cours du pétrole.


Remaniement :"Beaucoup de personnes blessées…"

"Il n'y a pas de doute et je le constate: le récent remaniement a blessé beaucoup de personnes dans les communautés créole et musulmane". C'est ce qu'a déclaré le leader de l'opposition alors qu'il était interrogé par la presse sur les remous qui ont suivi le dernier exercice de remaniement ministériel décidé par Navin Ramgoolam.

Paul Bérenger a aussi dit qu'après "avoir utilisé ces derniers temps des propos à caractère communal et avoir soutiré des groupuscules communalistes, le langage de Navin Ramgoolam a subitement changé et qu'il est devenu un 'rassembleur' qui ne tient pas compte de la communauté du président, du Premier ministre ou du vice-Premier ministre. Il le dit mais, juste à côté, il y a Xavier Duval qui se dit bien représenté avec son titre bidon. Which is which ?"


Santé publique

Devoir de précaution

Les analyses, à Maurice, concernant les "bonbons lapins" (White Rabbit), importés de Chine, continuent cette semaine. Les autorités veulent s'assurer que ces fameux "bonbons lapins", très appréciés par petits et grands, ne contiennent pas de la mélamine, comme découvert à Singapour. Des échantillons de lait importé de Chine font également l'objet d'analyses par les autorités mauriciennes afin de s'assurer que les produits chinois mis sur le marché n'affectent pas la santé publique. Ces inquiétudes ont été suscitées après la mort de quatre nourrissons en Chine, ayant consommé du lait frelaté. Ce scandale de lait chinois frelaté et des produits dérivés a aujourd'hui dépassé les frontières chinoises et inquiètent plusieurs pays, dont Maurice. Autre sujet d'inquiétude alimentaire soulevé cette semaine : la contamination à la Rhodamine B, substance hautement toxique, utilisée principalement par les usines de textiles, mais qui serait utilisée comme colorant dans des produits alimentaires locaux. Des actions ont déjà été prises contre deux marchands de "pistaches salées grillées" qui ont utilisé cette substance dans la fabrication de leur produit.

Le scandale du lait chinois frelaté et des produits dérivés de ce lait fait craindre le pire. La crise commence par l'annonce de la découverte, en Chine, de mélamine ajoutée illégalement - pour faire croire à un taux élevé de protéines - dans du lait en poudre vendu par trois grandes sociétés laitières chinoises, provoquant la mort d'au moins quatre bébés et l'hospitalisation d'environ 13 000 enfants qui ont été soignés à la suite de problèmes rénaux. Le scandale s'est ensuite étendu à toute une série de produits contenant du lait, des glaces aux sucreries, en passant par les fameux "bonbons lapins". C'est d'ailleurs cette découverte, à Singapour, qui a déclenché l'alerte à Maurice. Les autorités mauriciennes ont réagi dès mardi dernier, en retenant des commerçants plus de 54 000 bonbons (White Rabbit) en provenance de Chine, suspectés de contenir de la mélamine. Écoles, tabagies, boutiques et supermarchés, entre autres, ont reçu la visite des inspecteurs du ministère de la Santé cette semaine, et ont retenu les bonbons mis en vente. Des échantillons de ces bonbons ont été envoyés en laboratoire pour être analysés. Les résultats sont attendus incessamment avant que des actions soient prises. "Nous ne pouvons saisir et détruire ces produits sans preuve. Nous attendons les résultats pour prendre des actions en conséquence", explique le haut cadre de la Santé. En fin de semaine, les autorités ont également retiré du marché 55 sacs de lait en poudre "Full Cream" (SDJ) ainsi que trois sacs de "Instant full cream" (Four Cows) de 25 kg. Ces produits font actuellement l'objet d'analyses à Maurice, en vue de détecter la présence de mélamine. Selon nos informations, les autorités projettent également d'envoyer d'autres échantillons à l'étranger.

Le lait chinois importé durant la période de pénurie

Un haut cadre du ministère de la Santé explique que le lait en provenance de Chine a été mis sur le marché mauricien durant la période de pénurie qui a récemment touché le pays. "Durant la période de pénurie, huit importateurs ont importé du lait de Chine. Mais cette semaine, lors de nos descentes, nous n'avons obtenu des sachets de lait chinois uniquement chez deux importateurs. Les six autres avaient déjà écoulé leur stock", explique-t-il. Ce haut cadre du ministère précise par ailleurs que des deux importateurs où les autorités ont retenu du lait chinois, l'un n'a fait aucune importation depuis plusieurs mois, alors que l'autre en a importé récemment. Notre interlocuteur fait ressortir qu'avant leur importation de Chine, ces produits, comme le demande le Food Act, ont fait l'objet d'analyses. "Les importateurs ont obtenu leur permis d'importation, car ces produits satisfaisaient les normes internationales fixées. À l'époque, personne n'a parlé de mélamine", explique-t-il. Selon nos informations, il ressort qu'à cause du mauvais goût de ces laits chinois, ces produits n'étaient pas écoulés auprès du grand public, mais principalement auprès des commerçants pour des Food Processing Plants. Les principaux commerçants qui pourraient être concernés sont les fabricants de Ice-Cream, voire d'Alouda, entre autres. Le ministère de la Santé rassure toutefois que ces produits chinois n'ont pas été utilisés pour la fabrication de yaourt. "Les trois entreprises qui fabriquent du yaourt à Maurice importent leur lait de la Hollande, de France, d'Inde ou d'Australie. Nous avons testé plusieurs échantillons et il n'y a aucun risque", assure notre interlocuteur.

Les pays d'Europe en état d'alerte

A ce jour, aucun cas de maladie associée à la consommation d'autres produits que le lait en poudre n'a été signalé. Néanmoins, la peur du lait chinois contaminé à la mélamine a gagné l'étranger. Plusieurs pays ont suspendu leurs importations de produits laitiers chinois ou les ont retirés du marché. La région Asie-Pacifique est la plus touchée par le scandale : Brunei, le Cambodge, l'Indonésie, la Malaisie - qui étendu l'interdiction à tous les produits contenant du lait, comme les chocolats - et Singapour. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l'agence de l'ONU pour l'alimentation la FAO, ont appelé vendredi dernier les pays à une "vigilance accrue" face à une possible diffusion des produits contaminés par la mélamine. Les pays de l'Union Européenne ont ainsi décidé de recourir aux grands moyens face au scandale en interdisant les importations de tous les produits alimentaires pour enfants provenant de Chine, qui contiendraient du lait en poudre, comme le chocolat, les confiseries, et les biscuits.

La nouvelle cargaison de produits alimentaires de Chine bloquée à la douane

Alors que l'UE a interdit l'importation des produits laitiers de Chine, une liste de 116 produits du marché à Singapour commence à circuler à Maurice. La mélamine aurait aussi été détectée dans une large palette de produits, dont plusieurs grandes marques. Concernant la liste de produits émis par Singapour, les autorités mauriciennes restent prudentes. "À première vue, il faut savoir que certains de ces produits ne sont pas disponibles sur le marché mauricien. D'autres, si disponibles, à l'instar des produits Kraft, ne sont pas importés de Chine", indique un haut cadre du ministère de la Santé. Cependant, le ministère compte effectuer des vérifications et prendra des actions en conséquence. Après la suppression du marché, des "bonbons lapins" et de deux marques de lait en provenance de Chine, les autorités mauriciennes appellent les commerçants à plus de vigilance. Le Conseil des ministres, qui s'est réuni vendredi dernier, a annoncé une série de mesures en guise de prévention. Le gouvernement a pris des mesures de précaution visant à mettre la population à l'abri de tout risque de contamination des produits alimentaires provenant de Chine et soupçonnés de contenir de la mélamine. Parmi ces mesures, celle de l'arrêt temporaire des importations des produits laitiers en provenance de Chine. De même, la nouvelle cargaison de produits alimentaires chinois a été mise sous scellé à la douane. Le ministre de la Protection des Consommateurs, Sylvio Tang, donne l'assurance qu'en collaboration avec le ministère de la Santé et celui du Commerce, les autorités suivent cette affaire de près et demande à la population de ne pas céder à la panique.


C'est quoi la mélamine :

La mélamine est un produit chimique le plus souvent obtenu en forme de cristaux blancs riches en Nitrogen et utilisée dans la fabrication de résines synthétiques et de plastique. Ce produit est à la base de la production de colle, de "whiteboards", de formica, de carrelages, d'ustensiles de cuisine, de fertilisants… Toxique, même à faible dose, ce produit est interdit comme additif alimentaire en Chine, aux États-Unis, à Singapour, en Malaisie, en Tanzanie, au Japon, au Bangladesh, au Gabon, à Myanmar, en Thaïlande, au Burundi et à Brunei. La mélamine, en contact avec d'autres composants chimiques se dissout difficilement et cause en effet des troubles de santé dont l'insuffisance rénale, qui peut mener à la mort. Par les symptômes éventuels d'une intoxication : l'irritabilité et le manque d'urine. La victime peut aussi avoir une forte tension artérielle, du sang dans l'urine et des signes d'une infection de reins.


Mélamine : possible risque sanitaire pour les enfants

L'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), saisie par la Commission Européenne, a examiné l'impact sur le corps humain de la consommation de résidus de mélamine et a donné sa réponse jeudi dernier. L'EFSA a étudié plusieurs hypothèses, en prenant en compte à la fois le taux de contamination de la poudre de lait en mélamine, la proportion des dérivés laitiers dans la recette des produits, et la consommation de ceux-ci par les adultes et les enfants. L'objectif était de chiffrer dans chaque cas le niveau d'exposition des sujets à la dose journalière tolérable (TDI) de mélamine pour le corps humain, fixée à 0.5 mg /kg de masse corporelle du sujet. Selon ces résultats, l'EFSA estime que la contamination de produits dérivés du lait chinois ne pose pas de problèmes pour la santé des adultes. Même conclusion pour les enfants ayant une consommation moyenne (14g de chocolat ou de caramels ou de 22g de biscuits). Mais, dans le cas d'enfants dévorants ces produits à haute dose tous les jours, le risque sanitaire existe. A titre de comparaison, Singapour, qui retient la TDI américaine de 0.63mg/kg contre 0.50 pour l'Union Européenne, souligne qu'il faudrait manger quotidiennement 47 bonbons White Rabbit ou 13 paquets de biscuits à la pomme de terre pour le dépasser. Reste que l'EFSA ignore si les hauts niveaux retenus pour le scénario du pire pourrait exister en Europe. Aucun produit contaminé par la mélamine n'a été jusqu'ici détecté sur le sol européen.

Source : internet


L'ambassadeur de Chine à Maurice, Gao Yu Chen : "S'il y a des cas isolés, il ne faut pas généraliser l'affaire"

La réputation des produits "Made in China" a été gravement ternie par ce nouveau scandale de sécurité alimentaire après une série d'affaires ces dernières années. Pékin, régulièrement sur la sellette pour ses produits alimentaires ou pharmaceutiques de mauvaise qualité, voire toxiques, pour ses jouets à la peinture au plomb… est cette fois au centre d'un autre tapage internationale. Cette fois, le scandale du lait frelaté, qui met en évidence la présence de mélamine chez 22 fabricants de lait chinois ébranle le crédit commercial de la Chine à l'étranger. Mais les autorités chinoises ont réagi promptement dès la mise en évidence de la mélamine dans le lait classique.

La Chine a annoncé jeudi dernier vouloir donner plus de moyens au système de contrôle alimentaire. Selon la presse chinoise, le Premier ministre, Wen Jiabo, s'est engagé à en finir avec ces scandales récurrents : "Nous voulons empêcher que cela se reproduise, pas juste pour les produits laitiers, mais pour tous les produits alimentaires", a-t-il déclaré aux Pékinois. Mais déjà, les pays de l'UE ont retiré et interdit de vente ces produits laitiers en provenance de Chine. Et la presse internationale, ne manque pas de rappeler qu'en 2007, des chiens et des chats du continent nord-américain en avait été victimes. Du gluten importé de Chine, pour leurs pâtées industrielles, avait été trafiquée à la mélamine. Plusieurs dizaines de milliers d'animaux d'élevage, comme des porcs, avaient aussi été nourris avec des préparations contenant des suppléments protéinés importés de Chine, contaminés avec de la mélamine. De passage à Pékin, le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a estimé que les mesures adoptées pays les pays européens seront une réponse "proportionnée et prudente". "Si elles sont adoptées, ce seront des mesures d'urgence qui seront revues dans les dix jours", a-t-il précisé. "Nous devons agir de manière prudente sans réagir de façon excessive", a dit aussi le commissaire lors d'une conférence de presse à Pékin durant laquelle il s'est ostensiblement versé un verre de lait chinois qu'il a ensuite dégusté. Il demeure néanmoins que ce nouveau scandale qui ébranle le crédit commercial de la Chine à l'étranger laisse un goût amer…

L'ambassadeur de Chine à Maurice, Gao Yu Chen fait ressortir que dès que le problème de lait frelaté est apparu en Chine, le gouvernement a enclenché un mécanisme national d'urgence pour traiter ce problème et assurer la sécurité alimentaire. "Le gouvernement n'a pas caché le problème et a même publié la liste des marques de laits contaminés et leurs fabricants", dit-il, ajoutant que les autorités chinois estiment "inacceptable qu'il y ait des développements économiques au détriment de la Santé". "Nous ne fermons pas les yeux sur ce problèmes, et nous prenons les mesures qui s'imposent. Toutefois, s'il y a des cas isolés, il ne faut pas généralisé l'affaire", souligne l'ambassadeur de Chine à Maurice. Il indique que la qualité des produits et la sécurité alimentaires sont deux grands défis auxquels tous les pays du monde sont appelés à faire face. Il rassure la population mauricienne en donnant la garantie que les autorités chinoises font de leur mieux pour que de pareils scandales ne se répètent.


Afin de mieux protéger les consommateurs - L'institut pour la Protection des Consommateurs appelle à une action musclée

L'Institut pour la Protection des Consommateurs (ICP) est d'avis que les consommateurs mauriciens ne sont pas à l'abri des risques de contamination alimentaire. Dans un communiqué adressé à la presse vendredi dernier, l'ICP lance donc un appel à une prise de conscience nationale et à une action musclée afin de mieux protéger les consommateurs.

"L'empoisonnement récent d'enfants par la rhodamine, la mise en vente de confiseries et autres biscuits à base de lait contaminé sur le marché, ainsi que d'autres faits récents souligne l'incapacité des autorités d'agir en amont", s'insurge l'ICP, déplorant l'absence d'un système efficace pour assurer la traçabilité des aliments. L'institut rappelle que dans une publication dans la presse, il avait, depuis 2003, dénoncer l'utilisation de la rhodamine par les marchands de pistaches. "Le récent scandale de l'utilisation de ce colorant cancérigène par un marchand de barbe-à-papa confirme que depuis 2003, rien n'a été fait pour interdire la vente de ce produits au marchands d'aliments", déplore l'ICP. Concernant les produits à base de lait importé de Chine l'ICP estime que le principe de précaution devrait prévaloir. L'organisation demande au ministère de la Santé d'interdire la vente de ces produits potentiellement à risque et le retrait de ceux-ci des rayons jusqu'à ce que des tests appropriés établissent s'ils sont propres à la consommation ou non. L'ICP lance aussi un appel à la population d'être vigilante quant à l'achat ou à la consommation de tels produits. Cette organisation revient également sur le cas d'empoisonnement de consommateurs par des calebasses, ainsi que le scandale de 48 000 poulets contaminés dans une ferme de l'Est, de même que celui de viande congelée importée de l'Afrique du Sud, sans forcément de suivi de la part du ministère de la Santé. L'ICP rappelle que depuis 2004, il n'a cessé de réclamer lors des diverses consultations budgétaires, la mise en place d'une agence de coordination pour la sécurité sanitaire des aliments. Selon lui, fondée sur le modèle de l'AFSSA en France, cette agence, regroupant toute les autorités concernées par la sécurité alimentaire, devrait permettre d'assurer la traçabilité des aliments et mieux protéger les consommateurs. L'ICP demande au gouvernement d'initier des consultations en vue de dégager une stratégie à long terme pour mieux protéger les consommateurs.


Du colorant pour vêtement utilisé dans certains aliments

Friands de "kalamindas" ou de "pistaches salées grillées", attention, l'intoxication vous guette. Certains commerçants utilisent du colorant - toxique - pour la fabrication de leurs produits. Après le cas des enfants qui avaient été intoxiqués après avoir mangé de la barbe-à-papa, dans une école à Flacq, les analyses ont révélé que le marchand s'est servi de la rhodamine B, un produit chimique pour colorer ses friandises. Ce cas a éveillé les soupçons des autorités qui ont aussi pris, cette semaine, des sanctions contre deux marchands de pistaches salées, également colorées à la rhodamine B, selon les analyses. Depuis vendredi, les officiers du ministère de la Santé sillonnent le pays pour épingler d'autres contrevenants. Un nouveau scandale alimentaire qui suscite l'intérêt du public et appelle à la prudence. Cette situation, décriée par les autorités, fait non seulement craindre une intoxication alimentaire, mais soulève aussi plusieurs questions quant au contrôle insuffisant des produits alimentaires locaux.

Les quinze enfants d'une école gouvernementale de Flacq, victimes de malaises et hospitalisés il y a deux semaines, ont été intoxiqués. C'est ce que révèle le verdict des analyses du government analyst, indiquant que les échantillons de kalamindas consommé par les victimes, contenaient de la rhodamine B. Or, cette substance chimique et toxique, d'un grenat fluorescent, est en réalité une teinture utilisée dans les usines de textile. Mais le vendeur de kalamindas (barbe-à-papa) s'est servi de la teinture dans la fabrication de ses produits. Épinglé par le ministère de la Santé, ce vendeur a écopé d'un prohibition order, lui interdisant de se servir à nouveau de ce composé chimique. L'inspectorat de la Santé a intenté des poursuites contre ce marchand à qui les autorités reprochent outre d'avoir utilisé de la rhodamine dans la fabrication de ses kalamindas, d'en avoir vendu aux enfants. La loi prévoit une amende variant entre Rs 2 000 minimum et Rs 3 000 maximum. Mais ce cas révélé en début de semaine n'est pas le seul a alerté la Santé publique. Les autorités ont effectué plusieurs descentes auprès des marchands d'aliments, et il ressort que sur 23 échantillons de pistaches salées grillées retenus, deux contenaient de la rhodamine, d'où la texture rosâtre des pistache grillées. La rhodamine, explique un médecin, peut provoquer de vives réactions spontanées surtout chez les enfants. Chez d'autres, la nocivité peut être ressentie à plus long terme, notamment à travers des maladies incurables dont le cancer. A faible dose, ajoute le médecin, la rhodamine a des effets immédiats systémiques, affectant le système respiratoire, le système digestif, mais aussi une irritation de la peau, entre autres.

Food Act : 43 "Permitted Food colours"

L'utilisation de la rhodamine dans les aliments n'est pas permise par notre législation. Le Food Act établit en effet une la liste des 43 "Permitted Food colours", parmi lesquelles ne figure pas la rhodamine, substance contrôlée par le Dangerous Chemical Control Board. Les importateurs de ce produit doivent faire une application auprès de ce Board en vue de l'obtention d'un permis avant d'importer ce produit, explique un préposé du ministère de la Santé. Selon nos informations, il n'y a eu aucune demande d'application de permis d'importation pour de produits depuis deux ans. Malgré tout, on peut acheter de la rhodamine partout, tant dans les boutiques ou les magasins de l'île, voire dans les marchés. C'est son prix très abordable (Rs 10 à Rs 15 un gros sachet) qui attire les utilisateurs qui la préfèrent aux colorants pour aliments qui sont beaucoup plus chers. Une marchande de pistaches aux abords du Champ de Mars - soutenant qu'elle n'utilise pas ce produit - indique que la teinture naturelle qu'elle ajoute à ses pistaches coûtent Rs 100 le 1/4 kg, soit environ Rs 700 le kilo. "Be si ena dimoun pe gagn couler dix roupi dan bazar, zot préfer aster laba, zot pa guet kalité", explique-t-elle. Il ressort également qu'à Maurice, ce produit est aussi utilisé pour des besoins religieuses. Dans ce cas, explique le préposé du ministère de la Santé, il s'agit d'un "non food stuff" et ni le Dangerous Chemical Control Board, ni le ministère de la Santé n'a d'autorité, dit-il, expliquant que la rhodamine est considérée comme "neither an additive for food stuff nor a chemical".

D'autres produits testés cette semaine

Face à cette situation, les autorités sanitaires effectuent actuellement une enquête auprès des marchands de pistaches salées pour déterminer la provenance de cette substance toxique. "Mais il manque la collaboration des marchands", souligne notre interlocuteur. "Les dispositions qui s'imposent seront prises pour assurer au plus tôt un strict contrôle sanitaire auprès des vendeurs de pistaches salées", affirme le ministre de la Protection de consommateurs, Sylvio Tang. Déjà, indique-t-il, dans l'intérêt des consommateurs, les autorités ont demandé aux marchands de ne pas mettre ces produits, mélangés à de la rhodamine, sur le marché et de ne plus avoir recours à cette substance pour colorer leurs produits. "Il n'y a pas d'interdiction de vente, mais nous faisons appel à la conscience des marchands, et également au bon sens des consommateurs, pour ne pas mettre en péril la santé", fait ressortir Sylvio Tang. Il ajoute que l'intention n'est pas de nuire au business des marchands de pistaches, mais de veiller à la sécurité alimentaire. On apprend par ailleurs que d'autres produits alimentaires locaux feront l'objet de contrôle sanitaires strictes cette semaine.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 28 septembre 2008