i n t e r v i e w WEEK-END --- dimanche 15 juin 2008



Vishnu Lutchmeenaraidoo (MMM) :

"C'est le gouvernement qui a connu un Bumper Crop, pas le pays !"

Notre invité de ce dimanche est le Shadow Finance Minister du MMM. Dans cette interview réalisée jeudi dernier, Vishnu Lutchmeenaraidoo critique abondamment le troisième budget du VPM et ministre des Finances Rama Sithanen.

Vishnu Lutchmeenaraidoo, n'y a-t-il rien de positif dans le troisième budget que vient de présenter Rama Sithanen ?

Tout budget a du positif et du négatif. La force d'un budget c'est d'être équilibré et d'indiquer la voie que le pays suivra dans l'année qui vient, ce qui fait que chaque citoyen est informé de la direction. Mais un budget doit aussi avoir l'honnêteté de donner des chiffres justes et corrects. Ce n'est pas le cas du troisième budget Sithanen qui choisit uniquement les chiffres porteurs de bonnes nouvelles et ignore complètement les autres…

Les ministres des Finances ne se livreraient-ils pas tous à ce petit jeu ?

Pas comme dans ce dernier budget. Il l'avait fait les deux dernières années et je l'avais dénoncé à chaque fois. Cette année, en écoutant le discours du budget, je me suis dit qu'il y avait quelque chose qui clochait. Le ministre des Finances, "père fouettard" par excellence, qui vient de refuser une compensation salariale adéquate aux Mauriciens appauvris, s'est présenté comme le père Noël du pays. Dans le cinéma bollywoodien le villain est incarné par Madun Puri…

… attention Vishnu Lutchmeenaraidoo, vous pourriez irriter un autre Madun, désormais dans votre camp politique…

Alors on va dire Prem Chopra ! Bref, tout d'un coup on a eu l'impression que Madun Puri est devenu Amitabh Bachchan. C'est ce constat qui m'a poussé à travailler le budget qui m'a fait découvrir quelque chose d'ahurissant : Rama Sithanen a bluffé et manipulé les chiffres.

Ce sont de graves accusations…

Et je pèse mes mots. Le ministre des Finances a commencé, comme toujours, en faisant référence à l'héritage catastrophique laissé par l'alliance MSM/MMM.C'est faux : le gouvernement MSM/MMM a laissé un track record impressionnant en termes de balance des comptes courants qui était excédentaire et qui est devenu déficitaire avec le changement de gouvernement.

Pourquoi est-ce que les autres analystes économiques n'ont pas découvert ce que vous considérez comme une manipulation ?

Parce qu'ils ont réagi à vif après la présentation du budget sur la base du discours entendu alors que la commission du MMM a analysé le budget, fouillé les données et vérifié les chiffres. Au contraire de ce qu'avance le ministre des Finances, les comptes extérieurs du pays sont extrêmement préoccupants parce que la balance des comptes courants a un déficit qui ne fait qu'augmenter. C'est là que l'essentiel a été caché : le déficit de la balance commerciale est passé de Rs 30 milliards en 2005 à Rs 57 Md en 2007. Le pays court vers une catastrophe à ce niveau car tout est lié. Autre chose, le ministre consacre une ligne à la crise financière internationale en la qualifiant de récession aux Etats-Unis, alors qu'il sait très bien que cette récession américaine massive va se répandre en Europe, notre principal réservoir touristique. Il y a neuf chances sur dix que le revenu touristique baisse l'an prochain car quand le pouvoir d'achat baisse, le premier item sacrifié dans un budget c'est celui des loisirs. Cela aura une implication directe sur Maurice car à partir du moment que la balance des comptes courants plonge on est obligé de puiser dans les réserves. Le ministre vient dire que les réserves sont passées de Rs 54 milliards en 2005 à Rs 81 Md en 2008. Il sait très bien que le montant en roupies des réserves n'a aucune signification sauf si ce montant est calculé en termes de semaines d'importation. Or, le nombre de semaines de couverture d'importation est très stable parce que la dépréciation de la roupie a joué contre Maurice…

Une dépréciation que vous aviez qualifiée de cachée…

Non seulement cachée mais également orchestrée. Pour résumer nous avons trois milliards de dollars de réserves, deux milliards de déficit de la balance commerciale dans un pays dont l'actif total est de huit milliards de dollars. C'est plus qu'inquiétant. Mais ce n'est pas tout. On nous avait dit que Manou Bheenick avait fait une bêtise en faisant entrer les dividendes de la banque de Maurice sur les comptes généraux du gouvernement et en retournant après cet argent à la banque parce que son budget avait un déficit qu'il pouvait gérer. C'est pratiquement ce que le ministre des Finances a fait dans le budget. J'irai même plus loin, Rama Sithanen a fait du mauvais sous-Manou Bheenick dans le budget 2008/09.

Il adorerait cette réplique ! Sithanen aurait fait du sous-Bheenick en faisant quoi ?

Avec son ESC voté d'avance. Un Estimate of Supplementary Expenditure est un exercice fait pour couvrir les dépenses encourues mais non prévues. Le ministre des Finances a inventé un ESC pour faire transférer Rs 4,5 milliards dans le budget à venir. C'est peut-être un exercice légal, mais il n'est certainement pas moral. Savez-vous qu'il n'a utilisé que 35 % des Rs 10 milliards de budget capital et a fait faire des économies dans tous les ministères, dont ceux de la Santé et l'Education. S'il n'avait pas fait ce tour de passe-passe le déficit budgétaire aurait presque disparu. Mais il a préféré le faire diminuer et montrer, par le transfert, qu'il est un excellent élève du FMI qui mérite d'être décoré. Le tout sur le dos des Mauriciens déjà appauvris. C'est ça la taxation légère promise, avec une MRA qui aurait agi comme un KGB vis-à-vis des Mauriciens !

Un mot sur les recommandations du rapport du Pay Research Bureau payées intégralement en une seule tranche.

Premièrement, je me rejouis que le rapport du PRB ait été approuvé, mais je suis obligé de constater que les fonctionnaires au bas de l'échelle n'ont pas obtenu une considération importante et que l'écart entre catégories a été augmenté. Et puis le ministre avait les moyens de payer en une seule fois. Car n'oubliez pas que dans un pays touché par la flambée des prix le ministre des Finances est parvenu à dégager un excédent de plus de Rs 4,5 milliards. Cet argent est venu des Mauriciens déjà pénalisés par le coût de la vie et qui ont été surtaxés par des taxes cachées sur, par exemple, les produits pétroliers. Cela fait Rs 4 000 par tête d'habitant, c'est énorme. C'est le gouvernement qui a eu un Bumper Crop, pas le pays. Deuxièmement, je n'aime pas une île Maurice à deux vitesses qui est en train de se créer avec les fonctionnaires et le PRB d'une part et les employés du secteur privé de l'autre. Puisque l'Etat regorge de revenus et qu'il y a Bumper Crop, j'aurais souhaité que le gouvernement réfléchisse au moyen d'éviter la création de deux classes d'employés et corrige cette nouvelle anomalie, si je puis dire.

Je comprends maintenant pourquoi les ténors du gouvernement vous qualifient "d'oiseau de mauvais augure" et vous accusent d'aller chercher vos statistiques dans une boule de cristal…

Les statistiques que je vous cite sont celles de la Banque de Maurice et du Bureau Central des Statistiques. J'ai invité le ministre à un débat télévisé en vue de permettre à l'île Maurice de découvrir qui bluffe et qui est en train de s'auto-enguirlander en espérant pouvoir survivre politiquement et en mettant en péril l'avenir du pays. Si le gouvernement était au courant de la situation les parlementaires auraient moins tapé sur la table vendredi de la semaine dernière car l'avenir n'a rien du Bumper Crop annoncé. Nous sommes au tout début d'une crise financière mondiale qui va affecter Maurice dans sa chair, parce que nous dépendons de l'extérieur pour survivre. Personne ne peut ignorer la crise financière qui arrive et la récession qui l'accompagne, surtout pas un ministre des Finances. Qu'il ne vienne pas dire demain qu'il ne savait pas !

Vous êtes en train de dire que Maurice va vers un "No Future" économique ?

Nous allons définitivement vers des problèmes et sommes dans une situation extrêmement fragile. Il faut que le ministre des Finances vienne le reconnaître et explique la situation au lieu de proclamer qu'il a "cassé un grand paquet". Il pousse les Mauriciens à baisser la garde et à chanter que tout va très bien Madame la marquise, ce qui n'est pas du tout le cas. L'île Maurice risque d'avoir un réveil difficile parce qu'elle a été bernée. Par ailleurs, en parlant de baisse de droits de douane le ministre a bluffé de nouveau. Il ne peut ne pas savoir que cette baisse n'est pas de son fait mais découle des engagements que le pays a contractés auprès de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). Il dit que le total de ce qu'il a accordé à la population est de Rs 1,8 milliard, soit l'équivalent de 1.5 % de réduction de la TVA. Est-ce que l'île Maurice profonde, celles des pauvres et de la classe moyenne qui s'appauvrit, s'attend à ce que le ministre des Finances vienne lui offrir du caviar, du maquillage ou un soulagement là où elle souffre le plus - au niveau des produits de base : riz, farine, lait, grains ? S'il avait baissé la TVA dans cette proportion l'ensemble des Mauriciens en aurait bénéficié et l'inflation et la flambée des prix auraient diminué sensiblement. Troisième bluff : les mesures sociales qui sont indécentes. Quand le ministre des Finances donne une roupie aux pauvres il en parle pour mille roupies. Comme l'année dernière, les ressources financières allouées au projet Tian Li sont infiniment supérieures aux quelques millions destinés au social.

Il faudrait s'entendre Vishnu Lutchmeenaraidoo… en 2006 et en 2007 vous avez reproché au ministre des Finances d'avoir fait sabler le champagne au secteur privé en ignorant les pauvres. Cette année il consacre plus d'un milliard aux pauvres et vous n'êtes toujours pas content ?

Il a voulu donner l'impression d'être un homme de compassion. Ce n'est qu'une impression. Il y a une profonde contradiction entre un ministre des Finances qui parle de Early Harvest et de Bumping Crop et une population qui ne voit rien venir. Il n'y a pas un centime des milliards dont parle Rama Sithanen qui tombe dans l'assiette des pauvres de ce pays. Puisque le budget a bénéficié, par les moyens que je vous ai dit, de revenus exceptionnels pourquoi ne pas en retourner une partie à ceux qui souffrent le plus dans le pays ? Le MMM propose que les subsides sur le riz et la farine soient réintroduits dans le budget. Dans les deux ans qui viennent, Maurice va s'appauvrir davantage et ce budget n'apporte presque rien en termes de soulagement de la misère nationale. Dans deux, trois mois les Mauriciens se rendront compte qu'ils n'ont rien obtenu du budget. Pire, je dis que la crise sociale n'aura pas été résolue d'un iota l'an prochain. Avez-vous remarqué que si le budget ne fait pas mention du Law and Order, le Premier ministre a discuté d'achat ou de don d'équipements anti-émeutes en France ? Pendant que le PM se prépare en vue de réprimer les émeutes, son ministre des Finances propose l'augmentation du nombre de juges et de magistrats. Ces deux exemples indiquent que le gouvernement réalise parfaitement qu'il y a dehors un volcan social que la moindre étincelle peut le faire exploser. Ce budget n'apportera rien au pays en termes de sérénité sociale et encore moins au plan d'allégement de la souffrance nationale.

Vous n'avez pas répondu à la question !

Il n'a dépensé l'année dernière que 35 % du Capital Budget de Rs 10 milliards aux dépens des institutions et des infrastructures. Qui vous dit que le milliard inscrit pour les pauvres sera dépensé et pas utilisé dans un autre ESC ? Savez-vous que la scolarité gratuite au tertiaire qu'il propose dans son budget est accompagnée de mesures secondaires qui les rendent difficiles à appliquer ? Beaucoup de ces mesures sont au conditionnel. Je voudrais relever le fait que le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté à Maurice est supérieur aux 7 155 familles dans ces 229 poches de pauvreté dont parle le ministre. Le chiffre se rapproche davantage de 50 000, et je n'exagère pas. Sur une radio, il a osé dire que Case Noyale est pauvre et que Quatre Bornes, sa circonscription, est riche. Je demande à M. Sithanen d'aller à Cité Beau Séjour, à Cité Candos, voire à la Source, et de nous montrer les habitants riches de ces quartiers. Il est en train de faire du mauvais cinéma sur cette question.

N'êtes-vous pas, vous-même, en train de faire un numéro de démagogie sur cette question-là ?

Pas du tout ! Il faut rétablir la paix sociale en évitant d'arriver au point où des Mauriciens n'auront pas de quoi manger à leur faim. Il ne sert à rien de parler de croissance économique et des dizaines de milliards si dans le même pays il existe un pourcentage de gens qui ne mangent pas à leur faim. Comment peut-on se gargariser de milliards alors que des centaines de Mauriciens sont obligés de raisonner en termes de cinq sous et de roupies ? Il ne peut avoir de croissance économique sans partage. Il ne peut avoir de croissance économique si les gens au bas de l'échelle ne sont pas partie prenante de la démarche. Il ne peut avoir de miracle économique sans paix sociale ou si des gens se sentent exclus. Et c'est actuellement le cas puisqu'on a de plus en plus le sentiment que les fruits de la récolte restent dans les hautes sphères. Au fait, la réforme Sithanen est copiée intégralement des recettes du FMI, sans vision, sans imagination et sans aucun effort pour les intégrer à la réalité économique et sociale de l'île Maurice. Ces réformes FMI ont eu deux conséquences sur les pays où elles ont été mises en pratique : une concentration des richesses nationales entre les mains d'une poignée de privilégiés aux dépens de la majorité de la population. Cette nouvelle forme de colonialisme a abouti à des formules de libéralisme économique qui font augmenter la richesse dans les statistiques mais qui n'arrivent pas au niveau des gens ordinaires, les plus nombreux. La réforme FMI adoptée par Rama Sithanen est inhumaine.

Revenons à l'affaire Tian Li qui a fait l'objet d'une PNQ du leader de l'Opposition. Qu'avez-vous à dire sur cette affaire ?

A la question du leader de l'Opposition le ministre des Finances a répondu que l'accord conclu avec le groupe Tian Li est secret à la demande de la partie chinoise.

Question qui a valu au MMM l'étiquette de "China Bashing" !

Nous ne sommes pas en train d'attaquer la Chine, avec qui nous avons des relations privilégiées. Nous sommes respectueux de la Chine et nous pensons que la coopération entre nos deux pays est essentielle. Nous savons ce que notre pays doit à ses fils originaires de Chine. Ne mélangeons pas les choses. Le ministre des Finances est en train de se cacher derrière la Chine pour ne pas divulguer les décisions qu'il a prises en faveur du groupe Tian Li. Il y a anguille sous roche. Les 500 arpents que le ministre des Finances a donnés…

… ce n'est pas le gouvernement mauricien qui…

… c'est ce que le ministre des Finances veut faire accroire. Or il a signé l'accord dans une usine de Shanghai, pas dans les bureaux du gouvernement à Beijing en présence d'un ministre. Le ministre Sithanen a donné à une usine de la zone franche de Maurice un pactole que n'importe quel groupe financier au monde aurait accepté. Il a donné au groupe Tian Li 500 arpents de terre de Prime Land dans Port-Louis, arrachés à 250 petits planteurs mauriciens qui y étaient installés depuis des années. En convertissant ces terres agricoles le prix est passé de Rs 400 000 à Rs 8 millions l'arpent.

Est-ce que le développement n'a pas un prix ?

Et l'humanité, n'en a-t-elle pas un ? Ce n'est pas fini : les petits planteurs avaient un bail d'une année renouvelable, Tian Li a eu un bail de 99 ans, pratiquement un titre de propriété. Savez-vous à quel prix ? Rs 40 par an et par arpent ! Au lieu de trouver une solution à l'amiable avec les petits planteurs, le gouvernement a offert Rs 20 000 a chacun d'entre eux et il a fallu qu'on aille en Cour pour que la compensation soit poussée à Rs 250 000 seulement. Les conditions dans lesquelles cette affaire a été faite nous permettent de soupçonner l'existence d'un vaste scandale financier et l'opposition reviendra là-dessus. Une chose est certaine : Tian Li n'est pas la Chine et le ministre entretient volontairement l'amalgame entre les deux.

Qu'avez-vous à proposer à la place de ce troisième budget-Sithanen que vous avez critiqué d'un bout à l'autre ?

Ce que j'ai déjà fait dans le passé. Donner une part importante au social en sachant que le Feel Good Factor national est le sous-bassement indispensable, essentiel, une condition sine qua none à une croissance durable. Il faut comprendre que la richesse doit être partagée. En 1983 j'avais dit au secteur privé : vous avez le choix entre vivre dans des maisons protégées par des barbelés, des chiens et des fusils ou vivre sans problème en partageant un peu avec les autres.

Nous sommes aujourd'hui dans la même situation sociale qu'en 1983, selon vous ?

Nous sommes aujourd'hui dans une situation bien pire. En 1983, nous avons payé systématiquement une compensation supérieure à ceux qui se trouvaient au bas de l'échelle et en huit ans nous avons créé un Feel Good Factor national. Nous allons le refaire quand le MMM reprendra le pouvoir.

Je vous ai déjà posé cette question : "Vos recettes qui datent de 20 ans peuvent-elles réussir dans un environnement économique qui a forcément évolué depuis" ?

Quel que soit le contexte, c'est l'approche qui est importante. Le MMM propose une vision économique et sociale à visage humain qui va entraîner la population dans l'effort. La crise sociale que génèrent les budgets FMI/Sithanen est d'une telle ampleur que cela me fait peur. Mon souci est d'essayer de préserver la paix sociale pour qu'on puisse bâtir l'avenir là-dessus. C'est la confiance qui crée la richesse, pas le contraire.

Tout ce que vous dites ne fera pas le ministre des Finances revenir sur une seule décision. Alors je me demande si l'exercice auquel nous nous livrons n'est pas inutile à un niveau ?

Pas du tout. Au cours de ces trois dernières années nous avons sensibilisé non seulement les Mauriciens mais également des gens dans le gouvernement sur la manière de faire de Sithanen et sur les conséquences de ses budgets copiés du FMI. On a entendu en 2006 et en 2007 des députés de la majorité remettre en question certaines décisions de Rama Sithanen au point de l'obliger à back pedal. Je considère que le dernier budget Sithanen est plus fait pour sa gloire personnelle que pour préparer le pays aux défis de l'année et je me dois de le dénoncer. En novembre 2007, quand le MMM a créé le comité stratégique pour la sécurité alimentaire le PTr nous a qualifié d'oiseau de mauvais augure antipatriote. L'avenir nous a donné raison. L'avenir nous donnera aussi raison d'avoir institué une commission pour réfléchir sur la question énergétique au vu de la flambée des prix du pétrole. Nous ne pratiquons pas un exercice inutile, nous sommes en train de préparer l'avenir car gouverner c'est prévoir.



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