a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 6 juillet 2008



  Après le PRB Syndicalisme : une grave crise secoue la NTUC !
  Retraite anticipée pour le CP - Mahen Gopalsingh : "Je suis parti de mon propre gré"
  Paul Bérenger, hier - "Enlevez les taxes additionnelles avoisinant les Rs 2 milliards qui frappent les produits pétroliers"
  APM : avec la TVA sur l'essence et le diesel - Pactole de Rs 500 M à l'État pour les trois prochains mois
  Crise énergétique - CEB : le baril de pétrole fait flamber le coût du Kw/h
  Poursuites contre trois journalistes - La charge de diffusion de fausses nouvelles rayée mais...


Après le PRB

Syndicalisme : une grave crise secoue la NTUC !

À la veille d'importantes consultations sur l'adoption de deux lois-cadre, soit le Employments Rights Bill et le Employment Relations Bill, le monde syndical fait face à une grave crise et se retrouve au bord de l'éclatement. En effet, la National Trade Union Confederation (NTUC), qui regroupe jusqu'ici sept des plus importantes centrales syndicales du pays, court vers la confirmation d'une importante scission. En effet, suite à une manœuvre initiée par le président de la Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC), Toolsiraj Benydin, une assemblée générale spéciale a été convoquée le jeudi 31 juillet en vue de remplacer les dirigeants de la NTUC. De son côté, le président de la NTUC, Clency Bibi, président de la General Workers Federation (GWF), ciblé par cette initiative, rappelle que l'une des conséquences sera l'effritement de l'unité syndicale tant nécessaire dans la conjoncture et que " les syndiqués prendront note que les activités internationales de Benydin ont primé sur l'unité syndicale. "

Les observateurs de la scène syndicale n'hésitent pas à affirmer que les germes de la division ont été semés depuis les consultations au sein du National Pay Council en vue de fixer le montant pour la compensation salariale effective à partir du 1er juillet pour les salariés du secteur privé. Un autre aspect du problème majeur susceptible de mener à une profonde division dans le monde syndical demeure les agissements du président de la FSSC.

" Des divergences majeures avaient été notées entre ces deux ailes au sein de la NTUC en ce qui concerne le démantèlement de la formule de compensation salariale avec la légitimité accordée au National Pay Council par la présence de certaines fédérations syndicales pas directement concernées par la compensation salariale. Leurs membres lorgnaient du côté PRB. Il semblerait que les échanges au niveau social le vendredi 6 juin, lors du cocktail après la présentation du budget 2008-09 par Rama Sithanen, Toolsiraj Benydin s'est senti pousser des ailes pour démanteler la NTUC ", affirme-t-on dans le camp de ceux visés par le move du 31 juillet du président de la FSSC.

En effet, depuis le début de juin, Toolsiraj Benydin est parti en guerre ouverte contre le nouveau bureau de la NTUC installé lors de l'assemblée générale annuelle tenue le 10 mai. Selon la formule de rotation, qui avait été agréée, la présidence de la NTUC est revenue à Clency Bibi de la GWF, celui de secrétaire à Giandeo Peeharry et celui de trésorier devait être occupé en principe par Toolsiraj Benydin de la FSSC.

Lors de la composition du bureau directeur de la NTUC, le président de la FSSC décline la proposition pour le poste de trésorier de la NTUC en faisant prévaloir ses " international activities " nécessitant différents déplacements à l'étranger. Devant cette éventualité, le poste de trésorier de la NTUC est revenu à Atma Shanto de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU). Les représentants des quatre fédérations dans le giron de la FSSC devaient également effectuer un walk-out avant la fin de l'assemblée générale annuelle du 10 mai dernier.

Face à cet échec au sein de la NTUC, le président de la FSSC s'assure une majorité de membres en s'associant à la Fédération des Syndicats des Corps Constitués (FSSC) de Deepak Benydin, de la FFW et de la CMT pour contester officiellement la composition du bureau et pour réclamer de nouvelles élections. Les représentants de ces quatre centrales sur sept entérinent également la décision de confier au président de la FSSC un comité ad-hoc pour un nouveau scrutin.

Dans le sillage de cette demande formelle, le président en exercice de la NTUC attire l'attention des membres sur le fait que " all office bearers were democratically elected " lors de l'exercice du 10 mai. Dans une correspondance en date du 27 juin adressée à tous les membres de la NTUC, Clency Bibi dénonce la manœuvre de Toolsiraj Benydin pour tenter de revenir au sein du bureau à d'autres fonctions plus importantes que celles de trésorier tout en citant des précédents avec les mêmes caractéristiques.

" It is worth mentioning that this is not the first time that Mr Toosiraj Benydin declined the post of treasurer, when it was the turn of the FSCU to occupy this post. In 2005, the same reason, international activities, were also invoked for non-acceptance of the post of treasurer by Mr Benydin, while according to the agreed roster system, it was the FCSU turn to occupy this post ", souligne le dirigeant syndical de la GWF.

Plus loin, Clency Bibi souligne que " while Toolsiraj Benydin was either president in 2006 or General Secretary of the NTUC in 2007, at no point in time, as president of the Federation of Civil Service Unions, did he propose any modification of the agreed rotation system or ensure that the rules of the NTUC is amended. "

L'actuelle présidence de la NTUC, malgré la démission d'Auguste Follet, représentant la FFW, et Mme T. Taukoorchand de la CMT, se déclare disposée à convoquer toute assemblée générale spéciale de la NTUC pour se pencher sur les moyens de lutter pour améliorer le sort des salariés. Elle soutient qu'il n'y a aucune justification pour accéder à la demande de révocation de l'actuel bureau directeur de la NTUC.

" Should you feel that the international activities of Mr Benydin are more important than the unity of the NTUC and its historial importance, you have the right Under section 73.1 to take relevant actions that you deemed appropriate as per the rules of the NTUC ", avance Clency Bibi.

Le président de la GWF s'appesantit sur le fait que l'urgence syndicale du moment s'articule autour de problèmes bien plus graves que des questions relevant des intérêts personnels avec, notamment, l'attitude " anti-travailleurs " adoptée par le gouvernement, la présention prochaine de deux projets de loi, le Employment Rights Bill et le Employment Relations Bill pour remplacer le Labour Act et l'Industrial Relations Act, le démantèlement de la compensation salariale annuelle avec l'avènement du National Pay Council, l'extension de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans, la réforme économique favorisant le patronat menée par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen.

Le bras de fer entre les fédérations syndicales s'alignant sur une ligne politique de gauche, comme la GWF, la FPU et la FTU et celles tournant dans le giron de la FSSC aborde son ultime étape. " La constitution de la NTUC prévoit que chacune des fédérations en faisant partie dispose d'un même nombre de votes indépendamment de leur représentation des salariés. Dans la conjoncture, le camp de Toolsiraj Benydin disposera de 40 voix alors que le trio GWF, FPU et FTU 30. Avec une telle configuration, Toolsiraj Benydin devrait être en mesure de révoquer l'exécutif et remettre en cause l'accord historique sur la rotation ", souligne-t-on dans les milieux syndicaux avisés.

" Qui profitera de cette scission dans le monde syndical provoqué par des motivations purement personnelles de certains ? Évidemment, le gouvernement, qui pilote un agenda de réforme anti-travailleurs, et son allié de toujours, le secteur privé. Cet éclatement syndical, dont l'une des causes est les activités internationales de Benydin, fera reculer la lutte syndicale alors que les petits salariés sont écrasés de manière inexorable par l'érosion du pouvoir d'achat et un patronat insatiable de profits ", devaient-ils poursuivre tout en avançant que les dés sont quasiment jetés au sein de la NTUC et qu'un éclatement de cette confédération syndicale est inéluctable…


FSSC : grogne anti-Benydin

En marge de la situation de crise au sein de la National Trade Union Congress (NTUC), la grogne se fait également sentir au sein de la Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC), le président Toolsiraj Benydin étant pris pour principale cible. Les séquelles de l'adoption des recommandations salariales du Pay Research Bureau (PRB) demeurent la cause de cette fronde syndicale, qui touche non seulement les petits salariés mais également ceux faisant partie des grades professionnels dans la fonction publique.

Un front commun professionnel est en voie d'être dégagé au sein de la fonction publique pour contester le président de la FSSC car ces fonctionnaires, qui se disent lésés par des recommandations du PRB, reprochent ouvertement au président de la FSSC son empressement pour se féliciter des recommandations du PRB au niveau de la réforme de l'âge de la retraite.

" Nous ne comprenons pas pourquoi le président de la FSSC a cru nécessaire de se précipiter pour accepter le rapport du PRB et pour féliciter le vice-Premier ministre et ministre des Finances ", soutient un des principaux animateurs de ce front. Le principal reproche adressé à Toolsiraj Benydin concerne l'acceptation de l'introduction de la pension contributive et de l'extension de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans dans la fonction publique.

" Toolsiraj Benydin fait partie de la Mauritius Revenue Autorité (MRA) et ses conditions de service ne sont plus régies par le PRB. De ce fait, la formule de pension contributive ne s'applique pas dans son cas. Il aurait dû prendre le temps de consulter les fonctionnaires concernés avant de se jeter dans les bras du vice-Premier ministre et ministre des Finances lors du cocktail du budget ", maintiennent ces fonctionnaires désabusés face aux déductions qui devront intervenir de leurs salaires à partir de la fin du mois.

La présence du président de la FSSC à une récente manifestation syndicale où les fonctionnaires ont été pris à partie et malmenés verbalement est une autre cause de la grogne anti-Benydin au sein de la fonction publique.

Une autre aile au sein de la fonction publique s'interroge quant à la présence Toolsiraj Benydin à la présidence de la FSSC, d'autant plus que la douane ne fait plus partie de la fonction publique depuis l'avènement de la Mauritius Revenue Authority il y a un peu plus de deux ans. " La présidence de la FSSC confiée à Toolsiraj Benydin ne comporte aucune illégalité dans la mesure où la Union of Customs and Excise Officers est un des membres de la FSSC ", répond-on officiellement du côté de la FSSC.

La situation pourrait connaître des changements avec la fin des procédures pour la mise sur pied d'un syndicat regroupant les employés de la MRA…


Retraite à 65 ans - Gel des amendements au Finance Bill réclamé

En marge des débats en deuxième lecture, mardi prochain, du Finances Bill inscrit au nom du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, le Fron Sindikal de Gos, regroupant la Federation of Progressive Unions (FPU), la General Workers Federation (GWF), la Fédération des Travailleurs Unis (FTU) et la Rodrigues Workers Federation (RWF), est monté au créneau pour réclamer le gel des amendements relatifs à l'extension de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans. Une communication officielle, faisant état des craintes et appréhensions au sujet des répercussions sur la pension, a été adressée, hier, au ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, avec copies au Premier ministre, Navin Ramgoolam, et au vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen. Le front syndical réclame l'ouverture des consultations entre partenaires sociaux sur la mise en vigueur de ces mesures.

Dans la correspondance, le Fron Sindikal de Gos avance 15 raisons pour justifier sa demande pour un gel de l'adoption des amendements au Labour Act, au National Pensions Act et au National Savings Act incorporés dans le Finance Bill 2008. " A government respecting its citizen cannot concoct legislation behind the back of its people ", soulignent les dirigeants de ces centrales syndicales.

Les animateurs du Fron Sindikal de Gos s'appesantissent sur le fait que la question de l'extension de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans n'avait été abordée formellement au sein du Labour Advisory Board pour la première fois que le 25 juin dernier. Lors de ces discussions, à aucun moment les représentants du ministère de la Sécurité sociale n'avaient fait état de ces amendements déposés à l'Assemblée nationale 48 heures après.

L'une des demandes syndicales formulées lors de ces consultations initiales était la présentation d'un discussion paper explicitant la démarche gouvernementale. " But to our great astonishment we now learn that the government has behind the back of workers and unions decided to unilaterally changed the retirement age of all private sector via the Finance Bill, presented on the 27th of June 2008 ", s'insurgent les syndicalistes.

Le Fron Sindikal de Gos met l'accent sur les répercussions fondamentales de ces amendements sur le quotidien des salariés du secteur privé. " The proposed amendements to the National Pensions Act have serious bearing on the contributory pension rights of workers, widows, orphans, invalid people. Such fundamental alteration of Pension Rights cannot be imposed unilaterally, without any discussion with the union movement, without the union movement being made aware of the content of the draft legislation prior to its presentation in the National Assembly ", font-ils ressortir en s'appuyant sur l'exigence de consultations avec les syndicats imposée par l'Organisation internationale du Travail avec des documents de base communiqués un mois à l'avance.

Après analyse des propositions d'amendements dans le Finance Bill, les signataires de cette contestation soutiennent que la véritable intention du gouvernement est d'éliminer " the pension right of all workers to a contributory pension at the age of 60. " Ils ajoutent que sous le National Pension Scheme, le working age est de 65 ans et que " it is the age of entitlement to a full pension, that was at 60, that is the right of a worker to enjoy a full pension at the age of 60 ".

Pour le Fron Sindikal de Gos, la manœuvre du gouvervement fait porter le fardeau de la crise du système de pension par les salariés exclusivement. " By extending the retirement age of private sector workers to 65, all workers who opt for a Reduced Contributory Pension at 60 and, who are still at work, will now have to contrubute to the NPS, whereas presently it is only employers who contribute to the NPS, when a worker still works after the age of 60 ", prévoient-ils.

Giandeo Peebharry et Venou Ramsamy pour la FPU, Serge Jauffret et Ashok Subron pour la GWF, Alain Tolbize pour la RWF et Atma Shanto et Linkey Bergue au nom de la FPU regrettent que des changements fondamentaux au " pension right " n'aient pas l'objet d'une " impact assessment study " et que des mesures alternatives pour résoudre la crise du système de pension n'aient pas été explorées. Parmi ces mesures, ils citent les contributions au NPF sur les " total earnings " au lieu des salaires de base comme c'est le cas actuellement, la politique de plafond pour les contributions ou encore une taxe de 1% sur le chiffre d'affaires ou encore les dividendes pour financer le déficit de la pension.

Le Fron Sindikal de Gos s'interroge sur la garantie constitutionnelle au versement d'une Basic Retirement Pension. " Despite the public statement of the Prime Minister, there is no Constitutional guarantee that the Basic Retirement Pension (Old Age Pension) will be maintained as a Right to all Citizens in the future ", ajoutent les responsables syndicaux.

Ils dénoncent la proposition budgétaire du vice-Premier ministre et ministre des Finances visant à encourager des private pension funds comme une tentative d'éliminer les contributions obligatoires au fonds national de pensions. " What will happen to the NPF Fund ? How will all private insurance cater for the pension rights of workers at 60 or 65 ? "

En guise de conclusion, le Fron Sindikal de Gos demande au gouvernement de geler toute décision visant à amender les trois textes de loi susmentionnés, le temps de boucler les consultations initiées à la fin de juin par le ministre du Travail au sein du Labour Advisory Board. " These Amendments should, at least, be freezed until the conclusion of bilateral governmental-unions discussions and, until the completion of the discussion you initiated on the 28th of June 2008 in the Labour Advisory Board ", propose la lettre de protestation.

Les syndicalistes affirment ne pas comprendre l'empressement du gouvernement au sujet de la question de l'extension de l'âge de la retraite. " Why is the government rushing into the present amendment to the National Pensions Act, NPF and Labour Act ? Is it so as comply with "performance indicators" imposed by financial institutions, such as the WB/IMF and the EU ? We are of the view that social policies and policy decision concerning the rights of people cannot be reduced to performance indicators for "funding" or disbursement of fund by the EU, which are serving more the interest of sugar companies ", plaident-ils.


Brèves syndicales - PRB : inquiétudes des "higher executive officers"

Dans une lettre adressée au chef du service civil, Suresh Seeballuck, le président de la Governement General Services Union (GGSU), Rashid Imrith, fait état des inquiétudes des fonctionnaires dans les catégories higher executive officer et word processing operators/confidential secretary. Malgré la décision du gouvernement d'adopter in toto les recommandations du Pay Research Bureau, le ministère du Service civil entérinerait des décisions allant dans le sens contraire.

Ainsi, il semblerait qu'aucun poste vacant dans le grade de higher executive officer ou de confidential secretary ne sera rempli avec la mise en vigueur du rapport du PRB. Rashid Imrith maintient que " the statement of the Ministry of Civil Service and Administrative Reforms to the effect that no vacancy for the post of HEO will be filled now is tantatmount to a revision of the PRB report 2008. " " It has also been noted that no vacancy for the posts of Special Clerical Officer, Office Supervisor and Senior Word Processing Operator has been filled despite the fact that the union had been informed that vacancies for these posts would be filled before the end of June 2008. It has also been reported that word processing operators have been informed that the post of confidential secretary also will no more be filled. "

Le président de la GGSU réclame une réunion d'urgence avec le chef du service civil en vue d'élucider ces zones d'ombre.


NTUC : le Additional Remuneration Act de Rs 1 000 s'impose

Le président en exercice de la National Trade Union Confederation (NTUC), Clency Bibi, a écrit officiellement au ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, pour réclamer l'adoption dans les plus brefs délais par l'Assemblée nationale d'une compensation salariale de Rs 1 000 pour les salariés du secteur privé. Ce paiement doit être effectif à partir du 1er juillet.

La NTUC saisit l'occasion de cette correspondance pour formuler deux autres demandes au ministre du Travail, notamment le rétablissement du droit à la grève et la nécessité de revoir les Remuneraion Orders au moins une fois tous les trois ans ou dans la même périodicité que le rapport du Pay Reseach Bureau.


Sécurité sociale : manque de 50 SSO sur 190

Le ministère de la Sécurité sociale fait actuellement face à une sévère pénurie de social security officers (SSO). Sur un establishment de 190 SSO, 50 postes vacants ont été notés et un exercice de recrutement initié en avril dernier n'a pas encore donné les résultats escomptés.

La conséquence est simple. De longs délais imposés à ceux qui effectuent des démarches de pensions au ministère avec des répercussions sur le paiement. Ces SSO s'occupent principalement des cas vulnérables nécessitant le versement de prestations sociales. Le récent rapport du PRB n'a pas proposé des conditions alléchantes pour attirer des fonctionnaires vers des postes de SSO, pénalisant les bénéficiaires de la sécurité sociale.


Retraite anticipée pour le CP

Mahen Gopalsingh : "Je suis parti de mon propre gré"

La nouvelle est officielle depuis jeudi. Le commissaire de police, Mahen Gopalsingh, a fait valoir ses droits à la retraite anticipée après avoir passé huit années à la tête de la force policière. Il devient, par la même occasion, celui qui aura passé le plus de temps à la tête de la force policière. Mahen Gopalsingh devait déclarer à Week-End qu'il a pris la décision de faire valoir ses droits à la retraite anticipée "de son propre gré", et ce sans avoir consulté qui que ce soit. "J'aurais pu rester. Mais j'ai bien réfléchi et j'ai réalisé qu'il était temps pour moi de m'en aller", a-t-il dit. Du côté des Casernes centrales, c'est l'actuel commissaire de police par intérim, Dhun Iswar Rampersad, qui réunit les meilleures chances d'être titularisé au poste de CP par la Disciplined Forces Service commission (DFSC). Pourtant, depuis son arrivée à la tête de la force, le DCP Rampersad avait annoncé la couleur, et ce à travers une série de décisions administratives, allant même jusqu'à pratiquement éclater le inner circle des collaborateurs de Mahen Gopalsingh.

"Le temps était venu pour moi de partir. Je n'ai jamais été quelqu'un qui s'accroche à son poste", a fait comprendre Mahen Gopalsingh. Ce dernier, qui, comme on le sait, avait souffert de graves ennuis de santé, dit cependant être en forme maintenant. Comptant 34 ans de carrière au sein de la force policère, dont huit années passées à la tête de la police, Mahen Gopalsingh aura été celui qui aura été à ce poste le plus longtemps depuis l'indépendance du pays en 1968. Pour lui, la possibilité de demeurer au poste de commissaire de police existait bel et bien, dans la mesure où il n'a commis aucune faute grave qui aurait pu lui valoir des sanctions constitutionnelles. Il a choisi de prendre sa retraite anticipée parce que "le temps était venu", insiste-t-il, sans vouloir en dire davantage. Il récuse d'avoir été soumis à des pressions.

L'ex-homme fort des Casernes centrales compte maintenant s'accorder "un délai de réflexion" afin de décider des orientations à donner à la suite de sa carrière. Il dit cependant avoir "plusieures options ouvertes" qu'il considère de part et d'autre. Ces options relèvent de son domaine de prédilection, à savoir la sécurité. Il souligne également avoir, entre autres, une proposition du gouvernement mais qu'il n'y a rien d'officiel à cet effet pour l'instant. Mahen Gopalsingh se dit "satisfait" de son bilan à la tête de la force. "J'ai donné tout ce que je pouvais". Il souhaite également bonne continuation à son successeur.

Aux Casernes centrales, on attend maintenant la nomination du nouveau commissaire de police. C'est la DFSC qui entérine cette nomination. Il n'est un secret pour personne à l'effet que c'est celui qui assure actuellement l'intérim au poste de CP, le DCP Dhun Iswar Rampersad, qui est en ballottage plus que favorable pour obtenir le poste laissé vacant par Mahen Gopalsingh. Perçu pour beaucoup comme jouissant de la confiance du Premier ministre, Navin Ramgoolam, Dhun Iswar Rampersad aura dès son arrivée au poste de CP par intérim pris de nombreuses décisions qui annonçaient la fin de l'ère Gopalsingh. Déjà, lorsque la santé de Mahen Gopalsingh s'est détériorée et l'a poussé à prendre un long congé, la décision de confier la suppléance au DCP Rampersad et non au DCP Jean Bruneau, comme aura été tout le temps le cas, avait déjà donné lieu à de nombreuses spéculations.

Inamovible

Peu de temps après la nomination du DCP Rampersad comme CP p. i., un certain nombre de high ranked officers, qui étaient perçus comme faisant partie du cercle intime du commissaire Gopalsingh devaient recevoir d'autres affectations. Parmi les décisions de transfert ordonnées par le CP p.i., la plus importante aura sans conteste été celle de muter le DCP Crime, Tangavel Seerunghen, à la Specal Supporting Unit (SSU). Cette décision aura choqué plus d'un, dans la mesure où le DCP Seerunghen était perçu, pour beaucoup, comme étant inamovible à la tête du plus important département de la police, à savoir la Central Criminal Investigation Division (CCID). Le DCP Seerunghen devait être remplacé par l'ACP Clifford Parsad, qui venait d'être promu au poste d'assistant-commissaire.

Mais le CP p. i. ne s'est pas arrêté là et s'est aussi permis d'effectuer une redistribution des cartes générale. Dans cette optique, l'ACP Vinod Appadoo a quitté Port-Louis Nord pour devenir chef des opérations de la police aux Casernes Centrales. Il a été remplacé par l'ACP Pregassen Vudamallay, qui se trouvait, quant à lui, à la tête de la Northern Division. La division du nord est maintenant sous la responsabilité de l'ACP Mahadeo Ramchurn.

L'ACP Choolun Bhojoo, qui a pour sa part été à la tête de la Western Division pendant un certain nombre d'années, devait quant à lui atterrir à Moka-Flacq, tandis que l'ACP Seeboo, devait quitter Moka-Flacq pour la Central Division. L'ACP Pritamsing Juwahir, qui était le n° 2 à la CCID à l'époque ou l'ACP Sunneechurra était à la tête de la criminelle, quitte pour sa part la Southern Division afin de prendre les rênes du district de Port-Louis (Sud). L'ACP Taujoo, qui lui se trouvait à la tête de Port-Louis Sud, est devenu le nouvel homme fort de la Trafic Branch.

Décisions administratives

Alors qu'il était toujours en congé, Mahen Gopalsingh a vu tour à tour disparaître son entourage immédiat, ainsi que son gymnase personnel. Pendant ce temps, le DCP Rampersad continue d'enchaîner les décisions administratives, montrant par la même occasion qu'il entendait diriger la force policière à sa façon. Dans la foulée, le chef-inspecteur Murugesan, qui a été pendant longtemps à la tête de la CID de Mahébourg et qui aura joué un rôle de premier plan dans l'affaire Sandra O'Reilly, reçoit son transfert pour Rose-Belle. Les CI Ghoorah, Ramlogun, Ruhomah de même que l'inspecteur Jagai se verront aussi confier des responsabilités dans d'autres régions ou départements qu'ils ne maîtrisent pas forcément. Le chef-inspecteur Tuyau fait aussi partie de ceux qui ont été mutés. Affecté pendant un bout de temps à Petite-Rivière, le CI Tuyau est revenu au quartier général de l'ADSU, suite à une décision du CP p. i.

Autre signe qui avait aussi été interprété comme étant annonciateur du départ prochain du CP Gopalsingh : le discours prononcé par le DCP Rampersad lors de la cérémonie de présentation du Long and Meritorious Service Medal à 574 officiers de la force. Lors de son allocution, qui avait été interpretée comme étant celle du nouvel homme fort des Casernes centrales, le DCP Rampersad n'y avait pas été avec le dos de la cuiller en ce qu'il s'agit de la discipline et avait eu ceci à dire : "Il n'y a aucun doute à l'effet qu'aujourd'hui est une grande occasion. Cela fait pitié que je doive le dire ici, mais chaque semaine deux à trois policiers sont suspendus de leurs fonctions. Ces policiers ne ternissent non seulement l'image de la police, mais exposent également la vie de beaucoup d'entre nous, qui dévouons notre corps et notre âme à notre travail. Ces policiers n'agissent pas de façon professionnelle, ils sont en contact avec le milieu de la drogue et les gens malhonnêtes. Ces gens réduisent à néant les efforts de ces milliers de policiers qui sacrifient leur vie, jour et nuit, pour la force policière. Les efforts sont ainsi réduits à néant. À chaque fois, on gravit trois échelons et l'on retombe de deux, par la faute de ces policiers. Cela est intolérable. Nous demandons à tous les policiers, surtout à ces potentielles brebis galeuses, de suivre l'exemple donné par ces officiers qui sont récompensés aujourd'hui". Ce message fort était clair et net pour certains.

Avec cette redistribution générale des cartes, les changements au sein même de l'inner circle de Mahen Gopalsingh et la fermeté affichée par le DCP Rampersad de prendre les choses en main à sa façon, les Casernes centrales sentaient, depuis des mois, que les jours de Mahen Gopalsingh à la tête de la force étaient comptés. Seul un petit groupe d'irréductibles croyait toujours à un retour aux affaires de ce dernier. Le principal concerné a mis fin à tout suspense jeudi, en faisant valoir officiellement son droit à la retraite…


Paul Bérenger, hier

"Enlevez les taxes additionnelles avoisinant les Rs 2 milliards qui frappent les produits pétroliers"

Il faut enlever les taxes additionnelles de Rs 2 milliards par an - en sus des Rs 3 milliards de la TVA - que le gouvernement de l'Alliance sociale a introduit dans la structure des produits pétroliers qui ont pour conséquence une augmentation du prix pour les consommateurs. C'est ce qu'a déclaré, à sa conférence de presse, hier, le leader de l'opposition et du MMM. Paul Bérenger a aussi réclamé la transparence dans les transactions de la State Trading Corporation et le retour à l'exercice d'appel d'offres pour l'approvisionnement en produits pétroliers.

Le leader du MMM a commencé par rappeler que lorsque l'Automatic Price Mechanism avait été introduit avant 2005, le taux maximal des augmentations avait été fixé à 15% pour ne pas pénaliser entreprises et consommateurs et que le gouvernement de l'Alliance sociale l'a porté à 20% chiffre qui a été appliqué lors du dernier exercice du 1 er juillet.

Bien que reconnaissant que les prix des produits pétroliers ont augmenté sur le marché mondial, il a contesté l'argument du gouvernement selon lequel c'est la seule explication de la hausse qui intervient ici. Il a dit que ce sont les nouvelles taxes introduites depuis 2005 sur les prix de ces produits qui permettent au gouvernement d'engranger des milliards de roupies et qui sont utilisées pour des subventions sur le riz, la farine et le gaz qui avait été abolies dans le premier budget Sithanen de 2006.

Ce sont donc les consommateurs eux mêmes qui paient ces subsides, a fait ressortir le leader de l'opposition avant d'évoquer les deux taxes additionnelles, en dehors de l'Excise Duty qui font augmenter les prix pour les consommateurs. Il y a, d'abord, les "expenses incurred by the corporation in connection with the importation of petroleum produts et le "contribution to Road Development Authority. Sur le premier item, les dépenses de la STC, c'est Rs 1.50 par litre pour le diesel, ce qui fait Rs 700 millions par an et sur la contribution pour la RDA, c'est Rs 1.75 par litre, soit Rs 700 millions.

Rs 3,2 milliards de TVA juste sur le diesel et l'essence

Dans le cas de l'essence, pour les dépenses de la STC, c'est Rs 1.40 par litre (Rs 170 millions par an) et Rs 1.85 pour la contribution à la RDA (Rs 220 millions par an), ce qui totalise pour le diesel et l'essence une somme de près de Rs 2 milliards par an et qui est puisée de la poche de consommateurs, des taxis, camions et bus.

Paul Bérenger rappelle aussi que, lors du dernier exercice, il y a eu l'augmentation "absolument choquante" de la contribution à la RDA alors même que le ministre des Finances fait du tam tam sur le déficit budgétaire et qu'il ramasse des revenus de la TVA par milliards. Et d'expliquer que la TVA sur le diesel rapporte Rs 2,4 milliards et sur l'essence Rs 800 millions, ce qui fait Rs 3,2 milliards par an. Non seulement, on ne baisse pas la TVA mais on ne retire pas non plus les taxes de Rs 2 milliards de contribution à la RDA, a-t-il déploré.

Et tout cela se fait dans une absence totale de transparence et avec un prix de référence pris à Singapour au lieu des pays du Golfe Persique, ce qui nous coûte beaucoup d'argent et, sans appel d'offres, on ne sait pas quels sont les parts représentées par le fret et l'assurance. C'est un "énorme scandale" dont font les frais le public voyageur et ces 20% d'augmentation ont déjà été répercutés sur d'autres prix durant ses derniers jours et ce n'est pas terminé, a-t-il dénoncé ajoutant qu'après le record d'une inflation passée de 5% à 10,7%, les dernières augmentations devraient se traduire par un taux dépassant les 10%.

A l'heure des questions, le leader du MMM a souligné que Rama Valayden aime se gargariser du Freedom of Information Bill alors que sur l'achat des produits pétroliers et la gestion de la STC, il y a un black-out total. Il a aussi rappelé que du temps où les compagnies pétrolières fonctionnaient en cartel, le gouvernement avait, dans les années 80, fait appel à la Kuwait Petroleum Corporation pour voir plus clair dans tout le mécanisme du commerce du carburant et qu'il avait ensuite procédé à des appels d'offres pour obtenir les meilleurs prix.

Venant au Finance Bill qui sera présenté à l'Assemblée nationale mardi prochain, le leader de l'opposition a rappelé avoir soulevé le problème mardi dernier lorsqu'il avait dénoncé le fait que le texte contesté de l'Aquatic Business Activties Bill y avait été glissé, ce qui est dangereux pour les pêcheurs et les plaisanciers.

C'est au moyen d'un amendement au Fisheries and Marine Resources Bill que le Finance Bill vient reprendre l'ABAB avec le Premier ministre qui aura la possibilité de procéder à la distribution de concession pour les "fish farms" dans les lagons.

Paul Bérenger a ajouté que s'il est vrai que l'on doit produire le plus possible ici même à Maurice et que les "fish farms" ont un rôle à jouer dans cette perspective, il faut bien en discuter faute de quoi il y aura une panique et une colère du côté des pécheurs, déjà pénalisés par la hausse du prix du carburant et de ceux qui se soucient de l'environnement. Il a réitéré son appel au Premier ministre, au ministre de l'Agro-Indusrie et au gouvernement qu'il y ait un texte séparé sur l'aquaculture après un dialogue avec les forces vives, les ong engagées dans la préservation de l'environnement.

C'est "pire que ce qu'a fait Bheenick" le subterfuge auquel recourt Rama Sithanen", a déploré le leader de l'opposition interrogé sur le nombre de textes qui seront soumis à amendement dans le cadre du Finance Bill. C'est de la "manipulation de bas étage", a-t-il renchéri après avoir aussi cité le budget supplémentaire voté dans une année pour être dépensé dans une autre et il en est de même pour cet amendement au Fisheries Act qui n'a rien à avoir avec le Finance Bill.

Premier à avoir dénoncé les incidents de Candos

Le MMM a, par la voix de son leader, samedi dernier, été le premier parti et organisation à avoir condamné les incidents survenus à l'hôpital Candos, a, par ailleurs, déclaré Paul Bérenger rappelant aussi avoir dit qu'il n'y a rien de plus dangereux pour un pays, qui a plusieurs communautés, qu'un gouvernement et un Premier ministre permettent que tel ou tel groupe de telle ou telle communauté prennent la loi entre ses mains. Et tel est le cas et cela doit cesser, a-t-il commenté.

C'est bon que le Premier ministre ait déclaré qu'en tant que ministre de l'Intérieur et responsable de la police, il ne permettra pas à aucun groupe d'aucune communauté de prendre la loi entre ses mains mais il faut aller plus loin, a commenté le leader de l'opposition qui a parlé de problèmes dans sa propre circonscription à Plaisance dimanche dernier qui ont permis de constater à quelle vitesse des gens peuvent débarquer avec toutes sortes d'armes dont celles à feu.

C'est extrêmement dangereux, a-t-il dit, ajoutant qu'il est clair qu'il y a un grand nombre d'armes à feu illégales dans le pays et le Premier ministre et la police doivent agir sur les deux fronts, les groupes communaux qui prennent la loi entre leurs mains et la profusion d'armes à feu. Il a annoncé une Private Notice Question sur ce sujet.

Interrogé par la presse, le leader de l'opposition a tenu à dire que le point n'est pas qu'il ait été en contact avec la Voice of Hindu alors qu'il était Premier ministre mais que ni Sir Anerood Jugnauth ni lui n'auraient, en tant que Premier ministre, toléré qu'un quelconque groupe prenne la loi entre leur mains. "Pas ine essaye meme!", a-t-il déclaré ajoutant qu'il ne faut pas "pinpoint" un groupe en particulier mais ne pas accepter que qui que ce soit, groupe ou individu, prenne la loi entre leurs mains.

Évoquant les spéculations sur le poste de Commissaire de police, Paul Bérenger a rappelé que ce n'est pas le Premier ministre qui le nomme et que la Constitution prévoit que c'est la Disciplined Forces Service Commission, dont le président et les membres ont été désignés par le président de la république, qui, en toute intégrité, choisit le successeur de Ramanooj Gopalsing, sur la base de son mérite et de sa compétence après consultations avec le Premier ministre.

Il faudra donner toutes ses chances au successeur de Ramanooj Gopalsing de faire son travail sans ingérence politique aucune, a déclaré leader de l'opposition qui a aussi dit compter sur la DFSC pour accomplir sa tâche dans le délai requis et en toute intégrité. Il a également dit souhaiter que, comme c'est le cas pour d'autre fonctions, le leader de l'opposition qui a aussi des choses à dire soit consulté.

"MSM/MMM ine fer Ptr tassé!"

Répondant à une question sur Madan Dulloo, Paul Bérenger a confirmé que sa réintégration au MMM a été plus d'une demi-douzaine de fois discutée au bureau politique et que cela n'a suscité aucune objection. Il a dit compter sur la discipline du parti afin que tous ceux qui ont des opinions à exprimer sur ce sujet le fassent à intérieur des instances. Il a évoqué des spéculations sur d'autres informations qui sont véhiculées à ce sujet.

Quant aux relations avec le MSM, Paul Bérenger a dit souhaiter "bon voyage à ti frère" Pravind Juganuth étant en déplacement à l'étranger et a précisé que le travail au Parlement se fait de plus en plus ensemble et que, sur le terrain aussi, cela se passe ainsi. Il a cité l'élection du président du conseil de district du nord ou "MSM/MMM ine fer Ptr tassé!" et a ajouté que "kan elections vini, nu kone ki résultats là pour été!";

Le leader de l'opposition a aussi parlé des Economic Partnership Agreements et a souhaité que la France, présidente de l'Union Européenne, relance les négociations avec les ACP à ce sujet. Il en a été de même pour le fonds de 1 milliard d'euros qu'il veut voir allouer aux pays ACP pour les aider à surmonter la crise alimentaire.


APM : avec la TVA sur l'essence et le diesel

Pactole de Rs 500 M à l'État pour les trois prochains mois

L'augmentation de prix des produits pétrolier rapporte gros à l'État. Les dernières analyses indiquent en effet qu'avec la récente augmentation de 20% pour le diesel et 19,28% pour l'essence rapportera près de Rs 100 millions additionnels à l'État en matière de taxe à valeur ajoutée (TVA). Ainsi, pour ce troisième trimestre de l'année, soit entre le 2 juillet et le 30 septembre, le gouvernement encaissera un pactole de Rs 500 millions à travers la TVA. Si le même prix est maintenu jusqu'en juin de l'année prochaine, ces gains représenteront un montant de Rs 2 milliards. Il n'y a pas uniquement le gouvernement qui gagne. En augmentant par 30 sous la contribution à la Road Development Authority (RDA), les subsides destinés aux compagnies d'autobus et à cette même organisation s'élèveront à Rs 700 millions par an. Par le même procédé, avec le nouvel item, une "provision for hedging" de Rs 1,50 introduite en catimini en janvier dernier, la STC s'offre une marge de manoeuvre de Rs 550 millions par an pour "jongler". Enfin, les derniers gagnants dans ce dernier exercice de révision des prix sont les stations service. Ils ont obtenu une augmentation de 46 sous sur chaque litre de carburant. À noter également qu'un levy de 15 sous a été appliqué sur les produits pétroliers, cela dans le cadre du projet Maurice île durable (MID).

C'est dire que derrière chaque révision de prix des produits pétroliers se cachent des chiffres et de gros sous avec lesquels la STC, le ministère du Commerce et de l'Industrie et le ministère des Finances jonglent pendant toute l'année financière. Au terme de la dernière réunion de l'Automatic Pricing Mechanism (APM), décision a été prise d'appliquer une hausse maximale pour le diesel, c'est-à-dire 20%, et 19,28% pour l'essence. Ainsi, depuis mardi, le prix du diesel est passé de Rs 35,60 à 42,70 et celui de l'essence de Rs 41,50 à Rs 49,50. C'est la première fois que le prix des carburants a atteint un tel niveau à Maurice, alors que sur le marché international, le prix du baril de pétrole continue à battre tous les records.

Il reste que chaque exercice de révision de prix sous l'APM réserve son lot de surprises. Pour le présent exercice, la STC explique que c'est une combinaison de facteurs qui justifie la présente augmentation, dont le prix du CIF (coût, assurance et fret), le volume de vente, la windfall gain or loss, la hausse de la demande dans le monde ou encore la situation géopolitique dans le monde, qui favorise la flambée des cours du pétrole. Le baril de pétrole a subi une augmentation de 264 % en une année, passant de US $ 40 à $ 143. Pour le directeur de la STC, le prix réel du diesel aurait été de Rs 50,87 si l'intégralité de la hausse avait été appliquée, soit 42,91%. L'huile lourde aurait dû coûter 59,48% plus cher.

Avec cette tendance, il n'est pas à écarter qu'une nouvelle hausse de 20% soit appliquée en octobre prochain car, comparativement à l'essence, le prix du CIF sur le diesel a connu une hausse substantielle au cours de ces derniers mois. Les analystes estiment ainsi que le diesel devrait coûter plus cher que l'essence dans les mois à venir. Cela est d'autant plus plausible lorsqu'on analyse la progression du prix du diesel en quatre ans ; il a presque quadruplé. En juin 2004, un litre de diesel se vendait à Rs 11,90 contre Rs 42,70 aujourd'hui. Et si la hausse maximale est appliquée, il traversera alors la barre symbolique des Rs 50 (Rs 51,24) !

Le diesel bientôt plus cher que l'essence

Le directeur de la STC a sans doute raison de demander à la population de faire preuve de retenue et surtout d'éviter de faire du gaspillage. Car en sus des facteurs influençant le prix des carburants sur le marché local, le gouvernement ne se prive pas pour encaisser plus d'argent à chaque augmentation de prix. La TVA en est la preuve. La hausse de 20% et de 19,28% sur le diesel et l'essence respectivement rapportera en effet au gouvernement des gains additionnels de Rs 93 millions par mois. Pour les trois prochains mois, le gouvernement encaissera près de Rs 500 millions en matière de TVA. Si le même prix est maintenu en une année, les revenus perçus à travers la TVA totaliseront plus de Rs 2 milliards. Ce qui invite le porte-parole de l'Institute for Consumer Protection (ICP), Mosadeq Sahebdin, à protester : "Nous ferons des représentations au gouvernement dès cette semaine pour appliquer un plafond fixe pour la TVA."

Attendons voir quelle sera la réponse du ministère des Finances ! En tout cas, ce n'est pas le trop d'argent récolté à travers la TVA, ni les facteurs influençant le prix des produits pétrolier, qui a empêché les décideurs de faire payer encore plus aux consommateurs. En sus de l'augmentation du CIF, la légère remontée du dollar et l'augmentation du prix du pétrole, la STC et le gouvernement ont augmenté une nouvelle fois la contribution à la RDA par 30 sous, passant de Rs 1,55 à Rs 1,85 pour l'essence et Rs 1,45 à Rs 1,75.

Dans une enquête publiée dans ces mêmes colonnes, nous avions dénoncé le manque de transparence de la STC en utilisant la contribution à la RDA pour alimenter un fond destiné à subventionner les opérateurs du transport public, notamment le Bus Companies Recovery Account (BCRA). En fait, 25 sous seulement sont versés sur le compte de la RDA. La différence, qui passe désormais à Rs 1,60 pour l'essence et Rs Rs 1,50 pour le diesel, sert tout simplement de subside pour le diesel et le transport gratuit. Ce qui représente sur une année un montant total de Rs 600 millions destinées aux compagnies d'autobus et quelque Rs 100 millions à la RDA !

Transparence ? Pas le fort de la STC

Ce que la STC a également omis de révéler sont les Rs 225 millions obtenues au cours de ces six derniers mois à travers la provision for hedging, qui a été inclus dans la structure des prix lui permettant de déterminer la basic value des produits pétroliers. Cela n'est pas indiqué dans la structure officielle des prix communiquée par la STC. Pourquoi ? Pourtant, ces Rs 1,50 sur chaque litre de carburant représentent une cagnotte de Rs 550 millions sur un an. La transparence n'est définitivement le fort de la STC, d'autant que nous apprenons que les membres du Certification Committee de l'APM ne sont plus autorisés à conserver les documents fournis par la STC lors de chaque exercice de révision. À cause des fuites d'information, apprenons-nous !

La structure des prix de la STC n'indique également pas le levy 15 sous sur chaque litre de carburant comme annoncé par vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen. Les Rs 68 millions récoltés à travers ce levy seront versées dans le MID Fund en vue de financer la promotion des énergies renouvelables et des projets écologiques.

Enfin, les gérants des stations service, lesquels on n'a pas entendu grogner ces derniers temps, sont aussi les gagnants de ce dernier exercice de révision de prix. La retail margin, réajustée dans en juillet dernier (16 sous et 20 sous additionnels sur l'essence et le diesel respectivement), a été revue à la hausse. La STC, étrangement généreuse, leur a accordé cette fois une augmentation 46 sous sur l'essence et 48 sous sur le diesel.


Crise énergétique

CEB : le baril de pétrole fait flamber le coût du Kw/h

À peine les premières recettes supplémentaires encaissées suite à la hausse de plus de 20% des tarifs d'électricité en vigueur depuis le 1er avril dernier, le Central Electricity Board (CEB) se retrouve de nouveau dans la zone rouge. Flambée du baril du pétrole sur le marché mondial oblige ! Ce n'est pas la direction générale de cet organisme para-public qui contredira cette affirmation, même si pour l'instant elle se contente d'affirmer deux choses : le bilan financier officiel n'a pas encore été dressé et pour l'instant aucune nouvelle majoration des tarifs n'est préconisée. Le fait brutal demeure que le baril de pétrole fait flamber le coût du kilowatt/heure (Kwh) et que ce constat est établi indépendamment des nouveaux coûts des carburants fixés avec le dernier exercice de l'Automatic Price Mechanism (APM) de la State Trading Corporation (STC).

"Les opérations financières dans le rouge"

" Au CEB, les opérations financières sont toujours dans le rouge, même si avec la hausse des tarifs d'avril nous avions cru pouvoir rétablir la situation. Un simple fait inéluctable : chaque majoration d'un dollar américain du baril de pétrole sur le marché mondial se traduit par une augmentation de coûts d'opération de l'ordre de Rs 6 millions. C'est aussi transparent que cela ", avancent des sources autorisées au CEB. Dans la conjoncture, elles préfèrent éviter de faire de commentaires d'ordre général sur la situation financière du CEB en soutenant que " nous n'avons pas encore fait le compte global. "

Mais il n'y a pas que le coût du baril du pétrole qui pèse lourd dans la balance du CEB. Le cours du charbon sur le marché mondial est passé d'une moyenne de US $ 70 la tonne l'année dernière à quelque $ 200 pour les cargaisons attendues ces jours-ci. L'autre problème avec le charbon demeure le coût du fret passant de $ 15 à environ $ 50 la tonne.

" L'écart entre le charbon et le pétrole était jusqu'à l'année dernière de 70%. Aujourd'hui, il est de 35% en termes de coûts de production. L'écart a complètement été comblé. Pour ce qui est de la bagasse, nous avons tendance à croire que le coût serait plus économique. En réalité, le CEB paie la bagasse plus cher que le charbon ", poursuit-on du côté du CEB en brossant un tableau général de l'équation énergétique.

"Coût de "production doublé"

Avec de telles données, le CEB se retrouve avec un coût de production presque doublé du Kwh pour la centrale thermique de Fort-George, soit de Rs 5,50 contre une moyenne de Rs 2,70 alors que l'unité d'énergie générée à partir du charbon s'approche de la barre des Rs 3,50. Les Independent Power Producers (IPP) devraient se retrouver avec un coût unitaire d'énergie de l'ordre de Rs 4, indiquent des spécialistes de la question approchés par Week-End.

" Nous tentons de minimiser les coûts en ayant recours à l'hydro. Au CEB, nous pouvons assurer les abonnés que l'heure n'est pas à une nouvelle majoration des tarifs ", affirme-t-on officiellement du côté du QG du CEB. L'un des points positifs à ce tableau est qu'au cours de ces trois derniers mois le CEB a observé une baisse d'une dizaine de mégawatts dans la consommation d'énergie aux heures de pointe.

" Les données statistiques enregistrées confirment une baisse dans la pointe d'une dizaine de MW au cours de ces trois derniers mois. L'une des principales conclusions est que la campagne de sensibilisation pour une utilisation plus efficiente de l'énergie électrique et en faveur de la consommation commence à porter ses fruits. Il ne faut pas aussi oublier que les abonnés du CEB se sont mis à réagir après la mise en vigueur des nouveaux tarifs révisés à la hausse à partir d'avril. Ils commencent à sentir le poids de la facture mensuelle ", explique le porte-parole officiel du CEB pour justifier la nouvelle tendance.

Avec cette baisse dans la pointe, le CEB gagne au change car une telle situation évite l'entrée en opération aux heures de pointe de la centrale thermique de Nicolay où le coût de production est de Rs 7,89 l'unité. Mais le CEB poursuit le close monitoring de l'évolution de la situation avant de s'embarquer dans de nouvelles projections de la demande ou encore dans des analyses sur la situation financière et les mesures d'ajustement.

D'autre part, le rapport final portant sur l'élaboration de la politique énergétique de Kantor Management Consultants a été soumis au gouvernement à la mi-juin. Si cette version de la politique énergétique tient compte des commentaires et suggestions élaborés par la partie mauricienne, elle demeure sensiblement la même que la première. L'adoption d'une politique énergétique à long terme est un des Key Performance Indicators agréés avec l'Union européenne dans le cadre de la réforme sucrière.

"Une réforme en quatre phases"

La réforme du secteur énergétique devra se faire en quatre phases distinctes, soit :

la première avec la proclamation de la loi visant à instituer un " Independent, Empowered and Resourced Utility Regulator " ;

la deuxième étape la division du CEB en quatre compagnies bien distinctes " with separate management and accounts, in order to create business conditions under which effective regulation is practice " ;

la troisième, permettre à ces nouvelles compagnies du CEB d'opérer en tant que " normal utility companies, covering costs, making a return and not relying on government support, while simultaneously determining how the coal-bagasse generators perform in an Independent-regulated environment " et ;

la quatrième étape devra permettre au régulateur de décider si la libéralisation complète du secteur énergétique est désirable à Maurice.

" The new Energy Policy of Mauritius can be summarized with the words : secure, competitiuve and sustainable. At present, energy in Mauritius is not Secure, not Competitive and not Sustainable ", note le rapport officiel soumis par les consultants étrangers de Kantor.


Carbon Credits : bénéfices de Rs 790 millions p. a.

Maurice prétend de pouvoir bénéficier des avantages sous le Clean Development Mechanism (CDM), institué sous le Protocole de Kyoto dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Le rapport sur la politique énergétique mise sur le potentiel des projets énergétiques pour générer des recettes. Dans cette perspective, Maurice pourra bénéficier de rentrées de devises de l'ordre de Rs 790 millions annuellement sous forme de carbon credits.

" A number of energy projects would appear to be eligible candidates to attract financing under CDM. Some investment in all of these sectors could yield up to 1.8 million tonnes of CO2 savings per year. The list is not exhaustive. More options could be formulated such as the use of carbon finance to help in the construction of the new city to be built in Reduit 2008-2017 ", souligne le rapport des consultants.


Objections de Kantor aux subsides sur le prix du gaz

Le rapport de la politique énergétique élaboré par Kantor Management Consultants revient avec force sur la nécessité de revoir la politique de subsides sur le prix de vente au détail du gaz ménager. Les consultants avancent que cette politique fait partie du " old thinking that should be reformed " en ajoutant que Rs 9 sur les Rs 10 dépensées à cet item budgétaire ne sont pas utilisées à bon escient.

" The subsidy mainly goes to households who do not need it. Removing the subsidy would release very large sums that could be used to provide low-income households with the assistance they need, and also fund a programme to provide these deserving households with solar hot water systems or low-energy refrigerators. Thus, there could be a substantial reduction in the number of households who find energy unaffordable ", s'appesantissent-ils.

Une autre façon de relancer le débat sur la politique de subsides du gouvernement en ce début d'année financière…


Poursuites contre trois journalistes

La charge de diffusion de fausses nouvelles rayée mais...

Les poursuites intentées au rédacteur en chef de Week-End, Gérard Cateaux et à deux journalistes de Radio Plus, Josian Valère et Annabelle Volbert, ont pris une nouvelle tournure cette semaine. En effet, les charges de publication et de diffusion de fausses nouvelles qui pesaient contre eux ont été rayées en cour de Port-Louis lundi. Cependant, ils font toujours face à un procès pour diffamation. Mes Yanilla Moonshiram et Raouf Gulbul, qui défendent les intérêts des trois journalistes, ont présenté une motion afin de demander que cette seule charge qui pèse encore contre eux soit également rayée.

La décision de rayer les accusations provisoires de publication et de diffusion de fausses nouvelles a été prise, suite à la décision prise par le directeur des Poursuites publiques (DPP) de ne pas aller de l'avant avec lesdites accusations. Par contre, en ce qu'il s'agit de la charge de diffamation, Me Anuradha Purryag-Ramful, qui représente la poursuite dans cette affaire, a objecté aux motions présentées par Mes Moonshiram et Gulbul. Pour les avocats de la partie défenderesse, aucun délit n'a été commis par les trois journalistes. Ils ont aussi fait ressortir que l'accusation dont les journalistes ont à répondre va à l'encontre de la liberté d'expression, garantie sous la Constitution de Maurice.

Les débats autour des motions de radiation des charges auront lieu le 18 août prochain.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 6 juillet 2008