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Retraite anticipée pour le CP
Mahen Gopalsingh : "Je suis parti de mon propre gré"
"Le temps était venu pour moi de partir. Je n'ai
jamais été quelqu'un qui s'accroche à son
poste", a fait comprendre Mahen Gopalsingh. Ce dernier,
qui, comme on le sait, avait souffert de graves ennuis de santé,
dit cependant être en forme maintenant. Comptant 34 ans
de carrière au sein de la force policère, dont huit
années passées à la tête de la police,
Mahen Gopalsingh aura été celui qui aura été
à ce poste le plus longtemps depuis l'indépendance
du pays en 1968. Pour lui, la possibilité de demeurer au
poste de commissaire de police existait bel et bien, dans la mesure
où il n'a commis aucune faute grave qui aurait pu lui valoir
des sanctions constitutionnelles. Il a choisi de prendre sa retraite
anticipée parce que "le temps était venu",
insiste-t-il, sans vouloir en dire davantage. Il récuse
d'avoir été soumis à des pressions.
L'ex-homme fort des Casernes centrales compte maintenant s'accorder
"un délai de réflexion" afin de
décider des orientations à donner à la suite
de sa carrière. Il dit cependant avoir "plusieures
options ouvertes" qu'il considère de part et d'autre.
Ces options relèvent de son domaine de prédilection,
à savoir la sécurité. Il souligne également
avoir, entre autres, une proposition du gouvernement mais qu'il
n'y a rien d'officiel à cet effet pour l'instant. Mahen
Gopalsingh se dit "satisfait" de son bilan à
la tête de la force. "J'ai donné tout ce
que je pouvais". Il souhaite également bonne continuation
à son successeur.
Aux Casernes centrales, on attend maintenant la nomination du
nouveau commissaire de police. C'est la DFSC qui entérine
cette nomination. Il n'est un secret pour personne à l'effet
que c'est celui qui assure actuellement l'intérim au poste
de CP, le DCP Dhun Iswar Rampersad, qui est en ballottage plus
que favorable pour obtenir le poste laissé vacant par Mahen
Gopalsingh. Perçu pour beaucoup comme jouissant de la confiance
du Premier ministre, Navin Ramgoolam, Dhun Iswar Rampersad aura
dès son arrivée au poste de CP par intérim
pris de nombreuses décisions qui annonçaient la
fin de l'ère Gopalsingh. Déjà, lorsque la
santé de Mahen Gopalsingh s'est détériorée
et l'a poussé à prendre un long congé, la
décision de confier la suppléance au DCP Rampersad
et non au DCP Jean Bruneau, comme aura été tout
le temps le cas, avait déjà donné lieu à
de nombreuses spéculations.
Inamovible
Peu de temps après la nomination du DCP Rampersad comme
CP p. i., un certain nombre de high ranked officers, qui
étaient perçus comme faisant partie du cercle intime
du commissaire Gopalsingh devaient recevoir d'autres affectations.
Parmi les décisions de transfert ordonnées par le
CP p.i., la plus importante aura sans conteste été
celle de muter le DCP Crime, Tangavel Seerunghen, à
la Specal Supporting Unit (SSU). Cette décision
aura choqué plus d'un, dans la mesure où le DCP
Seerunghen était perçu, pour beaucoup, comme étant
inamovible à la tête du plus important département
de la police, à savoir la Central Criminal Investigation
Division (CCID). Le DCP Seerunghen devait être remplacé
par l'ACP Clifford Parsad, qui venait d'être promu au poste
d'assistant-commissaire.
Mais le CP p. i. ne s'est pas arrêté là et
s'est aussi permis d'effectuer une redistribution des cartes générale.
Dans cette optique, l'ACP Vinod Appadoo a quitté Port-Louis
Nord pour devenir chef des opérations de la police aux
Casernes Centrales. Il a été remplacé par
l'ACP Pregassen Vudamallay, qui se trouvait, quant à lui,
à la tête de la Northern Division. La division du
nord est maintenant sous la responsabilité de l'ACP Mahadeo
Ramchurn.
L'ACP Choolun Bhojoo, qui a pour sa part été à
la tête de la Western Division pendant un certain
nombre d'années, devait quant à lui atterrir à
Moka-Flacq, tandis que l'ACP Seeboo, devait quitter Moka-Flacq
pour la Central Division. L'ACP Pritamsing Juwahir, qui
était le n° 2 à la CCID à l'époque
ou l'ACP Sunneechurra était à la tête de la
criminelle, quitte pour sa part la Southern Division afin
de prendre les rênes du district de Port-Louis (Sud). L'ACP
Taujoo, qui lui se trouvait à la tête de Port-Louis
Sud, est devenu le nouvel homme fort de la Trafic Branch.
Décisions administratives
Alors qu'il était toujours en congé, Mahen Gopalsingh
a vu tour à tour disparaître son entourage immédiat,
ainsi que son gymnase personnel. Pendant ce temps, le DCP Rampersad
continue d'enchaîner les décisions administratives,
montrant par la même occasion qu'il entendait diriger la
force policière à sa façon. Dans la foulée,
le chef-inspecteur Murugesan, qui a été pendant
longtemps à la tête de la CID de Mahébourg
et qui aura joué un rôle de premier plan dans l'affaire
Sandra O'Reilly, reçoit son transfert pour Rose-Belle.
Les CI Ghoorah, Ramlogun, Ruhomah de même que l'inspecteur
Jagai se verront aussi confier des responsabilités dans
d'autres régions ou départements qu'ils ne maîtrisent
pas forcément. Le chef-inspecteur Tuyau fait aussi partie
de ceux qui ont été mutés. Affecté
pendant un bout de temps à Petite-Rivière, le CI
Tuyau est revenu au quartier général de l'ADSU,
suite à une décision du CP p. i.
Autre signe qui avait aussi été interprété
comme étant annonciateur du départ prochain du CP
Gopalsingh : le discours prononcé par le DCP Rampersad
lors de la cérémonie de présentation du Long
and Meritorious Service Medal à 574 officiers de
la force. Lors de son allocution, qui avait été
interpretée comme étant celle du nouvel homme fort
des Casernes centrales, le DCP Rampersad n'y avait pas été
avec le dos de la cuiller en ce qu'il s'agit de la discipline
et avait eu ceci à dire : "Il n'y a aucun doute
à l'effet qu'aujourd'hui est une grande occasion. Cela
fait pitié que je doive le dire ici, mais chaque semaine
deux à trois policiers sont suspendus de leurs fonctions.
Ces policiers ne ternissent non seulement l'image de la police,
mais exposent également la vie de beaucoup d'entre nous,
qui dévouons notre corps et notre âme à notre
travail. Ces policiers n'agissent pas de façon professionnelle,
ils sont en contact avec le milieu de la drogue et les gens malhonnêtes.
Ces gens réduisent à néant les efforts de
ces milliers de policiers qui sacrifient leur vie, jour et nuit,
pour la force policière. Les efforts sont ainsi réduits
à néant. À chaque fois, on gravit trois échelons
et l'on retombe de deux, par la faute de ces policiers. Cela est
intolérable. Nous demandons à tous les policiers,
surtout à ces potentielles brebis galeuses, de suivre l'exemple
donné par ces officiers qui sont récompensés
aujourd'hui". Ce message fort était clair
et net pour certains.
Avec cette redistribution générale des cartes, les
changements au sein même de l'inner circle de Mahen
Gopalsingh et la fermeté affichée par le DCP Rampersad
de prendre les choses en main à sa façon, les Casernes
centrales sentaient, depuis des mois, que les jours de Mahen Gopalsingh
à la tête de la force étaient comptés.
Seul un petit groupe d'irréductibles croyait toujours à
un retour aux affaires de ce dernier. Le principal concerné
a mis fin à tout suspense jeudi, en faisant valoir officiellement
son droit à la retraite
Paul Bérenger, hier
"Enlevez les taxes additionnelles avoisinant les Rs 2
milliards qui frappent les produits pétroliers"
Il faut enlever les taxes additionnelles de Rs 2 milliards par
an - en sus des Rs 3 milliards de la TVA - que le gouvernement
de l'Alliance sociale a introduit dans la structure des produits
pétroliers qui ont pour conséquence une augmentation
du prix pour les consommateurs. C'est ce qu'a déclaré,
à sa conférence de presse, hier, le leader de l'opposition
et du MMM. Paul Bérenger a aussi réclamé
la transparence dans les transactions de la State Trading Corporation
et le retour à l'exercice d'appel d'offres pour l'approvisionnement
en produits pétroliers.
Le leader du MMM a commencé par rappeler que lorsque l'Automatic
Price Mechanism avait été introduit avant 2005,
le taux maximal des augmentations avait été fixé
à 15% pour ne pas pénaliser entreprises et consommateurs
et que le gouvernement de l'Alliance sociale l'a porté
à 20% chiffre qui a été appliqué
lors du dernier exercice du 1 er juillet.
Bien que reconnaissant que les prix des produits pétroliers
ont augmenté sur le marché mondial, il a contesté
l'argument du gouvernement selon lequel c'est la seule explication
de la hausse qui intervient ici. Il a dit que ce sont les nouvelles
taxes introduites depuis 2005 sur les prix de ces produits qui
permettent au gouvernement d'engranger des milliards de roupies
et qui sont utilisées pour des subventions sur le riz,
la farine et le gaz qui avait été abolies dans le
premier budget Sithanen de 2006.
Ce sont donc les consommateurs eux mêmes qui paient ces
subsides, a fait ressortir le leader de l'opposition avant d'évoquer
les deux taxes additionnelles, en dehors de l'Excise Duty qui
font augmenter les prix pour les consommateurs. Il y a, d'abord,
les "expenses incurred by the corporation in connection with
the importation of petroleum produts et le "contribution
to Road Development Authority. Sur le premier item, les dépenses
de la STC, c'est Rs 1.50 par litre pour le diesel, ce qui fait
Rs 700 millions par an et sur la contribution pour la RDA, c'est
Rs 1.75 par litre, soit Rs 700 millions.
Rs 3,2 milliards de TVA juste sur le diesel et l'essence
Dans le cas de l'essence, pour les dépenses de la STC,
c'est Rs 1.40 par litre (Rs 170 millions par an) et Rs 1.85 pour
la contribution à la RDA (Rs 220 millions par an), ce qui
totalise pour le diesel et l'essence une somme de près
de Rs 2 milliards par an et qui est puisée de la poche
de consommateurs, des taxis, camions et bus.
Paul Bérenger rappelle aussi que, lors du dernier exercice,
il y a eu l'augmentation "absolument choquante" de la
contribution à la RDA alors même que le ministre
des Finances fait du tam tam sur le déficit budgétaire
et qu'il ramasse des revenus de la TVA par milliards. Et d'expliquer
que la TVA sur le diesel rapporte Rs 2,4 milliards et sur l'essence
Rs 800 millions, ce qui fait Rs 3,2 milliards par an. Non seulement,
on ne baisse pas la TVA mais on ne retire pas non plus les taxes
de Rs 2 milliards de contribution à la RDA, a-t-il déploré.
Et tout cela se fait dans une absence totale de transparence et
avec un prix de référence pris à Singapour
au lieu des pays du Golfe Persique, ce qui nous coûte beaucoup
d'argent et, sans appel d'offres, on ne sait pas quels sont les
parts représentées par le fret et l'assurance. C'est
un "énorme scandale" dont font les frais le
public voyageur et ces 20% d'augmentation ont déjà
été répercutés sur d'autres prix durant
ses derniers jours et ce n'est pas terminé, a-t-il dénoncé
ajoutant qu'après le record d'une inflation passée
de 5% à 10,7%, les dernières augmentations devraient
se traduire par un taux dépassant les 10%.
A l'heure des questions, le leader du MMM a souligné que
Rama Valayden aime se gargariser du Freedom of Information Bill
alors que sur l'achat des produits pétroliers et la gestion
de la STC, il y a un black-out total. Il a aussi rappelé
que du temps où les compagnies pétrolières
fonctionnaient en cartel, le gouvernement avait, dans les années
80, fait appel à la Kuwait Petroleum Corporation pour voir
plus clair dans tout le mécanisme du commerce du carburant
et qu'il avait ensuite procédé à des appels
d'offres pour obtenir les meilleurs prix.
Venant au Finance Bill qui sera présenté à
l'Assemblée nationale mardi prochain, le leader de l'opposition
a rappelé avoir soulevé le problème mardi
dernier lorsqu'il avait dénoncé le fait que le texte
contesté de l'Aquatic Business Activties Bill y avait été
glissé, ce qui est dangereux pour les pêcheurs et
les plaisanciers.
C'est au moyen d'un amendement au Fisheries and Marine Resources
Bill que le Finance Bill vient reprendre l'ABAB avec le Premier
ministre qui aura la possibilité de procéder à
la distribution de concession pour les "fish farms"
dans les lagons.
Paul Bérenger a ajouté que s'il est vrai que l'on
doit produire le plus possible ici même à Maurice
et que les "fish farms" ont un rôle à jouer
dans cette perspective, il faut bien en discuter faute de quoi
il y aura une panique et une colère du côté
des pécheurs, déjà pénalisés
par la hausse du prix du carburant et de ceux qui se soucient
de l'environnement. Il a réitéré son appel
au Premier ministre, au ministre de l'Agro-Indusrie et au gouvernement
qu'il y ait un texte séparé sur l'aquaculture après
un dialogue avec les forces vives, les ong engagées dans
la préservation de l'environnement.
C'est "pire que ce qu'a fait Bheenick" le subterfuge
auquel recourt Rama Sithanen", a déploré le
leader de l'opposition interrogé sur le nombre de textes
qui seront soumis à amendement dans le cadre du Finance
Bill. C'est de la "manipulation de bas étage",
a-t-il renchéri après avoir aussi cité le
budget supplémentaire voté dans une année
pour être dépensé dans une autre et il en
est de même pour cet amendement au Fisheries Act qui n'a
rien à avoir avec le Finance Bill.
Premier à avoir dénoncé les incidents
de Candos
Le MMM a, par la voix de son leader, samedi dernier, été
le premier parti et organisation à avoir condamné
les incidents survenus à l'hôpital Candos, a, par
ailleurs, déclaré Paul Bérenger rappelant
aussi avoir dit qu'il n'y a rien de plus dangereux pour un pays,
qui a plusieurs communautés, qu'un gouvernement et un Premier
ministre permettent que tel ou tel groupe de telle ou telle communauté
prennent la loi entre ses mains. Et tel est le cas et cela doit
cesser, a-t-il commenté.
C'est bon que le Premier ministre ait déclaré qu'en
tant que ministre de l'Intérieur et responsable de la police,
il ne permettra pas à aucun groupe d'aucune communauté
de prendre la loi entre ses mains mais il faut aller plus loin,
a commenté le leader de l'opposition qui a parlé
de problèmes dans sa propre circonscription à Plaisance
dimanche dernier qui ont permis de constater à quelle vitesse
des gens peuvent débarquer avec toutes sortes d'armes dont
celles à feu.
C'est extrêmement dangereux, a-t-il dit, ajoutant qu'il
est clair qu'il y a un grand nombre d'armes à feu illégales
dans le pays et le Premier ministre et la police doivent agir
sur les deux fronts, les groupes communaux qui prennent la loi
entre leurs mains et la profusion d'armes à feu. Il a
annoncé une Private Notice Question sur ce sujet.
Interrogé par la presse, le leader de l'opposition a tenu
à dire que le point n'est pas qu'il ait été
en contact avec la Voice of Hindu alors qu'il était Premier
ministre mais que ni Sir Anerood Jugnauth ni lui n'auraient, en
tant que Premier ministre, toléré qu'un quelconque
groupe prenne la loi entre leur mains. "Pas ine essaye meme!",
a-t-il déclaré ajoutant qu'il ne faut pas "pinpoint"
un groupe en particulier mais ne pas accepter que qui que ce soit,
groupe ou individu, prenne la loi entre leurs mains.
Évoquant les spéculations sur le poste de Commissaire
de police, Paul Bérenger a rappelé que ce n'est
pas le Premier ministre qui le nomme et que la Constitution prévoit
que c'est la Disciplined Forces Service Commission, dont le président
et les membres ont été désignés par
le président de la république, qui, en toute intégrité,
choisit le successeur de Ramanooj Gopalsing, sur la base de son
mérite et de sa compétence après consultations
avec le Premier ministre.
Il faudra donner toutes ses chances au successeur de Ramanooj
Gopalsing de faire son travail sans ingérence politique
aucune, a déclaré leader de l'opposition qui a aussi
dit compter sur la DFSC pour accomplir sa tâche dans le
délai requis et en toute intégrité. Il a
également dit souhaiter que, comme c'est le cas pour d'autre
fonctions, le leader de l'opposition qui a aussi des choses à
dire soit consulté.
"MSM/MMM ine fer Ptr tassé!"
Répondant à une question sur Madan Dulloo, Paul
Bérenger a confirmé que sa réintégration
au MMM a été plus d'une demi-douzaine de fois discutée
au bureau politique et que cela n'a suscité aucune objection.
Il a dit compter sur la discipline du parti afin que tous ceux
qui ont des opinions à exprimer sur ce sujet le fassent
à intérieur des instances. Il a évoqué
des spéculations sur d'autres informations qui sont véhiculées
à ce sujet.
Quant aux relations avec le MSM, Paul Bérenger a dit souhaiter
"bon voyage à ti frère" Pravind Juganuth
étant en déplacement à l'étranger
et a précisé que le travail au Parlement se fait
de plus en plus ensemble et que, sur le terrain aussi, cela se
passe ainsi. Il a cité l'élection du président
du conseil de district du nord ou "MSM/MMM ine fer Ptr tassé!"
et a ajouté que "kan elections vini, nu kone ki résultats
là pour été!";
Le leader de l'opposition a aussi parlé des Economic Partnership
Agreements et a souhaité que la France, présidente
de l'Union Européenne, relance les négociations
avec les ACP à ce sujet. Il en a été de même
pour le fonds de 1 milliard d'euros qu'il veut voir allouer aux
pays ACP pour les aider à surmonter la crise alimentaire.
APM : avec la TVA sur l'essence et le diesel
Pactole de Rs 500 M à l'État pour les trois prochains
mois
L'augmentation de prix des produits pétrolier rapporte
gros à l'État. Les dernières analyses indiquent
en effet qu'avec la récente augmentation de 20% pour le
diesel et 19,28% pour l'essence rapportera près de Rs 100
millions additionnels à l'État en matière
de taxe à valeur ajoutée (TVA). Ainsi, pour ce troisième
trimestre de l'année, soit entre le 2 juillet et le 30
septembre, le gouvernement encaissera un pactole de Rs 500 millions
à travers la TVA. Si le même prix est maintenu jusqu'en
juin de l'année prochaine, ces gains représenteront
un montant de Rs 2 milliards. Il n'y a pas uniquement le gouvernement
qui gagne. En augmentant par 30 sous la contribution à
la Road Development Authority (RDA), les subsides destinés
aux compagnies d'autobus et à cette même organisation
s'élèveront à Rs 700 millions par an. Par
le même procédé, avec le nouvel item, une
"provision for hedging" de Rs 1,50 introduite
en catimini en janvier dernier, la STC s'offre une marge de manoeuvre
de Rs 550 millions par an pour "jongler". Enfin, les
derniers gagnants dans ce dernier exercice de révision
des prix sont les stations service. Ils ont obtenu une augmentation
de 46 sous sur chaque litre de carburant. À noter également
qu'un levy de 15 sous a été appliqué
sur les produits pétroliers, cela dans le cadre du projet
Maurice île durable (MID).
C'est dire que derrière chaque révision de prix
des produits pétroliers se cachent des chiffres et de gros
sous avec lesquels la STC, le ministère du Commerce et
de l'Industrie et le ministère des Finances jonglent pendant
toute l'année financière. Au terme de la dernière
réunion de l'Automatic Pricing Mechanism (APM), décision
a été prise d'appliquer une hausse maximale pour
le diesel, c'est-à-dire 20%, et 19,28% pour l'essence.
Ainsi, depuis mardi, le prix du diesel est passé de Rs
35,60 à 42,70 et celui de l'essence de Rs 41,50 à
Rs 49,50. C'est la première fois que le prix des carburants
a atteint un tel niveau à Maurice, alors que sur le marché
international, le prix du baril de pétrole continue à
battre tous les records.
Il reste que chaque exercice de révision de prix sous l'APM
réserve son lot de surprises. Pour le présent exercice,
la STC explique que c'est une combinaison de facteurs qui justifie
la présente augmentation, dont le prix du CIF (coût,
assurance et fret), le volume de vente, la windfall gain or
loss, la hausse de la demande dans le monde ou encore la situation
géopolitique dans le monde, qui favorise la flambée
des cours du pétrole. Le baril de pétrole a subi
une augmentation de 264 % en une année, passant de US $
40 à $ 143. Pour le directeur de la STC, le prix réel
du diesel aurait été de Rs 50,87 si l'intégralité
de la hausse avait été appliquée, soit 42,91%.
L'huile lourde aurait dû coûter 59,48% plus cher.
Avec cette tendance, il n'est pas à écarter qu'une
nouvelle hausse de 20% soit appliquée en octobre prochain
car, comparativement à l'essence, le prix du CIF sur le
diesel a connu une hausse substantielle au cours de ces derniers
mois. Les analystes estiment ainsi que le diesel devrait coûter
plus cher que l'essence dans les mois à venir. Cela est
d'autant plus plausible lorsqu'on analyse la progression du prix
du diesel en quatre ans ; il a presque quadruplé. En juin
2004, un litre de diesel se vendait à Rs 11,90 contre Rs
42,70 aujourd'hui. Et si la hausse maximale est appliquée,
il traversera alors la barre symbolique des Rs 50 (Rs 51,24) !
Le diesel bientôt plus cher que l'essence
Le directeur de la STC a sans doute raison de demander à
la population de faire preuve de retenue et surtout d'éviter
de faire du gaspillage. Car en sus des facteurs influençant
le prix des carburants sur le marché local, le gouvernement
ne se prive pas pour encaisser plus d'argent à chaque augmentation
de prix. La TVA en est la preuve. La hausse de 20% et de 19,28%
sur le diesel et l'essence respectivement rapportera en effet
au gouvernement des gains additionnels de Rs 93 millions par mois.
Pour les trois prochains mois, le gouvernement encaissera près
de Rs 500 millions en matière de TVA. Si le même
prix est maintenu en une année, les revenus perçus
à travers la TVA totaliseront plus de Rs 2 milliards. Ce
qui invite le porte-parole de l'Institute for Consumer Protection
(ICP), Mosadeq Sahebdin, à protester : "Nous ferons
des représentations au gouvernement dès cette semaine
pour appliquer un plafond fixe pour la TVA."
Attendons voir quelle sera la réponse du ministère
des Finances ! En tout cas, ce n'est pas le trop d'argent récolté
à travers la TVA, ni les facteurs influençant le
prix des produits pétrolier, qui a empêché
les décideurs de faire payer encore plus aux consommateurs.
En sus de l'augmentation du CIF, la légère remontée
du dollar et l'augmentation du prix du pétrole, la STC
et le gouvernement ont augmenté une nouvelle fois la contribution
à la RDA par 30 sous, passant de Rs 1,55 à Rs 1,85
pour l'essence et Rs 1,45 à Rs 1,75.
Dans une enquête publiée dans ces mêmes colonnes,
nous avions dénoncé le manque de transparence de
la STC en utilisant la contribution à la RDA pour alimenter
un fond destiné à subventionner les opérateurs
du transport public, notamment le Bus Companies Recovery Account
(BCRA). En fait, 25 sous seulement sont versés sur le compte
de la RDA. La différence, qui passe désormais à
Rs 1,60 pour l'essence et Rs Rs 1,50 pour le diesel, sert tout
simplement de subside pour le diesel et le transport gratuit.
Ce qui représente sur une année un montant total
de Rs 600 millions destinées aux compagnies d'autobus et
quelque Rs 100 millions à la RDA !
Transparence ? Pas le fort de la STC
Ce que la STC a également omis de révéler
sont les Rs 225 millions obtenues au cours de ces six derniers
mois à travers la provision for hedging, qui a été
inclus dans la structure des prix lui permettant de déterminer
la basic value des produits pétroliers. Cela n'est
pas indiqué dans la structure officielle des prix communiquée
par la STC. Pourquoi ? Pourtant, ces Rs 1,50 sur chaque litre
de carburant représentent une cagnotte de Rs 550 millions
sur un an. La transparence n'est définitivement le fort
de la STC, d'autant que nous apprenons que les membres du Certification
Committee de l'APM ne sont plus autorisés à conserver
les documents fournis par la STC lors de chaque exercice de révision.
À cause des fuites d'information, apprenons-nous !
La structure des prix de la STC n'indique également pas
le levy 15 sous sur chaque litre de carburant comme annoncé
par vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen.
Les Rs 68 millions récoltés à travers ce
levy seront versées dans le MID Fund en vue de financer
la promotion des énergies renouvelables et des projets
écologiques.
Enfin, les gérants des stations service, lesquels on n'a
pas entendu grogner ces derniers temps, sont aussi les gagnants
de ce dernier exercice de révision de prix. La retail
margin, réajustée dans en juillet dernier
(16 sous et 20 sous additionnels sur l'essence et le diesel respectivement),
a été revue à la hausse. La STC, étrangement
généreuse, leur a accordé cette fois une
augmentation 46 sous sur l'essence et 48 sous sur le diesel.
Crise énergétique
CEB : le baril de pétrole fait flamber le coût
du Kw/h
À peine les premières recettes supplémentaires
encaissées suite à la hausse de plus de 20% des
tarifs d'électricité en vigueur depuis le 1er avril
dernier, le Central Electricity Board (CEB) se retrouve
de nouveau dans la zone rouge. Flambée du baril du pétrole
sur le marché mondial oblige ! Ce n'est pas la direction
générale de cet organisme para-public qui contredira
cette affirmation, même si pour l'instant elle se contente
d'affirmer deux choses : le bilan financier officiel n'a pas encore
été dressé et pour l'instant aucune nouvelle
majoration des tarifs n'est préconisée. Le fait
brutal demeure que le baril de pétrole fait flamber le
coût du kilowatt/heure (Kwh) et que ce constat est établi
indépendamment des nouveaux coûts des carburants
fixés avec le dernier exercice de l'Automatic Price Mechanism
(APM) de la State Trading Corporation (STC).
"Les opérations financières dans le rouge"
" Au CEB, les opérations financières sont
toujours dans le rouge, même si avec la hausse des tarifs
d'avril nous avions cru pouvoir rétablir la situation.
Un simple fait inéluctable : chaque majoration d'un dollar
américain du baril de pétrole sur le marché
mondial se traduit par une augmentation de coûts d'opération
de l'ordre de Rs 6 millions. C'est aussi transparent que cela
", avancent des sources autorisées au CEB.
Dans la conjoncture, elles préfèrent éviter
de faire de commentaires d'ordre général sur la
situation financière du CEB en soutenant que "
nous n'avons pas encore fait le compte global. "
Mais il n'y a pas que le coût du baril du pétrole
qui pèse lourd dans la balance du CEB. Le cours du charbon
sur le marché mondial est passé d'une moyenne de
US $ 70 la tonne l'année dernière à quelque
$ 200 pour les cargaisons attendues ces jours-ci. L'autre problème
avec le charbon demeure le coût du fret passant de $ 15
à environ $ 50 la tonne.
" L'écart entre le charbon et le pétrole
était jusqu'à l'année dernière de
70%. Aujourd'hui, il est de 35% en termes de coûts de production.
L'écart a complètement été comblé.
Pour ce qui est de la bagasse, nous avons tendance à croire
que le coût serait plus économique. En réalité,
le CEB paie la bagasse plus cher que le charbon ",
poursuit-on du côté du CEB en brossant un tableau
général de l'équation énergétique.
"Coût de "production doublé"
Avec de telles données, le CEB se retrouve avec un coût
de production presque doublé du Kwh pour la centrale thermique
de Fort-George, soit de Rs 5,50 contre une moyenne de Rs 2,70
alors que l'unité d'énergie générée
à partir du charbon s'approche de la barre des Rs 3,50.
Les Independent Power Producers (IPP) devraient se retrouver avec
un coût unitaire d'énergie de l'ordre de Rs 4, indiquent
des spécialistes de la question approchés par Week-End.
" Nous tentons de minimiser les coûts en ayant recours
à l'hydro. Au CEB, nous pouvons assurer les abonnés
que l'heure n'est pas à une nouvelle majoration des tarifs
", affirme-t-on officiellement du côté
du QG du CEB. L'un des points positifs à ce tableau est
qu'au cours de ces trois derniers mois le CEB a observé
une baisse d'une dizaine de mégawatts dans la consommation
d'énergie aux heures de pointe.
" Les données statistiques enregistrées
confirment une baisse dans la pointe d'une dizaine de MW au cours
de ces trois derniers mois. L'une des principales conclusions
est que la campagne de sensibilisation pour une utilisation plus
efficiente de l'énergie électrique et en faveur
de la consommation commence à porter ses fruits. Il ne
faut pas aussi oublier que les abonnés du CEB se sont mis
à réagir après la mise en vigueur des nouveaux
tarifs révisés à la hausse à partir
d'avril. Ils commencent à sentir le poids de la facture
mensuelle ", explique le porte-parole officiel
du CEB pour justifier la nouvelle tendance.
Avec cette baisse dans la pointe, le CEB gagne au change car une
telle situation évite l'entrée en opération
aux heures de pointe de la centrale thermique de Nicolay où
le coût de production est de Rs 7,89 l'unité. Mais
le CEB poursuit le close monitoring de l'évolution
de la situation avant de s'embarquer dans de nouvelles projections
de la demande ou encore dans des analyses sur la situation financière
et les mesures d'ajustement.
D'autre part, le rapport final portant sur l'élaboration
de la politique énergétique de Kantor Management
Consultants a été soumis au gouvernement
à la mi-juin. Si cette version de la politique énergétique
tient compte des commentaires et suggestions élaborés
par la partie mauricienne, elle demeure sensiblement la même
que la première. L'adoption d'une politique énergétique
à long terme est un des Key Performance Indicators
agréés avec l'Union européenne dans le cadre
de la réforme sucrière.
"Une réforme en quatre phases"
La réforme du secteur énergétique devra se
faire en quatre phases distinctes, soit :
la première avec la proclamation de la loi visant à
instituer un " Independent, Empowered and Resourced Utility
Regulator " ;
la deuxième étape la division du CEB en quatre compagnies
bien distinctes " with separate management and accounts,
in order to create business conditions under which effective regulation
is practice " ;
la troisième, permettre à ces nouvelles compagnies
du CEB d'opérer en tant que " normal utility companies,
covering costs, making a return and not relying on government
support, while simultaneously determining how the coal-bagasse
generators perform in an Independent-regulated environment "
et ;
la quatrième étape devra permettre au régulateur
de décider si la libéralisation complète
du secteur énergétique est désirable à
Maurice.
" The new Energy Policy of Mauritius can be summarized
with the words : secure, competitiuve and sustainable. At present,
energy in Mauritius is not Secure, not Competitive and not Sustainable
", note le rapport officiel soumis par les consultants
étrangers de Kantor.
Carbon Credits : bénéfices de Rs 790 millions
p. a.
Maurice prétend de pouvoir bénéficier des
avantages sous le Clean Development Mechanism (CDM), institué
sous le Protocole de Kyoto dans la lutte contre le réchauffement
de la planète. Le rapport sur la politique énergétique
mise sur le potentiel des projets énergétiques pour
générer des recettes. Dans cette perspective, Maurice
pourra bénéficier de rentrées de devises
de l'ordre de Rs 790 millions annuellement sous forme de carbon
credits.
" A number of energy projects would appear to be eligible
candidates to attract financing under CDM. Some investment in
all of these sectors could yield up to 1.8 million tonnes of CO2
savings per year. The list is not exhaustive. More options could
be formulated such as the use of carbon finance to help in the
construction of the new city to be built in Reduit 2008-2017 ",
souligne le rapport des consultants.
Objections de Kantor aux subsides sur le prix du gaz
Le rapport de la politique énergétique élaboré
par Kantor Management Consultants revient avec force sur
la nécessité de revoir la politique de subsides
sur le prix de vente au détail du gaz ménager. Les
consultants avancent que cette politique fait partie du "
old thinking that should be reformed " en ajoutant que
Rs 9 sur les Rs 10 dépensées à cet item budgétaire
ne sont pas utilisées à bon escient.
" The subsidy mainly goes to households who do not need
it. Removing the subsidy would release very large sums that could
be used to provide low-income households with the assistance they
need, and also fund a programme to provide these deserving households
with solar hot water systems or low-energy refrigerators. Thus,
there could be a substantial reduction in the number of households
who find energy unaffordable ", s'appesantissent-ils.
Une autre façon de relancer le débat sur la politique
de subsides du gouvernement en ce début d'année
financière
Poursuites contre trois journalistes
La charge de diffusion de fausses nouvelles rayée mais...
Les poursuites intentées au rédacteur en chef de
Week-End, Gérard Cateaux et à deux journalistes
de Radio Plus, Josian Valère et Annabelle Volbert, ont
pris une nouvelle tournure cette semaine. En effet, les charges
de publication et de diffusion de fausses nouvelles qui pesaient
contre eux ont été rayées en cour de Port-Louis
lundi. Cependant, ils font toujours face à un procès
pour diffamation. Mes Yanilla Moonshiram et Raouf Gulbul, qui
défendent les intérêts des trois journalistes,
ont présenté une motion afin de demander que cette
seule charge qui pèse encore contre eux soit également
rayée.
La décision de rayer les accusations provisoires de publication
et de diffusion de fausses nouvelles a été prise,
suite à la décision prise par le directeur des Poursuites
publiques (DPP) de ne pas aller de l'avant avec lesdites accusations.
Par contre, en ce qu'il s'agit de la charge de diffamation, Me
Anuradha Purryag-Ramful, qui représente la poursuite dans
cette affaire, a objecté aux motions présentées
par Mes Moonshiram et Gulbul. Pour les avocats de la partie défenderesse,
aucun délit n'a été commis par les trois
journalistes. Ils ont aussi fait ressortir que l'accusation dont
les journalistes ont à répondre va à l'encontre
de la liberté d'expression, garantie sous la Constitution
de Maurice.
Les débats autour des motions de radiation des charges
auront lieu le 18 août prochain.
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