Notre invité de cette semaine est Serge Ng Tat Chung, recteur
du collège St Joseph. C'est en tant que président
de la Fédération des managers des collèges
privés (FMCP) qu'il répond à nos questions
sur les récentes grèves annoncées et révoquées
et les demandes de démission du ministre de l'Éducation.
Il a répondu à ces questions dans le cadre d'une
interview réalisée jeudi après-midi à
Curepipe.
Serge Ng Tat Chung, commençons par la question que se
posent tous les Mauriciens : pourquoi fallait que les collèges
privés fassent une grève illimitée et surtout
pourquoi cette grève n'a-t-elle pas eu lieu ?
La grève annoncée concernait spécifiquement
une catégorie d'enseignants : ceux qui sont dans le secteur
privé non confessionnels et font partie de l'UPSEE (Ndlr
: Union of Private Secondary Education Employees). Leurs représentants
sont venus voir la Fédération des managers des collèges
privés pour expliquer leur cause et nous demander un soutien.
Après les avoir écouté, nous sommes arrivés
à la conclusion que leur cause - concernant la préservation
de l'emploi - était juste et leur avons promis de ne rien
faire qui puisse entraver leur grève. Il ne faut pas confondre
cette action avec celle entreprise par la FMCP. Depuis deux ans,
cette fédération fait face à une situation
d'indifférence et d'immobilisme de la part du ministre
et du ministère de l'Éducation. Depuis deux ans,
nous siégeons dans un comité présidé
par le PS du ministère pour discuter de nos problèmes
et aucune solution n'a été trouvée. Depuis
septembre 2007 jusqu'à la fin d'avril 2008, la fédération
n'a pas eu de rencontre avec le ministre de l'Éducation
et ses officiers malgré de multiples demandes de notre
part.
Donc, la FMCP se lance dans la grève pour informer le
public de cette situation de non dialogue en réclamant
la démission du ministre Gokhool
Non. La fédération n'avait pas encore décidé
du genre d'action à entreprendre pour informer le public
que nous devions faire face à l'indifférence ou
le mépris du ministère à notre égard.
Nous étions dans un processus de consultation avec nos
partenaires du secondaire pour trouver un moyen de faire entendre
notre protestation quand sont arrivées les inondations
et la mort malheureuse de la petite Laura Paul. À partir
de là, la seule rhétorique qui nous restait était
de réclamer de départ du ministre Gokhool. Parce
qu'au moment des inondations, tout secteur éducatif se
retrouvait dans cette situation d'indifférence, d'isolement
et de mépris du ministre à notre endroit. À
partir de là, nous avons considéré que c'était
une situation qui tombait bien
Que c'était en fin de compte une occasion idéale
pour exprimer votre sentiment vis-à-vis du ministère
en réclamant la démission du ministre
Ce n'était pas une occasion. C'était une manière
de décrire la situation que nous vivions. Nous avons réclamé
la démission du ministre tout en sachant qu'il ne partirait
pas. C'était une déclaration forte pour attirer
l'attention sur une situation d'injustice et de frustration dans
laquelle nous étions.
Vous dites que réclamer la démission du ministre
Gokhool n'était pas votre combat mais vous l'avez quand
même mené ! Vous auriez accepté qu'un élève
vous dise la même chose ?
Notre combat n'était pas la démission du ministre,
mais nous l'avons réclamée parce que c'était
une manière de faire entendre haut et fort notre cri de
frustration.
La démission de M. Gokhool aurait-elle réglé
tous les problèmes du secondaire privé, selon vous
?
La démission, je ne sais pas. Mais la survie du secteur
secondaire privé demandait qu'un cri fort se fasse entendre
sur la place publique.
Ne l'avez-vous pas expliqué au moment où le cri
fort a été poussé ? C'est peut-être
pour cette raison que les Mauriciens n'ont pas bien saisi les
raisons derrière le mouvement
Peut-être. Et merci de me donner l'occasion, avec le recul
et la sérénité, d'apporter un éclairage
nécessaire à cette situation. Au moment où
le cri est poussé, nous étions exaspérés.
Pendant deux ans, nous n'avons été ni écoutés,
ni entendus. Depuis le 7 septembre 2007, tous les ponts étaient
coupés entre le ministère de l'Éducation
en le secteur secondaire privé. Un secteur qui représente
près de 120 000 élèves à travers 90
collèges, qui est partenaire à plus de 60% de l'éducation
nationale qui vit et subit une situation de discrimination et
d'injustice par rapport aux collèges d'État. Les
collèges privés ont été appelés
en 1976 à participer à l'éducation nationale
dans le respect de l'égalité, ce qui n'est du tout
le cas quand on compare ce que le gouvernement alloue à
un élève d'un collège d'État et celui
d'un collège privé.
Les chiffres dont on dispose affirment que l'État dépense
Rs 33 393 pour un élève d'un collège public
et seulement Rs 19 635 pour un élève du privé
Merci pour ces chiffres qui parlent d'eux-mêmes. Mais il
n'y a pas seulement une question de coût, mais aussi une
question de traitement. Les enseignants des collèges d'État
sont recrutés sans planification dans le cadre d'un braconnage
dans les collèges privés qui privent nos élèves
d'enseignants. Il existe dans les collèges d'État
un pool d'enseignants pour faire du remplacement. Nous,
dans le privé, nous n'avons pas les moyens de le faire,
ce qui nuit à nos élèves.
Depuis quand existe cette situation d'injustice ?
Depuis un bon moment, depuis trop longtemps. Cette situation d'injustice
est faite d'un ensemble d'éléments qui mènent
vers la médiocrité du secteur et à terme
à celle des élèves.
Mais pourquoi avoir attendu la grève et les inondations
pour le faire savoir, pour le dénoncer ?
Il y a eu une pression lente, inexorable qui nous a poussés
vers ce type de réaction. Ce n'était pas une situation
ponctuelle exploitée de manière opportuniste. Ce
sont des pédagogues et des éducateurs qui ont fait
leurs preuves en termes de responsabilité, de prise d'initiatives
pédagogiques et de résultats qui souffrent d'une
situation d'injustice qui se sont exprimés.
Mais quelle est la base, le point de départ de cette
injustice qui fait qu'un enfant mauricien allant dans un collège
d'État bénéficie d'un meilleur traitement
qu'un enfant mauricien fréquentant un collège privé,
les deux étant financés par l'argent des contribuables
?
Je n'ai malheureusement pas de réponse à cette question.
Je peux cependant vous dire que le secteur éducatif a eu
bien souvent des ministres de l'Éducation qui se sont comportés
comme des représentants du secteur public avec une grosse
préoccupation pour le bien-être des élèves
et des enseignants du public. Nous avons eu nous à nous
battre bec et ongles pour faire savoir que nous existons ; ensuite
pour dire que nous ne pouvons pas avoir au sein de la République
de Maurice une éducation à deux vitesses ; que nous
ne pouvons pas nous permettre d'avoir des élèves
de deux catégories financés par les mêmes
taxpayers et que les parents doivent être traités
sur un pied d'égalité, comme leurs enfants.
Mais comment se fait-il que le privé qui est, vous venez
de l'affirmer, majoritaire dans le secondaire, se laisse-t-il
maltraiter de cette manière ?
Je ne sais pas, mais en tout cas ce n'est plus possible. C'est
ce que nous avons dit et répété dans le processus
de conscientisation et de consultation avec nos partenaires dont
je vous ai parlé au début de cette interview. Au
cours de ce processus, nous avons également eu l'occasion
de rencontrer les associations de parents d'élèves
pour les mettre au courant de la situation et pour leur demander
de nous aider à nous faire entendre.
Tous ces partenaires consultés étaient-ils d'accord
pour la grève ?
Il faut que cela soit bien clair : la grève ne concernait
que les enseignants des collèges confessionnels faisant
partie de l'UPSEE. Pour sa part, la FMCP cherchait à déterminer,
dans le processus de consultation, une action forte assumée
par un collectif de tous les partenaires du secondaire.
En mettant en première ligne les collégiens
Loin de nous cette pensée. Toute cette action n'avait pour
but que la défense des intérêts de ces élèves
à travers les parents et les enseignants. Les parents étaient
motivés et déterminés à faire savoir
qu'ils existent et qu'on devait donner au secteur privé
du secondaire l'égalité de traitement par rapport
aux collèges publics ; que dans le secondaire le privé
est un secteur qui compte et que le combat n'en était pas
un d'individus, mais celui d'un secteur qui veut obtenir la reconnaissance
qui lui est due par rapport au secteur public. C'est un combat
de droit et de justice pour les élèves. Mais je
le répète encore : l'action forte n'avait pas été
déterminée.
Si on vous a bien suivi, quand l'UPSEE annonce sa grève
et que la FMCP réclame la démission du ministre
Gokhool, ces déclarations n'engagent que ces deux entités
et pas l'ensemble du secteur secondaire privé
Oui. Ce sont deux entités distinctes faisant deux mouvements
distincts dont nous étions solidaires.
Mais, alors, pourquoi a-t-on laissé croire que l'ensemble
du secteur secondaire privé allait se lancer dans une grève
générale si les revendications de l'UPSEE n'étaient
pas satisfaites et que le ministre de l'Éducation ne démissionnait
pas ?
La perception que nous allions vers la grève générale
était mauvaise.
Expliquez-vous
Le mot de grève c'est l'UPSEE, la demande de démission
du ministre c'est la fédération des managers mais
qui n'avait pas encore déterminé l'action qu'elle
allait organiser pour mobiliser le secteur et elle n'avait jamais
annoncé sa participation à la grève.
Il devient de plus en plus difficile de comprendre vos explications.
Dans l'opinion publique, qui ne connaît pas les spécificités
des acteurs du secondaire privé et leurs revendications,
tout cela faisait désordre. Un désordre qui allait
même sombrer dans la confusion, pour ne pas dire le ridicule,
quand on a appris que la grève qui n'avait même pas
commencé avait été annulée
Il y a eu un amalgame entre différentes choses dans cette
affaire. La dernière partie de votre phrase devrait être
adressée aux représentants de ceux qui avaient lancé
de mot de grève : l'UPSEE. C'est une grève que ce
syndicat annonce et qui du jour au lendemain est révoquée
sur un motif d'illégalité. Il appartient aux représentants
de ce syndicat de venir expliquer le bien-fondé de leur
grève et surtout sa révocation organisée,
semble-t-il, depuis les bureaux du ministère de l'Éducation.
Permettez-moi de raconter les détails de cette étrange
affaire. Le 24 avril, je reçois un fax qui m'informe que
le ministère de l'Éducation souhaite rencontrer
la fédération le lendemain.
Donc, subitement, le ministère rétablit le dialogue
avec la fédération à la veille du 1er-Mai
Exactement. Mais ce n'est pas fini. Je reçois, quelques
minutes plus tard, un deuxième fax adressé à
l'UPSEE pour l'informer que la fédération rencontrait
le ministre le 24, le jour même. Je me rends immédiatement
compte que c'est une manipulation et je demande à un des
collègues de prendre contact avec l'UPSEE pour l'informer
de la chose. Et c'est là que l'on apprend que l'UPSEE,
qui venait subitement de découvrir que sa grève
serait illégale, va la révoquer. Et on apprend aussi
que tous les points soulevés par l'UPSEE et que le ministre
avait refusé de considérer avaient été
subitement acceptés par le ministère. Tout rentre
dans l'ordre et le responsable de l'UPSEE oublie que dans la semaine
il venait d'être traité de récidiviste politique
notoire par le ministre.
Du point de vue politique, le ministère de l'Éducation
a monté une opération géniale qui a permis
de lui enlever les échardes que constituaient les menaces
de l'UPSEE et de la FMCP à la veille du 1er-Mai
C'est votre interprétation.
On lit dans la presse que les managers sortent de la fameuse
réunion avec le ministère avec le sourire de satisfaction
sur les lèvres
C'est une façon de dire. Nous avions en tout cas obtenu
une chose : que le dialogue est renoué. Un certain nombre
de points que nous estimons de première urgence ont été
considérés lors de cette réunion et d'autres,
plus compliqués, demanderont d'autres consultations. Le
dialogue est renoué après deux ans, mais nous allons
être particulièrement attentifs et vigilants pour
que nous ayons un vrai dialogue et pas uniquement une opération
politique dans le cadre du 1er-Mai. J'insiste sur le fait que
le but de l'ensemble de nos actions est de parvenir à une
situation dans laquelle TOUS les enfants mauriciens soient traités
sur un pied d'égalité dans le système éducatif.
Eu égard à ce qui vient de se passer, on pourrait
dire que le ministère de l'Éducation ne dialogue
que sous la menace
C'est dommage d'avoir à le reconnaître. On n'aurait
pas dû attendre deux ans pour ouvrir le dialogue. D'autant
plus que ce que nous réclamons n'est pas la mer à
boire, mais juste les moyens pour nous permettre de continuer
à offrir nos services et notre expérience aux élèves
mauriciens.
Le dialogue étant renoué vous ne réclamez
plus la démission de Gokhool ?
Cette démission était réclamée dans
un contexte et par rapport à une rhétorique qui
était nécessaire à la situation d'indifférence
qui avait trop duré. Ce que nous voulons c'est que notre
cause soit entendue et que les enfants qui sont dans nos écoles
puissent avoir les mêmes droits que ceux des collèges
d'État.
La FMCP n'a-t-elle pas laissé quelques plumes dans ce
que vous appelez une rhétorique nécessaire pour
faire entendre votre voix ?
Allons dire qu'il y a eu énormément de temps perdu,
énormément de fatigue. Mais si on peut obtenir pour
nos enfants, ne serait-ce que pour les élèves du
prévocationnel, la possibilité d'avoir un avenir
; si on peut donner des solutions aux problèmes d'indiscipline
et de main-d'uvre la considération voulue ; si on
peut permettre que notre staffing soit stable et adéquat
pour répondre aux défis de l'éducation d'aujourd'hui
; si on pouvait nous donner les moyens d'assurer notre développement
en termes d'espace et d'équipements pour que le pays puisse,
sur le plan éducatif, enregistrer des avancées,
alors qu'importent les plumes perdues dans les batailles inutiles.
Au risque d'être cynique, mais n'avez-vous pas le sentiment
que la fédération s'est fait rouler dans le cadre
d'une opération politique pour le 1er-Mai ? Et que le risque
de retourner à la case départ, c'est-à-dire
l'absence de dialogue existe
Je n'exclus pas cette perspective. Nous sommes assez lucides pour
le faire. Notre passé de négociations est suffisamment
riche d'enseignements pour nous suggérer davantage de prudence.
Je n'exclus pas que la révocation de la grève et
la démobilisation du mouvement qui était en train
de se mettre en place aient fait partie d'un agenda du 1er-Mai.
Mais nous allons être positifs et très ouverts dans
la démarche que le ministère a initiée. Dans
la mesure où nos demandes sont entendues, dans la mesure
où nous pouvons avoir les moyens de donner le type d'éducation
que l'île Maurice d'aujourd'hui souhaite pour ses enfants,
nous sommes partants. Il est dommage que nous ayons été
obligés d'en arriver à cette situation, à
menacer de descendre dans la rue, à réclamer des
démissions, à, comme vous l'avez souligné,
mal dire et mal communiquer nos actions dans sa globalité.
Ce qui est essentiel c'est que le secteur du secondaire est en
ébullition, un peu confuse ici et là, je l'admets,
mais c'est une ébullition légitime.
Même si le syndicat a faussement affirmé que les
collèges confessionnels allaient se mettre en grève
?
C'est faux. Ce qui est vrai c'est la facilité avec laquelle
l'UPSEE s'est précipitée dans ce que vous appelez
l'opération politique du 1er-Mai.
Revenons à une question à laquelle vous avez
un peu rapidement répondu. En fin de compte, le ministère
de l'Éducation a réussi un coup de génie
politique en réussissant à faire révoquer
la grève et à ramener la fédération
à la table des discussions, mais également à
introduire le ver dans le fruit des relations entre ces deux entités
Vous pensez que gérer l'éducation nationale consiste
à introduire des vers dans les relations entre les syndicats
et les fédérations ? Je récuse ce type de
"génie". Si seulement 5% de ce "génie"
étaient utilisés à faire fonctionner correctement
le système d'éducation mauricien
Ce qui est
important c'est de faire avancer des causes qui ont pour objectif
: justice rendue aux enfants. Nous ne sommes pas là pour
créer des animosités entre X ou Y composante du
secteur éducatif secondaire. Même si le ministère
a tenté une opération politique, notre grille de
lecture de l'événement est d'avoir enfin, confusion
ou pas, réussi à rendre possible le dialogue. Maintenant
que le dialogue est rétabli, j'espère que tous les
hommes et les femmes de bonne volonté autour de la table
vont avoir pour seul objectif l'intérêt des enfants
dont nous avons la responsabilité.
Sortez-vous de cet épisode blessé, aigri ?
Non. Serein, avec toutefois une dose de scepticisme. Serein parce
que je ne désespère pas de nos interlocuteurs et
que je n'ai aucune raison de mettre en cause leur bonne foi. J'espère
que l'avenir me donnera tort d'avoir été sceptique
et que nous allons atteindre nos objectifs.
Est-ce que le ministre de l'Éducation est venu à
la fameuse réunion de réouverture du dialogue entre
le ministère et la FMCP ?
Il n'y était pas, mais ce n'était pas sa personne
qui comptait
Pardon, mais sa présence aurait été hautement
symbolique dans le processus du dialogue renoué
Je lui laisse la responsabilité de sa non présence.
Je crois que son PS, l'homme qui décide en dernier recours,
était là et, me concernant, ça me suffisait.
Il y avait aussi les principaux cadres du ministère et
surtout un climat de dialogue retrouvé et une bonne volonté
manifestée. On aurait tellement souhaité de notre
côté ne pas avoir eu à attendre tout ce temps
pour aboutir à cette réunion. Si seulement au bon
moment le geste salutaire avait été fait, que d'énergie,
que de temps n'auraient pas été gaspillés.
Votre sentiment est-il partagé par vos interlocuteurs
du ministère de l'Éducation ?
Je ne veux pas présumer de leurs sentiments, mais je crois
qu'avec cette avancée nous ne pouvons que parler d'hommes
de bonne volonté.
Vous avez dit avancée. Ce n'est pas un peu prématuré
?
Oui, je dis avancée, par rapport à l'entame du dialogue
et des points majeurs qui étaient sur la table qui ont
été considérés et discutés.
Je ne dis pas que des solutions ont été proposées,
mais nous sommes en train d'évoluer dans une bonne direction.
Je crois fortement que le moment est arrivé pour prendre
les bonnes décisions par rapport au rétablissement
de l'égalité pour les élèves des collèges
privés. Nos enfants c'est la richesse et l'avenir du pays.
Si la République ne peut développer la matière
grise de tous ses enfants, elle n'ira pas loin.
Donc, le mot de la fin est : on efface tout et on recommence
?
Pas tout à fait. Tout n'est pas effacé. On n'a pas
encore eu les assurances pour dire ce qui peut être effacé.
Mais nous sommes partants pour recommencer. L'éducation
est un processus, un éternel recommencement. On n'est jamais
arrivé. Tout se fait, se défait, s'adapte, s'ajuste
pour faire que, devenu homme, l'enfant que nous devons éduquer
soit un citoyen utilise à son pays, à sa famille,
à lui-même. Notre objectif est de former les hommes
de qualité dont la République a besoin pour avancer.
Nous ne demandons que les moyens d'assurer cette formation.