Indigènes d'Amérique: Les "réserves"
de la honte !
Nous évoquions, la semaine dernière, ici même,
le sort du peuple indigène japonais, les Aïnous,
"privés de toute existence légale au nom de
l'homogénéité de la nation japonaise...".
Nous avons évoqué, aussi, le pardon demandé
par les autorités canadiennes et australiennes à
leurs peuples indigènes Indiens et Aborigènes. Mais,
comment ne pas lier ces événements tragiques à
l'histoire tout aussi tragique des Indiens d'Amérique ?
Selon une lecture livresque de la découverte de l'Amérique
par Christophe Colomb dans la moitié du XVe siècle,
après avoir planté le drapeau d'Espagne à
Hispanola (aujourd'hui Haïti) et les îles du Bahamas,
l'explorateur gênois inventa le "mythe du continent
désert" : point de présence humaine, point
de civilisation, mais des terres à n'en plus finir... Et
pourtant, il a bien dû rencontrer des indigènes puisqu'il
en fera ses esclaves, qu'il exploitera pour amasser de vastes
richesses au profit du royaume d'Espagne. Mais à quel prix
! Confiscation par une violence massive des autochtones de leurs
terres et des leurs ressources, qui laissèrent des dizaines
de milliers de victimes.
Quand les autres puissances européennes découvraient
que les Espagnols y faisaient fortune en cette terra incognita,
elles s'y engagèrent aussi en se disant qu'elles devraient
aller à la rencontre de leur part du gâteau... C'est
ainsi que les Français, les Britanniques, les Portugais
et les Hollandais, nouveaux colons et missionnaires confondus,
s'engagèrent dans de véritables expéditions
qui les conduiront à réaliser la plus grande épuration
ethnique de l'histoire de l'humanité : celle des Indiens
d'Amérique. Laissant aux seuls Espagnols le soin d'occuper
et de coloniser la partie sud du continent américain.
Jusqu'aujourd'hui, les stigmates de ces années d'humiliations
en tous genres faites aux communautés Indiennes, n'ont
jamais été gommés. Comme des verrues qui
collent à l'histoire des États-Unis, ce sont ces
"réserves" qui font partie d'une politique d'apartheid,
scientifiquement mise en place depuis des siècles et qui
se voulait "d'incorporer" la nation indienne au sein
de la communauté américaine. Politique qui s'est
avérée une faillite totale et qui a fait écrire
le Révérend Lyman Abbott en conséquence :
"From the reservation, all the current of civilization
were excluded by Federal Law. The railroad, the telegraph, the
newspaper, the open market, free competition (les canons sur lesquels
reposent le American Way of Life)... all halted at its walls...
"Furthermore, poursuit le Révérend Abbott,
Native Americans did not and could not easily change their traditional
and nomadic way of life and become a farmer. Many Native Americans
sold their land for peanuts and the increase in alcoholism once
Native Americans were restricted to the reservation was astronomical.
The reservation was also a means by which Native Americans were
further disenfranchised and abused. On the reservation their children
could be taken from them without cause or warning and sent to
boarding school, they had no right to habeas corpus and could
be arrested if any suspicion about their loyalty to the reservation
or the US government existed..."
Si d'aventure vous avez l'occasion de visiter les États-Unis,
ne manquez pas de visiter une de ces "réserves".
Pas par curiosité ! Mais pour y vérifier cet aphorisme
du Général Sheridan : "The only good Indians
I ever saw were dead..." Effectivement, dans les"
réserves "indiennes, on y meurt à petit feu...
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 29 juin 2008
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