La stabilisation ou la légère baisse des produits
de base tels que le lait, le riz ou l'huile comestible ne laisse
certes pas les consommateurs insensibles, mais l'effet pourrait
non seulement être éphémère, mais aussi
illusoire. La cause? Le prix d'autres produits continue, en parallèle,
à grimper lentement, mais sûrement. Le poulet, la
viande bovine, les pâtes ou encore le fromage en font partie...
et sont en passe de devenir un produit de luxe!
Pour les commerçants, en général, le consommateur
d'aujourd'hui achète de façon intelligente. Mais
il ne gagne pas pour autant d'après les études périodiques
conduites actuellement et régulièrement publiées
par le Fron travayer sekter privé (FTSP) et l'Institut
pour la protection des consommateurs (IPC). Le panier ration continue
à coûter plus cher, le pouvoir d'achat, indiquent-ils,
continue à baisser. Une famille de quatre personnes à
fin juin dépensait Rs 5 114 mensuellement contre Rs 4815
en avril dernier, selon la FTSP, qui fonde son étude sur
l'évolution des prix d'une sélection de produits
alimentaires identifiés comme essentiels et les moins chers.
Pourtant, des commerçants et des importateurs contredisent
cette analyse. "Il y a eu un regain dans le secteur depuis
un mois", notent-ils. Les plus avertis attribuent ce
regain à des effets combinés : "L'augmentation
accordée par le Pay Research Bureau (PRB), la stabilité
des prix par rapport aux produits de première nécessité
et la réduction des prix de certains produits importés
à cause de la baisse de la taxe douanière. Nous
pensons que le coût du panier ration en général
est resté stable", analyse le responsable d'un
hypermarché.
En effet, un kilo de lait coûte moins de Rs 200 actuellement,
alors qu'il y a quelques mois, les prix variaient entre Rs 190
et Rs 220. Le riz basmati est resté stable ou coûte
sensiblement moins cher. Les importateurs attribuent cette situation
à une récolte relativement généreuse
au Pakistan aussi bien qu'en Inde. Une brique de jus, qui coûtait
toute récemment entre Rs 45 et Rs 50, est vendue sur certains
points de vente à moins de Rs 40. Idem pour les biscuits
importés. Et même l'huile comestible a enregistré
une baisse de Rs 2 cette semaine après une augmentation
cumulée de plus de Rs 20 par litre.
Cependant, peu de commerçants n'osent prétendre
que cette stabilité pourrait perdurer encore longtemps.
Cela va de soi, car les nouvelles ne sont pas très bonnes
dans les autres rayons. A part les produits importés tels
que les biscuits ou les jus en brique - les nouvelles marques
inondent actuellement le marché -, d'autres produits ont
fait l'objet de majoration assez inquiétante depuis ces
quatre dernières semaines. A l'instar du fromage Kraft,
qui a soudainement atteint les Rs 62 - une hausse d'un peu plus
de 14 roupies - ou encore les pâtes, dont le prix de certaines
marques est passé, sans crier gare, à plus de Rs
80! Ou encore le thon en boîte, qui pourtant est produit
localement, coûte près de Rs 40. Sans oublier les
saucisses, dont certaines marques locales, frôlent les Rs
100.
Il y a d'autres raisons de s'inquiéter lorsqu'on constate
que les plus gros exportateurs indiens de la viande bovine, particulièrement
le buffalo (bison), vont majorer à nouveau leur prix entre
5% et 10%. "Ceci est basé sur l'augmentation du
prix global de la viande bovine récemment. Le prix de la
viande de buffalo a bondi d'environ 18% depuis l'année
dernière en raison de la hausse du coût de la production
et la demande croissante du monde entier. Le prix de la viande
buffalo sera donc plus élevé dans le marché
mondial", expliquent les exportateurs indiens qui approvisionnent
principalement le marché asiatique et local.
Le même argument prévaut en ce qu'il s'agit du poulet
qui, depuis 18 mois, n'a pas cessé d'augmenter. Certes
les marges ont varié entre 5% et 10%, mais la hausse cumulée
sur un kilo de poulet frais ou frigorifié tourne autour
de plus de Rs 12 par kilo. Aujourd'hui, pour s'offrir un poulet
entier, comme on le dit dans le jargon mauricien, il faut compter
au moins Rs 150. C'est pour dire que certains produits sont en
passe de devenir de véritables produits de luxe. "Nous
le concédons", avouent les importateurs aussi
bien que les commerçants, "de manière générale,
la consommation du poulet et de la viande a baissé. Ces
augmentations sont grandement liées au coût des matières
premières et des carburants qui ont presque doublé."
Conséquence : le prix du poulet sera prochainement revu
à la hausse et celui de la viande bovine à la fin
du mois.
Infrastructures et transport
Land Transport Authority: le projet de loi présenté
en décembre
Le temps presse au ministère des Infrastructures publiques
et du Transport. Hormis les conditions définies par la
Banque Mondiale pour financer la réforme du secteur du
transport et des infrastructures routières, le vice-Premier
ministre et ministre des Infrastructures publiques, Rasheed Beebeejaun,
tient également à aller jusqu'au bout du calendrier
remanié pour mener à bien ce projet de réforme.
Jeudi, il a réitéré sa volonté de
lancer le projet de Land Transport Authority (LTA) le plus rapidement
possible, en annonçant que le projet de loi sera présenté
au Parlement en décembre de cette année. C'était
lors d'une rencontre avec les représentants syndicaux qui,
pour leur part, se disent contre l'institution de la LTA qui entraînera
la fusion de la National Transport Authority (NTA), la Road Development
Authority et la Traffic Management and Road Safety Unit (TMRSU).
Le volet administratif de ce projet de réforme concerne
principalement la fusion de ces trois départements en un
seul organisme, chargé de prendre sous ses ailes toutes
les activités et les projets liés au transport et
aux infrastructures routières. Le calendrier pour la mise
à exécution de ce plan réforme ayant été
remanié, le vice-Premier ministre a ainsi annoncé
que le projet de loi sera définitivement présenté
en décembre prochain à l'Assemblée nationale.
Jeudi dernier, après deux réunions entre les syndicalistes
et les cadres du ministère, il a présidé
cette rencontre au cours de laquelle il n'a pas caché que
la LTA figurait parmi une de ses priorités.
D'ailleurs, la prochaine étape dans la mise en place de
ce projet est le recrutement d'un consultant qui aura pour tâche
de définir la structure administrative de la LTA et le
rôle et les responsabilités des différents
départements concernés. Le consultant devrait ainsi
être nommé d'ici fin septembre. Ce dernier aura également
pour responsabilité de définir le rôle et
les fonctions du Chief Executive Officer (CEO) qui, selon les
indications, devrait être un étranger qui sera sélectionné
à l'issue d'un appel de candidatures international. Selon
d'autres éléments recueillis, la LTA ne tombera
plus sous la Public Service Commission (PSC) et de la Pay Research
Bureau (PRB) concernant les conditions et critères d'emploi.
En attendant, les syndicalistes ont à nouveaux fait part
de leurs préoccupations relativement à ce projet
de réforme, exigeant certaines garanties concernant le
respect des conditions d'emploi une fois la LTA opérationnelle.
"Nous avons abordé plusieurs points avec le ministre,
même si nous avons dit que nous n'étions pas d'accord
avec ce projet. Par exemple, nous sommes tombés d'accord
pour que les travailleurs soient représentés sur
le Board par deux membres désignés par nous et non
par le gouvernement. Nous avons également évoqué
les questions de recrutement et les conditions d'emplois qui,
d'après le projet de loi et les garantis du ministre, ne
devraient pas être moins favorables", explique
Rashid Imrith, président par intérim de la FSSC.
D'après le calendrier établi, les représentants
des travailleurs devraient signer un Memorandum of Understanding
avec le gouvernement avant la fin de l'année. Une des
conditions majeures des syndicats est que les départements
concernés aient toutes les ressources nécessaires
pour fonctionner. "Nous avons effectivement fait comprendre
au ministre qu'il faudrait également identifier les problèmes
immédiats de ces départements. Un des problèmes
majeurs est le manque de ressources, que ce soit sur plan humain
ou financier. Il y a également l'absence de formation.
Toutes ces questions devront être abordées en profondeur",
a-t-il ajouté.
Prêt de 1,4 milliard
Par ailleurs, il n'y a pas que la réforme administrative
du secteur des transports et des infrastructures publiques qui
figure au centre des priorités de ce ministère.
Les projets identifiés pour régler le problème
de congestion routière, la création de nouvelles
routes pour soutenir les projets de développement urbain
et le développement d'un mode alternatif de transport sont
également considérés comme des priorités.
Il reste que les procédures administratives et les conclusions
d'études attendues risquent de retarder sérieusement
les échéances, sans compter que les obstacles majeurs
tels que l'acquisition des terres, l'évacuation des squatters
ou encore l'impact sur l'environnement risquent d'alourdir les
procédures administratives. Cela s'applique surtout pour
le PL Ring Road, la Terre-Rouge/Verdun/Ebene Link Road et l'extension
et l'agrandissement de la route de Wooton-Belle-Rive-Quartier
Militaire.
La Banque mondiale en fait d'ailleurs mention dans un de ses rapports
d'évaluation des projets sous l'Environmental Urban Transport
Project. Ce document fait état des conditions auxquelles
le gouvernement devrait remplir afin de bénéficier
d'un prêt de l'ordre de Rs 1,4 milliard pour plusieurs projets
d'infrastructures routières. Dans cette perspective, une
des conditions est l'introduction d'un système de péage
dans le sillage des projets de Port-Louis By-pass, dont la Port-Louis
Ring Road et le Harbour Bridge.
Dans ce programme de financement, à partir de ce prêt
de la Banque mondiale, près de Rs 120 millions devraient
être consacrées au projet de LTA en vue de développer
des programmes de formation et des structures susceptibles de
renforcer la gestion de cet organisme. Des études devraient
également être conduites pour le projet de Bus Rapid
Transit et la réforme de secteur des taxis en vue de mettre
un terme aux systèmes de transports illégaux.
Environnement
Les Mauriciens se mobilisent pour combattre les affiches sauvages
La campagne a bien décollé. C'est le cas de le
dire, avec la participation de plusieurs milliers de Mauriciens
- jeunes et moins jeunes - qui ont mis la main à la pâte
pour décoller les affiches sauvages qui pullulent à
travers l'île. À l'initiative du ministère
du Tourisme, en collaboration avec le ministère des Administrations
Régionales, le ministère de l'Environnement et la
NDU, la campagne "Décollé pas collé",
visant à nettoyer tous les sites à travers l'île
envahis par les affiches et les posters, a été mobilisé
les Mauriciens autour d'une même cause : l'environnement.
Le coup d'envoi de la campagne "Décollé
pas collé" a été donné jeudi
dernier par le ministre du Tourisme, Xavier Duval, lui-même,
soutenu par les candidates au titre de Miss Mauritius cette
année. Les étudiants ont emboîté le
pas le lendemain, s'attelant à enlever les affiches dans
leur voisinage. Et les forces vives, associations, conseils de
village et de district et municipalités, ont ensuite pris
le relais dans leurs localités respectives. Scouts, girl
guides, clubs de jeunesse, la société civile,
les compagnies de nettoyage, les établissements hôteliers,
les pompiers, les compagnies de transport et les corps paraétatiques,
entre autres, étaient également partie prenante
de ces trois journées anti-affiches, qui s'est poursuivie
durant le week-end. Et une équipe de plus de 200 employés
du secteur cannier a également pris part à cette
campagne nationale "Décollé pas collé".
Les compagnies sucrières autour de l'île ont mobilisé
des équipes d'employés, et ont mis à la disposition
des autorités des camions-citernes et autres groupes électrogènes,
afin d'aider à nettoyer les villages avoisinants. Le nettoyage
concerne des abribus, murs, colonnes ou tout autre surface recouverte
d'affiches et de posters sauvages. À l'aide de seaux d'eau
pour mouiller les affiches sauvages et de grattoirs pour les enlever,
les participants ont décollé les affiches qui enlaidissent
le paysage mauricien. Les abribus seront repeints. L'objectif
de cette campagne visant à ce qu'il n'y ait plus aucune
affiche sauvage sur nos murs, a pour finalité l'embellissement
de notre pays. Une démarche qui servira à réduire
la "pollution visuelle" ou tout autre type de
pollution ayant trait à l'utilisation de l'affichage papier.
Le ministère du Tourisme souhaite que Maurice, destination
touristique de luxe, ne ressemble pas à une poubelle. Le
ministère compte ainsi sensibiliser la population à
l'importance de la protection de l'environnement et ainsi promouvoir
une meilleure qualité de vie.
Nouveaux règlements approuvés par le Cabinet
ministériel
Dans ce contexte, le Conseil des ministres a approuvé,
vendredi dernier, les nouveaux règlements au Environment
Protection Act de 2002. Ces règlements visent, entre
autres, à combattre l'affichage sauvage, soit l'élimination
des affiches qui sont collées n'importe où. L'Environment
Protection (Affixing of Posters) Regulations fera de l'affichage
sauvage un délit punissable par la loi, les contrevenants
étant susceptibles d'être condamnés à
Rs 50 000 d'amende pour un premier délit et à une
amende de Rs 250 000 en cas de récidive. D'autres règlements
concernent entre autres, l'interdiction stricte d'apposer des
affiches dans des lieux publics autres que les endroits spécifiquement
désignés à cet effet par une collectivité
locale ou par la Road Development Authority. De même,
toute affiche destinée à être apposée
dans un lieu public devra obligatoirement porter le nom de l'imprimeur
et du distributeur ou le nom du commanditaire.
Education secondaire - Pour "non respect" de l'accord
de lundi
Nouvelle menace de désobéissance civile pour
mardi et mercredi dans les collèges d'Etat
Alors que l'on avait le sentiment que la hâche de guerre
avait été enterrée après l'accord
intervenu tard dans la soirée de lundi, voilà que
les syndicats du secondaire privé s'agitent à nouveau
avec, notamment, une nouvelle menace de désobéissance
civile, mardi et mercredi. C'est plus particulièrement
dans les collèges d'Etat que la grogne se manifeste, de
nouveau : le syndicat des enseignants des collèges d'Etat,
la Government Secondary Schools Teachers Union (GSSTU)
contestant le fait que le ministère soit revenu sur un
certain nombre de dispositions de l'accord de lundi.
M. Narendranath Gopee, président de la GSSTU, qui parle
au nom de quelque 5000 enseignants de l'Etat, explique que depuis
la conclusion de l'accord au terme d'une session de négociations-marathon,
la situation a dégénéré. "Contrairement
à ce que veut faire accroire le ministre, les enseignants
ne sont pas contre l'idée de travailler jusqu'à
15h00 pour peu que le ministère élabore un travail
positif qu'ils seraient appelés à abattre entre
14h20 et 15h00", explique-t-il.
Or, poursuit le président du syndicat, les enseignants
trouvent déjà le temps pour la correction des épreuves
et la préparation des notes. Pour lui, la question que
les enseignants ne sont pas chauds à l'idée de travailler
jusqu'à 15h00 "ne se pose pas".
"Nous sommes, par exemple, disposés à faire
des "remedial classes" ou encore à nous pencher,
par exemple, sur des problèmes d'étudiants victimes
de maltraitance. Mais, pour ce faire, il faut que ces étudiants
soient là et que le ministère définissent
le travail et non pas nous demander de rester, inutilement, 40
minutes de plus".
Selon M. Gopee, dans le cas des collèges d'Etat, les dispositions
de l'accord conclu, lundi, ont été, entre-temps,
modifiées. "Il nous est maintenant interdit de
quitter le collège à 13h00 même si nous avons
les deux dernières périodes de libres au risque
que cela ne soit déduit de nos "casual leaves".
Pour ce qui concerne la pratique de pouvoir quitter l'enceinte
du collège durant le temps libre, il est, maintenant, demandé
aux enseignants d'obtenir la permission des recteurs".
Selon le président de la GSSTU, cette dernière disposition
pose problème dans la mesure où il arrive souvent
que les recteurs s'absentent, eux-mêmes, pour des réunions
au ministère. "Que fera un enseignant dans ce cas
s'il doit quitter l'enceinte de l'école? Où se situe
le problème si un enseignant quitte l'enceinte du collège
pendant son temps libre s'il s'assure d'être de retour quand
on a besoin de lui en classe?", se demande Narendranath
Gopee.
M. Gopee affirme, par ailleurs, que la pratique de permettre aux
enseignants ayant deux périodes de libre en fin de journée
de quitter l'établissement à 13h00 date d'une vingtaine
d'années du temps où M. Armoorgum Parsuramen était
ministre de l'Education. Il explique que cela faisait partie d'un
accord entre les syndicats et le ministère. "En
échange, nous avions accepté de faire le registre
des présences".
N'assurer que la seule tâche d'enseigner
"Il n'y a jamais eu d'abus d'utilisation du Movement Book",
assure le président du syndicat des enseignants de l'Etat.
Par réaction à ce que le syndicat estime être
la "volte-face" du ministère, depuis vendredi
déjà, une première mesure a été
prise pour demander aux enseignants de l'Etat de ne plus s'adonner
à l'exercice de contrôle des présences des
étudiants. "Nous avons demandé à
nos membres de ne plus faire le registre de présences".
M. Gopee affirme que dans les jours qui viennent, les enseignants
des collèges d'Etat ne vont se limiter qu'à la seule
tâche d'enseigner. "Nous demanderons aux enseignants
de démissionner des associations de parents d'élèves
(PTA). Les chefs de départements démissionneront
des Pedagogical Committees. Les Senior Teachers ne feront plus
partie du Management Team. Nous ne ferons plus d'extra curricular
activities, ni n'assurerons-nous de la collecte des contributions
des PTAs".
Mais le plus gros morceau des mesures de riposte reste le recours
à deux journées de désobéissance civile
mardi et mercredi prochains. "C'est l'obstination du ministère
et la violation de l'accord de lundi qui nous a amené à
ce point de non-retour. Nous ne négocierons pas. Nous exigeons,
dorénavant, que le ministère mette, noir sur blanc,
les points de l'accord conclu dans la soirée de lundi.
Nous viserons le document et si seulement il correspond à
ce qui a été agréé, nous reviendrons
sur notre mot d'ordre".
M. Gopee explique qu'il a eu une conversation téléphonique
avec le ministre Dharam Gokhool dans l'après-midi de vendredi
et qu'il lui a réclamé un rendez-vous d'une demi-heure
pour discuter de ce dossier. "Il a agréé,
mais, à hier après-midi, j'attendais encore sa confirmation.
Qu'il démontre sa bonne foi!". Mais pour la GSSTU,
seul un document où les points de l'accord conclu, lundi,
auront été inscrits "noir sur blanc" permettra,
ultimement, de décanter la situation. Surtout que, déclare
M. Gopee, le Permanent Secretary du ministère lui aurait
déclaré, vendredi matin, que le ministère
"ne cèdera pas". Ce qui, dit-il, est "inconçevable".
Pour sa part, l'Union of Private secondary Employees (UPSEE),
qui défend les intérêts des quelque 2000 enseignants
des collèges privés non-confessionnels se dit, dans
l'ensemble, "satisfaite" que quelque 80% des responsables
de collèges privés respectent les dispositions de
l'accord conclu lundi. Mais ce syndicat ne compte pas, pour autant,
baisser les bras et entend se battre pour que l'ensemble de ses
membres aient satisfaction dont quelque 300 enseignants de MEDCO
travaillant pour l'Etat et qui se retrouvent dans la même
situation que les enseignants des collèges d'Etat.
Pour son président, Yahya Paraouty, le ministère
a fait preuve de "mauvaise foi" en revenant sur les
dispositions de l'accord de lundi dans le cas des enseignants
de l'Etat. "Des recteurs et rectrices de collèges
d'Etat ont dicté leur loi et veulent faire la pluie et
le beau temps", déplore M. Paraouty. L'exécutif
de l'UPSEE s'est réuni d'urgence, hier après-midi
et a décidé, en solidarité avec, d'une part,
ses membres les moins chanceux et, d'autre part, les enseignants
des collèges d'Etat, d'inviter les enseignants des collèges
privés à prendre un jour de congé, mercredi
prochain, 3 septembre.
"Nous leur demandons de venir à 9h00 à l'IVTB
House à Phoenix. Cet appel est étendu au "non-teaching
staff" de même qu'aux étudiants. Que l'accord
de lundi soir soit étendu à tous. Le gouvernement
doit mettre de l'ordre. Ce qui s'applique au privé doit
l'être aussi pour l'Etat". Les quatre syndicats
concernés par la question, à savoir la GSSTU, l'UPSEE,
la MGI Employees Union et l'Education Officers Union
tiennent une conférence de presse conjointe demain matin
à 11h00 au siège de la FSSC pour faire le point
et préciser les mots d'ordre qui seront donnés.
Trafic sur l'autoroute
Embouteillage assuré !
Les grincements de dents sont de plus en plus fréquents
depuis l'extension de la troisième voie sur l'autoroute
aux heures de pointe le matin et la réorientation du trafic
au niveau de Réduit. "La situation a empiré",
font remarquer des automobilistes qui, depuis cette semaine, se
trouvent pris dans nombre d'embouteillages, alors que les autorités,
elles, semblent vouloir persister dans la même direction.
Entretemps, la durée des trajets en bus ou en voiture vers
la capitale s'est considérablement allongée.
Mise en uvre depuis trois semaines, cette nouvelle mesure
aurait eu un effet inverse sur la circulation. Des experts du
domaine et certains policiers seraient du même avis. "Durant
les deux premières semaines, la circulation s'était
surtout dégradée sur la troisième voie. Mais
depuis le début de cette semaine, le problème s'est
généralisé. Toutes les voies sont bloquées.
Cela prend beaucoup plus de temps que d'habitude pour atteindre
Port-Louis ", disent-ils.Pour de nombreux automobilistes,
il faut compter entre 15 et 30 minutes additionnelles afin d'atteindre
la capitale, cela dépendant du point de départ.
Dans la conjoncture, quelque deux heures sont nécessaires
pour effectuer le trajet Curepipe/Port-Louis ou Vacoas/Port-Louis.
Entre Rose-Hill et Port-Louis ou Trianon et la capitale, le trajet
peut s'étaler sur une heure et demie par temps d'embouteillage."Avant
li ti ankor supportable ki roule lor ene sel lane entre Caudan
jusqu'à Port-Louis. Aster là nou perdi entre 15
et 20 minutes en plus à partir Montagne Ory parce qui nous
bizin re rabatte lor ene seule lane encore une fois",
constate un automobiliste.
Les doléances fusent de toutes parts. Les automobilistes
venant de St-Pierre auraient également fait part de leurs
difficultés pour rallier l'autoroute depuis que cette mesure
a été mise en application. Du côté
des autorités, les techniciens en matière de circulation
routière refusent de commenter cette nette dégradation
de la situation aux heures de pointe. "C'est une mesure
qui a été mise à l'essai. Nous compilons
les résultats pour évaluer son impact sur le trafic",
disent-ils.
Parc automobile
45 nouveaux véhicules sur nos routes chaque jour
Maurice fait définitivement partie du hit-parade des
pays ayant une densité routière surélevée
avec la croissance que connaît le parc automobile depuis
ces dernières années. Durant ce dernier semestre,
le pays a d'ailleurs enregistré un nombre record de véhicules
sur les routes, soit 8 200 véhicules contre 7 000, l'année
dernière, à pareille période. Cette tendance
maintenue, la flotte de véhicules dans le pays devrait
atteindre les 350 000 avant la fin de l'année. A juin de
cette année, le nombre de véhicules circulant sur
nos routes se chiffrait à 342 344.
Autant dire que, au train où évolue le parc automobile
et en attendant l'extension du réseau routier, les 2020
kilomètres de routes risquent d'être insuffisants
pour accommoder tous les véhicules de l'île. Car
c'est un nouveau cap que le pays franchira à la fin de
l'année, les experts estimant que le point de saturation
a d'ores et déjà été atteint. Si l'on
tient en compte uniquement les voitures et véhicules utilitaires,
le chiffre s'élève déjà à 150
000 unités.
Comparativement aux cinq dernières années, c'est
la première fois que la barre de 5 000 nouveaux véhicules
(voitures et utilitaires) est traversée en un semestre.
A titre d'exemple, l'année dernière, les chiffres
du Bureau central des statistiques (BCS) indiquaient que le pays
enregistrait l'arrivée de 20 nouveaux véhicules
chaque jour. Or, durant ce dernier semestre, c'est 29 nouveaux
véhicules qui circulent sur nos routes chaque jour. Et
pour la flotte en général - qui comprend bus, deux
roues, camions, voitures, vans -, c'est 45 nouveaux véhicules
qui s'y ajoutent chaque jour. En un mois, cela fait 1 350 véhicules.
Pourtant, en juin 2005, le nombre de véhicules n'avait
pas encore traversé la barre des 300 000 unités.
Les chiffres du BCS indiquaient un total de 297 992. En trois
ans, 44 352 nouveaux véhicules ont été mis
sur nos routes, soit une hausse de 14%. Parmi les nouveaux, il
faut cependant compter ceux qui ont été remis sur
les routes. Le nombre est assez insignifiant comparativement aux
véhicules nouvellement enregistrés, dont ceux tombant
dans la catégorie neuve et "reconditioned". Il
faut relever à ce niveau que les concessionnaires de véhicules
neufs ont de plus en plus la cote comparativement à ceux
qui commercialisent les véhicules de seconde main retapés.
A titre d'exemple, 2 501 voitures neuves ont été
vendues durant les six premiers mois de l'année contre
1 781 en 2005.
Comme indiqué plus haut, la flotte du pays au complet représente
342 444 véhicules - voitures, véhicules utilitaires,
camions, vans, autobus, motocyclettes ou encore cyclomoteurs.
Le nombre total de véhicules, selon la même tendance,
devrait avoisiner les 351 000 approximativement à la fin
de cette année. Selon le BCS et sur la base des chiffres
fournis par la National Transport Authority (NTA), cela représente
une augmentation nette de 8 199 par rapport à fin de décembre
2007, date à laquelle le nombre de véhicules enregistrés
s'élevait à 334 145. Ainsi, entre janvier et juin
2008, on note l'arrivée de 10 587 véhicules, parmi
lesquels 7 175 sont des véhicules neufs et 2 974 des véhicules
de seconde main.
Cette croissance interrompue de la flotte automobile, indiquent
les experts, devrait se répercuter sur la qualité
de la circulation routière qui continue à se dégrader
à cause d'une utilisation à outrance de la voiture
particulière et le retard accumulé dans les projets
de créer et d'étendre le réseau routier.
Déposition consignée au poste de police de Pailles
"Des chiens torturés et tués pour être
mangés", selon PAWS
Selon un des enquêteurs : "Certains ne réalisent
pas que ce qui est légal dans leur pays ne l'est pas forcément
à Maurice. Maltraiter un animal est un délit punissable
par la loi ici"
Un vétérinaire de PAWS souligne, dans sa déposition,
avoir été menacé de mort
À l'île sur, selon le site de National Geographic,
des chiens errants utilisés comme appât à
la pêche aux requins
Rien que d'y penser donne la chair de poule. Des chiens de
race seraient à la base d'un trafic, seraient maltraités,
puis tués dans le but d'être... consommés.
C'est ce qui ressort de la teneur d'une déposition consignée
en début de semaine au poste de police de Pailles par le
président de la Protection of Animals Welfare Society (PAWS),
Sam Narraina Poullé. Ce dernier s'était, au préalable,
rendu à Anse Courtois, Pailles, sur un site de construction,
occupé par des travailleurs chinois, et ce suite à
des renseignements troublants à l'effet que plusieurs chiens
maltraités y avaient été aperçus.
Le président de PAWS dit également avoir été
menacé de mort lors de sa descente des lieux. Une enquête
policière a été ouverte au sujet de toute
cette affaire. Tout cela alors que le site web de National Geographic
fait état du fait que, non loin de chez nous, à
la Réunion, des chiens errants sont utilisés comme...
appâts pour ferrer des... requins. Week-End a enquêté.
Qui n'a jamais entendu dire à Maurice que certains consommaient
de la viande de chien ? Mais, depuis lundi, la police a ouvert
une enquête sur de très sérieuses allégations
allant dans ce sens. Comment cette affaire a-t-elle vu le jour
? Le président de PAWS, qui est également vétérinaire
de profession, dit avoir reçu des renseignements troublants
en provenance de témoins oculaires, concernant des pratiques
qui auraient lieu sur un site de construction.
"Des témoins ont affirmé que des chiens
étaient torturés par des travailleurs étrangers.
Ces témoins ont entendu des coups, suivis de hurlements
de douleurs. Certains ont vu, dimanche dernier, une livraison
de cinq chiens, au site en question. Ces chiens ont tous été
traînés en cuisine. À partir de là,
il était plus que nécessaire d'aller vérifier
sur place", fait ressortir Sam Narraina Poullé.
Des ouvriers mauriciens qui effectuaient, pour leur part des heures
supplémentaires sur ce site de construction, déclarent
qu'ils auraient même aperçu des ouvriers chinois
portant des vêtements maculés de sang chasser un
chien en fuite, visiblement blessé.
Lors de sa visite sur le site lundi, le président de PAWS
dit avoir été menacé de mort par un des ouvriers
chinois. Alors qu'il était sur place, Sam Narraina Poullé
dit avoir vu des travailleurs chinois embarquer deux chiens dans
un camion. "J'ai clairement vu des chiens qui étaient
traînés jusqu'au camion. L'un d'entre eux, un berger
allemand, a été violemment projeté contre
le véhicule. J'étais outré", déclare-t-il.
Sur le moment, le président de PAWS a eu la présence
d'esprit de prendre une photo. Lorsqu'il a demandé aux
travailleurs chinois de quoi il en retournait, ces derniers l'auraient
menacé de mort.
De son côté, le vigile mauricien qui est en charge
de la surveillance du site de construction, laisse entendre qu'il
aurait déjà assisté à des scènes
barbares, où des chiens de race étaient massacrés
à coups de pelle. Il n'en fallait pas davantage pour pousser
le président de PAWS à aller de l'avant en consignant
une déposition au poste de police de Pailles.
Surveillance
Mardi, les représentants de PAWS se sont de nouveau rendus
sur le site de construction, cette fois en présence d'officiers
de la Mauritian Society for the Prevention of Cruelty against
Animals (MSPCA) et du ministère du Tourisme. Là,
ils y rencontrent le propriétaire du site de construction,
qui laisse entendre que les chiens appartiennent à la compagnie
et qu'ils y sont uniquement affectés à la surveillance
du site. Le propriétaire leur aurait aussi laissé
entendre que d'autres chiens surveillent d'autres sites, notamment
à Petite-Rivière et Albion.
À la demande de PAWS de voir les chiens, les ouvriers chinois
les ont conduits, dans un premier temps, à Petite-Rivière.
Là-bas, à l'arrivée des représentants
de PAWS, un berger allemand aurait littéralement disparu
sous un amas de briques. Ce qui a poussé encore plus à
penser que des chiens étaient maltraités. Cinq autres
bergers allemands adultes étaient aussi sur place. À
Albion, les représentants de PAWS n'ont vu qu'un seul chien,
mais celui-ci était attaché à l'aide d'une
corde épaisse. En dépit des menaces reçues,
PAWS compte effectuer des descentes des lieux régulières
sur ces trois sites, afin de s'assurer du bien-être des
animaux.
Du côté de la MSPCA, toute cette affaire est prise
avec des pincettes, même si, suite à la déposition
du président de PAWS, un représentant de la MSPCA
en a fait de même. Le secrétaire de la MSPCA, Farook
Khoodoruth, indique pour sa part : "À ce stade, rien
ne prouve que les chiens sont consommés par les travailleurs
étrangers. La police a ouvert une enquête, et c'est
à elle de déterminer si c'est réellement
le cas." Cependant, la MSPCA compte effectuer un contrôle
régulier des sites occupés par les travailleurs
chinois.
Au niveau des enquêteurs, toute cette affaire est prise
avec beaucoup de sérieux. "Tout en ne préjugeant
pas de l'issue de l'enquête policière, l'on peut
dire les choses suivantes : les allégations sont graves
et une enquête est en cours. À Maurice, il faut réaliser
une chose : maltraiter un animal est un délit punissable
par la loi. Il existe certains pays où manger un animal
domestique n'est pas un délit. Mais certains doivent réaliser
que ce qui est légal et acceptable dans leur pays ne l'est
pas forcément chez nous", a confié un des
enquêteurs à Week-End en fin de semaine.
Selon nos recoupements, suite à la déposition consignée
par Sam Narraina Poullé, les policiers de Pailles ont effectué
une descente sur le site d'Anse Courtois.
Maltraitance de chiens : la Réunion décriée
par National Geographic