é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 29 juin 2008

Indigènes d'Amérique: Les "réserves" de la honte !
Gérard Cateaux


Nous évoquions, la semaine dernière, ici même, le sort du peuple indigène japonais, les Aïnous, "privés de toute existence légale au nom de l'homogénéité de la nation japonaise...". Nous avons évoqué, aussi, le pardon demandé par les autorités canadiennes et australiennes à leurs peuples indigènes Indiens et Aborigènes. Mais, comment ne pas lier ces événements tragiques à l'histoire tout aussi tragique des Indiens d'Amérique ?

Selon une lecture livresque de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb dans la moitié du XVe siècle, après avoir planté le drapeau d'Espagne à Hispanola (aujourd'hui Haïti) et les îles du Bahamas, l'explorateur gênois inventa le "mythe du continent désert" : point de présence humaine, point de civilisation, mais des terres à n'en plus finir... Et pourtant, il a bien dû rencontrer des indigènes puisqu'il en fera ses esclaves, qu'il exploitera pour amasser de vastes richesses au profit du royaume d'Espagne. Mais à quel prix ! Confiscation par une violence massive des autochtones de leurs terres et des leurs ressources, qui laissèrent des dizaines de milliers de victimes.

Quand les autres puissances européennes découvraient que les Espagnols y faisaient fortune en cette terra incognita, elles s'y engagèrent aussi en se disant qu'elles devraient aller à la rencontre de leur part du gâteau... C'est ainsi que les Français, les Britanniques, les Portugais et les Hollandais, nouveaux colons et missionnaires confondus, s'engagèrent dans de véritables expéditions qui les conduiront à réaliser la plus grande épuration ethnique de l'histoire de l'humanité : celle des Indiens d'Amérique. Laissant aux seuls Espagnols le soin d'occuper et de coloniser la partie sud du continent américain.

Jusqu'aujourd'hui, les stigmates de ces années d'humiliations en tous genres faites aux communautés Indiennes, n'ont jamais été gommés. Comme des verrues qui collent à l'histoire des États-Unis, ce sont ces "réserves" qui font partie d'une politique d'apartheid, scientifiquement mise en place depuis des siècles et qui se voulait "d'incorporer" la nation indienne au sein de la communauté américaine. Politique qui s'est avérée une faillite totale et qui a fait écrire le Révérend Lyman Abbott en conséquence : "From the reservation, all the current of civilization were excluded by Federal Law. The railroad, the telegraph, the newspaper, the open market, free competition (les canons sur lesquels reposent le American Way of Life)... all halted at its walls...

"Furthermore, poursuit le Révérend Abbott, Native Americans did not and could not easily change their traditional and nomadic way of life and become a farmer. Many Native Americans sold their land for peanuts and the increase in alcoholism once Native Americans were restricted to the reservation was astronomical. The reservation was also a means by which Native Americans were further disenfranchised and abused. On the reservation their children could be taken from them without cause or warning and sent to boarding school, they had no right to habeas corpus and could be arrested if any suspicion about their loyalty to the reservation or the US government existed..."

Si d'aventure vous avez l'occasion de visiter les États-Unis, ne manquez pas de visiter une de ces "réserves". Pas par curiosité ! Mais pour y vérifier cet aphorisme du Général Sheridan : "The only good Indians I ever saw were dead..." Effectivement, dans les" réserves "indiennes, on y meurt à petit feu...



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