a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 29 juin 2008



  Révision de prix - Produits pétroliers : l'attente…
  Conjoncture économique - Sévère mise en garde contre le dérapage inflationniste !
  « Eradicating Absolute Poverty » - L'éducation, l'arme privilégiée dans la lutte contre la pauvreté


Révision de prix

Produits pétroliers : l'attente…

Le prix de l'essence qui est resté inchangé depuis le début de l'année et celui du diesel depuis trois mois, l'attente pour ce prochain exercice de révision des prix de produits pétroliers sous l'Automatic Pricing Mechanism (APM) sera grande ce mardi. Augmentera, augmentera pas ? Valeur du jour, seule la State Trading Corporation (STC), qui nous a habitués à bien des surprises, connaît la réponse. Mais ce qui est sûr, c'est qu'un nouvel item sera introduit à la structure des prix avec la décision du gouvernement d'appliquer une levy de 15 sous sur chaque litre de carburant. Cela pour alimenter le Maurice île durable (MID) Fund.

Durant les deux précédents exercices, la STC a en effet pris le risque de ne pas augmenter le prix de l'essence qui, il est vrai, avait déjà atteint un niveau record en octobre 2007 en passant à Rs 41,50. Le diesel, qui avait enregistré une hausse de Rs 4,05 en janvier pour passer à Rs 35,60, n'a également pas fait l'objet de réajustement depuis. Pourtant, les indications laissaient difficilement entrevoir que cela pouvait être le cas. A part l'appréciation de la roupie par rapport au dollar, les facteurs économiques ne jouaient pas en faveur d'une baisse du prix des carburants, le coût du fret étant en hausse continue depuis 2007 et le prix du pétrole s'envolant depuis fin 2007 à des hauteurs insoupçonnés.

De janvier de cette année à ce jour, le prix du pétrole a progressé d'au moins 40 US dollars. En fin de semaine, le prix du baril de pétrole avait battu un nouveau record, passant à 142 dollars. De plus, les prix du pétrole brut pourraient atteindre de 150 à 170 $ US cet été selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui n'écarte également pas la possibilité que la barre des 200 US dollars soit atteinte d'ici à fin 2008.

Face à l'envolée de prix des produits pétroliers, la STC sur les instructions du ministère de l'Industrie et du Commerce, avait en janvier introduit dans la structure des prix une "Provision for hedging" de Rs 1,50 sur chaque litre de carburant. Ces Rs 1,50 représentent en gros des gains de Rs 250 millions sur six mois. Ce qui, selon les analystes, lui a permis au cours de ces six mois d'amortir l'impact de la folle envolée des cours mondiaux du pétrole sur le prix des carburants sur le marché local. Il reste à savoir si la STC peut encore tenir le coup ou prendre le risque de maintenir une nouvelle fois les prix.

Le MID Fund et les sacs en plastique

Ce qui est par contre certain, c'est que 15 sous additionnels seront ajoutés au prix des carburants à partir de ce mardi. Cette décision a été annoncée par le ministre des Finances, Rama Sithanen, lors de la présentation du budget 2008/09. "We are also introducing a token MID levy, to be paid into the MID Fund, of 15 cents per litre on all petroleum products ; 15 cents par kilo on LPG ; 15 cents per kilo of coal. This levy will be used to partially finance the various grants to be provided by the MID Fund", avait-il annoncé.

Selon les premières estimations, cette levy de 15 sous, qui est également une autre forme de "taxe verte", devrait rapporter près de Rs 100 millions en un an au MID Fund. Le gouvernement a finalement trouvé un bon filon, c'est-à-dire en faisant payer les consommateurs, pour alimenter ses fonds de subvention. D'abord, il y a eu les Rs 1,30 (essence) et Rs 1,20 (diesel) pris sur les carburants pour subventionner les opérateurs du transport public, puis les Rs 1,50 de "provision for hedging" pour subventionner les produits de la STC et maintenant les 15 sous pour alimenter le fond Maurice île durable.

Nous ne sommes pas contre, mais gageons que le gouvernement jouera la transparence cette fois en révélant au public quand et comment la population aura tiré les bénéfices de cette dernière levy à travers le MID Fund. L'utilisation des instruments économiques pour financer des projets nationaux, surtout en faveur de l'environnement, est aujourd'hui une pratique courante dans les affaires de l'Etat. Le ministre Sithanen en avait fait usage en 2006 en appliquant une levy de Rs 1 sur les sacs en plastique et les bouteilles en plastique, justement, pour protéger notre environnement. Cette mesure avait rapporté près de Rs 300 millions à l'Etat en une année. Qu'est-ce que l'environnement a obtenu en retour et comme résultat ? "zéro pointé", serions-nous tentés de dire au vu du bilan gouvernemental en trois ans. Ne serait-il pas plus approprié de verser cet argent dans le MID Fund Monsieur le ministre des Finances ?


Road Tax: Vignette: nouveaux tarifs en vigueur à partir de mardi

Comme annoncé dans le dernier budget, les nouveaux tarifs de la vignette entreront en vigueur à partir de ce mardi, 1er juillet. La National Transport Authority (NTA) a rendu officiel les nouveaux tarifs vendredi après-midi. Une augmentation variant entre Rs 500 et Rs 5000 sera appliquée par rapport à la capacité de motorisation des véhicules. Si le tarif reste le même (Rs 3500) pour les véhicules de moins de 1250 cc, par contre ceux tombant dans la catégorie de 1251cc à 1850cc paieront Rs 500 de plus. La hausse est plus importante pour les plus grosses cylindrées, le tarif variant entre Rs 10 500 et Rs 13 000, alors que le plafond était jusqu'ici fixé à Rs 8 000. Par contre, pour les véhicules enregistrés sous le nom des compagnies, le tarif coûtera entre Rs 1000 et Rs 2000 plus cher. Les propriétaires de véhicules classés dans la catégorie de dual purpose auront pour leur part à payer Rs 4 000. Notons également que la NTA a défini les tarifs pour souhaitant payer par trimestre ou semestre. Ci dessous, les nouveaux tarifs par catégorie de véhicule.


Hausse du prix du baril de fuel : crise aérienne

Pour résister aux secousses qui ébranlent le secteur de l'aviation à cause de la hausse record du prix du fuel (140 U$D) et se maintenir hors de la zone de turbulences, la compagnie d'aviation nationale, Air Mauritius enclenche la deuxième phase d'intervention. Deuxième phase qui implique plus de réduction de vols, pas uniquement sur l'Europe, mais sur d'autres destinations en intégrant le taux de remplissage des vols.

Durant les six derniers mois, 24 compagnies aériennes ont fait faillite. Pas plus tard que jeudi dernier United Airlines s'est séparé de 950 pilotes. Principale cause : le prix du baril du brut qui va de record en record. Et les analystes ne prévoient pas pour bientôt un revirement de la situation. De juillet 2007 à mai 2008, le prix du baril a doublé. Il est passé de US$ 70 à US$ 140 la semaine dernière. Du jamais vu! Et pour les transporteurs aériens, la note est salée. Et Air Mauritius n'échappe pas à cette crise mondiale. Non seulement le carburant revient de plus en plus cher à Air Mauritius, mais le ralentissement économique en Europe et dans d'autres marchés cibles plombe les coûts du transporteur national.Si pour l'année financière se terminant en mars 2008, MK a enregistré des profits de Rs 700 millions , il s'agit d'une performance difficile à maintenir vue la conjoncture actuelle. La compagnie d'aviation nationale veut éviter de subir des pertes énormes en raison de la flambée des prix du carburant. A tel point qu'elle a commencé à appliquer des mesures urgentes et sans précédent.

Il y a deux ans, le prix du fuel ne représentait que 15 % des coûts d'opération des compagnies aériennes." Nous en sommes désormais à 40 %", explique Donald Payen, Executive Vice-Président d'Air Mauritius, Communications & Corporate Affairs chez MK. La situation est "très très difficile", concède-t-il, ajoutant qu'après la première phase d'intervention enclenchée, MK, qui suit la tendance internationale, se voit contrainte d'entamer la deuxième phase d'intervention. Une deuxième phase qui implique une série de mesures, dont la révision de la capacité. "On a ajusté la capacité de nos appareils à la demande qui continue à être décroissante", explique le porte-parole d'Air Mauritius. "Ces changements s'inscrivent dans le cours normal de nos opérations", ajoute-t-il. Ainsi, outre le Fuel Management Program qui concerne un nouveau protocole pour le plan de vol (dont de nouvelles procédures pour le décollage, le roulage et l'atterrissage), au lieu de rouler des avions à un taux de remplissage de 40 - 60 %, MK préfère ajuster sa capacité et rouler à un taux de 80-90 % de remplissage. De même, outre une nouvelle réduction des vols long courriers , notamment vers le marché européen à partir de septembre, MK envisage une combinaison des vols. Augmentation du coût du voyage, et une consolidation que prévoit certains experts de l'industrie afin de tabler sur encore plus d'économie d'échelle…Ces mesures seront plus prononcées sur les routes desservies en Europe, notamment durant les périodes creuses, confirme le Chief Executive d'Air Mauritius, Manoj Udjodha.Par ailleurs, à ce stade, contrairement à certaines compagnies aériennes internationales, Air Mauritius ne retire pas des destinations de sa liste de dessertes. Et dans le but d'essayer de maintenir la croissance du secteur, la compagnie aérienne nationale se rabat sur d'autres marchés tels que l'Afrique du Sud, l'Inde et la Chine.


Conjoncture économique

Sévère mise en garde contre le dérapage inflationniste !

A peine se sont tues les clameurs avec l'adoption du Budget 2008/09 à l'Assemblée nationale, les appréhensions par rapport à des risques de dérapage inflationniste se sont installées aux premières loges. D'abord du côté de la Banque de Maurice, avec les délibérations du Monetary Policy Committee (MPC) et la nécessité de revoir à la hausse le taux directeur bancaire, Repo Rate, afin de juguler ces mêmes risques. Ensuite, l'analyse des plus pertinentes de la Mauritius Commercial Bank (MCB) dans la quarantième édition de MCB Focus en fin de semaine faisant état des " harsh inflationary pressures ".

Cette institution bancaire prévoit qu'avec les tendances enregistrées au cours de ces derniers mois et les perspectives au niveau de l'Energy Index et de l'inflation alimentaire, le taux d'inflation reprendra la courbe ascendante pour se retrouver à 9,6 % à fin décembre de cette année, soit le plus élevé pour une année civile depuis 2004 au moins. Les prévisions établies par la MCB indiquent que le taux d'inflation en 2008 sera au moins le double de celui de 2004, qui était de 4,7 %. Entre-temps, les ménages continuent à subir la hausse des prix des articles de consommation courante à chaque tournée des étagères des supermarchés. Néanmoins, la MCB concède que " given the unsettled economic environment in major advanced economies as well as hefty rise in commodity prices, current international conditions represent a significant test for the Mauritian economy ".

Même si le vote au sein du Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice en vue de maintenir le Repo Rate à 8 % était de cinq en faveur de la décision et deux contre, il n'en demeure pas moins vrai que les appréhensions quant aux risques de poussées inflationnistes ont été très catégoriques. Le Monetary Policy Statement rendu public par la Banque centrale en fin de semaine souligne que " monetary and credit conditions remain accommodative to higher inflation as broad money liabilities and monetary base continue to expand. The view was, thus, expressed that interest rates should be hiked ".

Mais cette instance de la Banque de Maurice a préféré surseoir à cette décision visant à revoir à la hausse les taux d'intérêts bancaires pour ne pas porter préjudice à la croissance économique. " However, in its overall assessment of the growth and inflation outlook, the Monetary Policy Committee concluded that though inflationary pressures have intensified, downside risks to economic growth remain a major concern at this juncture ", note la Banque centrale, qui fait part de sa détermination à assurer la stabilité des prix, avec la promotion d'un " orderly and balanced economic development ".

De son côté, la Mauritius Commercial Bank prend à contre-pied ce qu'elle qualifie de " Hawkish Comments " venant du président du Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice face aux " worrying threats to price stability ". La dernière édition de MCB Focus souligne que " sustained inflationary pressures would not automatically warrant interest rate hikes given that price increases in Mauritius, like in many economies worldwide, has recently been triggered mainly by exogenous shocks against which the effectiveness of monetary policy appears limited ".

Le débat sur la meilleure formule thérapeutique en vue de protéger le pouvoir d'achat des consommateurs se poursuit sans grands signes de moyens pour mettre sous contrôle le taux d'inflation d'ici la fin de l'année. Les prévisions établies par la MCB confirment une poussée du taux d'inflation jusqu'à 9,6 % en décembre prochain alors qu'à juin de cette année, il était de 8,8 %. L'institution bancaire souligne que cette reprise de l'inflation au cours du second semestre se fera en dépit de la politique favorisant une roupie forte et un nouveau tour de vis à la politique monétaire par la Banque de Maurice.

" The inflation rate is expected to resume its ascent to reach around 9,6 % as at December as base effects subside and price increases earlier during the year start to have an increasing impact on the moving average calculation. Price stability will be relentlessly disturbed by high commodity prices and likely increasing demand-side pressures, fuelled mainly by the PRB awards ", font ressortir les stratèges de la MCB. Ces derniers mettent également en garde contre les effets à venir des recommandations salariales du Pay Research Bureau (PRB) alors que la pression sur les prix alimentaires et énergétiques sera exacerbée davantage vu les conditions prévalant sur le marché mondial.

Poursuivant son analyse sur le front de la montée des prix, la MCB révèle que l'inflation alimentaire, soit la hausse des prix de première nécessité, s'est élevée à 17 % au cours du premier trimestre de l'année contre 20 % en janvier 2007. " The average rise in the energy index once again touched double digits in May 2008 and is set to rise further in the months ahead. Worryingly, these two sub-groups together account for more than 30 % of the average consumption basket and price increases therein have been broad-based, involving items such as rice, bread, flour, chicken, milk, vegetables, cooking oil and electricity ", note la MCB.

Jusqu'ici, l'appréciation du taux de change de la roupie par rapport au dollar américain a eu pour conséquence que les effets sur les prix au détail du mazout et de l'essence ont été mitigés. Mais l'heure de vérité risque de sonner cette semaine avec la prochaine réunion de l'Automatic Price Mechanism (voir détails plus loin). Lors de la précédente réunion, la State Trading Corporation (STC) avait émis un avertissement au sujet d'une éventuelle majoration des prix de produits pétroliers pour début juillet.

" For policy responses to be effective, the rise in inflation should not be viewed as a short-term supply shock that can be tackled through price controls and subsidies only, but rather as more deep-rooted change in market dynamics ", conclut la MCB à ce chapitre en avançant que le focus du budget sur des politiques alimentaire et énergétique constitue un pas dans la bonne direction mais que l'engagement de tous les stakeholders s'impose pour réussir ce pari.


Prévisions et projections - MCB : le tourisme et la ZF sous menace !

Dans sa revue des principaux secteurs de l'économie, la Mauritius Commercial Bank met l'accent sur les dangers qui guettent le tourisme et la zone franche, deux piliers majeurs de l'économie. Malgré la performance robuste dans la construction, les affaires, les services financiers, le transport et les communications, elle a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2008 de 5,9 % à 5,3 %, soit légèrement inférieur au taux de l'année dernière. Les raisons derrière cette décision demeurent l'environnement économique, notamment les effets conjugués de la morosité sur le marché international et les rigidités sur le marché domestique aussi bien que la volatilité de la roupie sur le marché de change, les pressions inflationnistes et la libéralisation des échanges commerciaux.

" A major observation is that economic activity in various sectors - principally manufacturing and tourism - is expected to be somewhat foiled as a result of a deterioration of the operating environment, though their respective expansion rates would reach varying levels on account of their specific growth enablers. Overall, the balance of risks to growth outlook remains tilted on the downside ", fait ressortir la MCB en guise de préambule.

Au chapitre de l'industrie touristique, la MCB fait état de " less optimistic outlook " en 2008 comparativement à 2007. La croissance dans le nombre des arrivées touristiques au cours des cinq premiers mois de cette année a été de 5,9 %, soit un taux inférieur aux prévisions initiales. Quelque 960 000 touristes sont attendus à Maurice cette année, avec la tendance enregistrée jusqu'ici.

Même si Maurice peut prétendre maintenir sa réputation de " preferred holiday destination ", elle doit tenir compte des répercussions de la hausse vertigineuse du cours mondial du pétrole sur les opérations reprogrammées d'Air Mauritius, du coût du billet d'avion avec le supplément de la Fuel Surcharge ou encore du spectre de la récession économique sur les principaux marchés touristiques de Maurice.

Les facteurs qui affecteront la performance de la zone franche manufacturière, en particulier la confection et le textile, sont une contraction de 12,4 % de ce marché domestique suite à une appréciation de la roupie et des contraintes à l'expansion des volumes d'exportation toujours en raison des taux de change volatiles et défavorables aux exportateurs. Les coûts élevés du fret viennent se greffer sur les difficultés de ce secteur tourné vers l'exportation.

Tant les gros opérateurs dans ce secteur que ceux engagés dans le Seafood Hub devront être en mesure de garder la tête hors de l'eau. Les exportations de produits de la mer ont connu une croissance de 27 % d'une année à l'autre même si les normes phytosanitaires imposées par l'Union européenne peuvent se transformer en " Market-Access Inhibitors ".

La baisse des tarifs douaniers continuera à peser lourd dans la performance de l'industrie domestique. La MCB soutient que même si la tendance de libéralisation économique semble irréversible, " it is vital that dedicated support is provided to vulnerable domestic firms to enable them raise their productivity and thus better face up to foreign competitors. "

L'un des bénéficiaires des recommandations salariales du Pay Research Bureau (PRB) demeure le secteur commercial. Ce n'est ni la Banque de Maurice ni la Mauritius Commercial Bank (MCB) qui diront le contraire. " The fiscal stimulus stemming from the 2008/09 budget, including the full implementation of the salary award in the public sector effective next month, would encourage private consumption which, together with robust private sector investment could give a boost to economic activity ", note le Monetary Policy Statement de la Banque de Maurice.

Pour sa part, la MCB arrive à la conclusion que " the trade sector would benefit from the expected rise in consumer demand that would be triggered by the PRB payout, though inflationary pressures could act as a happening force thereon ".


" Eradicating Absolute Poverty "

L'éducation, l'arme privilégiée dans la lutte contre la pauvreté

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a présenté à la presse, hier matin, le comité institué pour mener à bien la mission d'Eradicating Absolute Poverty. Cette nouvelle instance, appelée à assurer la coordination des initiatives du gouvernement et du secteur privé sous le programme de Corporate Social Responsibility (CSR), sera présidée par Carrim Currimjee avec pour membres entre autres Roland Dubois, Sheila Baguant, Malenn Oodiah, Raj Makoond, Manda Boolell, Amba Veerasamy et Tim Taylor.

" La priorité définie du programme visant à éradiquer la pauvreté absolue (EAP) demeure l'éducation des enfants de trois à cinq ans, qui ne sont pas scolarisés. J'ai fait comprendre aux membres du comité que ce dossier ne peut attendre et qu'il faudra s'atteler à la tâche dans les meilleurs délais possibles ", a déclaré Rama Sithanen en énumérant les six priorités arrêtées du programme.

Ces priorités sont l'éducation préprimaire, la formation et le Reskilling des parents de ces 7 157 familles vivant dans une extrême pauvreté, l'établissement de micro-entreprises, le logement social, le Lifeskill pour leur permettre de faire face à d'autres problèmes, et la question de Gender. A l'heure des questions, Jean Claude de l'Estrac, président de l'Empowerment Foundation et présent à la conférence de presse, devait situer l'importance de l'éducation au niveau préscolaire pour ramener ces familles dans le mainstream.

" L'expérience au niveau de l'Empowerment Programme met l'accent sur la dimension spécifique de l'éducation à ce niveau. Dimoune telma mizer ek déséspéré ki zot vin sourd à bann diskour. Zot péna oken konfyans dans l'avenir. Sé kan zot trouv zot zenfan alle lékol ki zot kapav repran konfyans dan lavenir. Si zot zanfan dan la mizer, nou kapav fer nimport ki diskour, zot pou reste bloké. Ena ène zefor pour fer pou bann zanfan de trwa à cinq ans. Li absolument fondamental ; nou ine trouv sa au nivo Empowerment Programme ", devait soutenir Jean-Claude de L'Estrac.

Pour sa part, Rama Sithanen est revenu sur la nécessité de lutter contre la pauvreté absolue. " Povreté ekzisté à Moris. Mé li pa parey kouma dan lézot péi. Nou bizin konbat la povreté pou bann rézon moral, sosyal ek ékonomik. Le coût de la lutte contre la pauvreté est affordable ", a-t-il fait comprendre. Il a évoqué une période de sept à dix ans en vue de régler le problème de pauvreté absolue dans le pays.

Le VPM et ministre des Finances a donné la garantie que le programme Eradicating Absolute Poverty ne viendra nullement remettre en question des démarches du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups, de l'Empowerment Programme, du ministère de la Sécurité sociale ou encore des projets du secteur privé sous la Corporate Social Responsibility. " Ces programmes se poursuivront. L'initiative vise à assurer une meilleure coordination pour améliorer leur efficacité. Il y a la volonté politique à tous les niveaux ", a-t-il ajouté tout en se félicitant de l'assistance de l'Union européenne et de la Banque mondiale à ce chapitre.

De son côté, Carrim Currimjee est intervenu pour soutenir que " c'est un défi, un challenge très important pour tous les membres nommés sur ce comité et moi-même. Nous serons à la hauteur de la confiance placée en nous ".



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