p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 17 août 2008



  Scandales en séries vus par le MMM - M. Paul Bérenger:" J'entends des choses troublantes autour de l'enquête policière sur l'affaire Subutex..."
  Lutte contre la drogue - La connexion Sada Curpen à la douane révélée au PM
  Le PM confirme : - "Les appels téléphoniques de Valayden sous la loupe"
  Marcelin Humbert, un palmarès éloquent…
  Le projet de loterie nationale - Deloitte avait déclaré ses intérêts, déclare Rama Sithanen
  Confusion sur les documents - Le Speaker et James Burty David pris par surprise…
  Mardi prochain - Le Subutex et le départ de Bert Cunningham se disputent la vedette
  Transferts de fonds - Affaire Boskalis : la filière cinéma à ne pas négliger !
  Employment Relations Bill et Employment Rights Bill - Le ministre du Travail s'explique sur la nécessité de voter ces deux projets de loi en même temps
  Le départ de l'ex-directeur des douanes Bert Cunningham selon la MRA - Sudhamo Lal : "La décision du board de put a term at the contract a été unanime"
  Départ forcé de Cunningham dela MRA - Pravind Jugnauth accuse le ministre des Finances d'en être à l'origine
  Conférence de presse jeudi - Le PMSD au PM: "Remettez Cunningham à la tête de la douane"
  - Remarques à la députée Nita Deerpalsing — Paul Bérenger exprime ses regrets
  Ça va se savoir
  Pour ne pas donner ses empreintes digitales - L'ex président Karl Offman annule une visite aux Etats Unis


Scandales en séries vus par le MMM

M. Paul Bérenger:" J'entends des choses troublantes autour de l'enquête policière sur l'affaire Subutex..."

"Le gouvernement ne peut dire qu'il n'était pas au courant de ce qu'avait à dire l'ex-directeur des douanes, Bert Cunningham", affirme Paul Bérenger, leader de l'opposition et du MMM. M. Bérenger qui estime qu'après tout ce qui s'est passé, il ne sera guère facile de trouver une personne "de calibre international" pour succéder au consultant canadien annonce que sa PNQ, mardi prochain, sera accès sur toute l'affaire entourant ce départ à la douane. Le MMM indique, par ailleurs, son leader, "insistera" pour que l'amendement au Dangerous Drugs Act visant à réprimer l'importation et le trafic du Subutex soit voté intégralement avant les prochaines vacances parlementaires. revenat sur les scandales en séries, il affirme avoir entendu des choses troublantes sur l'affaire de Subutex.

M. Bérenger dit noter qu'en dépit du "ton ferme" adopté, mardi à l'Assemblée nationale par le Premier ministre lors de sa PNQ, ce dernier a quitté le pays "alors que Valayden est toujours ministre". En dépit de l'assurance tout aussi ferme donnée par le chef du gouvernement à l'effet que l'enquête de police dans l'affaire d'importation de Subutex allait se faire comme il se doit, le leader de l'opposition allègue être en possession de "renseignements très troublants", quant à la manière dont cette enquête se déroule.

Paul Bérenger affirme que l'ACP Vuddamalay, "un des meilleurs officiers de police", n'aurait pas fait libérer le dénommé Marcelin Humbert impliqué dans une affaire d'agression d'un policier avec effusion de sang "sans intervention et pressions politiques". Quant à l'amendement au Dangerous Drugs Act devant être présenté en première lecture, mardi prochain, il dit noter que le gouvernement a finalement choisi de faire ce qu'il a, récemment, suggéré à l'Assemblée nationale.

"J'avais dit qu'il n'était pas nécessaire d'enlever le Subutex de la deuxième cédule pout le porter dans la première et qu'il ne suffisait que d'amender la loi pour faire de l'importation et du trafic de ce produit une offense devant la loi comme c'est le cas pour des drogues tel le Brown Sugar". Pour M. Bérenger, plus d'un an a été perdu pour la préparation d'une loi "qui s'est faite en une semaine". Paul Bérenger constate toutefois que le projet d'amendement au Dangerous Drugs Act n'est prévu de ne passer, mardi, qu'en première lecture à l'Assemblée nationale.

Le leader du MMM souligne que pour ce qui concerne les nouvelles lois du Travail qui, selon lui, ne méritent pas un certificat d'urgence, il était question, mardi, de vote en première et en deuxième lectures. Il garde, néanmoins, l'espoir que l'amendement au Dangerous Drugs Act soit voté intégralement lors d'une nouvelle séance du parlement avant les vacances parlementaires. "On a déjà trop tardé et le MMM insiste pour que l'amendement soit voté avant les vacances parlementaires".

Dans l'affaire Cunningham, M. Bérenger dit "ne pas comprendre" l'attitude du Premier ministre. Il rappelle avoir évoqué son cas avec le Dr Navin Ramgoolam au moment où il avait appris que la MRA songeait à faire partir le directeur des douanes et que ce dernier lui avait dit qu'il en parlerait à son ministre des Finances. "Il n'en fut rien et vendredi de la semaine dernière, on l'a fait partir. Mais voilà qu'après le tollé soulevé dans la presse et dans le pays, Ramgoolam lui accorde un rendez-vous qu'il avait longtemps réclamé et se met à son écoute durant trois heures en compagnie de Sithanen."

Le leader de l'opposition réaffirme que, depuis longtemps, Bert Cunningham a "subi des pressions et est persécuté à travers l'ICAC". Il révèle que même la protection policière dont jouissait le consultant étranger lui avait été, à un certain moment, enlevée de même que les services d'un chauffeur. "Le gouvernement, déclare Paul Bérenger, ne peut dire qu'il n'était pas au courant de ce qu'il avait à dire". Le leader du MMM en veut pour preuve que M. Cuunningham a, "récemment", adressé une communication écrite à cet effet au Financial Secretary.

"Il avait listé en détail les grands scandales étouffés, les douaniers impunis et avait aussi exprimé son profond mécontentement au sujet du service de la MRA responsable des enquêtes". Pour M. Bérenger, après tout cet épisode, il ne sera guère facile de trouver une personne "de calibre international" pour remplacer le Canadien. M. Bérenger indique que sa prochaine PNQ, mardi prochain à l'Assemblée nationale concernera, sauf imprévu, toute l'affaire entourant le départ du directeur des douanes.

"Scandales en cascade": meeting, mercredi, à Bar Chacha

Autre "scandale" évoqué hier: l'affaire Boskalis avec les nouvelles informations publiées hier et qui, selon le leader de l'opposition, "donne une encore plus grande dimension à cette affaire". Pour lui, il convient que l'enquête y relative soit menée tant à Maurice qu'en Grande-Bretagne. M. Bérenger suggère que les autorités mauriciennes prennent contact de toute urgence avec le Serious Fraud Office britannique pour tirer cette affaire au clair. Paul Bérenger cinfirme la tenue d'un meeting, mercredi prochain, à Bar Chacha, à Stanley, Rose-Hill pour, dit-il, dénoncer les "scandales en cascade".

Dans un tout autre registre, le leader de l'opposition regrette l'absence d'un débat national autour de la zone de libre-échange de la Southern Africa Development Community (SADC), de l'évolution annoncée de ce bloc régional en un marché commun d'ici à 2012 et de l'ultime concrétisation d'une union monétaire avec une devise étrangère commune à l'ensemble des pays-membres d'ici à 2016.

Il regrette, tout aussi, l'absence de Maurice aux deux réunions ministériels préparatoires au sommet des chefs d'Etats qui ont eu lieu au courant de la semaine: à savoir, une réunion ministérielle sur l'intégration économique régionale présidée par le ministre sud-africain du Commerce et de l'Industrie et la réunion des ministres des Affaires étrangères. "Ce sont dans ces réunions que les choses sont finalisées alors que les chefs d'États ne font que les ratifier", explique Paul Bérenger.


Lutte contre la drogue

La connexion Sada Curpen à la douane révélée au PM

Trois semaines après la saisie de Subutex d'une valeur marchande de Rs 22 millions sur Cindy Legallant, une nouvelle piste d'enquête a été ouverte sur la connexion alléguée de Sada Curpen à la douane. Cette information de taille a été révélée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l'Assemblée nationale, mardi dernier. Il devait soutenir que cet élément lui avait été communiqué par le receveur de douanes en partance, Bert Cunningham, lors d'une rencontre en début de semaine. D'autre part, l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) se trouve déjà en présence d'un Judge's Order en vue de pouvoir amorcer une enquête sur les avoirs et les transactions financières de Sada Curpen, considéré comme le parrain présumé de la filière Subutex à Maurice.

Au vu des allégations par le truchement de fac-similé des ramifications de Sada Curpen au sein de la force policière en vue de faciliter le trafic de Subutex, les autorités se retrouvent depuis cette semaine en présence d'informations troublantes au sujet de la couverture, dont il bénéficie au sein de la douane. Ces détails ont été fournis au PM.

En effet, répondant à une interpellation parlementaire du leader de l'opposition, Paul Bérenger, au sujet du système à l'aéroport où des douaniers accompagnent des passagers spécifiques dans le "Green Passage" pour éviter de se faire fouiller, le chef du gouvernement a soutenu que Sada Curpen aurait pu bénéficier de ce système de complaisance douanière pour des trafics à l'aéroport.

"We have no evidence that Sada Curpen has benefitted from such services ? But I must say that when I met Mr Cunningham yesterday, he mentioned this to me and he also went further to say that there are films and cameras. This is why we will look into all this", devait faire comprendre Navin Ramgoolam lors du Prime Minister's Question Time, mardi dernier.

Des sources, qui suivent de très près cette affaire, souhaitent voir que les informations divulguées par l'ancien receveur des douanes ne subissent pas le même sort que les allégations dans un tract, dont des copies ont été transmises aux Casernes centrales. Très peu d'indications sont disponibles sur les conclusions de l'enquête annoncée concernant les contacts de Sada Curpen à des points stratégiques au sein de la police.

Auparavant, suite à une interpellation du député Rajesh Bhagwan, le Premier ministre avait révélé que de juillet 2005 à ce jour, Sada Curpen a effectué onze voyages en France. Pour chaque déplacement, il débarquait à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. "The Passport and Immigration Office has no records of other countries visited by Sada Curpen during his stay overseas", devait-il ajouter.

Navin Ramgoolam devait révéler que Sada Curpen a effectué quatre voyages à l'étranger sur un "Restricted Passport" depuis qu'il avait été interpellé avec une cargaison de Subutex d'une valeur marchande de Rs 3,5 millions. "Des inculpations provisoires de possession de drogue et de Money Laundering ont été logées contre Sada Curpen depuis le 18 juillet 2006. Mais il devait obtenir des Variation Orders par la Cour. Il a été autorisé à se rendre en France en quatre occasions. Il a voyagé sur un Restricted Passport et a dû fournir des cautions à cet effet. L'argument retenu pour justifier ces déplacements est que sa mère habite en France et qu'il a un enfant en France ou quelque chose de ce genre. The Court has decided that he should be allowed to travel, but every time he has to come back, I must say", devait-il ajouter.

Au cours de la semaine écoulée, la direction générale de l'ADSU, après consultations avec le State Law Office, a entamé des démarches pour solliciter un Judge's Order et initier un Audit Trail des avoirs et des transactions bancaires opérées par Sada Curpen. En fin de semaine, des sources autorisées à l'ADSU ont confirmé à Week-End que l'ordre du juge siégeant en référé a déjà été versé au dossier à charge.

Dans les jours à venir, une escouade constituée au sein de l'ADSU passera au crible les différentes opérations bancaires de Sada Curpen et autres acquisitions. Les conclusions de cette analyse de ces transactions devront être soumises à la Financial Intelligence Unit (FIU) pour des procédures prévues dans la loi contre le blanchiment de fonds.

Au cours de la semaine écoulée, l'ADSU a organisé une confrontation entre Bernard Joly, le Bouncer par qui est arrivé le scandale politique de la dernière saisie de Subutex, et Sada Curpen. "Mo konne Sada Curpen !" devait déclarer en substance Bernard Joly.

Pour sa part, Sada Curpen a soutenu que "mo conne Bernard Joly. Mais zamé, mo ine dire li alle pran livréson Subutex lor parking Jumbo". Selon son homme de loi, Me Raouf Gulbul, Sada Curpen a déjà été entendu par des limiers de l'ADSU dans cette affaire. Il se dit conscient que la prochaine étape de l'enquête de l'ADSU se concentrera sur le "Pattern'" des relevés téléphoniques de son client au cours de la période allant du dimanche 20 juillet au dimanche 3 août.

Du côté du QG de l'ADSU, l'on soutient que le volet des appels téléphoniques n'interviendra qu'à la fin des autres étapes de l'enquête. Dans l'immédiat, les responsables de cette investigation s'apprêtent à objecter aux motions de remise en liberté sous caution des trois principaux prévenus. Après une première motion en faveur de Cindy Legallant, qui n'a pas été débattue en cours de semaine devant le tribunal de Mahébourg, les hommes de loi de Bernard Joly seront au tribunal de Pamplemousses demain pour réclamer la remise en liberté conditionnelle de ce suspect. La motion de Me Gavin Glover en vue de la remise en liberté conditionnelle de Cindy Legallant devrait être débattue devant le tribunal de Mahébourg.

Me Gulbul a déjà donné avis de la "Bail Motion" en faveur de Sada Curpen. Elle pourrait être entendue devant le tribunal de Mahébourg au cours de la semaine prochaine.


Le PM confirme :

"Les appels téléphoniques de Valayden sous la loupe"

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a confirmé lors des échanges sur la Private Notice Question (PNQ) du leader de l'opposition, Paul Bérenger, mardi dernier, que tous les appels téléphoniques de l'Attorney General, Rama Valayden, le 25 décembre 2007 au matin et le mercredi 23 juillet 2008, seront passés à la loupe. Il a laissé entendre que suite à des échanges, l'Attorney General a accepté de remettre aux enquêteurs les informations recherchées tout en ajoutant que "I can get it, but I have to go to a Judge's Court and it will take time".

En ce qui concerne les événements du 23 juillet, la controverse autour de l'heure de l'appel téléphonique de l'Attorney General au QG de l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) se poursuit. Les deux officiers concernés, l'assistant commissaire de police Padiachy et l'assistant surintendant Lablanche contestent la version à l'effet que ce contact téléphonique avait été établi à la mi-journée. Navin Ramgoolam a fait comprendre à la Chambre que "When I said 9 a.m. at the beginning of my answer, it's ACP Padiachy who said that".

Le leader de l'opposition a déposé sur la table de l'Assemblée nationale des extraits du procès-verbal d'une "Police Federation Meeting - Sergeants and Corporals Committee" citant un autre élément d'une présumée intervention de l'Attorney General dans des enquêtes de police. Cet incident se serait déroulé aux petites heures du matin du 25 décembre 2006 avec un dénommé Marcelin Humbert, très proche du leader du MR impliqué. Le Premier ministre a accepté la proposition de Paul Bérenger pour que l'Occurrence Book du poste de police de Terre-Rouge soit placé sous scellés en vue d'éviter toute tentative de "Tampering".

Bérenger : Par rapport au fléau du Subutex, le Premier ministre peut-il obtenir des informations du commissaire de police à l'effet qu'un politicien avait téléphoné à l'ADSU lors de l'arrestation d'un dénommé Ved le 27 février 2006 alors qu'il avait été interpellé en possession de Subutex d'une valeur de Rs 2,5 millions à l'aéroport ; et au poste de police des Line Barracks le 25 décembre 2007 suite à un cas d'agression d'un sergent à l'aide d'un cutter par un récidiviste notoire et fiché présumé trafiquant de Subutex ?

Ramgoolam : Les informations communiquées par le commissaire de police sont les suivantes. Le lundi 25 février 2006, vers les 8h50, le sergent Somi affecté à l'aéroport devait informer le douanier de service d'un cas d'importation illégale de Subutex détecté au comptoir. Le passager était un dénommé Deoness Bucktowar venant de Paris et 2 408 tablettes de comprimés de Subutex furent saisies dans ses bagages.

Lors de son interrogatoire, le passager devait passer aux aveux en affirmant que "mo fine amène sa parcel Subutex pu Raouf Juggoo ki reste la France et li fine dire moi remette sa à ène nommé Nadeema et ou bien ène nommé Zaira." Il devait même révéler les numéros de téléphone de ses contacts.

Une perquisition à son domicile ne devait rien donner et lors de son procès en Cour intermédiaire, il fut condamné à une amende de Rs 100 000 et des "costs" de Rs 500. Les deux contacts locaux, Nadeem Ibrahimkhan et son épouse Fatemah Golampeer, furent interrogés par l'ADSU. Ils devaient nier toute connexion avec le dénommé Raouf Juggoo. Ils ont rejeté les accusations de trafic de Subutex et n'avaient pas été interpellés à cet effet.

Le commissaire de police soutient qu'il n'existe aucun rapport officiel faisant état d'appel téléphonique venant d'un politicien à l'ADSU comme allégué dans la question.

Par ailleurs, le 25 décembre 2007 vers les 2h25 sur la route principale à Arsenal, une voiture privée conduite par Sylvain Vivian Pottier devait heurter un bœuf appartenant à Dhiraj Gopaul. Alors que des policiers s'affairaient sur les lieux de l'accident, Marcelin Humbert, qui se trouvait à bord de la voiture, devait faire un appel téléphonique à l'Attorney General.

Par la suite, la tension est montée et Marcelin Humbert devait agresser le sergent de deux coups de poing. Le sergent avait été blessé et saignait abondamment. Marcelin Humbert s'est même permis de prendre en sa possession la clé du véhicule de la police. Marcelin Humbert fut interpellé le même jour et remis en liberté sous caution le 26 décembre.

Sylvain Pottier, le chauffeur de la voiture accidentée, a consigné une déposition aux Casernes centrales vers les 5h30. Néanmoins, avant cette étape, le sergent Nowbuth devait recevoir un appel téléphonique de l'Attorney General vers les 4h08 au sujet d'un accident de la route à Terre-Rouge. Il avait indiqué au policier que l'accident allait être rapporté aux Casernes centrales vu qu'il y avait du désordre dans la région du poste de police de Terre-Rouge.

Sylvain Pottier fut interpellé le même jour et remis en liberté conditionnelle le lendemain. Marcelin Humbert a été accusé d'agression sur un officier de police dans l'exercice de ses fonctions et de vol. Le propriétaire du bœuf est également traduit en justice.

"Preuves" d'appels téléphoniques

Bérenger : Le Premier ministre a-t-il demandé au nouveau commissaire de police si des vérifications ont été effectuées dans l'Occurrence Book de l'ADSU ?

Ramgoolam : Des entrées dans l'OB de l'ADSU ?

Bérenger : Des appels téléphoniques au QG de l'ADSU suite à l'interpellation de Buctowar à l'aéroport le 27 février. Le commissaire de police a-t-il procédé aux vérifications nécessaires à cet effet ?

Ramgoolam : Je ne sais pas s'il a vérifié les documents nécessaires. Il m'a dit qu'il n'y a aucune preuve d'appel téléphonique. Mais je suis certain que l'enquête est toujours en cours.

Bérenger : Je suis sûr que le Premier ministre nous tiendra informés de l'évolution de l'enquête. Je répète : il y a plusieurs entrées dans l'Occurrence Book. Le Premier ministre a-t-il pu vérifier le nombre de fois que Deoness Bucktowar, alias Ved, a voyagé entre la France et Maurice après sa condamnation en Cour ?

Ramgoolam : We are looking at this information. Ce matin même, j'ai soumis une requête pour des informations sur ces déplacements.

Bérenger : Je suis sûr que le Premier ministre est au courant du fait que le dénommé Ved fait partie du gang de Sada Curpen que ce soit à Maurice ou à Paris. Est-il au courant que l'Attorney General les côtoie et a bénéficié de soutien financier d'eux, notamment des posters géants…

Speaker : Le leader de l'opposition ne peut faire des insinuations à l'encontre de l'Attorney General…

Bérenger : Ce sont des faits. Puis-je demander au Premier ministre…

Il y a du brouhaha dans l'hémicycle et la backbencher de la majorité, Nita Deerpalsing, se fait rappeler à l'ordre.

Speaker : Can I ask Honourable Ms Deerpalsing to keep quiet ?Bérenger : Elle est incapable de rester tranquille. It's compulsive…

Speaker : Order ! Order !

Bérenger : Le Premier ministre est-il au courant que l'ambassade de Maurice à Paris a recours aux services de la firme de location de voitures appartenant ou gérée par ce même Ved ?

Ramgoolam : On m'a fait comprendre que tel était le cas avant l'arrivée du nouvel ambassadeur. Je me rappelle qu'ils m'avaient approché pour assurer mes déplacements à Paris. J'avais catégoriquement rejeté cette proposition. Je ne les connaissais pas. J'ai fait comprendre que je préférais continuer avec les arrangements déjà établis.

Bérenger : Le Premier ministre a-t-il initié une enquête pour situer les circonstances dans lesquelles un trafiquant de Subutex s'est retrouvé dans la position de pourvoyeur de voitures à la mission diplomatique à Paris en vue d'effectuer le transfert des ministres et des membres de l'Assemblée nationale ?

Ramgoolam : Je ne crois pas que quand ses services furent retenus, il y avait des allégations de trafic de Subutex. This started well before.

Bérenger : Il a été établi que le 23 juillet l'Attorney General avait téléphoné à l'ADSU. Quand le Premier ministre avait révélé la teneur de la réponse préparée par son personnel en collaboration avec la police, il avait soutenu que l'Attorney General avait téléphoné à 9 heures. Puis, après avoir reçu une missive de l'Attorney General, il s'est rétracté et avait mentionné midi. Une enquête a-t-elle été ouverte à ce sujet ?

Ramgoolam : J'ai enquêté en profondeur à ce sujet. I must say to the House that, when I said 9.00 at the beginning of my answer - it was in my official reply - it's ACP Padiachy who said that. L'ASP Lablanche avait soutenu qu'il avait reçu cet appel téléphonique et avait répondu qu'il n'était au courant de rien.

Puis, l'ACP Padiachy a retourné l'appel à l'Attorney General. Les officiers de police ont été entendus de nouveau puisque leur version est contestée par l'Attorney General. Le leader de l'opposition a raison quand il soutient que l'Attorney General m'avait fait transmettre un morceau de papier avec mention de midi au lieu de 9h. Il maintient que c'est midi. They have been questioned again and again and have maintained it was 9.00.

" I did not note the exact time, but definitely not 12 hours or 12h15"

Dans l'une de ses dernières dépositions, l'ASP Lablanche a réitéré que "further to my statement given, wherein I mentioned that Hon. Minister Rama Valayden phoned around 9 o'clock, I did not note the exact time, but definitely not 12 hours or 12 hours 15. L'ACP Padiachy devait ajouter qu'il n'avait pas noté l'heure à laquelle l'ASP Lablanche est venu l'entretenir de cet appel téléphonique de l'Attorney General. The time mentioned in my statement may, therefore, not be precise. However, it was definitely not at 12 hours or 12 hours 15…

Une nouvelle vague de brouhaha envahit l'hémicycle poussant le président de la séance à intervenir pour rétablir le calme.

Speaker : Order ! Order !

Ramgoolam : Je dois dire en toute équité que j'ai enquêté dans cette affaire. J'ai demandé à l'Attorney General s'il serait disposé à donner l'autorisation à Mauritius Telecom - I can get it, but I have to go to a Judge's Court and it will take time. (La réponse du Premier ministre est interrompue par des remarques venant des parlementaires). Je l'ai déjà fait et entre-temps, pour accélérer les procédures, je lui ai demandé s'il était disposé à autoriser MT de communiquer le relevé de ses appels téléphoniques au lieu d'engager les procédures formelles, qui prendront du temps. Il a donné son accord. Nous avons étudié les relevés à partir de l'Itemised Bill de MT. L'Attorney General a téléphoné pour 13 secondes le 23 juillet à 12h22. L'ACP Padiachy a retourné l'appel pour un échange de 64 secondes à 12h43…

Nouvelle intervention du président de l'Assemblée nationale pour maintenir le décorum et éviter tout dérapage.

Ramgoolam : We are still looking at all the records of the telephone calls. Mais selon des données de MT, il est clair que l'appel a été effectué à 12h22 et le second à 12h43.

Bérenger : Bien sûr, nous parlons de l'appel à l'ACP Padiachy. Je suis sûr que le Premier ministre est conscient que cela fait toute la différence. L'ASP Lablanche et l'ACP Padiachy maintiennent que l'appel a été fait à 9h, voulant dire que l'Attorney General a téléphoné à peine quelques minutes après l'arrestation du Bouncer Bernard Joly.

Speaker : Le Premier ministre a déclaré qu'il tente d'obtenir confirmation de l'heure à laquelle le premier appel a été effectué. We have to wait for that information.

Bérenger : Nous n'allons pas attendre. Tout est on record. Le policier Lablanche maintient : 9 heures. Le Premier ministre ne trouve-t-il pas choquant que quand le Bouncer est interpellé à 9 heures, il incrimine directement Sada Curpen. Cette information cruciale est consignée. Puis, le Bouncer se découvre des qualités de conseil légal et découvre qu'il dispose d'un droit au silence. A partir de là, il met fin à sa coopération avec la police.Il est clair pour n'importe qui concernant ce qui s'est passé !

Ramgoolam : Je veux apporter des éclaircissements sur deux points. Très souvent, des suspects font des dénonciations. Puis après des conseils d'ordre légal, ils disent qu'ils ne vont pas…

Speaker : Order ! Order !

"Je suis encore plus choqué que l'Attorney General soit toujours en poste"

Ramgoolam : L'autre point concerne la chronologie des événements. The sequence of events is not actually as we have been told. Le vol d'Air France AF 966 a atterri à 5h10. Les passagers débarquent à 5h20. Cindy Legallant se présente au desk de l'Immigration à 5h25. Elle passe l'Immigration, prend possession de ses bagages, et s'engage dans la filière "Rien à déclarer".

A 5h40, elle quitte le terminal à l'arrivée. A 5h50, elle arrive au Car Park et rencontre le chauffeur de sa voiture. C'est à ce moment, soit 5h50, que des membres de l'ADSU et de la Customs Drugs Unit interpellent les deux. Cindy Legallant passe aux aveux au sujet de la présence de cette importante cargaison de Subutex dans ses bagages. Elle incrimine Sada Curpen et met hors de cause le chauffeur.

A 6h05, Cindy Legallant et le chauffeur sont dirigés vers le bureau de l'ADSU de l'aéroport. A 6h10, perquisition des bagages de Cindy Legallant. Deux colis contenant du Subutex sont découverts. Elle est interrogée et confirme ses aveux.

A 6h20, l'ADSU prend la décision de monter une opération de Control Delivery avec le consentement de Cindy Legallant. A 6h25, elle quitte l'enceinte de l'aéroport dans la voiture conduite par un policier. Chemin faisant, elle fait un appel et Sada Curpen donne des instructions pour la livraison sur le parking de Jumbo à Riche-Terre. Je vais couper court aux détails.

A 7h15, Cindy Legallant se trouve dans la voiture pour les besoins de l'opération de Control Delivery. A 7h25, Bernard Joly fait son entrée en scène dans un van et se gare à côté de la voiture. Il descend de son véhicule, s'approche de la voiture de Cindy Legallant et échange quelques mots. Il prend possession des colis. Il est interpellé par des membres de l'ADSU. That happened at 7 hours 25. So, that changes a bit in the…

Speaker : No comment from a sitting position.

Bérenger : C'est parfaitement limpide. Je suis encore plus choqué que l'Attorney General soit toujours en poste. La police a-t-elle complété l'enquête au sujet des allégations des ramifications du gang de Sada Curpen à Maurice et des liens éventuels avec la cargaison de Subutex d'une valeur de Rs 40 millions saisie sur un steward d'Air France ?

Ramgoolam : Non seulement que je suis au courant mais nous avons également communiqué aux autorités françaises tous les noms de ceux impliqués pour des actions nécessaires en France ?

Bérenger : Je vais déposer sur la table de l'Assemblée nationale des copies du procès-verbal d'une réunion de la fédération de la police, soit celle du Sergeants and Corporals Committee.

Speaker : Le leader de l'opposition devra garantir l'authenticité de ce document…

Bérenger : Je n'ai aucune difficulté. Le document porte la signature du commissaire de police…

Speaker : C'est ce que prévoit le règlement selon les Standing Orders.

Bérenger : Peut-être que le Premier ministre pourrait disposer d'une copie. Cela devrait l'aider. Au sein de cette instance, les officiers de police font état de leurs doléances sur ce qui ne marche pas par rapport aux procédures établies. Cette affaire concerne un incident en date du 25 décembre. A la page 3, on peut lire "PS Rajnath attended. The car driver assaulted Police Sergeant with a cutter, stole the ignition key and bolted away. Marcelin Humbert was identified as driver and assailant of PS Rajnath."

Plus loin, dans le procès-verbal signé du commissaire de police, on peut lire "Came Mr Vuddamalay ACP, no doubt a seasoned officer and ordered a release on parole of Louis Marcelin Humbert". J'ai entendu le Premier ministre dire que le prévenu avait été interpellé et libéré sous caution le lendemain. Wrong according to official papers. Je vais citer des extraits de l'OB du poste de police de Terre-Rouge. Il avait ordonné la remise en liberté sur parole de Marcelin Humbert. Je connais l'officier Vuddamalay. Un parmi nos meilleurs officiers. Il n'aurait jamais décidé de la liberté sur parole s'il n'y avait pas de pressions politiques. Est-il au courant de ce fait ?

Ramgoolam : Certes, les contradictions dans les deux versions sont évidentes. J'ai lu à la Chambre les informations qui m'ont été communiquées par le commissaire de police. Si l'ACP Vuddamalay est un bon officier de police, pourquoi s'est-il laissé influencer par ce genre de pressions ?

Bérenger : Des pressions politiques. C'est évident ? Savez-vous ce qu'il y a sur l'autre page. "Prior to this mess, the mess of freeing people who have assaulted a sergeant and so on, the Minister of Justice rang Line Barracks Police on account of the incident at Terre-Rouge…

Le Speaker intervient pour rappeler à l'ordre le député Rajesh Bhagwan pour ses commentaires.

"Mais d'une manière générale, en tant que politiciens, nous avons souvent vu des cas où des personnes utilisent le nom des autres. Nous devrons établir les faits."

Ramgoolam : Je n'étais pas en présence de ce document. Je n'avais que les informations communiquées par le commissaire de police. Je vais initier une enquête pour confirmer s'il y a eu un appel et ce qui s'est passé.

Bérenger : Nous constatons à la dernière page du document que des copies sont transmises au secrétaire aux Affaires intérieures pour l'information du Premier ministre. Venons à l'Occurrence Book du poste de Terre-Rouge. Le 25 décembre à 4h15 matin, des incidents sont rapportés à Arsenal. Des policiers sont dépêchés sur les lieux et ils se font agresser par six individus. Un d'eux prend son téléphone et appelle qui ? L'Attorney General. Tout cela est consigné dans l'OB. "Boss, moi çà, Marcelin Humbert, çà. Nu fi gagne ène ti problème Boss". Il poursuit (l'interpellation du leader de l'opposition est interrompue par des remarques.) Un sergent est agressé. Il saigne. Humbert vole la clé d'un véhicule de la police. Tout le groupe prend la fuite. Il ne faut pas oublier qu'entre-temps, l'Attorney General appelle les Casernes centrales. Le groupe débarque aux Casernes centrales pour rapporter l'accident de la route. Ils sont retournés vers Terre-Rouge où ils sont identifiés par les policiers comme étant les agresseurs et l'ACP intervient pour la remise en liberté sur parole.

Ramgoolam : Avec tout ce que vient de déclarer le leader de l'opposition, nous devrons confirmer si l'Attorney General leur a parlé. Je ne défends personne. Mais d'une manière générale, en tant que politiciens, nous avons souvent vu des cas où des personnes utilisent le nom des autres. Nous devrons établir les faits. Now the Attorney General has agreed that all his phone calls can be looked at and all numbers can be checked. So, we are in the process of doing this.

Bérenger : Le Premier ministre doit s'assurer que tous les numéros de téléphone à la disposition de l'Attorney General soient vérifiés. L'Occurrence Book du poste de police de Terre-Rouge doit être placé sous séquestre (Impounded) tout de suite !

Ramgoolam : Je verrai que tel soit le cas. Il ne faut pas oublier que des officiers de police ont des téléphones officiels. Nous avons une liste de ces numéros. If by any chance, they have other phones, we will try to see what the connections are.

Bérenger : Le Premier ministre a dû lire ce qui a été publié dans la presse. Hier, l'honorable James Burty David a montré un document…

Speaker : Vous ne pouvez demander au Premier ministre de commenter un article de presse ?

Bérenger : Je ne fais pas allusion à la presse. Je dis que l'honorable David a montré un document à la presse.

Speaker : But it's a press report.

Bérenger : No. Je l'ai vu à la télévision. Il l'a fait…

Le Speaker tente d'intervenir compte tenu des protestations des deux côtés de la Chambre. Finalement, le leader de l'opposition peut reprendre la fin de son interpellation supplémentaire.

Bérenger : C'est un document remis au Premier ministre avec des informations sur Sada Curpen et les gangs qui opèrent à Paris. Le Premier ministre a-t-il pris connaissance de ce document ? A-t-il demandé au ministre David de lui remettre une copie de ce document ?

Ramgoolam : Je dois procéder à des vérifications auprès de mes services. No such document was ever given to either me or anybody in the PMO. En fait, je l'ai appelé ce matin…

Le Speaker arrive difficilement à contenir l'ardeur des parlementaires et la suite de la réponse est inaudible de la galerie de la presse.

Bérenger : Quelques jours de cela, l'Attorney General s'était permis de s'ingérer dans un cas très récent. Après ce que nous avons entendu aujourd'hui…

Speaker : Je demanderai au leader de l'opposition de reformuler sa question en évitant d'utiliser le terme ingérer.

Bérenger : Au vu de tout ce "mess" dont nous avons été témoins et les détails les plus troublants, dont nous avons pris connaissance aujourd'hui, le Premier ministre est-il d'accord que pour préserver la réputation de Maurice, l'Attorney General doit être limogé ?

Le Premier ministre peut difficilement amorcer sa réponse devant le brouhaha au sein de l'hémicycle et les tentatives quasi désespérées du président de l'Assemblée nationale de rétablir l'ordre.

Ramgoolam : Les membres de l'Assemblée savent que j'ai déjà pris des mesures vigoureuses à l'encontre de n'importe qui, y compris des ministres. Je suis déterminé à poursuivre dans cette voie car nous sommes dans un Etat de Droit. Je donne la garantie qu'aussi longtemps que j'occuperai le poste de Premier ministre, personne ne pourra se considérer au-dessus de la loi, que toute enquête sera menée de manière approfondie au niveau du commissaire de police. Je lui ai demandé et je demande à tous ceux qui détiennent des preuves de coopérer pour faire progresser l'enquête. Je ne peux me substituer au commissaire de police ou encore à la Cour, à l'ICAC. What I can say is that I am asking the authorities to inquire and if there is any kind of evidence, I will act upon it.


Marcelin Humbert, un palmarès éloquent…

Avant 2005, Marcelin Humbert avait déjà été interpellé plus d'une dizaine de fois pour divers délits, violence, crime d'incendie avant et après 92, en 95 et en 98. Mais son comportement est devenu de plus en plus audacieux depuis 2005.

Quelques semaines après les élections, en septembre 2005 celui qui avait été vu dans l'entourage de Rama Valayden, fait parler de lui. Il est accusé de viol et de sodomie sur une mineure de 14 ans. Il est traduit devant le tribunal de Rose Hill, obtient sa liberté après avoir fourni une caution de seulement Rs 3,000 et une reconnaissance de Rs 20,000. Il allègue avoir été victime d'un coup monté et on n'entendra plus parler de cette affaire.

En octobre 2006, Marcelin Humbert, l'activiste du MR est arrêté par le MCIT alors dirigé par Prem Raddhoa en même temps que José Bhoyroo et ses fils Yannick et Diop mais aussi Kevin Caroopen et Javed Ruhomatally-également impliqué dans le vol à la MCB durant lequel Gérald Lagesse avait été assassiné -après la découverte d'armes et une affaire de séquestration de Johnny Christophe Antoinette à La Chaumière. La police avait aussi pensé à l'époque que les suspects avaient des informations sur la disparition du petit Ackmez Aumeer. Il est relâché sous caution.

Le 11 mai 2007, Marcelin Humbert est, cette fois, arrêté en possession de 35 tablettes de Subutex cachés dans un morceau de tuyau.

Le 25 décembre 2007, c'est l'affaire, longuement évoquée à l'Assemblée Nationale cette semaine, de l'accident de voiture avec un boeuf à Arsenal. Il y a altercation entre Marcelin Humbert et le propriétaire de l'animal. La police est mandée sur les lieux et elle constate que les occupants du véhicule, qui aurait été volée, sont sous l'influence de l'alcool. Elle veut les embarquer et c'est alors que Marcelin Humbert agresse le policier Rajnath avec un cutter et qu'il prend la fuite avec les clés du véhicule de la police.

Il est néanmoins emmené au poste de police de Terre Rouge, d'où, selon le Occurrence Book, il téléphone à celui qu'il appelle "boss", l'Attorney General. Il est relâché sur parole après l'intervention de l'ACP Vuddamalay et comparaît le lendemain au tribunal. Il est, cette fois défendu par Me Devina Deonarain qui n'est autre que l'ancienne assistante de l'avocat Rama Valayden dont elle a repris l'étude et les affaires. Nouvelle caution.

Le 17 mars 2008 dernier, Marcelin Humbert est interpellé avec deux complices présumés, Cliford et Clency Éléonore pour l'agression mortelle de Jean Noel Touche un habitant de la Cité Barkly. Lors de la reconstitution des faits, le 20 mars, c'est une foule hostile de la localité qui accueille les prévenus. Incarcéré, il retrouve la liberté après une motion de son avocate Devina Deonarain, qui, entretemps avait pris le relais de Me Samad Goolamally et après avoir fourni une caution de Rs 50,000. L'acte d'accusation est toutefois modifiée, il passe de "murder" à "manslaughter".


Le projet de loterie nationale

Deloitte avait déclaré ses intérêts, déclare Rama Sithanen

C'est en réponse à des questions très précises de la député du MSM, Mireille Martin que le ministre des Finances a indiqué, mardi dernier, que le cabinet d'experts-comptables Deloitte avait déclaré ses intérêts et fait part de son engagement avec le Gamma Group avant de participer à l'exercice de sélection de la firme Lototech (une association Gamma Group/ G-Tech) avec qui des négociations seront engagées par la State Investment Corporation en vue de l'attribution définitive du projet de loterie nationale. Interrogé par la même député sur le choix effectué par la SIC, Rama Sithanen a soutenu que c'est la nature de l'offre de Lototech qui a fait pencher la balance en sa faveur. Il a parlé de "huge difference" entre l'offre de Lototech et de son principal concurrent.

Le ministre a aussi balayé d'un revers de la main les rappels de Mireille Martin sur les antécédents de G-Tech. Il a affirmé que la SIC a été aux renseignements et a pu établir que cette firme américaine n'a pas été condamnée pour une quelconque malversation.

Quoi qu'il en soit, tout ce dossier de loterie nationale est maintenant devant l'Independent Commission Against Corruption.


Confusion sur les documents

Le Speaker et James Burty David pris par surprise…

S'il y a eu deux personnes qui ont été prises par surprise, mardi dernier, à l'Assemblée nationale, ce sont bien le Speaker Kailash Purryag, lui-même, et le ministre des Administrations Régionales, James Burty David. Le leader de l'opposition s'apprêtait à évoquer des procès verbaux et n'avait pas complété sa phrase lorsqu'il a été brusquement interrompu par le président de la chambre qui, suivant les déclarations faites par James Burty David, la veille, en sa qualité de directeur de communication du PTr, lui a demandé si ses documents sont "authentiques". "They are signed by the Commissioner of Police himself", répond Paul Bérenger, ce qui a complètement rabattu le caquet à plus d'un sur les bancs de la majorité mais pas seulement.

Cette Private Notice Question avec documents exclusifs de la police à l'appui et qui évoquent l'intervention de l'Attorney General s'est déroulée dans une atmosphère pesante dans les travées du gouvernement où certaines expressions étaient visiblement à l'inquiétude. Mais le Speaker était quand même là pour veiller au grain tandis que le Premier ministre, tout le temps calme, a essayé tant bien que mal d'expliquer le fil des événements.

Il est ainsi intervenu après que Paul Bérenger a suggéré que l'Attorney general aurait été reçu à Paris par le dénommé Ved Bucktowar, également interpellé dans une affaire de Subutex lui disant que "the question might impute motives…". La député Nita Deerpalsing a commencé à lancer des remarques à haute voix ce qui lui a valu un sévère rappel à l'ordre de Kailash Purryag lui demandant de "keep quiet". Le leader de l'opposition ajoutant "she can't, it's compulsive!".

Rajesh Bhagwan se mettra de la partie "ine donne Premier ministre fausse réponse", lorsque le Premier ministre viendra admettre que c'est l'Attorney General qui a corrigé sa réponse initiale de la semaine d'avant pour dire que ce n'est pas à 9 h mais à 12 h qu'il avait téléphoné à la police alors que le policier Lablanche a maintenu avoir reçu un appel à 9 h. Paul Bérenger a parlé "d'intervention et de pression politique" comme le confirment les documents qui sont en sa possession et qu'il a déposés sur la table de l'Assemblée nationale.

Comme il continuait dans ses révélations et que le gouvernement paraissait singulièrement embarrassé, les députés de l'opposition ont commencé à donner de la voix, les uns lançant "mafia", les autres "lev paké allé", à l'adresse de l'Attorney General.

Le Speaker empêchera, par ailleurs, le leader de l'opposition d'utiliser le mot "interfered" en référence au compte rendu du procès verbal du Sergeants and Corporals Committee du 13 février 2008 et signé du Commissaire de police, Dhun Iswar Rampersad, et qui parle d'incidents au post de police de Terre Rouge durant lesquels Marcellin Humbert qui avait agressé le policier Rajnath a été remis en liberté sur parole sur ordre de l'ACO Vuddamalay et qu'il est aussi écrit plus loin que "prior to this mess, around 03.00 hours, the Minister of Justice rang Line Barracks on account of the accident at Terre Rouge".

Paul Bérenger à Navin Ramgoolam : "To pa kapav fer enn démache maryé li?"

C'est après que Paul Bérenger a porté l'estocade et qu'il a, une nouvelle fois, réclamé la révocation de Rama Valayden qu'il y a eu de vifs échanges entre Rajesh Bhagwan et Nita Deerpalsing qui n'a pas cessé de lancer à l'adresse du député du MMM : "Eh ta meter reader, ki to pé kozé", alors que sur les bancs de l'opposition on criait "volère, trafiquant, mafia!", et que le député du MMM, visé, a répondu : "Oui mo ti enn meter reader et mo pas honté!".

Ajay Gunness, après avoir demandé à Nita Deerpalsing : "Ki to croire to trop gran actuaire toi?", devait se mettre debout et demander l'arbitrage du Speaker sur les remarques de la député. Pour toute réponse, Kailash Purryag dira que, "there is no shame to be a meter reader".

La député a continué avec ses invectices et c'est là que le leader de l'opposition a eu cette malheureuse phrase à l'intention du Premier ministre à qui il a demandé : "To pa kapav fer enn démarche maryé li". Navin Ramgoolam n'a fait qu'esquisser une petit sourire. Pas de réaction, si ce n'est de la principale intéressée, Nita Deerpalsing.

Mais l'opposition n'en avait pas fini avec l'Attorney General puisque le député Eric Guimbeau va retirer une de ses questions qui lui était adressée et qui était ainsi libellée ainsi : "Whether, in regard to the proposed Freedon of Information Bill, he will state if his Ministry had held a brainstorming exercise on 31 July 2008 and if so, the oitcome thereof?".

Plus tard, alors que Rama Valayden s'apprêtait à intervenir sur le Justice and Truth Commission Bill, les députés de l'opposition ont effectué un walk-out tout en lançant : "Boss nou pas écouté, li ti bizin ine lev paké allé", en référence à l'appel effectué par Marcelin Humbert à Rama Valayden le 25 décembre 2007, dans lequel il s'adresse à "boss, moi Marcellin, ça!".

A noter aussi la vive altercation qui a opposé Xavier Duval à Joe Lesjongard sur les travaux qui doivent être entrepris dans le cadre des célébrations entourant l'anniversaire du Père Laval.


Commission justice et vérité

Le flou sur la compensation est intentionnel, dit le Premier ministre

Adoption, en soirée, mardi, du Truth and Justice Commission Act après le résumé des débats par le Premier ministre, Navin Ramgoolam qui a indiqué pour répondre à l'opposition qui avait critiqué le fait que les mots "réparation" et "compensation" sont totalement absents du texte alors même qu'il figuraient dans le manifeste de l'Alliance sociale et le Discours-Programme que le flou sur la compensation est intentionnel puisque le gouvernement veut que la commission travaille en toute indépendance et qu'elle fasse les recommandations qu'elle juge nécessaires.

Le Dr Navin Ramgoolam a aussi mis l'accent, dans son allocution, sur ce qui est déjà entrepris par le gouvernement pour venir en aide à ceux qui sont victimes des séquelles de l'esclavage. Il a cité le Fishermen Investment Trust et les Rs 100 millions mises dans la relance de l'élevage porcin décimé par l'épidémie de peste africaine. Il a conclu en parlant d'un texte qui est à la fois historique et une première et en rappelant que le pays a un unique avantage d'avoir et l'Aapravasi Ghat et La Montagne du Morne inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Les amendements proposés par Joe lesjongard et qui visait à introduire les notions de réparation et de compensation dans ce texte ont été rejetés par la majorité. Après un décompte des voix demandé par le député du MSM, le vote a donné le résultat suivant : 34 contre et 18 pour.

Avaient aussi participé aux débats, le ministre du Logement, Asraf Dulull, la député Mireille Martin, le Deputy Speaker, Jean-François Chaumière, qui faisait sa première intervention depuis les dernières élections générales, Sunil Dowarkasing, qui n'a pas manqué de rappeler que les propriétaires d'esclaves ne sont pas toujours ceux que l'on croit puisqu'ils avaient aussi pour noms Ramma ou Sinatatambou ; Rama Valayden et Alan Ganoo qui a évoqué le compromis politique qui est à la base de cette commission et à laquelle il manque l'essentiel pour ce qui est de la réparation et de la compensation.

A aussi été voté un autre porjet de loi, The Road Traffic Amendment Act présenté par le vice-Premier ministre, le Dr Rashid Beebeejaun qui interdit désormais le port du casque intégral lorsque l'on ne roule pas sa moto.

Une seule intervention, celle de Paul Bérenger pour dire qu'il est heureux que sa suggestion pour un registre des détenteurs de casque ait été étudiée même si elle n'a pas été retenue et qu'il n'est pas convaincu que l'initiative du gouvernement constitue la solution idéale au problème de l'utilisation de ce casque à des fins criminelles.


Mardi prochain

Le Subutex et le départ de Bert Cunningham se disputent la vedette

Un scandale chasse l'autre. Après les révélations sur le trafic de Subutex qui ont mis le gouvernement et l'Attorney General dans l'embarras, l'affaire Boskalis dans laquelle le président de la Mauritius Ports Authority serait impliqué, c'est le départ mouvementé de Bert Cunningham de la direction des douanes qui intéresse au plus haut point les élus de l'opposition.

Pour ouvrir le bal sur la drogue, Nando Bodha avec une question pour le Premier ministre sur le volume saisi durant l'année 2007, les différents types de stupéfiants et s'ils ont été détruits et une autre sur les suspects qui ont bénéficié d'une caution depuis juillet 2005 et qui ont été autorisés à quitter le pays et qui ont été impliqués dans de nouveaux délits.

Son collègue Mahen Jhugroo veut lui précisément savoir le nombre de déplacements entrepris par des suspects relâchés sous caution depuis juillet 2005 de même que les pays visités. Rajesh Bhagwan reprend une question qu'avait retirée Nando Bodha et il demande si Cindy Legallant a bénéficié de certaines facilités à l'aéroport depuis juillet 2005. Il veut savoir qui en a fait la demande et à quelles dates.

C'est Eric Guimbeau qui donne le coup d'envoi des questions sur Bert Cunningham avec deux questions pour le Dr Navin Ramgoolam. Il veut, d'abord, savoir si Bert Cunningham a été forcé de partir parce qu'il a porté à l'attention de la MRA et du ministère des Finances de nombreux cas de fraude et de corruption dont celui d'un douanier en poste à Rodrigues, de la sous-facturation de whisky qui n'a pas eu de suite et sur la contrebande de cigarettes et réclame, ensuite, une commission d'enquête sur les irrégularités à la Douane.

Les autres questions pour le Premier ministre sont le nombre d'étrangers qu ont acheté des propriétés à Maurice, les cas de vol impliquant les touristes, la création d'une Race Relations Commission, la MBC et l'accident dans lequel Pamela Patten a été impliquée, la drogue au No 4, les vols dans les temples hindous et les agressions dans la région de Roche-Bois.

Mahen Jhugroo interrogera le ministre des Finances sur les postes qu'a occupés Bert Cunningham à l'étranger et les raisons pour lesquelles il a été prié de partir. Dans le même registre, une question aussi d'Ajay Gunness qui veut obtenir les raisons du départ du contrôleur des douanes.

L'opposition ne lâche pas le président de la MPA Siddick Chady puisque Rajesh Bhagwan demandera à Xavier Duval de donner la liste des déplacements qu'il a effectués, les pays visités et les dépenses encourues à cet effet. Le même député s'intéresse à la privatisation des casinos et la vente du Domaine les Pailles.

A noter aussi qu'il y aura pas moins de trois questions des deux côtés de la chambre sur le prolongement des heures de travail pour les enseignants, des interpellations aussi sur la Banque de Maurice, sur les IRS et la méthadone.

Si les deux textes controversés que sont le Employment Relations Bill et le Employement Rights Bill seront débattus, il est aussi prévu que ce sera le ministre de la Santé et non le Premier ministre qui proposera, en première lecture, des amendements au Dangerous Drugs Act, lesquels prévoient 15 ans de prison pour trafic de Subutex et autres psychotropes de catégorie 2.


Transferts de fonds

Affaire Boskalis : la filière cinéma à ne pas négliger !

Une semaine après la première convocation de Siddick Chady pour audition au QG de l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) dans le scandale des transferts de fonds de la firme étrangère Boskalis International, la filière cinématographique semble remonter à la surface. Mais à ce jour, aucune confirmation officielle de cet élément n'était disponible du côté de l'ICAC. Néanmoins, un des proches de Siddick Chady, président du Board de la Mauritius Ports Authority (MPA), et engagé dans le circuit de distribution de films à Maurice intéresse l'ICAC. Il a été convoqué en vue d'être entendu sur des zones d'ombre dans ce dossier de transferts.

A ce stade de l'enquête et en attendant d'être en présence d'éléments d'informations recherchés auprès de Boskalis International, l'ICAC tente d'établir des liens entre une compagnie étrangère, qui a décroché un contrat pour le dragage du port et des entités mauriciennes, spécialisées dans l'importation de Blockbusters à des fins d'exploitation dans des salles de cinéma. Outre le transfert allégué d'un montant de 25 000 dollars, le mois de novembre 2006 a permis de constater une opération bancaire d'un montant de 60 000 dollars de Boskalis vers un compte dans une banque en Grande-Bretagne.

Les spécialistes en affaires bancaires soutiennent qu'avec l'IBAN Number sur les fac-similés, l'ICAC détient la clé pour l'identification du bénéficiaire de ces transferts. "L'IBAN Number est communiqué par la banque au client d'un compte pour les besoins de transferts de fonds. L'IBAN Number avec au moins 14 chiffres est spécifique à chaque client opérant un compte particulier. Pour chaque versement, la banque a besoin de l'IBAN Number du bénéficiaire et du Swift Code", confirme-t-on dans les milieux bancaires.

La tâche de l'ICAC devrait être facilitée une fois l'identité du détenteur du compte avec l'IBAN Number indiqué, établie. "Personne d'autre ne peut avoir accès à cet IBAN Number à moins d'être communiqué par le client en question", devait-on également souligner en attendant des développements à ce niveau dans l'affaire Boskalis.

Par ailleurs, répondant à des interpellations parlementaires, mardi, le vice-Premier ministre et responsable du portefeuille du Port, Xavier-Luc Duval, a soutenu que "la question de démission de la présidence de la MPA relève purement et simplement de Siddick Chady. This is a matter for Siddick Chady. If and when something comes out, we will act".

Auparavant, suite à une interpellation supplémentaire du député du MMM, Ajay Gunness, le vice-Premier ministre devait réitérer sa confiance en l'ICAC. "I assume that the Chairman of the MPA has been asked to give all the facts to ICAC. We should not have two people to investigate. I have not followed any crash course to investigate. I think we have to trust ICAC and, as I said, on our part we have done everything, we have studied all the documents. We have even written to Boskalis and they replied back. All this has been given to ICAC."

Xavier-Luc Duval devait également donner l'assurance à la Chambre qu'il n'y a pas eu de possibilité de "Tampering" avec les dossiers quand l'affaire des transferts de fonds allégués a éclaté. "Right in the morning on the first working - this thing came to light on a Saturday - that is a Monday, we had all the files taken to the ministry and they were kept with the Permanent Secretary. And then I think three days later, ICAC took them over", devait-il faire comprendre à une interpellation supplémentaire du député Showkutally Soodhun.Transferts de fonds


Employment Relations Bill et Employment Rights Bill

Le ministre du Travail s'explique sur la nécessité de voter ces deux projets de loi en même temps

L'un ne va pas sans l'autre. Les deux projets de lois sont complémentaires et dans l'intérêt des travailleurs. C'est ce que fait ressortir le ministre du Travail, Vasant Bunwaree, pour expliquer son insistance à ce que l'Employment Relations Bill et l'Employment Rights Bill, qui seront présentés en deuxième lecture à l'Assemblée nationale, mardi prochain, soient votés en même temps. Il soutient que "les critiques à l'encontre de ces deux projets de loi ne concernent pas le fond mais qu'il s'agit de contestations dans la forme".

Faisant l'historique des deux lois qui régissent le monde du travail, en l'occurrence, l'Industrial Relation Act (IRA) et le Labour Act (LA), datant respectivement de 1973 et 1975, le ministre du Travail explique que face à l'évolution de notre économie et les différents piliers qui en font partie, des amendements sont plus que nécessaires. L'introduction de l'Employment Relatios Act (ERA), consiste en "un élément primordial qui bouleversera le monde du travail de façon positive, car elle prône la négociation collective", explique Basant Bunwaree. "A travers cette nouvelle loi, patronat et syndicat pourront, dans la transparence procéder au collective bargaining to reach collective agreement", souligne le ministre. Toutefois, dit-il, si l'ERA est une loi a priori correcte, dans la pratique, notamment lors des négociations, sa mise en application ne sera pas évidente. Le ministre du Travail explique ainsi que pour la mise en application de l'ERA, lors du collective bargaining, il faudra automatiquement aborder les conditions de travail qui se trouvent dans le Labour Act. Et si cette loi-là n'est pas amendée à son tour, les employés seront les pénalisés, soutient Vasant Bunwaree. C'est pourquoi, indique-t-il, qu'il insiste sur la nécessité que l'Employment Relations Bill et l'Employment Rights Bill soient votés en même temps, lors de leur présentation à l'Assemblée Générale mardi prochain. Cette nécessité relève du fait que lors de la mise en application de ces lois, les conditions soient réunies afin que les employés ne se retrouvent pas en position de faiblesse lors du collective bargaining.

Le ministre du Travail rappelle qu'il y a eu plusieurs rencontres avec le patronat et les syndicats au sujet de ces projets de lois dont une première ébauche a été rendue publique. Les différentes clauses ont également été étudiée une après une lors d'un séminaire avec le Bureau International du Travail (BIT), indique Vasant Bunwaree, ajoutant que le BIT a décanté les points de divergences. "A ce stade, nous avons très peu de divergences. A part le désaccord des syndicats sur le maintient du Termination of Contracts Service Board (TCSB ) et pour lequel nous avons trouvé une solution avec la mise en place d'un Fast Track, ces deux projets de lois ne sont pas controversables. Il y a des critiques, mais ce ne sont pas des critiques de fond", soutient le ministre du Travail. Selon lui, les principaux concernés par ces lois sont d'accords à 95 %, et le gouvernement a décidé d'aller de l'avant avec. Il lance un appel aux membres de l'opposition de venir de l'avant avec des propositions d'amendements, sans répéter l'erreur qu'elle a faite avec l'Additional Remuneration Act, récemment. "Je suis très ouvert aux propositions d'amendements qui seront étudiés si elles sont acceptables. Mais je demande à l'opposition de ne pas faire d'amendement à tort et à travers simplement pour marquer des points en politique", ajoute Vasant Bunwaree.


Le départ de l'ex-directeur des douanes Bert Cunningham selon la MRA

Sudhamo Lal : "La décision du board de put a term at the contract a été unanime"

"In spite of several requests to him, he always attempted to sabotage the system", indique le directeur de la MRA.

Malgré les fautes, la MRA ne prend aucune sanction contre l'ex-directeur des douanes. Celui-ci s'en va avec une compensation équivalant à 6 mois de salaires alors qu'il n'avait droit qu'à un mois de salaires in lieu of notice.

Bert Cunningham est parti après que la direction du conseil d'administration de la MRA a décidé unanimement de "put a term to the contract". Il n'y a aucune décision politique derrière et cette décision ne relève aucunement de l'affaire de télévision. C'est ce que soutient la MRA, à travers la voix de deux membres du conseil d'administration, en l'occurrence celle du directeur général de la Mauritius Revenue Authority (MRA), Sudhamo Lal et de Patrick Yip Wang Wing, Director of Fiscal Affairs, au ministère des Finances, qui a tenu à clarifier les choses lors d'une conférence de presse, jeudi dernier. Si ces deux membres du board insistent sur l'accord convenu avec l'ex-directeur des douanes, ils mettent également en avant que ce départ fait suite à l'insubordination dont à "trop souvent" fait preuve Bert Cunningham durant les 18 mois qu'il a été aux services de la MRA. Ils ajoutent également que Bert Cunningham avait des problèmes relationnels avec ses coéquipiers et ne respectait pas les lois de plusieurs institutions du pays causant une situation "destabilisante au sein de la MRA". L'ex-directeur des douanes, qui "n'a ni démissionné, ni été révoqué", quitte ainsi la MRA avec une compensation salariale de six mois de salaires.

Parce que Bert Cunningham a violé l'accord convenu avec les membres du board, selon lequel ni lui ni les membres du board n'allait parler à la presse, Sudhamo Lal et Patrick Yip, mandaté par les membres de son conseil d'administration (absents lors de la rencontre pour expliquer ce qui a mené à la mise à pied de Bert Cunningham), ont tenu, à mettre les points sur les i. "Malgré les nombreux rappels à l'ordre, Bert Cunningham n'a pas respecté les lois des institutions du pays", soutient Sudhamo Lal. Faisant l'historique de la MRA, régit selon le MRA Act, le directeur de l'institution explique que, "en cas d'allégations contre quelqu'un et qu'une enquête départementale a trouvé qu'il y a matière à référer l'affaire à la police, il faut attendre que celle-ci fasse son enquête. Il revient au DPP de décider s'il y a matière à poursuite". Sudhamo Lal fait ressortir que dans le cas où le DPP pense qu'il n'y a pas assez de preuves et décide de rayer l'affaire, les employés sont réintégrés "puisque les gens sont présumés innocents jusqu'à preuve du contraire". "Ce n'est que lorsque le DPP décide d'aller de l'avant et que les employés sont jugés coupables qu'ils sont renvoyés", ajoute-t-il, précisant que depuis son arrivée à son poste, Bert Cunningham s'est toujours montré insatisfait des décisions de la police, du DPP, et de la Cour. "On peut être d'accord ou ne pas être d'accord, mais il faut quand même respecter la loi", estime Sudhamo Lal. "When we accept to implement MRA, we accept the MRA Act. But in spite of several request to him, he always attempted to sabotage the system. He kept criticising. There have been a series of gross insubordinations causing instability at the MRA from Mr Cunningham", insiste Sudhamo Lal. Le Board de la MRA confie-t-il n'était pas d'accord avec la façon de procéder du directeur des douanes, d'où la décision prise de "put a term at the contract". Et d'ajouter que "the Director of Customs could not work in a team and did not belive in a reporting system and he insisted to talk problems to the Minister of Finance".

"Mr Cunningham did not resign. The MRA did not revoke him. But we came to an agreement", révèle le directeur de la MRA. Il précise que, "it was a unanimous decision of the Board to put an end to Mr. Cunningham's contract. His departure has got nothing to do with the television". Patrick Yip fait également ressortir que plusieurs réunions ont été organisées au niveau du ministère à chaque fois qu'il y avait des problèmes "mais nous n'avons pas pu trouver un terrain d'entente". D'où la décision, "administrative", dit-il, de demander à Bert Cunningham de partir. Sudhamo Lal ajoute que la publication du communiqué de la MRA relève du fait que le conseil d'administration souhaitait que Bert Cunningham s'en aille "dans le respect et la dignité". Selon les membres du board, pendant ces 18 mois, malgré le fait qu'il ait fait preuve d'insubordination, Bert Cunningham a fait du bon travail à la douane. C'est pourquoi, la MRA a décidé d'offrir une compensation salariale de six mois à l'ex-directeur des douanes, alors qu'il n'avait droit qu'à un mois de salaire in lieu of notice. Malgré l'insistance de la presse, le montant de cette compensation n'a pas été révélé, Sudhamo Lal et Patrick Yip nous renvoyant même à "nos talents d'investigations et Bert Cunningham" pour l'obtenir.


L'heure des questions - Des réticences à répondre

Si après leurs explications, les deux membres du conseil d'administration de la MRA ont laissé place aux questions de la presse, on aura senti leur réticences à y répondre. Ainsi, à ceux cherchant à comprendre le flou autour de ce départ qui "n'est ni une révocation, ni une démission", Sudhamo Lal a indiqué que, "it is in the interest of both parties to separate. He has done a lot of work at the Customs. We could have just terminated his contract, but we did it in a civilised way, on mutual terms". Il devait également préciser à une question d'une journaliste désirant savoir si l'avis du Premier ministre avait été sollicité avant que la MRA ne décide de mettre un terme au contrat de Bert Cunningham, que tel n'était pas le cas. "The MRA is an autonomous institution. I am nominated by the President of the Republic of Mauritius after consultation with the Prime minister and the Leader of the Opposition", a simplement répondu Sudhamo Lal. Par rapport à l'enquête initiée par l'ICAC sur trois officiers de douanes, et dans laquelle Bert Cunningham, après avoir été accusé se retrouve témoin de l'affaire, Sudhamo Lal, indique que la MRA n'est pas au courant et de s'adresser à l'ICAC ou l'Internal Affairs. Il devait également précisé que depuis mercredi dernier, l'appel de candidatures pour le poste de directeur des douanes, occupaient jusqu'à nouvel ordre par Mme Gunnoo et M. Baichoo, a été lancé sur le site de la MRA et que l'offre est d'ordre international aussi bien que national. Quant à des éventuels conflits relationnels personnels entre lui et l'ex-directeur des douanes, Sudhamo Lal réfute ses accusations, insistant pour dire que " I'm not aware, there were no conflicts. I do not recount any conflict. During the two years that I have been here, I have never rejected any of his proposals. If there were any conflict, ask him".


Départ forcé de Cunningham dela MRA

Pravind Jugnauth accuse le ministre des Finances d'en être à l'origine

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, est l'homme derrière le départ de l'ex-Directeur des douanes de la MRA. C'est ce que soutient le leader du MSM, Pravind Jugnauth, accusant Rama Sithanen d'avoir orchestré ce "limogeage", tout en se cachant derrière la MRA, qui insiste aujourd'hui sur le "gross misconduct and insubordination" de Bert Cunningham pour expliquer les raisons de ce départ. Selon Pravind Jugnauth, "initialement le ministre des Finances souhaitait utiliser l'affaire de télévision pour provoquer le départ de Bert Cunningham. Mais lorsqu'il a constaté le ridicule dans lequel le plongerait cette accusation, la MRA est venu avec ses explications d'insubordination". Le leader du MSM revient également sur plusieurs points d'actualités, dont l'affaire Subutex et celle de Marcelin Humbert pour tirer à boulet rouges contre l'Attorney General. Le MSM est révolté et choqué que Rama Valayden soit toujours ministre de la Justice, indique Pravind Jugnauth

"Le ministre des Finances doit assumer ses responsabilités. Je ne m'attendais pas à ce que Sithanen agisse de la sorte. En voyant cet épisode, nous constatons que la mafia gagne du terrain", estime le leader du MSM. Il intervenait dans le cadre d'une conférence de presse, hier, au Sun Trust Building. Faisant référence au témoignage de Bert Cunningham à l'ICAC dans l'affaire de télévision, Pravind Jugnauth fait ressortir que "d'un côté, on déclare Bert Cunningham comme indésirable et de l'autre on recherche son témoignage, avec un communiqué à l'appui soutenant qu'il est sans reproches dans cette affaire". S'il assure qu'il ne vient pas défendre les intérêts de Bert Cunningham, le leader du MSM fait ressortir qu'en toute logique, dans l'éventualité d'insubordination et de gross misconduct, en tant que ministre responsable, Rama Sithanen aurait dû initié les procédures pour mettre en place un comité pour régler cette affaire. Mais ce n'est pas cela qui a été fait, dit-il, ajoutant qu'au "contraire, on a donné une loterie à Bert Cunningham, quelque Rs 8 M, pour qu'il s'en aille". Le MSM se demande si la MRA adoptera la même attitude envers ses autres officiers qui auraient été suspendus de leur fonction. Pravind Jugnauth qui rappelle avoir côtoyé l'ex-directeur des douanes, à l'époque où il été ministre des Finances, souligne qu'il peut "témoigner avec certitude que Bert Cunningham est un homme honnête et droit, qui mène un combat forcené contre la fraude et la corruption". Selon lui, si le départ de l'ex-directeur des douanes a été provoqué, c'est parce qu'il représente une barrière pour la fraude et la corruption ainsi que la mafia.

Appels téléphoniques de Rama Valayden aux Casernes Centrales : incohérences dans les heures

Outre le départ de Bert Cunningham, le rôle de l'Attorney General dans l'affaire Subutex, impliquant Cindy Legallant, Bernard Joly et Sada Curpen, a longuement été commenté par le leader du MSM. Le parti est "révolté et choqué que Rama Valayden soit toujours ministre de la Justice". Selon Pravind Jugnauth, "les Rama au sein du gouvernement sont tous les mêmes et font du cinéma". Faisant référence à la démission de l'Attorney General, Pravind Jugnauth revient sur l'épisode de la démission du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, déplorant que ces deux membres du gouvernement "ne savent pas à qui remettre leur démission". Tout ministre, mais plus particulièrement le ministre de la Justice, se doit d'être une personne sans soupçons, fait ressortir le leader du MSM, estimant que ce poste doit être occupé par une personne intègre. "Mais nous constatons, dans le cas de Rama Valayden, des actes condamnables, intolérables", dit-il. Il est ainsi revenu sur les nombreuses contradictions "grotesques" concernant l'Attorney General dans l'affaire Subutex. Se référant à la réponse du Premier ministre au PNQ du 5 aôut dernier et à celle de mardi dernier, Pravind Jugnauth fait état des "incohérences" par rapport au fil des événements comme cela a été rapporté par la police le mercredi 23 juillet. Le leader du MSM s'appuie principalement sur les heures auxquelles le ministre de la Justice aurait effectué ses appels téléphoniques aux Casernes Centrales, soutenant qu'en tenant compte des relevés de Mauritius Telecom (MT), on constate qu'il y a eu d'autres communications téléphoniques entre l'Attorney General et l'ADSU, ce 23 juillet. "D'autant plus que si on considère d'après les relevés de MT que l'AG a appelé l'ACP Padayachee à 12h22 et que ce dernier l'a rappelé à 12h43, les zones d'ombres s'amplifient, car le control delivery avait déjà été effectué depuis plus de 5h plus tôt", souligne Pravind Jugnauth.

Il est aussi revenu sur l'affaire de Marcelin Humbert, soulevée mardi dernier au Parlement. Pravind Jugnauth fait ressortir qu'une fois de plus, l'ombre de Rama Valayden plane sur cette affaire. Selon lui, le Premier ministre a une fois de plus été induit en erreur, car dans sa réponse au Parlement, Navin Ramgoolam soutient que Marcelin Humbert a été relâché sous caution, alors que le police indique que cet individu a été relâché sur parole. "Les documents parlent d'eux-mêmes", soutient Pravind Jugnauth, relevant que le ministre de la Justice est intervenu au téléphone à 03h00 pour qu'un de ses activistes soit relâché. "Enough is enough", estime le leader du MSM, soutenant qu'une fois au pouvoir, son parti fera la lumière sur tous ces cas.

Le MSM commente également les amendements qui seront apportés au Dangerous Drugs Act, "dans la précipitation alors que l'Attorney General ti pe dormi lor sa la loi la, soi disant bizin guett l'OMs ek gagn lezot consultations". Nous laissons à la population de tirer ses propres conclusions, avance Pravind Jugnauth, ajoutant qu'en réalité, depuis toujours, les amendements qui devraient être apportés aurait pu se faire en une semaine.

Par rapport au scandale Boskalis, le MSM demande au président de la Mauritius Ports Authority (MPA), Siddick Chady, de "step down", jusqu'à la fin de l'enquête. Il déplore également le conflit d'intérêt autour de la loterie nationale, s'interrogeant sur le flou des explications fournies par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, concernant le deuxième round de l'appel d'offres qui n'a pas été effectué.


Conférence de presse jeudi

Le PMSD au PM: "Remettez Cunningham à la tête de la douane"

Lors d'un point de presse du PMSD, jeudi, Eric Guimbeau a déclaré que seul Bert Cunningham peut amener une réforme au sein de la douane, étant donné qu'il connaît "les activités douteuses" qui s'y trament. Maurice Allet a pour sa part demandé à l'Attorney General de ne plus utiliser le nom de feu Gaëtan Duval car celui-ci, en temps qu'ancien ministre de la justice, "menait des activités justes et ne supportait pas les hors la loi".

Eric Guimbeau se dit satisfait que l'ancien directeur des douanes, Bert Cunningam, ait enfin pu rencontrer le Premier Ministre et le ministre des Finances pour leur faire part des activités douteuses qui se déroulent au sein des douanes. Le député mentionne des cas tels que les pratiques frauduleuses à l'aéroport, le cas de cigarette smuggling, la sous-évaluation de whisky, entre autres. Selon lui, seul Bert Cunningam serait apte à amener une réforme pour que ces activités peu scrupuleuses cessent au sein de la douane. "Couto emba lagorge zot ine force li allé et li dir moi ki c'est la première fois ki li faire face a ene méthode gestapo", déclare Eric Guimbeau, en parlant de l'ancien directeur des douanes. "Le Ministre des finances finne d'ailleurs réconnet le bon travay de Bert Cunningam, mem si c'est pa so gouvernemen ki ti met Cunningam a la tête de la douane, a déclaré Eric Guimbeau avant d'ajouter : "Maintenant qui le Premier Ministre et Ministre des finances finne conné ki pé passer la douane, nou démane le Premier Ministre remette Cunningam à la tête de la douane." Il déclare aussi que si quelqu'un d'autre prend la place de l'ancien directeur des douanes, "pays pou regressé".

Il souligne le fait que certains députés ne sont pas soumis à des contrôles de passage quand ils voyagent et que c'est impératif que le traitement soit le même pour tout le monde. Eric Guimbeau déplore ce qu'il appelle "The work of the mafia at highest level". Il demande que lumière soit faite au niveau des "ramifications" qui "prévalent", selon lui, au sein de la State Law Office (SLO), le Prime Minister Office (PMO) et l'Anti Drug Smuggling Unit ( ADSU), qui "sont des institutions capitales à Maurice".

Maurice Allet est, pour sa part, revenu sur la lettre de démission du Ministre de la Justice, Rama Valayden. Il déclare que Madan Dulloo, ancien ministre des Affaires Étrangères, a été révoqué pour moins que cela. Selon lui, Rama Valayden, qui est trempé dans une situation plus grave, devrait aussi être révoqué. Il demande aussi à l'Attorney General de ne plus utiliser le nom de feu Gaëtan Duval car celui-ci, en tant qu'ancien ministre de la justice, "menait des activités justes et ne supportait pas les hors la loi". "Nu démane Rama Valayden aret fer Gaëtan Duval honté sak foi li pren so nom", a-t-il ajouté. Maurice Allet demande pourquoi Sada Curpen, qui avait été arreté en 2006, a pu être libre de voyager et qui est la personne qui a signé le document qui a permis à Sada Curpen d'être relâché. Il dit trouver cela anormale que Rama Valayden avoue connaître la famille de ce dernier et déclare que le ministre de la Justice devra répondre à toutes ces questions autour de l'affaire Sada Curpen.

Maurice Allet rappelle que Rama Valayden n'a pas été élu, mais nommé par le Premier Ministre et qu'en tant qu'actuel ministre de la Justice, il se doit de se faire respecter par les citoyens. Selon le député, ce n'est pas en fréquentant et en "aidant les hors la loi que cela va se faire". "ki sécré ki Rama Valayden ena ki pa pé kav révok li malgré tou sa problem ki li pé kozé la?", demande Maurice Allet. Le leader du parti insiste pour que Rama Valayden se retire de ses fonctions, le temps que lumière soit faite sur cette affaire et "si l'enquête prouve qu'il est coupable, qu'il se retire en temps que ministre de la Justice". "Le Premier Ministre mem ine dire ki ena kiken pé koz menti dan sa zaffair la. Nu pensé ki Rama Valayden Bizin step down et laisse l'enquête determiné kisanla en tort", déclare Maurice Allet. Pour lui, la population doit connaître la vérité sur cette affaire et il a dit que son parti est prêt à tout pour aider et améliorer la situation du Law and Order à Maurice. Le PMSD espère des réponses positives de la part du Premier Ministre mardi au Parlement.


Remarques à la députée Nita Deerpalsing - Paul Bérenger exprime ses regrets

Paul Bérenger a exprimé ses regrets, hier, pour les remarques qu'il a adressées, mardi, à l'adresse de la députée du gouvernement, Nita Deerpalsingh. "Je tiens à dire que je regrette ces remarques même s'il est vrai qu'elles ont été faites sous provocation et sous l'effet d'une colère bien justifiée", a déclaré le chef de l'opposition et du MMM.

M. Bérenger félicite, par ailleurs, la performance des jeunes athlètes mauriciens aux récents jeux de la CJSOI aux Seychelles ainsi que le boxeur Bruno Julie pour sa prestation aux Jeux Olympiques de Pékin. "Je souhaite bonne chance à nos athlètes à ces Jeux Olympiques", déclare Paul Bérenger.


Ça va se savoir

Eric Guimbeau s'est trompé de date

Dans sa réponse écrite à la question de Eric Guimbeau sur l'agression de Guillaume Lepoigneur qui n'a pu être prise faute de temps, le 29 juillet dernier, le Premier ministre indiquant que "there has been no incident in a night club involving one G.L. on 26 july 2008". Or, l'agression au cours de laquelle Guillaume Lepoigneur aurait été agressé à la tête, ce qui avait nécessité une intervention chirurgicale de près de quatre heures, s'était produite dans la nuit du 18 au 19 juillet.

Cherchez le parrain…

Non, ce n'est pas dans le sens de celui qui commande une bande de personnes aux pratiques douteuses mais le parrain dans le sens religieux du terme. C'est la grande question après l'interpellation d'un des suspects dans l'affaire des 22 000 comprimés de Subutex. Cette personnalité aurait accepté d'être le parrain du suspect sur l'insistance de son père Gaëtan Sans Souci, qui, jadis, était dans le giron de Sir Gaëtan Duval.

Dénonciation à la MRA

Un trafic de manuels scolaires a été dénoncé à la Mauritius Revenue Authority. Il s'agirait de certains enseignants tant du primaire que du secondaire qui recevraient des commissions de la part d'auteurs pour écouler leurs ouvrages auprès des élèves. La MRA est invitée à enquêter sur ce juteux business qui échappe à toute imposition.

Des employés contestent

Des employés d'une banque, dans laquelle participe un groupe qui monte en puissance depuis quelques temps, réclament le départ de leur directeur, un étranger qui marcherait aux ordres de ceux qui l'ont recruté. Ils ont déjà dénoncé ses méthodes expéditives auprès de la banque centrale, du ministère du travail et à l'ICAC et déplorent aussi qu'il y ait une politique de "get figir" pour les recrutements et les promotions.

Un mariage et… un accident

C'est dans la discrétion que la fille aînée du leader de l'opposition, Julie Bérenger a, jeudi dernier, épousé Frédéric Curé, qui n'est autre que le fils de Cyril Curé, celui-là même qui avait créé la surprise en juin 1989 en battant Ivan Collendavelloo dans une partielle à La Caverne/Phoenix. C'est une histoire visiblement oubliée puisque l'avocat était un des rares politiciens, avec quelques figures du MMM, à être parmi les invités au mariage. Un pépin est venu toutefois gâcher cette soirée. Et, pour cause, la voiture d'Emmanuel Bérenger a été impliquée dans un grave accident sur l'autoroute du Nord. Il rentrait chez lui à Grand-Baie après le mariage célébré à l'Ouest du pays. C'est l'épouse de ce dernier, Mélanie, qui était au volant. Aucun blessé même si les voitures concernées ont été considérablement endommagées.


Pour ne pas donner ses empreintes digitales

L'ex président Karl Offman annule une visite aux Etats Unis

M. Karl Offman a fait savoir aux organisateurs du leaders forum qui doit se tenir la semaine prochaine à Denver qu'il est obligé de refuser leur invitation faute de visa d'entrée aux USA. L'ex président de la république refuse d'aller à l'ambassade des Etats-Unis à Maurice pour y faire prendre ses empreintes digitales, condition obligatoire pour l'obtention d'un visa. C'est la deuxième fois en quatre ans que M. Offman se retrouve dans l'obligation d'annuler un voyage aux Etats Unis.

Le problème découle des conditions imposées par les ambassades américaines pour l'obtention d'un visa pour les Etats Unis depuis le 11 septembre 2001. Parmi ces conditions figurent celle d'avoir à se présenter en personne au consultat américain pour une prise d'empreintes digitales. En 2004 l'ancien Chef Juge Rajsoomer Lallah avait annulé sa participation à une réunion du comité des Droits de L'Homme des Nations Unies en refusant de laisser prendre ses empreintes. L'ex président Offman devait se retrouver dans la même situation en Mars 2004. Invité par l'université de Boston dans le cadre d'un échange entre anciens leaders africains, M Offman avait publiquement refusé de se faire prendre les empreintes digitales. L'ex président avait qualifié cet exercice de "mesure humiliante" et de traitement de " terrroriste présumé". Réagissant à cette protestation publique le service diplomatique de l'ambassade américaine à Port-Louis avait annoncé à l'ancien président qu'il n'aurait pas à donner ses empreintes pour obtenir un visa et la visite avait été maintenue. Le même scénario vient de se répéter cette semaine avec une conclusion différente. M. Offman a été invité par Mme Madeleine Allbright pour participer à une conférence des anciens leaders africains par le parti Démocrate américain. Au cours de cette conférence, qui se tiendra à Denver, les leaders africains devaient également assister à la cérémonie d'investiture de Barack Obama comme candidat officiel du parti démocrate à l'élection présidentielle américaine. Après la convention démocrate l'ex président mauricien devait faire un détour par deux universités américaines pour s'adresser aux étudiants. Les dates de ce déplacement officiel avaient déjà été arrêtées quand l'ancien président a appris du consulat américain qu'en dépit de son visa pour les Etats Unis valide jusqu'en 2014 il ne pouvait entrer sur le territoire américain sans aller faire prendre ses empreintes digitales. M. Offman a refusé de donner ses empreintes et annulé son voyage. Dans une déclaration faite à Week End l'ancien président s'est posé la question suivante. "Est-ce qu'on demandrait à l'ancien président Clinton d'aller donner son empreinte digitale à l'ambassade de Maurice à Washington pour obtenir un visa pour effectuer un déplacement à Maurice?"



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 17 août 2008