p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 31 août 2008



 
Echéance le 6 Octobre 2008 - Qui sera le cinquième président de la République ?
 
Jugement de la Cour suprême dans l'affaire Beeharry - M. Pravind Jugnauth, leader du MSM: "Occasion de plus de mettre Valayden à la porte!"
 
Directeur des Poursuites Publiques - Le leader de l'opposition se déclare inquiet de son comportement
 
Le MMM à Mahébourg vendredi - Les arguments communaux en faveur de Rama Valayden dénoncés
 
Ça va se savoir
 
La loterie nationale - Vishnu Lutchmeenaraidoo demande l'annulation immédiate de l'exercice
 
Fonction publique - PRB : contrat d'un an pour Bijaye Coomar Appana
 
Controverse entre Port-Louis et Port-Mathurin - Johnson Roussety évoque une remise en cause de l'autonomie


Echéance le 6 Octobre 2008

Qui sera le cinquième président de la République ?

C'est le 6 octobre 2008 qu'expire le mandat de sir Anerood Jugnauth au poste de président de la République. Qui sera le cinquième président de la jeune République mauricienne, après sir Veerasamy Ringadoo, Cassam Uteem, Karl Offman, et sir Anerood Jugnauth? Les paris sont ouverts et quatre noms reviennent souvent quand la question est posée.

Il a suffi que Navin Ramgoolam évoque l'interruption des vacances parlementaires pour une séance de l'Assemblée en septembre pour lancer les spéculations sur le prochain occupant du Réduit. Si Navin Ramgoolam fait effectivement consacrer cette séance à la désignation du prochain président de la République, cela signifiera que sur un plan, au moins, celui du respect du calendrier institutionnel, il a changé. Rappelez-vous: en 1996, c'est à la vieille de l'expiration du premier mandat de Cassam Uteem comme président que Navin Ramgoolam fit voter la motion le nommant pour une nouvelle période de cinq ans à la tête de l'Etat. C'est à la toute dernière minute, presque à la sauvette et sans le décorum qui accompagne cette procédure, qu'eut lieu le vote. Il avait été précédé par des semaines de rumeurs folles au cours desquelles on avait vu Sir Satcam Boolell venir de Londres dans l'espoir d'obtenir le poste qui lui avait été promis. Et Angidhi Chettiar d'attendre en vain le poste, qui lui avait été également promis. Quatre noms sont annoncés comme pouvant être le prochain locataire du Réduit: sir Anerood Jugnauth, M. Angidhi Chettiar, le professeur Jagessur et Jean-Claude de l'Estrac. Le seul à avoir fait savoir que non seulement il est candidat au poste, et considère qu'il lui revient de droit - travailliste - est Angidhi Chettiar, l'actuel vice-Président. On affirme même que c'est pour mieux correspondre au profil recherché qu'il vient discrètement de se remarier.

Selon les proches d'Anerood Jugnauth, l'actuel président n'est pas demandeur d'un renouvellement de mandat, mais ne dirait pas non si l'offre lui était faite. Au premier abord, il semble que le renouvellement du mandat d'Anerood Jugnauth est très improbable. Même si ses rapports avec Navin Ramgoolam se sont sensiblement améliorés depuis juillet 2005, Aneerod Jugnauth n'est pas un des amis du Premier ministre. Lui donner un deuxième mandat signifierait pour Navin Ramgoolam choisir dès à présent le MSM comme partenaire pour les élections de 2010, car il est évident qu'Anerood Jugnauth ne saurait se retrouver dans un camp opposé à son fils Pravind. Par ailleurs, ce dernier abandonnerait-il la possibilité de devenir Premier ministre - au moins pour deux ans et demie dans le plus mauvais cas de figure - dans une alliance avec le MMM pour n'être qu'un ministre dans un gouvernement PTr/MMM? Parce que dans la logique politico-ethnique qui gouverne Maurice, il serait difficile de faire accepter que les trois premiers postes constitutionnels de l'Etat soient occupés par des représentants d'une seule communauté. Il semble que du côté Jugnauth, les options ont été étudiées et le choix - le bon ? - fait. C'est dans cette perspective qu'il faudrait inscrire la déclaration d'Anerood Jugnauth affirmant que la décision de faire prêter serment comme vice- premiers ministres à Xavier Duval et Rama Sithanen et comme ministre des Droits de L'Homme à Rama Valayden, lui avait été "imposé" et n'était "pas correcte". C'est une petite phrase qui équivaut à une déclaration de guerre que Navin Ramgoolam, qui n'est pas rancunier comme tout le monde le sait, n'oubliera pas de sitôt. On le voit mal renouveler le mandat d'un président qui affirme qu'on lui a forcé la main pour faire une entorse à la Constitution. Encore qu'en politique, à Maurice, tout est possible, surtout l'impossible, comme le répétait souvent le candidat malheureux au poste de président que fut Sir Satcam Boolell.

La logique politico-ethnique

La candidat la plus médiatisée des quatre est sans conteste Jean-Claude de l'Estrac, à qui la proposition de remplacer Anerood Jugnauth avait été faite en 2005. C'est le refus de ce dernier de "lev paké" du Réduit, comme on l'écrivit en rouge sur les murs bordant l'autoroute, qui fit capoter le projet. Depuis le nom de Jean-Claude de l'Estrac est régulièrement cité a chaque fois que la question de présidence est évoquée. Il bénéficie pour l'échéance d'octobre 2008 d'un battage médiatique qui a malheureusement tendance à oublier les diverses qualités du "candidat" pour ne mettre l'accent que sur son appartenance ethnique. C'est un peu réducteur pour un homme qui a pendant longtemps livré bataille contre le communalisme. C'est dans cette persective ethnique qu'il faut ranger le surprenant et récent ralliement de la Voix Créole - qui avait été son plus farouche adversaire pendant de années - à la candidature de Jean-Claude de l'Estrac. Ce ralliement serait le résultat d'une opération de réconciliation menée par le président de la Féderation des Créoles. Le nom du professeur Sodursun Jagessur est également cité comme éventuel président de temps à autre. Cet ancien candidat travailliste malheureux est plus connu pour son travail d'universitaire que pour son engagement politique ou des ambitions présidentielles. Discret, il dit avoir entendu prononcer son nom comme président ou vice-président mais refuse de dire si une "offre digne et sincère" lui a été faite. Il ajoute que se voir offrir ce poste est un honneur que l'on ne saurait refuser. Un autre nom vient d'être ajoutée à la liste des candidats désignés. C'est celui de Sylvio Michel, dirigeants des Verts et candidat battu de l'Alliance sociale aux dernières élections. Et qui, selon certains, n'a pas encore été récompensé. Sylvio Michel a un poids certain dans la logique politico-ethnique, mais son engagement pour le paiement d'une compensation aux descendants d'esclaves pourrait faire craindre des déclarations intempestives ou des promesses gênantes pour le gouvernement.

Le meilleur candidat

Les observateurs avertis s'accordent à dire que le meilleur "candidat" dans la logique politique de Navin Ramgoolam est Anghidi Chettiar. Il est un travailliste pur et dur, qui fait ce qu'on lui dit et qui n'aura jamais - comme ce fut le cas pour Anerodd Juganuth, comme cela pourrait être le cas pour Jean-Claude de l'Estrac - la tentation de faire des déclarations embarrassantes. Comme les récents: "Valayden est un récidiviste" ou "si j'étais président, je décorerais Cunningham". A moins de deux ans des élections, avec ce que cela suppose de manoeuvres politiques délicates et de jeux d'alliances, Navin Ramgoolam a besoin d'un président qui ne fasse pas de vagues et appose sa signature au bas des documents sans états d'âme. Anghidi Chettiar est à tous points de vue et selon la logique ramgoolamienne, le meilleur candidat, celui qui devrait remplacer Anerood Jugnauth au Réduit, en octobre. C'est donc lui qui devrait être le cinquième président de République.

Mais la politique, surtout la mauricienne, ayant ses règles particulières et sa propre logique, il est tout à fait possible que tout ce qui précède soit démenti le 19 septembre au Parlement par Navin Ramgoolam, le seul maître du jeu.


Jugement de la Cour suprême dans l'affaire Beeharry

M. Pravind Jugnauth, leader du MSM: "Occasion de plus de mettre Valayden à la porte!"

"Le récent jugement de la Cour suprême dans l'affaire Beeharry est une nouvelle occasion donnée au Premier ministre de mettre Valayden à la porte", estime le leader du MSM, Pravind Jugnauth. M. Jugnauth donne, par ailleurs, "entièrement raison" au back-bencher travailliste "qui ne fait plus confiance à Gokhool"dans le sillage du conflit opposant les enseignants du secondaire au ministère de l'Education à propos de l'extension de leur horaire de travail.

Pravind Jugnauth explique, d'emblée, que le dénommé Suthudeo Beeharry, qui a entré l'affaire en Cour suprême, au sujet des postes de vice-Premier ministre et d'Attorney General est "une colonne du MSM" et que c'est son parti qui est à l'origine de toute l'affaire défendue en Cour par l'avoué Pradeep Roopun, membre du Bureau politique du MSM et l'avocat Anil Gayan, à l'époque, lui aussi, membre du Bureau politique du MSM.

Pour lui, il est clair qu'après le jugement rendu, le gouvernement va au- devant de graves problèmes par rapport aux dispositions des Articles 59 et 69 de la Constitution. Ces Articles de la Constitution stipulent, respectivement, explique M. Jugnauth, qu'il ne peut y avoir qu'un vice-Premier ministre et qu'un Attorney General non-élu ne peut, par ailleurs, assumer d'autres responsabilités ministérielles.

"A moins que le Premier ministre ne décide autrement, c'est, donc, le Dr Rashid Beebeejaun qui est le vice-Premier ministre et c'est grave que Xavier-Luc Duval et Rama Sithanen aient, eux aussi, prêté serment comme tel". Dans le cas de l'Attorney General, le leader du MSM souligne que, déjà, à l'époque, son parti avait déclaré que Rama Valayden officiait "de manière illégale", dans la mesure où il ne pouvait aussi assumer les fonctions de ministre des Droits humains.

"A chaque fois, il intervenait auprès des institutions de l'Etat de manière inacceptable et condamnable." Aussi, à la lumière du jugement de la Cour suprême, Pravind Jugnauth estime que c'est une nouvelle occasion qui est donnée au Premier ministre "de le mettre carrément à la porte". Pour lui, dans le cas de Rama Valayden, "un non-élu", la situation est "encore plus grave" et M. Jugnauth explique que ce qui satisfera le MSM c'est "de mettre Valayden à la porte".

Ce parti qui, déclare son leader, attend la suite des événements, trouve "dommage" que l'on ait eu à attendre trois ans pour que tombe ce jugement. "Cela fait trois ans d'irrégularités pour une affaire de premier ordre pour le pays et il faut qu'à l'avenir, de tels cas soient débattu au plus vite par la Cour suprême".

Exprimant son avis personnel sur ce qui pourrait être fait pour rectifier le tir, M. Jugnauth estime qu'il faudrait, sans doute, que ceux concernés prêtent, de nouveau, serment. "Les juristes du Parquet indiqueront la marche à suivre", dit-il, tout en concédant que toute cette affaire risque d'avoir d'énormes implications légales.

De manière plus générale, Pravind Jugnauth déclare qu'il aurait souhaité que dans son jugement, la Cour suprême indique qui sont les personnes qui auraient pu avoir un locus standi dans cette affaire. Dans le cas particulier de M. Valayden, le MSM, déclare son leader, se réserve le droit d'envisager des actions légales au cas où le tir n'est pas rectifié par le Premier ministre.

Conflit dans le secondaire: "Gokhool aux arrêts"

Dans le cas du conflit opposant les syndicats d'enseignants du secondaire au ministère de l'Education, M. Jugnauth qualifie le ministre de tutelle de "ministre gabegies", qui, dit-il, après ses "menaces arrogantes" a fini, encore une fois, par "reculer".

Pour lui, Dharam Gokhool s'est rendu "ridicule" à réclamer 30 minutes de travail additionnel pour les enseignants du secondaire "qui assurent déjà la correction des épreuves et la préparation des notes".(...) "Tout marchait déjà bien et il a fallu qu'il vienne mettre du désordre". Pour lui, "Gokhool a été pris aux arrêts".

Comme pour enfoncer le clou, Pravind Jugnauth cite le député travailliste, Suren Dayal, pour qui "le ministère est de mauvaise foi", a "dupé les enseignants" et qu'il y a eu "coup de poignard dans le dos". Le leader du MSM donne "entièrement raison" au back-bencher rouge qui, dit-il, "ne fait plus confiance à Gokhool". Aussi, pour lui, le ministre de l'Education "qui aurait dû partir depuis longtemps devrait, encore plus, cesser de faire du torts aux enfants".

Le PPS, Richard Duval, en a aussi pris pour son grade. Pour M. Jugnauth, ce dernier aurait dû démissionner de son poste et "assumer les conséquences de ses actes". Or, explique le leader du MSM, M. Duval déclare qu'il ne laissera pas tomber son électorat "comme si l'électorat lui avait accordé une licence pour avoir une connexion avec une présumée pratiquante de Subutex!" Pour Pravind Jugnauth, le Premier ministre aura à "assumer les conséquences" au moment du vote au cas où il s'obstinerait à "cautionner les Richard Duval, Valayden, Chady et autres".

La situation du "law and order" préoccupe encore le MSM pour qui la criminalité et le banditisme ont pris des "proportions dramatiques". M. Jugnauth cite, entre autres récents cas, celui du couple de Coréens, en lune de miel, attaqué à Mon-Choisy, l'affaire du viol d'une adolescente française de 15 ans, les seize vols enregistrés "en 24 heures" ainsi que le braquage au fusil d'un magasin à Grand-Baie "à quelques mètres d'où se tenait une campagne de la police contre le crime".

"Plusieurs pays, dont l'Australie, ont émis des communiqués évoquant l'insécurité à Maurice", dit-il, comme pour dépeindre l'image projetée pour la destination touristique qu'est notre île. "Il faut d'un sursaut national", martèle le leader du MSM. M. Jugnauth réitère, en conséquence, son appel au Premier ministre pour une "opération nettoyage d'envergure nationale" et non "des actions piece-meal". "Le MSM renouvelle son souhait d'offrir un coup de main dans cette lutte dont on ne saurait faire une question politique", dit-il.

Pravind Jugnauth réitère aussi sa demande de "transparence" pour ce qui concerne les contrats d'approvisionnement en farine. "Le peuple a le droit de tout savoir sur le contrat relatif à la farine de Turquie, tout comme il a droit de savoir ce qu'il en est de la farine chinoise dont on nous a promis", dit-il. Quant à l'affaire Boskalis, il demande à ce que l'on publie ce que l'on dit savoir de Prakash Mathrooa dans cette affaire "et non pratiquer de la diversion".

"Je veux que l'on me démontre comment Manthrooa serait impliqué. Que l'enquête se fasse y compris sur Manthrooa", déclare le leader du MSM. Il rappelle que le contrat en question, accordé à la société Boskalis, a été alloué en 2006 et que M. Manthrooa a, lui, plus rien à faire avec le secteur portuaire depuis 2003.


Directeur des Poursuites Publiques

Le leader de l'opposition se déclare inquiet de son comportement

Le leader de l'opposition et du MMM a, hier, dit sa "profonde inquiétude"concernant les institutions les plus importantes du pays. Paul Bérenger s'est ainsi déclaré inquiet du comportement du Directeur des Poursuites Publiques quand il "s'est autorisé à faire les éloges de Rama Valayden à la radio", alors que ce dernier se retrouve dans la situation que l'on connait, avec le jugement de la Cour suprême sur ses responsabilités ministérielles illégales et anti-constitutionnelles, l'affaire Subutex et ses ingérences en faveur de récidivistes notoires.

Il a considéré "encore plus grave" ce que ce même Attorney General s'est permis de dire dans un entretien à l'Express, le 14 août dernier, à l'effet que s'il voulait vraiment intervenir en faveur des récidivistes, "I would simply have waited for all cases to reach the DPP's Office instead of calling the police. Surely that would have been easier". C'est une raison additionnelle pour que Valayden s'en aille et c'est choquant que le DPP n'ait pas encore réagi à ses propos.

Il a estimé "extrêmement inquiétant et grave" que plus d'une semaine se soit écoulée après le récent jugement de la Cour suprême, du 21 août dernier, qui a carrément statué que c'est contre la Constitution qu'il y ait plus d'un seul vice-Premier ministre et qu'un Attorney General non-élu ait des responsabilités ministérielles et que tout soit encore pareil, en place. Pour lui, c'est un outrage à la Cour suprême et un viol de notre Constitution qui est la loi suprême du pays.

"SAJ a eu raison de mettre les points sur les i"

"Sir Anerood Jugnauth ine gagne bien raison mettre les points sur les i", a, par ailleurs, observé Paul Bérenger, qui a aussi dit que Navin Ramgoolam aurait dû, par respect pour la Constitution, avoir déjà corrigé les choses avec Xavier Duval, Rama Sithanen et Rama Valayden prêtant à nouveau serment ajoutant, toutefois ceci : "Si zot pou reste dan gouvernement!".

C'est "particulièrement choquant dans le cas de Valayden", a-t-il dit, puisque que c'est en "tant qu'une ministre illégal et anti-constitutionnel des Droits Humains qu'il a fait toutes ses simagrées depuis trois ans". Chaque jour qui passe sans que le gouvernement ne respecte le jugement de la plus haute cour du pays est un outrage supplémentaire à la Cour suprême et un viol supplémentaire de la Constitution. Il a, en conséquence, demandé à Navin Ramgoolam et à l'actuel DPP de se ressaisir :"Zot pe jouer dangereusement ek la constitution et banne institutions les plus fondamentales du pays".

Pendant que tout cela se passe, le Premier ministre est à la Convention démocrate aux États-Unis, une participation "qui tourne à la farce", a déploré le leader de l'opposition. "Au départ même, li pa rol enn chef de gouvernement alle dan enn réunion politique partisane enn l'autre pays, assié là des heures écoute discours politique partisans et tire grand photo ek ambassadeur dans EU. Sa ambassadeur-là ine gagne surement choc so la vie" a commenté Paul Bérenger estimant "ridicule" que le Premier ministre d'une île Maurice indépendante aille se faire photographier en compagnie d'un ambassadeur".

Il s'est, par ailleurs, dit triste pour l'île Maurice que Navin Ramgoolam qui, ici, "tourne en rond sur la réforme électorale", parle à la Convention démocrate et demande à ses interlocuteurs de nous prêter un expert électoral alors qu'ici même notre Commissaire Électoral est une réference pour l'Afrique, le Commonwealth et le monde entier.

Attristé aussi par le fait que le Premier ministre ait le temps de passer des jours et des heures à la Convention démocrate américaine et, qu'ici, il "humilie encore une fois le Chef commissaire de Rodrigues et lui refuse un rendez-vous et qu'il ne prend même pas ses appels téléphoniques".

L'autonomie de Rodrigues est acquise, elle est inscrite dans la Constitution, a rappelé Paul Bérenger, qui a souligné que la manière de faire de Navin Ramgoolam, mais aussi celle de Rema Sithanen et du Financial Secretary, provoque les Rodriguais et viole l'esprit de l'autonomie. Il a, là aussi, demandé au Premier ministre de se ressaisir, de recevoir Jonhson Roussety et de le laisser fonctionner comme il se doit.

Dharam Gokhool: "Un danger public!"

Passant au chapitre de l'éducation, le leader de l'opposition et du MMM a dit que c'est la pagaille encore une fois et qu'après "son arrogance habituelle", le ministre de l'Éducation a dû reculer, mais en réussissant à provoquer la colère des enseignants avec pour résultat qu'une grève est de nouveau annoncée dans le secondaire. "Il n'y a pas de doute que Dharam Gokhool ine vine enn danger public et ki le fer de plus en plus de tort aux élèves, étudiants et zot parents".

Ajouté à la pagaille actuelle, il y a la menace de boycott des examens du CPE et du HSC qui est toujours suspendue comme une épée de Damoclès sur les étudiants et leurs parents. "Tout cela est révoltant", a dit Paul Bérenger, rappelant au passage que les syndicats ont de nouveau réclamé la démission de Dharam Gokhool qui "a fait l'unanimité contre lui dans tout le pays".

Sur le plan international, le MMM a présenté, après l'avoir fait dans le cas du Si Chuan, affecté par un tremblement de terre, ses sympathies aux victimes des inondations du Bihar qui ont provoqué un million et de demi de sans-abri et qui a, par conséquent, amené les autorités à décréter l'état de calamité nationale. Paul Bérenger a invité le gouvernement à faire un geste de solidarité envers les victimes de cette catastrophe.

Paul Bérenger a, par ailleurs, jugé regrettable que le gouvernement n'ait pris aucune initiative pour saluer par un jour de deuil la mémoire du président zambien, Levy Mwanamwasa, décédé récemment et qui était aussi jusqu'à récemment à la présidence de la SADC. Il rappelle que Madagascar a décrété deux jours de deuil. Le leader de l'opposition a dit le regretter d'autant plus que le président zambien était, avec celui du Botswana, et avec beaucoup de courage et de fermeté, pris position sur le Zimbabwe.

Il a jugé triste que Maurice n'ait eu aucun rôle à jouer dans la crise zimbabwéenne et que le pays se soit contenté de suivre le président M'beki comme "un petit toutou". Il est clair, a-t-il dit, que contrairement à ce qui s'est récemment passé au Kenya, la situation au Zimbabwe est toujours bloquée en raison de l'intransigeance de Robert Mugabe. Une solution aurait peut être été trouvée si l'Afrique du Sud, Maurice et d'autres pays avaient adopté la même position que la Zambie et le Botswana.


Quelle attitude adopter le 19 septembre ?

Tout dépendra, dit le MMM

Que fera le MMM à la séance du 19 septembre qui doit décider de celui qui occupera la présidence pour les cinq prochaines années. A cette question de Week-End, le leader de l'opposition a dit, hier, que l'attitude de son parti dépendra de la personne que le Premier ministre proposera.

Le MMM, a-t-il dit, a toujours eu un profond respect pour la présidence, contrairement à ce que Navin Ramgoolam et l'Alliance sociale ont fait trois ans de cela devant l'Hôtel du gouvernement. "Nou a va pran nou décision à la lumière dimoune ki pou proposer. Si li vraiment fer honneur à la république, nou pou présent et pas de Private Notice Question par déférence. Si li fer honte à la république nou a va briller par nou l'absence et entre ses deux extrêmes, il y a différentes possibilités", a déclaré Paul Bérenger.

Quant à savoir qui sera proposé comme président de la République, il a dit avoir sa petite idée là-dessus même s'il n'est en présence d'aucune information précise. "Nou koné ki senla pé galoupe derrière sa poste-là mais mo péna oken indication ki Navin Ramgoolam pé guetté mais mo éna mo lopinion personnelle lor base performance passée de Navin Ramgoolam dans de telles circonstances".

Paul Bérenger a aussi précisé, que c'est à sa demande qu'il a rencontré le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, mercredi dernier, et que ce n'est que des conséquences du jugement de la Cour suprême sur les vice-Premier ministres et l'Attorney General qu'ils ont discuté.


Bruno Julie: Le MMM renouvelle sa suggestion de lui accorder Rs 1 M

Le MMM a, par la voix de son leader, hier, renouvelé sa suggestion pour une amélioration à Rs 1 million de l'enveloppe offerte à Bruno Julie par le gouvernement et a dit espérer que le Premier ministre entendra son appel.

Si Paul Bérenger s'est réjoui que tout le monde ait félicité et remercié le médaillé olympique, il a dénoncé "la façon indécente et mal élevée dont le gouvernement, avec Tang, Gowressoo et Dulull en première ligne, a essayé de politiser de manière outrancière l'exploit de Bruno Julie. C'est non seulement indécent et mal élevé, c'est aussi un manque de respect envers Bruno Julie lui-même".


Le MMM à Mahébourg vendredi

Les arguments communaux en faveur de Rama Valayden dénoncés

Après Bar Chacha, le mercredi 20 août, le MMM était à Mahébourg, vendredi, pour un meeting de dénonciation de Richard Duval, d'une part, qui a demandé et obtenu des facilités VIP à l'arrivée pour la passeuse de Subutex, Cindy Legallant, et de Vasant Bunwaree, d'autre part, pour avoir fait passer deux lois industrielles qui ramènent les travailleurs "au temps de l'esclavage".

Des pancartes réclamant la démission du "ministre Subutex" et interpelant Richard Duval pour n'avoir pas honoré sa promesse de donner 25% de ses allocations à ses mandants, étaient en force à ce rassemblement. Ce meeting, présidé par Soodesh Roopun, a vu la participation, entre autres, de Tony Apollon, de Reza Uteem, qui a dit que "Maurice aurait obtenu une médaille d'or s'il y avait une discipline olympique sur la fraude et la corruption", et d'Ivan Collendavelloo, qui a fustigé les trois élus du No 12 et d'Alan Ganoo.

C'est Rajesh Bhagwan qui a, le premier, critiqué la Tamil Force pour sa prise de position en faveur de Rama Valayden. Il leur a demandé : "kot zot ti été quant ti éna viol enn tifi tamoule par enn activiste politique et quand Rama Valayden ti diffame Jayen Cuttaree, Veda Baloomoody et Deven Nagalingum", rappelant aussitôt que, dans un cas, l'Attorney General a dû payer des dommages et, dans les deux autres, il a dû offrir ses plus plates excuses.

Paul Bérenger, pour sa part, trouve navrant qu'à chaque fois que quelqu'un est dénoncé, une organisation vienne avec des arguments communaux pour dire : "Pa touche nou Valayden, pas touche nou Duval, pas touche nou Bunwaree et pas touche nou Chady."

"C'est comme ça que le pays va fonctionner, comme ça que le pays a dégringolé?", s'est indigné le leader du MMM. Il a dit, "ki ena loup garou dans tou kominoté kuma éna bon dimoune. Pa bizin ko sa kalité kozé-là, li fer du tort nou pays". Paul Bérenger a assuré que son parti continuera à dénoncer la fraude, la corruption et la malpropreté où qu'elles se trouvent.


Ça va se savoir

Le remaniement arrive…

Le voyage du Premier ministre aura sans doute servi à quelque chose. Cela lui a donné du temps et le recul loin des pressions locales pour cogiter sur la deuxième partie du mandat de son gouvernement. Pour bien terminer sa mandature, Navin Ramgoolam songerait sérieusement à un remaniement ministériel. Il n'y a pas de ministre des Affaires étrangères à plein temps depuis la révocation de Madan Dulloo et certains événements récents le poussent dans la direction d'une redistribution des responsabilités. Il pourrait profiter, après le jugement de la Cour suprême, de la nouvelle prestation de serment des ministres et d'une possible démission forcée de Rama Valayden comme Attorney General pour nommer un nouveau gouvernement.

Si les cas de Xavier Duval et de Rama Sithanen sont"clear cut" dans la mesure où ce sont deux élus qui ont aussi prêté serment comme députés et qui ont une légitimité populaire, tel n'est pas le cas pour Rama Valayden qui devra, pour pouvoir être de nouveau assermenté, "come from scratch" c'est-à-dire de nulle part. C'est le point de vue de l'ancien président, Cassam Uteem et qui est soutenu par un certain nombre de légistes.

S'il est contraint de démissionner, Navin Ramgoolam pourrait profiter pour nommer quelqu'un d'autre comme Attorney General. Les ministres qui pourraient se voir confier d'autres responsabilités dans le cadre d'un remaniement sont Dharam Gokhool, James Burty David, Asraf Dulull, Etienne Sinatambou, bien que des noms de ministres peu performants sont aussi mentionnés.

SBB possible chief of staff au PMO

Son nom avait été cité au départ de Kailash Ruhee pour la mission mauricienne à Washington. En parallèle à son projet de remaniement ministériel, Navin Ramgoolam songerait à une réorganisation de ses services pour plus d'efficacité surtout après les difficultés rencontrées pour retrouver les traces des demandes de facilités VIP en pleine affaire Subutex. C'est ainsi qu'il désignerait Sir Bhinod Bacha, qui fait office de conseiller du ministre du Logement et des Terres, Chief of Staff. Il pourrait aussi débarquer des conseillers, nominés politiques, qui n'ont plus leur utilité à ses yeux.

Eric Guimbeau veut une enquête sur la CMT

Le Deputy Leader du PMSD, Eric Guimbeau, a trouvé un nouveau cheval de bataille, les activités de la Compagnie Mauricienne de Textile. Il compte demander à la Mauritius Revenue Authority d'initier une enquête sur les transactions financières et comptes de cette compagnie pour les derniers cinq ans et pour voir s'il n'y a pas eu de financement occulte des partis politiques. Il n'en revient toujours pas du fait que la CMT a, en sept semaines seulement, obtenu les 104 arpents de Pas Géométriques que Bel Air Sugar Estate attend depuis 7 ans.

Un braconnier à Tamarind Falls

Les habitués, dûment autorisés, eux, sont très étonnés de la présence, tous les dimanches, depuis quelques temps déjà, d'un président d'un corps paraétatique et de son frère à Tamarind Falls avec leurs carabines en mains pour la chasse et autres exercices. Comme après une escapade, ce reponsable d'organisme parapublic avait été accusé de transformer son institution en organisme facilitateur d'union, certains esprits coquins se demandent si "agence matrimoniale pa ine transfert dans bois aster".

La CWA diminue la facture d'un industriel

Cet industriel a été constamment dans l'actualité ces derniers temps. Il a accumulé un gros retard dans le paiement de ces factures d'eau et aurait même recouru à des manœuvres pour se procurer l'eau sans avoir à débourser. Après un rappel pour le recouvrement des impayés, cet industriel qui est bien côté à l'Hôtel du gouvernement en ce moment aurait fait jouer ses relations pour obtenir un rabais substantiel. La CWA a donc revu sa note à la baisse. Si seulement les petits consommateurs pouvaient être pareillement traités…

Les terres reprises de Constance à un groupe proche du pouvoir

C'est un groupe très proche du pouvoir et en pleine expansion qui sera l'heureux bénéficiaire des terres, "grazing lands", que l'Etat a repris du groupe Constance lequel envisageait d'y aménager un hôtel. A l'époque de cette reprise, le gouvernement avait fait croire qu'il n'était en présence "d'aucun projet spécifique pour ces terres" , comme le rapportait l'Express du 29 septembre 2007. Or, tous les "grazing lands" ont été identifiées et ceux qui sont dans le secret du ministère du Logement ont déjà choisi "leur boutt" de ce qui est notre patrimoine à tous.

Sécurité sociale: réseau informatique en panne

Le réseau informatique du ministère de la Sécurité sociale est en panne depuis bientôt trois semaines. Ce problème affecte principalement le département de cotisations du Fonds national de Pension. Avec l'installation d'un nouveau serveur informatique dans ce département, les ordinateurs des fonctionnaires concernés ne peuvent plus opérer en raison d'un manque de mémoire informatique pour faire tourner les logiciels en question. Il semblerait que les spécialistes n'avaient pas prévu ce problème d'Upgrading avec l'installation du nouveau serveur.

Ramgoolam veut revoir l'organisation des élections

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui a assisté à la Convention des démocrates pour l'investiture de Barack Obama en vue des présidentielles du 4 novembre prochain, a sollicité l'assistance du National Democratic Institute en vue de revoir les procédures dans l'organisation des élections à Maurice. C'est ce qu'il a confirmé lors de son intervention lors du Leaders' Forum en marge de la grande kermesse des démocrates à Denver. Entre-temps, la table ronde sur la réforme électorale demeure en panne après un premier round d'observations.

Navin Ramgoolam, qui regagnera le pays mardi, a également eu des entretiens avec des personnalités politiques américaines, dont l'ancienne secrétaire d'Etat américaine sous la présidence de Bill Clintion, Madeleine Allbright, ou encore le congressiste américain McDermott pour du lobbying en faveur de Maurice sous l'AGOA.

Des propriétés de Rs 3,6 milliards achetées par des étrangers

Avec la proclamation des disposition du Business Facilitation (Miscellaneous Provisions) Act 2006, le Board of Investment a approuvé 64 applications pour l'acquisition de propriétés immobilières venant de compagnies étrangères. 55 des compagnies en question ont déjà complété les procédures pour des acquisitions d'une valeur de Rs 3,6 milliards.


La loterie nationale

Vishnu Lutchmeenaraidoo demande l'annulation immédiate de l'exercice

Vishnu Lutchmeenaraidoo a, dans un communiqué émis, hier, réclamé l'annulation immédiate de l'exercice de "request for proposal" auquel procède la State Investment Corporation (SIC) pour la sélection de l'organisateur du jeu de la loterie nationale.

Le président de la Commission Économique du MMM avance que le ministre des Finances serait allé "à l'encontre de toutes les procédures régissant l'allocation d'un tel contrat". Pour lui, ce projet d'envergure nationale - qui a des implications financières énormes - aurait dû être soumis au préalable au conseil des ministres pour être approuvé et ensuite transmis au National Procurement Board pour un appel d'offres international.

Rama Sithanen, estime Vishnu Lutchmeenaraidoo, aurait contourné les procédures pour "des raisons qui dépassent la raison" et a demandé à la SIC de ne faire qu'un simple exercice de RFP dans des conditions qui suscitent doutes et suspicions.

"Il est clair que le MMM ne peut s'engager à respecter le résultat d'une procédure opaque qui fait fi des normes les plus élémentaires de la bonne gouvernance", affirme aussi le président de la commission économique du MMM.


Action de Intralot en Cour - Aucune décision prise

L'affaire portée en Cour par Intralot contre la State Investment Corporation, après la décision de retenir l'offre de Lottotech, continue toujours devant le juge en référé Bushan Domah. Intralot a, comme on le sait, demandé un ordre de la Cour pour empêcher que le choix de la SIC n'aille de l'avant.

Il y a eu deux comparutions des parties engagées dans cette affaire mardi et jeudi et l'on est encore aux échanges d'affidavits après que le directeur de la SIC a fait valoir que Intralot n'a plus de "locus standi" dans cette affaire dans la mesure où ses partenaires mauriciens se sont retirés de la compagnie.

Intralot n'est pas la seule à remettre en question le choix de la SIC. Sugal and Damani, associée à Global Sports Ltd a aussi soutenu que son offre étant plus avantageuse, elle ne comprend pas la raison pour laquelle le choix de la SIC ne s'est pas porté sur elle.


Fonction publique

PRB : contrat d'un an pour Bijaye Coomar Appana

Avec l'échéance pour la soumission des contestations au titre des "Errors, Omissions and Clarifications" du rapport du Pay Research Bureau (PRB), demain, le calendrier de travail a été établi. Ainsi, dans les milieux autorisés du PRB, l'on affirmait en fin de semaine dernière, qu'il faudra s'attendre à la publication de ce nouveau rapport du PRB vers mai de l'année prochaine, soit juste avant la présentation du prochain Budget couvrant le second semestre de 2009. A ce stade, la Rodrigues Government Employees' Association (RGEA) est montée au créneau avec un mémorandum en trois points, dont la nécessité d'introduire la "Rodriguan COLA" dans la conjoncture économique. Mais un développement majeur est intervenu avec la décision du gouvernement d'allouer un contrat d'une année à Bijaye Coomar Appana en tant que directeur du PRB.

Techniquement, avec les nouveaux dispositifs relatifs à l'extension de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans, le directeur du PRB aurait dû partir à la retraite en novembre prochain. Mais Week-End a appris de sources autorisées, que le gouvernement a proposé à Bijaye Coomar Appana un contrat d'une année, soit jusqu'à novembre 2009, à la tête du PRB. La principale raison derrière cette décision de l'Hôtel du gouvernement est d'assurer une continuité dans le travail concernant les recommandations salariales en faveur des fonctionnaires et des employés des corps para-étatiques, et mises en vigueur depuis le 1er juillet dernier.

En effet, l'une des principales responsabilités post-rapport PRB demeure le volet des "Errors, Omissions and Clarifications". La date-limite pour la soumission des dossiers au PRB, qui arrive techniquement à échéance aujourd'hui, a été étendue à demain, à la demande des syndicats. "Nous avons reçu des représentations venant des syndicalistes pour une extension de 24 heures vu que le 31 est un dimanche. Ainsi, à partir de demain après-midi, le PRB n'entretiendra aucune contestation supplémentaire", affirment des sources autorisées au PRB. Ces dernières tiennent à souligner qu'avec le "Post-Report Mechanism" prévu, le PRB a déjà procédé à des corrections d'une douzaine d'"Errors and Omissions" flagrantes.

Mais le gros du travail devra être entamé à partir de septembre et ce, jusqu'à la soumission du rapport en mai 2009. "We are extremely open. Le PRB procédera à un examen minutieux de tous les points soulevés par les syndicats ou encore les fonctionnaires. Nous analyserons les objections formules en tenant compte des paramètres, dont The Need for Performance, qui ont été identifiés et retenus pour les recommandations salariales contenues dans le rapport adopté In Toto par le gouvernement en mai dernier. L'objectif demeure de transformer la fonction publique en des entités modernes avec un Competitiveness Factor. Il reste toujours valable avec une grille salariale basée sur les Market Realities et les International Realities", met-on en garde au PRB, qui fait une différence entre "Errors, Omissions and Clarifications" et les corrections d'anomalies.

A ce stade, le PRB préfère attendre la clôture du délai de trois mois avant de se prononcer sur le volume de contestations déposées. "Nous nous retrouvons sensiblement avec le même nombre de demandes de révision que lors du précédent exercice d'il y a cinq ans. L'ancien commissaire salarial, feu Donald Chesworth, n'avait-il pas trouvé que le deuxième passe-temps favori des Mauriciens, après le football, demeure les Anomaly-Comparisons", ajoutent ces mêmes sources.

En attendant, la Rodrigues Government Employees' Association, dans un document soumis formellement au PRB sous la signature d'Alain Tolbize, président, et Bernardin Moutien, secrétaire, ne cache pas la déception et l'amertume ressenties par les fonctionnaires de Rodrigues à la publication du rapport en mai dernier. Non seulement, la RGEA dresse la liste des griefs des fonctionnaires de l'île mais elle se fait également menaçante.

"In case errors and omissions noted by us are not corrected to our satisfaction, we will have indeed no alternative left but to call a General Assembly of our members to decide our line of action", soulignent les deux dirigeants syndicaux de Rodrigues dans le préambule de leur mémorandum en ajoutant que "the RGEA has submitted to the PRB its memorandum of claims and we were quite aggrieved to see that the most essential parts thereof have not been considered at all".

Plus loin, Alain Tolbize et Bernardin Moutien acculent le PRB en soutenant que "the contentions of the RGEA are such that we cannot but conclude that the PRB erred in its conduct (for having disregarded our claims) and erred in its judgment for having made recommendations that do not fit the realities of Rodrigues." Ils affirment que "the constitutional rights of the Rodriguans are not respected".

Revenant à la charge avec la requête en faveur de l'introduction de la "Rodriguan COLA", la RGEA maintient que "the citizens of Rodrigues have to sustain a higher cost of living and additional hardship in comparison to their Mauritian counterparts". Pour étayer leur dire, les dirigeants syndicaux prennent à témoin la pratique "to grant to the Mauritian civil servant sent to Rodrigues a 25 % salary increase and even a 50 % allowance".

"It is a fact that the prices are higher in Rodrigues than in Mauritius, including the VAT on commodities purchased in Rodrigues which is higher than that which is being paid in Mauritius", note le mémorandum de la RGEA pour réitérer la demande en faveur de l'introduction du Rodriguan COLA.

Le deuxième point en litige abordé par la RGEA dans le cadre des "Errors and Omissions" au sein du dernier rapport du PRB concerne les billets d'avion gratuits pour des évacuations sanitaires des fonctionnaires. Ce syndicat réclame le même traitement en faveur des fonctionnaires de la Rodrigues Regional Assembly. "Free air tickets are granted to a Mauritian Civil Servant called to work in Rodrigues when the illness from which he is suffering cannot be attended in Rodrigues. This condition of employment is extended to his spouse and children. What about the Civil Servant working in Rodrigues ? Has he not the right to a free medical care ?" se demande la RGEA.

Alain Tolbize et Bernardin Moutien s'appuient sur les attendus d'un jugement de la Cour suprême à ce sujet pour demander au PRB de rétablir ce droit automatique en faveur des fonctionnaires de la Rodrigues Regional Assembly. "Funds are available for that in the budget for Mauritian Civil Servants on tour in Rodrigues. There is no such provision in the same budget for Rodrigues. A Rodriguan has to apply for such an assistance differently and has to comply with other conditions and under different procedures. This is where the element of discrimination comes in. The PRB should adopt the line of judgment of the Supreme Court in the abovementioned case and should show proof not to be anti Rodriguans", font-ils ressortir.

La situation dans le monde du travail constitue le troisième volet des "Errors and Omissions" évoqué par la RGEA. "Any structure applicable for Mauritius CANNOT be extended to Rodrigues unless there is similitude in the work environment, work structure, economic environment, etc. It does not require the PRB to have a lengthy inquiry to assess these differences and to come forward with the conclusion that there is a need to adjust things," affirment-ils en faisant allusion au fort taux de chômage qui prévaut dans l'île. Ils réclament que tous les postes vacants sur l'Establishment de l'Assemblée régionale de Rodrigues soient remplis dans les meilleurs délais.

En conclusion, la RGEA affirme que "The RGEA cannot accept any report which has not given due consideration to the most fundamental aspect of our claim aiming at : (a) Having a separate structure from that of Mauritius in the context of the constitutional autonomy of Rodrigues ; (b) Having a transitional structure moving towards the quasi independence of Rodrigues ; (c) Having all elements of discrimination removed in the application of the general rules and to (d) Making the specificities of Rodrigues understood and defined."


Controverse entre Port-Louis et Port-Mathurin

Johnson Roussety évoque une remise en cause de l'autonomie

Le refus du ministère des Finances d'honorer la décision de l'Assemblée régionale de payer une compensation aux pêcheurs prenant leur retraite volontaire suscite une controverse entre le gouvernement central et l'Assemblée régionale. Pour les élus rodriguais, ce refus équivaut à une remise en cause de l'autonomie et ils n'hésitent pas à envisager d'aller en Cour de justice pour obtenir satisfaction.

Cette controverse, qui risque d'envenimer les relations déjà pas très cordiales entre Port-Mathurin et Port-Louis, commence au mois de juin. Le 24 juin, pour faire suite à un motion votée par l'Assemblée régionale, le conseil exécutif décide de lancer le Fishers Redployment Scheme. Ce plan a pour objectif de payer une compensation aux pêcheurs qui rendraient leur carte professionnelle afin d'interdire la pêche dans le lagon de Rodrigues, déjà surexploitée. Le montant de la compensation est de Rs 25 000 par pêcheur avec une somme de Rs 1000 par année de possession de la carte professionnelle. La mesure doit être financée par une somme de Rs 10 millions prévue à cet effet dans le budget de l'Assemblée régionale de Rodrigues. Alors que le Chef Commissaire, Johnson Roussety, avait déjà annoncé la nouvelle aux pêcheurs rodriguais, le ministère des Finances a fait savoir à Port-Mathurin, par le truchement du secrétaire financier, qu'il refuse de débloquer les fonds, considérant que par cette mesure, "the Rodrigues Regional Assembly had, again, been trying to pay allowances to Rodriguan fishermen against the principles approved by Government". Il faut savoir que Port-Mathurin et Port-Louis avaient eu un différend l'année dernière sur le montant de l'allocation de mauvais temps payée aux pêcheurs rodriguais. Pour le Chef commissaire, Johnson Roussety, cette lettre du secrétaire financier constitue une remise en cause de l'autonomie rodriguaise. Cette lettre, écrit-il, dans une correspondance destinée à donner son point de vue sur la question, "is a violation of the autonomy and the principle of devolution of powers to Rodrigues. Either Cabinet has not been briefed properly or there is a willingness to decide for Rodrigues from Port Louis. This situation is unacceptable". Pour le Chef commissaire Roussety, la gestion du secteur de la Pêche fait partie des responsabilités accordées à l'Assemblée régionale dans le cadre de l'autonomie et la décision de payer une compensation aux pêcheurs rendant leur carte professionnelle est tout à fait justifiée. Ce plan est important dans l'opération qui consiste à sauver le lagon et à restructurer le secteur de la Pêche à Rodrigues et l'Assemblée régionale a la ferme intention de le mettre en pratique. Si le ministère des Finances persiste dans son attitude, le Chef commissaire dit que l'Assemblée régionale n'aura d'autre recours que de prendre position contre le gouvernement mauricien : "We will take position against Central Government and the people of Rodrigues will be in a mood of revolt." La dernière carte envisagée par le Chef commissaire est de faire appel à la justice. "Ultimately if the funds are blocked by the Ministry of Finance, the RRA will seek an order from the Supreme Court to compel the Financial Secretary to release the funds." Par ailleurs, le Chef commissaire déplore le fait que le Premier ministre n'ait pas accepté de répondre à ses nombreux appels téléphoniques et lettres pour évoquer les problèmes de Rodrigues. "I am frustrated by this careless attitude. The autonomy of Rodrigues has to be respected. No effort will be spared by me to that effect."

Notons, par ailleurs, que le député Nicolas Von-Mally, qui se trouve à Maurice, essaye, lui aussi, d'amener le ministère des Finances à revenir sur sa décision. Dans une déclaration à une radio, le leader du Mouvement Rodriguais a ajouté un nouvel argument au dossier défendu par l'assemblée régionale: "Nous voulons faire inscrire le lagon de Rodrigues sur la liste du patrimoine mondial. C'est pour cette raison que nous demandons aux pêcheurs d'abandonner le lagon."

Affaire à suivre.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 31 août 2008