f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 18 mai 2008



Fin de cavale pour Aza et les frères Chimajee - "Nous ne voulons pas finir nos vies en prison à Maurice"
Accusée de trafic de drogue par sa banque, son compte est gelé - Une mère de famille gagne son combat et prouve son innocence
Dernière heure - Dans la soirée d'hier - Un quinquagénaire mortellement agressé à Poste-de-Flacq
Décès de la petite Selvee Ghengadoo à l'hôpital - La police enquête sur quatre officiers du SSR Hospital
En Australie - Jean-Eric Gassy: sa condamnation renversée en appel
Faux billets pour la pension de vieillesse - La banque et la poste pas sur la même longueur d'onde
Tourism Authority v/s Pizza Hut de Quatre-Bornes - La juge Rehana Mungly-Gulbul réserve son jugement
Procès en Cour suprême - Indira Manrakhan obtient Rs 3 millions en dommages de l'État


Fin de cavale pour Aza et les frères Chimajee

"Nous ne voulons pas finir nos vies en prison à Maurice"

Alors que la police mauricienne s'attendait davantage à ce que ce soit le présumé trafiquant Ashraf Mohamed Ali - activement recherché - qui s'était fait la malle en utilisant le Soleil, il s'est rapidement avéré que les trois Mauriciens qui se sont échoués sur les côtes réunionnaises, à Grand-Bois, sont Ludovic Aza, et les frères Ravindra et Yanesh Chimajee. Tous trois, âgés entre 19 et 20 ans, sont loin d'être des inconnus de la police. Les trois jeunes sont accusés de divers vols à main armée, notamment en relation à la série d'attaques contre les hôtels du littoral sud-ouest de l'île en 2006. Les trois récidivistes, qui étaient en liberté sous caution, attendaient d'être jugés pour ces délits. Appréhendés à Mafate mercredi, ils devraient être déportés vers Maurice mercredi. Ils ont tous trois affirmé à la police réunionnaise avoir fui afin de ne pas finir le restant de leurs jours en prison.

La bande des trois, des habitants de La Gaulette et tous trois skippers de bateaux de profession, est actuellement en détention au centre de rétention administrative du Chaudron. Ils sont actuellement poursuivis pour le délit d'entrée illégale sur le territoire réunionnais. En marge de cette affaire, les polices mauricienne et réunionnaise ont travaillé en étroite collaboration, et ce dès que les Casernes centrales ont fait le rapprochement entre le vol du Soleil, un walkaround appartenant à Georges Labonne qui mouillait au Morne, et la subite disparition des frères Chimajee et Ludovic Aza de leurs résidences respectives à La Gaulette.

En effet, la police a eu de précieux renseignements auprès des proches des fugitifs, dans la mesure où ces derniers, notamment les frères Chimajee, avaient fait leurs adieux à leurs familles respectives. Cependant, à aucun moment les proches des fugitifs ne pensaient-ils que ces derniers allaient quitter le pays de la sorte. Selon ces proches, les trois "ti finn plein" avec leur existence à Maurice et penchaient plutôt pour l'hypothèse que les trois compères avaient décidé d'en finir avec la vie.

Mais les limiers de la police mauricienne ne sont pas dupes. Tout concorde, à savoir la dernière fois que le trio a été apperçu à Maurice, de même que le vol du Soleil. Aucun doute n'est plus permis : ce sont bien eux qui se sont fait la malle en espérant rejoindre la Réunion ou Madagascar. Le bateau, qui est équipé de deux moteurs hors-bord, a échoué sur les côtes saint-pierroises, dimanche dernier, jour de Pentecôte, à la hauteur de Grand-Bois.

Si le bateau est retrouvé, par contre, aucune trace des fugitifs. Dans un premier temps, pensant qu'il s'agit d'une affaire liée au trafic de drogue, les limiers réunionnais utilisent un chien renifleur, spécialisé dans la détection de drogue, afin de renifler le bateau. Aucune trace de drogue n'est relevée. En tout et pour tout, la police ne retrouve que des paquets de biscuit, une bouteille d'eau, un sac à dos vide et un treillis, dans et à proximité du bateau.

Entretemps, la police mauricienne transmet les informations dont elle dispose à ses collègues réunionnais. En un rien de temps, les portraits-robots des trois fugitifs sont circulés dans tout le département. Entretemps, les trois fuyards laissent un certain nombre d'indices derrière eux. Des riverains, de même que d'autres personnes, laissent entendre aux policiers réunionnais avoir vu trois "rastas" qui ressemblent étrangement aux visages fichés sur les portraits-robots. Ils avaient fait du stop jusqu'à Mafate et y avaient pris la précaution d'y acheter une tente de camping.

Leur cavale prend fin mercredi, à Mafate. Deux des trois fugitifs sont appréhendés dans une boutique du coin, et le troisième le sera quelques minutes plus tard. C'est dans cette boutique que les trois compères avaient pris conscience du coût de la vie à l'île sœur en payant près de Rs 650 (16 euros) pour un quatre-quarts, des chocolats et trois bières. Ils avaient en leur possession la coquette somme de Rs 500 000 (12 000 euros). Ils avaient obtenu une partie de l'argent en vendant les bateaux dont ils étaient les skippers. Ils ne devaient opposer aucune résistance à une équipe composée de 12 policiers.

Ils furent ensuite conduits à la police de St-Pierre. Interrogés, les frères Chimajee et Ludovic Aza crachent le morceau à l'effet qu'ils comptaient quitter la Réunion en douce afin de rejoindre Madagascar, où il aurait été encore plus difficile de les retracer. "Nous ne voulons pas finir nos vies en prison à Maurice", auraient-ils fait comprendre aux limiers réunionnais.

Ils furent ensuite transférés au centre de détention administrative du Chaudron, dans la mesure où ils font tous trois l'objet de poursuites pour entrée illégale sur le territoire réunionnais. À ce stade, l'on ne sait encore si les trois hommes comptent contester leur déportation pour Maurice, prévue mercredi…


Accusée de trafic de drogue par sa banque, son compte est gelé

Une mère de famille gagne son combat et prouve son innocence

Il y a un mois, sa banque lui annonce que son compte a été gelé sur ordre du bureau du DPP. Accusée de trafic de drogue, elle est soumise aux procédures relatives au gel des avoirs des trafiquants. Non sans avoir été humiliée devant les clients de la banque, dit-elle. Cependant, cette jeune femme de 32 ans, mère de famille vivant dans des conditions modestes, n'avait jamais été inquiétée par la justice et clame son innocence. Entre-temps, elle est dans l'incapacité de faire des retraits pour subvenir aux besoins de ses enfants. Elle ne disposait que de Rs 1 693 sur ce compte. Les différentes instances, dont le bureau du DPP, auxquelles elle a recours lui donnent raison. Elle n'a rien à se reprocher. Il y a peu, la banque la convoque et admet son erreur…

Après avoir frappé à différentes portes pour prouver à sa banque, la State Bank of Mauritius, qu'elle n'est pas une trafiquante de drogue, C.C., une jeune mère de famille a pu faire prévaloir sa bonne foi et prouver sa crédibilité. La banque, de son côté, qui avait auparavant gelé le compte bancaire de sa cliente dont le montant n'affichait que Rs 1 693, reconnaît qu'il y a eu "confusion" et "malentendu". Demain, la banque rencontrera C.C. et lui fera une proposition en vue de la dédommager pour les torts causés. Toutefois, la jeune femme, qui estime avoir subi des préjudices, après avoir été critiquée et humiliée ouvertement par des préposés de la SBM, devant des clients, exige avant tout des excuses officielles.

Dans notre édition du 27 avril dernier, C.C, une cleaner de 32 ans, confiait son désarroi. Cette mère de deux enfants, vit dans des conditions modestes. Son mari qui vient de trouver de l'emploi sur un chantier, perçoit son premier salaire, soit Rs 1 000, lequel est versé directement sur le compte conjoint du couple. À la veille de la rentrée scolaire du deuxième trimestre, C.C., se rend à un guichet automatique, à Beau-Bassin, pour effectuer un retrait de Rs 500, pour l'achat des effets scolaires de ses enfants. Mais la transaction lui est refusée. En se rendant à la banque, la mère de famille apprend par une préposée que son compte a été gelé, parce qu'elle serait impliquée dans le trafic de drogue. La banque, apprend C.C. aurait appliqué les procédures habituelles dans ce genre de cas. Ce qui lui est également confirmé par le responsable de la section clientèle du head office. Toutefois, lorsqu'elle fait appel ou se rend dans des instances, tel le bureau du Directeur des Poursuites Publiques, ou encore à la magistrature de Rose-Hill et à la police, elle s'entend dire la même chose, il n'y a aucune charge contre elle ni contre son époux. D'ailleurs, en 2006 pour trouver de l'emploi, C.C., avait fait une demande auprès du bureau du DPP pour l'obtention d'un certificat de moralité. Le document lui a été remis. Aussi, si le couple était réellement impliqué dans le trafic de produits illicites, il aurait été inquiété par la justice et traduit en Cour avant que le gel de leurs avoirs ne soit ordonné. Tel n'a pas été le cas…

"La banque a peut-être commis une erreur, ce sont des choses qui arrivent. Mais, elle doit être capable de s'excuser… "

"Peu de temps après mes premières démarches et que les différents bureaux m'ont assuré qu'il n'y avait rien contre moi, la banque m'a téléphoné pour m'informer que pour des raisons humanitaires, elle était disposée à débloquer mon compte le temps que je fasse un retrait. Mais elle allait ensuite geler le compte ! J'ai refusé d'accéder à cette proposition", raconte C.C. Entre-temps, son époux se rend à une autre banque en vue d'ouvrir un autre compte pour faciliter le versement de son salaire. "Si nous étions effectivement des trafiquants, est-ce que cette banque aurait accepté de nous avoir pour clients ?", se demande cette dernière. Il y a peu, le bureau du DPP lui a réitéré, dit-elle, que son couple n'était aucunement impliqué dans une quelconque affaire de drogue. "Un peu plus tard, je reçois un coup de fil de la banque me sollicitant un rendez-vous. Je m'y suis rendue et, là, la même personne qui de façon catégorique m'avait affirmé que j'étais une trafiquante de drogue, a changé de ton. Sans vouloir me donner une explication rationnelle, elle m'a tout simplement dit que la banque était prête à me dédommager. Elle m'a proposé la somme de Rs 10 000. J'ai refusé !", confie notre interlocutrice. Cette dernière souligne: "Je n'ai pas la prétention de dire que je n'ai pas besoin d'argent et que je refuserais une proposition honorable. Mais j'ai été humiliée en public. J'ai été injustement accusée d'un délit que je n'ai pas commis. Mon mari et moi avions dû marcher de Port-Louis à Beau-Bassin, parce que nous n'avions pas un sou en poche pour rentrer chez nous après avoir multiplié des démarches pour prouver notre innocence. La banque a peut-être commis une erreur, ce sont des choses qui arrivent. Mais elle doit être capable de s'excuser…", insiste C.C. Cette dernière, qui a eu recours à un homme de loi, ne sait pas encore si elle va poursuivre la banque.

De son côté, le responsable de la section clientèle de la SBM, reconnaît qu'il y a eu "confusion" dans cette affaire. L'erreur, laisse-t-il comprendre, vient au niveau de la banque. Toutefois, dans notre édition du 27 avril, celui-ci avait affirmé que l'institution bancaire avait agi sur ordre du bureau du DPP et qu'en cas d'erreur, il n'y aurait pas de dédommagement. Mais revenant sur cette décision, le préposé de la SBM, explique :"Nous avons pris nos responsabilités dans cette affaire. Et nous comptons dédommager la cliente en lui proposant une somme à sa satisfaction." Et pour ce qui est des excuses officielles réclamées par C.C., ce dernier poursuit :"Du moment qu'il y a paiement, c'est une forme d'excuse !" Sans donner plus de précision sur la nature de cette erreur, le porte-parole de la section clientèle concède "qu'il y a eu une enquête interne et que des sanctions suivront si nécessaire".


Dernière heure - Dans la soirée d'hier

Un quinquagénaire mortellement agressé à Poste-de-Flacq

En fin de soirée hier, la police de Flacq a été avertie d'un cas d'agression mortelle sur la personne de Mardemootoo Viramalay, 55 ans, habitant Curepipe. Ce dernier s'était rendu à la cité NHDC de Poste-de-Flacq, dans le but de rendre visite à sa fille. Selon les premières observations faites sur place par le Chief Police Medical Officer (CPMO), sur le coup de 22h, le Dr Satish Boolell, la victime a péri des suites de multiples coups reçus à l'aide d'une arme blanche et de bouteille. Un premier suspect, à savoir le gendre de la victime, a été placé en état d'arrestation hier soir, mais l'état-major de la police se gardait de tout commentaire en ce qu'il s'agit des raisons de cette arrestation.

Selon les recoupements effectués par Week-End hier soir en ce qu'il s'agit des circonstances de ce meurtre décrit comme "sanglant" par des enquêteurs sur place, Mardemootoo Viramalay, un Curepipien, s'était rendu à la cité NHDC, Poste de Flacq, hier après-midi, dans le but de rendre visite à sa fille, qui y habite. Peu après 20h, il devait être retrouvé, gisant dans une mare de sang, à l'extérieur des Water Closet (W.C). Il était étendu sur le dos, au-dessus de ce qui a été décrit comme un "tapis" de tessons de bouteilles. Nos renseignements indiquent qu'il portait de multiples blessures à différentes parties du corps, et qu'il avait reçu des coups de bouteille à la tête. Plusieurs bouteilles ont, semble-t-il été utilisées. Les premiers témoignages, recueillis auprès des voisins, indiquent qu'une violente dispute a éclaté dans ladite maison vers 19h30. Les voisins pensaient davantage à une dispute conjugale plutôt qu'à autre chose.

Mandés sur les lieux, les enquêteurs de la CID de Flacq, de la Major Crime Investigation Team (MCIT) et le Dr Satish Boolell ont examiné la dépouille mortelle de la victime. Les premières indications fournies par le Dr Boolell aux enquêteurs sont que l'homme avait effectivement reçu de multiples coups de bouteille à la tête et à d'autres parties du corps, mais que ce dernier avait également été sauvagement agressé à l'arme blanche. Le médecin légiste s'est abstenu de se prononcer, pour l'instant, quant à la cause du décès, en attendant l'autopsie qui sera pratiquée ce matin.

Dans un premier temps, les enquêteurs ont souhaité entendre la version des faits de la fille de la victime. Mais celle-ci, prise d'un violent malaise, n'aurait pas été en mesure d'expliquer grand' chose aux enquêteurs et a dû être conduite à l'hôpital de Flacq, où, selon les renseignements disponibles vers 23h, elle a reçu des soins. Dans le même souffle, les enquêteurs ont pris la décision de placer le gendre de la victime en état d'arrestation. A hier soir, il était considéré comme étant le Prime suspect dans cette affaire, mais les enquêteurs se sont abstenus de tout commentaire.

"A ce stade, étant donné que nous n'avons pu recueillir la version des faits de la fille de la victime, nous nous abstiendrons de tout commentaire et de tirer des conclusions hâtives. Nous pouvons simplement confirmer que le gendre de la victime a été placé en état d'arrestation", a-t-on laissé entendre à Week-End dans le giron de l'enquête policière.


Décès de la petite Selvee Ghengadoo à l'hôpital

La police enquête sur quatre officiers du SSR Hospital

Après la suspension de deux médecins, le 7 mai dernier, suivant le décès de la petite Selvee Ghengadoo au SSR Hospital, deux autres officiers de l'hôpital du Nord ont été suspendus de leurs fonctions cette semaine. Il s'agit d'un médecin et d'un nursing officer, soupçonnés d'être impliqués dans l'affaire de tampering des casualty cards après le décès de Selvee Ghengadoo, survenu le 10 avril. Ce cas référé à la police fait l'objet d'une enquête approfondie. Le Medical Council, également saisi de l'affaire, par rapport à la plainte de négligence médicale déposée par les parents de Selvee Ghengadoo, se penche aussi sur ce cas.

Le rapport d'autopsie de la fillette a conclu au décès causé par un œdème aigu du larynx. Mais les proches de Selvee Ghengadoo crient eux à l'erreur médicale et au traitement approximatif. Le ministère a immédiatement initié une enquête départementale, et selon nos informations, c'est lors d'une enquête approfondie que le tampering of cards fut découvert. L'affaire référée ensuite à la police. Jusqu'ici quatre personnes travaillant dans cet hôpital ont été suspendues dans le sillage de cette affaire, soit trois médecins et un records officer. L'un de ces médecins compte moins d'une année de service. Ce même médecin avait effectué un diagnostic d'infection virale et n'avait, malgré l'insistance des parents de Selvee Ghengadoo, pas ordonné son hospitalisation. Pour rappel, la petite habitante de Belle source, Pamplemousses, avait été amenée par ses parents au SSR Hospital, le 7 mai dernier, des suites de douleurs à la gorge. La petite a d'abord été auscultée par un premier médecin généraliste, à qui les proches affirment avoir indiqué que Selvee Ghengadoo était allergique à plusieurs produits et qu'en novembre 2007, souffrant d'un mal de gorge similaire, la petite avait immédiatement été hospitalisée. Un deuxième médecin, plus jeune, a ensuite vu la petite. Les parents soutiennent qu'ils lui auraient une nouvelle fois indiqué les antécédents allergiques de la petite. Toutefois, après une auscultation, ce deuxième médecin a diagnostiqué une infection virale chez l'enfant, faisant comprendre aux parents que l'infection n''était pas associée à ses allergies. Le médecin, refusant une hospitalisation a renvoyée l'enfant chez elle, lui prescrivant un gargarisme, un inhalateur, des gouttes nasales et du paracétamol. Toutefois, quelques heures plus tard, la petite est retournée en urgence au SSR Hospital, où un groupe de médecins a tenté, en vain, de la réanimer. En quelques minutes, Selvee Ghengadoo avait rendu l'âme.

La famille Ghengadoo, accablée par ce drame, ne digère pas que leur petite fille soit décédée quelques heures après avoir été vue par deux médecins. "Il y a eu négligence médicale", crient-ils, ajoutant que "les deux médecins qui l'ont vu, lui ont prodigué un traitement approximatif", crie-t-elle. Les Ghengadoo ont porté plainte et après une enquête interne initiée au sein de l'hôpital, les deux médecins en question, trouvées coupables, ont été suspendues de leur fonction. L'affaire a été référée au Medical Council. Outre l'erreur médicale commise, principalement par le deuxième médecin selon ses proches de la fillette, les Ghengadoo clament également qu'il y auraient eu falsification de documents médicaux. Un des proches soutient que la "casualty card" de la petite fille aurait été changé. Il affirme avoir vu une carte de couleur vert dans le dossier de la fille, au lieu de la carte jaune de la veille. Une enquête départementale séparée a été initiée par le ministère de la Santé en atteste. D'où la décision du ministère de la Santé de référer le cas à la police en début de la semaine dernière. La mort de la petite habitante de Belle Source, Pamplemousses, fait maintenant l'objet d'une enquête policière, confiée au Central Criminal Investigation Department. C'est dans le sillage de cette enquête que deux autres officiers du SSR ont été suspendus cette semaine. Ces officiers, soit un médecin et d'un nursing officer sont soupçonnés d'être impliqués dans l'affaire de falsifications de medical documents.


En Australie

Jean-Eric Gassy: sa condamnation renversée en appel

Jean-Eric Gassy, psychiatre de profession, mais radié de l'ordre professionnel en Australie, a vu sa condamnation à vie pour meurtre de son ancien chef de département, Margaret Tobin, être renversée en appel. Dans un jugement majoritaire, la Haute Cour d'Australie a concédé que le suspect a été victime d'une " Miscarriage of Justice " lors de son procès au criminel. Elle a ordonné une " Retrial " qui devrait se dérouler l'année prochaine.

Entre-temps, Jean-Eric Gassy, qui est incarcéré à la prison de Yatal depuis janvier 2004, peut aspirer à retrouver la liberté provisoire. Devant cette instance d'appel, le suspect avait assuré sa défense personnellement en refusant toute autre assistance légale. Lors de son procès initial, il avait été trouvé coupable du meurtre de Margaret Tobin de quatre coups de feu dans un ascenseur du Department of Mental Heath à Adélaïde.

Le ministère Public a soutenu que Jean-Eric Gassy avait abattu de sang-froid sa victime le 14 octobre 2002 parce qu'il n'avait pas digéré la décision de son supérieur hiérarchique de faire rayer formellement son nom de l'ordre des psychiatres. Ce meurtre et le procès avaient été suivis de près par la presse australienne.

" The majority said Supreme Court judge Ann Vanstine had merely reinstated the essential elements of the Prosecution case, wuth barely a reference to the defence case. After a day and a half, the jury returned its guilty verdict 30 minutes later. High Court Judge Michael Kirby who sided with judges Bill Gummow and Ken Hayne, said that there was powerful evidence of Gassy's guilt. Justuce Kirby said this made it a borderline case for retrial. Definitely, it is at the cusp ", rapporte la presse australienne, jeudi, en faisant état de ce jugement en appel.


Faux billets pour la pension de vieillesse

La banque et la poste pas sur la même longueur d'onde

Depuis jeudi soir, la Central Criminal Investigation Division (CCID), placée sous la supervision de l'Assistant commissaire de police (ACP), Clifford Parsad, se retrouvent devant un cas épineux et massif de Counterfeit bank notes. Pour cause, Rs 50 000 en fausses coupures de Rs 500, qui se trouvaient dans un montant de Rs 22 175 000 destinés au paiement de la pension de vieillesse, ont été découverts. Jusqu'à présent, la poste et la State Bank of Mauritius (SBM) se sont expliqués par communiqués interposés en ce qu'il s'agit de situer les responsabilités dans cette affaire. Quant aux enquêteurs, ils attendaient, à hier, un "important complément d'informations" afin d'y voir plus clair dans cette affaire. Toujours en ce qui concerne la circulation de monnaie de singe, Laval Sambarkye, un des suspects arrêtés relativement au braquage de la Mauritius Commercial Bank (MCB) en février 2005 a été coffré par l'ADSU.

Selon les recoupements de Week-End, c'est un Postal Executive de Vacoas, qui a consigné une déposition au Central CID au sujet de la découverte de cette importante quantité de fausses coupures. Il devait expliquer qu'il s'était rendu à un comptoir de la SBM de Port-Louis, sis à la place d'Armes, afin de négocier un chèque de Rs 22 175 000 relativement au prochain paiement de la pension de vieillesse.

Ensuite, il devait procéder à une vérification des billets de banque reçus en utilisant les équipements disponibles à la Mauritius Post dans cette optique, notamment un lecteur de billets doté de rayons ultra-violets. A un moment donné, une liasse de billets de Rs 500, totalisant Rs 50 000, devait faire d'éclencher l'appareil. C'est alors qu'il décida d'avertir les autorités concernées de cette importante découverte de monnaie de singe.

Des suites de cette déposition, les limiers de la CCID se sont rendus, dans la soirée de jeudi, dans les locaux de la Remittance Section de la Mauritius Post Ltd, sis à la rue Dumas. Aucun indice susceptible de faire avancer l'enquête ne devait être découvert. Dans les milieux des enquêteurs, l'on se montrait, en fin de semaine, des plus prudents en ce qu'il s'agit du déroulement de cette enquête et ce afin de ne brouiller aucune piste. "Nous ne pouvons rien dire à ce stade, d'autant plus que l'enquête démarre à peine. Nous attendons des informations de première main afin d'y voir plus clair dans cette affaire, qui est loin d'être simple. Cependant, compte tenu de la quantité de faux billets dont il est question, il est clair qu'il y a un réseau de faux monnayeurs qui fonctionne actuellement à plein régime", a-t-on laissé entendre dans le giron de l'enquête policière.

De leur côté, la SBM et la poste ont émis des communiqués respectifs, niant toute responsabilité dans cette affaire. La SBM affirme qu'il n'y a "aucune preuve que de telles coupures proviennent de la banque" et insiste sur les procédures "rigoureuses" destinées à détecter toute entrée de fausses coupures dans son circuit interne. La poste, quant à elle, se targue de l'efficacité de ses équipements, qui ont permis la détection de ces faux billets.

Dans ces mêmes milieux, alors que les incidents survenus à Sainte-Croix la semaine dernière, -toujours à cause d'un faux billet - sont encore frais dans les mémoires, l'on ne pouvait faire abstraction d'une arrestation effectuée par la brigade anti-drogue. En effet, cette unité a appréhendé Laval Sambarkye, un des principaux suspects dans l'affaire du vol de Rs 51.8 millions de la MCB en 2005, pour une affaire de faux billets. En effet, sa compagne devait être arrêtée, dans un premier temps, relativement à des achats qu'elle aurait réglé avec un spurious bank note de Rs 500. Des suites d'une fouille effectuée en son domicile, cinq autres faux billets devaient être découverts. Lors de son interrogatoire, elle aurait fait comprendre aux enquêteurs que c'est son concubin, Laval Sambarkye qui était celui à qui appartenait cette monnaie de singe. Arrêté à son tour, Sambarkye se serait simplement contenté de dire qu'il avait "ramassé" ces billets à Roche-Bois.

Les enquêteurs de la CCID suivent également les développements dans cette affaire de très près, d'autant que les dernières affaires relatives à de la fausse monnaie s'est déroulée dans la banlieue nord de la capitale.


Tourism Authority v/s Pizza Hut de Quatre-Bornes

La juge Rehana Mungly-Gulbul réserve son jugement

La juge Rehana Mungly-Gulbul, qui siège en référée, a réservé son jugement pour le début de la semaine prochaine dans l'affaire qui oppose la Tourism Authority à Pizza Hut de Quatre-Bornes, une franchise que détient le groupe Happy World. C'est ce qu'elle a annoncé vendredi, après avoir entendu les arguments des avocats de deux parties, Me Jacques Panglose pour l'organisme placé sous la responsabilité du ministère du Tourisme de Xavier-Luc Duval et Me Ivan Collendavelloo pour Pizza Hut.

C'est par voie d'injonction prononcée par la même juge siégeant en référé que la Tourism Authority a obtenu la fermeture, le vendredi 9 mai dernier, de la succursale de Pizza Hut à Quatre-Bornes sur la route St-Jean. L'interdiction d'opérer visant cette enseigne a été prolongée depuis jusqu'à ce que la juge statue en début de semaine.

Pour Ivan Collendavelloo, l'avocat du groupe Happy Wolrd depuis des années, la Tourism Authority a une mauvaise lecture de la loi cadre et ce n'est que lorsqu'un restaurant destiné à la clientèle touristique que ce permis s'impose. Or, la branche de Quatre-Bornes, qui détient un permis d'opérer en bonne et due forme de l'administration municipale compétente, est, elle, principalement dédiée aux habitants de la ville et des environs.

Quant à Me Jacques Panglose, il a, lui, soutenu que ce permis de la Tourism Authority est obligatoire avant que l'opérateur ne commence ses activités. Il faut savoir, toutefois, pour la petite histoire, que ce ne sont pas toutes les antennes de Pizza Hut à travers l'île qui ont un permis de la TA, même celles qui sont dans des agglomérations à forte fréquentation de touristes.

La Tourism Authority a obtenu un ordre d'interdiction de la Cour sur la base du fait que la branche de Pizza Hut de Quatre-Bornes ne détient pas une licence délivrée par elle pour opérer. C'est lors d'une visite d'inspection, il y a quelques semaines que des officiers de la TA ont découvert que la franchise de pizzas ne disposait pas de licence et c'est sur cette base qu'elle a entré une action en Cour pour l'empêcher d'opérer.

Cette action a poussé à l'inactivité plus d'une vingtaine d'employés et a privé les Quatre-bornais d'un service qui a bien marché depuis son entrée en opération le 7 avril dernier.


Procès en Cour suprême

Indira Manrakhan obtient Rs 3 millions en dommages de l'État

L'ex-directrice de la défunte Economic Crime Office (ECO), Mme Indira Manrakhan, a obtenu des dommages de Rs 3 millions en Cour suprême des suites de son licenciement. Elle avait intenté un procès contre l'État, réclamant des dommages de Rs 24,5 millions.

Mme Manrakhan avait été licenciée de son poste le 27 décembre 2001, suite à un amendement Constitionnel. S'estimant lésée, elle avait entré une action en dommages contre l'Etat, réclamant à ce dernier des indemnités de Rs 4,8 millions représentant les salaires et autres allocations qu'elle n'avait pas perçues, et Rs 20 millions en termes de dommages moraux.

Les deux parties sont tombées d'accord sur le montant et les termes de l'accord ont été rapportés au chef juge intérimaire, Keshoe Parsad Matadeen, qui l'a ratifié.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 18 mai 2008