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Projet de conversion annulé
La Gaulette SSS : les parents réclament des classes
de HSC
Maintenant que le ministère de l'Éducation a revu
son projet de conversion de La Gaulette SSS en école polytechnique,
en comptant toutefois implémenter une filière technique,
les parents d'élèves et les collégiens réclament
l'introduction de classes de HSC. De son côté, la
Fédération Créoles Mauriciens (FCM), qui
participe ce matin au rassemblement prévu au centre communautaire
de La Gaulette, insiste pour la signature d'un mémorandum
entre le ministère de l'Éducation et l'association
des parents d'élèves du collège. D'une seule
voix, parents et FCM demandent une rencontre avec le ministre
Dharam Gokhool à La Gaulette. Trop d'annonces ont été
faites, disent-ils, sans prendre l'avis des parents en considération.
Le ministère de l'Éducation range le projet de conversion
de La Gaulette SSS en établissement polytechnique aux oubliettes.
Toutefois, il est loin d'abandonner l'idée d'initier un
projet pilote dans ce collège. C'est donc un nouveau chapitre
qui s'ouvre
En effet, comme rapporté par notre confrère
Le Mauricien dans son édition de vendredi dernier, le ministère
de l'Éducation à l'intention d'annexer la filière
Technical Vocational Education and Training (TVET) au programme
d'études du mainstream. Ce projet prônera donc la
cohabitation de deux filières dans le mainstream. Cette
décision a été annoncée officiellement
dans un discours que devait délivrer le ministre de l'Éducation,
Dharam Gokhool, lors de la graduation ceremony de l'IVTB, jeudi
matin.
C'est ainsi qu'on apprend que son ministère "is contemplating
to start a pilot project at La Gaulette SSS which will serve as
model for the future." "We are thinking here of a hybrid
system where both the traditional secondary school and the TVET
would cohabit." Ce projet pilote a pour objectif de "improve
the relevance of the general secondary education for employability."
Par ailleurs, depuis que le Bureau de l'éducation catholique
(BEC) a de manière explicite affirmé qu'aucun accord
n'a été conclu pour le transfert des élèves
de La Gaulette SSS dans certains de ses établissements,
un assouplissement sur le projet de conversion a été
noté du côté du ministère. "C'est
lors du discours budgétaire que nous avions appris la conversion
du collège", nous déclare Gilberte Cheung,
directrice du BEC. Cette dernière, qui est d'avis que "La
Gaulette SSS a sa place dans la région", pense également
que l'introduction d'une filière technique doit considérer
un "programme à la pointe de la technologie avec un
vrai curriculum."
"Manque de respect"
Cependant, l'annonce du maintien du mainstream et de l'introduction
du TVET ne calmera pas pour autant l'élan de mobilisation
dans la région et ailleurs. D'autant que depuis l'annonce
de la conversion du collège d'État, le mouvement
de contestation s'est amplifié ces derniers jours. Si parents,
élèves et autres organisations non-gouvernementales
devraient a priori se réjouir de la nouvelle décision,
leur sentiment est tout autre.
"Le ministre propose une solution de secours ! Il fait preuve
d'un manque de respect à l'égard des parents et
des habitants de La Gaulette", scande Danielle Turner, de
la FCM, laquelle épaule les parents d'élèves
dans leurs activités de contestation.
De leur côté, Mélanie Myrthe et Damien Nayna,
responsible party d'une élève de l'établissement
et porte-parole des collégiens de La Gaulette SSS respectivement,
plaident pour l'introduction des classes de Higher School Certificate.
"Nous nous réjouissons à l'idée que
notre collège ne fermera pas ses portes pour céder
la place à une école polytechnique. Mais il est
temps de faire de la place aux classes de Form VI. Ce qui éviterait
aux élèves des tracasseries pour trouver un collège
après la Form V", avance fermement Damien Nayna.
Abondant dans le même sens, Mélanie Myrthe, qui a
la responsabilité d'une de ses proches, en Form IV, insiste
pour l'introduction des classes de HSC, "parce que cela évitera
aux collégiens de quitter la maison très tôt
le matin pour faire un long trajet afin de compléter le
cycle secondaire." Mélanie Myrthe compte faire entendre
son point de vue aujourd'hui au moment du rassemblement prévu
à 10 heures au centre communautaire de La Gaulette.
Incompréhension
À La Gaulette, toutes les parties concernées voudraient
comprendre ce qui a motivé le ministère pour entreprendre
des projets visionnaires à l'égard du seul établissement
d'État de la région. Elles souhaitent aussi connaître
les raisons, soudaines, entourant le projet de TVET. Le ministre
de l'Éducation s'explique certes sur la question de manière
officielle mais, selon les parents et la FCM, "c'est à
La Gaulette qu'il aurait dû se déplacer pour faire
part des intentions de son ministère dans un esprit de
dialogue."
C'est pour cette raison que malgré l'abandon du projet
de conversion, les parents d'élèves et les autres
demanderont aujourd'hui, dans leurs interventions et par voie
de lettre, au ministre Gokhool de venir à leur rencontre
pour un exercice d'explication. La signature d'une pétition
a été également prévue. Les habitants
veulent participer à l'implémentation de tout projet
pédagogique d'envergure à La Gaulette SSS. "Parce
que nous avons longtemps attendu l'arrivée d'un collège
d'État et que ce bâtiment est doté de toutes
les infrastructures nécessaires à l'éducation
de nos enfants", explique Mélanie Myrthe.
Cette dernière ajoute aussi qu'un attachement particulier
s'est noué avec le collège. "J'ai vu La Gaulette
SSS sortir de terre ! Mon mari était maçon sur le
chantier de construction et, impressionné, il partageait
souvent les étapes des travaux avec moi."
"Pourquoi La Gaulette SSS ?"
L'autre question à laquelle devrait répondre le
ministre de l'Éducation pour éclairer les parents
de La Gaulette porte sur le choix de cet établissement.
"Pourquoi commencer un projet à La Gaulette SSS, alors
que trois autres collèges étaient cités pour
être convertis en établissements prévocationnels
? Est-ce que le ministre pensait que les parents de La Gaulette
n'allaient pas réagir et qu'il serait plus facile de commencer
là. À cela, nous lui avons prouvé qu'il se
trompe !", explique Danielle Turner. Cette dernière
se dit aussi surprise de l'annonce d'un autre projet pilote.
"Quel genre de programme compte introduire le ministère
? Nous aurions aimé que le ministre nous donne des précisions
à ce sujet et nous parle de sa vision. C'est durant la
présentation du budget que nous avons appris que le collège
changerait de vocation et aujourd'hui c'est par un autre biais
que nous apprenons qu'il y aura du changement ! Nous lui demandons
non seulement d'avoir une rencontre avec les parents, mais qu'il
y ait un memorandum of understanding dans l'optique d'une meilleure
compréhension sur son projet technique, car nous avons
besoin de données précises. Notamment sur les enseignants.
Tout doit se faire en accord avec l'association des parents d'élèves",
insiste Danielle Turner.
Par ailleurs, élèves, parents et autres sympathisants,
sont d'avis que l'introduction d'une filière technique
devrait profiter aux jeunes de la région.
Sabrina Quirin
Note : Nous avons sollicité le ministère de l'Éducation
dans le cadre de ce dossier. Cependant le service de communication
du ministère n'a pas répondu à nos appels
Pourtant, il y a peu, ce même service regrettait que le
ministre n'ait pu intervenir dans un article sur le même
sujet, alors que cela ne s'avérait pas nécessaire
!
Toxicomanie et VIH
Des travailleurs sociaux réfléchissent sur la
prévention
Dans le but de rendre leurs actions plus efficaces des travailleurs
sociaux ont commencé, la semaine dernière, une réflexion
sur la prévention concernant la lutte contre la toxicomanie
et le VIH. Tenue au Centre Noubaz à Curepipe, cette première
rencontre a réuni des acteurs engagés à différents
niveaux dans le cadre de ce combat.
S'il demeure un fait indéniable que les campagnes de prévention
menées par des ONG auprès de la population ont contribué
à minimiser l'impact des fléaux sur la société,
les méthodes utilisées demandent néanmoins
à être revues. Une nécessité ressentie
du fait que les fléaux prennent sans cesse de l'ampleur
et provoquent de profondes transformations au sein de la société.
Au niveau des drogues, les trafiquants usent pour leur part de
méthodes mieux adaptées au contexte et s'appuient
sur des moyens qui surclassent ceux dont bénéficient
les autorités et les ONG.
D'où les nouveaux défis imposés aux acteurs
engagés dans la prévention. Ces derniers espèrent
non seulement pouvoir mieux faire passer l'information, mais également
amener les individus à adopter un mode de vie positif.
La semaine dernière, l'occasion a été donnée
aux travailleurs sociaux de mieux comprendre le travail entrepris
par certains de leurs collègues et d'identifier les lacunes
qui freinent leurs actions. D'autres rencontres sont attendues
à l'avenir.
L'initiative de cette rencontre revient au travailleur social
Dany Philippe, du Centre Noubaz. Elle intervient dans un contexte
où le gouvernement s'apprête à lancer le nouveau
Nation Drug Control Master Plan. Ce document devrait contribuer
à apporter un nouveau souffle à la lutte contre
la drogue et devrait aussi permettre la coordination des actions
entre les différents partenaires.
Komite Van Lekol
Nouvelle menace d'une manif
Le Komite Van Lekol menace de descendre, de nouveau, dans la rue
au cas où les autorités ne revenaient pas sur leur
décision, d'une part, de contraindre ces prestataires de
transport scolaire d'employer deux assistants et, d'autre part,
au cas où les quelque 50 000 parents d'élèves
qui choisissent d'envoyer leurs enfants à l'école
dans des vans de ramassage scolaire ne bénéficient
toujours pas du transport gratuit.
Se disant tout aussi concernés que les autorités
par la sécurité des scolaires qu'ils transportent,
les membres du Komite Van Lekol soutiennent que c'est précisément
parce qu'ils représentent "un moyen de transport
sûr" que quelque 50 000 parents leur font confiance.
Selon le président du Komite Van Lekol, Nazir Jungee, en
six ans, un seul accident impliquant un van scolaire a été
recensé même s'il concède qu'il s'agit là
"d'un accident de trop". Selon lui, si les autorités
ont effectivement à cur la sécurité
du transport scolaire, elles auraient dû plutôt prévoir
des places de parking aux abords des écoles qui, dit-il,
sont pour la plupart situées au niveau des artères
principales.
Pour le président du Komite Van Lekol, ce serait davantage
des autobus de 40 places et plus roulant sans un receveur qui
représenteraient un danger pour la sécurité
des scolaires. Les membres du comité expliquent qu'alors
que les Van Lekol assurent un service porte-à-porte,
des écoliers voyageant par autobus ont à faire le
trajet à pied "en portant un lourd cartable de
l'arrêt d'autobus à leur école ou à
leur résidence".
D'autre part, l'association rejette l'idée, en substance,
"contraignante" d'avoir à employer, sur une base
permanente, deux assistants. L'emploi permanent de ces derniers
leur coûterait, disent ces prestataires, pas moins de Rs
8 000 mensuellement. Une somme qu'ils affirment ne pouvoir débourser
compte tenu, notamment, du prix du diesel, de la concurrence des
opérateurs illégaux et du manque à gagner
que représente le transport gratuit par autobus.
Ils réitèrent leur demande pour que les parents
qui choisissent d'envoyer leurs enfants à l'école
par un van scolaire bénéficient, eux aussi, des
facilités de l'État en termes de transport gratuit.
En fait, le comité suggère que, plutôt que
d'un financement direct des opérateurs d'autobus, l'État
compense, à chaque fin de mois, les parents sur la base
de la présence de leurs enfants à l'école.
Ces parents auront, ainsi, le loisir de choisir le mode de transport
qui soit le plus convenable pour leurs enfants, argue le Comite
Van Lekol.
Arrêt des travaux de rénovation au Berjaya
Le personnel las d'être au chômage technique
Des membres du personnel de l'hôtel Berjaya se lassent
des longues journées à jouer aux cartes ou à
ne rien faire. Avec l'arrêt forcé des travaux de
rénovation, il y a quelques mois, les membres du personnel
commence à angoisser. En effet, croyant fermement qu'ils
allaient retrouver leur poste après la réouverture
de l'hôtel, ils réalisent que celle-ci n'est pas
pour demain. De plus l'achat de l'hôtel par le groupe Sagar
ne les a pas pour autant rassuré, ils ne savent pas si
celui-ci souhaite les embaucher ou recruter ailleurs. Il revient
que le chômage technique du personnel de Berjaya ferait
l'affaire d'un concurrent. Missonné par son hôtel,
un cadre aurait déjà effectué des entretiens
d'embauche. Mais, des employés comptant de longues années
de service au sein de Berjaya, ne souhaite pas laisser échapper
toute indemnisation. Ils s'en remettent à leur syndicat,
la Hotel and Restaurant Union Employees. Alix Eliott, représentante
et négociatrice, du syndicat explique que les négociations
sont en cours avec le management du Berjaya. " Nous voulons
rétablir la situation ou définir la compensation
de ceux qui veulent partir, après plusieurs années
de service, mais pas les mains vides. Le personnel ne sait toujours
pas quel sera son avenir et ni celui de l'hôtel. Actuellement
les employés ne perçoivent que leur salaire de base.
Certains ont sans doute contracté des emprunts en fonction
de leur revenu global et doivent s'acquitter de leurs dettes avec
difficulté. Ces personnes sont extrêmement inquiètes,
d'autant que les moins jeunes ne trouveront pas de l'emploi facilement.
En comparaison avec la somme que représente la vente de
l'hôtel, le montant d'une compensation ne devrait pas être
astronomique. Lors de notre prochaine négociation avec
le management, nous demanderons un package pour l'ensemble des
employés", déclare Alix Eliott. En attendant,
les membres du personnel sont contraint de se rendre tous les
jours au quartier qui leur a été réservé,
au Morne, depuis le début des travaux de rénovation.
"Cela représente des dépenses inutiles. Alors
que cet argent aurait pu être utiliser dans la compensation",
déplore Alix Eliott.
Tourisme, Animation, Festivals
Vers un statut des artistes
Dans le secteur du tourisme on pense en terme d'avenir et de culture
de haut niveau. C'est dans cette perspective qu'a été
présentée officiellement l'Association of Hotels
Artists and Entertainers. Ce qui facilitera le dialogue entre
les partenaires du secteur touristique et les artistes, a déclaré
Xavier-Luc Duval, ministre du Tourisme. Il a aussi évoqué
la création de spectacles de qualité pour la découverte
de la culture mauricienne. On sait déjà que la 3ème
édition du Festival International Kreol aura lieu au cours
de la première semaine de décembre avec pour thème:
Liberté et Egalité.
Regrouper les artistes du pays, reconnaître leur profession,
élaborer des projets d'animation moderne: tels sont quelques
uns des objectifs de l'Association des artistes d'hôtels
(chanteurs, musiciens, danseurs, etc.,). L'Association présentée
officiellement au collège Saint Esprit, Quatre Bornes la
semaine dernière veut développer des synergies pour
un service de qualité concernant l'animation dans les hôtels.
Pascal Cimiotti s'est fait le porte-parole des artistes présents
pour parler des difficultés que les artistes rencontrent
et penser en terme de stabilité d'emploi. L'Association
va agir comme guide et instaurer le dialogue avec les partenaires
du secteur (MTPA, MASA, Tourism Welfare Fund, Ministère
du Tourisme, Enterprise Mauritius). De son côté,
Alan Marimootoo, présenté comme l'initiateur du
projet d'association d'artistes, a parlé de cultural Hub
et de l'organisation d'activités pour faire marcher le
secteur de l'animation dans les hôtels en période
d'hiver. La formation des artistes a aussi été évoquée.
Xavier-Luc Duval, ministre du Tourisme a abordé le sujet
en parlant de l'aide que peut apporter le Tourism Welfare Fund
à ce niveau. Il a aussi parlé du nouveau profil
de la clientèle touristique et de sa soif de découvrir
la culture du pays. Il faudra donc penser en terme d'avenir pour
la culture locale en misant sur la qualité. Events Mauritius
est appelé à se développer pour aider la
culture de haut niveau. Des spectales déjà organisés
ont été cités: Ebony, Festival International
Kreol. La 3ème édition de ce festival veut confirmer
les belles espérances placées en lui. Si la date
exacte n'a pas été fixée, on sait déjà
que le thème Egalité ek liberté a été
retenu en fonction de l'actualité du Morne et de son inscription
au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco. Le festival
s'étalera sur une semaine et se déclinera en soirées
à thèmes culminant au grand concert final habituel.
Des groupes comme Image ou Zouk Machine circulent parmi les artistes
internationaux qui seront présents cette année.
À Port-Louis vendredi
Manifestation contre l'homosexualité
Vendredi, un groupe de personnes a défilé dans les
rues de Port-Louis pour manifester contre l'homosexualité.
Les manifestants ont aussi brandi des pancartes dénonçant
l'adultère, le viol, la prostitution, la drogue, le jeu,
etc.
Organisée par l'association Dar-ul-Hikmah, cette marche
a mené les participants de la Plaine Verte à la
cour de la municipalité de Port-Louis. Quelques autres
organisations socioculturelles s'y sont aussi associées.
Principalement centrée autour de l'homosexualité,
cette démarche "contre l'immoralité",
a été perçue comme une réponse
aux actions du Collectif Arc-en-Ciel. Cette ONG, pour rappel,
milite pour le respect des droits des individus indépendemment
de leur orientation sexuelle. Sa troisième marche de visibilité
avait eu lieu le 7 juin à Rose-Hill.
Portrait
Robin Jhuboolall, ostéopathe mauricien
Alors que beaucoup de Mauriciens remuent ciel et terre pour pouvoir
quitter Maurice, certains font la démarche inverse. C'est
le cas de Robin Jhuboolall, ostéopathe qui vient de décider
de quitter la France où il a vécu et travaillé
depuis plus de vingt ans pour venir s'installer à Maurice.
Dans le portrait qui suit, il explique les raisons de son choix.
C'est à l'âge de vingt quatre ans que Robin Jhuboolall
décide de quitter Maurice pour aller faire son avenir en
France. Avant, Robin avait fait des études secondaires
et commencé à travailler dans l'agence touristique
que son père, le premier maire MMM de Vacoas/Phoenix, avait
fondée. Robin se rend en France pour faire des études
en informatique, mais se rend vite compte qu'il s'est trompé
de voie. Il suit alors une formation paramédicale et entre
à la Croix Rouge où il gravit les échelons
pour devenir chef d'intervention. Après cinq ans de paramédical,
Robin décide de changer d'orientation professionnelle et
se fait embaucher dans une compagnie aérienne où
il occupera divers postes. Douze ans plus tard, des changements
structurels, mis en place dans la compagnie d'aviation poussent
Robin à changer une fois encore d'orientation professionnelle.
Il décide alors de revenir au paramédical : "C'est
un secteur que j'aime bien sans doute du fait que le métier
de base de mon père, avant qu'il ne se lance dans la politique,
était radiologiste." Robin Jhuboolall décide
donc de faire trois ans d'études pour devenir ostéopathe
et retourne à l'école à l'âge où
certains prennent leur retraite.
Qu'est-ce que l'ostéopathie ? "Pris dans son sens
littéral, le terme est un peu réducteur puisqu'il
signifie malade des os. C'est une thérapie manuelle pour
soigner des dysfonctionnements du corps non seulement au niveau
des articulations, mais également, en termes psychosomatique,
c'est-à-dire les émotions, car le psychisme est
en relation avec le structurel. L'ostéopathie vient des
États-Unis où, dans les années 1860, un médecin
remet en questions ses enseignements et commence une réflexion
sur de nouvelles manières de soigner le corps. Cette réflexion
intéressera d'autres médecins et atteindra son apogée
au cours des années 1950 avec la naissance de l'ostéopathie
qui posera un regard différent sur le corps humain et les
moyens de le soigner. L'Occident a alors découvert ce que
l'Asie pratiquait déjà depuis des siècles
: il faut soigner l'homme dans sa globalité, et non pas
seulement dans une partie ou une portion de sa personne, car tout
est lié. On ne peut pas vraiment soigner le symptôme
d'une maladie sans comprendre sa cause, sa source. Les ostéopathes
existent en Asie avec la médecine ayurvédique et
la médecine traditionnelle chinoise depuis des siècles.
L'ostéopathie a beaucoup de points de correspondance avec
ces médecines-là sauf qu'en Occident, on a découvert
tout cela un peu tard. C'est une manière d'aborder le corps
humain pratiquement de manière philosophique. Cet apport
nouveau va créer beaucoup de débats et de conflits
dans les milieux médicaux. L'ostéopathie va passer
de quelque chose de très simple, de très structuré
et évoluer vers des spécialisations et enfin ouvrir
un immense champ d'applications. Les ostéopathes sont des
compléments des médecins. Prenons une personne qui
va voir un médecin pour se plaindre d'une douleur qui ne
cesse pas après les radios, les scanners et les traitements
anti-inflammatoires. L'ostéopathe va entrer en jeu en réfléchissant
sur la légion primaire afin de trouver la cause première
de la douleur en travaillant sur les tissus musculaires et ne
pas uniquement essayer de régler le problème localement
mais en allant chercher dans le système du corps quelque
chose qui va permettre d'apporter un mieux à la personne."
Un ostéopathe doit avoir développé une
sensibilité particulière dans ses doigts qui lui
permette de sentir la texture du tissu humain et ses dysfonctionnements
en posant le doigt dessus. Il doit développer la sensibilité
qui existe dans les articulations pour pouvoir à travers
le toucher et la pression dégager les énergies et
les diriger vers des points précis du corps humain. Faut-il
avoir une prédisposition, pour ne pas dire un "don"
pour pratiquer ce métier ? "Il y a des gens qui
savent instinctivement comment masser, où poser et presser
les doigts pour soulager la douleur ou provoquer un bien-être.
Ces personnes qui ont déjà une sensibilité
dans le toucher à la base vont avancer très vite
en ostéopathie. D'autres, doivent acquérir la sensibilité
nécessaire et prennent plus de temps." Que faut-il
penser de la pratique qui consiste à faire " craquer
" les os pour faire disparaître la douleur ? "C'est
vrai qu'en général, le craquement des os procure
un soulagement, mais il est passager. Je préfère
prendre mon temps et travailler pour trouver la légion
primaire et soigner la cause plutôt que la conséquence."
Après trois ans d'études, qu'il qualifie de passionnantes,
Robin Jhuboolall obtient son diplôme d'ostéopathe
et commence à travailler dans la région de Toulouse.
Bien vite, il se retrouve à la tête de trois petits
cabinets et d'une bonne clientèle. "Après
les États-Unis où elle fait partie de la médecine
du quotidien l'ostéopathie s'est solidement implantée
en France, Il y a quelques années." Robin Jhuboolall
est donc un ostéopathe bien installé dans le sud
de la France jusqu'à tout récemment. "Je
suis revenu ici pour les obsèques de mon père et
j'ai retrouvé un peu mes racines. Et puis, depuis quelques
temps déjà, je me disais que j'avais bien profité
du mode de vie occidental, que j'avais bien voyagé et vécu
et je m'étais installé et que ma vie en France était
en train de devenir routinière. Ce dernier séjour
à Maurice m'a permis de retrouver un autre mode de vie,
plus calme où l'on prend plus le temps pour vivre. Au hasard
des rencontres, j'ai fait la connaissance de Marie-Lise Cerdan,
la responsable du centre de massage Tsaba Be à Rivière-Noire
qui m'a proposé de venir travailler avec elle, et qui m'a
dit qu'il n'y avait pas d'ostéopathe mauricien à
Maurice. Qu'il y a avait trois ou quatre chiropracteurs dans l'île
qui sont débordés. J'ai rencontré d'autres
amis dans le milieu sportif et celui de la paramédecine
qui m'ont encouragé à venir m'installer ici. Je
suis allé au salon Wellness où beaucoup de propositions
professionnelles m'ont été faites. Alors je me suis
dit pourquoi pas. J'ai donc décidé de rentrer en
France pour fermer mes cabinets, rediriger mes clients vers d'autres
collègues, prendre mes affaires et revenir ici pour ouvrir
le premier cabinet d'osteo mauricien." Est-il facile
de décider de quitter un grand pays, une bonne situation,
de quitter le connu pour l'inconnu professionnel même si
c'est au pays natal ? "Cela fait un bout de temps que
je commence à sentir une certaine mélancolie du
pays, une certaine monotonie dans mon travail, dans ma vie. Je
vis de plus en plus mal le rythme de vie assez effrénée,
les longs hivers et le manque de temps européen. Le hasard
des rencontres a fait qu'en revenant ici les choses se sont mises
en place d'elles-mêmes, naturellement comme un grand puzzle
qui s'assemble. Je n'a pas eu à me forcer pour dire oui.
Pourquoi pas. C'est excitant de venir tenter une nouvelle aventure
professionnelle dans son pays natal. C'est une satisfaction professionnelle
extraordinaire de pouvoir faire disparaître une douleur
qui pourrit la vie d'une personne depuis des années et
qui a résisté à des centaines de doses d'anti-inflammatoires."
Robin Jhuboolall rentre donc en France cette semaine pour régler
ses affaires et s'organiser pour venir s'installer à Maurice
avant la fin de l'année. Dans un premier temps, il va travailler
avec Marie-Lise Cerdor au centre Scarabée à Rivière-Noire
et en parallèle monter un cabinet à Albion. Et si
après quelques mois le " rythme effrénée
" du mode de vie européen viendrait à lui manquer
et que la mélancolie refaire surface ? "Je ne le
crois pas. Revenir à Maurice n'est pas une décision
prise sur un coup de tête, mais l'aboutissement d'une réflexion
entamée depuis quelques années déjà.
Et puis, de toutes les façons, je crois que la mélancolie
se vit plus facilement sous le soleil mauricien qu'ailleurs."
Anniversaire
La Mauritius Union fête son jubilée de
diamant
La Mauritius Union célébrera, la semaine
prochaine, ses soixante ans d'existence. Plusieurs manifestations
marqueront ce jubilée de diamant dont le lancement d'un
magazine retraçant les principales étapes de l'histoire
de la première compagnie d'assurance 100 % mauricienne.
C'est à l'initiative de Noël Coignet que fut fondée,
en 1948, la première maison d'assurances mauricienne. C'est
après avoir travaillé dans le secteur des assurances
qui n'étaient que des agences locales de compagnies étrangères
que Noël Coignet eut l'idée de créer la compagnie
mauricienne. Il fit appel à ses amis et connaissances pour
souscrire à l'actionnariat de la nouvelle compagnie. Les
premiers actionnaires furent entre autres : Jules Constantin,
Jean Ah Chuen, James Edwin Harrison, Prosper Forget, Ebrahim Dawood,
Paul Mackay, Wilfrid Larché, Michael Leal, Sulliman Moollan,
Ramlochun Lallah et des familles de Coriolis, Rochecouste, Li
Wan Po, Coquet, Vaulbert de Chantilly, Appavou, Aumeerally, Bouloux,
Chauvin, Duchenne, Seeyave et d'autres membres des différentes
communautés de l'île. La diversité de cet
actionnariat devait permettre à sir Maurice Latour Adrien
de déclarer, dans son discours à l'occasion du Jubilé
d'Or de la compagnie, en 1998. "On s'aperçoit que
ce large échantillon de la population mauricienne
avait, dès 1948, traduit dans les faits le terme
"mauricianisme" bien avant qu'il ne soit à
la mode, et soit même galvaudé. En extrapolant
quelque peu, nous pourrions dire que cette assurance de viser
toujours l'unité de tous les Mauriciens de bonne volonté
peut se traduire en anglais par "Mauritius Union Assurance."
Le magazine retrace décennie par décennie l'évolution
de la compagnie qui, installée d'abord à la rue
Sir William Newton, déménagera pour des locaux plus
modernes à la rue Léoville L'Homme dans le courant
des années 70, où sera construit dans les années
90, son immeuble. Avec des photos et des documents d'époque,
il retrace la progression financière de l'entreprise qui
connaîtra des bonds spectaculaires. Ce magazine souligne
aussi à quel point la Mauritius Union a accompagné
le développement de Maurice en modernisant ses structures
et en proposant plusieurs formules de polices qui vont révolutionner
le secteur mauricien des assurances et, d'une certaine manière,
les habitudes des Mauriciens. Ce magazine souvenir donne aussi
la parole aux employés qui racontant de l'intérieur
les 60 ans de la Mauritius Union qui selon son l'actuel
directeur général, Jacques de Navacelle, "est
une entreprise exemplaire à Maurice, car elle s'est bâtie
et développée avec succès sur des principes
forts qui sont le respect de la personne, l'égalité
des chances pour tous et l'indépendance".
En route pour les JMJ de Sydney
Messe en terre mauricienne pour de jeunes pèlerins italiens
C'est par une messe en terre mauricienne célébrée
en l'église Sainte Famille à Rose-Belle qu'a démarré,
lundi dernier, le parcours spirituel des JMJ 2008 pour la forte
délégation de jeunes italiens conduite par le cardinal
Angelo Bagmasco, président de la Conférence épiscopale
italienne.
En transit au pays sur le chemin vers Sydney en Australie, le
cardinal italien a présidé cette messe, notamment,
concélébrée par l'évêque de
Port-Louis, Mgr Maurice Piat. La délégation italienne
a été accueillie à l'église par un
de leur compatriote, le père Gianni Losio, curé
de Sainte Famille pour cette célébration qui s'est,
notamment, tenue en présence du ministre du Tourisme, M.
Xavier-Luc Duval.
"It's a matchless spiritual experience for me. It's the
third time i'm participating at the JMJs and i'm very excited
about it", devait nous confier, pour l'occasion, Giorgia,
25 ans, de la région de Fano en Italie, un des quelque
300 jeunes de la délégation. L'homélie du
cardinal dite en Italien a été traduite pour l'assistance
aussi composée de paroissiens de Rose-Belle a été
traduite par le père Losio.
C'est le ministère du Tourisme, M. Xavier-Luc Duval, qui
s'est chargé du transport des pèlerins italiens
de l'aéroport à l'église. Pour le ministre
Duval, le ministère avait le "devoir d'accueillir
cette délégation comme il se doit". En dépit
des dix heures de vol, les jeunes italiens ont participé
avec ferveur à cette célébration.
Collège DAV
Remise de prix jeudi dernier
Une vingtaine d'élèves du collège Dayanand
Anglo Vedic (DAV) étaient à l'honneur jeudi dernier
lors d'une remise de prix annuelle effectuée à la
Arya Sabha, Port-Louis, par la ministre de la Sécurité
sociale, Sheila Bappoo. Celle-ci, lors de son allocution, a beaucoup
mis l'accent sur la vie de Swami Dayanand, réformateur
indien et fondateur de l'Arya Samaj.
"Maharishi Dayanand belongs to this illustrous line of
mystics, teachers and thinkers. His services to the cause of freedom,
his challenge and commitment to education and the progress of
the youths will always be remembered as enlightenment",
déclare Sheila Bappoo.
La ministre a aussi fait part du travail énorme que fait
le gouvernement pour assurer une éducation saine à
tous les jeunes de l'île Maurice. Selon elle, "it
is the government's fervent desire that Mauritius become a fully
educated, modern and progressive nation."
Sheila Bappoo a également fait ressortir que, depuis juillet
2005, le gouvernement offre des prêts à 132 familles
nécessiteuses dont les enfants prennent des cours à
l'université de Maurice. Elle a souligné les Rs
78,3 millions allouées aux élèves qui n'ont
pas les moyens de payer leurs examens de SC et HSC et annoncé
que "the Government will be setting a scheme that will
guarantee loans up to Rs 150 000 per year to allow students the
accessibility to the University of Mauritius."
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