p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 20 juillet 2008



  Le MMM à Bel Air vendredi — Un coup de main spécial réclamé pour pêcheurs et petits planteurs
  A l'Assemblée nationale, mardi dernier — CT Power : toujours de nombreuses questions sans réponses
  Mardi prochain — L'ordre et la sécurité au cœur du Question Time
  Pravind Jugnauth, leader du MSM: — Estimation du taux de croissance:"Sithanen a induit l'Assemblée nationale en erreur"
  State Land Saga — Bel-Air P.G. : Dulull persiste et signe !
  Pollution à La Tour Koenig — Sylvio Michel appelle Anil Baichoo à "assumer ses responsabilités"
  Salaires dans le secteur privé — Bunwaree annonce des révisions salariales chaque deux ans
  Ça va se savoir
  State House — Cérémonie de remise de décorations


Le MMM à Bel Air vendredi

Un coup de main spécial réclamé pour pêcheurs et petits planteurs

Dans le cadre de sa série de congrès pour dénoncer les "bluffs de Rama Sithanen et de son budget 2008-09", le MMM était, vendredi, à Bel Air. Paul Bérenger a ainsi évoqué la dernière augmentation de 20% des prix de l'essence et du diesel et celle de 40% des fertilisants pour demander qu'un coup de main spécial soit accordé aux pêcheurs et aux petits planteurs.

Le leader de l'opposition et du MMM a, dans ce registre, évoqué que les manifestations de marins-pêcheurs en Espagne et en France leur ont permis d'obtenir une aide pour faire face à la hausse des carburants. Il a expliqué que pour les pêcheurs c'est leur moteur hors-bord qui constitue leur outil de travail et que la dernière hausse de 20% va considérablement affecter leur gagne-pain. Il estime de ce fait qu'il faut trouver moyen de les aider à faire face à cette "augmentation conséquente".

S'agissant des petits planteurs, Paul Bérenger a préconisé l'introduction de subsides sur les fertilisants qui ont augmenté de 40%, faute de quoi la production alimentaire va continuer à dégringoler. À ce chapitre, Vishnu Lutchmeenaraidoo a suggéré qu'une partie du milliard de roupies que le ministre des Finances a annoncé pour augmenter la production agricole soit utilisée pour subventionner les fertilisants.

Le leader du MMM est aussi revenu sur les Rs 2 milliards de taxes - en sus des Rs 3 milliards de TVA - "que le gouvernement puise de la poche des usagers" sur le riz, la farine et le gaz ménager qui ont été abolis par Rama Sithanen et sur la hausse des prix qui n'arrête pas en dépit du "bluff" du discours du budget qui a fait croire que les prix baissaient. Il a, d'ailleurs, répété craindre une inflation à deux chiffres après que le ministre des Finances eut réalisé "le record d'avoir, en 2005, doublé le taux d'inflation de 5% à 10,7%".

Il a aussi parlé de la compensation de Rs 10 par jour que les salariés obtiendront alors même qu'un Permanent Secretary a lui obtenu un relèvement salarial qui est de six fois les salaires d'un laboureur. Il a une nouvelle fois critiqué le traitement accordé par le PRB aux salariés au bas de l'échelle comme les policiers et les infirmiers. Un mot aussi sur la pauvreté qui augmente et qui est confirmée par les chiffres du Bureau central des statistiques.

Paul Bérenger a aussi dénoncé ceux qui parlent beaucoup d'État-providence et qui songent à faire payer les médicaments dans les hôpitaux. Il a dit que ce sont ceux qui n'ont pas les moyens d'aller dans les cliniques qui fréquentent les hôpitaux et que ce sont donc les personnes modestes qui seraient pénalisées par cette mesure au sujet de laquelle il a adressé une mise en garde au gouvernement.

Il a également repris son analyse sur la situation macro-économique, accusant le ministre des Finances de faire croire que tout va bien alors qu'il y a des usines qui ferment, que les petites et moyennes entreprises sont affectées par la hausse du carburant, que le compte courant, qui est l'indicateur même de la santé économique d'un pays, enregistre des déficits colossaux.

Les 4x4 hors taxe : sans caisson et… déclaration à Rs 13 500

Vishnu Lutchmeenaraidoo a lui aussi dénoncé "les contre-vérités de Rama Sithanen" et a cité l'exemple de la réintroduction des 4x4 hors taxe pour les petits planteurs abolis par le même ministre. Il a fait état du choc qu'ont eu certains petits planteurs qui, après s'être rendus chez des concessionnaires, ont appris que le véhicule était sans caisson et que la déclaration était maintenant à Rs 13 500.

Même chose, a-t-il dit, pour ceux qui ont des dettes auprès de la BDM. Certains ont eu l'impression qu'elles seraient tout simplement rayées mais ont eu la désagréable surprise d'apprendre que si les intérêts sont déduits, il reste quand même le remboursement du capital qui doit être effectué dans un délai d'un an. Autre illustration des "méthodes de Rama Sithanen", c'est l'annonce de 14 mesures sociales au coût de Rs 214 millions dans le budget de l'année dernière alors qu'il avait prévu Rs 310 millions pour Tian Li. Il a aussi critiqué la suppression des droits de douane "lors dirouz ek makiyaz" au lieu de s'attaquer aux produits essentiels qu'utilisent les Mauriciens, comme le riz, la farine, l'huile, le beurre et le lait.

Cette politique économique qualifiée de "désastreuse" provoque une crise sociale, a soutenu le président de la commission économique du MMM, laquelle se manifeste par une violence accrue et le fait que Maurice soit le n°2 mondial en matière de drogue.

Françoise Labelle, qui est originaire d'un village de la circonscription n°10, Olivia, s'est également adressée à l'assistance et a évoqué une autre mesure qualifiée de trompeuse, celle qui voulait faire croire que tous les enfants de parents touchant moins de Rs 7 500 par mois auront un accès gratuit à l'université. Or, a-t-elle rappelé, le ministre de l'Éducation est venu préciser que ce sont les enfants qui ont soit un parent décédé ou handicapé qui vont bénéficier de cette mesure. Elle a aussi critiqué le gouvernement pour ne pas avoir continué la politique de logement social initié avant 2005.

Ajay Gunness, qui présidait ce rassemblement, a énuméré une longue liste de produits de consommation courante dont les prix ont considérablement augmenté ces dernières semaines. Il a aussi dit accueillir les travaillistes qui, "découragés par l'alliance sociale", rejoignent les rangs du MMM.


Réunion du comité central du MMM hier - La réintégration de Madan Dulloo approuvée

Paul Bérenger l'a lui-même annoncé hier après-midi après la réunion du comité central de son parti : la réintégration de Madan Dulloo, dont le principe était déjà acquis, a été approuvée, et ce sur la même base que Vishnu Lutchmeenaraidoo et l'intégration de Vijay Makan, avec une entrée au bureau politique et la nomination à la présidence d'une importante commission qui cadrerait avec sa personnalité.

Le leader du MMM a ausi dit que son parti est en attente de la liste des membres du MMSM qui souhaitent intégrer le MMM, Madan Dulloo ayant été pris par des engagements personnels après le mariage de sa fille et le décès de son frère.

Interrogé sur les remous que la réintégration de Madan Dulloo a posé au MMM ces dernières semaines, Paul Bérenger a dit trouver normal qu'il y ait une dose d'émotion de la part de Pradeep Jeeha et du comité régional du n°6 compte tenu des affrontements sur le terrain qui s'y sont produits.

"Li humain ça", a-t-il déclaré après avoir précisé que Pradeep Jeeha a participé à la réunion du bureau politique d'hier mais pas à celle du comité central qui s'est tenue après. Il a aussi annoncé qu'il animera une réunion du comité régional du n°6 avec Rajesh Bhagwan et Deven Nagalingum dans les prochains jours.

Répondant à d'autres questions, le leader de l'opposition a dit que sa prochaine Private Notice Question pourrait porter sur La Gaulette SSS si une solution n'est pas trouvée d'ici là, sinon ce sera sur l'affaire CMT/Bel Air Sugar Estate. Le comité central du MMM a, apprenons-nous, aussi évoqué, hier, l'affaire Boskalis, "des versements douteux à un nominé politique du Parti Travailliste".

Quant à l'initiative de certains députés de contester leurs allocations auprès du PRB, il a dit que son parti n'a rien à y voir et qu'il ne s'associera à aucune démarche dans ce sens.

En vue de dépolitiser l'heure d'été, Paul Bérenger compte proposer l'institution d'un Select Committee qui pourrait être présidé par le ministre Abu Kasenally lui-même et qui pourrait très rapidement faire un rapport.

Le comité central a aussi fixé au 3 août à 10h30 le rassemblement de l'aile jeune du MMM.


A l'Assemblée nationale, mardi dernier

CT Power : toujours de nombreuses questions sans réponses

Une nouvelle fois évoquée et toujours de nombreuses questions sans réponses. C'est ce à quoi on peut conclure après la nouvelle Private Notice Question du leader de l'opposition mardi dernier sur le projet CT Power. Le ministre des Services Publics, Abu Kasenally n'a fait que répéter ce que tout le monde sait déjà, à savoir que le projet a été revu et qu'il sera de deux unités de 55 MGW, que le Central Electricity Board y aura une participation à hauteur de 26% et que le prix plus compétitif de vente offert qui sera de Rs 4.20 ce qui est, en fait, légèrement plus bas que ceux pratiqués par les producteurs privés.

Paul Bérenger a, lui, mis l'accent sur le caractère éminemment polluant du charbon, combustible fossile qu'utilisera CT Power à un moment où le gouvernement parle de développement durable et d'une autre contradiction qui consiste à accepter une offre non-sollicitée après les propos tenus à cet effet lors des débats sur le Finance Bill indiquant que de telles offres seraient soumises à un contrôle plus rigoureux. Les nombreuses questions du leader de l'opposition sur les actionnaires de cette compagnie et ses références à l'étranger comme, par exemple, si elle opère, elle-même, des centrales à charbon sont restées sans réponses précises.

Le ministre a indiqué que le promoteur utilisera les dernières technologies pour limiter la pollution, que c'est d'ailleurs la UNDP qui va préparer les documents en vue de la soumission de la demande de EIA. Nando Bodha a relevé que le ministre avait reconnu, le 1er avril dernier, que le projet qui repose uniquement sur l'utilisation du charbon était potentiellement polluant tandis que Abu Kasenally s'est contenté de dire que les choses ont évolué depuis.

A Joe Lesjongard qui a posé des questions techniques sur, par exemple, l'utilisation de l'eau de mer pour le refroidissement des chaudières, le ministre a dit ne pouvoir répondre de manière précise à de tels points techniques et a ajouté, en réponse à une question de Rajesh Bhagwan qui exprimait des craintes quant au dumping d'équipements obsolètes sur le marché, que le gouvernement n'acceptera pas un tel état de choses. Il a, finalement, donné une garantie au leader de l'opposition, qu'il n'y aura pas manque d'électricité à l'avenir d'autant que le CEB a ses projets propres pour faire face à la demande.

Les accidents de voiture du directeur général de la MBC étaient au cœur de la Pirme Minister's Question Time, le Dr Navin Ramgoolam indiquant qu'il y a bel et bien eu un accident le 24 mai dernier, mais que Bijaye Madhoo ne s'y trouvait pas. C'est, a précisé l'auteur de la question, Mahen Jhugroo, le deuxième accident auquel cette voiture est impliquée alors qu'Ajay Gunness a voulu, malgré l'interdiction du Speaker, relever les nombreuses réparations qu'a subies ce véhicule, soit Rs 375 000 juste pour l'année 2006.

Il y a eu pas moins de 564 plaintes dont 449 pour des délits à caractère physiques et 115 d'agressions verbales au Police Complaints Office contre des agents de l'ordre, a révélé le Premier ministre à Joe Lesjongard qui l'interrogeait. Le plus étonnant dans toutes ces affaires, c'est que les enquêtes traînent, 408 étant encore sous investigation, 7 cas de poursuites et d'autres au bureau du DPP pour une décision. Quant à la création d'un organisme indépendant pour s'y pencher, Navin Ramgoolam a dit que le texte est presque prêt et qu'il est toujours en discussion. Impossible de dire si l'incendie survenu le 4 juillet dernier à la section légumes du marché central est accidentel ou criminel, l'enquête policière se poursuivant dans cette affaire, a déclaré le Premier ministre, à une question de Mahen Jhugroo.

VIH/Sida : 22% d'infectés en milieu carcéral

Pas moins de 54 cas de personnes sous caution qui ont perpétré d'autres délits, a répondu Navin Ramgoolam à une question à cet effet de Rajesh Bhagwan. A d'autres questions du même député, le Premier ministre a dit que la police a donné des instructions à ses officiers présents en Cour pour objecter de manière plus appuyée à la remise en liberté de personnes jugées dangereuses. Il a aussi abondé dans le sens du député pour dire que certains ont un accès trop libre à des bureaux et autres personnalités.

Le gouvernement a décidé d'installer une cellule de prise en charge du problème de VIH/Sida dans les prisons elles-mêmes, a, par ailleurs, annoncé le Dr Navin Ramgoolam après que le leader de l'opposition a relevé que le chiffre de 22% de personnes infectées en milieu carcéral est élevé. Le Premier ministre répondait à une question initiale du Dr Mungur sur les aides internationales à la lutte contre le sida.

Xavier Duval a été soumis à un feu roulant de questions sur les déboires d'une passagère malade qui a été laissée en Afrique du Sud par Air Mauritius, sur une compagnie qui aurait des dettes auprès de la Cargo Handling Corporation et sur les affiches taguées d'une croix noire par le ministère du Tourisme. Joe Lesjongard a contesté les réponses du ministre sur les péripéties qu'a vécues la malade mauricienne et il s'est montré particulièrement agacé de l'attitude du directeur de la compagnie nationale qui n'a pas daigné répondre à ses sollicitations. Sur les affiches, Xavier Duval a annoncé une campagne et des règlements en vue de décourager l'affichage sauvage. A noter aussi que la ministre de la Femme, Indranee Seebun a annoncé, en réponse à une question d'Arianne Navarre-Marie de nouvelles mesures pour mettre un terme à la vente de bonbons contenant lames, aiguilles et autres matières dangereuses.

A l 'heure des déclarations, il y a eu celles de Rajesh Jeetah indiquant que le prix de référence des produits pétroliers sont toujours ceux des pays du Golfe et que la référence singapourienne pour l'huile lourde date de 2004 et de Mahen Gowressoo sur l'inscription du Morne sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Il a remercié chaleureusement le Premier ministre pour son engagement à cette cause et s'est félicité des propos tenus après cette inscription tant par le leader de l'opposition que de Nando Bodha.

Deux textes votés, le Seafarer's Welfare Fund Act présenté par le Dr Rashid Beebeejaun qui crée formellement une structure pour venir en aide aux marins et à leur familles et qui a vu la participation de Paul Bérenger, d'Arvin Boolell, de Sunil Dowarkasing, de Shawkatally Soodhun, de Shakeel Mohamed et de Joe Lesjongard et le Courts (Amendment Act) de l'Attorney General qui fixe l'âge de la retraite des juges à 67 ans, un changement bien accueilli par Shakeel Mohamed et qu'Alan Ganoo a souhaité voir inscrire dans la Constitution, texte qui avait fixé l'âge à 62 ans et que Fazila Jeewa-Daureeawoo y a vu une perspective réduite de promotion pour certains.

A l'ajournement des travaux, la pollution à la Tour Koenig est revenue sur le tapis avec les interventions de Jean-Claude Barbier et de Sheila Grenade. Rajesh Bhagwan, a, lui, évoqué l'insalubrité de la Promenade Roland Armand.


Mardi prochain

L'ordre et la sécurité au cœur du Question Time

Treize questions pour le Premier ministre et la plupart axées sur l'ordre et la sécurité, le reste des interpellations sur un vaste éventail de sujets allant de la Road Tax au projet de reconversion de la Gaulette SSS en passant par les voyages privés de Patrick Assirvaden pour lesquels il a reçu des allocations du CEB pour terminer avec l'examen, en première lecture du Time Bill qui introduit l'heure d'été et, en deuxième lecture, le Additional Remuneration Bill qui réglemente le paiement de la compensation salariale à la fin de ce mois, The Local Government (Amendment) Bill qui prévoit le paiement d'une allocation aux conseillers, les trois Speaking Unions, Marathi, Tamil et Telugu Bills et le Utility Regulatory Authority (Amendment) Bill qui revoit certaines provisions de la loi de 2004. C'est l'agenda des travaux de mardi prochain.

C'est Sam Lauthan qui ouvre le feu des questions au Premier ministre avec quatre à la suite sur le poste de police de Trou Fanfaron, sur les moniteurs d'auto-écoles, sur les agressions à Camp Yoloff et la prolifération des sectes. Suivent des interpellations sur les arrestations à Karo Kaliptis (Joe Lesjongard), le mauvais comportement en autobus des étudiants (Sheila Grenade), la construction d'une nouvelle prison à Melrose (Sunil Dowarkasing), la liste de ceux qui on droit à une voiture officielle et la retransmission intégrale de la PNQ par la MBC (Mahen Jhugroo), la prostitution et les salons de massage (Nando Bodha), le sida dans les prisons (Mireille Martin), la réembauche d'officiers de police à la retraite (Anand Rucktoo) et le problème d'alcool et de drogue dns les régions de Pailles, Grande Rivière et Cité Vallijee (Arianne Navarre-Marie).

Pour les autres ministres, les revenus découlant de la Road Tax, le montant des contributions à la pension après le PRB, la mauvaise qualité du riz de ration et le nombre d'étudiants inscrits à l'Université de Maurice à la prochaine année académique, les terres acquises pour les stations du métro-léger et l'allocation de patentes de taxi dans la région de Paul Toureau et Ste-Croix.

Également évoqués, la chambre de décompression, l'exode des infirmiers, les 60 marchands ambulants de Curepipe menacés d'éviction, l'affaire Padkam, l'utilisation de tableau et de craie dans les écoles, la TVA, les feux de signalisation, les enquête auprès des touristes, les collèges nationaux, Enterprise Mauritius, l'installation de radars pour relever la vitesse sur nos routes, la pollution de l'air, le projet Gamma Coventa, le programme d'échanges de seringues, la fermeture de Mon Loisir, les maisons de Chebel, les dettes de plus d'un million de roupies rayée par la BDM, le retour du courrier MK 120 en partance pour Rodrigues, les prévisions à la baisse de la croissance, l'épidémie qui frappe les porcs naissants à Rodrigues, le Trust Fund pour les groupes vulnérables, le Morne, l'augmentation des tarifs d'électricité, les médicaments, les ZEP et le Berjaya Hotel.

A l'ajournement des travaux, le député de l'opposition Alan Ganoo évoquera avec le ministre des Administrations Régionales le problème de demande à l'unique école préprimaire Ste Anne à Chamarel, d'évacuer la salle du conseil de ce village.


Pravind Jugnauth, leader du MSM:

Estimation du taux de croissance:"Sithanen a induit l'Assemblée nationale en erreur"

Le leader du MSM, Pravind Jugnauth met en garde le ministre des Finances contre toute manipulation du chiffre de la croissance ou de son mode de calcul comme cela a été le cas, selon lui, pour les chiffres de l'inflation, du chômage, de la dette publique et des réserves en devises étrangères. Selon lui, Rama Sithanen savait bien lors du résumé des débats budgétaires que l'estimation de la croissance ne pouvait être de l'ordre de 6.2% ou de 7%. Il accuse, à cet effet, le ministre des Finances d'avoir "induit l'Assemblée nationale et la population en erreur".

"J'ai du respect pour les institutions internationales mais je pèse mes mots: le chiffre de la croissance avancé par le FMI pour 2007/08 et celui de Sithanen sont erronés et je mets le ministre au défi de me démentir", devait déclarer, hier, M. Jugnauth. Et de préciser qu'à la lumière de la réaction du ministre, il dira des choses de la nouvelle équipe du FMI ayant travaillé l'Article IV Consultations.

Le leader du MSM accuse, donc, M. Sithanen de "manipuler" les chiffres de la croissance économique. Se référant aux chiffres officiels du Bureau central des Statistiques et à ceux de la Banque de Maurice, il dira, ainsi, qu'alors que la moyenne de la croissance entre 2001 et 2004 a été de l'ordre de 4.25%, il n'a été que de 4.23% entre 2005 et 2007. "Encore que ce dernier chiffre ait été principalement dopé par la dépréciation massive de la roupie en 2005/2006". "Jamais la croissance n'a atteint 6%", soutient Pravind Jugnauth.

Il cite, à cet effet, d'une part, le MCB Focus qui a révisé son taux à 5.3% et de l'autre, le CSO qui l'évalue à 5.7% "sans tenir compte de la décélération anticipée du Tourisme et du Textile et en considérant uniquement la production du sucre inférieure à la prévision". Or, explique M. Jugnauth, à l'Assemblée nationale lors du résumé des débats budgétaires, le ministre des Finances s'est abstenu de se référer à ces prévisions révisées de MCB Focus et du CSO et a choisi de ne citer que le FMI.

Il met en garde le ministre contre toute "manipulation" du chiffre de la croissance ou de son mode de calcul comme, selon lui, cela a été le cas pour les chiffres de l'inflation, du chômage, de l'épargne, de la dette publique et des réserves en devises étrangères. Selon lui, M. Sithanen "veut manipuler la croissance" pour "cacher son échec comme ministre des Finances".

Passant en revue la situation dans un certain nombre de secteurs économiques, Pravind Jugnauth parle, d'abord, du textile dont la croissance chutera de 8% à 4.6%. "Déjà, la MEXA a tiré la sonnette d'alarme alors qu'il y a quelque temps, le ministre Jeetah laissait entendre que le pire est derrière nous". Selon le leader du MSM, ce sont les mesures prises par l'ancien gouvernement dont l'intégration verticale qui ont permis, pendant un certain temps, au secteur de reprendre un nouveau souffle.

Selon lui, alors que le présent gouvernement, la dépréciation de la roupie et la réimposition, pendant un certain temps, par l'Union européenne (UE) d'un quota sur les exportations chinoises ont permis un répit au secteur, un plan d'action pour au moins dix ans aurait dû, longtemps, être mis en place en vue, d'une part, de préserver les acquis, et de l'autre, permettre la transformation du secteur.

Pour ce qui concerne le Tourisme, Pravind Jugnauth se demande si le ministre de tutelle qui affirmait apporter "résultats sur résultats" dispose d'un plan d'ensemble pour contrecarrer la récession mondiale. Quant au secteur sucrier, il estime que la réforme tarde encore à se concrétiser.

Danger d'une inflation à deux chiffres

Selon lui, l'accord "historique" du 5 décembre 2007 entre le gouvernement et la MSPA "est au détriment des travailleurs et, encore plus, à celui des petits planteurs". "Huit mois après cet accord, on n'en sait toujours rien pour ce qui concerne l'actionnariat des travailleurs et des petits planteurs". Selon lui, la récente augmentation du prix du sucre sur le marché local ne va profiter qu'aux seuls établissements sucriers.

Quant à l'inflation et à la montée des prix, M. Jugnauth souligne que le CSO, MCB Focus, la Banque de Maurice et les institutions internationales attirent, tous, l'attention sur le danger d'une inflation à deux chiffres.

Il souligne, dans ce contexte, l'"incohérence" et la "cacophonie" pour ce qui concerne la politique monétaire marquées par la "guerre ouverte" entre le ministre des Finances et le gouverneur de la BoM comme, notamment, illustrée lors du discours de ce dernier à la réunion des gouverneurs des Banques centrales africaines.

Pour Pravind Jugnauth, l'"illusion" créée, dit-il, lors du budget à l'effet que les prix vont baisser ne tient plus. "Au contraire, les prix continuent d'augmenter qu'il s'agisse du poulet, de l'huile, du riz, des produits pétroliers, de l'électricité ou encore des fertilisants des petits planteurs". Pour lui, c'est "le calvaire pour le peuple" et la compensation salariale "s'est déjà évaporée".

Petite pique, au passage, au ministre du Travail "qui reconnaît, maintenant, que la compensation accordée n'est pas suffisante mais qui ne l'avait pas estimé au moment des travaux du National Pay Council (NPC)". La loi entérinant la compensation n'étant pas encore votée, M. Jugnauth estime que le ministre a encore le temps de prendre les mesures qui s'imposent.

Par rapport à la politique énergétique, le leader du MSM n'y trouve qu'incohérences et contradictions. Selon lui, il aura fallu des pressions de l'UE pour que le gouvernement se décide quant à l'adoption d'une National Energy Policy.

Selon lui, en matière d'énergie, le gouvernement "réinvente la roue!" Il en veut pour preuve que l'on en soit encore à un stade de projet-pilote pour ce qui concerne l'utilisation de l'éthanol "alors que depuis longtemps, ce biocarburant est utilisé au Brésil". Pravind Jugnauth évoque l'utilisation projetée de l'eau de mer à des fins de refroidissement pour le projet de centrale à charbon de Pointe-aux-caves et de son impact sur l'environnement.

Au sujet des terres de l'Etat, il trouve "inacceptable" qu'à ce jour, la liste des bénéficiaires depuis juillet 2005 n'a pas été rendue publique. Ce qui, selon M. Jugnauth, est un "déni de démocratie". "Publiez cette liste si vous n'avez rien à cacher!" Critiques, dans le même sens, par rapport au "morcellement de la mer" dans le cadre de l'amendement apporté au Fisheries & Marine Resources Act dans le cadre de l'adoption du Finance Bill.

Le leader du MSM rappelle, sous de rapport, que selon l'Article 538 du Code Civil, la mer est du domaine public et appartient, conséquemment, à tous les Mauriciens. Pour ce qui concerne le jugement du Privy Council attendu dans l'affaire Ashock Jugnauth, Pravind Jugnauth trouve que ce jugement "sera déterminant pour la démocratie".

Il confirme qu'au cas où une partielle était organisée à la lumière de ce jugement, le MSM présentera un candidat. Quant à savoir si c'est lui qui sera le candidat, M. Jugnauth explique que son parti en décidera en temps et lieu.

Le leader du MSM trouve "positif" l'amélioration du ton dans le langage entre le leader du MMM, Paul Bérenger et lui-même. S'il confirme que le MSM souhaite toujours une alliance avec le MMM, il trouve que ce changement de langage "ne suffit pas" et qu'il faut "des actions".


State Land Saga

Bel-Air P.G. : Dulull persiste et signe !

L'affaire des 104 arpents des Pas Géométriques de Bel-Air, au centre du scandale de pots-de-vin allégués d'un montant de Rs 50 millions, continue à faire des vagues avec la confirmation officielle d'une nouvelle publiée en exclusivité par Week-End dans son édition du 15 juin dernier. En effet, répondant à une interpellation du député du PMSD, Eric Guimbeau, le ministre des Terres, Asraf Dulull, a révélé que les Pas Géométriques de Bel-Air, identifiés par la compagnie Bel-Air Sugar Estate pour un important projet d'Integrated Resort Scheme (IRS) et de développements hôteliers, ont été alloués en l'espace d'un mois à la Compagnie Mauricienne de Textile Ltée du tandem François Woo et Louis Lai-Fat-Fur.

L'opposition parlementaire, dont le leader du MMM, Paul Bérenger, s'insurge contre cette décision dans la mesure où le terrain en question fait l'objet d'une enquête toujours en cours à l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) depuis mars 2006, soit plus de deux ans. Que ce soit du côté du MMM ou du PMSD, l'on dénonce le fait que ce dossier d'allocation des 104 arpents de Pas Géométriques de Bel-Air a été traité par le même ministre des Terres, contre lequel de graves allégations de " Bribery " ont été proférées alors que les conclusions officielles de l'enquête criminelle initiée aux termes de la Prevention of Corruption Act ne sont pas encore connues.

Ce qui étonne plus d'un dans ce dossier d'allocation des terres de l'Etat demeure la rapidité avec laquelle les procédures ont été bouclées pour l'octroi de ce terrain à la CMT. Les détails des dates ont été fournis personnellement par le ministre Dulull à l'Assemblée nationale mardi. Ainsi, en un mois les techniciens du gouvernement, notamment ceux des Terres et du Tourisme, ont mis les bouchées doubles afin d'éplucher le projet soumis par la CMT, avec le gouvernement donnant son accord pour la réservation des Pas Géométriques en mai dernier.

Asraf Dulull a fait comprendre à l'Assemblée nationale qu'avec le gel du dossier des Pas Géométriques de Bel-Air vers la fin du premier trimestre de 2006, surtout avec l'éclatement du scandale de la demande alléguée de pots-de-vin de Rs 50 millions impliquant le ministre des Terres, de nouveaux développements devaient intervenir en avril dernier. " Owing to circumstances beyond control, the application (submitted by Bel Air Sugar Estate) could not be processed further until a second application was received in april 2008 for tourism-related development project over the same site from Compagnie Mauricienne de Textile Limitée ", a-t-il fait ressortir.

Le ministre des Terres a ajouté que les projets soumis par les deux promoteurs privés lorgnant les 104 arpents de Pas Géométriques ont été étudiés et comparés. " When the request was made again, we looked into it and we had to compare the two projects. We had two applications. The level of investments of Bel Air Sugar Estate was Rs 2,5 billion and that of Compagnie Mauricienne de Textile Ltée was Rs 4,8 billion. On top of that, the CMT project was a stand-alone project on the Pas géométriques whereas the Société Bel Air Sugar Estate wanted to marry private land with State land to have hotel and IRS projects ", s'est évertué à justifier le ministre à l'heure des interpellations supplémentaires.

Le ministre a avancé une raison supplémentaire en vue de défendre la décision du gouvernement d'allouer ces 104 arpents à la CMT : " In line with our policy of democratisation of the economy, we have favoured the Compagnie Mauricienne de Textile Ltée. The private land is still available for projects to be carried out by Société Bel Air Sugar Estate. "

L'ébauche du projet soumis par la CMT pour appuyer sa demande de location à bail des Pas Géométriques de Bel-Air et de Rivière-des-Anguilles comprend la construction de deux établissements hôteliers de cinq étoiles d'une capacité de 400 chambres. De son côté, la Société de Bel-Air S.E. ambitionnait l'idée de démarrer un projet d'IRS et d'un hôtel sur ces mêmes sites.

Compte tenu de ce nouveau développement, le député Guimbeau n'a pu s'empêcher de s'interroger au sujet de cette décision vu que l'enquête de l'ICAC sur les allégations de pots-de-vin de Rs 50 millions est toujours en suspens ; " Is it proper practice that while an investigation is being carried out by ICAC following allegation of corruption on land issue, at the same time a letter of reservation is sent to CMT ? "

A cette interpellation supplémentaire, Asraf Dulull a tout simplement répondu que " it is a mere allegation and economic developments have to be carried out. The CMT has made an application. We have considered it and, based on its merits, we have agreed to allocate land ".

Force est de constater que dans la conjoncture, la demande de la CMT a bénéficié d'un " Really Fast Track Treatment " avec la requête soumise au mois d'avril de cette année et l'autorisation obtenue en mai. Par contre, la Société de Bel-Air Sugar Estate, qui avait occupé ces 104 arpents comprenant les Pas Géométriques Rivière-des-Anguilles (69 arpents 95 perches) et Pas Géométriques Bel-Air (34 A 50 P), pendant 30 ans (de 1969 à 1999) sous la forme d'un bail, a attendu huit ans en vain.

A l'expiration du bail de 30 ans de ces Pas Géométriques, la Société Bel-Air S.E. avait soumis au gouvernement en avril 2001 un projet de construction d'un complexe hôtelier et un projet IRS sur ces mêmes terres de l'Etat. Cette demande officielle fut réitérée en juin 2003 par les mêmes promoteurs.

Avec l'avènement du gouvernement de l'Alliance Sociale, Bel Air S.E. devait revenir à la charge avec le même dossier en octobre 2005, lors d'une des premières réunions du Fast Track Committee sous la présidence du Premier ministre, Navin Ramgoolam. Le dossier devait être entretenu jusqu'en février 2006 avant que n'éclatât le scandale des allégations de pots-de-vin de Rs 50 millions avec l'inculpation provisoire par le Central CID de l'homme d'affaires, qui aurait agi en tant qu'intermédiaire et la convocation du ministre Dulull aux Casernes centrales à des fins d'interrogatoire pour une enquête sans fin…


Eric Guimbeau : " Il y a anguille sous roche ! "

Le député de l'opposition Eric Guimbeau, qui poursuit sa croisade contre les zones d'ombre dans la gestion foncière au ministère des Terres, est monté au créneau afin de dénoncer " les contorsions ministérielles " concernant l'allocation expresse de ces 104 arpents de Pas Géométriques à Bel-Air.

" Dans la confirmation du ministre Dulull quant à l'octroi des Pas Géométriques de Bel-Air au groupe CMT, nous constatons deux méga-scandales. D'abord, une décision est prise par rapport au Prime Exhibit dans une affaire d'allégations de pots-de-vin d'une somme de Rs 50 millions, alors que les conclusions de l'enquête de l'ICAC ne sont pas encore connues. Un mépris total du gouvernement à l'égard des institutions de la République. La démocratie est bafouée comme dans une république bananière ", a argué Eric Guimbeau.

Le député du PMSD qualifie de " véritable farce " le paravent de la démocratisation de l'économie mis en avant par le ministre des Terres, Asraf Dulull, pour expliquer le choix de la CMT aux dépens de la Société Bel Air S.E. " Le ministre se rend ridicule avec ses explications pour justifier l'injustifiable. Tout le monde à Maurice, comme à l'étranger, sait que la CMT est un des plus importants groupes économiques opérant à Maurice. La démocratisation de l'économie formule CMT est tout sauf une démocratisation ", a-t-il ajouté.

" Ce qui est encore plus grave dans l'affaire des Pas Géométriques de Bel-Air est la vitesse ahurissante avec laquelle les procédures ont été complétées. Il doit y avoir anguille sous roche. C'est un scandale dans un autre scandale. Le tout a été accompli dans l'opacité la plus totale alors que le gouvernement parle de Good Governance. Tout cela ne relève que du bluff ", avance M. Guimbeau.

Le leader adjoint du PMSD maintient que dans le cas d'un éventuel retour du PMSD au gouvernement après les prochaines législatives, " nous allons instituer un Full-Fledged Audit sur le dossier des terres de l'Etat depuis juillet 2005. Tout le monde semble oublier le scandale de l'allocation des appartements de la NHDC ou encore la monnaie-dalle. " Le député de l'opposition reviendra à la charge mardi à l'Assemblée nationale avec le dossier d'un terrain acheté pour un projet de complexe omnisports mais qui finalement a été attribué à une compagnie privée.


ICAC : silence radio sur la saga des Rs 50 millions

Vingt-sept mois après les allégations formelles au QG du Central CID au sujet des pots-de-vin de Rs 50 millions contre l'octroi d'un bail sur des Pas Géométriques d'une superficie de 104 arpents à Bel-Air et impliquant le ministre des Terres, Asraf Dulull, c'est le mystère total quant aux conclusions de l'enquête confiée à l'Independent Commission Against Corruption (ICAC). A ce stade, seul l'homme d'affaires et intermédiaire qui serait proche du ministre des Terres, Raffick Peermamode, a été inculpé provisoirement par le Central CID au tout début de l'affaire.

Me Raouf Gulbul, dont les services avaient été retenus par Asraf Dulull, et Me Ashley Hurhanghee, l'avocat de Raffick Peermamode, interrogés, hier matin, par Week-End, ont affirmé n'avoir aucune idée de la suite de l'audition de leurs clients par la Commission anti-corruption il y a plus de sept mois. " C'est le silence radio complet du côté de l'ICAC. Et cela, depuis plusieurs mois déjà. Nous n'avons aucun renseignement sur ce qu'il est advenu de cette affaire. Nous ne pouvons dire si le dossier a été classé ou encore si l'enquête se poursuit ", devaient-ils indiquer en substance.

Ci-dessous, un rappel des principales dates de l'affaire des pots-de-vin allégués de Rs 50 millions avec le nom du ministre des Terres cité :

5 novembre 2005 : Réunion du Fast Track Committee présidé par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avec une Power Point Presentation du projet de Bel-Air S.E. Entre-temps, ayant eu vent de ce projet, Raffick Peermamode, homme d'affaires très connu sur la place, entre en scène en vue de faire accélérer les procédures vu sa " proximité " avec le ministre Dulull.

29 décembre 2005 : Par l'intermédiaire de Raffick Peermamode, selon la version des promoteurs de Bel-Air S.E. une réunion de travail se déroule au bureau du ministre Asraf Dulull au Moorgate House.

4 février 2006 : Impatience des promoteurs devant le retard pris et une correspondance sur un ton de reproche des promoteurs au ministère des Terres.

17 février 2006 : Le dossier du projet de Bel Air S.E. est à l'agenda de la réunion du Conseil des ministres après un premier passage le précédent vendredi.

24 mars 2006 : E-mail d'Anil Nemchand à Paddy Rountree au sujet des exigences transmises par Raffick Peermamode. Le libellé de ce message allégué est comme suit : " Honourable Dulull convened Mr Raffick Permamode yesterday morning 23/3 to appraise him of the latest development and I met Raffick later during the day. He informs me that Mr Dulull would be prepared to give us both plots conditional that we pay Rs 50 M on the following figure : Rs 500 000 for each acre, i.e. 100 acres x Rs 500 000 = Rs 50 M. If it is agreed he will finalise all the papers in ten days ".

Début avril 2006 : Anil Nemchand, PRO de Bel Air S.E. consigne une déposition au Central CID en alléguant que " Missié Peermamode dir moi le 23 mars ki minis Dulull dir donn li Rs 50 M li finaliz prozé IRS Bel-Air dans dix zur ". Il prend également la peine d'ajouter que cette demande de pots-de-vin de Rs 50 millions avait déjà été formulée avant le 23 mars 2006.

5 avril : Des limiers du Central CID procèdent à l'audition de l'intermédiaire Raffick Peermamode, qui est inculpé provisoirement. Pour sa remise en liberté conditionnelle, il doit fournir une caution de Rs 300 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 2 millions. Les enquêteurs attendent le retour de mission du ministre Dulull pour la suite de l'enquête.

6 avril : Le ministre Dulull fait publier un communiqué en guise de démenti aux allégations de pots-de-vin.

11 avril : Première PNQ de Nando Bodha en tant que nouveau leader de l'opposition sur le scandale du bribe allégué de Rs 50 millions, montant qui aurait été versé en euros. " Le ministre Dulull partira si un Prima facie Case est établi contre lui ", affirme le Premier ministre à cette occasion.

12 avril : Paddy Rountree de Bel Air S.E., entendu par le Central CID, maintient que la demande de pots-de-vin alléguée avait été formulée en deux occasions.

17 avril : Le ministre Dulull est convoqué aux Casernes centrales pour une première audition au sujet des allégations en question.

19 avril : Séance d'interrogatoire d'au moins six heures d'Asraf Dulull au Central CID. Les enquêteurs ont dû avoir recours à l'arbitrage du Directeur des Poursuites publiques (DPP) pour cet exercice face aux objections formulées par la " Legal Team " du ministre.

25 avril : Le commissaire de police d'alors, Ramanooj Gopalsing, prend la décision de référer le dossier des Pas Géométriques de Bel Air à l'ICAC, qui doit tout recommencer.

23 août : Raffick Peermamode est entendu par l'ICAC, qui avait procédé entre-temps à l'audition des responsables de Bel Air S.E.

23 novembre 2006 : Le ministre Dulull est convoqué à l'ICAC, qui s'intéresse au relevé de ses appels téléphoniques.

8 janvier 2008 : Asraf Dulull doit s'expliquer pendant deux heures et demie à l'ICAC au sujet de 23 appels téléphoniques échangés avec Raffick Peermamode répertoriés entre octobre 2005 et mars 2006. En guise de réponse, il affirmera que Peermamode est un de ses plus importants mandants et il récuse le fait que le sujet de conversation aurait pu être le bail de 104 arpents de Pas Géométriques de Bel Air.

Depuis le début de l'année, aucun autre détail n'a filtré du QG de l'ICAC au sujet de cette enquête portant sur des pots-de-vin allégués de Rs 50 millions.


Pollution à La Tour Koenig

Sylvio Michel appelle Anil Baichoo à "assumer ses responsabilités"

Sylvio Michel, leader des Verts Fraternels appelle le ministre Anil Baichoo à "assumer ses responsabilités" et à ne pas "céder au chantage" dans l'affaire de pollution industrielle à La Tour Koenig impliquant la Compagnie Mauricienne de Textile (CMT). Au cas contraire, les Verts Fraternels menacent de manifester devant le ministère de l'Environnement.

M. Michel explique que depuis la création de sa ville-satellite vers 1982 à la suite d'une décision du gouvernement travailliste de sir Seewoosagur Ramgoolam, la région de La Tour Koenig avait, à l'origine, une vocation résidentielle. Il dresse un parallèle entre la nouvelle affaire de pollution dans ce quartier avec celle d'il y a quelques années à l'île d'Ambre du côté de Poudre d'Or. Il souligne, à cet effet, que dans les deux cas, la pollution ont eu lieu le soir.

Le leader des Verts Fraternels se montre particulièrement virulent à l'égard de la CMT "dont on connaît le track-record". Pour lui, il n'est "pas question" de céder au "chantage" tendant, en substance, à soutenir qu'il ne faut pas s'en prendre à cette entreprise car elle créé des emplois. "J'espère que le ministre Baichoo et M. François Woo comprennent. Au cas contraire, nous manifesterons devant le ministère".

Autre activité économique évoquée par M. Michel et qui risque de nuire à l'environnement : l'aquaculture. Il rappelle, sous ce rapport, que c'est lui qui, en tant que ministre de la Pêche, avait piloté le premier projet de ferme marine à Pointe-aux-Feuilles. S'il se dit favorable à un développement planifié de ce genre de projets, Sylvio Michel estime qu'il serait "dangereux" d'envisager un développement sauvage de fermes marines autour de l'île.

Le leader des Verts Fraternels estime, par ailleurs, qu'il ne faut pas faire accroire aux pêcheurs artisanaux qui sont, pour la plupart, d'un certain âge qu'ils pourraient, eux aussi, prendre avantage du développement de fermes marines. Citant l'exemple de Pointe-aux-Feuilles, il explique que ce sont des jeunes qui peuvent éventuellement profiter de tels développements.

Quant à l'inscription du Morne au patrimoine de l'UNESCO, M. Michel dédie cette consécration à l'ensemble des anonymes "qui ne verront jamais leurs noms dans les journaux" qui ont soutenu, contre vents et marées, la lutte des Verts Fraternels à ce sujet durant les neuf dernières années. Il a critiqué ceux qui "n'ont pas eu la simplicité de reconnaître leur erreur et faire leur mea culpa" après leurs "articles violents" contre la démarche engagée par le gouvernement.

Maintenant inscrit au patrimoine mondial, le site du Morne est, désormais, explique Sylvio Michel, la convoitise de plus d'uns. D'où, dit-il, la nécessité d'être vigilant pour que le rocher emblématique garde son cachet de sanctuaire et ne soit la proie de quelque développement touristique qui risquerait de le souiller.

En marge des prochains débats parlementaires autour de l'institution de la Commission Vérité et Justice, le leader des Verts Fraternels demande à la MBC de retransmettre en direct ces débats et appelle tous ceux qui interviendront de participer aux débats "avec leur cœur et en vérité".

M. Michel se prononce, par ailleurs, contre tout projet de fermeture de la SSS La Gaulette et rappelle qu'il n'existe qu'un seul autre établissement secondaire d'État à Bambous dans tout le district de Rivière-Noire. Il dit avoir reçu l'assurance du ministre de l'Éducation que le collège d'État ne sera pas fermé mais que le ministère entend l'y adjoindre un centre de formation "révolutionnaire".


Salaires dans le secteur privé

Bunwaree annonce des révisions salariales chaque deux ans

Dans le cadre de la révision des lois du Travail, une clause sera introduite pour rendre obligatoire une révision salariale tous les deux ans dans le secteur privé. C'est ce qu'à laissé entendre le ministre du Travail, le Dr Vasant Bunwaree au terme de sa réunion, vendredi, avec les dirigeants du Fron Travayer Sekter Privé (FTSP).

Cette réunion visait à amorcer le débat autour des moyens à mettre en œuvre pour régler le problème de décalage dans les révisions salariales dans la fonction publique par rapport au secteur privé.

En effet, alors que le Pay Research Bureau (PRB) vient, encore une fois, d'assurer une révision salariale pour l'ensemble des fonctionnaires de même que des employés des corps para-étatiques et des Collectivités locales, les salariés du privé qui représente, quand même, trois salariés sur quatre, sont restés, pour la plupart, sur leur faim.

Les Remuneration Orders (RO) publiés par le National Remuneration Board (NRB) ne sont, en effet, pas révisés à intervalles réguliers alors que pour le secteur public, le PRB procède méthodiquement chaque cinq ans à une révision salariale. Dans certains secteurs comme la zone franche, par exemple, des salariés attendent même une révision salariale depuis plus de vingt ans.

C'est dans le but de corriger cette anomalie que le ministre Bunwaree a annoncé l'inclusion d'une clause dans le cadre de la révision des lois du travail pour rendre obligatoires des négociations collectives chaque deux ans dans les entreprises privées en vue de nouvelles révisions salariales. Dans le cadre de ces négociations, le patronat et les salariés pourraient, s'ils le souhaitent, signer un protocole d'accord les engageant pour une période de quatre ans. Au cas contraire, la révision salariale devra se faire tous les deux ans.


Ça va se savoir

L'option Rashid Beebeejaun se précise

C'est l'option Rashid Beebeejaun à la présidence de la République qui semble se préciser à l'approche de l'échéance du 30 septembre, date de l'expiration du mandat de sir Anerood Jugnauth. La stratégie de Navin Ramgoolam, dit-on, consistera à corriger la mauvaise perception qu'avaient provoqué ses initiatives de 2005. Avec Rashid Beebeejaun au Réduit, il devrait promovoir Xavier Duval au poste de vice-Premier ministre constitutionnel, ce qui, de son point de vue, apaiserait un électorat encore frileux sur les positionnements choisis aux dernières élections générales. Aller au Réduit pour l'actuel numéro 2 du gouvernement serait, de toute façon, une retraite dorée avec un nouveau salaire de président de Rs 275 000 exonéré d'impôt et des indemnités d'ancien ministre sur le dernier salaire qui devrait être au bas mot de Rs 150 000.

Black-out total sur FMA

Le ministre des Communications Extérieures n'a pas répondu à la question de Françoise Labelle sur les dettes que la compagnie France Maritime Agence Ltée auprès de la Cargo Handling Corporation tandis que son collègue Vasant Bunwaree a été des plus imprécis sur le rôle joué par un des directeurs français de la FMA, Philippe Bablon et le fait qu'il travaille dans le pays alors qu'il n'avait qu'un "business visa". Les activités de la FMA qui est une filiale du groupe maritime CMA/CGM ont déjà fait l'objet de dénonciations à l'ICAC.

Joël Rault out

Le couperet est tombé. Après la triste affaire Pizza Hut de Quatre-Bornes, l'échec devant les tribunaux et un appel logé contre toute attente et même une déposition consignée contre une de nos journalistes, Joël Rault a été prié de prendre congé de la présidence de la Tourism Authority. Il est remplacé par un autre PMXD pur cheval, Robert Pallamy. Un prix de consolation toutefois pour Joël Rault, il devient grand conseiller de Xavier Duval au Tourisme.


State House

Cérémonie de remise de décorations

Le président de la République, sir Anerood Jugnauth, a procédé pendant trois jours, soit de mercredi à vendredi, à la remise des insignes des décorés de la République à l'occasion du 40e anniversaire de l'Indépendance du 12 mars dernier. Ainsi, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a été fait Grand Commander of the Order of the Star and the Key of the Indian Ocean (GCSK), la plus importante décoration de la République.

A cette occasion, Navin Ramgoolam a rappelé qu'il avait accepté cette distinction à la demande pressante du président de la République. Douze Mauriciens, dont la ministre Sheila Bappoo, les anciens ministres Sylvio Michel et Deva Virahsawmy, le Chief Executive Officer d'Air Mauritius, Manoj Kumar Ujoodha, Aisha Timol de la Mauritius Bankers'Association, Anund Priyé Neewoor, secrétaire aux Affaires étrangères, le chef-commissaire de Rodrigues, Johnson Roussety, et le Special Adviser au Prime Minister's Office, Christian Rivalland, Domadur Toolsee et Kwong Ng Sui Hing, ont été faits Grand Officer of the Order of the Star and the Key of the Indian Ocean, (GOSK).

Huit décorations de Commander of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (CSK) ont été remises à Mahmood Edah Tally, Soorunsing Taukoordass, Mme Anita Bacha, Gérard Espitalier-Noël, Alain Gordon-Gentil, à Mme Ameenah Gurib-Fakim, Krish Ponnusamy et Jean-Georges Prosper.

Quatorze Mauriciens ont été faits Officer of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean, dont le surintendant Prem Raddhoa à titre posthume.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 20 juillet 2008