Choquant, révoltante et inacceptable. Les épithètes
ne manquent pas pour qualifier le calvaire qu'aura enduré
Kenneth Mounien, jeudi, des suites d'un accident de la route a
priori banal devant l'église de l'Immaculée conception,
rue St-Georges, Port-Louis. En effet, Kenneth Mounien, un contracteur
de 36 ans, habitant Pointe-aux-Sables, a dû attendre deux
heures, immobilisé à bord de sa 2 x 4 avant d'être
finalement secouru par le Service d'Aide Médical d'Urgence
(SAMU), devant les yeux éberlués de dizaines de
personnes, qui se demandaient toutes comment un service d'urgence
pouvait mettre autant de temps à arriver sur les lieux,
alors que l'hôpital Jeetoo se trouve à deux minutes
à peine. Mais ce n'était que le début des
déboires de Kenneth Mounien, qui a fait le récit
de son calvaire de jeudi à Week-End.
"On ne m'a pas bien traité à l'hôpital
non plus. Ma femme m'a raconté ce qui s'est passé
avec le SAMU pendant que j'étais encore dans la voiture
parce que j'étais inconscient la majeure partie du temps
mais ce qui est arrivé à l'hôpital est également
choquant. On m'a fait attendre pendant une heure dans le Casualty.
Il a fallu que ma maman se mettre à faire du bruit pour
qu'on me prenne en compte". C'est en ces termes que Kenneth
Mounien a débuté le récit de son calvaire
à Week-End. De son accident, Kenneth a tout en mémoire
et ce jusqu'à l'arrivée des attendants dans une
ambulance. Ces derniers n'ont pu porter lui porter secours. "Quand
ils sont arrivés, ils m'ont demandé si je pouvais
bouger et sortir de la voiture. A ce moment-là, j'étais
encore conscient. Je leur ai dit non, que je ne pouvais pas bouger.
Ils sont alors repartis. Dans la minute qui suit, j'ai perdu connaissance.
Mon épouse m'a ensuite raconté ce qui s'est passé,
à l'effet que les policiers étaient eux-mêmes
exaspérés par le SAMU, qu'il a fallu attendre en
tout deux heures pour que le SAMU puisse me retirer de mon véhicule,
que les pompiers sont aussi venus".
Lorsqu'il arrive à l'hôpital Dr Jeetoo, Kenneth reprend
peu à peu ses esprits mais ne peut se mouvoir. "Je
ressentais d'atroces douleurs au cou. Je m'étais blessé
il y a trois ans au niveau du cou et j'avais mal au même
endroit, de même qu'au dos et aux jambes. A l'hôpital
déjà, on m'a fait attendre une heure au Casualty",
a-t-il fait ressortir. Lorsque son attente prend fin, Kenneth
est examiné rapidement et reçoit une injection d'un
produit quelconque. La piqûre le permet de bouger progressivement.
Tout de suite après, Kenneth aura un autre choc en entendant
une infirmière lui dire: "Marchez! Alle lave ou figir.
Sinon fini pou ou! Ou pu reste paralysé à vie!"
La même personne assujettit sa sommation d'un "pas
gaspille dilo!", sonore et retentissant, que Kenneth n'oubliera
pas, non plus.
Kenneth proteste, dans la mesure où, même s'il peut
bouger un peu, il ne se sent pas en état d'obéir
aux ordres qu'on lui a lancés à la figure. "J'ai
dû faire un immense effort, sans que personne au niveau
du personnel de l'hôpital ne me vienne en aide. J'ai traîné
les pieds et je suis allé me laver la figure, comme on
me l'avait ordonné. J'ai été choqué,
d'une part par l'attente dans le Casualty, mais aussi parce que,
dans mon état, je me retrouvais en train de me faire crier
après. Le ton utilisé était le même
ton qu'on utilise quand on insulte une personne", précise
Kenneth Mounien.
Après ce qui s'est passé à l'hôpital
Jeetoo, Kenneth Mounien a catégoriquement refusé
d'être admis. Après les radios, on lui a dit qu'aucune
fracture n'avait été décelée et que
"ce n'était pas si grave que cela paraissait".
Kenneth Mounien devait être autorisé à rentrer
chez lui. On devait cependant lui demander de revenir le lendemain,
c'est à dire vendredi. Vendredi matin, lorsque Kenneth
Mounien arrive à l'hôpital Jeetoo, énième
choc: il apprend que son dossier a disparu. "Je leur ai demandé
comment une telle chose était possible, parce que j'étais
aux urgences la veille. Le dossier n'a jamais pu être retrouvé.
Ils ont dû ouvrir un autre dossier. Ensuite j'ai été
examiné par deux médecins qui ont été
gentils et cordiaux et qui m'ont demandé de revenir dans
deux semaines. Mais je ne crois pas que j'irai. J'irai voir le
médecin du privé qui m'avait soigné il y
a trois ans de cela", a-t-il ajouté.
Pour rappel, c'est peu après 13 h, jeudi, quand l'arrière
de la 2 X 4 conduite par Kenneth Mounien devait être percutée
par une fourgonnette. Son épouse et son fils qui étaient
aussi à l'intérieur du véhicule n'ont pas
été blessés. Des suites de l'impact et d'un
choc reçu à l'arrière du cou, Kenneth Mounien
était dans l'incapacité de se mouvoir.
Plus d'une demi-heure après l'accident, un véhicule
du SAMU devait arriver sur les lieux, avec à son bord deux
attendants, qui étaient dans l'incapacité de faire
quoi que ce soit afin de déplacer Kenneth Mounien hors
de sa 2 X 4. Les Attendants devaient rapidement vider les lieux.
Deux heures s'écoulent jusqu'à l'arrivée
des pompiers, suivis d'une autre équipe du SAMU. Cette
fois-ci, Kenneth pourra être déplacé de son
véhicule, après qu'une minerve lui a été
appliquée au cou. Mais son calvaire n'était pas
pour autant terminé...
Repris après 86 jours de cavale
Le réseau de complices d'Ashraf Mohamed Ali in the line
of fire
Ashraf Mohamed Ali, fiché à la police et considéré
aux Casernes centrales comme étant un suspected drug
baron a été arrêté dans la nuit
de dimanche à lundi après 86 jours de cavale. Celui-là
même qui avait bénéficié d'un non-lieu
aux Assises dans une affaire d'importation d'héroïne
en novembre dernier, était activement recherché
par la police depuis le 30 mars dernier, des suites d'une saisie
de Rs 13 millions d'héroïne sur la personne d'un militaire
américain, Scott Bradley Mertz. Comment Mohamed Ali a-t-il
pu semer la police pendant 86 jours? C'est le réseau de
complicité dont il bénéficiait qui intéresse
maintenant les enquêteurs au plus haut point.
C'est à bord d'un taxi marron que le suspect qui était
wanted à travers l'île, a pu être arrêté
à la rue Ambrose, Rose-Hill et ce des suites d'une filature
minutieuse, qui aura duré des semaines. Ce sont les hommes
du surintendant Dev Ramasawmy, de l'ADSU de Rose-Hill, qui ont
mis un terme à la cavale du suspect. Il n'a pu offrir de
grande résistance lors de son arrestation. Il s'agit maintenant
aux enquêteurs de mettre hors d'état de nuire le
réseau de protection dont bénéficiait le
suspect.
L'on se souviendra que le 30 mars dernier, au moment de l'arrestation
de l'américain Scott Bradley Mertz, Asraf Mohammed Ali
avait été identifié formellement comme étant
celui qui conduisait la Toyota appartenant au sergent Sanjay Khugputh.
Cette voiture abîmée, avait été abandonnée
sur les lieux. En prenant la fuite le 30 mars dernier, il avait
abandonné dans la Toyota un téléphone cellulaire
enregistré à son nom. Ce téléphone
cellulaire contient également des photos de son récent
déplacement en Inde et de son mariage.
Un contact mauricien de Mertz, Ajay Kumar Sawoo-Balgobin, de même
que le sergent Kughputh, avaient été arrêtés
le même soir. Ont été arrêtés
par des membres de la Flying Squad. Hervé Daniel Assame
et Asraf Ali Mohamed s'était enfuis devait être repris
le 9 mai dernier.
Double meurtres de Brisée-Verdière
35 ans de prison pour le meurtre de son épouse et de
sa fille
Arvind Ghumaria a été condamné à 35
ans de prison en cour d'Assises. Il a été reconnu
coupable d'avoir tué son épouse et sa fille le 16
septembre 2005. Il avait, ce jour-là, infligé 46
coups de canif à son épouse, qu'il soupçonnait
d'infidélité, et 23 à sa fille, qu'il pensait
ne pas être de lui. L'accusé avait plaidé
coupable et a présenté des excuses au juge Paul
Lam Shang Leeen.
Selon l'accusé, il avait agi sous le coup de la colère.
D'après son témoignage, environ deux mois avant
le drame, soit le 25 juillet 2005, il avait surpris son épouse
en compagnie d'un homme à demi nu dans la salle de bains
de la maison familiale, sise à Latapie Road, Brisée-Verdière.
Depuis cette surprenante découverte, les relations avec
son épouse allaient en se détériorant. Un
autre jour, sous le coup de la colère, il devait gifler
son épouse à deux reprises. L'affaire, portée
à la connaissance de la police, devait lui valoir d'être
accusé en cour.
Ceci, expliquera l'accusé, ne fera que dégrader
davantage les relations dans le couple. Arvind Ghumaria affirme
qu'il passait son temps à souffrir de maux de têtes
causés par le stress existant dans le couple. Le soir du
drame, il affirme avoir été humilié et insulté
par son épouse. Fou de rage, il devait se munir d'un canif
et asséner plusieurs coups à sa femme, qui était
au lit. Il s'est acharné sur elle jusqu'à ce qu'elle
ne bouge plus. " Monn realize alor ki monn touy mo fam
", devait-il alors dire.
Sa petite fille, qui s'est entre-temps réveillée
en pleurs, est allée s'appuyer sur sa mère, qui
gisait à même le sol. Il devait également
tuer la fille, puis tenter de mettre fin à ses jours en
s'immolant par le feu et en ingurgitant des comprimés.
Il devait ensuite téléphoner à sa sur
pour lui raconter ce qu'il avait fait.
La poursuite était représentée dans cette
affaire par le directeur des Poursuites publiques (DPP), Me Gérard
Angoh, tandis que l'accusé était défendu
par Me Kushal Lobine.
Assises: Condamné à 30 ans de prison pour le
meurtre de sa concubine
Imran Mosafeer, poursuivi pour l'assassinat de sa concubine Nirupa
Ramphul, a été condamné en Cour d'Assises
à 30 ans de servitude pénale. Le juge Paul Lam Shang
Leen a prononcé cette sentence après que le jury
l'a trouvé coupable à l'unanimité.
Ce crime avait été commis le 2 juin 2006 dans la
maison de la mère de la victime, à Bon-Accueil.
Mosafeer dit avoir été rendu fou furieux par le
fait que sa concubine avait commencé à voir un autre
homme. Il devait lui donner un coup de cutter à la gorge
alors qu'elle dormait aux côtés de son fils.