On n'était pas plus avancé, à l'Assemblée
nationale, mardi dernier, sur les implications pratiques en termes
de subventions et de prix de vente de la décision du gouvernement
de libéraliser l'importation du riz de ration. En effet,
le ministre Rajesh Jeetah n'a pas été précis
dans ses réponses à la Private Notice Question du
leader de l'opposition à ce sujet et il a été
conforté dans sa posture par les interventions répétées
du président de séance, Jean-François Chaumière,
qui a estimé plus d'une question supplémentaire
irrecevable puisque basées, selon lui, sur des situations
hypothétiques.
Le flou persiste donc sur ce dossier de la libéralisation
de l'importation du riz de ration qui est jusqu'ici sous la responsabilité
de la State Trading Corporation. Contrairement à ses collègues
qui se lancent dans de longues déclarations avant d'en
venir avec leurs réponses aux questions posées,
le ministre du Commerce et de l'Industrie a été
droit au but et a indiqué que la STC a déjà
fait l'acquisition de 500 tonnes de riz et qu'elle a lancé
un appel d'offres pour 20 000 tonnes le 30 avril dernier, les
soumissions devant être reçues jusqu'au 29 mai prochain.
Quant à la question de Paul Bérenger de savoir si,
faute d'un appel d'offres en bonne et due forme on ne se verrait
pas dans la même situation dangereuse d'un seul fournisseur
qui ensuite ne peut honorer ses engagements, le Deputy Speaker
a statué que c'etait irrégulier de demander au ministre
une opinion. Sur l'insistance du leader de l'opposition, Rajesh
Jeetah a annoncé que ce sera au comité d'évaluation
des offres de décider.
Il y a ensuite eu une querelle sémantique entre Jean-François
Chaumière et le leader de l'opposition, le premier rappelant
ce que les Standing Orders disait sur les questions "abstraites",
tandis que le second ironisait sur "le riz qui est abstrait".
Toujours est-il, qu'avec l'arrivée des petits papiers venant
de la STC dont les responsables étaient présents
dans l'hémicycle, le ministre finira par dire que deux
offres ont été reçues depuis le lancement
des appels du 30 avril, mais sans donner plus de détails.
Quant à la demande de Paul Bérenger pour une initiative
personnelle du Premier ministre auprès de l'Inde et du
Pakistan en vue d'obtenir du dérogation de ces pays qui
ont interdit l'exportation de leur riz, Rajesh Jeetah a dit qu'après
qu'il a évoqué lui-même la question avec les
autorités indiennes, Maurice a obtenu la possibilité
de s'approvisionner en 10 000 tonnes de riz de la Grande Péninsule,
dont 1 000 nous sont déjà arrivées et les
9 000 restantes devant être livrées ultérieurement.
Les "nonsensical comments" de Nita Deerpalsing
C'est au moment de ces échanges et alors que Jayen Cuttaree
a demandé à Nita Deerpalsing, qui lançait
constamment des remarques, d'arrêter de "piailler"
que le Deputy Speaker est intervenu pour demander à la
députée de mettre un terme à ses "nonsensical
comments". Elle a fini par se calmer, mais continuait à
partager ses observations avec son collègue le Dr Rihun
Hawoldar.
Le ministre a ensuite affirmé ne pas être au courant
d'une pénurie de riz de ration dans certains points de
l'île, ni de problème de stockage rencontré
par la STC. En réponse à la question du leader de
l'opposition sur la date à laquelle le "performance
bond" du fournisseur Toepfer, qui, l'année dernière,
n'avait pu respecter ses engagements a été saisi,
Rajesh Jeetah a dit que cela a été fait le 28 avril
dernier.
Pas de réponse à la demande de Paul Bérenger
pour une garantie que la libéralisation ne résultera
pas par une hausse du prix même si le ministre a dit que
les subventions seront maintenues. Le ministre n'a pas été
plus précis dans sa réponse à la question
spécifique de Nando Bodha sur l'éventualité
qu'avec la libéralisation il y ait deux prix pratiqués
pour le même produit, se contentant de dire qu'il faut attendre
de voir comment le marché va évoluer.
Quant à savoir si le riz libéralisé sera
lui aussi subventionné comme suggéré par
le député Jayen Cuttaree, le ministre a dit qu'il
ne pouvait répondre à ce stade et à d'autres
questions des députés Maya Hanoomanjee et Mahen
Jhugroo, Rajesh Jeetah a eu un moment de confusion en parlant
de farine plutôt que de riz. Il a quand même fini
par dire que le riz, qui aurait dû coûter Rs 6. 50,
est vendu avec des subsides à Rs 5.40. Il est à
noter que le ministre a été vivement félicité
pour sa prestation par son collègue Cader Sayed Hossen
!
Le Deputy Speaker sera quelque peu pris de court durant la tranche
consacrée aux questions adressées au Premier ministre
en statuant que le député Mahen Jhugroo ne pouvait
poser des questions supplémentaires à son interpellation
originale sur l'achat d'équipements par la MBC et qu'il
ait quand même demandé s'il y en avait qui dorment
à la corporation, le Dr Navin Ramgoolama a répondu
que le député disposait visiblement de renseignements
à ce sujet.
Les dépenses et autres bons d'achat du 1er Mai
Quelques échanges un peu acides après la réponse
du Premier ministre à la question d'Eric Guimbeau sur le
financement des partis politiques annonçant que la question
sera prise en considération lors des pourparlers sur la
réforme électorale qui doivent démarrer après
le vote des textes inscrits à son nom même s'il s'agit
d'un thème séparé. Le député
a voulu savoir ce que l'Alliance sociale a dépensé
pour son rassemblement du 1er Mai, mais le Deputy Speaker a rejeté
la question alors que Rajesh Bhagwan a évoqué la
distribution de bons d'achat auprès de certaines grandes
surfaces.
La MBC est revenue sur le tapis avec une question du premier député
de Beau-Bassin/Petite-Rivière sur le manque de professionnalisme
qui y aurait cours. Le Dr Navin Ramgoolam a soutenu qu'il existe
un programme de formation continue. A Paul Bérenger qui
lui demandait s'il ne fallait pas amender la IBA Act étant
donné que ces décisions ne sont pas respectées,
le Premier ministre a dit que la MBC fonctionnait ainsi lorsqu'il
était dans l'opposition.
"Personne pas croire toi", lui a, par ailleurs, lancé
Rajesh Bhagwan lorsque le Premier ministre a dit que l'on procédait
à des montages en sa défaveur avant 2005 après
que le député ait accusé un de ses "senior
advisers" d'ingérences répétées
dans le fonctionnement de la station.
S'agissant du conseiller du ministre du Logement, Aktar Ramchurn
accusé de complot en marge de l'affaire de vol au préjudice
d'une bijouterie, le Dr Navin Ramgoolam a dit qu'il y a eu changement
dans une des dépositions et que le dossier a été
référé au DPP. Le Premier ministre a dit
ne pouvoir clarifier une annonce faite par Rashid Beebeejaun l'année
dernière selon laquelle le conseiller avait déjà
été suspendu alors qu'il était en fait toujours
en poste.
Le Question Time a aussi été marqué par le
refus de Rama Sithanen et de Xavier Duval de répondre aux
questions sur Mauritius Telecom et Airports of Mauritius Ltd.
Pour le reste des travaux, adoption de la motion du Premier ministre
renvoyant au Standing Orders Committee le soin de modifier les
clauses ralatives au budget en conséquence de l'adoption
du Programme-Based Budgeting et poursuite des débats sur
le Law Practitioners Bill, avec l'intervention, remarquée,
de Alan Ganoo sur les pouvoirs de l'Attorney General qui empiéteraient
sur ceux du judiciaire, laquelle a été qualifiée
de "splendid" par Nando Bodha.
Les autres intervenants sur ce texte avant son adoption étaient
Arvin Boolell, Fazila Jeewa-Daureeawoo, Yatin Varma et Etienne
Sinatambou.