p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 29 juin 2008



  Mesures budgétaires - Le MMM contre-attaque la gestion gouvernementale
  Conseil municipal de Beau-Bassin/Rose-Hill - La prochaine réunion trimestrielle du 10 juillet promet d'être animée
  Assemblée nationale - Nouveaux salaires du président et des parlementaires: vite fait bien fait…
  Mardi prochain - Retour du Question Time
  Scrutin contesté - Zimbabwe : calme sournois et climat de terreur
  Conférence de l'aile féminine du Parti Travailliste - Sheila Bappoo : "PTR sel parti dan lil qui mette l'enfaz lor besoins bann fam".
  Ça va se savoir


Mesures budgétaires

Le MMM contre-attaque la gestion gouvernementale

Paul Bérenger
Trois semaines après la présentation des mesures budgétaires, l'opposition MMM enclenche sa contre-attaque politique sur le terrain contre ce qu'il considère être "les illusions que tout va bien, créés par le ministre des Finances, M. Rama Sithanen". Le leader des mauves, Paul Bérenger, a effectivement annoncé, hier, que le MMM fera "le tour du pays" avec une première série de cinq congrès régionaux - dont le coup d'envoi sera donné le 9 juillet prochain à Quatre Bornes -, avec pour objectif de "faire éclater la vérité sur la situation économique du pays".

Selon Paul Bérenger, mis à part le ministre Sithanen, toutes les institutions du pays - de la Banque de Maurice à la Mauritius Commercial Bank en passant par le Central Statistical Office (CSO) et le Stock Exchange of Mauritius -, et même le ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval - réalisent que "la situation économique est bien grave et qu'il y a de gros nuages à l'horizon". "Puisque Sithanen n'a pas accepté un débat télévisé civilisé et en direct nous descendrons donc sur le terrain pour faire éclater la vérité", a déclaré Paul Bérenger.

Selon le leader du MMM, trois semaines après la présentation du budget, "la désillusion s'est déjà installée dans le pays. Après deux budgets très mauvais, la population s'attendait au pire. D'où un ouf de soulagement après deux budgets très négatifs d'autant plus que le ministre Sithanen avait enfin pris des mesures qui étaient réclamées depuis trois ans, telles que la full compensation pour les veuves et autres bénéficiaires des prestations sociales, un effort en direction du combat contre la pauvreté et le retour des facilités duty-free sur les 4x4 offertes aux planteurs". Toujours selon Paul Bérenger, "Sithanen avait vraiment réussi à créer le sentiment que les prix de certains aliments (produits laitiers, produits d'alimentation, céréales) et des médicaments allaient baisser. Or, non seulement ces prix n'ont pas réellement baissé, mais au contraire, un relevé a démontré que surtout durant la semaine écoulée, ils ont augmenté et qu'ils continueront à monter". Donc, au lieu des réductions de prix, on assiste, d'après l'intervenant, à des augmentations que le CSO lui-même a confirmées. La Banque de Maurice, dirigée par Manou Bheenick, est venue prévoir que le taux d'inflation atteindra un double chiffre (double digit), affirme-t-il. Et le leader du MMM de soutenir : "Dans l'intervalle, les tiraillements terribles entre Sithanen et la Banque de Maurice autour de la politique monétaire et des taux d'intérêts, aussi bien que les zigzags de la Banque de Maurice, n'ont fait qu'envenimer la situation économique."

Paul Bérenger met en avant que les petits salariés (laboureurs, constables et enseignants entre autres) n'ont pas mis longtemps à réaliser qu'ils n'ont pas eu ce qu'ils méritaient ; et ils ont commencé à s'organiser en vue de revendiquer. Le mécontentement est encore plus profond chez des employés du secteur privé qui n'auront obtenu qu'une "compensation de Rs 10", soutient-il.

La prise de position du ministre Duval saluée

"Au-delà de la désillusion constatée", Paul Bérenger a tenu "à dénoncer le bluff dangereux de Sithanen sur l'état réel de l'économie nationale, celui de la crise financière mondiale et la crise alimentaire internationale. Au lieu de parler un langage de vérité afin de mobiliser la population pour faire face aux difficultés, il peint tout en rose de manière indécente. Il crée une fausse illusion que tout est dans le meilleur des mondes et minimise ainsi aux yeux de la population l'impact de la crise financière internationale dont personne, mêmes les économistes, ne peut prédire exactement où elle mènera le monde. Sithanen ignore les retombées de la flambée du prix du pétrole. Mais, la réalité nous rattrape bien vite avec les licenciements dans le secteur textile, et pour les Petites et moyennes entreprises produisant pour le marché local les choses deviendront difficiles. Avec la manière dont la roupie s'est appréciée et les Custom Duties ont diminué, la crise est déjà là". D'autre part, Paul Bérenger a salué la prise de position nuancée, affirme-t-il, du ministre Xavier-Luc Duval lors des débats budgétaires parce que, selon lui, "au moins ce ministre, lui, a reconnu qu'il y a de gros nuages à l'horizon dans le secteur du tourisme".

Paul Bérenger a trouvé "éloquent" que, cette semaine même, la Mauritius Commercial Bank (MCB) ait analysé la situation économique avec "lucidité" et revisé à la baisse (5,3 %) le taux de croissance pour 2008. La MCB a prévenu contre d'énormes problèmes dans plusieurs secteurs, dont au plan manufacturier et touristique. Elle a également prévu un taux d'inflation proche de 10 %. Par ailleurs, a souligné Paul Bérenger, cette semaine également, le Financial Times a révélé que la valeur des actions des grandes firmes de la planète, dont ceux de City Group et General Motors, a dégringolé et, avec le baril de pétrole à 140 dollars cette semaine et bientôt à US$ 170, les perspectives sont encore plus sombres.

Vishnu Lutchmeenaraidoo : "Sithanen, un Master Bluffer !"

Selon le leader des mauves, le ministre des Finances commet l'indécence de faire accroire que la situation économique est bonne en faisant tout un "tam-tam" autour de la balance des paiements du pays alors que "tout un chacun sait" que pour connaître l'état de santé d'une économie c'est le compte courant (Current Account) du pays qui indique l'état de situation des goods and services, qu'il faut, avant tout, prendre en considération. Selon les chiffres avancés par Paul Bérenger - qui dit puiser des rapports de la Banque de Maurice - la "vérité" est que, de l'an 2000 à 2005 (soit sous le régime MSM/MMM), le compte courant du pays affichait une balance positive de Rs 6 milliards. Ensuite, selon Paul Bérenger, il y a eu détérioration entre 2005 à ce jour jusqu'à afficher pour 2007/2008 un déficit record de Rs 12 milliards. Tout cela, invoque Paul Bérenger, "démontre que l'île Maurice est déjà dans un marasme que Sithanen cache !". Il suffirait, selon le leader du MMM, qu'il y ait un ralentissement sérieux dans le tourisme comme le craint d'ailleurs le ministre Duval et que le Hot Money (l'argent liquide qui court derrière les taux d'intérêts à travers le monde) tarit quelque peu (pour diverses raisons) pour que l'île Maurice soit dangereusement menacée. Tout en affirmant "ne pas souhaiter que le pays en arrive là", Paul Bérenger a soutenu ne pas avoir, non plus, "grand espoir qu'avec l'équipe gouvernementale actuelle on s'en sorte". D'autant, selon le leader du MMM, "qu'il y a également dans le présent gouvernement un ministre de l'Agriculture tout autant bluffeur que Sithanen et un ministre du Commerce comme Rajesh Jeetah, qui n'arrivent pas à traiter convenablement le Mozambique et Madagascar, deux pays qui peuvent nous permettre de produire et faire face à la crise alimentaire".

Le porte-parole du Think Tank économique du MMM, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a abondé dans le même sens que son leader tout en se permettant, lui, de qualifier le ministre Sithanen de "Master bluffer". Selon M. Lutchmeenaraidoo, "la vérité est que les Mauriciens doivent se préparer à faire face à un challenge économique extrêmement difficile et pour réussir il faudra aussi amener le gouvernement à faire face à ses responsabilités".


Conseil municipal de Beau-Bassin/Rose-Hill

La prochaine réunion trimestrielle du 10 juillet promet d'être animée

La prochaine réunion trimestrielle du conseil municipal de Beau Bassin/Rose Hill fixée au 10 juillet prochain promet d'être très animée. Et pour cause, une motion de blâme contre le conseiller du Mouvement Républicain et Campaign Manager de Rama Valayden à Rose-Hill aux dernières élections générales Dean Tirvengadum n'est pas à écarter après sa condamnation le mardi 24 juin "for molesting public officer", lequel n'est autre que l'ancien secrétaire de la ville, Krishnanan Isram, aujourd'hui affecté à Curepipe.

Les incidents remontent à 2006. Le conseiller avait vivement pris à partie le secrétaire de la ville dans l'enceinte même de la mairie et, ce, devant témoins. Krishnanan Isram avait consigné une déposition à la police. Poursuivi sous la charge de "molesting a public officer", à l'appel de l'affaire mardi dernier, Dean Tirvengadum a plaidé coupable et a, en conséquence, été condamné à Rs 600 d'amende et à Rs 100 qui représentent les frais de l'affaire.

Rappelons que c'est ce même conseiller qui avait été renvoyé d'une réunion du conseil par nul autre que son collègue de parti et maire, Varen Andee, après des propos grossiers utilisés en pleine réunion. Les cadres des villes sœurs qui ont connu des administrations plus saines dans le passé soulignent que c'est bien la première fois qu'un conseiller est condamné pour accrochage violent avec le chef administratif de la mairie.

A la prochaine réunion du conseil, Nitin Soonarane ajoutera, comme à son habitude, son grain de sel aux délibérations. Il a déjà inscrit quatre questions en son nom portant sur le nom du conseil légal de la mairie de même que ses conditions de service. Il veut aussi connaître le nom de son prédécesseur et les honoraires qu'il percevait et obtenir copies des deux contrats concernés.

Le conseiller reviendra à la charge sur les absences et les présences de Eddy Clarisse (PMXD) et Scarlett Marcel et demandera la dates de leur présence aux comités et au conseil et "whether they have ever been authorised leave and to state the period of authorisation and when such authorisation was issued, whether they have not flouted the section 34 (b) of the Local Government Act 1989 whereby their seats ought to have been declared vacant" et si "the Chief Executive has not misled the Council for having failed to inform the Council of unauthorised absences as stipulated in section 34 (b) of the Local Government Act 1989".

Les deux autres questions du conseiller Soonarane concernent l'utilisation des locaux municipaux des Arcades Vaghjee à Rose-Hill et

le bâtiment à l'angle des rues Royale/Soobhan Lane et des entorses relevées par rapport au plan approuvé par la municipalité et les suites données à cette affaire.


Assemblée nationale

Nouveaux salaires du président et des parlementaires: vite fait bien fait…

A partir du 1er juillet prochain, Rs 266 500 par mois (Rs 2 580 000 millions par an de salaires, plus Rs 618 000 de "extra duty allowance") pour le président de la République, Rs 186 000 pour le vice-President (Rs 1 800 000 millions plus Rs 432 000 de "extra duty allowance"), Rs 210 000 pour le Premier ministre, Rs 150 000 pour le vice-Premier ministre, Rs 145 000 pour les ministres et le Speaker, Rs 115 000 pour le leader de l'opposition, Rs 105 000 pour le Governement Chief Whip, Rs 100 000 pour les Parliamentary Private Secretaries et pour le Deputy Speaker, Rs 77 500 pour le "whip" de l'opposition, Rs 68 000 pour le président du Public Accounts Committee, le Deputy Chairman of Committees et le Deputy Government Whip et Rs 50 000 pour les députés. C'est le nouveau barème des rémunérations de la présidence et des parlementaires approuvé par le biais du President's Emoluments and Pension (Amendment) Bill et le National Assembly Allowances (Amendment) Bill par l'Assemblée nationale, vendredi dernier, lors d'une séance spéciale.

Les ancien salaires étaient comme suit: Rs 125 500 pour le président de la République, Rs 90 000 pour le vice-président sans les "extra duty allowances", Rs 121 500 pour le Premier ministre, Rs 90 000 pour le vice-Premier ministre, Rs 85 000 pour les ministres et le Speaker, Rs 67 500 pour le leader de l'opposition, Rs 50 000 pour le "whip" du gouvernement, Rs 56 000 pour les PPS, Rs 46 250 pour le Deputy Speaker et le "whip" de l'opposition, Rs 43 750 pour le président du PAC, le Deputy Chairman of Committees et le Deputy Government Whip et Rs 35 000 pour les députés.

Le Premier ministre a présenté, en premier, le texte portant sur les nouvelles rémunérations du président et du vice-président de la République et a expliqué que ces ajustements ont été recommandés par le Pay Research Bureau, organisme qui a procédé au même exercice pour les fonctionnaires. Dans un bref commentaire, le leader de l'opposition a dit qu'il allait se garder de faire des commentaires sur les salaires de la présidence.

Présentant le National Assembly Allowances (Amendment) Bill, le Dr Navin Ramgoolam a annoncé que les allocations payées à l'Assemblée régionale de Rodrigues seront revues au moyen des règlements qui seront promulgués par le ministre des Finances et que le PRB avait aussi recommandé qu'une rémunération soit accordée à l'adjoint au maire et conseillers des villes et de districts.

Venant ensuite aux salaires des ministres, il a dit qu'il y a eu "un travail immense réalisé" ces trois dernières années avec le redressement de l'économie avec pour résultats la croissance et des recettes fiscales améliorées. Pour lui, il y eu "un travail d'équipe et professionnel", de la "détermination et du zèle".

"Indecent haste"

Navin Ramgoolam a justifié les nouveaux salaires en expliquant qu'ils sont en deçà de ce qui se pratique dans le secteur privé et que cela aura le mérite d'attirer les meilleurs talents en politique. Il a aussi expliqué que l'application des nouvelles rémunérations des parlementaires ne pose aucun problème de trésorerie puisque l'enveloppe des Rs 5,2 milliards destinées au PRB en tient aussi compte.

Le leader de l'opposition a d'abord contesté le fait que le Premier ministre ait fait référence aux collectivités locales alors même que le texte en examen n'a rien à y voir. Paul Bérenger a aussi ironisé sur le fait que mention ait été faite du "hard work" des ministres comme justificatif alors même que l'on croyait que le PRB avait agi de manière indépendante.

Il s'est dit "triste" que l'écart entre les plus gros et plus petits salaires dans la fonction publique ait augmenté et que cela soit source de mécontentement parmi les laboureurs, les simples policiers et les infirmiers et que le même procédé ait été appliqué au Parlement avec les back-benchers bien moins lotis que les ministres et qui en seraient tout aussi mécontents.

Le leader de l'opposition a, par ailleurs, estimé "indécent" que "nous nous servons nous même en premier" alors que le Additional Remuneration Bill sur le compensation salariale n'a même pas été présenté. "Nous aurions du venir avec ce texte d'abord au lieu de cette indecent haste, qui consiste à voter nos propres augmentations en premier alors que ç'aurait dû être un signal en direction des salariés du privé", a déclaré Paul Bérenger.

Pas d'autres interventions sur ce texte ni du MSM ni des bancs de la majorité. Dans son résumé des débats, le Premier ministre est revenu sur le travail dur abattu par ses ministres tandis que le leader de l'opposition parlait de "world class incompetents" et a dit qu'il y a eu des augmentations plus élevées dans le passé, comme en 1993 lors des hausses de 92% étaient intervenues alors même que le pays enregistrait un taux de croissance de 4,9%.

Rappleons que c'est Rama Sithanen qui était ministre des Finances de Sir Anerood Juganuth à cette époque. Nouvelle remarque de Paul Bérenger "mais kot sanzman-là?", suscitant quelques sourires dont celui de Navin Ramgoolam lui-même. Le texte a ensuite été soumis au vote sans voix discordante. En moins d'une heure, c'était vite fait, bien fait!

A l'ajournement des travaux, le député Suren Dayal a évoqué le problème des tracteurs qui transportent les cannes dans la région de St Pierre et qui ont été à l'origine de certains incidents, fait que le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures Publiques a lui-même reconnu tout en promettant que le problème sera examiné et que le député sera certainement mis à contribution dans la recherche d'une solution.


Le budget 2008/2009 voté en troisième lecture

Le budget 2008/2009 a été voté en troisième lecture vendredi sur présentation du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen. C'est lundi que le budget a été voté en deuxième lecture juste après les trois dernières et longues interventions du Deputy-Leader du MMM, Jayen Cuttaree, du Premier ministre et du "summing-up" du ministre des Finances.

Dans son allocution lundi, Jayen Cuttaree a relativisé la signification de la croissance rappelant que l'ancien gouvernement avait réalisé une moyenne de 4% tandis que des pays cités en exemple comme Singapour et Hong Kong enregistraient des taux respectifs de 2,4% et 3,6%. Il a dit que la progression, les "early harvest" et autres "bumper crop" dont se vante Rama Sithanen et le gouvernement sont dus principalement aux secteurs mis en chantier par le gouvernement MSM/MMM tels que les IRS, les TIC's et le seafood hub, lesquels étaient très critiqués par l'opposition travailliste.

Le seul nouveau projet évoqué par l'Alliance sociale depuis 2006 est la Land Based Oceanic Industry qui n'a été qu'une farce jusqu'ici, a commenté, sarcastique, l'intervenant qui a ajouté que des nuages sont à l'horizon quant aux perspectives de la zone franche, du tourisme, du port franc.

Jayen Cuttaree a aussi critiqué le gouvernement pour n'avoir pas donné de suite au porjet de Pravind Jugnauth de donner des facilités financières sans garantie à ceux qui veulent entreprendre des études tertiaires avec les premiers 6 mois d'intérêt payables encourus par le gouvernement et qui vient aujourd'hui copier les mêmes mesures. Résumant sa pensée sur le budget 2008/20058, il a dit que, pour lui, il s'agit d'un "world class bluff".

Le Premier ministre qui l'a succédé a repris sa thèse sur le renversement du déclin économique dont avait hérité son gouvernement à son arrivée aux affaires en 2005. Il a cité plusieurs chiffres pour démontrer cela en les comparant avec ceux améliorés enregistrés depuis que la réforme a été mise en marche.

Navin Ramgoolam s'est longuement appesanti sur la situation de l'ordre et de la sécurité et a annoncé que l'aide de trois pays l'Inde, la France et les États-Unis a été sollicitée et obtenue pour combattre plus efficacement la criminalité. Il a aussi annoncé que la réorganisation des différents départements de la police est en cours et que s'il y a retard dans l'acquisition de véhicules, cela est dû aux procédures contraignantes des marchés publics. S'agissant de la prison, il a confirmé la construction d'une unité de haute sécurité à Melrose, destinée aux détenus de longue durée.

Le chef du gouvernement a aussi évoqué une palette de sujets, de l'accès aérien au développement durable critiquant, sur ces deux chapitres, que l'ancien gouvernement ait accordé des droits d'atterrissage à Emirates Airlines sans aucune contrepartie intéressante et que les services de Joël de Rosnay n'aient pas été retenus. Il a conclu en soulignant que les réformes ont abouti à une combinaison exceptionnelle de la croissance et de la justice sociale ce qui se situe, selon lui, dans le droit fil de la philosophie du Parti Travailliste.

Dans son résumé des débats, Rama Sithanen a repris l'essentiel du contenu de la conférence de presse qu'il avait organisée le samedi précédent mais a cependant ajouté que le dernier rapport du FMI chiffre la croissance de Maurice pour 2007/2008 à 6,5% à 7%. Il a attribué cela aux réformes enclenchées, à savoir, la facilitation des affaires et l'ouverture.


Examen en comité des dotations budgétaires: Ce que l'on fait exactement de votre argent…

C'est lundi soir qu'a démarré l'examen détaillé des dotations budgétaires de l'année financière 2007/2008 et pour les années à venir selon la formule du "performance-based budgeting". Ce sont pratiquement les seuls députés de l'opposition qui ont fait leur homework en interpellant ministre après ministre, sauf James-Burty David, carrément boycotté, sur les sommes qui sont allouées aux ministères dont ils ont la charge.

Ce qu'on retient de la soirée de lundi consacrée à l'examen des dotations du bureau du Premier ministre et des autre services qui y sont attachés, du ministère des Infrastructures Publiques, du ministère du Tourisme et des Finance, c'est que l'attribution des publicités gouvernementales devient de plus en plus scandaleuse.

C'est sur l'insistance du député du MMM, Ajay Gunness, que le Dr Navin Ramgoolam a fini par énumérer la liste des publications qui ont bénéficié des publicités et autre avis gouvernementaux payés des fonds des contribuables. Le Premier ministre, qui n'a pas encore déposé une telle liste demandée dans une question parlementaire de Rajesh Bhagwan il y a plus de deux mois, a tenu à préciser que "all this is being reviewed shortly. We are waiting for this consultant report and media. In this context, we must look at it, because it is being reviewed". La question de révision de la politique d'attribution est chaque année évoquée sans que cela ait une quelconque suite.


Le Matinal en tête des quotidiens et Mauritius Times, pour les hebdos

C'est Le Matinal qui se taille la part du lion pour les quotidiens avec Rs 3 415 105 millions et Mauritius Times pour les hebdomadaires avec Rs 733 631 pour l'exercice financier 2007/2008. Il ne faut pas aller trop loin pour voir le lien entre ces deux publications et les raisons pour lesquelles ils obtiennent les faveurs du gouvernement de l'alliance sociale. Week-end ne figure même pas sur la liste qu'a énuméré le Premier ministre lundi soir à l'Assemblée nationale. C'est mardi que l'exercice du "committee of supply" a été bouclé après une journée d'examen et comme la veille ce sont les Ajay Gunness, Françoise Labelle, Jean Claude Barbier, Leela Devi Dookun-Luchoomun, Mahen Jhugroo, Joe Lesjongard, Arianne Navarre-Marie et Alan Ganoo qui sont systématiquement intervenus pour réclamer des comptes aux ministres alors que du côté des back- benchers de la majorité, à part les ricanements de Nita Deerpalsing et les va-et-vient du Chef Whip Lormesh Bundhoo, pas la moindre intervention pertinente.

Anil Baichoo, qui a été le premier à être mis sur le gril a dû répondre à pas mal de questions de l'opposition sur les projets de la National Development Unit qui ont été annoncés et qui n'ont pas été réalisés dans les différentes circonscriptions.

Pour Dharam Gokhool, des questions sur le tertiaire et sur les écoles opérant en Zones d'Éducation Prioritaire de Françoise Labelle qui réagira très vivement lorsque le ministre dira qu'une somme totale de Rs 24 millions a été dépensée en 2007/2008 alors que c'est un budget de Rs 47 millions qui avait été prévu. "Pas honté après vine koz la lutte contre la pauvreté!", s'est écriée la député, outrée.

Joe Lesjongard, qui avait adressé une question sur le coût de l'acquisition du bâtiment de la British American Tobacco s'est intéressé au budget prévu pour le convertir en centre de formation. Le ministre de l'Education a annoncé que ce sont Rs 65 millions supplémentaires qui seront requises pour convertir cet immeuble en centre de l'IVTB. Le total de la transaction autour de l'immeuble de la BAT s'élevera finalement à Rs 225 millions.

L'exercice de l'examen en comité des dotations budgétaires a été bouclé dans la soirée de mardi.


Mardi prochain

Retour du Question Time

Après l'impasse faite sur les questions pour cause d'examen en comité des dotations budgétaires la semaine dernière, c'est le retour du Question Time mardi prochain avec des questions des députés pour le Premier ministre sur les accidents de voiture de la MBC, les incidents sur la distribution de la méthadone à l'Hôpital Victoria et les procédures d'achat des caméras de surveillance et pour les autres ministres.

Également à l'agenda, la présentation, en première lecture, par le ministre Rashid Beebeejaun du Seafarers' Welfare Fund Bill et le Finance (Miscellaneous Provisions) Bill par Rama Sithanen qui vise à modifier quelques 37 textes de loi conformément aux annonces faites dans le dernier budget.

Seront débattus, ce mardi, deux textes, le premier inscrit au nom du ministre des Arts et de la Culture, The Divine Life Society (Mauritius Branch) (Amendment) Bill et The Statutory Bodies Family Protection Fund (Amendment) Bill du ministre des Administrations Régionales.

C'est Mahen Jhugroo qui ouvre le bal des questions au Premier ministre avec deux interpellations sur la MBC, la première sur le statut de Datta Ramyead et sur l'accident qui a abîmé le car de reportage. Le même député aura une question sur un autre accident, celui qui a impliqué la voiture du directeur général lui-même, Bijaye Madhoo.

Joe Lesjongard veut, lui, savoir, s'il y a eu une déclaration enregistrée à la police sur une lettre d'intention que le ministère du Logement aux promoteurs de l'hôtel Les Anges du Sud tandis que Suren Dayal s'intéresse à la réintroduction de la peine de mort et aux étrangers qui, ces dernières 10 années, ont été condamnés pour des délits de drogue.

Shawkatally Soodhun interpellera le chef du gouvernement sur l'utilisation de voitures volées à des fins criminelles et sur l'interdiction de l'usage du casque intégral. Sa collègue Fazila Jeewa-Daureeawoo a trois questions à la suite pour le Premier ministre portant sur un cas de vol dans un Mandir à Triolet, aux cas similaires dans d'autres lieux de culte et ceux recensés dans les bureaux de poste. C'est la même député qui revient à la charge plus loin avec une question sur les incidents survenus à l'hôpital Candos autour de la distribution de la méthadone.

Ajay Gunness a deux questions, l'une portant sur le contrat d'installation des caméras de surveillance, les lieux identifiés et le coût de cette opération et sur les raisons de la fermeture du Departmental Orderly Room de la police. Deux interpellations aussi pour le chef de file du MSM, Nando Bodha, l'une sur les trois braquages en 24 heures récemment perpétrés et sur les agressions de gangs.

Leela Devi Dookun-Luchoomun reste sur le même sujet et adresse une question au Premier ministre sur le vol de voitures impliquant des mineurs alors que Arianne Navarre-Marie veut connaître les mesures prises pour venir en aide aux étudiants qui se trouvent en difficulté en Irlande.

Pour les autres ministres, des questions sur des recrues de Airports of Mauritius Ltd, sur la nécessité d'amender les lois pour contourner le problème de non-parution de témoins en Cour, sur le projet de Land Administration Information Systems, sur les 4 589 bénéficiaires de l'allocation de Rs 5 000 post-inondations et si, parmi, il y a des résidents d'appartements, sur l'allocation en argent accordée aux pensionnés au lieu de couverture, sur le nombre d'admis dans les universités et des ordinateurs dans les écoles primaires au 31 mai dernier, la révision des horaires de desserte de la cybercité par autobus, la réglementation de l'utilisation des bicyclettes électriques et les arriérés dus par les marchands de la foire Da Patten,

Autres interpellations à l'agenda, les élèves qui ont été rétrogradés de la Form V à la Form IV, les projets hôteliers, la Competition Commission, le vol d'électricité, la qualité de l'eau, les travaux d'extraction à Bel Ombre, les abonnés de la CWA qui sont soumis aux tarif du Waste Water, l'interdiction d'accès à l'université à l'association Your Right To Know, la perte du papier d'ourdou d'une étudiante du HSC, la révision des critères pour le "coulage" de la dalle, les dettes rayées au CEB, les problèmes de parking à la NTA, la nomination du Commissaire pour la protection des emprunteurs et la conversion de la SSS de La Gaulette.


Scrutin contesté

Zimbabwe : calme sournois et climat de terreur

Le calme sournois - avec des actes d'intimidation des plus flagrants, dont l'opération Finger Print des électeurs, menés par des éléments proches de la ZANU-PF du président Robert Mugabe -, a caractérisé le déroulement du second tour des élections présidentielles de vendredi à candidature unique au Zimbabwe. C'est ce que révèlent les recoupements d'informations effectués par Week-End auprès de la mission d'observateurs mauriciens déployés dans différentes provinces de ce pays. La vingtaine de représentants mauriciens devait regagner la capitale Harare, hier après-midi pour une séance de Debriefing quant à la situation sur le terrain. La délégation mauricienne rentrera mardi du Zimbabwe.

A hier après-midi, le commissaire électoral, Irfan Rahman, qui se trouve dans la capitale du Zimbabwe depuis jeudi, mettait la dernière main au Draft Statement concernant le déroulement du scrutin sur la base des informations transmises par les différentes missions réparties sur le terrain. " Le Draft Statement est actuellement en préparation. Ce document sera ensuite soumis à tous les Etats membres de la Southern African Development Community (SADC) pour leurs observations et commentaires avant de rendre la déclaration publique. Cette étape devrait être franchie dans la journée d'aujourd'hui ", a confirmé Irfan Rahman.

Dans un premier commentaire sur le déroulement de ce scrutin avec un seul candidat en lice, suite au retrait du challenger du Movement for Democratic Change (MDC), Morgan Tsvangirai, en raison du climat de terreur et de violence qui a marqué la campagne électorale, le Commissaire électoral a trouvé que " le scrutin s'est déroulé dans un Uneasy Calm. Des Roadblocks ont été installés. Le jour du vote demeure une infime partie du processus électoral. Mais nous sommes également en présence d'informations sur le climat de terreur exercé sur les électeurs avec l'opération Finger-Print menée par des éléments de la ZANU-PF. Nous allons en faire état sur la base des témoignages recueillis sur le terrain, et aborder la violence de la campagne et le retrait de l'adversaire de Robert Mugabe pour des raisons de sécurité de ses partisans et au plan personnel ".

D'autres sources, qui ont suivi le déroulement de la campagne électorale et le scrutin en dehors de Harare, soutiennent qu'un " véritable climat de frayeur a régné et le jour du scrutin, les électeurs, qui se sont rendus aux urnes avaient très peur. Ils refusaient de parler à qui que ce soit de peur de représailles quasi immédiates ".

" Une des conséquences de l'opération Finger-Print visant à identifier les Zimbabwéens qui ont boycotté le scrutin présidentiel, est que dans des bastions attribués aux partisans de Morgan Tsvangirai dans la capitale Harare, nous avons constaté un Very Late Surge de votants vers les 17 heures, vendredi. Au vu de la campagne de frayeur de Finger-Print et des risques de règlement de compte post-électoral, ils ont préféré se rendre dans les bureaux de vote pour avoir de l'encre indélébile sur leur doigt en vue d'éviter tout ennui politique subséquent. La conséquence est un pourcentage élevé de bulletins de vote nuls, dont certains avec des inscriptions : "nous n'allons pas voter" ", a appris officiellement Week-End dans les milieux des observateurs mauriciens au Zimbabwe.

Les observateurs confirment qu'ils ont eu libre accès aux différents bureaux de vote. Mais très peu d'importance est attachée au dépouillement des bulletins de vote vu le très faible taux de participation et compte tenu du fait que la course présidentielle était courue d'avance. Le maintien du scrutin dans un climat d'extrême violence avait été dénoncé au plan international, que ce soit du côté du Conseil de Sécurité des Nations unies ou encore par la Southern African Development Community.

La crise politique au Zimbabwe a été au centre de la Private Notice Question (PNQ) du leader de l'opposition, Paul Bérenger, lors de la séance parlementaire de vendredi dernier. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a confirmé que Maurice a préféré privilégier l'option de " Quiet Diplomacy " prônée par le président d'Afrique du Sud, Thabo MBeki, qui avait été également investi d'une mission de médiation au Zimbabwe.

" Mauritius has not made any specific statement or sent any message directly to Zimbabwe because as a member of SADC, Mauritius subscribes fully to the collective position taken by SADC on Zimbabwe. SADC has been involved right from the beginning of the electoral process in the country and had mandated President MBeki to mediate with all the parties concerned with a view to finding a peaceful solution ", a soutenu le Premier ministre à l'Assemblée.

Navin Ramgoolam a fait état de différents échanges téléphoniques avec le président sud-africain sur le dossier du Zimbabwe au cours de la semaine écoulée. Il a rappelé que l'objectif principal de la mission de médiation confiée à Thabo MBeki est d'encourager les deux formations politiques au Zimbabwe de renouer avec les négociations pour une sortie de crise pacifique.

Le Premier ministre a fait état des consultations avec l'Australie, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Ces pays ont encouragé Maurice à revoir sa décision en ce qui concerne la mission d'observateurs au second tour des présidentielles au Zimbabwe. Initialement, Maurice devait être représentée que par cinq observateurs. Finalement, 19 officiels de la Commission électorale, de la magistrature, du judiciaire et de la Commission nationale des Droits de l'Homme se trouvent au Zimbabwe.

De son côté, le leader de l'opposition devait regretter que jusqu'ici, le gouvernement n'a pas cru nécessaire de faire une déclaration officielle pour dénoncer la " State Violence " de la campagne électorale, avec la disparition et le meurtre des partisans du Movement for Democratic Change, dont l'épouse du maire de Harare.

Paul Bérenger a exprimé le souhait qu'à la clôture des bureaux de vote au Zimbabwe, de par son prestige au niveau international, Maurice émette une déclaration dénonçant la violence politique et réitérant le droit légitime du Movement for Democratic Change d'exercer la majorité issue des urnes le 29 mars dernier.


Le MMM veut une déclaration forte de Maurice

Le MMM n'est pas d'accord avec la position du gouvernement mauricien concernant la situation antidémocratique qui prévale au Zimbabwe. Lors de sa conférence hebdomadaire, hier, le leader des mauves, Paul Bérenger a déclaré "avoir eu un peu honte pour le Premier ministre, Navin Ramgoolam" après la déclaration du chef du gouvernement à l'Assemblée nationale, vendredi après-midi. Il fallait, selon Bérenger, "une déclaration forte et courageuse du gouvernement de Maurice contre la violence et le viol de la démocratie dans ce pays".

Selon Paul Bérenger,"l'île Maurice a le respect de certaines valeurs et est citée en exemple dans la région. Or, le Premier ministre de l'île Maurice s'est contenté de répéter comme un perroquet la déclaration du Président Sud-Africain, Thabo Mbeki, alors même que ce dernier est lui-même de plus en plus contesté pour sa position envers Robert Mugabe". Paul Bérenger ne décolère pas que Navin Ramgoolam ait affirme, comme Mbeki, qu'il y au Zimbabwe un Parlement où personne ne détient la majorité. "C'est faux. Tout le monde sait que le MDC de Morgan Tsvangirai est largement majoritaire. Il faut que l'île Maurice réclame que le MDC puisse jouer pleinement son rôle", déclare Paul Bérenger

Le leader du MMM a fait état "d'une situation terrible à Harare, capitale de Zimbabwe, où récemment l'épouse du maire de la ville, un opposant, et son enfant de 4 ans ont été kidnappés. Trois autres épouses d'opposants ont été tuées. Il y a là-bas une violence de l'appareil d'État, des atteintes à la démocratie et à la liberté". Paul Bérenger a protesté contre le fait que l'île Maurice ne devait se faire représenter que par un fonctionnaire à la conférence des ministres africains des Affaires étrangères organisée en Egypte pour discuter de la situation au Zimbabwe. Selon le leader du MMM, le Premier ministre après avoir pris note de ses protestations, a dit qu'il reverra la question.


Mugabe attend sa victoire après un simulacre d'élection

Le chef de l'Etat zimbabwéen Robert Mugabe attendait samedi la confirmation de sa victoire après un simulacre de présidentielle où il était seul en lice et le régime préparait son investiture, indifférent à l'annonce de nouvelles sanctions américaines.

Le dépouillement des bulletins de vote s'est "terminé" samedi soir au niveau de chaque bureau et les résultats doivent désormais être centralisés à Harare, a indiqué la Commission électorale du Zimbabwe.

Le président Mugabe, 84 ans et au pouvoir depuis 1980, est assuré d'emporter une victoire écrasante puisqu'il était de fait le seul candidat. Le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, 56 ans, arrivé en tête au premier tour, s'était retiré de la course en raison des violences contre ses partisans.

La prestation de serment de Robert Mugabe doit avoir lieu dimanche, avant son départ pour le sommet de l'Union africaine (UA) en Egypte, ont indiqué à l'AFP des sources gouvernementales. "L'investiture aura lieu demain", a déclaré une de ces sources, un proche du dirigeant zimbabwéen, sous couvert de l'anonymat.

Les résultats définitifs étaient attendus dimanche au plus tard alors qu'il avait fallu cinq semaines pour annoncer ceux du premier tour.

Le chef de l'Etat, qui se dit investi d'un pouvoir de droit divin, avait maintenu le second tour envers et contre tous pour garder un vernis de légitimité démocratique.

Le régime a assuré que le scrutin avait été "paisible" et le quotidien d'Etat The Herald a évoqué "une participation massive".

Mais le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Morgan Tsvangirai a dénoncé cette présentation du vote. "Ce qui s'est passé hier n'est pas une élection. C'est une imposture incroyable, une farce", a déclaré samedi son porte-parole, Nelson Chamisa.

M. Tsvangirai avait auparavant affirmé que le second tour avait été un "exercice d'intimidation massive" dont les résultats ne reflèteraient que "la peur" des électeurs. Tout en appelant à boycotter le scrutin, il avait cependant recommandé à ses partisans de ne pas prendre de risque, quitte à voter pour le président Mugabe.

L'ex-syndicaliste avait jeté l'éponge après avoir constaté une "orgie de violences" depuis la déroute du régime aux élections du 29 mars. Le pouvoir avait alors perdu sa mainmise sur le Parlement et le président était arrivé en seconde position avec cinq points de retard.

M. Tsvangirai a appelé vendredi la communauté internationale à rejeter le résultat du second tour. Mais si l'Occident a unanimement dénoncé une "imposture", le Conseil de sécurité de l'ONU a été incapable de s'entendre pour déclarer le scrutin illégitime.

Les Etats-Unis et leurs alliés européens ont poussé pour obtenir un texte déclarant que les résultats ne pouvaient avoir "ni crédibilité ni légitimité". Mais l'Afrique du Sud, chargée par la région d'une médiation au Zimbabwe et qui évite toujours de critiquer son voisin, s'y est opposée.

Le Conseil de sécurité s'est finalement borné à estimer que "les conditions d'une élection libre et équitable n'étaient pas réunies".

Très déçue, l'opposition zimbabwéenne a condamné un échec dont elle rend Pretoria responsable. Le président sud-africain Thabo Mbeki "abandonne le peuple du Zimbabwe en agissant comme s'il protégeait un Etat voyou", a accusé Nelson Chamisa.

Décidé à ne pas en rester là, le président américain George W. Bush a annoncé samedi de nouvelles sanctions "contre le gouvernement illégitime du Zimbabwe et ceux qui le soutiennent". Les Etats-Unis vont également "faire pression dans le sens d'une action forte de la part des Nations unies, notamment un embargo sur les armes et une interdiction de voyager pour les responsables du régime", a-t-il dit.

Les Etats-Unis, comme l'Union européenne (UE), avaient déjà adopté des sanctions contre M. Mugabe et ses proches après sa réélection controversée en 2002.

De leur côté, l'Union africaine (UA) et la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), deux blocs qui se sont jusqu'à présent contentés de déclarations vagues, ont maintenu un silence gêné.

M. Tsvangirai a imploré les dirigeants africains de ne pas se laisser "intimider" par le plus vieux chef d'Etat d'Afrique, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex-Rhodésie du Sud britannique en 1980.


UNION AFRICAINE: Le dossier zimbabwéen renvoyé aux chefs d'Etat

La réunion du Conseil exécutif de l'Union africaine (UA), préparatoire du sommet de lundi, a mis samedi entre parenthèses la crise zimbabwéenne afin de poursuivre l'examen de l'ordre du jour, en attendant le Conseil de paix et de sécurité de dimanche.

Les délégations ministérielles des 53 Etats membres ont repris à Charm el-Cheikh (Egypte) leurs travaux en début de matinée et, suivant l'ordre du jour, discuté des questions courantes, ont indiqué les organisateurs.

Plusieurs sujets, en plus des crises et conflits, sont au programme du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement qui doit se tenir dans la station balnéaire égyptienne lundi et mardi, comme la constitution d'un gouvernement de l'Union, la finalisation de l'architecture de prévention et gestion des conflits ou encore la coopération de l'UA avec les structures sous-régionales.

La journée de vendredi, qui coïncidait avec le second tour de la présidentielle controversée au Zimbabwe, avait été presque totalement consacrée à la crise politique au Zimbabwe qui divise et préoccupe l'UA.

"Toute la première séance du huis clos a été consacrée au Zimbabwe et les gens ont parlé très franchement de la gravité de la situation", a indiqué le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, expliquant que certains souhaitaient botter en touche, tandis que d'autres préféraient "préparer les chefs d'Etat à la question en ayant toutes les informations en main".

"La SADC (Communauté de développement économique d'Afrique Australe) a fait un rapport: nous nous acheminons apparemment vers des négociations. On a tous espoir d'arriver à une solution", a-t-il noté, indiquant qu'il "est possible que le leader de l'opposition qui est arrivé premier au premier tour, Morgan Tsvangirai, joue un rôle important dans son pays, Premier ministre exécutif par exemple, avec des garanties".

La proposition d'un compromis sur le modèle kényan pour sortir de la crise zimbabwéenne a été froidement accueillie par certains Etats membres de l'UA, ainsi que par des représentants de la société civile africaine.

Le Sénégalais Alioune Tine, président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho), une des 153 organisations de la société civile africaine réunies pour faire pression sur l'UA, a ainsi déclaré à l'AFP que "le Zimbabwe, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase".

"Aujourd'hui, si on accepte ce qui se passe au Zimbabwe, on peut dire adieu aux élections en Afrique. Il s'agit d'un véritable défi aujourd'hui pour les chefs d'Etats et de gouvernement de l'UA pour qu'ils disent stop!", a-t-il estimé, demandant que le résultat du scrutin de vendredi ne soit "pas reconnu".

Il refuse également les "compromis bancals comme au Kenya, qui enlèvent toute signification et contenu aux élections. Ce scénario est mauvais. Si aujourd'hui on accepte cette expérience, demain un autre chef d'Etat va en profiter", déplore-t-il, évoquant notamment la Côte d'Ivoire.

Pour M. Gadio, "aucun peuple ne mérite d'être tué ou massacré à cause d'une histoire d'élection. Mais on ne doit pas créer une nouvelle culture politique en Afrique qui ferait que l'on va aux élections et si on perd on dit qu'on partage le pouvoir".

Vendredi soir, pressé par les médias de réagir à la situation au Zimbabwe, le patron de l'UA, Jean Ping, a assuré que "le problème du Zimbabwe, j'en suis convaincu, trouvera une solution crédible. Donnez-nous le temps d'en débattre avec nos chefs d'Etat, avec la SADC".

Pour l'instant, l'UA s'est refusée à condamner M. Mugabe, préférant soutenir la médiation au nom de la SADC de Thabo Mbeki.

M. Ping a également annoncé la tenue dimanche d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'UA qui pourrait aborder le Zimbabwe, en plus des autres conflits du continent notamment la Somalie, la tension grandissante entre Djibouti et l'Erythrée, et la situation au Soudan.


L'opposition a brûlé ses cartes

En boycottant le scrutin présidentiel de vendredi, l'opposition zimbabwéenne a augmenté la pression à court terme sur le chef de l'Etat Robert Mugabe mais a restreint l'éventail des cartes à sa disposition pour la suite.

Le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, s'est retiré de la course en invoquant les violences commises contre ses partisans. Le régime a donc dû se contenter d'un simulacre d'élection avec un candidat unique.

"Il a révélé la vraie nature de Mugabe: un dictateur cruel et violent qui est désormais critiqué par certains de ses pairs africains", estime John Makumbe, professeur de sciences politiques à l'Université du Zimbabwe.

Après le retrait de l'opposant dimanche dernier, l'Occident et plusieurs dirigeants africains ont demandé le report du scrutin. Et le Conseil de sécurité de l'ONU s'était réuni en urgence dès le lendemain pour évoquer la question.

"En se désistant, Morgan Tsvangirai a intensifié la crise, qui a été portée jusqu'aux Nations unies. Pour la première fois, le Conseil de sécurité a discuté du Zimbabwe pendant cinq heures et publié un communiqué", souligne M. Makumbe.

Mais la réponse internationale le jour du scrutin, organisé dans un climat de tension extrême, a montré les limites de la stratégie de M. Tsvangirai qui a tout misé sur les pressions extérieures.

Si les pays du G8 ont fait savoir qu'ils ne reconnaîtraient pas l'issue de l'élection, le Conseil de sécurité n'a pas réussi à se mettre d'accord sur une résolution allant dans ce sens.

L'ambassadeur sud-africain Dumisani Kumalo, dont le pays est chargé d'une médiation au Zimbabwe au nom de l'Afrique australe, a empêché l'adoption d'un texte qui aurait déclaré illégitime les résultats.

Exaspéré, le porte-parole de l'opposition, Nelson Chamisa a accusé le président sud-africain Thabo Mbeki de se conduire comme s'il avait "la carte" du parti de Robert Mugabe. "Il abandonne le peuple du Zimbabwe en agissant comme s'il protégeait un Etat voyou", a-t-il lancé.

"Je ne suis pas sûr que M. Tsvangirai ait une option de secours ou un plan B", craint John Akokpari, un analyste de l'Université du Cap. En se retirant "il a vraiment limité ses options", ajoute le politologue.

Le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a bien laissé ouverte la porte à des discussions avec le régime, mais il a posé des conditions qui ont fluctué dans le temps, relève M. Akokpari qui y voit le signe d'une absence de stratégie claire.

De toute manière "il est très improbable que des négociations puissent réussir", souligne John Makumbe.

Le président Mugabe, qui n'a jamais rencontré son rival, méprise profondément le MDC qu'il considère "vendu" à l'ancienne puissance coloniale britannique.

"Je ne sais pas si Tsvangirai pourrait accepter de participer à un gouvernement dont M. Mugabe serait le président", ajoute Elizabeth Sidiropoulos, de l'Institut sud-africain des Affaires internationales (SAIIA).

Pour ces analystes, M. Tsvangirai ne semble pas avoir d'autres choix que de poursuivre ses efforts en direction de la communauté internationale, et notamment des dirigeants africains, en espérant qu'ils parviennent à faire plier Robert Mugabe.

Mme Sidiropoulos souhaite que l'Afrique australe envisage des sanctions économiques, par exemple un embargo sur le carburant. Les sanctions ne doivent pas forcément être appliquées mais la région "doit menacer de le faire de façon crédible", conseille-t-elle.

Quoi qu'il en soit, si le retrait de Morgan Tsvangirai a été parfaitement compris à l'étranger, son image pourrait avoir été écornée en interne, remarque Jonathan Moyo, un ancien ministre du régime devenu indépendant. "Cela le fait passer pour un lâche", dit-il.


Conférence de l'aile féminine du Parti Travailliste

Sheila Bappoo : "PTR sel parti dan lil qui mette l'enfaz lor besoins bann fam".

La position des femmes dans la politique et par rapport au budget étaient les principaux sujets abordés dans une conférence de presse qui s'est tenue à la municipalité de Beau-Bassin Rose-Hill par l'aile féminine du Parti Travailliste. La présidente du PTR déclare que les femmes aussi sont "concernées par la politique et les affaires d'État".

Ambiance de fête et comme il se doit forte présence féminine à ce congrès du PTR qui avait pour thèmes : les avantages du Budget 2008 et le rapport des femmes à la politique. Les ministres et députés du PTR, Rama Sithanen, Vice Premier Ministre et ministre des Finances; Sheila Bappoo, ministre de la Sécurité Sociale, James Burty David, ministre des Administrations Régionales, Dharam Gokhool, ministre de l'Éducation, Indira Seeburn, ministre de la Femme; Etienne Sinatambou, ministre de l'Information Technology, Kalianee Juggoo, députée de la majorité et Monique Ohsan Bellepeau, présidente de l'aile féminine du PTR étaient tous présents dans ce congrès, ainsi que les différents représentantes des circonscriptions appartenant au PTR.

Rama Sithanen a précisé que son budget bénéficiera aux étudiants du tertiaire car il compte investir 1 milliard de roupies dans de nouveaux bâtiments pour accueillir un maximum d'étudiants. Il vise ainsi à améliorer le "capital intellectuel" du pays. Selon le ministre des finances, le seul problème qui échappe au gouvernement est la montée du prix du pétrole. Sheila Bappoo a, pour sa part, élaboré sur les neuf pour cents d'augmentation des pensions après avoir déclaré que le "PTR sel parti dan lil qui mette l'enfaz lor besoins bann fam". Elle encourage aussi les femmes à ne pas demeurer des spectateurs en ce qui concerne la politique.

Dharam Gokhool a, quant à lui, félicité la démarche des femmes au sein du parti en déclarant que, "kan fam bouzé, parti bouzé- ken parti bouzé, pays bouzé". La députée de la majorité, Kalianee Juggoo a, pour sa part, souligné que les femmes doivent cultiver le sens patriotique et participer à la vie dans leur circonscription. La ministre de la femme, Indira Seeburn, a souligné que "chaque femme a l'occasion d'amener le développement économique au pays car le gouvernement offre la formation, le terrain et le marketing pour les femmes". A presque la fin de la conférence, des manifestants de la Construction Metal & Furniture Employees Union (CM&FEU) sont venus à la municipalité pendant quelques minutes pour exprimer leur désarroi face aux salaires proposé par le gouvernement. L'association de syndicats a par ailleurs annoncé une manifestation le 19 juillet prochain à Quatre-Bornes.


Ça va se savoir

Et le PRB de la Commission pour la Démocratisation de l'Economie

Comme ce fut le cas pour les fonctionnaires, les recommandations du Pay Resaerch Bureau n'ont poas fait que des heureux au sein de la classe politique. Certains backbenchers n'hésitent pas à soutenir que le directeur du PRB n'a pas su apprécier le travail du simple parlementaire sur le terrain en dénonçant que l'écart des allocations prévues a augmenté.

Mais le plus intéresant de toutes ces recommandations demeures les nouveaux honoraires du président et de la vice-président de la Commission pour la Démocratisation de l'Economie, Cader Sayed Hossen et Nita Deerpalsing. Les amendements votés vendredi à l'Assemblée nationale n'en soufflent mot. Avant le PRB, le traitement salarial accordé auyx détenteurs de ces deux fonctions tutoyait celui des ministres.

Une source ministérielle a indiqué que les ajustements nécessaires, pour au moins maintenir la parité, devront intervenir à partir des allocations sous le budget alloué au Prime Minister's Office. Aucune indication n'était disponible quant au montant de ce supplément.

Police: Le gynmase personnel du CP Gopalsing transféré

Officiellement, le commissaire de police, Ramanooj Gopalsing, est en coné de convalescence. Ce congé, qui dure depuis le mois de février dernier, devrait arriver à son terme ces jours-ci à moins d'être renouvelé. Mais entre-temps, des signes, qui ne trompent pas, sont constatés aux Police Headquarters. Jusqu'à tout récemment, une des salles du bloc abritant le bureau du commissaire de police avait été amenagé en tant que gymnase personnel par Ramanooj Gopalsing.

Mais avec le dernier exercice de transfert au niveau des assistants commissaires des police, les équipements de fitness ont dé:montés et transférés dans le gymnase fréquentés par les membres de la force policière aux Casernes centrales. Dorévanant, le bureau est utilisé pour accueillir un ACP. Ceux qui ont eu l'occasion de s'exercer sur ces équipements alloués jusqu'ici au commissaire de police ne tarissent pas d'éloges sur leur qualité.

Un paquebot qui dérange accosté au quai E dans le port

Depuis bientôt trois semaines, les habitués du Port se disent intrigués par la présence d'un petit paquebot acciosté au Quai E. Le principal inconvénient est que le Mauritius Trochetia et le Mauritius Pride, qui font le cabotage des îles ne peuvent plus utiliser ce Dedicated Quay. Les passagers venant ou allant à Rodrigues sont débarqués sur des quais autres que le Quai E avant d'y être transférés à bord d'autres embarcations pour passer par le terminal qui leir est réservé.

Les responsables de la sécurité dans le port sont avares de commentaires sur la présece de ce paquebot, dont les promoteurs caressent l'idée de le transformer en un restuarant flottant. Mais le hic est que la réalisation de ce porjet viendra remettre en question toutes les procédures de sécurité dans l'enceinte portuaire depuis les événement du 11 septembre 2001 à New York. Affaire à suivre….

La qualité de la farine de Turquie: de mal en pis!

L'expérience de la State Trading Corporation avec l'importation de la farine de Turquie pour la consomlation s'avère être un échec total. La cargaison de farine reçue jusqu'ici est infestée de bestioles. A ce jour, le stock compromis est de l'ordre de quelque 8 000 tonnes même si les sources officielles refusent de donner la moindre précision à ce sujet. Mais des consommateurs regrettent que pendant l'examen du budget du ministère du Commerce pour 2008/09 Rajesh Jeetah n'avait pas été acculé sur ce dossier. A bon entendeur salut….

Le Morne: Lobbying tous azimuts pour la délégation mauricienne

La délégation mauricienne, qui comprend les ministres Rama Valayden, Mahen Gowressoo et Asraf Dulull, prévoir de mener un lobbying tous azimuts en veu d'obtenbir l'inclusion de Le-Morne dans la liste du patrimoine mondiale de l'UNESCO lors de la conférenvce prévue au Quebec la semaine prochaine. Des rendez-vous ont été pris avec les 18 délégations faisant partie du comité officiel à cet effet. La délégation, qui est partie, hier soir, est confiante de la réussite de sa mission.

D'autre part, lors du transit à Paris aujourd'hui, l'Attorney General s'apprête à participer à un déjeuner de travail avec le président de l'Ordre National des Huissiers de France, Me Guy Duvellroy. Le principal dossier à l'agenda des discussions sera une assistance de la France dans le cadre de la libéralisation de la profession d'huissiers de justuce à Maurice.

Rodrigues: le président de la république en visite

Le président de la république et lady Jugnauth effectuent à partir d'aujourd'hui une visite officielle à Rodrigues. Le couple présidentiel séjournera dans l'île jusqu'à mercredi dans le cadre de ses contacts réguliers avec les habitants de cette partie du teritoire mauricien. L'une des fonctions prévues au programme est l'inauguratin de la Maison des Pêcheurs de baie du Nord/Pointe-La-Gueule, qui vient d'être rénovée.

Toujors ne ce qui concerne Rodrigues, deux officiels de la Banque mondiale étaient ne mision à la fin de la semaine. Le but de la mission était de procéder à l'identificayion de projets dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Les représentants de la Banque mondiale ont eu des séances de travail;avec les membres de l'Assemblée Régionale de Rodrigues et de la société civile.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 29 juin 2008