Notre invité de ce dimanche est le Shadow Finance Minister
du MMM. Dans cette interview réalisée jeudi dernier,
Vishnu Lutchmeenaraidoo critique abondamment le troisième
budget du VPM et ministre des Finances Rama Sithanen.
Vishnu Lutchmeenaraidoo, n'y a-t-il rien de positif dans le
troisième budget que vient de présenter Rama Sithanen
?
Tout budget a du positif et du négatif. La force d'un budget
c'est d'être équilibré et d'indiquer la voie
que le pays suivra dans l'année qui vient, ce qui fait
que chaque citoyen est informé de la direction. Mais un
budget doit aussi avoir l'honnêteté de donner des
chiffres justes et corrects. Ce n'est pas le cas du troisième
budget Sithanen qui choisit uniquement les chiffres porteurs de
bonnes nouvelles et ignore complètement les autres
Les ministres des Finances ne se livreraient-ils pas tous à
ce petit jeu ?
Pas comme dans ce dernier budget. Il l'avait fait les deux dernières
années et je l'avais dénoncé à chaque
fois. Cette année, en écoutant le discours du budget,
je me suis dit qu'il y avait quelque chose qui clochait. Le ministre
des Finances, "père fouettard" par excellence,
qui vient de refuser une compensation salariale adéquate
aux Mauriciens appauvris, s'est présenté comme le
père Noël du pays. Dans le cinéma bollywoodien
le villain est incarné par Madun Puri
attention Vishnu Lutchmeenaraidoo, vous pourriez irriter
un autre Madun, désormais dans votre camp politique
Alors on va dire Prem Chopra ! Bref, tout d'un coup on a eu l'impression
que Madun Puri est devenu Amitabh Bachchan. C'est ce constat qui
m'a poussé à travailler le budget qui m'a fait découvrir
quelque chose d'ahurissant : Rama Sithanen a bluffé et
manipulé les chiffres.
Ce sont de graves accusations
Et je pèse mes mots. Le ministre des Finances a commencé,
comme toujours, en faisant référence à l'héritage
catastrophique laissé par l'alliance MSM/MMM.C'est faux
: le gouvernement MSM/MMM a laissé un track record impressionnant
en termes de balance des comptes courants qui était excédentaire
et qui est devenu déficitaire avec le changement de gouvernement.
Pourquoi est-ce que les autres analystes économiques
n'ont pas découvert ce que vous considérez comme
une manipulation ?
Parce qu'ils ont réagi à vif après la présentation
du budget sur la base du discours entendu alors que la commission
du MMM a analysé le budget, fouillé les données
et vérifié les chiffres. Au contraire de ce qu'avance
le ministre des Finances, les comptes extérieurs du pays
sont extrêmement préoccupants parce que la balance
des comptes courants a un déficit qui ne fait qu'augmenter.
C'est là que l'essentiel a été caché
: le déficit de la balance commerciale est passé
de Rs 30 milliards en 2005 à Rs 57 Md en 2007. Le pays
court vers une catastrophe à ce niveau car tout est lié.
Autre chose, le ministre consacre une ligne à la crise
financière internationale en la qualifiant de récession
aux Etats-Unis, alors qu'il sait très bien que cette récession
américaine massive va se répandre en Europe, notre
principal réservoir touristique. Il y a neuf chances sur
dix que le revenu touristique baisse l'an prochain car quand le
pouvoir d'achat baisse, le premier item sacrifié dans un
budget c'est celui des loisirs. Cela aura une implication directe
sur Maurice car à partir du moment que la balance des comptes
courants plonge on est obligé de puiser dans les réserves.
Le ministre vient dire que les réserves sont passées
de Rs 54 milliards en 2005 à Rs 81 Md en 2008. Il sait
très bien que le montant en roupies des réserves
n'a aucune signification sauf si ce montant est calculé
en termes de semaines d'importation. Or, le nombre de semaines
de couverture d'importation est très stable parce que la
dépréciation de la roupie a joué contre Maurice
Une dépréciation que vous aviez qualifiée
de cachée
Non seulement cachée mais également orchestrée.
Pour résumer nous avons trois milliards de dollars de réserves,
deux milliards de déficit de la balance commerciale dans
un pays dont l'actif total est de huit milliards de dollars. C'est
plus qu'inquiétant. Mais ce n'est pas tout. On nous avait
dit que Manou Bheenick avait fait une bêtise en faisant
entrer les dividendes de la banque de Maurice sur les comptes
généraux du gouvernement et en retournant après
cet argent à la banque parce que son budget avait un déficit
qu'il pouvait gérer. C'est pratiquement ce que le ministre
des Finances a fait dans le budget. J'irai même plus loin,
Rama Sithanen a fait du mauvais sous-Manou Bheenick dans le budget
2008/09.
Il adorerait cette réplique ! Sithanen aurait fait du
sous-Bheenick en faisant quoi ?
Avec son ESC voté d'avance. Un Estimate of Supplementary
Expenditure est un exercice fait pour couvrir les dépenses
encourues mais non prévues. Le ministre des Finances a
inventé un ESC pour faire transférer Rs 4,5 milliards
dans le budget à venir. C'est peut-être un exercice
légal, mais il n'est certainement pas moral. Savez-vous
qu'il n'a utilisé que 35 % des Rs 10 milliards de budget
capital et a fait faire des économies dans tous les ministères,
dont ceux de la Santé et l'Education. S'il n'avait pas
fait ce tour de passe-passe le déficit budgétaire
aurait presque disparu. Mais il a préféré
le faire diminuer et montrer, par le transfert, qu'il est un excellent
élève du FMI qui mérite d'être décoré.
Le tout sur le dos des Mauriciens déjà appauvris.
C'est ça la taxation légère promise, avec
une MRA qui aurait agi comme un KGB vis-à-vis des Mauriciens
!
Un mot sur les recommandations du rapport du Pay Research Bureau
payées intégralement en une seule tranche.
Premièrement, je me rejouis que le rapport du PRB ait été
approuvé, mais je suis obligé de constater que les
fonctionnaires au bas de l'échelle n'ont pas obtenu une
considération importante et que l'écart entre catégories
a été augmenté. Et puis le ministre avait
les moyens de payer en une seule fois. Car n'oubliez pas que dans
un pays touché par la flambée des prix le ministre
des Finances est parvenu à dégager un excédent
de plus de Rs 4,5 milliards. Cet argent est venu des Mauriciens
déjà pénalisés par le coût de
la vie et qui ont été surtaxés par des taxes
cachées sur, par exemple, les produits pétroliers.
Cela fait Rs 4 000 par tête d'habitant, c'est énorme.
C'est le gouvernement qui a eu un Bumper Crop, pas le pays. Deuxièmement,
je n'aime pas une île Maurice à deux vitesses qui
est en train de se créer avec les fonctionnaires et le
PRB d'une part et les employés du secteur privé
de l'autre. Puisque l'Etat regorge de revenus et qu'il y a Bumper
Crop, j'aurais souhaité que le gouvernement réfléchisse
au moyen d'éviter la création de deux classes d'employés
et corrige cette nouvelle anomalie, si je puis dire.
Je comprends maintenant pourquoi les ténors du gouvernement
vous qualifient "d'oiseau de mauvais augure" et vous
accusent d'aller chercher vos statistiques dans une boule de cristal
Les statistiques que je vous cite sont celles de la Banque de
Maurice et du Bureau Central des Statistiques. J'ai invité
le ministre à un débat télévisé
en vue de permettre à l'île Maurice de découvrir
qui bluffe et qui est en train de s'auto-enguirlander en espérant
pouvoir survivre politiquement et en mettant en péril l'avenir
du pays. Si le gouvernement était au courant de la situation
les parlementaires auraient moins tapé sur la table vendredi
de la semaine dernière car l'avenir n'a rien du Bumper
Crop annoncé. Nous sommes au tout début d'une crise
financière mondiale qui va affecter Maurice dans sa chair,
parce que nous dépendons de l'extérieur pour survivre.
Personne ne peut ignorer la crise financière qui arrive
et la récession qui l'accompagne, surtout pas un ministre
des Finances. Qu'il ne vienne pas dire demain qu'il ne savait
pas !
Vous êtes en train de dire que Maurice va vers un "No
Future" économique ?
Nous allons définitivement vers des problèmes et
sommes dans une situation extrêmement fragile. Il faut que
le ministre des Finances vienne le reconnaître et explique
la situation au lieu de proclamer qu'il a "cassé un
grand paquet". Il pousse les Mauriciens à baisser
la garde et à chanter que tout va très bien Madame
la marquise, ce qui n'est pas du tout le cas. L'île Maurice
risque d'avoir un réveil difficile parce qu'elle a été
bernée. Par ailleurs, en parlant de baisse de droits de
douane le ministre a bluffé de nouveau. Il ne peut ne pas
savoir que cette baisse n'est pas de son fait mais découle
des engagements que le pays a contractés auprès
de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). Il dit que le total
de ce qu'il a accordé à la population est de Rs
1,8 milliard, soit l'équivalent de 1.5 % de réduction
de la TVA. Est-ce que l'île Maurice profonde, celles des
pauvres et de la classe moyenne qui s'appauvrit, s'attend à
ce que le ministre des Finances vienne lui offrir du caviar, du
maquillage ou un soulagement là où elle souffre
le plus - au niveau des produits de base : riz, farine, lait,
grains ? S'il avait baissé la TVA dans cette proportion
l'ensemble des Mauriciens en aurait bénéficié
et l'inflation et la flambée des prix auraient diminué
sensiblement. Troisième bluff : les mesures sociales qui
sont indécentes. Quand le ministre des Finances donne une
roupie aux pauvres il en parle pour mille roupies. Comme l'année
dernière, les ressources financières allouées
au projet Tian Li sont infiniment supérieures aux quelques
millions destinés au social.
Il faudrait s'entendre Vishnu Lutchmeenaraidoo
en 2006
et en 2007 vous avez reproché au ministre des Finances
d'avoir fait sabler le champagne au secteur privé en ignorant
les pauvres. Cette année il consacre plus d'un milliard
aux pauvres et vous n'êtes toujours pas content ?
Il a voulu donner l'impression d'être un homme de compassion.
Ce n'est qu'une impression. Il y a une profonde contradiction
entre un ministre des Finances qui parle de Early Harvest et de
Bumping Crop et une population qui ne voit rien venir. Il n'y
a pas un centime des milliards dont parle Rama Sithanen qui tombe
dans l'assiette des pauvres de ce pays. Puisque le budget a bénéficié,
par les moyens que je vous ai dit, de revenus exceptionnels pourquoi
ne pas en retourner une partie à ceux qui souffrent le
plus dans le pays ? Le MMM propose que les subsides sur le riz
et la farine soient réintroduits dans le budget. Dans les
deux ans qui viennent, Maurice va s'appauvrir davantage et ce
budget n'apporte presque rien en termes de soulagement de la misère
nationale. Dans deux, trois mois les Mauriciens se rendront compte
qu'ils n'ont rien obtenu du budget. Pire, je dis que la crise
sociale n'aura pas été résolue d'un iota
l'an prochain. Avez-vous remarqué que si le budget ne fait
pas mention du Law and Order, le Premier ministre a discuté
d'achat ou de don d'équipements anti-émeutes en
France ? Pendant que le PM se prépare en vue de réprimer
les émeutes, son ministre des Finances propose l'augmentation
du nombre de juges et de magistrats. Ces deux exemples indiquent
que le gouvernement réalise parfaitement qu'il y a dehors
un volcan social que la moindre étincelle peut le faire
exploser. Ce budget n'apportera rien au pays en termes de sérénité
sociale et encore moins au plan d'allégement de la souffrance
nationale.
Vous n'avez pas répondu à la question !
Il n'a dépensé l'année dernière que
35 % du Capital Budget de Rs 10 milliards aux dépens des
institutions et des infrastructures. Qui vous dit que le milliard
inscrit pour les pauvres sera dépensé et pas utilisé
dans un autre ESC ? Savez-vous que la scolarité gratuite
au tertiaire qu'il propose dans son budget est accompagnée
de mesures secondaires qui les rendent difficiles à appliquer
? Beaucoup de ces mesures sont au conditionnel. Je voudrais relever
le fait que le nombre de personnes vivant en dessous du seuil
de pauvreté à Maurice est supérieur aux 7
155 familles dans ces 229 poches de pauvreté dont parle
le ministre. Le chiffre se rapproche davantage de 50 000, et je
n'exagère pas. Sur une radio, il a osé dire que
Case Noyale est pauvre et que Quatre Bornes, sa circonscription,
est riche. Je demande à M. Sithanen d'aller à Cité
Beau Séjour, à Cité Candos, voire à
la Source, et de nous montrer les habitants riches de ces quartiers.
Il est en train de faire du mauvais cinéma sur cette question.
N'êtes-vous pas, vous-même, en train de faire un
numéro de démagogie sur cette question-là
?
Pas du tout ! Il faut rétablir la paix sociale en évitant
d'arriver au point où des Mauriciens n'auront pas de quoi
manger à leur faim. Il ne sert à rien de parler
de croissance économique et des dizaines de milliards si
dans le même pays il existe un pourcentage de gens qui ne
mangent pas à leur faim. Comment peut-on se gargariser
de milliards alors que des centaines de Mauriciens sont obligés
de raisonner en termes de cinq sous et de roupies ? Il ne peut
avoir de croissance économique sans partage. Il ne peut
avoir de croissance économique si les gens au bas de l'échelle
ne sont pas partie prenante de la démarche. Il ne peut
avoir de miracle économique sans paix sociale ou si des
gens se sentent exclus. Et c'est actuellement le cas puisqu'on
a de plus en plus le sentiment que les fruits de la récolte
restent dans les hautes sphères. Au fait, la réforme
Sithanen est copiée intégralement des recettes du
FMI, sans vision, sans imagination et sans aucun effort pour les
intégrer à la réalité économique
et sociale de l'île Maurice. Ces réformes FMI ont
eu deux conséquences sur les pays où elles ont été
mises en pratique : une concentration des richesses nationales
entre les mains d'une poignée de privilégiés
aux dépens de la majorité de la population. Cette
nouvelle forme de colonialisme a abouti à des formules
de libéralisme économique qui font augmenter la
richesse dans les statistiques mais qui n'arrivent pas au niveau
des gens ordinaires, les plus nombreux. La réforme FMI
adoptée par Rama Sithanen est inhumaine.
Revenons à l'affaire Tian Li qui a fait l'objet d'une
PNQ du leader de l'Opposition. Qu'avez-vous à dire sur
cette affaire ?
A la question du leader de l'Opposition le ministre des Finances
a répondu que l'accord conclu avec le groupe Tian Li est
secret à la demande de la partie chinoise.
Question qui a valu au MMM l'étiquette de "China
Bashing" !
Nous ne sommes pas en train d'attaquer la Chine, avec qui nous
avons des relations privilégiées. Nous sommes respectueux
de la Chine et nous pensons que la coopération entre nos
deux pays est essentielle. Nous savons ce que notre pays doit
à ses fils originaires de Chine. Ne mélangeons pas
les choses. Le ministre des Finances est en train de se cacher
derrière la Chine pour ne pas divulguer les décisions
qu'il a prises en faveur du groupe Tian Li. Il y a anguille sous
roche. Les 500 arpents que le ministre des Finances a donnés
ce n'est pas le gouvernement mauricien qui
c'est ce que le ministre des Finances veut faire accroire.
Or il a signé l'accord dans une usine de Shanghai, pas
dans les bureaux du gouvernement à Beijing en présence
d'un ministre. Le ministre Sithanen a donné à une
usine de la zone franche de Maurice un pactole que n'importe quel
groupe financier au monde aurait accepté. Il a donné
au groupe Tian Li 500 arpents de terre de Prime Land dans Port-Louis,
arrachés à 250 petits planteurs mauriciens qui y
étaient installés depuis des années. En convertissant
ces terres agricoles le prix est passé de Rs 400 000 à
Rs 8 millions l'arpent.
Est-ce que le développement n'a pas un prix ?
Et l'humanité, n'en a-t-elle pas un ? Ce n'est pas fini
: les petits planteurs avaient un bail d'une année renouvelable,
Tian Li a eu un bail de 99 ans, pratiquement un titre de propriété.
Savez-vous à quel prix ? Rs 40 par an et par arpent ! Au
lieu de trouver une solution à l'amiable avec les petits
planteurs, le gouvernement a offert Rs 20 000 a chacun d'entre
eux et il a fallu qu'on aille en Cour pour que la compensation
soit poussée à Rs 250 000 seulement. Les conditions
dans lesquelles cette affaire a été faite nous permettent
de soupçonner l'existence d'un vaste scandale financier
et l'opposition reviendra là-dessus. Une chose est certaine
: Tian Li n'est pas la Chine et le ministre entretient volontairement
l'amalgame entre les deux.
Qu'avez-vous à proposer à la place de ce troisième
budget-Sithanen que vous avez critiqué d'un bout à
l'autre ?
Ce que j'ai déjà fait dans le passé. Donner
une part importante au social en sachant que le Feel Good Factor
national est le sous-bassement indispensable, essentiel, une condition
sine qua none à une croissance durable. Il faut comprendre
que la richesse doit être partagée. En 1983 j'avais
dit au secteur privé : vous avez le choix entre vivre dans
des maisons protégées par des barbelés, des
chiens et des fusils ou vivre sans problème en partageant
un peu avec les autres.
Nous sommes aujourd'hui dans la même situation sociale
qu'en 1983, selon vous ?
Nous sommes aujourd'hui dans une situation bien pire. En 1983,
nous avons payé systématiquement une compensation
supérieure à ceux qui se trouvaient au bas de l'échelle
et en huit ans nous avons créé un Feel Good Factor
national. Nous allons le refaire quand le MMM reprendra le pouvoir.
Je vous ai déjà posé cette question :
"Vos recettes qui datent de 20 ans peuvent-elles réussir
dans un environnement économique qui a forcément
évolué depuis" ?
Quel que soit le contexte, c'est l'approche qui est importante.
Le MMM propose une vision économique et sociale à
visage humain qui va entraîner la population dans l'effort.
La crise sociale que génèrent les budgets FMI/Sithanen
est d'une telle ampleur que cela me fait peur. Mon souci est d'essayer
de préserver la paix sociale pour qu'on puisse bâtir
l'avenir là-dessus. C'est la confiance qui crée
la richesse, pas le contraire.
Tout ce que vous dites ne fera pas le ministre des Finances
revenir sur une seule décision. Alors je me demande si
l'exercice auquel nous nous livrons n'est pas inutile à
un niveau ?
Pas du tout. Au cours de ces trois dernières années
nous avons sensibilisé non seulement les Mauriciens mais
également des gens dans le gouvernement sur la manière
de faire de Sithanen et sur les conséquences de ses budgets
copiés du FMI. On a entendu en 2006 et en 2007 des députés
de la majorité remettre en question certaines décisions
de Rama Sithanen au point de l'obliger à back pedal. Je
considère que le dernier budget Sithanen est plus fait
pour sa gloire personnelle que pour préparer le pays aux
défis de l'année et je me dois de le dénoncer.
En novembre 2007, quand le MMM a créé le comité
stratégique pour la sécurité alimentaire
le PTr nous a qualifié d'oiseau de mauvais augure antipatriote.
L'avenir nous a donné raison. L'avenir nous donnera aussi
raison d'avoir institué une commission pour réfléchir
sur la question énergétique au vu de la flambée
des prix du pétrole. Nous ne pratiquons pas un exercice
inutile, nous sommes en train de préparer l'avenir car
gouverner c'est prévoir.