a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 31 août 2008



 
Sur fond de "Rebranding" - MT : limogeage de deux syndicalistes
 
Transferts de fonds - Gilbert Philippe s'explique à l'ICAC pendant trois heures
 
Bert Cunningham - "Copies des documents destinés à l'ICAC remises au PM"
 
Licencié par la Banque de Maurice - Daneshwar Doobree contre-attaque
 
Campus du Réduit - Avertissement au gérant de la cafétéria de l'UoM


Sur fond de "Rebranding"

MT : limogeage de deux syndicalistes

Le mouvement syndical a été ébranlé en fin de semaine. Deux présidents de syndicats, Raj Rughoonath de la Mauritius Telecom Employees' Association (MTEA), et Indiren Carpanen de la Telecommunications Workers' Union (TWU) ont été limogés, vendredi, suite à une réunion du conseil d'administration de Mauritius Telecom (MT) tenue jeudi. La raison de ce licenciement demeure les allégations dans la presse contre des largesses alléguées de MT lors de l'exercice de Rebranding. Ces commentaires avaient trait à une initiative visant à demander à l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) d'ouvrir une enquête sur ces allégations après celles qui portent sur l'octroi du contrat de gestion de cafétéria à la Telecom Tower remontant à mars 2007. "Ce n'est pas la première fois qu'en tant que syndicaliste au sein de Mauritius Telecom que nous dénonçons des scandales et que nous réclamons des commissions d'enquête. La décision brutale du management de me limoger et mon camarade de la TWU peut constituer une indication que le dernier volet de dénonciations portant sur le Rebranding de MT fait mal. En tout cas, ce licenciement est une façon de se débarrasser et de faire taire toute autre revendication dans la conjoncture. Nous étions devenus gênants pour la direction de MT", devait avancer à Week-End Raj Rughoonath, qui compte 18 ans de service au sein du groupe. Il devait alléguer que cette décision serait l'ultime étape d'une campagne de "harcèlement de la direction de MT contre des syndicalistes" au cours de ces derniers mois.

Indiren Carpanen, secrétaire de la TWU, avait participé à une conférence de presse conjointe avec la MTEA en juillet dernier pour réclamer une commission d'enquête sur les dépenses de quelque Rs 200 millions encourues pour le rebranding de Mauritius Telecom. Il avait 25 ans de service, ayant démarré sa carrière professionnelle alors qu'il existait encore un département des Telecoms au sein du gouvernement, soit bien avant la privatisation. Les dirigeants du mouvement syndical, en l'absence de Toolsyraj Benydin, nouveau président de la National Trade Union Confederation, en mission officielle au Botswana, envisagent d'animer un point de presse demain afin, disent-ils, de s'élever contre "l'intolérance" de MT.

Selon les dires de Raj Rughoonath, les événements de la fin de la semaine ne représentent qu'une "vengeance à son encontre". "Zot ine tire vengeance kont mwa. Nou pe trop dénons zot bann gabzi ek zot péna répons pou donne nou. Zot kwar kan zot ine mette nou deor, zot simin kler pou kontinyé. Mo kwar zot pe fer erer. Nou dimann enn komisyon danket lor rebranding MT", devait-il faire comprendre.

Le président de la MTEA devait soutenir qu'avant de se rendre au QG de l'ICAC pour réclamer l'ouverture d'une enquête sur les allégations dans un tract anonyme, il avait pris contact avec Shashi Puddoo, Senior Executive - Human Resources au sein du groupe Mauritius Telecom. "Quand je me suis retrouvé en présence de ce document de dénonciations, je me suis rendu au bureau du Senior Executive pour les ressources humaines en vue de m'entretenir avec lui de la question. J'ai un témoin en la personne de Malleck Amode. Sashi Puddoo n'a pas été d'un grand recours et j'ai attendu sa réaction pendant un mois et demi avant de me rendre à l'ICAC pour consigner une déposition et réclamer une enquête sur ce tract vu la gravité des allégations", rétorque Raj Rughoonath.

Contestant la version de MT à l'effet que les déclarations portaient atteinte à l'image du groupe, le président de la MTEA avance que pendant au moins deux semaines, il était en contact avec un des Special Advisers du Premier ministre en vue de solliciter une rencontre avec Navin Ramgoolam. Et ce, pour évoquer le problème au sein de MT.

"Malheureusement, les contacts établis n'ont pas abouti à ce rendez-vous. Mais un document avec des points saillants de litige a été soumis à ce Special Adviser pour les besoins de consultations avec le chef du gouvernement en vue de justifier une demande de commission d'enquête", affirme le président de la MTEA licencié.

Les principaux points élaborés dans ce document, qui porte en annexe une copie du tract sur le Rebranding de MT, sont comme suit :

le MT Employees Participation Scheme, avec la sourde oreille du gouvernement à la requête des syndicats pour que les actions de la MT soient octroyées gratuitement aux employées ;

une demande syndicale pour que les employés-actionnaires puissent bénéficier de dividendes d'un montant de Rs 50 millions pour la période 2000 à 2006 ;

d'un cas allégué de victimisation reproché à la direction de MT avec deux syndicalistes qui seraient proches de la direction de MT et qui auraient bénéficié de "Jump Promotion without interview or even internal notice of vacancy";

l'absence de promotion au grade de Specialist Tradesmen pour une vingtaine d'employés méritants de MT et le gel d'au moins 400 postes au sein du groupe.

Dans le document remis au Special Adviser du Prime Minister's Office, les dirigeants de la MTEA et de la TWU avancent à l'attention de Navin Ramgoolam que "since MT group has realized more that Rs 2,2 billion as profit for the year ended 2007 thanks to the special effort, hard work, commitment, competency, efficiency of the staff in general ; it is imperative for management to refrain from making savings over the heads of the employees whose aspiration has been shaken. We pray you to intervene promptly so that all the vacancies be filled without further delay, the more so as a great number of employees are performing and shouldering duties foreign to their job description".

Les deux dirigeants syndicaux de MT sanctionnés arguent que leur employeur fait fausse route car ils n'ont fait qu'assumer leurs responsabilités formelles et ont eu recours à des moyens et procédures établis pour alerter l'opinion publique sur des problèmes au sein du groupe.


Réactions - FSSC : "Non à la politique dominer"

A l'initiative de la Mauritius Telecom Employees' Association (MTEA) et de la Telecommunications Workers' Union (TWU), les responsables des différentes fédérations syndicales se réuniront demain matin, dans la capitale, au Centre Social Marie Reine de la Paix, pour passer en revue le licenciement par Mauritius Telecom de deux dirigeants syndicaux, Raj Rughoonath et Indiren Carpanen. Devant ce qui est considéré comme "une situation très grave d'atteinte à la liberté syndicale et d'expression", le mouvement syndical compte élaborer une stratégie en vue de ramener la direction de MT à l'ordre.

La TWU est affiliée à la Fédération des Syndicats du Service Civil. De ce fait, Rashid Imrith, en l'absence de Toolsyraj Benydin (qui fait actuellement partie d'une mission à l'étranger organisée par le ministère du Travail), est monté au créneau et parle de "la politique dominer de Mauritius Telecom". L'une des demandes des fédérations syndicales devrait être le retrait de la lettre de démission et la réembauche des deux syndicalistes.

"Le limogeage sauvage de deux dirigeants syndicaux par la direction de Mauritius Telecom constitue une véritable atteinte à la liberté d'expression et à la liberté syndicale. Le mouvement syndical ne peut rester les bras croisés devant cette vendetta. Raj Rughoonath et Indiren Carpanen ont fait des déclarations et des commentaires en tant que dirigeants syndicaux. La MT ne peut les sanctionner. Leur licenciement est extrêmement grave. Nous allons internationaliser cette affaire en alertant le Bureau International du Travail et les autres organisations internationales compétentes. Mauritius Telecom pe fer dominer avec sindikalis", a soutenu Rashid Imrith en attendant la réunion de demain.

De leur côté, les deux dirigeants syndicaux limogés contestent les raisons et les circonstances de leur démission. Ils ont refusé, vendredi, de prendre les chèques préparés par les services comptables de MT. Ils comptent saisir les Cours de justice compétentes à cet effet après des consultations avec leurs conseils légaux.


MT parle de dénigrement

Mauritius Telecom a pris les taureaux par les cornes en faisant publier, hier, un avis payant avec pour titre "Termination of Employment" pour justifier les raisons derrière la décision du conseil d'administration de jeudi. Elle parle de campagne de dénigrement de l'image du groupe pour confirmer le licenciement de deux employés. On ne cite à aucun moment le nom du président de la Mauritius Telecom Employees' Association et celui du secrétaire de la Telecommunications Workers' Union (TWU).

Le communiqué de presse payant, publié dans un seul titre d'hier matin, fait état des démarches entreprises par la direction de MT pour confirmer si "the comments and allegations attributed to them in the press were indeed faithfully reported". "Management has, after careful consideration, reached the conclusion that the above two employees (aucun nom n'est cité dans le communiqué émis par Mauritius Telecom) have embarked upon a course of conduct calculated to harm the company and denigrate its corporate image. The Management having discussed the matter at the Board of Directors meeting of 28 August 2008, and acting upon legal advice, has taken the decision, in the interest of MT Group, to terminate with immediate effect the employment of those two employees", souligne la direction.

MT avance également que des procès en diffamation sont envisagés contre deux journaux pour avoir rapporté les commentaires et propos des dirigeants syndicaux. Le groupe MT se garde de nommer les deux publications ciblées même si au moins quatre sont concernées par les commentaires et allégations de la MTEA et de la TWU.


Cafétéria (contrat) : 17 mois de silence de l'ICAC

Au cours de ces 17 derniers mois, très peu d'informations, pour ne pas dire aucune, n'ont transpiré de l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) au sujet de l'enquête concernant l'allocation du contrat pour la gestion de la cafétéria de la Telecom Tower. Ce scandale avait éclaté au début de 2007 et des allégations ont été faites à l'ICAC par le président de la Mauritius Telecom Employees' Association (MTEA), Raj Rughoonath.

Malgré sa mise à l'écart, avec un coin de bureau à la Telecom Tower, Raj Rughoonath a poursuivi la voie tracée. L'allégation de mars 2007 était que la direction de Mauritius Telecom lui aurait proposé le contrat de gestion de la cafétéria, portant sur des revenus importants, sans avoir participé à l'appel d'offres. Une "Tailored-Made Quotation"aurait été rédigée sur un des ordinateurs de MT au nom du restaurant de Raj Rughoonath.

Ce "Move" aurait été décidé en vue de réduire au silence le syndicaliste, qui n'a pas hésité, pour autant, à porter le dossier devant l'ICAC. À cette époque, la MTEA menait campagne contre la restructuration engagée au sein de Mauritius Telecom et dénonçait la politique d'Outsourcing des services. Raj Rughoonath avait également fait des allégations contre Sarat Lallah, Chief Executive Officer de MT.

Des limiers de l'ICAC ont effectué des descentes des lieux à la Telecom Tower, ont procédé à la saisie d'équipements informatiques, consigné des dépositions auprès de ceux concernés.

Mais à ce jour, aucune indication sur les conclusions de cette enquête. Certains prétendent que le dossier aurait déjà été transmis au bureau du Directeur des Poursuites publiques (DPP) à toutes fins utiles…


Transferts de fonds

Gilbert Philippe s'explique à l'ICAC pendant trois heures

Le mystère autour des transferts allégués de fonds de la firme Boskalis International avec pour bénéficiaire présumé, le président de la Mauritius Ports Authority (MPA), Siddick Chady, s'épaissit au fur et à mesure que l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) poursuit ses auditions. En fin de semaine, Gilbert Philippe, Senior Advisor en matière portuaire au Prime Minister's Office, dont le nom figure sur un document déposé à l'Assemblée nationale par le leader de l'opposition, Paul Bérenger, a été longuement entendu par les limiers de l'ICAC. Les prochaines auditions devraient voir les épouses du Dr Chady et de Prakash Maunthrooa, spécialiste en gestion portuaire et membre en vue du MSM, s'expliquer sur leurs éventuelles relations avec Boskalis International.

En compagnie de son homme de loi, Me Bala Padayachy, Gilbert Philippe a réitéré aux officiers de l'ICAC qu'il n'a eu aucun "Dealing" avec les représentants de Boskalis lors de l'octroi du contrat pour les travaux de dragage dans le port. Pour preuve, il fait la chronologie des principales étapes précédant l'octroi du contrat par la Mauritius Ports Authority à cette compagnie des Pays-Bas et son recrutement au Prime Minister's Office en 2006.

"Au risque de me répéter, je n'ai rien à faire avec le contrat alloué à la firme Boskalis International par la MPA", devait faire comprendre Gilbert Philippe en affirmant avoir répondu aux questions de l'ICAC sur cette affaire de transfert allégué de fonds de 25 000 euros (Rs 1 million) dans une banque à l'étranger, notamment à Singapour. Lors de son audition, il s'est également interrogé sur des "Inconsistencies" au niveau des dates de la transmission du message fac-similé et de la transaction bancaire.

Les informations fournies par le Senior Advisor au Prime Minister's Office n'ont pas débouché sur un scénario avec des éléments irréfutables. Mais des sources proches des enquêteurs de la Commission anti-corruption n'écartent pas la possibilité de la mise en place d'un présumé système de remboursement des dettes de Siddick Chady à travers la filière de Boskalis International. "Mais pour établir cette filière, nous avons besoin de preuves sur le Pattern des transferts de fonds. Les informations, que nous avons sollicitées formellement d'une banque en Grande-Bretagne, sont cruciales en vue de donner une nouvelle orientation à l'enquête. L'on devra également élucider les raisons justifiant ces transferts de fonds", indique-t-on de sources proches de l'enquête de l'ICAC.

L'ICAC s'intéresse également aux raisons pour lesquelles le numéro de téléphone de la compagnie de l'épouse de Prakash Maunthrooa figure sur la copie du message fac-similé déposé sur la table de l'Assemblée nationale. Tout semble indiquer qu'après la déposition de l'épouse du Dr Chady, le couple Maunthrooa, dont une connexion portuaire est connue, sera entendu. A ce stade, Prakash Maunthrooa nie avoir déjà eu connaissance de la teneur du message fax portant sur le transfert de 25 000 euros en tant que "Service Fee".

En marge de ces auditions, les responsables de l'enquête poursuivent des pistes susceptibles de confirmer des relations entre Boskalis Internationale et Video Blockbuster Network Limited. L'analyse des relevés téléphoniques aurait confirmé des échanges que Siddick Chady sera appelé à expliciter lors d'un prochain déplacement au QG de l'ICAC. Deux autres compagnies engagées dans la distribution de Blockbusters, dont UTV International, intéressent l'ICAC à plus d'un titre.

De son côté, la correspondance émanant de Boskalis International en date du 22 mars à la Mauritius Ports Authority, a accouché d'une souris. A aucun moment, cette compagnie, qui avait effectué les travaux de dragage à l'English Channel dans le port, a fait état des versements de fonds allégués à Siddick Chady.

"The representatives of Boskalis International were invited by the Mauritius Ports Authority for contract negotiations in their officers, in the presence of the consulting engineer. During negotiations a considerable discount was granted by our company to MPA after which the negotiations were successfully finalized. Taking into account the foregoing we can but conclude that the whole tender procedure has been a fair, open and transparent procedure", affirme le représentant de Boskalis International.


Coopération Maurice/UE

La sécurité alimentaire au menu de Marian Fischer Boel

La prochaine visite de la commissaire européenne à l'Agriculture, Marian Fischer Boel à Maurice en fin de semaine constituera l'occasion pour le pays de faire un forcing politique et diplomatique sur le plan de la sécurité alimentaire. D'ailleurs, les recoupements d'informations effectués par Week-End auprès des sources concordantes à l'Hôtel du gouvernement indiquent que le dossier de la sécurité alimentaire devrait être le plat de résistance de cette visite de quarante-huit heures de la commissaire européenne - qui avait initié et mis à exécution la réforme sucrière de l'Unioneuropéenne (UE), avec une réduction de 36 % du prix garanti pour le sucre.

L'importance accordée au dossier de la sécurité alimentaire se justifie dans la mesure où la Commission européenne a identifié un financement d'un milliard d'euros en vue d'encadrer les efforts d'autosuffisance alimentaire des pays en voie de développement, notamment ceux des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Commentant les grandes lignes de la visite de la commissaire Fischer Boel, Arvin Boolell, qui porte le double chapeau de l'Agro-Industrie et des Affaires étrangères, a déclaré à Week-End que "dans le cadre de ce projet de financement de la Commission européenne, les critères d'éligibilité établis ne permettent pas d'inclure Maurice. Nous ne sommes pas qualifiés pour cette assistance financière".

Le ministre Boolell affirme que des initiatives politiques et diplomatiques ont été engagées à différents niveaux pour que Maurice puisse figurer sur la liste des bénéficiaires. "We are putting our case across. Nous voulons donner une dimension régionale à la question de sécurité alimentaire. Il faut aussi reconnaître le fait que Maurice est un Net-Food Importer et également un Net Fuel Importer. Nous devrons faire face à des répercussions au niveau de la balance des paiements et malgré les mesures d'accompagnement, nous nous retrouvons avec des Costs Overruns au-delà de 25 %", devait-il faire comprendre.

En fin de semaine, le ministre Boolell a apposé sa signature au bas d'une correspondance adressée au commissaire européen au Développement, Louis Michel, avec copie à la commissaire Marian Fischer Boel pour plaider la cause de Maurice dans le domaine de la sécurité alimentaire. Lors du séjour de Marian Fischer Boel, le gouvernement compte faire un forcing pour présenter le cas spécifique de Maurice.

"Nous allons passer en revue la situation à Maurice suite à la réduction drastique du prix garanti pour le sucre en vue d'obtenir des moyens additionnels pour mettre en place une politique de Domestic Food Security et de Regional Food Security. Les deux pays partenaires cibles sont Madagascar et le Mozambique", a ajouté le ministre de l'Agro-Industrie.

Le dossier de sécurité alimentaire dans le cadre régional, qui fait l'objet de délibérations sur le plan technique au niveau de la Mauritius Sugar Authority, des ministères des Finances, du Commerce international et de l'Agro-Industrie, sera une des principales questions abordées lors de la prochaine mission du ministre des Finances, Rama Sithanen, et d'Arvin Boolell à la Banque mondiale. Ce partenariat entre Maurice, Madagascar et le Mozambique au plan de la sécurité alimentaire est également cité ces jours-ci dans la presse internationale.

D'autre part, le programme de visite de la commissaire européenne à l'Agriculture prévoit trois séances de travail avec des membres du gouvernement, soit le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et les ministres des Finances et de l'Agro-Industrie. Outre la question de sécurité alimentaire, les deux parties passeront en revue la mise en application de la Multi-Annual Adaptation Strategy (MAAS) - élaborée suite à l'élimination des garanties sous le Protocole Sucre et la baisse de 36 % du prix du sucre -, les mesures d'accompagnement dans le cadre de la réforme de l'industrie sucrière et le programme d'assistance financière de la Commission européenne à Maurice.

Les principaux rendez-vous de Marian Fischer Boel, qui est attendue à Maurice, jeudi matin, sont une session interactive avec des planteurs après une visite de champ à Gros-Bois vendredi matin. Ensuite, la délégation officielle de la Commission européenne visitera la "Flexi-Factory" de Savannah et aura une séance de travail avec les représentants du "Corporate Sector" de l'industrie sucrière.

Pour la première journée de visite, la commissaire européenne découvrira la Nouvelle Découverte Co-operative Dairy Farm et L'Aventure du Sucre. Au préalable, Marian Fischer Boel aura une séance de travail avec les membres de la Délégation européenne à Maurice, menée par le chef de mission Claudia Wiedey.


Bert Cunningham

"Copies des documents destinés à l'ICAC remises au PM"

L'ancien directeur des Douanes, Bert Cunningham a réagi à certains commentaires parus à son sujet sur le dossier whisky. A ceux qui l'accusent de ne pas avoir saisi l'ICAC de ses allégations de corruption et de trafic d'influence dans cette affaire, il explique que, d'une part, il n'avait pas confiance en la commission qui, avance-t-il, le persécutait et, de l'autre, qu'il avait "remis le dossier complet de cette affaire destiné à l'ICAC au Premier ministre". Une manière de dire que Navin Ramgoolam aurait bien pu l'envoyer à la commission s'il le voulait.

Il rappelle que tous les détails de l'affaire alléguée sont dans le dossier qui est en possession du Premier ministre, le refus du défunt Economic Crime Office d'enquêter malgré une lettre d'allégations en date du 7 septembre 2000, que la police avait en juillet 2002 enregistré la déclaration d'un douanier qui avait été éventuellement suspendu mais réintégré sur avis du DPP ; la lenteur du bureau du DPP à travailler ce dossier ; les relations alléguées entre l'importateur - un ancien conseiller travailliste à la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill - et certains conseillers aux Finances et même des cadres du State Law Office, dont ceux qui auraient des liens de parenté avec un responsable de la MRA. Comme on le constate, qu'il soit au pays ou pas, Bert Cunningham ne lâche pas prise…


Licencié par la Banque de Maurice

Daneshwar Doobree contre-attaque

C'est l'heure de la contre-attaque pour Daneshwar Doobree, employé comptant trente ans de service sous cinq différents gouverneurs de la Banque de Maurice et qui a été licencié le 8 août dernier. Dans une correspondance adressée à Week-End, cette semaine, il dément sur toute la ligne le communiqué émis par la banque centrale, samedi dernier, après que Manou Bheenick ait été l'objet d'une sévère charge de la part de trois back-benchers travaillistes, Suren Dayal, Lormesh Bundhoo et Yatin Varma, appuyés en cela par le leader de l'opposition, Paul Bérenger.

Réfutant point par point le communiqué de la Banque de Maurice, Daneshwar Doobree dit que le comité disciplinaire initié contre lui avant l'arrivée de Manou Bheenick concernait en fait un transfert, "to which I objected on genuine grounds and not to the charges leveled against me by the present Governor. It is evident that the Bank is trying to mix issues to bring utter confusion".

Il conteste aussi le fait qu'il ait réclamé un pardon de la part du gouverneur sur une base humanitaire sur la question du transfert et il cite une lettre en date du 7 mars 2007 qui n'en fait nullement mention et qui dit, bien au contraire, que "the Board of directors took congnizance of the findings of the Disciplinary Committee… and the fact that you have assumed your post, it would not dismiss you from employment".

Quant à l'assertion selon laquelle il aurait été vu en train de photocopier une lettre qui contenait des allégations infondées et diffamatoires, Daneshwar Doobree rappelle que, "this fact was not mentioned nor included in the list of charges levelled by the Bank", et que, "moreover, no material evidence whatsoever has been produced in support thereof during the disciplinary proceedings". Il affirme aussi n'avoir jamais été vu en train de photocopier la lettre puisque c'est un autre employé de la banque qui a été vu avec cette correspondance et qu'il l'avait remise à un collègue.

Sur la partie du communiqué qui évoque un "aveu" de sa part à l'effet que la lettre qui porte la signature de deux ex-syndicalistes de la banque lui appartient, le licencié répond que "no sulphurous idiot on earth would make such a confession. I have never confessed to any employee of the bank that the alleged letter issued by the Bank of Mauritius Employees Union under its letterhead belonged to me".

Si c'était vrai, il demande pour quelle raison le gouverneur avait, le 16 juin 2008, dépêché un de ses collègues auprès de lui pour lui proposer un "trade-off", soit le réinstaller à son poste et même avoir celui comparable au Head-Banking and Currency à la condition qu'il fasse une déposition au CCID pour incriminer de possibles suspects dans l'affaire de la lettre anonyme et qu'il avait même proposé le nom de celui qui devait être incriminé.

Daneshwar Doobree ajoute aussi que l'intermédiaire du gouverneur lui avait même dit, qu'en cas de refus, il serait mis à pied. Or, ajoute-t-il, après que son avocat lui ait conseillé de réclamer une offre formelle sur "this ignominious deal", il n'y a eu aucune suite. Il souligne aussi qu'il y a eu enquête à ce sujet, que son domicile ainsi que son bureau, ont été fouillés par la police le 24 mars 2008 et que cette action n'avait abouti à rien. "If there was any confession as alleged by the Bank, how is it that no provisional charge whatsoever was retained against me?", s'interroge-t-il.

Le licencié dit, par ailleurs, qu'en vertu des conditions de service à la banque, il n'aurait pas dû être l'objet de procédures disciplinaires étant donné qu'il n'y a eu aucune charge retenue contre lui par la police. "I could not be punished on any charge and should have been reinstated in my substantive post, since 'no charges of some other nature' have been disclosed", comme le stipulent les conditions de service.

Daneswar Doobree rappelle que, bien que son homme de loi ait écrit au premier gouverneur-adjoint, M. Googoolye, la banque a décidé d'instituer un comité disciplinaire en violation des conditions de service et des procédures de la banque.

Dans sa conclusion, le licencié écrit que, "the inescapable truth remains that the police after a complet enquiry and search has found no material evidence and no charges whatsoever has been retained against me. The Bank has rather chosen to impute false and malicious allegations against me on the basis of rumours and hearsay witnesses to eventually use me as a scapegoat and tarnish my reputation as a professional. The issue of a public notice by the bank further confirms its deliberate strategy to victimise and humiliate me in the eyes of the public. Truth will ultimately triumph".


Campus du Réduit

Avertissement au gérant de la cafétéria de l'UoM

Dans le sillage de l'enquête initiée par le Conseil de l'Université de Maurice (UoM) et dont les conclusions ont fait l'objet de délibérations lors de la réunion du 8 août dernier de cette instance, un sévère avertissement a été servi au gérant de la cafétéria de l'UoM, Nirendranath Hazareesingh. Dans une lettre en date du 28 août et signée par la Registrar de l'Université de Maurice, Mme R. Issur-Ghoorah, un délai de trois mois a été accordé au gérant de la cafétéria pour rétablir la situation faute de quoi le contrat sera tout simplement résilié. Le Conseil de l'Université a également averti le contracteur contre toute tentative de chantage à l'encontre des étudiants et des membres du personnel de l'université.

Ce sévère avertissement des autorités universitaires fait suite à une série de protestations fermes des membres de la Students' Union et des trois syndicats d'employés de l'Université de Maurice contre la situation qui prévalait au niveau de la cafétéria avec le gérant faisant "la pluie et le beau temps". Face à ces protestations, le Conseil de l'UoM n'avait eu d'autre choix que d'instituer un comité d'enquête pour entendre les parties concernées et soumettre des recommandations à cet effet.

Mais avant de formuler la série de mesures de redressement, le Conseil de l'Université de Maurice a dénoncé ce qui serait une campagne d'intimidation et de pressions qui auraient été exercées par le gérant de la cafétéria de l'UoM. "It is also put on record that Council took strong exception to your serving of a mise en demeure on its individual members prior to the Council Meeting held on 08 August 2008", note la Registrar de cette institution dans la lettre d'avertissement.

Après analyse des recommandations du comité d'enquête, le Conseil de l'Université a émis un "Severe Warning" à double volet au détenteur du contrat pour gérer la cafétéria en vue de "comply with all your contractual obligations and not to threaten and blackmail students and staff of the University. You must not write to any student or staff of the University. Your only line of communication should be through the Cafeteria Supervisory Committee as per contract".

Neuf autres conditions sont imposées par le Conseil de l'université ; au cas contraire le contrat de gestion sera déclaré nul et non avenu. Ces exigences sont l'octroi d'un Bank Standing Order pour les paiements mensuels à l'Université de Maurice comme stipulé dans la Letter of Award en date du 24 janvier 2005 ;

l'obtention du feu vert du Registrar de l'Université de Maurice avant de s'engager dans des activités d'Outside Catering sur les lieux de la cafétéria de Réduit et le gérant est tenu d'obtenir l'autorisation de l'Université pour tous les "On-Going Contracts for Outside Catering";

l'installation des compteurs pour l'eau et l'électricité afin que les factures soient réglées par l'opérateur ;

une enquête complète par un Health and Safety Officer de l'Université de Maurice des locaux aux termes des directives du Cafeteria Supervisory Committee ;

recruter un Cafeteria Manager d'expérience pour la gestion des services ;

affichage des prix sur tous les produits alimentaires en vente à la cafétéria ;

s'assurer que les produits de substitut soient autorisés par l'UoM ;

mise en place d'un "Proper Billing System" acceptable à l'Université de Maurice avec des caisses enregistreuses et que les "Invoices" soient tirées au nom de Nirendranath Hazareesingh car le contrat pour le cafétéria avait été alloué au nom de cette personne et personne d'autre.

"You are hereby informed that failure on your part to abide by any part of the Council directives will lead to the termination of your contract, as provided for at clause 3.0 of the Conditions of Contract", devait s'appesantir la Registrar de l'Université de Maurice.

Nirendranath Hazareesingh ne fera plus partie du Cafeteria Supervisory Committee en vue de donner une chance de fonctionner à cette dernière instance. Néanmoins, il devra soumettre aux autorités universitaires un rapport mensuel sur les opérations et activités de la cafétéria. Rappelons que le contrat pour la gestion de la cafétéria est pour une période de dix ans à partir de janvier 2005.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 31 août 2008