o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 18 mai 2008



Faits et effets - Pizza hurt…
Humeur - La nouvelle discrimination
Pris sur le vif - Agwa


Faits et effets...

Pizza hurt…
Josie Lebrasse


Dans le dossier qui oppose la Tourism Authority au Pizza Hut de Quatre-Bornes, il doit certainement y avoir bien plus que ce qu'il nous est donné d'entendre ces jours-ci. Comment un gouvernement qui a fait de son credo la "business facilitation" peut-il expliquer cet acharnement administratif vis-à-vis d'un promoteur qui n'est, par ailleurs, pas le dernier quidam sur la place, au point d'aller en justice pour exiger sa fermeture, fut-elle temporaire ? Comment Xavier Duval, ministre qui pilote la Tourism Authority, réconcilie-t-il la position extrême de son organisme de tutelle avec ce qu'il déclarait, à longueur d'interventions au Parlement, sur notre handicap dans la facilitation de l'implantation d'activités dans le pays ? Il comparait alors Maurice à Singapour en soulignant qu'il ne prend que 48 heures dans ce pays pour lancer un business. Contrairement à nous et à notre bureaucratie.

On nous a dit depuis 2005 qu'il ne faut que trois jours pour qu'un promoteur puisse démarrer ses activités et on avait même évoqué l'introduction du "silent agreement" pour favoriser la création d'entreprises, grandes comme petites et moyennes, un promoteur pouvant commencer à opérer si les autorités compétentes n'avaient pas donné de réponse dans un délai précis et prescrit. Cela a fait pousser toutes sortes d'activités à travers le pays et c'est tant mieux pour la population encore que des garages sont un peu trop vite transformés en snacks et que les normes de sanitation et de qualité ne sont pas toujours respectées.

C'est facile aujourd'hui pour n'importe qui d'ouvrir un commerce au coin de la rue et de transformer, avec une rapidité déconcertante, une maison en bureau, sans aire de stationnement requis avec ce que cela suppose comme inconvénients pour ceux qui vivent à côté. Ce phénomène prend des proportions inquiétantes dans des quartiers à stricte vocation résidentielle, comme à Quatre-Bornes, précisément, où la ligne de démarcation résidence/commerce semble ne plus exister. Il vaut mieux ne pas parler des aliments vendus ici et là, en public, sans aucune considération sanitaire et des incidents regrettables que cela peut entraîner comme ce fut le cas avec l'empoisonnement et l'hospitalisation de plusieurs dizaines de personnes à Flacq récemment.

Pourquoi tant de laxisme ici et tant de tracasseries dans le cas de ce Pizza Hut de Quatre-Bornes, qui se trouve, de surcroît, dans la circonscription du ministre du Tourisme, à qui les vingt-cinq employés, qui sont au chômage technique depuis plus d'une semaine, demanderont certainement des comptes ? C'est aussi, faut-il le rappeler, la circonscription du ministre des Finances, celui-là même qui se targue d'avoir révolutionné la création d'entreprises dans le pays et d'avoir ainsi fait repartir la croissance.

Le plus surprenant dans tout ce dossier, c'est que ceux qui sont à la base de la fermeture de l'antenne de Pizza Hut de la ville des fleurs se murent dans un silence qui est tout à fait surprenant. Les nominés politiques du PMXD que sont le président de la Tourism Authority, Joël Rault, et son directeur, Muslim Bhatooe ont tous deux joué aux abonnés absents depuis l'éclatement de cette affaire, laissant à une autre recrue politique en la personne de Me Jacques Panglose le soin de s'exprimer sur le sujet. Tout cela n'est pas très net. Si la direction de la Tourism Authority est si sûre de son droit, pourquoi ne s'explique-t-elle pas et, ce faisant, n'éclaire-t-elle pas une opinion qui entretient les pires soupçons quant aux véritables motifs derrière l'opération anti-Pizza Hut de Quatre-Bornes ?

La mesure est trop brutale pour ne pas être assimilée à un règlement de comptes. La démarche est trop singulière pour que certains n'y voient pas une espèce de représailles à l'encontre du groupe Happy World. Reste à savoir ce dont a bien pu être fautif ce groupe. Nous ne pensons pas que c'est le refus de quelques bons d'achat à distribuer avant le 1er mai qui soit source de tracasseries, d'autres se sont montrés tellement généreux, avec leur fromage au rabais avant la fête du travail et à la hausse subite juste après, qu'importe, là ne semble pas être la vraie raison du contentieux.

Mais qu'elle en est la source ? Est-ce une initiative personnelle du président de la Tourism Authority qui aurait des raisons de s'en prendre au groupe Happy World ? Faut-il aller consulter l'organigramme de cette compagnie pour trouver un début de réponse ? Là est toute la question, d'autant que Joël Rault a choisi, contrairement à ses habitudes, de ne pas s'exprimer sur ce dossier brûlant l'intéressant au plus haut point. La succursale de Pizza Hut de Quatre-Bornes a fermé sur ordre de la Cour Suprême parce qu'elle n'a pas de permis d'opération de la Tourism Authority. Elle a, toutefois, une licence en bonne et due forme de l'autorité locale après les vérifications d'usage sur le respect des normes de sécurité et de qualité.

Où est alors le problème pour que l'autorité régulatrice en vienne à de telles extrémités avec un opérateur qui n'est pas un nouveau venu et qui dispose d'autres succursales de Pizza Hut dans le pays. Est-ce que la succursale de QB est à vocation touristique ? Si tel est le cas, le serait-elle plus que celle de Grand Baie ? La saga de Pizza Hut est, en fait la Pizza Hurt. Reste maintenant à savoir où est-ce que ça a fait mal…




Humeur

La nouvelle discrimination
Jean-Claude Antoine


Les cadres supérieurs de la Fonction publique semblent avoir trouvé une nouvelle occupation : les conférences de presse météorologiques. En effet, le comité de hauts fonctionnaires chargé de " gérer" les désastres naturels a mis les bouchées doubles cette semaine. Après s'être fait signaler fin avril par une lenteur à prendre des décisions - plus de trois heures entre la réception du rapport de la météo et l'annonce des mesures nécessaires - ils ont multiplié les conférences de presse et les décisions. Des décisions qui ont plus compliqué la situation au lieu de la régler et dont l'illogisme suscite des interrogations. Mercredi, Maurice se réveille sous un ciel couvert et avec une météo qui annonce de fortes pluies. C'est donc un jour normal de mai avec une pluie de saison. En apparence. Car bien vite dans la matinée les pluies deviennent de plus en plus fortes sur certaines régions avec orages, éclairs et même des tempêtes électriques qui provoquent une coupure de courant qui touche une bonne partie de l'île. C'est à partir de là que le comité décide de tout prendre en main. Pendant que ses membres mettent au point leur stratégie et convoquent une conférence de presse pour l'annoncer en direct live, les gros nuages passent sur Maurice en déversant des rivières d'eau qui, curieusement, n'arrivent toujours pas à remplir Mare-aux-Vacoas. Parenthèse : si la pluie continue à tomber et le principal réservoir de l'île à ne pas se remplir, il va falloir nommer un comité d'élite pour étudier le mystère. Vers une heure, le comité de haut fonctionnaires faisant une analyse de la situation météorologique avance que le pire est à venir et annonce deux mesures : la fermeture des écoles à partir de midi trente et celle des bureaux du Service civil pour permettre aux fonctionnaires d'aller récupérer leurs enfants à l'école et pour aller débrancher leurs ordinateurs et autres équipements électroménagers pour éviter tout choc électrique avec le rétablissement du courant.

La décision des hauts fonctionnaires a surtout provoqué une immense embouteillage sur l'ensemble du circuit routier. Les écoliers et les collégiens mis en congés à midi et demi n'ont pas pu rentrer chez eux comme prévu. Les bus scolaires, bloqués dans les embouteillages, ont pris des heures pour atteindre les établissements. Les parents qui étaient censés aller récupérer leurs parents ont été bloqués ou ralentis dans les trois heures et demi pour faire le trajet Triolet-Curepipe. Résultat : la majorité des étudiants est rentrée chez elle pratiquement à l'heure habituelle, comme leurs parents. A la différence que le taux de stress de ces derniers, provoqué par la congestion routière, était le double de la normale. Mais cette mesure prise par les chefs du Service civil comportait un oubli qui est en fait l'expression d'une inacceptable discrimination. Le congé pour mauvais temps ne concernait que les fonctionnaires. Les employés du Secteur public, de la zone franche et les Mauriciens self employed n'ont pas, semble-t-il, des enfants à aller chercher à l'école, des ordinateurs et des équipements électroménagers à débrancher ? En plus de toutes les divisions horizontales et verticales au nom de la race, de la couleur, de la religion, de l'ethnie, des castes, des groupes et autres sous-groupes, faudrait-il ajouter une nouvel élément de séparation entre les Mauriciens : les fonctionnaires et les autres ?

Faudra-t-il que les travailleurs mauriciens qui ne font pas partie de la Fonction publique s'organisent en fédération et fassent des manifestations - avec ou sans leader charismatique - pour être traités sur le même pied d'égalité avec les chefs de la Fonction publiques lors du prochain congé spécial pour mauvais temps ? Des chefs de la Fonction publique qui semblent oublier que leurs salaires sont également financés par les taxes que payent les Mauriciens qui ne travaillent pas dans le Service civil. Et qu'ils sont censés être au service de l'ensemble des habitants du pays, pas uniquement à celui des fonctionnaires…




Pris sur le vif

Agwa
Jean-Claude Antoine


- Alors Auntie ou fine konten ou vacances dan Maurice ? Lot kout kan ou vini ou bizin reste un peu plus longtemps.

- Faudré capav gagne leave. You know, l'Angleterre pas kouma Maurice ca. Ou pa capave gagne local, sick ou bien heavy rain leaves kan ou envi. Mais anyway, nou napa fine vinn ici zis for holiday senn fois la…

- Ah bon. Mo ti croire zot fine vini specialement pou mariage X

- Nou pa fine paye two full tickets juste pou vin ene mariage meme si mariage soeur mo bonhomme so tifi sa. Si nek moi nou napa ti pou vini, surtout apres bann kozé si zot finn koz lor mo famille ! Mais bonhomme ti bizin diboute papa pou tifi la, nou fin obligé vini. Mo fine ok, nou va profité pour faire deux trois démarches dans Maurice at the same time.

- Ki démarche Auntie ?

- You know aster la ki nou ban zenfant are well, saken ena so ménaz, ek so flat, bonhomme pé dir kan li retire, li pou buy enne campement or a flat near the beach dans Maurice. Ban zenfant capav vinn ici for holiday et quand nou pas la nou capav loue li ar tourists, you know.

- Ou fine reussi trouve ene bon bargain Auntie.

- Not really. Dimoune fine montré mo bonhomme numerous houses, mais li pas encore decidé. He told me prices are very high here

- … ou pas ale visit ban campements avec ou bonhomme ?

- … Non, parsi mo ti éna ene lot demarche to do.

- Ki business ki ou pé faire Auntie ?

- Non, mo napa fine vinne faire ene business, but more to help someone, you know. More rane enn service than doing a business.

- Mo pa pé comprend ou la.

- Mo fin profite mo séjour ici pou rode ene tifi pou en garcon.

- Ah bon. Ou vine faire agwa ! Mais mot ti croire tou ou banne neveux fine fini marié ?

- Fist of all, let me tell you ki mo népli fréquente mo bane neveux. To même to koné ki kantité mo fine faire pou zotte. Mo fine faire zot monte l'Angleterre. To koné how many thousand pounds mo fine depense ar zot ? Mo fin fourni lodging, manzé, pay the school fee, find good jobs for them et en plus faire zot gagne papier, faire zot mariage. To koné ki recompense mo fine gagné a la fin are zot : big big coup de pied in my back. Astere la tourné zoreille, mo népli occupe famille, mo fine gagne mo leçon. Secondly, laisse mo dire toi that I am not an agwa. Mo pé juste rane ene service to someone I know very well in London who need some help. Pas appelle agwa as you said sa, appelle ranne service.

- Ou fine reussi trouve ene tifi pou garcon la ?

- Non parski bane tifi zordi zotte gras, ek zot mal élevé.

- Ki faire ou pé dire ça, Auntie ?

- Because zotte fronté, zotte répone.

- Ki fine arrivé ?

- Mo fine alle guette ban tifi ki zot fami envi marié zot. I've told them that garcon is ok, has got his papers, has a good job dans British Telecoms et li pe rode ne bon tifi pour occupe so lakaz.

- Bé ki problem ena ?

- Quand mo montré garcon la so photo bane tifi la ricané.

- Ki faire ?

- Well... li pas top jeune, around 45 yers mo croire, li un peu gros, un peu courte, pas trop clair, mais he is a good chap et surtout li ena so papier et li pres pour fini paye so mortage lor so flat...

-... Mais Auntie, ene tifi pas marié ek en flat

- Alala ! To aussi to cause kouma zote. Zotte gras. Zot trop geutte film. Zotte fine look at themselves ? Ki zotte croire Hritik Roshan ou Aksaye Kumar ki pou marié zotte ! Let me tell you one thing : si zotte continué lev néné they are going to finish like vié fille séti ek rasi !





o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 18 mai 2008