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Conjoncture économique
Sévère mise en garde contre le dérapage
inflationniste !
A peine se sont tues les clameurs avec l'adoption du Budget 2008/09
à l'Assemblée nationale, les appréhensions
par rapport à des risques de dérapage inflationniste
se sont installées aux premières loges. D'abord
du côté de la Banque de Maurice, avec les délibérations
du Monetary Policy Committee (MPC) et la nécessité
de revoir à la hausse le taux directeur bancaire, Repo
Rate, afin de juguler ces mêmes risques. Ensuite, l'analyse
des plus pertinentes de la Mauritius Commercial Bank (MCB) dans
la quarantième édition de MCB Focus en fin
de semaine faisant état des " harsh inflationary
pressures ".
Cette institution bancaire prévoit qu'avec les tendances
enregistrées au cours de ces derniers mois et les perspectives
au niveau de l'Energy Index et de l'inflation alimentaire,
le taux d'inflation reprendra la courbe ascendante pour se retrouver
à 9,6 % à fin décembre de cette année,
soit le plus élevé pour une année civile
depuis 2004 au moins. Les prévisions établies par
la MCB indiquent que le taux d'inflation en 2008 sera au moins
le double de celui de 2004, qui était de 4,7 %. Entre-temps,
les ménages continuent à subir la hausse des prix
des articles de consommation courante à chaque tournée
des étagères des supermarchés. Néanmoins,
la MCB concède que " given the unsettled economic
environment in major advanced economies as well as hefty rise
in commodity prices, current international conditions represent
a significant test for the Mauritian economy ".
Même si le vote au sein du Monetary Policy Committee
de la Banque de Maurice en vue de maintenir le Repo Rate
à 8 % était de cinq en faveur de la décision
et deux contre, il n'en demeure pas moins vrai que les appréhensions
quant aux risques de poussées inflationnistes ont été
très catégoriques. Le Monetary Policy Statement
rendu public par la Banque centrale en fin de semaine souligne
que " monetary and credit conditions remain accommodative
to higher inflation as broad money liabilities and monetary base
continue to expand. The view was, thus, expressed that interest
rates should be hiked ".
Mais cette instance de la Banque de Maurice a préféré
surseoir à cette décision visant à revoir
à la hausse les taux d'intérêts bancaires
pour ne pas porter préjudice à la croissance économique.
" However, in its overall assessment of the growth and
inflation outlook, the Monetary Policy Committee concluded that
though inflationary pressures have intensified, downside risks
to economic growth remain a major concern at this juncture ",
note la Banque centrale, qui fait part de sa détermination
à assurer la stabilité des prix, avec la promotion
d'un " orderly and balanced economic development ".
De son côté, la Mauritius Commercial Bank prend à
contre-pied ce qu'elle qualifie de " Hawkish Comments
" venant du président du Monetary Policy Committee
de la Banque de Maurice face aux " worrying threats
to price stability ". La dernière édition
de MCB Focus souligne que " sustained inflationary pressures
would not automatically warrant interest rate hikes given that
price increases in Mauritius, like in many economies worldwide,
has recently been triggered mainly by exogenous shocks against
which the effectiveness of monetary policy appears limited ".
Le débat sur la meilleure formule thérapeutique
en vue de protéger le pouvoir d'achat des consommateurs
se poursuit sans grands signes de moyens pour mettre sous contrôle
le taux d'inflation d'ici la fin de l'année. Les prévisions
établies par la MCB confirment une poussée du taux
d'inflation jusqu'à 9,6 % en décembre prochain alors
qu'à juin de cette année, il était de 8,8
%. L'institution bancaire souligne que cette reprise de l'inflation
au cours du second semestre se fera en dépit de la politique
favorisant une roupie forte et un nouveau tour de vis à
la politique monétaire par la Banque de Maurice.
" The inflation rate is expected to resume its ascent
to reach around 9,6 % as at December as base effects subside and
price increases earlier during the year start to have an increasing
impact on the moving average calculation. Price stability will
be relentlessly disturbed by high commodity prices and likely
increasing demand-side pressures, fuelled mainly by the PRB awards
", font ressortir les stratèges de la MCB. Ces
derniers mettent également en garde contre les effets à
venir des recommandations salariales du Pay Research Bureau
(PRB) alors que la pression sur les prix alimentaires et énergétiques
sera exacerbée davantage vu les conditions prévalant
sur le marché mondial.
Poursuivant son analyse sur le front de la montée des prix,
la MCB révèle que l'inflation alimentaire, soit
la hausse des prix de première nécessité,
s'est élevée à 17 % au cours du premier trimestre
de l'année contre 20 % en janvier 2007. " The average
rise in the energy index once again touched double digits in May
2008 and is set to rise further in the months ahead. Worryingly,
these two sub-groups together account for more than 30 % of the
average consumption basket and price increases therein have been
broad-based, involving items such as rice, bread, flour, chicken,
milk, vegetables, cooking oil and electricity ", note
la MCB.
Jusqu'ici, l'appréciation du taux de change de la roupie
par rapport au dollar américain a eu pour conséquence
que les effets sur les prix au détail du mazout et de l'essence
ont été mitigés. Mais l'heure de vérité
risque de sonner cette semaine avec la prochaine réunion
de l'Automatic Price Mechanism (voir détails plus
loin). Lors de la précédente réunion, la
State Trading Corporation (STC) avait émis un avertissement
au sujet d'une éventuelle majoration des prix de produits
pétroliers pour début juillet.
" For policy responses to be effective, the rise in inflation
should not be viewed as a short-term supply shock that can be
tackled through price controls and subsidies only, but rather
as more deep-rooted change in market dynamics ", conclut
la MCB à ce chapitre en avançant que le focus du
budget sur des politiques alimentaire et énergétique
constitue un pas dans la bonne direction mais que l'engagement
de tous les stakeholders s'impose pour réussir ce
pari.
Prévisions et projections - MCB : le tourisme et la
ZF sous menace !
Dans sa revue des principaux secteurs de l'économie, la
Mauritius Commercial Bank met l'accent sur les dangers qui guettent
le tourisme et la zone franche, deux piliers majeurs de l'économie.
Malgré la performance robuste dans la construction, les
affaires, les services financiers, le transport et les communications,
elle a révisé à la baisse ses prévisions
de croissance pour 2008 de 5,9 % à 5,3 %, soit légèrement
inférieur au taux de l'année dernière. Les
raisons derrière cette décision demeurent l'environnement
économique, notamment les effets conjugués de la
morosité sur le marché international et les rigidités
sur le marché domestique aussi bien que la volatilité
de la roupie sur le marché de change, les pressions inflationnistes
et la libéralisation des échanges commerciaux.
" A major observation is that economic activity in various
sectors - principally manufacturing and tourism - is expected
to be somewhat foiled as a result of a deterioration of the operating
environment, though their respective expansion rates would reach
varying levels on account of their specific growth enablers. Overall,
the balance of risks to growth outlook remains tilted on the downside
", fait ressortir la MCB en guise de préambule.
Au chapitre de l'industrie touristique, la MCB fait état
de " less optimistic outlook " en 2008 comparativement
à 2007. La croissance dans le nombre des arrivées
touristiques au cours des cinq premiers mois de cette année
a été de 5,9 %, soit un taux inférieur aux
prévisions initiales. Quelque 960 000 touristes sont attendus
à Maurice cette année, avec la tendance enregistrée
jusqu'ici.
Même si Maurice peut prétendre maintenir sa réputation
de " preferred holiday destination ", elle doit
tenir compte des répercussions de la hausse vertigineuse
du cours mondial du pétrole sur les opérations reprogrammées
d'Air Mauritius, du coût du billet d'avion avec le supplément
de la Fuel Surcharge ou encore du spectre de la récession
économique sur les principaux marchés touristiques
de Maurice.
Les facteurs qui affecteront la performance de la zone franche
manufacturière, en particulier la confection et le textile,
sont une contraction de 12,4 % de ce marché domestique
suite à une appréciation de la roupie et des contraintes
à l'expansion des volumes d'exportation toujours en raison
des taux de change volatiles et défavorables aux exportateurs.
Les coûts élevés du fret viennent se greffer
sur les difficultés de ce secteur tourné vers l'exportation.
Tant les gros opérateurs dans ce secteur que ceux engagés
dans le Seafood Hub devront être en mesure de garder
la tête hors de l'eau. Les exportations de produits de la
mer ont connu une croissance de 27 % d'une année à
l'autre même si les normes phytosanitaires imposées
par l'Union européenne peuvent se transformer en "
Market-Access Inhibitors ".
La baisse des tarifs douaniers continuera à peser lourd
dans la performance de l'industrie domestique. La MCB soutient
que même si la tendance de libéralisation économique
semble irréversible, " it is vital that dedicated
support is provided to vulnerable domestic firms to enable them
raise their productivity and thus better face up to foreign competitors.
"
L'un des bénéficiaires des recommandations salariales
du Pay Research Bureau (PRB) demeure le secteur commercial.
Ce n'est ni la Banque de Maurice ni la Mauritius Commercial Bank
(MCB) qui diront le contraire. " The fiscal stimulus stemming
from the 2008/09 budget, including the full implementation of
the salary award in the public sector effective next month, would
encourage private consumption which, together with robust private
sector investment could give a boost to economic activity ",
note le Monetary Policy Statement de la Banque de Maurice.
Pour sa part, la MCB arrive à la conclusion que "
the trade sector would benefit from the expected rise in consumer
demand that would be triggered by the PRB payout, though inflationary
pressures could act as a happening force thereon ".
" Eradicating Absolute Poverty "
L'éducation, l'arme privilégiée dans la
lutte contre la pauvreté
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen,
a présenté à la presse, hier matin, le comité
institué pour mener à bien la mission d'Eradicating
Absolute Poverty. Cette nouvelle instance, appelée
à assurer la coordination des initiatives du gouvernement
et du secteur privé sous le programme de Corporate Social
Responsibility (CSR), sera présidée par Carrim
Currimjee avec pour membres entre autres Roland Dubois, Sheila
Baguant, Malenn Oodiah, Raj Makoond, Manda Boolell, Amba Veerasamy
et Tim Taylor.
" La priorité définie du programme visant
à éradiquer la pauvreté absolue (EAP) demeure
l'éducation des enfants de trois à cinq ans, qui
ne sont pas scolarisés. J'ai fait comprendre aux membres
du comité que ce dossier ne peut attendre et qu'il faudra
s'atteler à la tâche dans les meilleurs délais
possibles ", a déclaré Rama Sithanen en
énumérant les six priorités arrêtées
du programme.
Ces priorités sont l'éducation préprimaire,
la formation et le Reskilling des parents de ces 7 157
familles vivant dans une extrême pauvreté, l'établissement
de micro-entreprises, le logement social, le Lifeskill
pour leur permettre de faire face à d'autres problèmes,
et la question de Gender. A l'heure des questions, Jean
Claude de l'Estrac, président de l'Empowerment Foundation
et présent à la conférence de presse, devait
situer l'importance de l'éducation au niveau préscolaire
pour ramener ces familles dans le mainstream.
" L'expérience au niveau de l'Empowerment Programme
met l'accent sur la dimension spécifique de l'éducation
à ce niveau. Dimoune telma mizer ek déséspéré
ki zot vin sourd à bann diskour. Zot péna oken konfyans
dans l'avenir. Sé kan zot trouv zot zenfan alle lékol
ki zot kapav repran konfyans dan lavenir. Si zot zanfan dan la
mizer, nou kapav fer nimport ki diskour, zot pou reste bloké.
Ena ène zefor pour fer pou bann zanfan de trwa à
cinq ans. Li absolument fondamental ; nou ine trouv sa au nivo
Empowerment Programme ", devait soutenir Jean-Claude
de L'Estrac.
Pour sa part, Rama Sithanen est revenu sur la nécessité
de lutter contre la pauvreté absolue. " Povreté
ekzisté à Moris. Mé li pa parey kouma dan
lézot péi. Nou bizin konbat la povreté pou
bann rézon moral, sosyal ek ékonomik. Le coût
de la lutte contre la pauvreté est affordable ",
a-t-il fait comprendre. Il a évoqué une période
de sept à dix ans en vue de régler le problème
de pauvreté absolue dans le pays.
Le VPM et ministre des Finances a donné la garantie que
le programme Eradicating Absolute Poverty ne viendra nullement
remettre en question des démarches du Trust Fund for the
Social Integration of Vulnerable Groups, de l'Empowerment Programme,
du ministère de la Sécurité sociale ou encore
des projets du secteur privé sous la Corporate Social
Responsibility. " Ces programmes se poursuivront.
L'initiative vise à assurer une meilleure coordination
pour améliorer leur efficacité. Il y a la volonté
politique à tous les niveaux ", a-t-il ajouté
tout en se félicitant de l'assistance de l'Union européenne
et de la Banque mondiale à ce chapitre.
De son côté, Carrim Currimjee est intervenu pour
soutenir que " c'est un défi, un challenge très
important pour tous les membres nommés sur ce comité
et moi-même. Nous serons à la hauteur de la confiance
placée en nous ".
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