Faits et effets
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La loi de la jungle
Humeur
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Les violeurs
Pris sur le vif
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Le direct était en différé
Faits et effets...
La loi de la jungle
Il faut dire un très grand merci à l'ancien juge
Robert Ahnee, pour avoir attiré l'attention de toute l'île
Maurice et probablement, avec l'Internet, du monde entier sur
les propos d'une extrême gravité tenus par Rama Valayden
dans un entretien accordé à l'express en
date du 14 août dernier. Tels que reproduits par l'ancien
juge, dans une correspondance adressée au même journal
et publié vendredi dernier, 29 août, ces propos effarants
de l'Attorney General sont comme suit : "If I really wanted
to interfere
I would simply have waited for the cases to
reach the DPP's Office instead of calling the police. Surely that
would have been easier".
L'ancien juge dit regretter, avec raison, que le "DPP
n'ait, à ce jour, pas cru bon d'assurer le public qu'aucun
ministre, fût-il Attorney General, peut espérer se
servir de son bureau pour "INTERFERE" en faveur de quelque
prévenu. Cela eut sans doute rassuré ceux qui espèrent
encore vivre dans un État de droit". Ce qui est
très bien dit. On peut, en effet, s'étonner de l'absence
de toute réaction de M. Gérard Angoh à cette
déclaration de l'Attorney General qui jette le doute et
le soupçon sur la façon dont ses services fonctionnent
et qui seraient sujets à intervention. Rama Valayden, qui
a été sévèrement tancé par
Navin Ramgoolam pour son ingérence dans le travail de la
police, un service qui relève de ses attributions premierministérielles,
semble dire qu'il aurait été plus facile pour lui
d'intervenir auprès du bureau du DPP.
Les frasques de Rama Valayden, on les connaissait et on l'a
vu à l'uvre depuis 2005. Ce n'est pas cet Attorney
General accidentel, n'en déplaisent à ses soutiens
sectaires, qui nous intéresse, ce sont, comme écrit,
ici même, la semaine dernière, les institutions.
Voilà un DPP qui réagit au quart de tour pour réclamer
du commissaire de police une enquête sur les propos de Bert
Cunningham visant son bureau et qui va même s'en expliquer
sur les ondes d'une radio privée, mais qui n'a pas eu le
temps, depuis quinze jours, de nous livrer la plus petite réaction
à ce qu'a dit un Attorney General sur la possibilité
et la facilité dont il disposerait pour intervenir à
son bureau.
Il y a des choses troublantes qui se déroulent dans
ce pays et cela ne peut qu'accréditer la thèse que
les gens bien placés se mêlent de tout, que des prévenus
bien connectés peuvent faire accélérer les
procédures en leur faveur. On a vu dans l'affaire Subutex
avec quelle rapidité les cas de Ved Bucktowar et de Sada
Curpen ont été portés en Cour et tranchés
alors que d'autres attendent longtemps avant de passer devant
les tribunaux. On n'a qu'à voir la liste des procès
aux assises qui portent sur les nombreux cas de trafic de drogue
datant de 2002, 2003 et 2004, de la période où Hector
Tuyau frappait fort à l'ADSU.
Il est vrai, par ailleurs, qu'il n'y a plus de ministre des
Droits humains depuis que la Cour suprême a statué
qu'un non-élu ne pouvait s'arroger du titre de ministre,
mais le ministère et Amnesty Maurice doivent probablement
toujours exister. Or, aucune réaction à ce jour
au décès par pendaison alléguée d'Ajay
Ramjeeawon, 39 ans, qui était en détention policière
au poste de Grand-Bois. Il y a quelques années, le plus
petit incident dans un commissariat était une affaire d'intérêt
public et la nouvelle était répercutée dans
tous les médias. Aujourd'hui, rien: les décès
"in police custody" semblent relever de la banalité
Cet homme, connu certes des services de police, avait été
arrêté, le jeudi 21 août, pour vol. De quoi?
On ne sait pas jusqu'ici? Sauf que lui et sa famille résident
à Beau-Bassin et qu'il a été transféré
à Grand-Bois et qu'il est resté en détention
policière vendredi et tout le week-end et que, mardi, il
aurait pris ses lacets de chaussures pour se pendre. Personne
n'a songé à intervenir en sa faveur, "pou
pa batte piti là", et aucun "boss"
n'a interrompu son sommeil mérité après une
veillée de Noël pour demander que le prévenu
soit relâché sur parole. Ce qu'il méritait
sans doute dans ce cas-là avec ou sans intervention. Quant
à Amnesty Maurice, habituée à monter au créneau
pour moins qu'un décès en cellule policière,
l'organisation est devenue muette depuis qu'elle s'est acoquinée
avec un improbable ministre des Droits humains pour des actions
dont on voit bien, avec ce qui s'est passé au poste de
police de Grand-Bois, qu'elles n'ont pas servi à grand-chose.
Tout ce qui est décrit plus haut conforte l'analyse
extérieure sur le dysfonctionnement de nos institutions.
Ce que nous savions et que nous avions peur et même honte
de reconnaître, Bert Cunningham l'a publiquement exposé.
Il a eu raison d'attirer notre attention sur les liens organiques
qu'entretiennent entre eux différents services de la République.
Pour faire avancer certains dossiers et pour bloquer d'autres.
Il vaut mieux prendre les critiques du ressortissant étranger
comme un "wake up call" bienvenu au lieu de nous acharner
lâchement contre lui maintenant qu'il n'est plus là.
Nous devons veiller à ce que nos institutions ne deviennent
pas des caricatures et que plus personne n'ait confiance en elles.
Cela pousserait davantage les citoyens de ce pays à prendre
la loi entre leurs mains et à faire, eux-mêmes, justice.
Et la loi de la jungle n'est jamais loin de ce genre de situation.
Humeur
Les violeurs
Pendant trois ans, la République de Maurice a eu deux vice-Premiers
ministres et un ministre des Droits de l'Homme menti menti,
pour ne pas dire illégaux. Notre république a été
représentée dans le monde entier par des membres
d'un gouvernement portant des titres auxquels ils n'avaient pas
droit. Du temps du règne d'Anerood Jugnauth comme Premier
ministre, le titre de vice-Premier ministre était honorifique.
Sous le deuxième mandat de Navin Ramgoolam, ils sont devenus
officiels. Le plus anticonstitutionnellement du monde. Le tout
lors d'une grande cérémonie au cours de laquelle
le président de la République se faisait copieusement
insulter par les partisans de l'Alliance sociale. Sans que qui
que ce soit dans ce nouveau gouvernement, dont le Premier ministre
se dit gardien des traditions westminsteriennes, fasse le moindre
effort pour demander aux partisans de respecter les institutions.
Selon certaines sources, c'est en total accord avec la direction
de l'Alliance sociale, pour ne pas dire à sa demande, que
la manifestation fut organisée. C'est au cours de cette
honteuse mascarade bruyante que les faux serments furent prêtés
et les titres illégaux octroyés. Maurice commençait
à passer d'une île sucrière à une république
bananière. Aujourd'hui, Rama Sithanen et Xavier Duval
déclarent qu'ils n'ont pas demandé le titre de vice-Premier
ministre et se sont contentés de l'accepter quand il leur
a été offert. Cela ne les a pas empêchés
de faire imprimer le titre illégal sur tous leurs documents
et de l'utiliser dans tous leurs déplacements officiels,
que ce soit dans les foires touristiques ou les séminaires
de la finance internationale. D'ailleurs et en dépit du
jugement de la Cour suprême, les services gouvernementaux
et la MBC continuent à utiliser le titre illégal
à toutes les sauces. On a dit qu'au niveau des salaires,
les vice-Premiers ministres illégaux percevaient le même
que celui des simples ministres. Mais il faudrait savoir si leurs
allocations de voyage - le fameux per diem - étaient
ceux d'un ministre ou aligné sur ceux du vrai vice-Premier
ministre. S'il y a eu faux calcul, comme les serments, un remboursement
des surplus s'impose. Le directeur de l'Audit devrait se pencher
sur cette affaire de faux titres et de vraies allocations.
On peut croire que deux simples ministres à qui on offre
le titre de vice-Premier ministre ne s'inquiètent pas d'en
vérifier l'authenticité. Mais comment peut-on accepter
que le ministre de la Justice, qui est le conseiller légal
du gouvernement, n'ait pas su que selon la Constitution, un candidat
battu lors d'une élection ne pouvait occuper qu'un seul
poste comme ministre, celui de responsable de la Justice ? Comment
a-t-il pu ignorer qu'il ne pouvait pas prêter serment comme
ministre des Droits humains puisqu'il n'avait pas été
élu aux dernières élections ? Avec le recul,
on peut dire que le ministre de la Justice de l'Alliance sociale,
responsable du respect de la loi, a commencé son mandat
par la violer en faisant un faux serment. Il a continué
dans la même voie en transformant le bureau de ministre
de la Justice en centre de refuges pour récidivistes notoires,
dont un condamné en cavale. Il semblerait que les droits
humains qu'il défendait étaient surtout ceux des
repris de justice qu'il s'agissait de protéger
des
policiers. C'est dans le cadre de cette "mission" qu'il
a téléphoné à la police pour veiller
à ce qu'un homme pris en flagrant délit de trafic
de Subutex soit traité avec délicatesse par les
forces de l'ordre. Ou qu'un repris de justice qui venait d'attaquer
un policier avec une arme tranchante, soit libéré
sur parole afin qu'il puisse
passer Noël en famille.
Le tout sous les applaudissements des admirateurs du ministre
disant qu'il faisait bien son travail.
Lequel : celui de défenseur de la loi ou celui de protecteur
de ceux qui la violent ?
Pris sur le vif
Le direct était en différé
- Ha ben, qu'est-ce que tu vas dire cette fois ?
- A propos de quoi ?
- A propos de quoi !? Mais de ta MBC, toi.
- Comment ça, de MA MBC ?
-On a la mémoire courte, hein ? Pas toi-même qui
disait que la MBC était meilleure que la télévision
française l'autre jour ?
-Tu sais bien que mo ti pé dire ça de manière
ironique. Et puis cela ne concernait que les commentaires des
commentateurs de la natation. Qu'est-ce que la MBC a encore fait
?
- Tu n'as pas regardé le reportage censé en direct
sur le retour de Bruno Julie à Maurice ?
- Non, j'ai écouté ça sur une radio. Il y
avait une ambiance, ça. Casse paké.
- Tu as bien fait, je te dis. J'aurais dû avoir fait pareil.
- Pourquoi ?
- Parce que le direct de la télévision était
en différé.
- Qu'est-ce que tu me chantes là ? Comment ça, leur
direct était en différé. Comment on peut
faire ça ?
- La MBC peut faire ça. Je crois que dans le domaine de
la télévision, elle vient d'établir un record
du monde qui sera bien difficile à battre.
- Explique-moi bien seki fine arrivé.
- Depuis le matin, la MBC faisait de la pub pour le reportage
en direct que la télévision allait faire de l'arrivée
de Bruno Julie depuis Pekin. Moi je voulais aller à Plaisance,
mais je me suis dit qu'on allait mieux voir à la télévision.
- Alors qu'est-ce qui s'est passé
fine gagne panne
courant ?
- Pas du tout, toi. Dans le JT, on a rappelé que le direct
allait avoir lieu à 20 h 35 et on a eu même un avant-goût
avec un petit bout de direct depuis l'aéroport.
- Et alors ?
- Et alors, moi je mets de force la télé sur la
MBC, après avoir attrapé une baise avec les enfants
qui voulait voir je ne sais quel clip sur une autre chaîne.
Aucun sens du patriotisme, ces jeunes-là, je te dis. Et
puis, on annonce que le direct aura lieu à la télé,
mais que la conférence de presse sera diffusée à
la radio.
-Pourquoi ?
- On n'a pas dit pourquoi et puis franchement te dire, j'étais
tellement excitée par le retour de Bruno et sa médaille
que j'ai pas pris compte.
- Et alors ?
- A 20 h 35, au lieu du direct, on passe un documentaire sur la
Chine.
- Pourquoi.
- Pourquoi, pourquoi ? Moi je ne sais pas, mais je me dis que
peut-être que l'avion a eu un retard, ça même
on nous fait patienter. Mais je trouve quand même qu'on
aurait pu faire une annonce pour expliquer. Mais je me dis aussi
que c'est la MBC et qu'il ne faut trop leur demander
-
Et alors ?
- Bé, on joue même le documentaire sur le Chine joue
même et moi j'attends même le direct. Je te dis pas
les commentaires des enfants qui attendaient pour voir leur clip.
Hé puis un coup, à 21 h 07
-
comment ça à 21 h 07
mais à
cette heure-là, Bruno était déjà arrivé
depuis longtemps et avait même terminé sa conférence
de presse. Moi j'ai tout écouté sur une radio.
- Ça même je suis enragée avec cette MBC-là.
Parce qu'à 21 h 07, on a passé en différé
un reportage sur le conférence de presse de Bruno Julie,
entouré de ministres.
- Tu veux dire que la MBC était sur place et n'a pas fait
le direct.
- Ça même que je suis en train de te dire là.
La MBC a réussi l'exploit de diffuser en différé
un direct. Tu crois qu'une autre chaîne de télévision
va pouvoir casser ce record du monde-là ?
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 31 août 2008
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