i n t e r v i e w WEEK-END --- dimanche 18 mai 2008



Rhundeersingh Bheenick :

"La Banque Centrale complète la politique économique du gouvernement"

Notre invité est le gouverneur de la Banque de Maurice, Rhundeersingh (Manu) Bheenick. Dans cette interview, réalisée vendredi à son bureau, il repond, dans un premier volet, à des questions sur la situation économique. Dans le deuxième, il revient sur les accusations portées contre lui et le coût de ses déplacements professionnels.

Rhundeersingh Bheenick, vous faites parler de vous dans l'actualité ces jours-ci aussi bien dans le dossier économique que dans la rubrique des faits divers. Nous reviendrons sur le volet fait divers à la fin de l'interview. Commençons par le volet économique en remontant à votre nomination au poste de gouverneur de la Banque de Maurice, que vous avez longtemps attendue, et qui a été marquée par la rédaction d'une lettre de démission du ministre des Finances. Depuis, cette polémique a-t-elle été réglée ?

Autant que je sache, il n'y avait pas matière à polémiquer entre le ministre des Finances et moi-même. Nous nous connaissons de longue date et nous avons eu des parcours politiques quelque peu différents quelquefois, mais sur le fond il y a beaucoup de convergence entre nous. Sur le fond, nous avons une pensée et une approche communes.

Au moment de votre nomination, on vous présentait comme étant le tenant du conservatisme économique travailliste des années 70 et le ministre des Finance comme étant le champion du libéralisme économique des années 2000. Votre réaction ?

J'ai toujours dit que je n'appartiens à aucune école de pensée économique et je n'ai jamais prôné un dogme quelconque. Je préconise par contre le pragmatisme à outrance. D'ailleurs, vous verrez qu'en économie politique les questions restent les mêmes et les réponses changent au gré des concepts et des derniers gourous qui se prononcent sur le sujet. C'est pourquoi j'ai toujours pris la question avec beaucoup de prudence et qu'à chaque fois qu'elle se pose je retourne aux first principles.

Quelles doivent être les first principles du gouverneur de la Banque de Maurice ?

Le contenu du texte de loi qui régit le fonctionnement de la Banque de Maurice. Une loi revisée en 2004 qui dit de façon claire ce que l'on attend de l'institution et du gouverneur.

Êtes-vous satisfait de ce que ce texte de loi vous autorise à faire ou auriez-vous souhaité pouvoir aller plus loin pour vous permettre de mieux gérer la banque centrale ?

Il n'y a aucune loi qui est parfaite. Chaque loi doit être placée dans le contexte où elle a été votée par le parlement. Il est évident que celle de la Banque de Maurice a été écrite à l'époque de l'indépendance pour répondre à des problèmes précis. Celle de 2004 l'a modernisée mais, au vu de ce qui se passe dans le monde aujourd'hui, il y a des amendements qui pourraient être apportés à cette loi pour assurer davantage l'autonomie de la Banque Centrale, assurer son indépendance vis-à-vis de la classe politique et pour atteindre au niveau de la gouvernance une transparence accrue. Des amendements peut-être pour libérer le management des obligations un peu trop contraignantes quelquefois quand un board veut micro manage l'institution.

Dans la mesure où la stratégie financière mondiale est dictée par les grandes puissances, quelle est la marge de manœuvre d'une petite banque centrale comme celle de Maurice ? Est-ce qu'elle n'est pas obligée de suivre la direction qu'on lui impose ?

Si vous voulez vraiment suivre la voie tracée, il suffit de se calquer sur une monnaie quelconque. Beaucoup de pays le font. À l'époque coloniale, Maurice était liée à la livre sterling, depuis elle a évolué et nous nous retrouvons aujourd'hui avec une politique monétaire indépendante et nous croyons que cela donne de bons résultats aussi longtemps que cela ne va pas dans un sens unique. Si la monnaie locale ne fait que déprécier, cela envoie de mauvais signaux aux opérateurs sur le plan local. Et ça risque d'alimenter une spirale inflationniste. Nous croyons qu'une politique monétaire indépendante est tout à fait justifiée.

En tant que gouverneur de la Banque de Maurice, quelle est votre marge de manœuvre par rapport au ministre des Finances ? Êtes-vous un exécuteur de sa politique ou un partenaire égal indépendant ?

La Banque de Maurice est un partenaire privilégié du gouvernement. Je ne parle pas uniquement du ministère des Finances puisque nous travaillons également avec d'autres ministères. Bien sûr, celui des Finances est très important, mais il y a aussi des secteurs réels de l'économie qui sont gérés par d'autres ministères. Tous ces secteurs influent sur la politique que prône la Banque de Maurice qui évolue dans un cadre bien défini qui lui donne une certaine indépendance et une marge de manœuvre. Bien sûr, le ministre des Finances a son mot à dire. Il le fait de manière indirecte puisqu'il nomme les membres qui siègent dans les différentes instances qui gouvernent la Banque Centrale. Par ailleurs, mes collègues et moi avons un dialogue poussé avec le ministère des Finances dans le cadre d'une interactivité…

Cela va-t-il jusqu'au point où Manu Bheenick interacts directly avec Rama Sithanen ?

Mais bien sûr. Il faut aller au-delà de la chose politique. Je peux dire que Manu Bheenick n'a jamais eu de problème de fond avec Rama Sithanen, peu importe le bord politique dans lequel on se trouvait. Quand le ministre des Finances indique ses priorités, il appartient à la Banque de Maurice de voir dans quelle mesure elle peut la traduire dans la réalité, comme c'est le cas pour le budget. La banque centrale ne peut pas aller à l'encontre de la politique du gouvernement, elle la complète. Cela ne veut pas dire que nous sommes d'accord tous les jours et tout le temps avec le ministre des Finances. Il y a des choses sur lesquelles nous ne sommes pas d'accord, mais nous le sommes sur la direction, l'orientation générale.

On a entendu dire que la Banque de Maurice aurait eu des problèmes disons relationnels avec le Monetary Policy Committee…

Il faut faire la part des choses : qui désigne-t-on quand on parle de la Banque de Maurice ? L'institution ? Le gouverneur ? Le board des directeurs ? Le personnel ? Quand on parle de la Banque de Maurice, on pense immédiatement au gouverneur. Ce n'est pas vrai dans la mesure où il dirige une institution composée d'un corps professionnel de près de 200 personnes qui leur ont mot à dire et qui influencent ce qui se fait sur le plan économique.

Vous êtes quand même la voix et le visage de la banque, celui qui la représente et la symbolise. Celui qui doit prendre et les compliments et les coups de bâton…

Ce sont surtout les coups de bâton que l'on envoie.

Ne nous égarons pas. Vous n'avez pas répondu à la question : est-ce qu'il y a eu oui ou non des grincements de dents entre la Banque de Maurice gouvernée par vous et le Monetary Policy Committee ?

Écoutez, il existe toujours des problèmes qu'il faut gérer au quotidien. Ces problèmes arrivent dans les meilleures familles, entre époux. Donc, comment voulez-vous qu'il n'y ait pas certains disons tiraillements entre une banque centrale qui a une certaine indépendance dont elle est très jalouse et qu'elle veut sauvegarder avec plus de marge de manœuvre et un ministre des Finances qui voit la chose un peu différemment et qui voudrait peut-être qu'on soutienne pleinement son action et qui voit que la banque centrale est un peu réticente ?

En résumé, ce sont des tiraillements qui arrivent dans les meilleures familles bancaires…

Absolument ! Mais je souligne qu'elles ne sont pas permanentes et ne surviennent que de temps à autre. Pour l'instant, c'est la paix qui prévaut entre nous.

L'opposition vous accuse de laisser flotter la roupie pour faire baisser artificiellement l'inflation afin de permettre au gouvernement de fixer un taux de compensation artificielle…

Je ne réponds pas aux politiques qui font leur métier. Dans le système westministérien, c'est le rôle de l'opposition d'attaquer le gouvernement du jour. Nous nous cantonnons au cadre légal qui nous régit et n'avons aucune raison de croire que nous faisons le jeu politique d'un parti ou d'un autre.

Donc, ceux qui pensent que la roupie sera à nouveau contrôlée après que le taux de la compensation salariale sera fixé racontent des histoires…

Il n'y a aucun changement en perspective dans notre politique de change. Nous ne sommes pas intervenus sur le marché, qui est régi par la loi de l'offre et de la demande depuis le mois d'avril. Nous intervenons uniquement pour nous assurer qu'il n'y a pas trop de volatilité sur le marché.

Le grand sujet économique de ces derniers jours est celui de la roupie forte qui menace les exportations de la zone franche…

Je vous dis tout de suite que je ne veux pas entrer dans le débat de la roupie forte ou de la roupie faible, ce n'est pas notre rôle. Je crois qu'il faut que la roupie reflète les valeurs fondamentales de l'économie. Je crois sincèrement que la roupie a commencé à prendre un peu trop de tonus, alimenté par des flots spéculatifs. C'est uniquement pour réduire l'attrait des placements en roupies des spéculateurs que nous avons essayé au cours des derniers mois d'ajuster les rendements en roupies. Cela ne veut pas dire que nous prônons une politique de roupie faible, mais notre devise s'est constamment appréciée depuis mars-avril dernier. Si on la laisse continuer sur cette voie, on va faire un tort immense aux entreprises exportatrices. Et je ne parle pas uniquement de la zone franche, car même le tourisme pourrait en faire les frais.

C'est exactement le discours que tiennent les entreprises de la zone franche. Certaines d'entre elles ont même commencé à utiliser le mot fermeture…

Je redis que ce problème concerne l'ensemble des entreprises d'exportation, surtout celles qui ont un coefficient élevé de main-d'œuvre. Nous ne pouvons pas choisir une approche qui privilégie un secteur et en défavorise d'autres. Il faut aller au-delà des considérations sectorielles, voir les risques d'instabilité financière en général, les risques sur l'emploi tout en rappelant que le rôle de la banque centrale n'est pas de se braquer uniquement sur l'inflation. Nous avons établi un dialogue avec les opérateurs économiques et c'est à la lumière de ces discussions que nous avons pris certaines mesures depuis le début de l'année, en baissant timidement puis un peu plus fermement le taux du repo rate, qui n'a pas eu de gros effets sur l'inflation, au contraire.

Les banquiers se demandent jusqu'où vous allez baisser le repo rate

Attendez, le risque est le suivant : si on le baisse trop, les gens risquent de perdre confiance dans la roupie. Il faut donc maintenir le niveau de la roupie tout en s'assurant que le flot de devises pour les investissements directs continue tout en contrôlant les mouvements spéculatifs. C'est là qu'il faut chercher la stabilité de la roupie.

Sommes-nous sur la voie de cette stabilité recherchée ?

Nous croyons que dans un monde en mutation les économies sont en déphasage les unes avec les autres. C'est trop demander à la roupie qu'elle soit stable vis-à-vis de toutes les autres devises. C'est peine perdue de raisonner en termes de stabilité parfaite, il faut viser une stabilité raisonnable entre la demande et l'offre que nous sommes en train d'atteindre.

Savez-vous que Vishnu Lutchmeenaraidoo qualifie de dépréciation déguisée ce que vous appelez stabilité raisonnable ?

Encore une fois, je vous dis que je ne vais pas répondre aux politiques. Je connais Vishnu Lutchmeenaraidoo, j'ai travaillé avec lui, j'apprécie ses propos dans leur contexte, mais je ne veux pas m'engager dans un débat conflictuel avec un politicien, quel qu'il soit.

Vu de la Banque de Maurice, quelles sont les perspectives économiques du pays pour les prochains mois ?

Compte tenu d'un taux de croissance mondial revu à la baisse et malgré le fait que Maurice affiche un bulletin de santé reluisant, nous ne pouvons pas être isolés de ce qui se passe sur les grands marchés. Puisqu'on révise à la baisse le taux de croissance en Europe et aux États Unis, nous croyons que l'économie mauricienne va subir des contrecoups. Nous croyons que notre taux de croissance sera menacé et c'est dans cette perspective que nous croyons qu'il faut changer, pas de cap, mais légèrement de focus. Nous avons pris dans le passé des décisions contestées qui ont cependant permis à l'inflation de prendre la pente descendante. Nous croyons que continuer à se battre uniquement contre l'inflation, parfois de manière obsessionnelle, serait agir comme ces passagers du Titanic qui interrogent le capitaine du bateau sur la disposition des chaises sur le pont, engagent un long débat sur la partition que devrait jouer l'orchestre…

Vous êtes en train de dire que se focaliser sur l'inflation est un élément pas très important, un détail ?

Nous croyons que la banque centrale a un devoir de veiller à la stabilité financière et monétaire et doit être prudente sur tous les fronts. Pas uniquement sur celui de l'inflation.

On nous a demandé demande de vous poser la question suivante : le rapport Nicky Tan sur le scandale MCB/NPF va-t-il rester à jamais un secret d'état bancaire ?

Je ne le crois pas. Le rapport Nicky Tan a été commandité dans un contexte spécifique et a fait couler beaucoup d'encre. Le rapport n'a pas été diffusé au grand public en dehors d'un journal qui a publié des pages très détaillées. La banque centrale a été sommée de déposer le rapport dans le cadre d'un litige qui l'oppose à la Mauritius Revenue Authority. Avant mon arrivée ici, la banque centrale résistait à cette demande. Ma lecture de la situation m'a conduit à une position différente : je pense que je dois protéger la confidentialité des personnes citées, mais au-delà de cela je n'ai pas d'obligation de protéger quiconque. Donc, j'ai accédé à la demande de la cour de lui remettre une copie du rapport sans les noms de tous les individus cités. Le MRA trouve qu'on a trop retiré de noms…

C'est le cas ?

Écoutez, nous avons fait enlever les noms ni plus, ni moins. Maintenant, il paraît que le MRA veut me poursuivre pour contempt of court. J'ai demandé à mon adjoint de veiller qu'une cellule convenable soit préparée à la prison si jamais le gouverneur de la banque de Maurice doit y faire un séjour…

Si jamais cela devait arriver, vous aurez sûrement droit à une cellule VIP. Merci d'avoir assuré la transition pour la partie fait divers de cette interview. Vous faites l'objet d'une série de dénonciations ces jours-ci : c'est dû à un mauvais caractère, de l'arrogance ou de mauvaises relations avec les gens ?

Je ne sais pas. Je ne fais que subir ces attaques.

On vous accuse d'avoir financé en partie les fiançailles de votre fille avec l'argent de la banque centrale. Quelle est votre réponse ?

J'aurais bien aimé savoir qui est ce "on". Quand j'ai pris connaissance de cette accusation, j'ai pris contact avec mes hommes de loi pour leur demander s'il y avait matière à poursuite. J'aurais pu entrer une action en justice, mais ce serait perdre beaucoup de temps pour ne pas gagner grand-chose. Ce qui me laisse perplexe c'est que votre journal, qui se veut sérieux, a pu répercuter une information aussi dénuée de tout fondement.

Vous démentez ?

Mais formellement !

Vous avez aujourd'hui l'occasion de vous expliquer. Quelle est selon vous l'origine de cette lettre qui a fait le tour du pays et des institutions ? Est-ce qu'elle découlerait, comme on a laissé entendre, des mauvaises relations que vous avez eues avec des membres de votre conseil d'administration ?

Écoutez, je ne crois pas que le conseil d'administration ait quoi que ce soit à faire avec cette lettre. Je crois que cela vient plutôt d'un cadre lésé dans ses ambitions d'avoir une promotion quelconque. Ou qui sent peut-être ses perspectives d'avancement obstruées par le plan de restructuration de fond en comble que j'ai commencé à la banque. Ce que je ne comprends pas c'est qu'une fausse information pareille concernant le gouverneur de la Banque de Maurice a pu être répercutée…

Mais justement parce qu'elle concernait le gouverneur de la Banque de Maurice, une des personnalités du pays. On vous a aussi dénoncé sur vos voyages, ce à quoi vous avez répondu que vous étiez très mal payé. Quel est votre salaire mensuel M. le Gouverneur ?

Je ne voudrais pas faire de commentaires là-dessus. Je crois que la presse a dit ce qu'elle avait à dire. Mais en ce qui concerne les voyages, je tiens à faire ressortir que tout cela découle d'une question parlementaire et que la banque centrale a joué la transparence en répondant en longueur et en largeur. C'était juteux pour la presse, non ?

Pas que pour la presse M. le Gouverneur : Rs 4,4 millions pour onze voyages en une année. Comparé au salaire de base du Mauricien moyen, ça fait beaucoup…

Attendez, attendez, il faut voir ce que touchent les gouverneurs des banques centrales. Vous attendez-vous à ce que le gouverneur de la Banque de Maurice aille aux réunions internationales avec une camping tent !

Cette réflexion nous rappelle une autre dans laquelle il était question de "saret bef" et de "linz an goni" !

Je dois participer à une prochaine réunion des gouverneurs de banques francophones. Voulez-vous que j'y aille en logeant dans un pensionnat quelconque ?! Est-ce cela que Maurice qui est un centre financier veut comme image de marque ? Mon adjoint est logé à la même enseigne que moi lorsqu'il est en mission…

Ne comprenez-vous pas que, dans un pays où les gens ont des difficultés à joindre les deux bouts, ils soient étonnés d'apprendre qu'on peut dépenser Rs 4,4 millions pour 11 voyages en une seule année ?

Tous mes collaborateurs ont droit à un traitement digne de la fonction qu'ils occupent et de l'institution qu'ils représentent quand ils sont en mission. La globalisation financière veut dire beaucoup de dialogues et de réunions. Savez-vous que le Monetary Policy Committee a deux membres étrangers qui nous coûtent Rs 5 millions par an pour leurs salaires et déplacements…

Comparé à eux vous êtes "bon marché" ?

Très bon marché même. Savez-vous quel est le fee payé mensuellement aux membres du board de directeurs de la Banque de Maurice ? Rs 30 000 et je ne vous cite que quelques cas !

Vous croyez que ces sommes n'étonnent pas les petits fonctionnaires et les petits contribuables à qui on demande de faire des économies et des sacrifices ?

Ce n'est pas moi qui fixe ces salaires. Ils sont alignés sur ce qui se paye ailleurs dans le monde. Si on veut que la Banque de Maurice emploie des compétences et tienne favorablement la comparaison avec les institutions étrangères, nos devons payer les salaires demandés au niveau international. Les compétences ont un prix.

Terminons par une question qui va vous faire bondir : votre fille se marie ces jours-ci. Il est évident que le financement de la noce sera fait de vos propres fonds, n'est-ce pas ? C'est une question que tout le monde va se poser après les accusations pour les fiançailles…

Rassurez-vous, il n'y a aucun problème pour le financement du mariage de ma fille. Je vous dirai même que j'ai informé le board de la Banque de Maurice qu'au besoin je ferai appel à deux banques locales, avec qui je suis en relation depuis des années, pour m'accorder des prêts pour le mariage de ma fille.



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