é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 18 mai 2008



À l'OMC - Facture alimentaire :perspectives inquiétantes !
Prix - Le fromage Kraft à Rs 57.20 la boîte depuis vendredi
Télécommunications - Mauritius Telecom enregistre plus de Rs 2 milliards de profits


À l'OMC

Facture alimentaire :perspectives inquiétantes !

Le problème de la facture d'importation alimentaire de Maurice a été un des dossiers évoqués devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) lors de la récente Trade Policy Review sur l'économie à Genève. Dans la conjoncture, de graves appréhensions ont été exprimées quant au poids de plus en plus insupportable du prix des aliments. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, n'a pas caché le fait que le dossier alimentaire figurera comme une des préoccupations majeures dans le prochain discours du budget à l'Assemblée nationale le vendredi 6 juin prochain.

" Mauritius still faces major challenges of food security and remains vulnerable to the volatility of international food prices and trade terms. " Le rapport présenté devant l'OMC vient confirmer la situation précaire dans laquelle se trouve Maurice face à la crise alimentaire qui secoue le monde depuis plusieurs mois déjà avec les risques potentiels de dérapage que ce soit sur le plan économique ou social. " As a Net Food Importing Developing country, Mauritius has been affected by the price surge in basic food commodities which led to deterioration in our balance of trade. This situation has put strains on our food sourcing capacity and has also constrained policy options ", lit-on dans le rapport qui a été publié sur le site web de l'OMC après les délibérations de la Trade Policy Review du mois dernier.

D'emblée, ce rapport souligne la contribution en baisse du secteur agricole au Produit intérieur brut depuis le début du siècle. " The contribution of the agricultural sector to GDP registered a decline from 7.3% in 2001 to 5% in 2007. For the sugar sector, which includes both sugar cane and sugar milling, the decline in contribution ran from 5.2% to 3.1% over the same period ", rappelle le document, qui met en exergue le fait que " Mauritius' increasing reliance on food imports, be it for direct consumption or for processing, has revealed the precarious nature of its food security ".

La gravité de la situation est présentée en tenant en ligne de compte les répercussions de la baisse de 36% du prix garanti sur le sucre exporté vers l'Union européenne. Jusqu'en 2005, la facture d'importation alimentaire se retrouvait presque à parité avec les recettes d'exportations de sucre. En effet, au cours de la période 2001 à 2005, la valeur moyenne des importations alimentaires était de Rs 8,1 milliards annuellement.

Mais, en 2005, la note d'importation alimentaire avait approché les Rs 10 millards et devait crever cette barre l'année dernière. " The food import bill is however just below the level of foreign currency earnings derived from sugar exports (Rs 10,536 million in 2005) ", souligne ce rapport dressant un bilan de l'évolution de l'économie au cours de ces dernières années.

La réduction drastique du prix du sucre sur le marché européen ne viendra nullement arranger la situation dans un contexte de flambée de prix alimentaire. Les auteurs de ce rapport concèdent ce fait en avançant que " the situation will most likely worsen in the near future as sugar prices drop (by 17% this year and by a total of at least 36% as from 2009) and food prices continue to soar on international markets. " " The plight of Mauritius as a Net Food Importing Developing Country (NFIDC) will require adequate redress measures, including those, which may be taken at the international level, namely the WTO. "

Tout en rappelant qu'au cours de la période de neuf ans pour la mise à exécution du nouveau régime sucrier élaboré par la Commission européenne - le manque à gagner sera de l'ordre de 895 millions d'euros -, les efforts de diversification agricole n'ont pas donné les résultats escomptés.

" In spite of various incentive measures, the overall results have been well below expectations, except for a few success stories such as the production of fresh vegetables, of poultry meat and eggs. This situation is mainly due to the fact that Mauritius suffers from a number of inherent constraints, including, inter alia, a narrow domestic market, pressure on land and on other natural resources, generally unfavourable agronomic and climatic conditions and the limited range of crops which can be grown on an economically viable scale ", mentionne le document sur Maurice.

En attendant les mesures que pourrait annoncer le vice-Premier ministre et ministre des Finances dans son prochain budget en vue de relancer le secteur des cultures vivrières et de la diversification agricole, l'OMC n'hésite pas à soutenir que " the increasing demand for better quality and safer products which can withstand the test of traceability will exert more pressure on the global market, as a result of which the supply of foodstuffs, particularly for net food importers like Mauritius, could well become problematic. " " In other words, having the financial means of buying food will no longer be synonymous with guaranteeing the food security of a nation. "


Prix

Le fromage Kraft à Rs 57.20 la boîte depuis vendredi

Le prix de vente recommandé de la boîte de fromage Kraft (250g) est passé, depuis vendredi, de Rs 50.90 à Rs 57.20, soit une hausse de 12 %. Depuis vendredi toujours, le prix du thon Tropical a aussi connu une hausse moyenne de 10 %.

IBL Consumer Goods explique cette hausse du prix du fromage Kraft par les "importantes augmentations" du prix du lait depuis le début de 2007. Et de soutenir, en effet, qu'alors que les prix des grandes marques de lait en poudre ont subi des hausses atteignant 60 % entre janvier 2007 et mai 2008, le fromage Kraft n'a, lui, augmenté que de 12 %.

Avec une hausse immédiate de 22 % du prix d'achat de ce fromage par IBL Consumer Goods, la compagnie explique, en substance, qu'elle a dû réviser le prix de vente recommandé dans les commerces.

Cette révision à la hausse, affirme IBL Consumer Goods, a tenu compte de la conjoncture alimentaire internationale de même que la situation qui prévaut dans le pays, dont l'appréciation de la roupie. La compagnie souligne que la hausse du prix recommandé est de "12 % uniquement".

Par ailleurs, le thon Tropical - autre produit distribué par IBL Consumer Goods - est, depuis vendredi, de 10 %, en moyenne, plus cher. Une augmentation due à la hausse des coûts des matières premières du fabricant : +50 % pour l'achat du thon et "pire encore" en ce qui concerne l'huile végétale, nous dit-on.

IBL Consumer Goods précise, néanmoins, que le prix des miettes de thon déjà plus accessible n'augmente que de 5 % ; les hausses plus conséquentes frappent le thon en morceaux et les steaks.


Télécommunications

Mauritius Telecom enregistre plus de Rs 2 milliards de profits

Mauritius Telecom (MT) a engrangé des profits après impôts de quelque Rs 2,1 milliards en 2007. C'est ce qui ressort du rapport annuel de la compagnie, rendu public vendredi dernier par son président et son directeur du Conseil d'administration. Bénéfices qualifiés de "remarquables" par ce dernier, qui estime que les investissements de l'entreprise en 2006-2007 portent leurs fruits. Cette excellente performance contribuera à améliorer les services offerts par la compagnie qui envisage, dans le cadre de son plan d'action à long terme, des projets régionaux.

Les revenus opérationnels de MT ont accusé une augmentation de 7,1 % par rapport à 2006 pour atteindre Rs 6,5 milliards, a annoncé le président de la compagnie nationale de télécommunication, Appalsamy Thomas. Passant en revue les réalisations de MT en 2007, il indique que pour la première fois, les bénéfices après impôts ont dépassé la barre des Rs 2 milliards pour atteindre Rs 2,143 Md. Cette somme représente une hausse de 7,5 % par rapport à 2006. La rentabilité par action est, elle, passée de Rs 10,47 à Rs 11,28, alors que le rendement sur les actifs nets a connu une croissance de 19 % à 21 %. Le total des dividendes distribués en 2007, incluant un déboursement exceptionnel en raison de la restructuration du bilan financier, s'est élevé à Rs 22,31 par action. Expliquant que les filiales de MT - Cellplus Mobile Communications Ltd, Call Services Ltd, Telecom Plus Ltd et Teleservices Ltd - ont contribué (en obtenant individuellement de bons résultats) positivement aux résultats du groupe, le Chief Executive Officer (CEO) de MT, Sarat Lallah, observe pour sa part que "l'exercice de restructuration organisationnelle, qui a été complété avec succès en 2007, constitue une étape essentielle dans la démarche de Mauritius Telecom de devenir un opérateur intégré".

Pour 2007, Cellplus a augmenté la capacité de son central de presque 29 % et celle de sa plate-forme IN de plus de 8 %. Alors qu'en novembre, la compagnie introduisait le service roaming 3G, en association avec Orange France, Cellplus a également mis sur le marché le BlackBerry et offre la solution Business Everywhere à sa clientèle. Une clientèle qui ne cesse de croître, souligne Appalsamy Thomas, indiquant que le nombre de clients mobile a augmenté de plus de 12 %, passant de 494 000 en 2006 à 555 000 en décembre 2007. Les revenus de Cellplus ont atteint Rs 2,6 milliards comparés à Rs 2,4 Md l'année précédente. Selon Appalsamy Thomas "la performance de MT résulte de sa stratégie judicieuse d'investir dans la modernisation et le renouvellement de ses équipements, notamment dans les domaines de l'Internet haut débit, le mobile et les technologies convergentes". De son côté, Sarat Lallah souligne que Telecom Plus, qui comptait, à fin décembre 2007, environ 44 000 clients Internet dial-up, a, généré des revenus de Rs 477 millions pour l'année écoulée, représentant une hausse de 2,2 % sur l'année précédente. Le nombre de ses clients ADSL s'élevant à 13 000 a connu une hausse de 22 %. Call Services, qui propose un centre d'appels ainsi qu'un service de renseignements téléphoniques a pour sa part, généré des revenus de Rs 74,2 millions en 2007, comparé à Rs 65 M en 2006. Les profits nets de la compagnie ont augmenté de 100 % entre 2006 et 2007. Au niveau de Teleservices, engagé dans le secteur des annuaires, les revenus ont augmenté de 9,9 % en 2007, avec une croissance d'EBITDA (Earnings before interest, taxes, depreciation and amortization) de 31 %.

Le directeur de MT souligne la hausse du nombre de ports ADSL de presque 60 %, afin de répondre à la demande croissante des services broadband, rappelant de même le déploiement des unités FTTC (Fibre to the Cabinet), visant à étendre les facilités broadband à des régions éloignées du central qui n'avaient pas accès aux connexions ADSL. Appalsamy Thomas fait ressortir qu'entre 2003 et 2006, la compagne a réduit les tarifs ADSL d'environ 46 %. Néanmoins, seulement 24 % des foyers mauriciens étaient équipés d'un ordinateur en 2006, d'où le lancement du projet NetPC, visant à encourager l'utilisation de l'Internet et de l'ADSL à Maurice et permettre à plus de familles de posséder un outil informatique. Selon le directeur de MT, le lancement de My. T, en juillet 2006, a également contribué, de manière significative, à la pénétration du broadband dans les foyers mauriciens. De 2006 à décembre 2007, le nombre d'abonnés à ce service est passé de 6 000 à 15 600. Notons qu'à la fin de 2007, Mauritius Telecom comptait environ 333 000 clients lignes fixes, 43 800 clients dial-up et 28 600 clients broadband (ADSL et My. T). Sarat Lallah se dit confiant que grâce aux efforts de la compagnie, Mauritius Telecom atteindra la barre d'un million d'abonnés en 2008.

Projets : expansion régionale

La bonne performance de la compagnie va bénéficier non seulement aux principaux actionnaires mais également aux 2 104 employés et anciens employés, actionnaires de la compagnie, soutient la direction de MT. Ainsi, l'année en cours s'annonce prometteuse affirment les directeurs de MT, avec quelques nouveaux projets en chantier, même si malgré le bilan remarquable pour 2007, la compagnie n'envisage pas de baisses spectaculaires au niveau de l'Internet et du mobile. Sarat Lallah rappelle toutefois que, de 2003 à 2006, le groupe a réduit les tarifs de l'ADSL de 46 %. Il indique que des efforts ont été consentis sur la ligne dédiée de 2 mégabits reliant Maurice à Paris, soit trois baisses ramenant les tarifs de 126 000 US$ à 63 000 US$.

Le défi de MT "sera d'améliorer l'efficience, créer des conditions d'emploi plus flexibles tout en maintenant la compétitivité". Parmi ses projets sur le plan national, MT travaille sur un projet pour améliorer le taux de pénétration des ordinateurs dans les foyers. Le CEO du groupe annonce l'expansion régionale du groupe, envisagée notamment à travers son partenariat avec Orange. Deux projets sont à l'étude, dont celui d'un actionnariat au sein de Telkom Kenya, et éventuellement avec un pays anglophone de la région.


Téléphonie: Baisse des tarifs

Les prix des appels téléphoniques ont été revus à la baisse depuis jeudi dernier. Une décision de l'Information & Communication Technologies Authority (ICTA) faisant suite à la requête de Mauritius Telecom (MT) de revoir la grille tarifaire. Ainsi, depuis minuit jeudi soir, les abonnés de MT, souhaitant faire un appel d'un poste fixe vers un autre poste fixe à Rodrigues, déboursent Rs 0,85 la première minute, contre Rs 3,85 anciennement, et par la suite, un sou par seconde durant les heures de pointe ; le tarif passe à 60 sous pendant les heures creuses. L'appel d'un fixe à Maurice vers un mobile à Rodrigues passe de Rs 3,90 à Rs 1,75 et par la suite, un sou par seconde.

Les tarifs pour l'international sont également en baisse, celui vers toutes les destinations baisse de 30 sous par minute, via le code d'accès 020 de MT. La facturation d'un appel vers la Réunion aux heures de pointe passe de Rs 9 à Rs 8,70, alors que durant les heures creuses elle passe de Rs 7,20 à Rs 6,90. Pour les pays tels que les Comores, l'Éthiopie, le Kenya, le Lesotho, Mayotte, l'Ouganda, les Seychelles et la Tanzanie, l'appel passe de Rs 10,20 à Rs 9,90 aux heures de pointe, et aux heures creuses de Rs 9 à Rs 8,70. Pour l'Afrique du Sud, l'Australie, la Belgique, le Botswana, la Chine, les Émirats Arabes Unis, l'Espagne, les États-Unis, la France, Hong Kong, l'Italie, l'Inde, le Japon, Madagascar, les Pays Bas, le Royaume Uni, la Russie, la Zambie ou le Zimbabwe, entre autres, la facturation est désormais de Rs 10,50 aux heures de pointe et de Rs 9,60 à Rs 9,30 aux heures creuses. Pour les appels internationaux à partir des cartes Sezam, les tarifs ont baissé jusqu'à 5 % pour la plupart des destinations. Néanmoins, pour la Chine, le Sri Lanka, le Bangladesh et l'Inde, les prix baissent de 17 %, 22 %, 41 % et 36 % respectivement. Notons que le Conseil d'administration de l'ICTA devrait se réunir pour débattre d'autres réductions, notamment des appels du mobile vers le fixe.



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