o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 29 juin 2008



  Faits et effets… - Provocation
  Humeur - Charité bien ordonnée…..
  Pris sur le vif - Protection
  Opinion - Mais, où, donc, est passé l'État de droit ?


Faits et effets...

Provocation
Josie Lebrasse


Pourquoi avoir organisé cette séance exceptionnelle de l'Assemblée nationale vendredi dernier? C'est la première interrogation qui nous est venue à l'esprit après en avoir suivi les délibérations. Pour voter le Budget 2008/2009 avant le 1er juillet? Si oui, pourquoi ne pas avoir prévu un agenda plus étoffé au lieu d'une séance qui n'aura duré moins d'une heure.

Le leader de l'opposition déplorait que les parlementaires se soient servis avant les autres, avant que la loi sur la compensation salariale n'ait été votée. En effet. On est aujourd'hui le 29 juin. Le Additionnal Remuneration Act n'a pas encore été voté. C'est le texte qui doit impérativement être adopté pour contraindre les employeurs, disons les plus récalcitrants, à payer la maigre compensation salariale de Rs 283.50 à Rs 400 décidée par le National Pay Council, comité dont il faut rappeler qu'il n'a aucun fondement légal même s'il a eu, cette année, l'insigne honneur d'avoir accueilli la participation des syndicalistes, parmi lesquels ceux qui ont joyeusement trinqué avec le ministre des Finances après la présentation de son budget le 6 juin dernier. Les préconisations du National Puppet Consortium ont, donc, été avalisées par le Conseil des ministres depuis le 30 mai mais point de texte de loi jusqu'ici. Cela va venir bientôt, a dit le Speaker, vendredi, en plein débats, lui qui s'est vu octroyer une nouvelle allocation, celle du logement.

Il y avait donc plus urgent, ce vendredi, les nouveaux salaires du président, du vice-président, du Premier ministre, du vice-Premier ministre, des monstres, du Speaker, du leader de l'opposition, des PPS et des parlementaires. Et l'on comprend maintenant pour quelles raisons le PRB avait été très généreux avec les hauts fonctionnaires, la relativité voulant que ceux qui siègent au Parlement soient mieux rémunérés que les plus hauts commis de l'État. Nous comprenons aussi pour quelles raisons le paiement n'a pas été étalé, avec 75% des nouveaux salaires en juillet 2008 et les 25% restants en juillet 2009. Certains élus pourront toucher leur pactole dans son intégralité dès la fin du mois prochain.

Ils auraient pu avoir fait voter en même temps et le Additional Remuneration Act, un texte simple à rédiger puisqu'il est récurrent depuis des lustres et le President's Emoluments and Pension Act. Mais non, ils ont dû réfléchir à la portée, au symbolisme que représenterait le couplage de ces deux textes, 8% pour les uns, 116% pour les autres. Non, la comparaison aurait été trop cruelle. Ils ont préféré y aller un par un avec l'ajustement salarial des honorables d'abord. C'est ainsi que l'on a un président de la République avec un total de Rs 266 500 par mois, une enveloppe qui, faut-il le rappeler, est exonérée de tout impôt. Nous ne sommes pas sûr que ce cadeau soit destiné à Sir Anerood Jugnauth dont le mandat expire le 30 septembre prochain, mais probablement à son successeur, Rashid Beebeejaun ou un outsider qui ferait l'affaire le moment venu.

A l'heure du "performance based budgeting" et de l'introduction des mesures d'efficacité pour les fonctionnaires, on a été étonné d'entendre de la bouche du Premier ministre un certificat de compétence décerné à l'ensemble de ses ministres pour leur "professionnalisme". Entre les danseurs de séga dans les tribunes du MTC et ceux qui, par leur insouciance, ont exposé des milliers d'enfants au danger des pluies torrentielles qui ont emporté Laure Paul en passant par celui qui est passé expert en pénurie et achats sans appel d'offres et autres médiocres notoires, il y a un tri à faire. Comme entre députés, il y a aussi des distinctions à établir. Quelle meilleure illustration que ce qui s'est passé cette semaine lorsque l'important exercice de l'examen des dotations budgétaires avec les députés de l'opposition qui sont intervenus pour réclamer des précisions tandis que ceux de la majorité qui n'ont probablement même pas ouvert les Estimates n'ont eu aucune question à poser, la consigne étant qu'il faut boucler l'exercice au plus vite. Ministres tous logés à la même enseigne et députés tous soumis au même régime salarial.

En tout cas, le feel good factor, on sait maintenant dans quel camp il se trouve. Un conseil aux dirigeants de l'Alliance sociale, continuez votre campagne de mobilisation et occupez le terrain jusqu'à fin juillet, période à laquelle les pensionnés et autres récipiendaires d'allocations sociales auront touché leur maigre 9% de compensation pour un pouvoir d'achat considérablement rogné depuis 2005. A ceux qui affectionnent les chiffres ronflants, un dernier conseil, n'oubliez surtout pas - entre deux références à Manchester United, comme si Rama Sithanen était Cristiano Ronaldo, Rashid Beebeejaun, Wayne Rooney, Mahen Gowressoo, Wes Brown et Étienne Sinatambou, Rio Ferdinand - de parler du doublement indécent des salaires de certaines catégories de parlementaires et de l'augmentation qui va jusqu'à 116% pour les plus veinards. Bref, détailler le "bumper crop" des décideurs publics. Il n'y a pas à dire, putting people first est vraiment la priorité de ce gouvernement!

Quant à l'opposition, c'est plus sur la forme que sur le fond qu'elle s'est exprimée vendredi même si Paul Bérenger a relevé que, tout comme le rapport du Pay Research Bureau pour les fonctionnaires, l'écart entre les plus hauts salaires ministériels dans l'hémicycle et les simples députés se creuse. Elle aurait pu et aurait dû aller plus loin. Il y a des augmentations qui s'imposent cinq ans après, on est tous d'accord là-dessus, mais il y a aussi un système à revoir. L'opposition aurait pu proposer que ce soit le House Committee qui fasse des propositions au PRB après un consensus dégagé entre parlementaires quant à la hausse des prestations qu'ils méritent. Pourquoi, par exemple, ne pas appliquer le barème gradué qui s'applique aux salariés du privé ou, à défaut, accorder une augmentation de 39% à tout le monde, ce chiffre étant aussi celui cité pour le PRB des fonctionnaires.

Certains n'aiment pas que l'on parle de classe politique. Vendredi, elle paraissait une et indivisible. Elle ne le sait peut être pas. Toute cette affaire d'augmentation est vécue comme une véritable provocation par la population. Et on peut la comprendre!




Humeur

Charité bien ordonnée…..
Jean-Claude Antoine


On comprend maintenant pourquoi le gouvernement a fait fi des recommandations du directeur du PRB. Tenant en ligne de compte le fait que le chef du gouvernement et son ministre des Finances ne rataient aucune occasion pour dire que la situation économique était fragile, le directeur du PRB avait proposé un paiement en deux temps de la nouvelle grille salariale. Pour une fois responsables, les syndicats avaient accepté la formule et pas un seul murmure de protestation ne s'était fait entendre. Et puis la surprise avait éclaté lors de la présentation du Budget. C'est pour satisfaire une requête personnelle du Premier ministre, annonça le Grand Argentier, que le gouvernement avait décidé de payer le PRB en une seule et unique tranche. Les applaudissements des membres de la majorité furent plus bruyants que ceux annonçant les dotations pour lutter contre la pauvreté divisée en catégories et regroupées en poches géographiques. Dépassés par la générosité gouvernementale, les représentants des syndicats ne purent refuser d'aller trinquer avec le ministre des Finances devant les flashes des photographes de presse. Ce geste qui aurait été autrefois dénoncé comme une trahison pure et simple de la cause des salariés ne provoqua aucune protestation, ni aucune demande de démission des syndiqués. C'est vrai qu'ils avaient d'autres chats à fouetter : ils étaient tous en train de convertir leurs anciens salaires avec les nouvelles du PRB avant de se demander comment ils allaient dépenser leurs arrérages. Entre une conversion et un projet de dépense tous ne manquaient pas d'avoir une pensée reconnaissante pour ce gouvernement si généreux avec le service civil. Pour les observateurs, cette générosité ne pouvait être gratuite et cachait probablement une manœuvre politique.

Beaucoup pensèrent que le but de la manœuvre était de faire que l'Alliance sociale bénéficie des avantages du PRB payé en une tranche en cas d'une partielle ou de générales anticipées. En effet, le Privy Council doit rendre son verdict dans le procès que Raj Ringadoo, candidat battu de l'Alliance sociale au numéro 8, intente au premier élu de la circonscription, Ashock Jugnauth. Ce jugement sera rendu le mois prochain. Selon Raj Ringadoo, son adversaire, qui était ministre de la Santé - et membre de la direction du MSM - à l'époque des élections aurait utilisé l'appareil d'État pour se faire élire. Il est vrai que depuis le début de ce procès beaucoup d'eau politique ont coulé sous les ponts de Moka et de Quartier-Militaire. Pressenti pour être leader du MSM - et éventuellement candidat de l'alliance MSM/MMM au poste de Premier ministre en 2010 - par Paul Bérenger, Ashock Jugnauth s'était fait virer du MSM par son neveu, Pravind. Dans la foulée, Pravind avait rompu avec l'Alliance MSM/MMM, mené campagne à la fois contre Bérenger - accusé de briser non seulement les partis mais également les familles -, et son oncle. Ce dernier eut droit à toutes sortes de graffitis sur ses affiches et a un qualificatif nouveau dans le langage politique, celui de " gros fey " donnée par son neveu. Du coup Ashock rompit avec sa famille et le parti crée par son frère pour fonder l'Union Nationale. Un parti qui, à la surprise générale, et en dépit de quelques défections bruyantes, parvint a exister honorablement dans l'opposition. Mais qu'il ait été au MSM ou qu'il appartienne à l'Union Nationale, le siège d'Ashock Jugnauth pourrait être déclaré vacant par les Lords du Privy council en Juillet et provoquer une élection. Au lieu de se lancer dans une partielle a l'issue incertaine, le gouvernement de l'Alliance pourrait profiter de l'occasion - et du feel good factor provoqué par le PRB payé en une seule tranche - pour annoncer des élections générales anticipées.

Tous ces calculs étaient faux. Ce n'est ni pour faire plaisir aux fonctionnaires, ni dans le cadre d'une stratégie en vue du jugement dans l'affaire Ringadoo/Jugnauth que le gouvernement a fait fi des recommandations du directeur du PRB pour payer le rapport en une tranche. Cette décision a été prise dans un seul but : permettre aux principaux personnages de l'État et aux ministres, les principaux bénéficiaires du rapport, de toucher leurs nouveaux salaires. Pour pouvoir le faire, le gouverner a fait voter en un temps record, deux projets de loi au parlement vendredi dernier. Rappelons que le projet de loi entérinant le paiement de la compensation salariale annuelle pour l'ensemble des travailleurs du pays, compensation décidée bien avant la publication du PRB n'a pas encore été présentée au Parlement.

Même au niveau ministériel, charité bien ordonnée commence par soi.




Pris sur le vif

Protection
Jean-Claude Antoine


- Alors Joe, ki to dire sa bann match l'Euro, mari top, non?

- Top oui, mais pas trop mari…

- Ah, bon. Tu n'as pas une bonne réception d'image? Faut faire bouger ton antenne bonhomme, bien l'orienter. Je connais un p'tit bougre qui fait ça pour pas cher.

- Non, avec mon 32 pouces l'image est plus que correcte et tu peux même voir les brins d'herbe du terrain. Non, ce qui n'est pas mari top c'est l'ambiance. Tu vois, pour bien apprécier ton match comme il faut, to bizin guette ça avec ban zom. Les femmes, ça casse l'ambiance… ça casse le nissa comme on dit...

- …mais combien de fois mo fine dire toi ploy lakaz kan ena match. Zamé to vini et apré to plaigné.

- C'est compliqué. La bonne femme pas lé reste seule tout seul lakaz, tard le soir. D'ailleurs, avec tous ça banne vol et agression-là, je me mets à sa place et je la comprends, bonhomme.

- Ecoute fais comme moi. Quand il y a des matches tu envoie ta femme dormir chez sa maman et le tour est joué. Ca même que je fais moi. Comme ça, j'ai la maison à moi tout seul et je peux inviter les copains pour qu'on regarde le match entre zom. Tu as raison, bonhomme, avec une femme dans le salon, tu ne peux crier, jurer un bon coup, t'exprimer quoi. Surtout quand tu vois comment la France a fané. Une femme ça ne comprend pas le foot, ça pose des questions bêtes et ça gâte l'ambiance.

- Avant, quand les matches étaient tôt dans la soirée et quand le pays était "safe", les femmes profitaient de l'occasion pour sortir entre filles…

-…non sans avoir d'abord préparé les gadjacks et acheté la bière… ça c'était une bonne époque… zotte ti alle faire zot "ladies night"et nous nou ti trankil pou guette nou match…

-…ça c'est le passé maintenant tout a changé. Avec toutes les agressions la personne ne veut sortir le sortir le soir. Kot to même to népli safe

-… mais moi j'ai trouvé une solution…

-…ki to faire…

- Envoye li kot so maman, c'est la seule chose à faire pou to capave profite to l'Euro. Surtout pour la finale.

- Elle ne veut pas.

- Comment ça, elle veut pas aller chez sa maman? Un peu drôle ça. En général, et malgré tout ce qu'elles peuvent dire, les femmes adorent aller dormir chez leur maman. A moins qu'il y ait une baise dans la famille. Sorry mo rentre dans zafer ki pas concerne moi… mais ta femme, elle s'entend bien avec sa maman, non ?

- Elles font plus que s'entendre ces deux-là. Elles sont comme fesses et chemises. Elle sont d'accord sur tout, surtout contre moi. Ma femme s'entend tellement bien avec sa mère que je me demande parfois pourquoi elle m'a épousé…

-…ma femme aurait répondu : juste pour t'embêter. Mais énan enn zafer ki mo pas comprend dans ce que tu dis-là. Si ta femme est mari bien avec sa maman pourquoi elle refuse d'aller dormir chez elle. Il n'y a pas de place pour elle là-bas ?

- Non, la place, pas ça ki manqué cotte mo belle mère.

- Ah, je comprends... elle reste pour toi, pour faire un petit calin… c'est tout à fait normal avec ce temps de chien qu'il fait-là. Tu n'as qu'à t'occuper d'elle avant le début du match… to énan le temps : ça ne commence pas avant onze heures. Comme ça, après tu seras tranquille pour le match.

- To pas pé comprend narien, là. Elle reste pour le match…

-… C'est une baise ça. C'est comme ça que fonctionnent les femmes. Zotte énan ene l'instinct de propriété terrible. Elle préfère s'enmerder à regarder un match avec toi plutôt que de te laisser aller le regarder avec tes copains. Quand les femmes sont comme ça, zot colle plis ki la colle forte.

- Tu ne comprends toujours pas. Elle ne reste pas pour rester avec moi, elle reste pour regarder le match.

- Quel match ?

- Mais le match de foot.

- Mais pourquoi ?

-Pourquoi quoi ?

- Pourquoi elle regarde le match ?

- To pas pou croire moi… parce qu'elle aime.

- Elle aime quoi ?

- Le football.

- Qu'est-ce que c'est que ce délire ? Depuis quand femmes content football ?

- Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que non seulement ma femme regarde les matches, mais li kone sa l'Euro la pli bien ki moi.

- Qu'est-ce tu veux dire.

- Elle connaît tellement plus que moi sur les joueurs, les équipes, les entraîneurs que je suis resté découillonné, je te dis.

- Sa kantité la li koné lor football ?

- Je te jure : j'apprends avec elle sur le foot.

- Si seki to pé dire vrai on est baizé.

- Ki senla ?

- Nou, les hommes, la race des hommes. Les femmes ont pris la place, partout. Dans le travail, dans la politique, dans les études, partout je dis. Zotte ki fine vine mari. Si elles prennent le football aussi, qu'est-ce qui va nous rester, hein? On est foutu. Il n'y a qu'une seule chose à faire…

-…laquelle…

- Faire une campagne pour que le gouvernement nomme un ministre des Droits des Hommes pour nous protéger.




Point de vue

Mais, où, donc, est passé l'État de droit ?
Henri Marimootoo


Jusqu'où ira l'audace de la Voice of Hindu (VOH), et d'autres organisations soi-disant socioculturelles du même acabit qui opèrent au sein de diverses communautés dans leurs défis lancés à l'État de droit dont l'île Maurice se targue d'être un exemple ? C'est la question qui a commencé à sérieusement de se poser, doit-on dire depuis belle lurette, chez nombre de citoyens de notre pays épris de paix, de justice et d'harmonie.

Cette question, que seuls le gouvernement et les institutions nationales - au premier rang desquelles la Police - censées garantir l'État de droit peuvent légalement et logiquement répondre, est devenue encore plus lancinante après la dernière incartade de la VOH, vendredi dernier, dans l'enceinte de l'Hôpital Victoria, à Candos. Incartade n'est d'ailleurs pas un mot assez fort pour décrire la véritable terreur exercée par les membres de cette organisation à l'encontre de pauvres malades, pourtant déterminés à sortir de leurs dépendance de la drogue, et qui s'étaient rendus à l'établissement hospitalier pour prendre leur dose de médicament (de la

méthadone) afin de se soigner. Ces malades, agressés avec des gourdins, des armes tranchantes et autres objets contondants n'ont dû leur salut que dans la fuite et ce en présence de policiers impuissants, pour ne pas dire nullement disposés à intervenir pour faire respecter la loi.

Sous prétexte qu'ils ne veulent pas "voir" des drogués dans "nou landrwa" (Candos serait-il donc la propriété de Voice of Hindu?) ses membres ont ainsi dont pris "des mesures" pour faire fuir les malades. Devant leurs actes de violence, les autorités (Acting Regional Health Director, policiers et même le ministre de la Santé, M. Satish Faugoo), ont finalement décidé que, dorénavant, la distribution de la méthadone se fera "ailleurs". Apparemment par le biais d'une caravane ambulante du ministère de la Santé qui trônerait du côté du dispensaire de Rose-Hill.

Il sera sans doute très intéressant de savoir ce que va répondre le Premier ministre, mardi prochain, à l'Assemblée nationale à une interpellation de la troisième députée de Stanley/Rose-Hill, la MSM Fazila Jeewa-Daureeawoo. Cette députée demandera effectivement à Navin Ramgoolam s'il obtiendra du Commissaire de Police, l'intérimaire M. Dhun Rampersad, des informations sur un incident allégué survenu dans l'enceinte du même hôpital, le 8 juin dernier, impliquant des patients qui attendaient de la Méthadone et des individus armés. On notera, d'emblée que même si elle fait preuve de courage, Mme Fazila Jeewa-Daureeawoo évoque "un incident allégué" alors que ce 8 juin dernier il y avait eu carrément attaque contre des patients de l'hôpital de Candos. Le pire, c'est que les membres de la Voice of Hindu auront donc récidivé, vendredi dernier. Aucun doute n'est permis au sujet de la prétention de la Voice of Hindu d'imposer ses méthodes sur la nation mauricienne civilisée. Le même genre de méthodes barbares que la communauté internationale condamne dans le cas du Zimbabwe. De l'aveu même du vice-président de la Voice of Hindu, M. Navin Unnoop, "la vigueur" de son intervention "n'a pas été appréciée par les patients, vendredi dernier, et cela a provoqué des échauffourées, en présence de policiers, et un carreau de vitre a été brisé et deux patients blessés". Le Ram Sena de Jugessur (une autre organisation socioculturelle) était tombée d'accord avec le ministre de la Santé pour que ce soit mardi que la distribution de la Méthadone soit faite ailleurs ; nous, Voice of Hindu, nous ne sommes pas d'accord, cela doit cesser immédiatement. Nous reviendrons demain matin si ça continue", avait menacé M. Unnoop, vendredi dernier. En présence de policiers, s'il vous plaît.

N'y a-t-il donc pas de Police dans ce pays pour rappeler à M. Unnoop et sa bande armée que l'Etat ce n'est pas la Voice of Hindu ? Le leader de l'opposition, Paul Bérenger, interrogé, hier matin, sur l'incident de Candos a, avec raison, fait remarquer "qu'il n'y a pas plus dangereux pour un pays pluri-culturelle comme Maurice que des groupes dictant leurs propres lois". Paul Bérenger a déclaré qu'il ajoutera son mot lorsque le Premier ministre répondra à la députée Fazila Jeewa-Daureeawoo. Le leader mauve a rendu responsable le gouvernement d'avoir encouragé la prolifération de "ce genre de groupes" dans "les trois communautés importantes du pays". Cependant, sous ce rapport, l'hypocrisie n'est pas permise : la Voice of Hindu et les autres "groupes" existaient et sévissaient déjà avant et pendant que le gouvernement MSM-MMM dirigeait le pays. A l'instar d'un certaine Escadron de la Mort portlouisien.

Paul Bérenger, Navin Ramgoolam et tous les parlementaires vraiment conscients du danger et qui aiment vraiment leur pays peuvent faire beaucoup mieux que de répondre ou d'alimenter une interpellation parlementaire. Il peuvent faire front commun et par le recours à une loi d'exception d'urgence déclarer hors-la-loi tous ces groupes contre lesquels des preuves suffisantes existent déjà que leurs activités réelles - qui n'ont absolument rien de socioculturelles - constituent les germes qui mèneront notre pays un jour au bord d'un affrontement interethnique sanglant si ce n'est qu'on se retrouvent tous, paisibles citoyens, pris en otage par des sectaires comme on en trouvaient jadis dans les Balkans et aujourd'hui au Zimbabwe... Etre mise hors-la-loi signifierait pour les membres de telles organisations bannies, courir le risque d'être emprisonnés... Aux décideurs de réagir !





o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 29 juin 2008