Le problème de la facture d'importation alimentaire de
Maurice a été un des dossiers évoqués
devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) lors de la récente
Trade Policy Review sur l'économie à Genève.
Dans la conjoncture, de graves appréhensions ont été
exprimées quant au poids de plus en plus insupportable
du prix des aliments. Le vice-Premier ministre et ministre des
Finances, Rama Sithanen, n'a pas caché le fait que le dossier
alimentaire figurera comme une des préoccupations majeures
dans le prochain discours du budget à l'Assemblée
nationale le vendredi 6 juin prochain.
" Mauritius still faces major challenges of food security
and remains vulnerable to the volatility of international food
prices and trade terms. " Le rapport présenté
devant l'OMC vient confirmer la situation précaire dans
laquelle se trouve Maurice face à la crise alimentaire
qui secoue le monde depuis plusieurs mois déjà avec
les risques potentiels de dérapage que ce soit sur le plan
économique ou social. " As a Net Food Importing
Developing country, Mauritius has been affected by the price surge
in basic food commodities which led to deterioration in our balance
of trade. This situation has put strains on our food sourcing
capacity and has also constrained policy options ",
lit-on dans le rapport qui a été publié
sur le site web de l'OMC après les délibérations
de la Trade Policy Review du mois dernier.
D'emblée, ce rapport souligne la contribution en baisse
du secteur agricole au Produit intérieur brut depuis le
début du siècle. " The contribution of the
agricultural sector to GDP registered a decline from 7.3% in 2001
to 5% in 2007. For the sugar sector, which includes both sugar
cane and sugar milling, the decline in contribution ran from 5.2%
to 3.1% over the same period ", rappelle le document,
qui met en exergue le fait que " Mauritius' increasing
reliance on food imports, be it for direct consumption or for
processing, has revealed the precarious nature of its food security
".
La gravité de la situation est présentée
en tenant en ligne de compte les répercussions de la baisse
de 36% du prix garanti sur le sucre exporté vers l'Union
européenne. Jusqu'en 2005, la facture d'importation alimentaire
se retrouvait presque à parité avec les recettes
d'exportations de sucre. En effet, au cours de la période
2001 à 2005, la valeur moyenne des importations alimentaires
était de Rs 8,1 milliards annuellement.
Mais, en 2005, la note d'importation alimentaire avait approché
les Rs 10 millards et devait crever cette barre l'année
dernière. " The food import bill is however just
below the level of foreign currency earnings derived from sugar
exports (Rs 10,536 million in 2005) ", souligne ce rapport
dressant un bilan de l'évolution de l'économie au
cours de ces dernières années.
La réduction drastique du prix du sucre sur le marché
européen ne viendra nullement arranger la situation dans
un contexte de flambée de prix alimentaire. Les auteurs
de ce rapport concèdent ce fait en avançant que
" the situation will most likely worsen in the near future
as sugar prices drop (by 17% this year and by a total of at least
36% as from 2009) and food prices continue to soar on international
markets. " " The plight of Mauritius as a Net Food Importing
Developing Country (NFIDC) will require adequate redress measures,
including those, which may be taken at the international level,
namely the WTO. "
Tout en rappelant qu'au cours de la période de neuf ans
pour la mise à exécution du nouveau régime
sucrier élaboré par la Commission européenne
- le manque à gagner sera de l'ordre de 895 millions d'euros
-, les efforts de diversification agricole n'ont pas donné
les résultats escomptés.
" In spite of various incentive measures, the overall
results have been well below expectations, except for a few success
stories such as the production of fresh vegetables, of poultry
meat and eggs. This situation is mainly due to the fact that Mauritius
suffers from a number of inherent constraints, including, inter
alia, a narrow domestic market, pressure on land and on other
natural resources, generally unfavourable agronomic and climatic
conditions and the limited range of crops which can be grown on
an economically viable scale ", mentionne le document
sur Maurice.
En attendant les mesures que pourrait annoncer le vice-Premier
ministre et ministre des Finances dans son prochain budget en
vue de relancer le secteur des cultures vivrières et de
la diversification agricole, l'OMC n'hésite pas à
soutenir que " the increasing demand for better quality
and safer products which can withstand the test of traceability
will exert more pressure on the global market, as a result of
which the supply of foodstuffs, particularly for net food importers
like Mauritius, could well become problematic. " " In
other words, having the financial means of buying food will no
longer be synonymous with guaranteeing the food security of a
nation. "
Prix
Le fromage Kraft à Rs 57.20 la boîte depuis vendredi
Le prix de vente recommandé de la boîte de fromage
Kraft (250g) est passé, depuis vendredi, de Rs 50.90 à
Rs 57.20, soit une hausse de 12 %. Depuis vendredi toujours, le
prix du thon Tropical a aussi connu une hausse moyenne de 10 %.
IBL Consumer Goods explique cette hausse du prix du fromage Kraft
par les "importantes augmentations" du prix du lait
depuis le début de 2007. Et de soutenir, en effet, qu'alors
que les prix des grandes marques de lait en poudre ont subi des
hausses atteignant 60 % entre janvier 2007 et mai 2008, le fromage
Kraft n'a, lui, augmenté que de 12 %.
Avec une hausse immédiate de 22 % du prix d'achat de ce
fromage par IBL Consumer Goods, la compagnie explique, en substance,
qu'elle a dû réviser le prix de vente recommandé
dans les commerces.
Cette révision à la hausse, affirme IBL Consumer
Goods, a tenu compte de la conjoncture alimentaire internationale
de même que la situation qui prévaut dans le pays,
dont l'appréciation de la roupie. La compagnie souligne
que la hausse du prix recommandé est de "12 % uniquement".
Par ailleurs, le thon Tropical - autre produit distribué
par IBL Consumer Goods - est, depuis vendredi, de 10 %, en moyenne,
plus cher. Une augmentation due à la hausse des coûts
des matières premières du fabricant : +50 % pour
l'achat du thon et "pire encore" en ce qui concerne
l'huile végétale, nous dit-on.
IBL Consumer Goods précise, néanmoins, que le prix
des miettes de thon déjà plus accessible n'augmente
que de 5 % ; les hausses plus conséquentes frappent le
thon en morceaux et les steaks.
Télécommunications
Mauritius Telecom enregistre plus de Rs 2 milliards de profits
Mauritius Telecom (MT) a engrangé des profits après
impôts de quelque Rs 2,1 milliards en 2007. C'est ce qui
ressort du rapport annuel de la compagnie, rendu public vendredi
dernier par son président et son directeur du Conseil d'administration.
Bénéfices qualifiés de "remarquables"
par ce dernier, qui estime que les investissements de l'entreprise
en 2006-2007 portent leurs fruits. Cette excellente performance
contribuera à améliorer les services offerts par
la compagnie qui envisage, dans le cadre de son plan d'action
à long terme, des projets régionaux.
Les revenus opérationnels de MT ont accusé une augmentation
de 7,1 % par rapport à 2006 pour atteindre Rs 6,5 milliards,
a annoncé le président de la compagnie nationale
de télécommunication, Appalsamy Thomas. Passant
en revue les réalisations de MT en 2007, il indique que
pour la première fois, les bénéfices après
impôts ont dépassé la barre des Rs 2 milliards
pour atteindre Rs 2,143 Md. Cette somme représente une
hausse de 7,5 % par rapport à 2006. La rentabilité
par action est, elle, passée de Rs 10,47 à Rs 11,28,
alors que le rendement sur les actifs nets a connu une croissance
de 19 % à 21 %. Le total des dividendes distribués
en 2007, incluant un déboursement exceptionnel en raison
de la restructuration du bilan financier, s'est élevé
à Rs 22,31 par action. Expliquant que les filiales de MT
- Cellplus Mobile Communications Ltd, Call Services Ltd, Telecom
Plus Ltd et Teleservices Ltd - ont contribué (en obtenant
individuellement de bons résultats) positivement aux résultats
du groupe, le Chief Executive Officer (CEO) de MT, Sarat
Lallah, observe pour sa part que "l'exercice de restructuration
organisationnelle, qui a été complété
avec succès en 2007, constitue une étape essentielle
dans la démarche de Mauritius Telecom de devenir un opérateur
intégré".
Pour 2007, Cellplus a augmenté la capacité de son
central de presque 29 % et celle de sa plate-forme IN de plus
de 8 %. Alors qu'en novembre, la compagnie introduisait le service
roaming 3G, en association avec Orange France, Cellplus a également
mis sur le marché le BlackBerry et offre la solution Business
Everywhere à sa clientèle. Une clientèle
qui ne cesse de croître, souligne Appalsamy Thomas, indiquant
que le nombre de clients mobile a augmenté de plus de 12
%, passant de 494 000 en 2006 à 555 000 en décembre
2007. Les revenus de Cellplus ont atteint Rs 2,6 milliards comparés
à Rs 2,4 Md l'année précédente. Selon
Appalsamy Thomas "la performance de MT résulte
de sa stratégie judicieuse d'investir dans la modernisation
et le renouvellement de ses équipements, notamment dans
les domaines de l'Internet haut débit, le mobile et les
technologies convergentes". De son côté,
Sarat Lallah souligne que Telecom Plus, qui comptait, à
fin décembre 2007, environ 44 000 clients Internet dial-up,
a, généré des revenus de Rs 477 millions
pour l'année écoulée, représentant
une hausse de 2,2 % sur l'année précédente.
Le nombre de ses clients ADSL s'élevant à 13 000
a connu une hausse de 22 %. Call Services, qui propose un centre
d'appels ainsi qu'un service de renseignements téléphoniques
a pour sa part, généré des revenus de Rs
74,2 millions en 2007, comparé à Rs 65 M en 2006.
Les profits nets de la compagnie ont augmenté de 100 %
entre 2006 et 2007. Au niveau de Teleservices, engagé dans
le secteur des annuaires, les revenus ont augmenté de 9,9
% en 2007, avec une croissance d'EBITDA (Earnings before interest,
taxes, depreciation and amortization) de 31 %.
Le directeur de MT souligne la hausse du nombre de ports ADSL
de presque 60 %, afin de répondre à la demande croissante
des services broadband, rappelant de même le déploiement
des unités FTTC (Fibre to the Cabinet), visant à
étendre les facilités broadband à des régions
éloignées du central qui n'avaient pas accès
aux connexions ADSL. Appalsamy Thomas fait ressortir qu'entre
2003 et 2006, la compagne a réduit les tarifs ADSL d'environ
46 %. Néanmoins, seulement 24 % des foyers mauriciens étaient
équipés d'un ordinateur en 2006, d'où le
lancement du projet NetPC, visant à encourager l'utilisation
de l'Internet et de l'ADSL à Maurice et permettre à
plus de familles de posséder un outil informatique. Selon
le directeur de MT, le lancement de My. T, en juillet 2006, a
également contribué, de manière significative,
à la pénétration du broadband dans les foyers
mauriciens. De 2006 à décembre 2007, le nombre d'abonnés
à ce service est passé de 6 000 à 15 600.
Notons qu'à la fin de 2007, Mauritius Telecom comptait
environ 333 000 clients lignes fixes, 43 800 clients dial-up et
28 600 clients broadband (ADSL et My. T). Sarat Lallah se dit
confiant que grâce aux efforts de la compagnie, Mauritius
Telecom atteindra la barre d'un million d'abonnés en 2008.
Projets : expansion régionale
La bonne performance de la compagnie va bénéficier
non seulement aux principaux actionnaires mais également
aux 2 104 employés et anciens employés, actionnaires
de la compagnie, soutient la direction de MT. Ainsi, l'année
en cours s'annonce prometteuse affirment les directeurs de MT,
avec quelques nouveaux projets en chantier, même si malgré
le bilan remarquable pour 2007, la compagnie n'envisage pas de
baisses spectaculaires au niveau de l'Internet et du mobile. Sarat
Lallah rappelle toutefois que, de 2003 à 2006, le groupe
a réduit les tarifs de l'ADSL de 46 %. Il indique que des
efforts ont été consentis sur la ligne dédiée
de 2 mégabits reliant Maurice à Paris, soit trois
baisses ramenant les tarifs de 126 000 US$ à 63 000 US$.
Le défi de MT "sera d'améliorer l'efficience,
créer des conditions d'emploi plus flexibles tout en maintenant
la compétitivité". Parmi ses projets sur
le plan national, MT travaille sur un projet pour améliorer
le taux de pénétration des ordinateurs dans les
foyers. Le CEO du groupe annonce l'expansion régionale
du groupe, envisagée notamment à travers son partenariat
avec Orange. Deux projets sont à l'étude, dont celui
d'un actionnariat au sein de Telkom Kenya, et éventuellement
avec un pays anglophone de la région.
Téléphonie: Baisse des tarifs