m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 8 juin 2008



  30 juin 1848 - La "Déclaration de Principes de la Presse Mauricienne"
  Concert —Zucchero - La voix venue d'Italie a charmé
  SPECTACLE - Maurice à l'honneur dans Afrika Afrika à Salzbourg
  Wendy Spéville : - Le coiffeur accordéoniste
  JAZZWOMEN - Gina Jean-Charles :Les temps et le printemps
  Concert - Reborn Orleans au Conservatoire le 28 juin
  Expos à voir - Figures mythiques et contemporaines au grand jour
  Concours de nouvelles - Estelle Lareine et Ayman Peeroo primées
  Expo au Musée de Port-Louis - Raconte-moi le dodo
  POÉSIE - Le doute partagé
  Les revues, les critiques - Recherches sur l'esclavagisme
  Concours de "La Plus Belle Écriture" - Une expérience à renouveler...
  Le Prix Prince Maurice 2008 - La meilleure histoire d'amour
  Après la Nano de Tata - Renault-Nissan s'apprête à lancer sa voiture à 2500 dollars
  Grippe - Confusion avec les infections respiratoires virales
  Cinéma - Sarkar Raj
  Les saveurs rodriguaises de Marie-Ange Emilien
  IVTB School of Design - Fashion Show : cuvée 2008


30 juin 1848

La "Déclaration de Principes de la Presse Mauricienne"

La presse mauricienne, à chaque fois qu'elle a eu des raisons de se sentir menacée dans sa liberté d'action - si ce n'est dans son existence même - a toujours su s'unifier pour faire face au danger d'être mise au pas. Et cette attitude ne date pas, comme on pourrait le croire, que d'à partir de la Seconde Guerre mondiale lorsque le papier journal étant rationné, il fallut au Cernéen conservateur et réac, au Mauricien, néolibéral de droite, et à Advance travailliste et progressiste de se débrouiller pour paraître sur une feuille commune. Il ne faut pas non plus ne se souvenir que de la solidarité des journalistes de la période noire de la censure des années 1969 à 1976, ni encore de l'épisode de la caution de Sir Anerood Jugnauth qui mena 44 journalistes, de tous bords politiques confondus, au cachot en 1984.

En remontant le temps, Week-End est tombée sur une Déclaration des Principes de la Presse Mauricienne que signèrent, volontairement, les rédacteurs du Cernéen, du Mauricien et de La Sentinelle dès le 30 juin... 1848. Les signataires avaient pour noms Adrien D'Epinay, Chevreau, Faduilble, Ivanof Dupont, mais aussi l'homme de couleur, Rémy Ollier, que tout pourtant opposait socialement et politiquement aux premiers nommés.

Tension vive entre colons et autorités britanniques

Cette Déclaration, véritable acte de foi d'hommes libres, fit suite à une grande bagarre qui mit les journaux de notre pays en confrontation avec le gouvernement colonial britannique autour de la gestion économique du pays. La tension, à l'époque, était encore vive entre, d'une part, les colons mauriciens, dont se réclamait aussi Rémy Ollier et ses pairs de La Sentinelle - malgré la privation de ces derniers de leurs droits civiques - et, d'autre part, les autorités britanniques qui, elles, entendaient imposer des lois despotiques (dont de lourdes taxes) sur une colonie mauricienne conquise par les baïonnettes des forces de sa Majesté.

Ainsi se lisait cette "Déclaration de Principes de la Presse Mauricienne" :

"Les circonstances présentes exigent, de la presse coloniale, une Déclaration de Principes. Quelques voix calomniatrices, étrangères à la Colonie, accusent la presse de ne point exprimer l'opinion publique, et de chercher à l'égarer. Les journaux, fraternellement unis dans une même pensée, déclarent unanimement que cette imputation est mensongère. Connaissant bien l'opinion publique, ils affirment qu'ils en sont les fidèles organes; et pas un colon n'a réclamé contre elle les sentiments exprimés par eux. Bien plus, ils ont la certitude que ces manifestations ont été universellement approuvées. Dans cette situation, ils estiment que leur devoir est de faire connaître les principes qui les dirigent, et qu'ils savent être ceux de la partie éclairée et pensante de la population coloniale.

La politique qui gouverne les relations des peuples entre eux, est encore basée sur la force brutale. Oublieuse de la justice et du droit, elle consacre celui du plus fort. Sous l'empire de pareilles lois, Maurice et trop faible pour que son indépendance soit respectée. Elle est condamnée à porter le joug d'une grande puissance maritime jusqu'au jour où la justice régnera enfin dans la politique. Soumis à cette nécessité, nous renonçons, pour le temps présent, à la liberté de notre patrie; bien que Maurice pût assurément revendiquer les mêmes droits que les petits États de Parme, de Modène, de Monaco et de San Marin, ces droits seraient méconnus; ne tentons pas l'impossible. Mais, à quelle puissance notre île doit-elle appartenir? Nous cèlerions la vérité, nous avancerions une fausseté notoire, si nous osions soutenir que si les habitants de Maurice étaient maîtres de choisir leur métropole, ils opteraient pour celle qui a fondé la colonie, et dont ils ont été séparés par la force, pourvu toutefois qu'elle leur apportât la liberté, sans laquelle ils renieraient son drapeau. Mais il existe un fait accompli. Maurice a été cédée à la Grande- Bretagne. Les colons ont reconnu sa souveraineté. Ils respectent la sainteté du serment d'allégeance; on ne les y verra point manquer. Leur loyauté demeurera inviolable; et la presse, loin de chercher à l'ébranler, leur en donnera le fidèle exemple. Donc, nous nous soumettons au pavillon britannique, sans aucune arrière-pensée. Mais, pour prix de cette soumission franche et loyale, nous voulons être traités en hommes libres, et non pas en vaincus, en ilotes, en esclaves. Nous voulons les libertés constitutionnelles de la Grande-Bretagne, puisque nous faisons partie de son empire. Ces libertés nous appartiennent de droit. Nous sentons que l'injustice et la force nous les refusent. Nous sommes résolus de les obtenir.

Jusqu'à ce que notre pays les possède, nous ne cesserons de protester énergiquement, au moyen de la presse. Nous ne serons jamais las d'accabler de nos réclamations, les ministres, les Chambres et la Nation. Nous savons que la Nation est pour nous. Elle est grande, elle est généreuse. Elle veut la liberté pour elle-même, et pour les autres. Nous admirons, nous aimons la nation britannique; nous regardons sincèrement ses membres comme des Frères. Ce n'est point contre elle que s'exhalent nos plaintes amères. C'est contre l'oligarchie qui trône à Downing Street, et qui écrase les malheureuses colonies, d'où s'élève en ce moment une malédiction universelle. C'est contre le Gouvernement local qui nous torture, nous opprime, et insulte tous les colons dans ses dépêches officielles. Nous appelons à nos compatriotes de toute origine, pour nous aider à conquérir les libertés qui leur sont dues. Nous adressons surtout cet appel à nos compatriotes d'origine britannique, parce que nous savons que leur voix sera plus écoutée que la nôtre. Il existe parmi eux beaucoup d'hommes généreux et indépendants, qui méprisent les odieux préjugés de nationalité et qui haïssent la tyrannie. Nous savons qu'ils approuvent notre lutte et nos efforts. Nous comptons sur leur concours. Le règne du despotisme est passé. La sublime voix de la République Française a proclamé l'ère nouvelle de justice et de liberté. De toutes parts, les trônes s'écroulent; les despotes sont renversés; les nations recouvrent leurs droits imprescriptibles. Et l'on nous ferait un crime de réclamer les nôtres, pacifiquement, légalement, sans nulle violence? Une imprudente mauvaise foi oserait seule nous le reprocher. Mais, que nous importent de méprisables clameurs ! Forts du témoignage de notre conscience, assurés de l'approbation unanime de la population coloniales, certains de mériter l'estime des gens de tous les pays, nous poursuivrons notre tâche patriotique. Avec dignité, avec énergie, avec vigueur, nous demanderons nos libertés; ces libertés que nos pères ont possédées il y a cinquante ans; dont ils se sont montrés dignes, et que le despotisme leur a enlevées par la force des baïonnettes. Nous ne faiblirons point dans cette lutte légitime de la légalité contre l'arbitraire; et nous prendrons toujours pour devise ces mots inscrits sur l'écusson de la Grande-Bretagne :

Dieu est mon droit !

Signés : Les Rédacteurs du Cernéen

Les Rédacteurs du Mauricien

Les Rédacteurs de la Sentinelle ."

Mécontentement populaire

La bagarre presse mauricienne contre l'Empire britannique portait, principalement, sur la façon dont l'économie de la colonie de Maurice était gérée et qui ne donnait pas du tout satisfaction aux colons. La presse, dans son ensemble, qui faisait écho du mécontentement populaire généralisé n'hésita pas à réclamer, face aux difficultés économiques, que son Excellence le Gouverneur "qui reçoit un salaire relativement exagéré, consentisse à ce que ses appointements de 8 000 livres, incluant sa paie coloniale, fussent réduits à 2 000 livres pour donner l'exemple". La presse exigea que les émoluments de tous les chefs de département soient également réduits et que les dépenses du Génie civil pour la construction de ponts et chaussées - dont on ne voyait pas toujours la concrétisation - soient mieux contrôlées. Les presse journaux se battaient aussi pour que l'impôt de 20 000 livres par an "payé sur les meilleurs deniers du Trésor, pour l'entretien colonial de la garnison disparaisse".

Un Mauritius Times, organe des Anglais

Les campagnes de la presse mauricienne valurent à cette dernière d'être taxée de "presse licencieuse" et pour donner le change, les autorités anglaises facilitèrent à la création d'un journal pouvoiriste dénommé Mauritius Times dans lequel sévit un certain Fourier. Mais le journal Le Mauricien de l'époque se fit un devoir d'informer ses lecteurs de Londres, du Cap, et de Calcutta que le Mauritius Times en question "est rédigé sous les auspices du Pouvoir britannique qui s'était attaché les services de quelques employés dévoués à son gouvernement local", (ndlr : il ne faut cependant surtout ne faire aucun lien avec l'autre Mauritius Times lancé dans les années 1950 par feu Bickramsingh Ramlallah qui, d'ailleurs, lutta lui-même pour la décolonisation de l'île Maurice).


Concert -Zucchero

La voix venue d'Italie a charmé

La venue à Maurice d'un artiste tel que Zucchero est un véritable événement. Le chanteur a offert, samedi dernier au Centre Swami Vivekananda à Pailles, un spectacle infiniment au-dessus des autres qui l'ont précédé récemment. Sans fausse note, avec un registre juste, la mégastar italienne dont on connaît quelques morceaux dont Baila morena ou Senza una donna, nous a ouvert les portes de son univers pour mieux en faire ressortir l'essence.

Le public composé de Mauriciens et d'Italiens avaient hâte de retrouver Zucchero sur scène pour mieux découvrir l'incroyable talent musical de cet artiste et musicien des plus atypiques de la scène Blues Rock international. Une demi-heure d'attente avant que la star ne se donne corps et âme devant une salle comble. Pendant une heure et demi, le chanteur transporte, captive, chante l'amour en italien, espagnol et anglais. Dès son arrivée sur scène, il enchaîne les titres de son dernier album Fly. L'ambiance est simple et intimiste. Celui qui a chanté aux côtés d'artistes tels le regretté Luciano Pavarotti, Ray Charles, Miles Davis et Joe Cocker, nous a gratifiés de sa musique avec un répertoire inouï dont des morceaux de son dernier album Fly. À la guitare ou au clavier, il se déchaîne sur des titres comme Baila Morena, l'amore e'nell'aria puis alterne avec des ballades comme Everybody's got to learn sometimes. Le chanteur à la casquette qui traduit son nom de l'italien, Sugar, n'hésite pas à flirter avec tous les styles pour mieux en faire ressortir l'essence. Le public est tout conquis et reprend avec lui quelques refrains. Zucchero comprend le blues, l'aime et a su lui restituer des valeurs trop souvent oubliées.


SPECTACLE

Maurice à l'honneur dans Afrika Afrika à Salzbourg

Les Mauriciens Philippe Thomas, trompettiste et Yvan Basile, saxophoniste font partie des 13 musiciens de l'Afrique et de la diaspora dans un grand spectacle, Afrika Afrika, destiné à donner une autre vision du continent noir. Une tournée a lieu actuellement à Salzbourg en Autriche.

Musique, danse, acrobatie, Afrika Afrika est un spectacle pour tous âges qui mêle créativité et divertissement. C'est en quelque sorte un grand cirque magique qui réunit 105 artistes, 34 danseurs et 13 musiciens de l'Afrique et de la diaspora. La musique va de Youssou N'Dour à nos musiciens de jazz Philippe Thomas (trompettiste) et Yvan Basile (saxophoniste). Des morceaux connus sont interprétés par des chanteurs de réputation mondiale et d'excellents musiciens. Côté spectacle, l'on trouve les danseurs de Côte d'Ivoire, d'Afrique du Sud, du Sénégal et de Guinée de même que des breakdancers des Antilles, du Cap vert et de Haïti. L'alliance entre la danse, la musique, les acrobaties se voit dans les performances des contorsionnistes angolais, les numéros de jongleurs d'Éthiopie et du Maroc. Pas de barrières entre le côté ludique et la part spirituel du spectacle. Car derrière ce grand show, il y a le désir de combattre le racisme culturel à travers une projection sensuelle de l'Afrique. Afrika Afrika est un projet initié par l'artiste multimédia autrichien André Heller. Il est connu pour avoir créé des jardins poétiques, des films, de pièces de théâtre, des opéras. C'est Doudou Diène qui a été nommé conseiller du spectacle. Ce dernier conçoit le show comme "le chemin de l'amour culturel". C'est le danseur ivoirien Georges Momboye qui a monté sa propre compagnie à Paris qui a la charge de la partie chorégraphique de cet événement culturel. Afrika Afrika a été présenté une première fois à Francfort en Allemagne. Il est actuellement en tournée dans plusieurs villes dont Salzbourg, Munich, Vienne.

La mise en scène de André Heller prend le pari d'un spectacle fondé sur la joie de vivre mais accompagné d'une réflexion profonde sur une culture africaine qu'on ne connaît pas forcément en Europe.

Afrika Afrika, plateforme culturelle itinérante fait la part belle à nos meilleurs musiciens. Une occasion pour promouvoir les talents locaux.


Wendy Spéville :

Le coiffeur accordéoniste

Ce n'est pas par hasard qu'un producteur local a eu le coup de foudre pour sa musique. Lors de sa prestation il y a un mois aux premiers MASA Awards de Rodrigues, Wendy Spéville a séduit ceux qui le découvraient ce soir-là. Plus tôt, Wendy Spéville, 33 ans, avait rangé ses ciseaux et fermé son atelier de coiffure de Mont-Lubin. Sur la scène, le jeune accordéoniste de Baie Topaze (dans le sud-est de Rodrigues) était visiblement dans son univers. Mais, Wendy Spéville n'est pas qu'accordéoniste ! Il pratique l'accordéon diatonique et crée un style aux influences les plus éclectiques. Le résultat ne laisse jamais son audience indifférente. Alliant les airs puisés dans le répertoire traditionnel : polka, kotis, valse, mazok… aux harmonies modernes, Wendy Spéville donne toujours une base dynamique à sa musique. Autodidacte, il est un des rares jeunes de Rodrigues à jouer de l'accordéon diatonique comme l'aurait fait un des vieux pionniers. "Mon arrière grand-père, mon père, mon frère… jouent de l'accordéon. Dans ma famille nous n'avons pas appris à manier cet instrument. On le joue et c'est tout ! Personne ne m'a dit : mets ton doigt sur cette touche, fais ceci, fais cela… Moi, j'ai observé mes aînés", confie l'artiste. Chez les Spéville, la mère, Florida, était une danseuse et chanteuse de séga tambour. Et c'est aussi tout, naturellement dit-il, qu'il s'est mis à écrire des textes et pratiquer la danse traditionnelle. "Mais, le seul problème quand on est un homme et qu'on fait de la danse traditionnelle, c'est que… (rires), les filles ne s'intéressent pas à nous !" Prenant ses distances avec la polka et autre mazurka, il consacre alors tout son temps libre à son accordéon. Et avec son instrument, Wendy Spéville a eu l'occasion de quitter les rives de son île pour d'autres cieux et rafler le premier prix dans la catégorie chanson à la première édition du Festival Créole à Rodrigues. L'accordéon, défend-t-il, n'est pas un instrument de vieux ! Et tout en soutenant cet argument, il explique, tel un amoureux, ses sentiments pour son accordéon. "Lorsque j'en joue, j'exprime ce qu'il y a au plus profond de moi." Mais, le seul hic, relève-t-il, "on ne trouve pas de pièces pour la réparation ou l'entretien de cet instrument, à Rodrigues."

Hormis les réguliers bal rann zarico, Wendy Spéville, se produit selon la demande. Mais, il n'est pas impossible de le voir son accordéon entre les mains, assis en bordure de route, en face de son salon, avec ses autres amis musiciens, échangeant des sons pour faire une mélodie unique…

Menwar aux Nuits d'Afrique

Le continent américain semble réussir à Menwar. Après sa tournée aux States, le père du saggaï a posé ses percussions les plus originales au Canada. Précisément à Montréal où il participera aux Nuits d'Afrique, en juillet prochain. Une aubaine pour Menwar, car Les Nuits d'Afrique est une plate-forme qui réunit les plus grands noms de la musique. De retour, lui, au pays, Percy Yip Tong, le manager de Menwar, se dit satisfait de la tournée américaine entamée en avril dernier. Menwar qui s'est produit en Louisianne et qui a au total, participé à 19 concerts, a dévoilé le séga à son nouveau public. "Celui-ci connaissait déjà la musique africaine et ses instruments. Avec Menwar, il a découvert un nouveau son", dit Percy Yip Tong. Au festival de La Fayette, Menwar faisait parties des invités, aux côtés des Wailers ou encore les Neville Brothers. A la Nouvelle-Orléans, il n'était pas très loin de Stevie Wonder, Santana, Billy Joel… Après l'expérience musicale au pays de l'oncle Sam, l'équipe mauricienne a fait escale en France où Menwar s'est produit au siège de l'UNESCO.

Negro Pou Lavi : les trois en solo

Nouvelle expérience pour les trois boyz de Negro Pou Lavi. En effet, Soul T, Know Me et Lin'ont chacun de leur côté bouclé leur album solo. Les trois albums seront dans les bacs avant la fin de cette année. Même que le premier pourrait bien débarquer chez les disquaires en juillet prochain. "Ce choix explique Tony Farla (Soul T), n'annonce pas la séparation du groupe." Mais une étape dans le parcours du trio. D'ailleurs, l'opus de Soul T aura comptera parmi ses invités, la paire Know Me et Lin'. Et si cet album repose sur différentes influences, celui de Know Me sera essentiellement hip-hop, tandis que Lin'a puisé son inspiration dans le seggae.


JAZZWOMEN

Gina Jean-Charles :Les temps et le printemps

On parle beaucoup d'elle quand on évoque les voix et les sons que nous avons le privilège d'entendre ces derniers temps. Chez elle, son et rythme viennent de ce qu'elle ressent profondément. Un horizon illimité s'offre à Gina Jean-Charles, 26 ans, sincère, créative, ingénue, dans le cadre d'une forme qu'on appelle le jazz. Loin des références musicales associées à son nom, elle se découvre et s'offre au public avec un album en préparation comprenant 12 morceaux composés par Henri Favory et Linley Mootien, entre autres. L'interprète de Cry me a river et Autum leaves passe de l'interprétation pure à des nuances rythmiques mouvantes. Elle chantera Kann la li doux et Il suffira, textes et mélodies de Favory. C'est le printemps pour Gina.

Dans la mouvance du chant jazziste et théâtral, l'originalité de Gina Jean-Charles, née à Bell Village, vient de sa capacité à provoquer le sentiment d'un enjouement, un élan continu. Elle construit et module sans cesse son matériau vocal. Dans ses concerts au Conservatoire François Mitterrand, elle a démontré l'assise et les temps de son univers vocal. Un mariage des contraires : le côté "roots" et le moderne. Ce qui lui a valu une comparaison à Billie Holiday et à Betty Carter dans l'érotisation de la langue. Mais Gina fonde désormais sa ligne de chance sur un constant travail de la voix et du texte. "Ena 2 ans mo fine dékouver jazz, grace à sa mo fine trouv mo la vwa... mo pa imite personn, mo bizin tracer..." C'est une jeune femme d'une grande simplicité, d'une gaieté aimable qui nous livre ces mots sur son style et sa vision à Pointe-aux-Sables. Elle parle de sa notoriété soudaine, de ses concerts qui ont marqué son épanouissement. Mais elle nous dit d'oublier le premier concert. "Ce n'était pas moi ça..." L'emportement de son prochain album, la rage vocale semblent prendre le dessus sur ses débuts timides.

Gina évoque le temps où elle a débuté dans les hôtels. A-t-elle aimé ça ? Oui et non. C'était trop carré, dit-elle. Elle était néanmoins consciente de son potentiel. Le défi qu'elle se lançait à l'époque était de chanter comme Tina Turner, Beyonce, Britney Spears. Elle a ensuite aimé Dee Dee Bridgewater et Diana Krall. Elle ajoute qu'elle appartient à une génération capable d'allier le roots au moderne. Les rauques inflexions, la balance des temps, les improvisations qui font sa singularité lui viennent naturellement. "Tout dépend de l'accompagnement musical. Cela vous aide à propulser des sons rough, cool ou sensuels. A chaque fois, je chante différemment... je prend des sons pour dégager un feeling". Gina tient à parler de ses musiciens, le quintet d'Ernest Wiehe évidemment mais aussi ses complices à Oberoi : Gérard Cimiotti au piano, Olivier Edouard (bassiste) et surtout le batteur Christophe Bertin qui crée la surprise chez elle. Gina parle aussi de sa prestation avec d'autres formations musicales (Harmonetia de Eddy Thomas). On peut comprendre comment le jeu des grands musiciens qui l'accompagnent puisse infléchir cette jeune femme qui n'a d'égale que l'énergie du chant.

Aujourd'hui, la maîtrise musicale pour Gina passe par un travail continu : compréhension du texte, travail sur la diction et la posture théâtrale. Ce travail, elle l'apprend avec Henri favory qui poursuit ici son travail de créateur. Il lui apprend à jouer avec le texte, le modeler, le colorer. Henri dit de Gina qu'elle a de l'enjouement et qu'il travaille sur cet aspect de son tempérament. "Mo pe travay ek li pou li eprouve so potentiel. Mo amene li découvert so prop personalité pou ki li capav ofer li au publik..."

Mieux que jamais, dans son prochain enregistrement sous l'œil attentif de son complice Linley Mootien, Gina Jean-Charles déploiera les tensions et la force qui lui assurent en ce moment la gravitation. Nul doute qu'elle arrivera à modeler d'autres sons et filtrer l'émotion. Gina n'est pas seulement une nouvelle venue sur dans le jazz qui promet un album aimable. Elle décolle sérieusement.


Concert

Reborn Orleans au Conservatoire le 28 juin

En attendant la sortie de son second album cette année, Reborn Orleans, groupe à tendance pop-rock, se produira au Conservatoire François Mitterrand le samedi 28 juin à 20h où il interprétera les titres de son premier opus intitulé Dark side, sorti en septembre 2007. Mené par Guillaume Douce (auteur, compositeur et interprète), Reborn Orleans est composé de 6 membres. La première partie du concert sera assurée par le groupe Ekzilaius. Les billets pour le concert sont déjà en vente à Rs 250 (adultes) et Rs 200 (élèves de moins de 21 ans) et disponibles à travers le Rézo Otayo sur le 466 99 99 ou en appelant sur le 7559060. Les billets seront aussi disponibles à la porte, à Rs 300.


Expos à voir

Figures mythiques et contemporaines au grand jour

Les peintures des sœurs Manisha, Bandana et Puja Jha du nord du Bihar sont uniques, denses et envoûtantes. Leur approche de la peinture, ouverte et incarnée, s'est faite à la rencontre d'un art populaire connu comme "Madhubani Paintings." Formes libertaires, approche mystique et charnelle, 125 toiles, visibles à la Galerie SSR à Quatre-Bornes, mêlent tradition et modernisme pour dire l'unité dans les vies plurielles, les préoccupations environnementales ou mystiques.

Trois sœurs, Manisha, Bandana et Puja, nées à Madhubani (nord du Bihar) nous livrent une vision inédite des traditions culturelles de leur région. Les 125 peintures en présence à la Galerie SSR affichent un bel itinéraire muséal: Journey of Mithila Paintings. Elles revisitent les figures de la mythologie indienne dans un style narratif. Les acryliques sur canevas rappellent les peintures murales anciennes. Les plans chromatiques naviguent entre l'existentiel, le mystique et le sensuel. Les sœurs Jha nous font découvrir différents types de peintures pratiquées par différentes castes en Inde (couleurs riches, pigments noirs, Goidana ou tattoo painting). Le style Madhubani est présent dans l'utilisation des couleurs vibrantes, naturelles. Pour cette première exposition à Maurice, les soeurs Jha font parler leur univers: divinités, arbre de vie, figures et récits d'animaux (crocodiles et singes). Manisha, architecte de formation, montre une série en noir et blanc (acrylique sur canevas) inspirée par l'architecture de la ville sainte de Bénarès. Elle dit son désir de capturer la nature profonde du lieu. Manisha parle aussi du nord du Bihar plus orienté culturellement avec ses temples. Les médiums, couleurs acryliques sur verre ou soie irradie l'espace pictural. Les thèmes : femmes, nature, forces imaginantes relient le ciel et la terre. Le parcours de Manisha, Puja et Bandana est intéressant. Leurs œuvres puisent dans la tradition ou témoignent de leur époque.

Une exposition présentée de façon cohérente, à voir jusqu'au 10 juin.


Quatre femmes - Quatre voies

Elles aiment les formes et la couleur. Celles de leurs études sur papier, collages, photographies. Elles se sont retrouvées sous le signe de l'identité locale à travers la troisième résidence d'artistes organisée par pARTage. Ena Carstens, MaryAnn Muthoni, Olga Yurgenson et Nirmala Luckeenarain ont puisé une nouvelle énergie dans un projet collectif. Mise en forme de la féminité, divinités hindoues, réalité locale composent leurs travaux artistiques exposés à l'Alliance Française de Bell village jusqu'au 10 juin 2008.


Concours de nouvelles

Estelle Lareine et Ayman Peeroo primées

La compétition a été lancée il y a un mois par le British Council et le Ministère de l'Education. 50 écoles du pays (primaire et secondaire) ont participé. Il y a eu 300 envois de jeunes âgés entre 11 et 18 ans. Le thème Stories from the heart. Parmi les étudiants récompensés jeudi dernier au British Council dans deux catégories : Form I to V

et Forma V & VI, Estelle Lareine et Ayman Peeroo.

La première s'est distinguée dans la catégorie junior avec sa nouvelle "I hate loving you" et la deuxième dans la catégorie senior avec une histoire intitulée "Black". Deux nouvelles qui témoignent de l'incroyable potentiel de ces jeunes. Deux fictions autour de l'injustice et du communalisme. Des histoires qui répondent aux critères "a sense of voice, of structure" selon les mots de Tim Roth, écrivain et journaliste qui a fait partie du jury. Outre les livres et trophées, les deux gagnantes bénéficieront d'ateliers d'écriture sponsorisés par le British council et le groupe Constance.


Expo au Musée de Port-Louis

Raconte-moi le dodo

En ce moment à la Galerie du Dodo au Natural History Museum à Port-Louis se tient une exposition sur le thème Le dodo dans tous ses états. Cette présentation qui s'insère dans le cadre de la Journée Internationale du Musée célébrée le 18 mai dernier vise à promouvoir l'image du dodo tout en accentuant sur l'importance de la conservation des espèces menacées. Petite incursion dans le monde du dodo de la carte postale jusqu'aux fossiles...

À la Galerie du dodo, l'oiseau scientifiquement connu sous le nom de ans tous ses états. Images d'archives retraçant l'histoire du dodo, empaillage, ossements provenant des fouilles, squelette entièrement reconstitué... Cette salle du Musée d'histoire naturelle à Port-Louis raconte à la fois l'histoire de Maurice et celle de ce volatile qui accueillait les colons avec une naïveté enfantine et qui est dissipé suite aux excès de ces derniers. Pour promouvoir l'image du dodo et continuer à l'immortaliser, une exposition ayant pour thème Le dodo dans tous ses états met au premier plan le dodo. Cette exposition est puisée de la collection du philatéliste et numismate et antiquaire, Gorah Beebeejaun, aussi président du Conseil d'Administration du Mauritius Museums Council. Dans deux vitrines, l'effigie de l'oiseau emblématique de Maurice disparu il y a trois siècles raconte son histoire. Les armoiries représentant le dodo et le cerf tenant tous deux une canne à sucre remonterait à 1934 selon l'effigie figurant sur les billets de banque de Rs 5 et Rs 10 avec la représentation de Georges V. Outre les billets, l'oiseau au bec recourbé, grisâtre de couleur et orné de plumes blanches figure aussi sur un timbre de 12 sous de 1954 sur la carte de Maurice avec l'effigie de Georges VI. On le retrouve sur une enveloppe officielle du Festival international de la mer de 1987, un "first day cover", sorti lors de la tenue du forum de l'AGOA à Maurice, un autre à l'occasion du 2ème jeux des îles du 24 août 1985, timbres-poste, papiers à lettres à en-têtes, boîtes d'allumettes, calendriers, cartes postales et T-Shirts... " Comme oiseau emblématique de notre pays, le dodo mérite toute notre attention. L'exposition veut surtout promouvoir l'image du dodo et mettre l'accent sur l'importance de la conservation des espèces menacées ", dit-il. Gorah Beebeejaun possède aussi des pièces de monnaie rares tel que le dodo silver coin émis en 2007 lors du 40ème anniversaire de la Banque de Maurice. Le dodo a aussi inspiré pas mal d'auteurs - Les aventures de Maumau le Dodo de Roger Merven (1986), entre autres. Pour faire découvrir le "Dodo dans tous ses états", une journée portes ouvertes a eu lieu le dimanche 1er juin tandis qu'un atelier de travail a été échelonné sur deux semaines pour les élèves du primaire. Gorah Beebeejaun fait actuellement des recherches aux Archives nationales concernant les pièces de monnaie avec l'effigie du dodo : " J'ambitionne d'y faire paraître une publication ", dit-il.


Retranchés des chemins de fer

En attendant de disposer d'une salle au Musée d'histoire naturelle, une exposition sur les Chemins de fer est envisagée dans les semaines à venir a annoncé Gorah Beebeejaun. Alors que l'ancienne gare de Mapou sera bientôt reconvertie en un Railway Museum, ce qui subsiste aujourd'hui des chemins de fer, dont des sièges de train, lampes anciennes, tickets, outils ainsi que d'autres pièces rares de l'époque seront exposés ainsi qu'une quarantaine de photos laminées de gares et de voies ferrées. Une pompe à eau à deux roues datant de 1921 (à cette époque, l'alimentation en eau s'effectuait à l'aide de pompes) retrouvée à Rivière Dragon fera aussi partie des objets exposés. Tandis que l'exposition durera jusqu'à fin juin, des photos et objets restitués des chemins de fer seront mis en vue incessamment dans une des salles du Musée.

La Galerie du dodo

La Galerie du dodo a été réalisée à l'initiative du Tropen Museum d'Amsterdam, Naturalis et le Mauritius Museums Council. Y sont exposés des ossements de dodo découverts dans l'écrin sédimentaire de Mare-aux- Songes, fossiles provenant des recherches menées par des scientifiques hollandais et mauriciens à Mare-aux-Songes de 2005-2007 ainsi que le squelette entièrement reconstitué du fameux volatile.

Mare-aux-Songes, cimetière de fossile

En 1854, le naturaliste britannique Georges Clark découvrit des ossements de dodo à Mare-Aux-Songes, dans la région de Plaisance. Dans l'écrin sédimentaire de Mare-aux-Songes qui est l'un des plus riches et plus récents cimetières de fossile naturel au monde ont été découverts des ossements de dodo et autres fossiles provenant des campagnes menées de 2005-2007 dans cette région. Une découverte qui est venue enrichir la collection d'ossements découverts jusqu'ici au Musée d'Histoire Naturelle de Port-Louis.

Histoire

Le Dodo connu sous le nom scientifique de Raphus Cucullatus, peuplait l'île bien avant l'arrivée des premiers colons. L'histoire de cet oiseau lent, disgracieux, à bec de pélican et à corps de gros canard dodu, ne pouvant pas voler, remonte à 1598 avec à l'arrivée des Portugais, qui furent les premiers à découvrir l'île Maurice.

À cette époque l'île était totalement isolée, loin des grandes routes maritimes. De par cet isolement et l'absence d'êtres humains, le dodo accueillit les nouveaux visiteurs sans se méfier. Selon les Portugais, l'île comptait un grand nombre de ces étranges oiseaux et ils commencèrent à en apprécier la chair et à en faire leur repas. L'arrivée des Hollandais donna lieu à un véritable massacre de ces oiseaux. Trop lourd pour voler, trop gros pour courir, les Hollandais exterminèrent cet animal qu'ils nommaient "walg-vogel ", oiseau de dégoût… En route vers l'Inde et l'Indonésie, les marins hollandais emmenaient avec eux de nombreux Dodo qui servaient à agrémenter leur repas. Autre cause de l'extermination du Dodo, son nid construit à même le sol, en pyramide avec des feuilles de palmier, ne permettait pas de le protéger des redoutables prédateurs comme le chien ou le cochon sauvage, introduits sur l'île par l'homme. De plus, la femelle ne pondait qu'un seul œuf, qui était à tour de rôle couvé par les parents car le petit prenait du temps à se développer. Nombre de petits dodo ont donc dû périr piétinés et mangés par ces animaux importés par l'homme. Le Dodo s'est donc fait de plus en plus rare dans l'île. Il a seulement été aperçu en quelques rares occasions vers 1662 à l'île aux Cerfs et l'île de l'Est. Le dernier spécimen, en provenance de la Réunion, mourut sur un navire français rentrant au pays entre 1735 et 1746.


POÉSIE

Le doute partagé

Dev Virahsawmy nous livre son dernier recueil de poèmes intitulé "NOU KWAR NOU KONE", où le nœud du problème existentiel est interrogé, répété, ausculté. Un ensemble de textes en créole qui traitent du désir de comprendre la vie et du sens qu'on voudrait lui donner.

"Nou pe viv dan lepok ensertitid. Fizik kwanntoum/fisik kwantik pe obliz nou reget nou krwayans ; global warming pe obliz nou repans nou stratezi developman ; egalite jennder pe obliz nou reviz nou rol. Nou pe al ver pli gran revolision kiltirel ki lespri imen finn kone. Eski nou pare pou fer fas ?"

Le ton est donné. Le dernier recueil de poèmes de Dev Virahsawmy "NOU KWAR NOU KONE" est plein, grave, rythmé avec une certaine régularité. Il recherche un équilibre avec le monde à une époque marquée par le doute et où l'homme ne peut trouver une assise. C'est cette contradiction qui interpelle le poète. Il lance ses questions inquiètes, parfois sous forme de prière (SIRMAN MO ENN PAGLI) :

"... Senier

Ou ki finn met vie sifon ant nou de zorey

Ou ki fer dime vinn parey kouma lavey,

Pret mwa diksioner lor kominalis

Pou mo gagn lizour lor Gregwar so vis

Ki pe fer bann sen degoute, vomi ;

Kriye traizon, proklam enfami,

Modi, moulougande.

Koze la, samem sa :

Lapay dan lizie zot trouve ;

Poto dan lizie pa trouve ? "

Cependant, il existe dans le recueil des moments de communion. L'auteur traite de l'homme, de sa défiance, de ce qui ne lui est pas possible de vaincre : les forces déchaînées de la nature, la nuit intérieure, la violence. D'où la nécessité, selon le poète, de repenser nos stratégies (SAK LAKRWAZE SO VODOR) :

"Sak lakrwaze ena so petal

so pikan, so vodor, so zetwal ;

mal swazir, sime zeping ferme

ouver angran sime tourn anron

dan liniver anplen expansion

ziska nou zwenn prosenn lakrwaze

Parfwa laba enn gid pe atann.

Me nou ki nou fer ? Tir revolver !"

L'humanisme de Dev Virahsawmy donne parfois à ses vers un caractère que certains pourraient qualifier de violent. Il médite volontiers sur le destin, sur le temps, sur l'histoire. L'approche est tantôt mystique tantôt ironique.

On peut aimer ou pas le ton insinuant de ces textes qui ont pour noble ambition d'amener les lecteurs à "gout plezir ki poezi kapav donn enn lespri ki finn fite lor lamel artistik."


Analyse-La Place de Annie Ernaux

Il s'agit d'une étude de Bruno Cunniah (ELP, 2008) pour aider les lecteurs à mieux comprendre l'univers de Annie Ernaux, écrivaine née en 1940 en Normandie. Elle est connue pour La Place (1983) et Une Femme (1987) qui traitent respectivement de la vie du père et de la mère de l'auteur.

Dans La Place, Annie Thérèse Blanche Ernaux relate la vie et la mort de son père avec une précision clinique doublée d'une tendresse indicible. La narratrice traite d'un drame personnel avec pudeur et dans un style dépouillé. La présente étude, selon les mots de son auteur, a pour but de fournir aux lecteurs des repères utiles à la compréhension du texte de Ernaux. Il s'agit aussi d'une nouvelle manière de lire La Place.


Les revues, les critiques

Recherches sur l'esclavagisme

Avec son édition spéciale mai 2008, la Revi Kiltir kreol publié par le Centre Nelson Mandela pour la Culture Africaine affirme ses préoccupations, selon les mots de son responsable administratif, Dr serge Maury : "En cette année où les espoirs d'une nation sont concentrés sur un objectif qui interpelle toutes ses composantes, une inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de point focal, de convergence autour d'une notion qui ne cesse de provoquer honte, regrets réels ou simulés, souffrances a posteriori... J'ai l'insigne honneur d'ouvrir, d'offrir la Revi kiltir kreol No. 7 avec pour premier article Le Morne."

La question de l'inscription du Morne au patrimoine mondial de l'UNESCO a connu depuis des développements importans. Ce no. 7 déploie sur plus de cent pages textes, interventions d'universitaires, pour la plupart des historiens. Pour entrer en matière, voici un extrait du dossier le Morne (Slavery and 'maroonage'and le Morne Cultural Landscape) présenté par Stéphnie Anquetil, présidente de le Morne Heritage Trust Fund : "... In fulfilling its role as a universal symbol to resistance to slavery, the Le Morne Cultural Landscape will serve as a focal point for current and future generations to celebrate resistance against oppression anywhere in the world as well as commemorate the suffering of humans through slavery and other systems of exploitation. It should be a living example of oppressed people achieving freedom, independence, dignity and respect for their values and cultures..."

Des rencontres visuelles sont ajoutées à ce numéro spécial et forment un ensemble de matériaux qui reprennent le thème de l'esclavage. Parmi l'ensemble de textes critiques, communications d'universitaires, Monseigneur Nagapen offre une balade dans les rues de Port-Louis et la redécouverte de lieux de mémoire de l'esclavage. Jocelyn Chan Low traite de l'esclavage et de la résistance, Sadisavam J. Reddi des esclaves et du concept de liberté. D'autres textes réunis se livrent comme autant d'exposés sur le sujet proposé. Et pour clore cette édition de Revi kiltir kreol un spécialiste des recherches sur l'esclavagisme, le Dr Sudel Fuma de l'université de la Réunion livre un article intitulé "De l'esclavagisme au servilisme.'


Concours de "La Plus Belle Écriture"

Une expérience à renouveler...

La finale de la 3e édition du concours "La Plus Belle Écriture" a eu lieu samedi dernier au Magic Lantern. Elle a été présentée sous forme d'une "classe imaginaire" animée par l'humoriste, Thierry Françoise. Dans la catégorie Junior, les trois gagnants sont: Cédric Ng Foong Po, Selvizhi Venkatachellum et Lisa Rachel Arokeum. Les gagnants de la catégorie open sont: Medha Audit, Rajesh Kumar Sonahee et Arvind Crustna. Dans la catégorie Spéciale Maman, les talents de Marinette Thomas, Jocelyne Laurent et Corinna Verghier, ont été reconnus. Au niveau de la catégorie Calligraphie, ce sont: Yeshwar Doolub, Kavi Abeelack et Muhammad Ismael Gobudhun qui se sont démarqués.

Ce concours a pour but "d'inciter les Mauriciens à développer une belle écriture". Les critères à respecter: la propreté, la régularité, la symétrie, l'originalité et l'esthétique. Les 12 gagnants du concours ont eu à reproduire des textes sur format A4 avant l'envoi.

Cette année, il y a eu une hausse de 57% de participants, avec 1886 personnes au total. Les malentendants de la Hearing Impairs Education Centre, y ont aussi participé et ont été récompensé pour leur effort. Jason Gunness, directeur de Marketing de Parker/Unicorn MSJ Ltd a fait ressortir que ce concours est devenu un événement incontournable à Maurice. Ming Chen, directeur de la Librairie Le Cygne a, lui, précisé, qu'avec l'internet, les gens n'ont plus le temps d'écrire et ne savent plus écrire correctement.


Le Prix Prince Maurice 2008

La meilleure histoire d'amour

La nouvelle édition du Prix Prince Maurice s'insère cette année dans le cadre d'une série de manifestations autour de la langue anglaise. La semaine "Writing in English Week" du 2 au 7 juin 2008. Dix écrivains britanniques de renom sont en visite à Maurice à l'initiative du British Council et en collaboration avec le groupe Constance.

Parmi les écrivains en lice pour le Prix Prince Maurice "For the Novel of the Heart" les romanciers : Salley Wickers (The Other Side of You), James Meek (We are now Beginning our Descent) et Ewan Morrisson (Swung).

Dans "The Other Side of You", la romancière Sally Wickers traite du thème de la rédemption à travers l'amour et l'art dans un décor en partie à Rome. Une histoire audacieuse qui souligne la frontière entre la vie et la mort et les difficiles voies vers la repentance.

James Week, ancien reporter, est à son quatrième roman. Avec "We are now Beginning our Descent" il tentera de convaincre le jury en traitant de manière originale le thème de l'amour. Ewan Morrison, qui a fait ses débuts en littérature avec une collection de nouvelles "The Last Book You Read and other Stories" est à son premier roman avec "Swung." Son histoire a également été retenu par le jury pour le Prix du "Novel of The Heart". Nous reviendrons sur le roman primé à l'issue de la semaine consacrée à l'écriture en langue anglaise.


Après la Nano de Tata

Renault-Nissan s'apprête à lancer sa voiture à 2500 dollars

Le groupe automobile franco-japonais Renault-Nissan a créé un partenariat avec le constructeur indien Bajaj pour commercialiser, d'ici 2011 une voiture à 2500 dollars. Celle-ci devrait concurrencer la Nano de Tata, et alimenter un marché en plein boom dans les pays émergents.

Son nom de code est ULC, pour Ultra Low Cost... en attendant plus sexy. Renault-Nissan s'est associé au constructeur indien Bajaj pour commercialiser d'ici 2011 cette voiture à 2500 dollars. Bajaj, spécialiste de la construction de deux-roues et de petits utilitaires, fortement implantée en Inde, en Afrique et en Amérique centrale, prendra 50% de participations dans le partenariat, et Renault et Nissan prendront chacun 25%.

Renault-Nissan n'en est pas à sa première collaboration en Inde, puisqu'ils s'étaient déjà associés à Mahindra pour l'assemblage, en Inde, de la Logan, en vue d'inonder le marché asiatique de ces véhicules à bas prix. L'ULC devrait d'ailleurs être assemblée non loin de la Logan, à Chakan, dans une usine dont la capacité initiale est fixée à 400 000 unités par an. Les véhicules sortant de cette usine seront prioritairement destinés au marché indien, même si les autres pays émergents d'Asie sont également sur la liste des destinataires.

Il faut dire que ces pays ont un potentiel exceptionnel. Pour une voiture vendue, six véhicules à deux-roues ont trouvé acquéreur. Alors que la croissance de ces économies est fort marquée, les constructeurs automobiles tablent sur le fait que ces motards et autres cyclistes devraient troquer leur deux-roues contre un véhicule plus confortable et socialement plus prestigieux. Déjà, les ventes de voitures en Inde ont doublé ces cinq dernières années. Selon le gouvernement indien, avec l'introduction des Ultra Low Cost, trois millions de véhicules devraient être écoulés par an, soit un triplement des ventes jusqu'en 2015.

En ce qui concerne l'ULC, Renault-Nissan a prévenu qu'elle ne devrait pas faire son apparition sur le marché européen, à cause des normes écologiques et de sécurité que l'Union impose et que le véhicule ne respecterait pas. Par ailleurs, le groupe a déjà annoncé que les fameux 2500 dolllars étaient non seulement un prix de base au réseau, c'est-à-dire sans compter la marge que les concessionnaires s'accordent, mais aussi un prix susceptible d'être ajusté en fonction de l'augmentation du prix des matériaux, et en particulier les métaux. De même, le prix pourrait évoluer en fonction des restrictions en matière d'émissions de CO2 que l'Inde pourrait imposer d'ici deux ans.


Région-Sineo : le nettoyage automobile sans eau s'implante à la Réunion

La franchise Sineo est arrivée à La Réunion. Spécialisée dans les prestations de nettoyage et de rénovation de véhicules, la société se démarque en effectuant ces opérations sans utiliser ni eau, ni produits chimiques.

Laver sa voiture sans utiliser une goutte d'eau, c'est possible ? Pour la société Sineo, la réponse est "oui". Accompagnée par l'Agence de développement de La Réunion, cette franchise d'une société métropolitaine propose depuis peu une gamme de services et produits dédiés au nettoyage et à la rénovation de son véhicule. Le principe est simple : on pulvérise un produit aux propriétés antistatiques sur le véhicule pendant environ 5 minutes. Une fois que ce dernier a agi, il suffit d'un simple coup de chiffon pour nettoyer et lustrer la carrosserie. Une méthode simple, déjà utilisée par différentes marques. Mais chez Sineo, on a décidé d'apporter une petite touche personnelle en proposant un lavage 100 % écologique.

"Le lavage sans eau n'est pas une révolution en soi. Mais, là où les autres marques et procédés classiques font la part belle aux produits chimiques, chez Sineo, nous avons mis au point, en partenariat avec un laboratoire de chimie verte, un produit composé d'agrumes et d'huiles essentielles présentant une biodégradabilité totale au bout de 28 jours", explique Philippe Mahé, le responsable de la franchise Sineo Réunion. Pour renforcer davantage l'aspect développement durable des produits, la marque utilise aussi des lingettes en microfibres, réutilisables plus de 300 fois.

L'utilisation conjointe de ces lingettes et des produits permet au final, une économie d'environ 150 litres d'eau par lavage. Et pour rester cohérent sur toute la ligne, Sineo utilise aussi de l'éco-emballage pour ses produits ainsi que du papier recyclé pour ses services administratifs.

Côté clientèle, la société cible autant les particuliers que les entreprises, en misant sur "la qualité des prestations et le travail manuel", promet Philippe Mahé. Bien sûr, cette qualité aura un coût et il est inutile d'espérer retrouver des tarifs équivalents à ceux des rouleaux des stations-service. Mais avec des prestations qui débutent à 12 euros, cela reste quand même très proche des formules classiques. D'autant que 50 % de cette somme sont dédiés au paiement des employés. C'est la deuxième particularité de Sineo : la dimension sociale de l'entreprise. "Nous sommes une entreprise d'insertion agréée par la direction du travail. Une partie de nos salariés a ainsi été recrutée en CDDI grâce à un partenariat avec le PLIE du Port", précise Bernadette Legarnisson, l'associée de Philippe Mahé. Avec une équipe d'une dizaine de personnes, l'entreprise dispose aujourd'hui d'une capacité de traitement d'environ 30 véhicules par jour. Une capacité qui sera revue à la hausse grâce à l'embauche de 4 nouveaux agents, d'ici la fin de l'année


Insolite-Une Ferrari de collection vendue 7 M d'euros

Une Ferrari 250 GT California Spyder, ayant appartenu à l'acteur américain James Coburn, a été vendue aux enchères sept millions d'euros, un record pour une voiture de collection mise à l'encan, annoncent les responsables de la vente.

Ce modèle rare, noir et décapotable, était l'un des 33 lots Ferrari mis aux enchères le mois dernier à Maranello, ville du nord de l'Italie où se trouve le siège du constructeur automobile.

Selon les organisateurs de l'événement, l'enchère à sept millions d'euros de l'animateur producteur britannique Chris Evans éclipse les précédents records. "C'est une Ferrari très rare, construite en seulement 56 exemplaires", a déclaré le porte-parole de RM Auctions, Terrence Lobzun. Une Ferrari 250 LM de 1964 a par ailleurs été vendue à 4,5 millions d'euros et une combinaison du pilote de Formule Un Kimi Räikkönnen est partie à 11 500 euros.

Pétrole cher - La fin des Hummer ?

Rick Wagoner, président et chef de la direction de la General Motors, a reconnu cette semaine que son groupe " examinera toutes les options " pour sa marque Hummer. Entre les lignes, cela veut dire que la GM est prête à considérer une offre d'achat. Mais celle-ci ne trouvera probablement jamais preneur, estiment plusieurs analystes qui pensent plutôt que la flambée des prix de l'essence aura raison de cette marque régulièrement pointée du doigt par les environnementalistes.

Acquise en 2000 du groupe privé Renco pour un montant jamais précisé, la marque Hummer a connu sous GM une carrière commerciale retentissante. Prisée des stars de Hollywood et de Wall Street, cette marque apparaît aujourd'hui plus que jamais comme une incongruité dans le contexte actuel. Même si les H2 et plus particulièrement les H3 se rapprochent davantage des véhicules comme les Land Rover ou les Jeep, la marque paraît condamnée à disparaître à moins que GM donne suite à sa volonté de les doter d'un groupe motopropulseur hybride ou encore diesel dans un avenir prochain ou de poursuivre la miniaturisation de la gamme en donnant suite à l'étude Hx présentée au dernier salon automobile de Detroi.

Nouveauté - Le pneu vert de Michelin débarque !

Le pneu vert de Michelin est là ! Univers M qui commercialise les produits Michelin a en effet lancé le Michelin Ennergy Saver cette semaine. La particularité de ces nouveaux pneus est qu'ils durent plus longtemps et permet aux véhicules d'économiser 2% à 3% de carburant, contribuant donc à la réduction des émissions de Co2. Michelin s'est lancé dans ce projet en 1992 en commercialisant sa première gamme de pneumatiques permettant d'abaisser la consommation de carburant. Depuis, c'est trois générations de pneus Energy qui se sont succédé, permettant ainsi d'économiser des millions de litres de carburant. En octobre 2007, Michelin a d'ailleurs installé quatre compteurs géants à Paris, Shanghai, Berlin et New York, qui affichent les millions de litres de carburants économisés depuis 1992 grâce aux pneumatiques à basse consommation. Cette opération a pour but de sensibiliser le grand public à l'impact que le pneumatique peut avoir sur la consommation des énergies fossiles et surtout sur l'environnement.


Grippe

Confusion avec les infections respiratoires virales

Ces derniers jours, de nombreuses personnes, atteintes de maux de gorge, toux et fièvre… se plaignent d'avoir la grippe. Toutefois, le fait d'avoir un rhume, une toux ou une bronchite, ne découle pas d'une infection due au virus de la grippe, indique le virologue, le Dr N. Pyndhiah. "Il n'y a aucun cas de grippe recensé actuellement à Maurice", assure-t-il. Et si les malades se plaignent de la grippe, c'est parce qu'il y a une méconnaissance du virus, explique notre interlocuteur.

En effet, on appelle souvent "grippe" les affections respiratoires dus à des virus mais aussi aux bactéries. Il s'agit néanmoins de rhinites, pharyngites, sinusites, rhinovirus (très fréquents), ou de virus respiratoire syncytial (VRS). La grippe (ou influenza) est, elle, une maladie causée par un virus mutant qui s'attaque au système respiratoire et se répercute sur tout l'organisme provoquant l'apparition brutale d'une forte fièvre, des myalgies, des céphalées, une sensation de profond malaise, explique le virologue. Tous peuvent contracter la grippe. Toutefois, certaines personnes, à l'instar des très jeunes enfants (surtout ceux qui vont à la maternelle, à la garderie ou à la crèche), les personnes âgées, les travailleurs du milieu de la santé, les personnes qui ont une maladie chronique (comme le VIH/sida, un problème aux reins ou au foie, un trouble cardiovasculaire ou pulmonaire, le diabète) qui suivent un traitement qui affaiblit l'immunité, sont plus à risque. La grippe se propage facilement, et ce virus se transmet facilement d'une personne à l'autre, notamment - par voie aérienne - au moyen des microgouttelettes et des particules excrétées par les sujets infectés lorsqu'ils toussent ou éternuent, entre autres. Le virus peut aussi se transmettre par la salive. Puisque le virus peut se retrouver rapidement sur le visage et les mains d'une personne grippée, les baisers et les poignées de main aux personnes malades sont à éviter. Il en va de même des objets personnels du malade. Une personne infectée demeure contagieuse tant que durent ses symptômes.

Prévention : vaccins antigrippe

Par ailleurs, indique le Dr N. Pyndhiah, si sur la base des symptômes (fièvre soudaine et courbatures), le médecin peut distinguer une grippe, ce qui aide au diagnostic est un examen biologique qui consiste à effecteur un prélèvement dans la gorge ou le nez. Pour la plupart des sujets, la grippe est une infection qui dure quelque jours et ne demande qu'un traitement symptomatique, l'organisme du maladie éliminant lui-même le virus pendant cette période. En cas de fièvre au-delà de 39.5 °, il est conseillé d'appliquer des compresses froides sur le corps du malade et de lui faire porter des vêtements légers. En cas de forte fièvre durant 72 heures, d'essoufflement au repos, et de douleurs à la poitrine, il est impératif de voir un médecin. La vaccination constitue le principal moyen de prévention de la grippe, souligne le virologue. Il est ainsi recommandé de vacciner toutes les personnes âgées et tous les sujets, quel que soit leur âge, considérés comme présentant un "haut risque" de complications en raison de pathologies sous-jacentes.


Remèdes traditionnels

Voici quelques remèdes de grand-mère qui peuvent vous remettre sur pied en cas de rhume ou de toux :

Citronnelle :

Faites bouillir quelques feuilles de citronnelle et ajoutez-y une cuillère à café de gingembre râpé. Ramenez en ébullition pendant quelques minutes. Faites passer le mélange dans un tissu en coton blanc (n'utilisez pas une passoire, car les feuilles de citronnelles contiennent un duvet qui vous irritera la gorge. Une passoire ne pourra pas les séparer de votre tisane). Avalez une cuillerée de cette mixture après le repas, avant d'aller vous coucher.

Thym :

Le thym, de préférence sec, infusé, avec une cuillère à bouche de miel est un très bon remède contre la toux. Buvez ce mélange chaud, à jeun.

Safran vert :

Les mélanges à base de safran vert aident à baisser la température. Lavez et pilez du safran vert avant de le faire bouillir dans du lait. Passez le mélange que vous boirez très chaud. L'infusion de safran vert peut aussi être mélangée à une cuillère à bouche de miel où de jus de limon ou encore avec l'eau de vie.

Eucalyptus et ail :

Si vous avez le nez bouché, mettez quelques feuilles d'eucalyptus sèches ou une gousse d'ail sous votre oreiller avant d'aller vous coucher. Vous dormirez mieux.


Cinéma

Sarkar Raj

Drame social de Ram Gopal Verma

Avec : Amitabh Bachchan, Abhisekh Bachchan, Aishwarya Rai-Bachchan

Amitabh Bachchan, Aishwarya et Abhisekh… le générique le plus brillant que l'on puisse rêver ! Pour son nouveau film, Ram Gopal Verma a réalisé un coup de maître en réunissant la famille Bachchan. Sarkar Raj est une suite de Sarkar, la première adaptation indienne du grand succès américain, Le Parrain de Francis Ford Coppola, spécialiste des films noirs qui ont nourri son style et établi sa notoriété, Ram Gopal Verma avait profondément déçu ses nombreux fans l'année dernière avec une version insipide de Sholay, grand succès des années 70.

Son film RGV Ke Sholay a été classé parmi les films les plus médiocres du cinéma indien. Il pourrait retrouvé son honneur perdu avec cette deuxième mouture de Sarkar. Le suspense est efficace, l'humour distillé à bon escient. Et puis, surtout, une brochette d'acteurs remarquables tient le film à bout de bras avec une mention spéciale pour Abhisekh qui, après Guru se met dans l'étoffe d'un grand. Sarkar Raj est l'histoire d'une errance et d'un déracinement d'un homme obsédé par le bien-être de ses concitoyens. Cette obsession va lui coûter cher car il se retrouvera dans un labyrinthe de conspirations orchestré par des politiciens. Il sera à la solde des gangsters aux motivations obscures. C'est la société d'aujourd'hui qui est critiquée. C'est l'égoïsme fondamental des gens qui est mis en évidence. Le réalisateur brosse un portrait sans concession de la société indienne où les inégalités sociales restent très marquées. La famille Bachchan s'est rendue récemment au temple Siddhivinayak pour prier pour le succès de Sarkar Raj. Avec des références évidentes au style de Le Parrain de Francis Ford Coppola, Ram Gopal Verma crée ici une ambiance, une atmosphère qui donne beaucoup de force à ce film.

Sarkar (Amitabh Bachchan) règne en maître dans un petit village de Maharashtra. Le vieux parrain est vénéré comme un Dieu par les villageois et Sarkar a promis de les protéger contre les bandits véreux. Il connaît les désirs et les aspirations de ses concitoyens et parvient toujours à combler leurs attentes. Son fils Shankar Nagre (Abhisekh) a fait des études universitaires en management aux Etats-Unis. Leader politique charismatique et aussi homme d'affaires, il mène son combat sur plusieurs fronts, politique, social et économique.

Un jour, il rencontre Anita Rajan (Aishwarya Rai), la directrice de Sheppard Power Plant, une firme voulant construire une centrale électrique dans le Maharashtra. Shankar réalise la portée de ce projet visant à fournir de l'électricité à son village. Il parvient à convaincre son père de la nécessité de ce projet d'envergure visant à rehausser le niveau de vie des habitants de la localité. Shankar et Anita parcourent les villages pour convaincre les gens. Les adversaires politiques de Sarkar s'opposent à ce projet et font tout pour déstabiliser son régime politique afin de prendre le pouvoir.


Les saveurs rodriguaises de Marie-Ange Emilien

Une visite chez Marie-Ange Emilien, à Montagne Bois-Noir, dans l'Est de Rodrigues est une incursion dans le passé. Sa jolie maisonnette créole, construite en hauteur, domine son petit jardin où poussent des plantes les plus variées et où un imposant Ylang-Ylang a pris racine depuis des décennies. "Les fleurs, mixées de l'Ylang-Ylang et de l'huile d'olive font un baume relaxant", nous confie notre invitée. Marie-Ange Emilien, que tous dans ce coin verdoyant et isolé appellent affectueusement Papam, cultive aussi le maïs. Mais elle est surtout connue pour ses piments limon et autres aigre-doux… Et lorsqu'on les goûte, l'on comprend pourquoi ceux qui viennent des quatre coins du monde n'hésitent pas à gravir les nombreuses marches, quitte à s'essouffler pour acheter les produits de Marie-Ange Emilien. Grâce à l'agro-alimentation, cette grand-mère, qui fait le va-et-vient entre sa cuisine et son atelier annexé à sa maison, a pu subvenir aux besoins de ses enfants et améliorer sa situation. "J'ai tout appris par moi-même", dit-elle, en énumérant les nombreuses recettes traditionnelles qu'elle réalise pour sa famille et clients. À l'Atelier du Savoir où elle inculque les bases de la cuisine à des adolescents, elle en profite pour leur léguer des valeurs et des principes. Elle n'a pas été scolarisée, ne cesse-t-elle de rappeler. Mais elle s'est forgée à l'école de la vie. La meilleure sans doute…

Piment papaye/mangue

La quantité des condiments varie selon la quantité de fruits qui composent cette recette. Lorsque la mangue n'est pas de saison, elle peut être aisément remplacée par la papaye. Mais la mangue reste l'ingrédient idéal pour cette recette. Mangue ou papaye, le procédé est le même. Si vous utilisez la mangue, il vous faudra presser le fruit râpé, dans un tissu propre pour en extraire l'excédent d'eau. L'ajout de sel est facultatif, puisque la mangue verte contient une certaine acidité. Procédez ainsi pour la papaye. Épluchez et râper le fruit, que vous aurez choisi ferme et verte. Mettez à sécher au soleil pendant quelques jours. Lorsque la papaye râpée est assez déshydratée, mettez-la dans un grand saladier. Ajoutez une certaine quantité de piment vert écrasé. Mélangez. Incorporez de la purée d'ail et deux grosses cuillères à soupe de safran. Mélangez. Salez. Faites chauffer de l'huile dans une caraille. Lorsque l'huile atteint l'ébullition, éteignez le feu et versez-la dans le saladier. Mélangez et laissez refroidir avant de conserver dans des pots stérilisés.

Piment ourite

Coupez, fendez et faites bouillir l'ourite sèche. Débarrassez l'eau et laissez égoutter l'ourite. Hachez l'ourite finement. Chauffez de l'huile dans une caraille. Faites frire l'ourite et réservez. Réservez aussi l'huile de friture. Ajoutez du piment rouge écrasé et de la purée d'ail avec l'ourite. Mélangez. Incorporez du safran et un peu de masala. Mélangez. Incorporez l'huile et mélangez. Rectifiez l'assaisonnement si nécessaire. Laissez tiédir et conserver dans des pots stérilisés.

Vous pouvez, pour cette recette, utiliser du piment confit : dans du sel.

Limon aigre-doux

Mettez le citron à confire dans du sel. Au bout d'un mois, coupez le citron en fines rondelles. Vous pouvez aussi les couper en lamelles ou encore enlever la pulpe et la membrane blanche. C'est au choix. Écrasez du piment rouge. Mélangez le piment avec du miel et du sucre. Ajoutez le citron et conserver.

Fruits Cristallisés

Cette recette nécessite beaucoup de patience et de… sucre ! Faites cristalliser le fruit de votre choix. Mais avec une préférence pour des fruits acides. Le contraste acide et sucre est agréable. Mangue, carambole, bilimbi ou fruit de cythère… les fruits doivent être fermes et presque demi-mûres. Procédez de la même façon pour chaque fruit. Épluchez et coupez la mangue en quartiers. Pesez les fruits et mettez-les dans une casserole. Ajoutez du sucre : le poids doit être deux fois supérieures à celui des fruits. Laissez poser pendant une nuit. Le lendemain, retirez les fruits de la casserole et portez le sirop qui s'est formé durant la veille, à feu doux. Ajouter un peu d'eau si nécessaire. Lorsque le sirop commence à bouillir, ajoutez les mangues. Laissez la casserole sur feu moyen pendant une trentaine de minutes. Retirez du feu. Placez les mangues dans un saladier ou un plat. Laissez reposer pendant une nuit. Réservez le sirop. Le lendemain, ajoutez une tasse d'eau et du sucre : diminuez de 2/3 en fonction de la quantité utilisée au préalable dans le sirop et remettez sur le feu. Incorporez les mangues. Portez sur le feu. Répétez le même procédé, deux fois. Au troisième jour, faites cuire les mangues pendant trente minutes, ou jusqu'à ce que les fruits prennent une couleur foncée. Vous pouvez adopter le même procédé pour la papaye. Et pour la rendre croquante, utilisez un agent pour la cristallisation des fruits.


IVTB School of Design

Fashion Show : cuvée 2008

Le département du Fashion and Design de l'Industrial and Vocational Training Board (IVTB) organise son 10ème défilé annuel le samedi 14 à 18h30 au Swami Vivekananda Centre à Pailles lors duquel les étudiants présenteront leurs travaux. Cette année, le défilé est placé sous le thème Enlightment.

"L'objectif est de mettre en valeur et de montrer le potentiel créatif des élèves", affirme Jay Tanapakion, Training Centre Manager de l'IVTB. Si ce Fashion show de cette école de formation marque la fin des études des élèves en deuxième année en Fashion and Design, il présentera également les travaux de ceux en première année. Lors de ce défilé ayant pour thème Enlightment, des étudiants du Higher National Diploma Level 1(HND1) présenteront une collection de 12 tenues. En outre 10 élèves de deuxième année en HND 2 dévoileront une collection de six à sept pièces. Outre le département de Fashion and Design, une douzaine d'élèves de dernière année du National Trade Certification level 2 présenteront leur collection de bijoux. Toutes les créations seront portées par les mannequins de l'agence HEAT lors de cet événement qui se tiendra au Swami Vivekananda Centre à Pailles le samedi 14 à 18h30. Ce défilé est pour ces élèves un module obligatoire pour l'obtention d'un certificat. Comme l'année précédente, le Ministère de l'Industrie offrira au lauréat (département Fashion and Design et Graphic design and multimedia) la chance d'assister au Fashion Show 2009 de Milan. Cette année, les étudiants en HND 2 ont suivi un stage de formation dans cinq compagnies de textile, notamment à World Knits, Tropic knits, IV play, Structured clothing Bluesteel et l'Inattendu. Comme chaque année, depuis son lancement en 1999, le défilé annuel de l'Industrial and Vocational Training Board (IVTB) suscite beaucoup d'intérêt auprès des industriels. En effet, cet événement est une occasion pour les employeurs potentiels de rencontrer de nouveaux talents et de discuter de possibilités d'embauche.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 8 juin 2008