Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a confirmé lors
des échanges sur la Private Notice Question (PNQ) du leader
de l'opposition, Paul Bérenger, mardi dernier, que tous
les appels téléphoniques de l'Attorney General,
Rama Valayden, le 25 décembre 2007 au matin et le mercredi
23 juillet 2008, seront passés à la loupe. Il a
laissé entendre que suite à des échanges,
l'Attorney General a accepté de remettre aux enquêteurs
les informations recherchées tout en ajoutant que "I
can get it, but I have to go to a Judge's Court and it will take
time".
En ce qui concerne les événements du 23 juillet,
la controverse autour de l'heure de l'appel téléphonique
de l'Attorney General au QG de l'Anti-Drug and Smuggling
Unit (ADSU) se poursuit. Les deux officiers concernés,
l'assistant commissaire de police Padiachy et l'assistant surintendant
Lablanche contestent la version à l'effet que ce contact
téléphonique avait été établi
à la mi-journée. Navin Ramgoolam a fait comprendre
à la Chambre que "When I said 9 a.m. at the beginning
of my answer, it's ACP Padiachy who said that".
Le leader de l'opposition a déposé sur la table
de l'Assemblée nationale des extraits du procès-verbal
d'une "Police Federation Meeting - Sergeants and Corporals
Committee" citant un autre élément d'une présumée
intervention de l'Attorney General dans des enquêtes
de police. Cet incident se serait déroulé aux petites
heures du matin du 25 décembre 2006 avec un dénommé
Marcelin Humbert, très proche du leader du MR impliqué.
Le Premier ministre a accepté la proposition de Paul Bérenger
pour que l'Occurrence Book du poste de police de Terre-Rouge
soit placé sous scellés en vue d'éviter toute
tentative de "Tampering".
Bérenger : Par rapport au fléau du Subutex,
le Premier ministre peut-il obtenir des informations du commissaire
de police à l'effet qu'un politicien avait téléphoné
à l'ADSU lors de l'arrestation d'un dénommé
Ved le 27 février 2006 alors qu'il avait été
interpellé en possession de Subutex d'une valeur de Rs
2,5 millions à l'aéroport ; et au poste de police
des Line Barracks le 25 décembre 2007 suite à un
cas d'agression d'un sergent à l'aide d'un cutter par un
récidiviste notoire et fiché présumé
trafiquant de Subutex ?
Ramgoolam : Les informations communiquées par le
commissaire de police sont les suivantes. Le lundi 25 février
2006, vers les 8h50, le sergent Somi affecté à l'aéroport
devait informer le douanier de service d'un cas d'importation
illégale de Subutex détecté au comptoir.
Le passager était un dénommé Deoness Bucktowar
venant de Paris et 2 408 tablettes de comprimés de Subutex
furent saisies dans ses bagages.
Lors de son interrogatoire, le passager devait passer aux aveux
en affirmant que "mo fine amène sa parcel Subutex
pu Raouf Juggoo ki reste la France et li fine dire moi remette
sa à ène nommé Nadeema et ou bien ène
nommé Zaira." Il devait même révéler
les numéros de téléphone de ses contacts.
Une perquisition à son domicile ne devait rien donner et
lors de son procès en Cour intermédiaire, il fut
condamné à une amende de Rs 100 000 et des "costs"
de Rs 500. Les deux contacts locaux, Nadeem Ibrahimkhan et son
épouse Fatemah Golampeer, furent interrogés par
l'ADSU. Ils devaient nier toute connexion avec le dénommé
Raouf Juggoo. Ils ont rejeté les accusations de trafic
de Subutex et n'avaient pas été interpellés
à cet effet.
Le commissaire de police soutient qu'il n'existe aucun rapport
officiel faisant état d'appel téléphonique
venant d'un politicien à l'ADSU comme allégué
dans la question.
Par ailleurs, le 25 décembre 2007 vers les 2h25 sur la
route principale à Arsenal, une voiture privée conduite
par Sylvain Vivian Pottier devait heurter un buf appartenant
à Dhiraj Gopaul. Alors que des policiers s'affairaient
sur les lieux de l'accident, Marcelin Humbert, qui se trouvait
à bord de la voiture, devait faire un appel téléphonique
à l'Attorney General.
Par la suite, la tension est montée et Marcelin Humbert
devait agresser le sergent de deux coups de poing. Le sergent
avait été blessé et saignait abondamment.
Marcelin Humbert s'est même permis de prendre en sa possession
la clé du véhicule de la police. Marcelin Humbert
fut interpellé le même jour et remis en liberté
sous caution le 26 décembre.
Sylvain Pottier, le chauffeur de la voiture accidentée,
a consigné une déposition aux Casernes centrales
vers les 5h30. Néanmoins, avant cette étape, le
sergent Nowbuth devait recevoir un appel téléphonique
de l'Attorney General vers les 4h08 au sujet d'un accident
de la route à Terre-Rouge. Il avait indiqué au policier
que l'accident allait être rapporté aux Casernes
centrales vu qu'il y avait du désordre dans la région
du poste de police de Terre-Rouge.
Sylvain Pottier fut interpellé le même jour et remis
en liberté conditionnelle le lendemain. Marcelin Humbert
a été accusé d'agression sur un officier
de police dans l'exercice de ses fonctions et de vol. Le propriétaire
du buf est également traduit en justice.
"Preuves" d'appels téléphoniques
Bérenger : Le Premier ministre a-t-il demandé
au nouveau commissaire de police si des vérifications ont
été effectuées dans l'Occurrence Book
de l'ADSU ?
Ramgoolam : Des entrées dans l'OB de l'ADSU ?
Bérenger : Des appels téléphoniques
au QG de l'ADSU suite à l'interpellation de Buctowar à
l'aéroport le 27 février. Le commissaire de police
a-t-il procédé aux vérifications nécessaires
à cet effet ?
Ramgoolam : Je ne sais pas s'il a vérifié
les documents nécessaires. Il m'a dit qu'il n'y a aucune
preuve d'appel téléphonique. Mais je suis certain
que l'enquête est toujours en cours.
Bérenger : Je suis sûr que le Premier ministre
nous tiendra informés de l'évolution de l'enquête.
Je répète : il y a plusieurs entrées dans
l'Occurrence Book. Le Premier ministre a-t-il pu vérifier
le nombre de fois que Deoness Bucktowar, alias Ved, a voyagé
entre la France et Maurice après sa condamnation en Cour
?
Ramgoolam : We are looking at this information.
Ce matin même, j'ai soumis une requête pour des informations
sur ces déplacements.
Bérenger : Je suis sûr que le Premier ministre
est au courant du fait que le dénommé Ved fait partie
du gang de Sada Curpen que ce soit à Maurice ou à
Paris. Est-il au courant que l'Attorney General les côtoie
et a bénéficié de soutien financier d'eux,
notamment des posters géants
Speaker : Le leader de l'opposition ne peut faire des insinuations
à l'encontre de l'Attorney General
Bérenger : Ce sont des faits. Puis-je demander au
Premier ministre
Il y a du brouhaha dans l'hémicycle et la backbencher de
la majorité, Nita Deerpalsing, se fait rappeler à
l'ordre.
Speaker : Can I ask Honourable Ms Deerpalsing to keep quiet
?Bérenger : Elle est incapable de rester tranquille.
It's compulsive
Speaker : Order ! Order !
Bérenger : Le Premier ministre est-il au courant
que l'ambassade de Maurice à Paris a recours aux services
de la firme de location de voitures appartenant ou gérée
par ce même Ved ?
Ramgoolam : On m'a fait comprendre que tel était
le cas avant l'arrivée du nouvel ambassadeur. Je me rappelle
qu'ils m'avaient approché pour assurer mes déplacements
à Paris. J'avais catégoriquement rejeté cette
proposition. Je ne les connaissais pas. J'ai fait comprendre que
je préférais continuer avec les arrangements déjà
établis.
Bérenger : Le Premier ministre a-t-il initié
une enquête pour situer les circonstances dans lesquelles
un trafiquant de Subutex s'est retrouvé dans la position
de pourvoyeur de voitures à la mission diplomatique à
Paris en vue d'effectuer le transfert des ministres et des membres
de l'Assemblée nationale ?
Ramgoolam : Je ne crois pas que quand ses services furent
retenus, il y avait des allégations de trafic de Subutex.
This started well before.
Bérenger : Il a été établi que le
23 juillet l'Attorney General avait téléphoné
à l'ADSU. Quand le Premier ministre avait révélé
la teneur de la réponse préparée par son
personnel en collaboration avec la police, il avait soutenu que
l'Attorney General avait téléphoné
à 9 heures. Puis, après avoir reçu une missive
de l'Attorney General, il s'est rétracté
et avait mentionné midi. Une enquête a-t-elle été
ouverte à ce sujet ?
Ramgoolam : J'ai enquêté en profondeur à
ce sujet. I must say to the House that, when I said 9.00 at the
beginning of my answer - it was in my official reply - it's ACP
Padiachy who said that. L'ASP Lablanche avait soutenu qu'il avait
reçu cet appel téléphonique et avait répondu
qu'il n'était au courant de rien.
Puis, l'ACP Padiachy a retourné l'appel à l'Attorney
General. Les officiers de police ont été entendus
de nouveau puisque leur version est contestée par l'Attorney
General. Le leader de l'opposition a raison quand il soutient
que l'Attorney General m'avait fait transmettre un morceau
de papier avec mention de midi au lieu de 9h. Il maintient que
c'est midi. They have been questioned again and again and have
maintained it was 9.00.
" I did not note the exact time, but definitely not 12
hours or 12h15"
Dans l'une de ses dernières dépositions, l'ASP Lablanche
a réitéré que "further to my statement
given, wherein I mentioned that Hon. Minister Rama Valayden phoned
around 9 o'clock, I did not note the exact time, but definitely
not 12 hours or 12 hours 15. L'ACP Padiachy devait ajouter qu'il
n'avait pas noté l'heure à laquelle l'ASP Lablanche
est venu l'entretenir de cet appel téléphonique
de l'Attorney General. The time mentioned in my statement
may, therefore, not be precise. However, it was definitely not
at 12 hours or 12 hours 15
Une nouvelle vague de brouhaha envahit l'hémicycle poussant
le président de la séance à intervenir pour
rétablir le calme.
Speaker : Order ! Order !
Ramgoolam : Je dois dire en toute équité
que j'ai enquêté dans cette affaire. J'ai demandé
à l'Attorney General s'il serait disposé
à donner l'autorisation à Mauritius Telecom - I
can get it, but I have to go to a Judge's Court and it will take
time. (La réponse du Premier ministre est interrompue par
des remarques venant des parlementaires). Je l'ai déjà
fait et entre-temps, pour accélérer les procédures,
je lui ai demandé s'il était disposé à
autoriser MT de communiquer le relevé de ses appels téléphoniques
au lieu d'engager les procédures formelles, qui prendront
du temps. Il a donné son accord. Nous avons étudié
les relevés à partir de l'Itemised Bill de
MT. L'Attorney General a téléphoné
pour 13 secondes le 23 juillet à 12h22. L'ACP Padiachy
a retourné l'appel pour un échange de 64 secondes
à 12h43
Nouvelle intervention du président de l'Assemblée
nationale pour maintenir le décorum et éviter tout
dérapage.
Ramgoolam : We are still looking at all the records
of the telephone calls. Mais selon des données de MT,
il est clair que l'appel a été effectué à
12h22 et le second à 12h43.
Bérenger : Bien sûr, nous parlons de l'appel
à l'ACP Padiachy. Je suis sûr que le Premier ministre
est conscient que cela fait toute la différence. L'ASP
Lablanche et l'ACP Padiachy maintiennent que l'appel a été
fait à 9h, voulant dire que l'Attorney General a
téléphoné à peine quelques minutes
après l'arrestation du Bouncer Bernard Joly.
Speaker : Le Premier ministre a déclaré qu'il
tente d'obtenir confirmation de l'heure à laquelle le premier
appel a été effectué. We have to wait
for that information.
Bérenger : Nous n'allons pas attendre. Tout est
on record. Le policier Lablanche maintient : 9 heures.
Le Premier ministre ne trouve-t-il pas choquant que quand le Bouncer
est interpellé à 9 heures, il incrimine directement
Sada Curpen. Cette information cruciale est consignée.
Puis, le Bouncer se découvre des qualités
de conseil légal et découvre qu'il dispose d'un
droit au silence. A partir de là, il met fin à sa
coopération avec la police.Il est clair pour n'importe
qui concernant ce qui s'est passé !
Ramgoolam : Je veux apporter des éclaircissements
sur deux points. Très souvent, des suspects font des dénonciations.
Puis après des conseils d'ordre légal, ils disent
qu'ils ne vont pas
Speaker : Order ! Order !
"Je suis encore plus choqué que l'Attorney General
soit toujours en poste"
Ramgoolam : L'autre point concerne la chronologie des événements.
The sequence of events is not actually as we have been told.
Le vol d'Air France AF 966 a atterri à 5h10. Les passagers
débarquent à 5h20. Cindy Legallant se présente
au desk de l'Immigration à 5h25. Elle passe l'Immigration,
prend possession de ses bagages, et s'engage dans la filière
"Rien à déclarer".
A 5h40, elle quitte le terminal à l'arrivée. A 5h50,
elle arrive au Car Park et rencontre le chauffeur de sa
voiture. C'est à ce moment, soit 5h50, que des membres
de l'ADSU et de la Customs Drugs Unit interpellent les
deux. Cindy Legallant passe aux aveux au sujet de la présence
de cette importante cargaison de Subutex dans ses bagages. Elle
incrimine Sada Curpen et met hors de cause le chauffeur.
A 6h05, Cindy Legallant et le chauffeur sont dirigés vers
le bureau de l'ADSU de l'aéroport. A 6h10, perquisition
des bagages de Cindy Legallant. Deux colis contenant du Subutex
sont découverts. Elle est interrogée et confirme
ses aveux.
A 6h20, l'ADSU prend la décision de monter une opération
de Control Delivery avec le consentement de Cindy Legallant.
A 6h25, elle quitte l'enceinte de l'aéroport dans la voiture
conduite par un policier. Chemin faisant, elle fait un appel et
Sada Curpen donne des instructions pour la livraison sur le parking
de Jumbo à Riche-Terre. Je vais couper court aux détails.
A 7h15, Cindy Legallant se trouve dans la voiture pour les besoins
de l'opération de Control Delivery. A 7h25, Bernard
Joly fait son entrée en scène dans un van et se
gare à côté de la voiture. Il descend de son
véhicule, s'approche de la voiture de Cindy Legallant et
échange quelques mots. Il prend possession des colis. Il
est interpellé par des membres de l'ADSU. That happened
at 7 hours 25. So, that changes a bit in the
Speaker : No comment from a sitting position.
Bérenger : C'est parfaitement limpide. Je suis encore
plus choqué que l'Attorney General soit toujours
en poste. La police a-t-elle complété l'enquête
au sujet des allégations des ramifications du gang de Sada
Curpen à Maurice et des liens éventuels avec la
cargaison de Subutex d'une valeur de Rs 40 millions saisie sur
un steward d'Air France ?
Ramgoolam : Non seulement que je suis au courant mais nous
avons également communiqué aux autorités
françaises tous les noms de ceux impliqués pour
des actions nécessaires en France ?
Bérenger : Je vais déposer sur la table de
l'Assemblée nationale des copies du procès-verbal
d'une réunion de la fédération de la police,
soit celle du Sergeants and Corporals Committee.
Speaker : Le leader de l'opposition devra garantir l'authenticité
de ce document
Bérenger : Je n'ai aucune difficulté. Le document
porte la signature du commissaire de police
Speaker : C'est ce que prévoit le règlement
selon les Standing Orders.
Bérenger : Peut-être que le Premier ministre pourrait
disposer d'une copie. Cela devrait l'aider. Au sein de cette instance,
les officiers de police font état de leurs doléances
sur ce qui ne marche pas par rapport aux procédures établies.
Cette affaire concerne un incident en date du 25 décembre.
A la page 3, on peut lire "PS Rajnath attended. The car
driver assaulted Police Sergeant with a cutter, stole the ignition
key and bolted away. Marcelin Humbert was identified as driver
and assailant of PS Rajnath."
Plus loin, dans le procès-verbal signé du commissaire
de police, on peut lire "Came Mr Vuddamalay ACP, no doubt
a seasoned officer and ordered a release on parole of Louis Marcelin
Humbert". J'ai entendu le Premier ministre dire que le prévenu
avait été interpellé et libéré
sous caution le lendemain. Wrong according to official papers.
Je vais citer des extraits de l'OB du poste de police de Terre-Rouge.
Il avait ordonné la remise en liberté sur parole
de Marcelin Humbert. Je connais l'officier Vuddamalay. Un parmi
nos meilleurs officiers. Il n'aurait jamais décidé
de la liberté sur parole s'il n'y avait pas de pressions
politiques. Est-il au courant de ce fait ?
Ramgoolam : Certes, les contradictions dans les deux versions
sont évidentes. J'ai lu à la Chambre les informations
qui m'ont été communiquées par le commissaire
de police. Si l'ACP Vuddamalay est un bon officier de police,
pourquoi s'est-il laissé influencer par ce genre de pressions
?
Bérenger : Des pressions politiques. C'est évident
? Savez-vous ce qu'il y a sur l'autre page. "Prior to this
mess, the mess of freeing people who have assaulted a sergeant
and so on, the Minister of Justice rang Line Barracks Police on
account of the incident at Terre-Rouge
Le Speaker intervient pour rappeler à l'ordre le
député Rajesh Bhagwan pour ses commentaires.
"Mais d'une manière générale, en
tant que politiciens, nous avons souvent vu des cas où
des personnes utilisent le nom des autres. Nous devrons établir
les faits."
Ramgoolam : Je n'étais pas en présence de
ce document. Je n'avais que les informations communiquées
par le commissaire de police. Je vais initier une enquête
pour confirmer s'il y a eu un appel et ce qui s'est passé.
Bérenger : Nous constatons à la dernière
page du document que des copies sont transmises au secrétaire
aux Affaires intérieures pour l'information du Premier
ministre. Venons à l'Occurrence Book du poste de
Terre-Rouge. Le 25 décembre à 4h15 matin, des incidents
sont rapportés à Arsenal. Des policiers sont dépêchés
sur les lieux et ils se font agresser par six individus. Un d'eux
prend son téléphone et appelle qui ? L'Attorney
General. Tout cela est consigné dans l'OB. "Boss,
moi çà, Marcelin Humbert, çà. Nu fi
gagne ène ti problème Boss". Il poursuit
(l'interpellation du leader de l'opposition est interrompue par
des remarques.) Un sergent est agressé. Il saigne. Humbert
vole la clé d'un véhicule de la police. Tout le
groupe prend la fuite. Il ne faut pas oublier qu'entre-temps,
l'Attorney General appelle les Casernes centrales. Le groupe
débarque aux Casernes centrales pour rapporter l'accident
de la route. Ils sont retournés vers Terre-Rouge où
ils sont identifiés par les policiers comme étant
les agresseurs et l'ACP intervient pour la remise en liberté
sur parole.
Ramgoolam : Avec tout ce que vient de déclarer le
leader de l'opposition, nous devrons confirmer si l'Attorney
General leur a parlé. Je ne défends personne.
Mais d'une manière générale, en tant que
politiciens, nous avons souvent vu des cas où des personnes
utilisent le nom des autres. Nous devrons établir les faits.
Now the Attorney General has agreed that all his phone calls
can be looked at and all numbers can be checked. So, we are in
the process of doing this.
Bérenger : Le Premier ministre doit s'assurer que
tous les numéros de téléphone à la
disposition de l'Attorney General soient vérifiés.
L'Occurrence Book du poste de police de Terre-Rouge doit
être placé sous séquestre (Impounded)
tout de suite !
Ramgoolam : Je verrai que tel soit le cas. Il ne faut pas
oublier que des officiers de police ont des téléphones
officiels. Nous avons une liste de ces numéros. If by
any chance, they have other phones, we will try to see what the
connections are.
Bérenger : Le Premier ministre a dû lire ce
qui a été publié dans la presse. Hier, l'honorable
James Burty David a montré un document
Speaker : Vous ne pouvez demander au Premier ministre de
commenter un article de presse ?
Bérenger : Je ne fais pas allusion à la presse.
Je dis que l'honorable David a montré un document à
la presse.
Speaker : But it's a press report.
Bérenger : No. Je l'ai vu à la télévision.
Il l'a fait
Le Speaker tente d'intervenir compte tenu des protestations des
deux côtés de la Chambre. Finalement, le leader de
l'opposition peut reprendre la fin de son interpellation supplémentaire.
Bérenger : C'est un document remis au Premier ministre
avec des informations sur Sada Curpen et les gangs qui opèrent
à Paris. Le Premier ministre a-t-il pris connaissance de
ce document ? A-t-il demandé au ministre David de lui remettre
une copie de ce document ?
Ramgoolam : Je dois procéder à des vérifications
auprès de mes services. No such document was ever given
to either me or anybody in the PMO. En fait, je l'ai appelé
ce matin
Le Speaker arrive difficilement à contenir l'ardeur
des parlementaires et la suite de la réponse est inaudible
de la galerie de la presse.
Bérenger : Quelques jours de cela, l'Attorney
General s'était permis de s'ingérer dans un
cas très récent. Après ce que nous avons
entendu aujourd'hui
Speaker : Je demanderai au leader de l'opposition de reformuler
sa question en évitant d'utiliser le terme ingérer.
Bérenger : Au vu de tout ce "mess" dont
nous avons été témoins et les détails
les plus troublants, dont nous avons pris connaissance aujourd'hui,
le Premier ministre est-il d'accord que pour préserver
la réputation de Maurice, l'Attorney General doit
être limogé ?
Le Premier ministre peut difficilement amorcer sa réponse
devant le brouhaha au sein de l'hémicycle et les tentatives
quasi désespérées du président de
l'Assemblée nationale de rétablir l'ordre.
Ramgoolam : Les membres de l'Assemblée savent que
j'ai déjà pris des mesures vigoureuses à
l'encontre de n'importe qui, y compris des ministres. Je suis
déterminé à poursuivre dans cette voie car
nous sommes dans un Etat de Droit. Je donne la garantie qu'aussi
longtemps que j'occuperai le poste de Premier ministre, personne
ne pourra se considérer au-dessus de la loi, que toute
enquête sera menée de manière approfondie
au niveau du commissaire de police. Je lui ai demandé et
je demande à tous ceux qui détiennent des preuves
de coopérer pour faire progresser l'enquête. Je ne
peux me substituer au commissaire de police ou encore à
la Cour, à l'ICAC. What I can say is that I am asking
the authorities to inquire and if there is any kind of evidence,
I will act upon it.
Marcelin Humbert, un palmarès éloquent
Avant 2005, Marcelin Humbert avait déjà été
interpellé plus d'une dizaine de fois pour divers délits,
violence, crime d'incendie avant et après 92, en 95 et
en 98. Mais son comportement est devenu de plus en plus audacieux
depuis 2005.
Quelques semaines après les élections, en septembre
2005 celui qui avait été vu dans l'entourage de
Rama Valayden, fait parler de lui. Il est accusé de viol
et de sodomie sur une mineure de 14 ans. Il est traduit devant
le tribunal de Rose Hill, obtient sa liberté après
avoir fourni une caution de seulement Rs 3,000 et une reconnaissance
de Rs 20,000. Il allègue avoir été victime
d'un coup monté et on n'entendra plus parler de cette affaire.
En octobre 2006, Marcelin Humbert, l'activiste du MR est arrêté
par le MCIT alors dirigé par Prem Raddhoa en même
temps que José Bhoyroo et ses fils Yannick et Diop mais
aussi Kevin Caroopen et Javed Ruhomatally-également impliqué
dans le vol à la MCB durant lequel Gérald Lagesse
avait été assassiné -après la découverte
d'armes et une affaire de séquestration de Johnny Christophe
Antoinette à La Chaumière. La police avait aussi
pensé à l'époque que les suspects avaient
des informations sur la disparition du petit Ackmez Aumeer. Il
est relâché sous caution.
Le 11 mai 2007, Marcelin Humbert est, cette fois, arrêté
en possession de 35 tablettes de Subutex cachés dans un
morceau de tuyau.
Le 25 décembre 2007, c'est l'affaire, longuement évoquée
à l'Assemblée Nationale cette semaine, de l'accident
de voiture avec un boeuf à Arsenal. Il y a altercation
entre Marcelin Humbert et le propriétaire de l'animal.
La police est mandée sur les lieux et elle constate que
les occupants du véhicule, qui aurait été
volée, sont sous l'influence de l'alcool. Elle veut les
embarquer et c'est alors que Marcelin Humbert agresse le policier
Rajnath avec un cutter et qu'il prend la fuite avec les clés
du véhicule de la police.
Il est néanmoins emmené au poste de police de Terre
Rouge, d'où, selon le Occurrence Book, il téléphone
à celui qu'il appelle "boss", l'Attorney General.
Il est relâché sur parole après l'intervention
de l'ACP Vuddamalay et comparaît le lendemain au tribunal.
Il est, cette fois défendu par Me Devina Deonarain qui
n'est autre que l'ancienne assistante de l'avocat Rama Valayden
dont elle a repris l'étude et les affaires. Nouvelle caution.
Le 17 mars 2008 dernier, Marcelin Humbert est interpellé
avec deux complices présumés, Cliford et Clency
Éléonore pour l'agression mortelle de Jean Noel
Touche un habitant de la Cité Barkly. Lors de la reconstitution
des faits, le 20 mars, c'est une foule hostile de la localité
qui accueille les prévenus. Incarcéré, il
retrouve la liberté après une motion de son avocate
Devina Deonarain, qui, entretemps avait pris le relais de Me Samad
Goolamally et après avoir fourni une caution de Rs 50,000.
L'acte d'accusation est toutefois modifiée, il passe de
"murder" à "manslaughter".
Le projet de loterie nationale
Deloitte avait déclaré ses intérêts,
déclare Rama Sithanen
C'est en réponse à des questions très précises
de la député du MSM, Mireille Martin que le ministre
des Finances a indiqué, mardi dernier, que le cabinet
d'experts-comptables Deloitte avait déclaré ses
intérêts et fait part de son engagement avec le Gamma
Group avant de participer à l'exercice de sélection
de la firme Lototech (une association Gamma Group/ G-Tech) avec
qui des négociations seront engagées par la State
Investment Corporation en vue de l'attribution définitive
du projet de loterie nationale. Interrogé par la même
député sur le choix effectué par la SIC,
Rama Sithanen a soutenu que c'est la nature de l'offre de Lototech
qui a fait pencher la balance en sa faveur. Il a parlé
de "huge difference" entre l'offre de Lototech
et de son principal concurrent.
Le ministre a aussi balayé d'un revers de la main les rappels
de Mireille Martin sur les antécédents de G-Tech.
Il a affirmé que la SIC a été aux renseignements
et a pu établir que cette firme américaine n'a pas
été condamnée pour une quelconque malversation.
Quoi qu'il en soit, tout ce dossier de loterie nationale est maintenant
devant l'Independent Commission Against Corruption.
Confusion sur les documents
Le Speaker et James Burty David pris par surprise
S'il y a eu deux personnes qui ont été prises
par surprise, mardi dernier, à l'Assemblée nationale,
ce sont bien le Speaker Kailash Purryag, lui-même, et le
ministre des Administrations Régionales, James Burty David.
Le leader de l'opposition s'apprêtait à évoquer
des procès verbaux et n'avait pas complété
sa phrase lorsqu'il a été brusquement interrompu
par le président de la chambre qui, suivant les déclarations
faites par James Burty David, la veille, en sa qualité
de directeur de communication du PTr, lui a demandé si
ses documents sont "authentiques". "They are
signed by the Commissioner of Police himself", répond
Paul Bérenger, ce qui a complètement rabattu le
caquet à plus d'un sur les bancs de la majorité
mais pas seulement.
Cette Private Notice Question avec documents exclusifs
de la police à l'appui et qui évoquent l'intervention
de l'Attorney General s'est déroulée dans une atmosphère
pesante dans les travées du gouvernement où certaines
expressions étaient visiblement à l'inquiétude.
Mais le Speaker était quand même là pour veiller
au grain tandis que le Premier ministre, tout le temps calme,
a essayé tant bien que mal d'expliquer le fil des événements.
Il est ainsi intervenu après que Paul Bérenger a
suggéré que l'Attorney general aurait été
reçu à Paris par le dénommé Ved Bucktowar,
également interpellé dans une affaire de Subutex
lui disant que "the question might impute motives
".
La député Nita Deerpalsing a commencé à
lancer des remarques à haute voix ce qui lui a valu un
sévère rappel à l'ordre de Kailash Purryag
lui demandant de "keep quiet". Le leader de l'opposition
ajoutant "she can't, it's compulsive!".
Rajesh Bhagwan se mettra de la partie "ine donne Premier
ministre fausse réponse", lorsque le Premier ministre
viendra admettre que c'est l'Attorney General qui a corrigé
sa réponse initiale de la semaine d'avant pour dire que
ce n'est pas à 9 h mais à 12 h qu'il avait téléphoné
à la police alors que le policier Lablanche a maintenu
avoir reçu un appel à 9 h. Paul Bérenger
a parlé "d'intervention et de pression politique"
comme le confirment les documents qui sont en sa possession et
qu'il a déposés sur la table de l'Assemblée
nationale.
Comme il continuait dans ses révélations et que
le gouvernement paraissait singulièrement embarrassé,
les députés de l'opposition ont commencé
à donner de la voix, les uns lançant "mafia",
les autres "lev paké allé", à
l'adresse de l'Attorney General.
Le Speaker empêchera, par ailleurs, le leader de l'opposition
d'utiliser le mot "interfered" en référence
au compte rendu du procès verbal du Sergeants and Corporals
Committee du 13 février 2008 et signé du Commissaire
de police, Dhun Iswar Rampersad, et qui parle d'incidents au post
de police de Terre Rouge durant lesquels Marcellin Humbert qui
avait agressé le policier Rajnath a été remis
en liberté sur parole sur ordre de l'ACO Vuddamalay et
qu'il est aussi écrit plus loin que "prior to this
mess, around 03.00 hours, the Minister of Justice rang Line Barracks
on account of the accident at Terre Rouge".
Paul Bérenger à Navin Ramgoolam : "To
pa kapav fer enn démache maryé li?"
C'est après que Paul Bérenger a porté l'estocade
et qu'il a, une nouvelle fois, réclamé la révocation
de Rama Valayden qu'il y a eu de vifs échanges entre Rajesh
Bhagwan et Nita Deerpalsing qui n'a pas cessé de lancer
à l'adresse du député du MMM : "Eh
ta meter reader, ki to pé kozé", alors
que sur les bancs de l'opposition on criait "volère,
trafiquant, mafia!", et que le député du
MMM, visé, a répondu : "Oui mo ti enn meter
reader et mo pas honté!".
Ajay Gunness, après avoir demandé à Nita
Deerpalsing : "Ki to croire to trop gran actuaire toi?",
devait se mettre debout et demander l'arbitrage du Speaker sur
les remarques de la député. Pour toute réponse,
Kailash Purryag dira que, "there is no shame to be a meter
reader".
La député a continué avec ses invectices
et c'est là que le leader de l'opposition a eu cette malheureuse
phrase à l'intention du Premier ministre à qui il
a demandé : "To pa kapav fer enn démarche
maryé li". Navin Ramgoolam n'a fait qu'esquisser
une petit sourire. Pas de réaction, si ce n'est de la principale
intéressée, Nita Deerpalsing.
Mais l'opposition n'en avait pas fini avec l'Attorney General
puisque le député Eric Guimbeau va retirer une de
ses questions qui lui était adressée et qui était
ainsi libellée ainsi : "Whether, in regard to the
proposed Freedon of Information Bill, he will state if his Ministry
had held a brainstorming exercise on 31 July 2008 and if so, the
oitcome thereof?".
Plus tard, alors que Rama Valayden s'apprêtait à
intervenir sur le Justice and Truth Commission Bill, les
députés de l'opposition ont effectué un walk-out
tout en lançant : "Boss nou pas écouté,
li ti bizin ine lev paké allé", en référence
à l'appel effectué par Marcelin Humbert à
Rama Valayden le 25 décembre 2007, dans lequel il s'adresse
à "boss, moi Marcellin, ça!".
A noter aussi la vive altercation qui a opposé Xavier Duval
à Joe Lesjongard sur les travaux qui doivent être
entrepris dans le cadre des célébrations entourant
l'anniversaire du Père Laval.
Commission justice et vérité