i n t e r v i e w WEEK-END --- dimanche 11 mai 2008



Serge Ng Tat Chung :

"La République nourrit un système d'éducation à deux vitesses"

Notre invité de cette semaine est Serge Ng Tat Chung, recteur du collège St Joseph. C'est en tant que président de la Fédération des managers des collèges privés (FMCP) qu'il répond à nos questions sur les récentes grèves annoncées et révoquées et les demandes de démission du ministre de l'Éducation. Il a répondu à ces questions dans le cadre d'une interview réalisée jeudi après-midi à Curepipe.

Serge Ng Tat Chung, commençons par la question que se posent tous les Mauriciens : pourquoi fallait que les collèges privés fassent une grève illimitée et surtout pourquoi cette grève n'a-t-elle pas eu lieu ?

La grève annoncée concernait spécifiquement une catégorie d'enseignants : ceux qui sont dans le secteur privé non confessionnels et font partie de l'UPSEE (Ndlr : Union of Private Secondary Education Employees). Leurs représentants sont venus voir la Fédération des managers des collèges privés pour expliquer leur cause et nous demander un soutien. Après les avoir écouté, nous sommes arrivés à la conclusion que leur cause - concernant la préservation de l'emploi - était juste et leur avons promis de ne rien faire qui puisse entraver leur grève. Il ne faut pas confondre cette action avec celle entreprise par la FMCP. Depuis deux ans, cette fédération fait face à une situation d'indifférence et d'immobilisme de la part du ministre et du ministère de l'Éducation. Depuis deux ans, nous siégeons dans un comité présidé par le PS du ministère pour discuter de nos problèmes et aucune solution n'a été trouvée. Depuis septembre 2007 jusqu'à la fin d'avril 2008, la fédération n'a pas eu de rencontre avec le ministre de l'Éducation et ses officiers malgré de multiples demandes de notre part.

Donc, la FMCP se lance dans la grève pour informer le public de cette situation de non dialogue en réclamant la démission du ministre Gokhool…

Non. La fédération n'avait pas encore décidé du genre d'action à entreprendre pour informer le public que nous devions faire face à l'indifférence ou le mépris du ministère à notre égard. Nous étions dans un processus de consultation avec nos partenaires du secondaire pour trouver un moyen de faire entendre notre protestation quand sont arrivées les inondations et la mort malheureuse de la petite Laura Paul. À partir de là, la seule rhétorique qui nous restait était de réclamer de départ du ministre Gokhool. Parce qu'au moment des inondations, tout secteur éducatif se retrouvait dans cette situation d'indifférence, d'isolement et de mépris du ministre à notre endroit. À partir de là, nous avons considéré que c'était une situation qui tombait bien…

Que c'était en fin de compte une occasion idéale pour exprimer votre sentiment vis-à-vis du ministère en réclamant la démission du ministre…

Ce n'était pas une occasion. C'était une manière de décrire la situation que nous vivions. Nous avons réclamé la démission du ministre tout en sachant qu'il ne partirait pas. C'était une déclaration forte pour attirer l'attention sur une situation d'injustice et de frustration dans laquelle nous étions.

Vous dites que réclamer la démission du ministre Gokhool n'était pas votre combat mais vous l'avez quand même mené ! Vous auriez accepté qu'un élève vous dise la même chose ?

Notre combat n'était pas la démission du ministre, mais nous l'avons réclamée parce que c'était une manière de faire entendre haut et fort notre cri de frustration.

La démission de M. Gokhool aurait-elle réglé tous les problèmes du secondaire privé, selon vous ?

La démission, je ne sais pas. Mais la survie du secteur secondaire privé demandait qu'un cri fort se fasse entendre sur la place publique.

Ne l'avez-vous pas expliqué au moment où le cri fort a été poussé ? C'est peut-être pour cette raison que les Mauriciens n'ont pas bien saisi les raisons derrière le mouvement…

Peut-être. Et merci de me donner l'occasion, avec le recul et la sérénité, d'apporter un éclairage nécessaire à cette situation. Au moment où le cri est poussé, nous étions exaspérés. Pendant deux ans, nous n'avons été ni écoutés, ni entendus. Depuis le 7 septembre 2007, tous les ponts étaient coupés entre le ministère de l'Éducation en le secteur secondaire privé. Un secteur qui représente près de 120 000 élèves à travers 90 collèges, qui est partenaire à plus de 60% de l'éducation nationale qui vit et subit une situation de discrimination et d'injustice par rapport aux collèges d'État. Les collèges privés ont été appelés en 1976 à participer à l'éducation nationale dans le respect de l'égalité, ce qui n'est du tout le cas quand on compare ce que le gouvernement alloue à un élève d'un collège d'État et celui d'un collège privé.

Les chiffres dont on dispose affirment que l'État dépense Rs 33 393 pour un élève d'un collège public et seulement Rs 19 635 pour un élève du privé…

Merci pour ces chiffres qui parlent d'eux-mêmes. Mais il n'y a pas seulement une question de coût, mais aussi une question de traitement. Les enseignants des collèges d'État sont recrutés sans planification dans le cadre d'un braconnage dans les collèges privés qui privent nos élèves d'enseignants. Il existe dans les collèges d'État un pool d'enseignants pour faire du remplacement. Nous, dans le privé, nous n'avons pas les moyens de le faire, ce qui nuit à nos élèves.

Depuis quand existe cette situation d'injustice ?

Depuis un bon moment, depuis trop longtemps. Cette situation d'injustice est faite d'un ensemble d'éléments qui mènent vers la médiocrité du secteur et à terme à celle des élèves.

Mais pourquoi avoir attendu la grève et les inondations pour le faire savoir, pour le dénoncer ?

Il y a eu une pression lente, inexorable qui nous a poussés vers ce type de réaction. Ce n'était pas une situation ponctuelle exploitée de manière opportuniste. Ce sont des pédagogues et des éducateurs qui ont fait leurs preuves en termes de responsabilité, de prise d'initiatives pédagogiques et de résultats qui souffrent d'une situation d'injustice qui se sont exprimés.

Mais quelle est la base, le point de départ de cette injustice qui fait qu'un enfant mauricien allant dans un collège d'État bénéficie d'un meilleur traitement qu'un enfant mauricien fréquentant un collège privé, les deux étant financés par l'argent des contribuables ?

Je n'ai malheureusement pas de réponse à cette question. Je peux cependant vous dire que le secteur éducatif a eu bien souvent des ministres de l'Éducation qui se sont comportés comme des représentants du secteur public avec une grosse préoccupation pour le bien-être des élèves et des enseignants du public. Nous avons eu nous à nous battre bec et ongles pour faire savoir que nous existons ; ensuite pour dire que nous ne pouvons pas avoir au sein de la République de Maurice une éducation à deux vitesses ; que nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir des élèves de deux catégories financés par les mêmes taxpayers et que les parents doivent être traités sur un pied d'égalité, comme leurs enfants.

Mais comment se fait-il que le privé qui est, vous venez de l'affirmer, majoritaire dans le secondaire, se laisse-t-il maltraiter de cette manière ?

Je ne sais pas, mais en tout cas ce n'est plus possible. C'est ce que nous avons dit et répété dans le processus de conscientisation et de consultation avec nos partenaires dont je vous ai parlé au début de cette interview. Au cours de ce processus, nous avons également eu l'occasion de rencontrer les associations de parents d'élèves pour les mettre au courant de la situation et pour leur demander de nous aider à nous faire entendre.

Tous ces partenaires consultés étaient-ils d'accord pour la grève ?

Il faut que cela soit bien clair : la grève ne concernait que les enseignants des collèges confessionnels faisant partie de l'UPSEE. Pour sa part, la FMCP cherchait à déterminer, dans le processus de consultation, une action forte assumée par un collectif de tous les partenaires du secondaire.

En mettant en première ligne les collégiens…

Loin de nous cette pensée. Toute cette action n'avait pour but que la défense des intérêts de ces élèves à travers les parents et les enseignants. Les parents étaient motivés et déterminés à faire savoir qu'ils existent et qu'on devait donner au secteur privé du secondaire l'égalité de traitement par rapport aux collèges publics ; que dans le secondaire le privé est un secteur qui compte et que le combat n'en était pas un d'individus, mais celui d'un secteur qui veut obtenir la reconnaissance qui lui est due par rapport au secteur public. C'est un combat de droit et de justice pour les élèves. Mais je le répète encore : l'action forte n'avait pas été déterminée.

Si on vous a bien suivi, quand l'UPSEE annonce sa grève et que la FMCP réclame la démission du ministre Gokhool, ces déclarations n'engagent que ces deux entités et pas l'ensemble du secteur secondaire privé…

Oui. Ce sont deux entités distinctes faisant deux mouvements distincts dont nous étions solidaires.

Mais, alors, pourquoi a-t-on laissé croire que l'ensemble du secteur secondaire privé allait se lancer dans une grève générale si les revendications de l'UPSEE n'étaient pas satisfaites et que le ministre de l'Éducation ne démissionnait pas ?

La perception que nous allions vers la grève générale était mauvaise.

Expliquez-vous…

Le mot de grève c'est l'UPSEE, la demande de démission du ministre c'est la fédération des managers mais qui n'avait pas encore déterminé l'action qu'elle allait organiser pour mobiliser le secteur et elle n'avait jamais annoncé sa participation à la grève.

Il devient de plus en plus difficile de comprendre vos explications. Dans l'opinion publique, qui ne connaît pas les spécificités des acteurs du secondaire privé et leurs revendications, tout cela faisait désordre. Un désordre qui allait même sombrer dans la confusion, pour ne pas dire le ridicule, quand on a appris que la grève qui n'avait même pas commencé avait été annulée…

Il y a eu un amalgame entre différentes choses dans cette affaire. La dernière partie de votre phrase devrait être adressée aux représentants de ceux qui avaient lancé de mot de grève : l'UPSEE. C'est une grève que ce syndicat annonce et qui du jour au lendemain est révoquée sur un motif d'illégalité. Il appartient aux représentants de ce syndicat de venir expliquer le bien-fondé de leur grève et surtout sa révocation organisée, semble-t-il, depuis les bureaux du ministère de l'Éducation. Permettez-moi de raconter les détails de cette étrange affaire. Le 24 avril, je reçois un fax qui m'informe que le ministère de l'Éducation souhaite rencontrer la fédération le lendemain.

Donc, subitement, le ministère rétablit le dialogue avec la fédération à la veille du 1er-Mai…

Exactement. Mais ce n'est pas fini. Je reçois, quelques minutes plus tard, un deuxième fax adressé à l'UPSEE pour l'informer que la fédération rencontrait le ministre le 24, le jour même. Je me rends immédiatement compte que c'est une manipulation et je demande à un des collègues de prendre contact avec l'UPSEE pour l'informer de la chose. Et c'est là que l'on apprend que l'UPSEE, qui venait subitement de découvrir que sa grève serait illégale, va la révoquer. Et on apprend aussi que tous les points soulevés par l'UPSEE et que le ministre avait refusé de considérer avaient été subitement acceptés par le ministère. Tout rentre dans l'ordre et le responsable de l'UPSEE oublie que dans la semaine il venait d'être traité de récidiviste politique notoire par le ministre.

Du point de vue politique, le ministère de l'Éducation a monté une opération géniale qui a permis de lui enlever les échardes que constituaient les menaces de l'UPSEE et de la FMCP à la veille du 1er-Mai…

C'est votre interprétation.

On lit dans la presse que les managers sortent de la fameuse réunion avec le ministère avec le sourire de satisfaction sur les lèvres…

C'est une façon de dire. Nous avions en tout cas obtenu une chose : que le dialogue est renoué. Un certain nombre de points que nous estimons de première urgence ont été considérés lors de cette réunion et d'autres, plus compliqués, demanderont d'autres consultations. Le dialogue est renoué après deux ans, mais nous allons être particulièrement attentifs et vigilants pour que nous ayons un vrai dialogue et pas uniquement une opération politique dans le cadre du 1er-Mai. J'insiste sur le fait que le but de l'ensemble de nos actions est de parvenir à une situation dans laquelle TOUS les enfants mauriciens soient traités sur un pied d'égalité dans le système éducatif.

Eu égard à ce qui vient de se passer, on pourrait dire que le ministère de l'Éducation ne dialogue que sous la menace…

C'est dommage d'avoir à le reconnaître. On n'aurait pas dû attendre deux ans pour ouvrir le dialogue. D'autant plus que ce que nous réclamons n'est pas la mer à boire, mais juste les moyens pour nous permettre de continuer à offrir nos services et notre expérience aux élèves mauriciens.

Le dialogue étant renoué vous ne réclamez plus la démission de Gokhool ?

Cette démission était réclamée dans un contexte et par rapport à une rhétorique qui était nécessaire à la situation d'indifférence qui avait trop duré. Ce que nous voulons c'est que notre cause soit entendue et que les enfants qui sont dans nos écoles puissent avoir les mêmes droits que ceux des collèges d'État.

La FMCP n'a-t-elle pas laissé quelques plumes dans ce que vous appelez une rhétorique nécessaire pour faire entendre votre voix ?

Allons dire qu'il y a eu énormément de temps perdu, énormément de fatigue. Mais si on peut obtenir pour nos enfants, ne serait-ce que pour les élèves du prévocationnel, la possibilité d'avoir un avenir ; si on peut donner des solutions aux problèmes d'indiscipline et de main-d'œuvre la considération voulue ; si on peut permettre que notre staffing soit stable et adéquat pour répondre aux défis de l'éducation d'aujourd'hui ; si on pouvait nous donner les moyens d'assurer notre développement en termes d'espace et d'équipements pour que le pays puisse, sur le plan éducatif, enregistrer des avancées, alors qu'importent les plumes perdues dans les batailles inutiles.

Au risque d'être cynique, mais n'avez-vous pas le sentiment que la fédération s'est fait rouler dans le cadre d'une opération politique pour le 1er-Mai ? Et que le risque de retourner à la case départ, c'est-à-dire l'absence de dialogue existe…

Je n'exclus pas cette perspective. Nous sommes assez lucides pour le faire. Notre passé de négociations est suffisamment riche d'enseignements pour nous suggérer davantage de prudence. Je n'exclus pas que la révocation de la grève et la démobilisation du mouvement qui était en train de se mettre en place aient fait partie d'un agenda du 1er-Mai. Mais nous allons être positifs et très ouverts dans la démarche que le ministère a initiée. Dans la mesure où nos demandes sont entendues, dans la mesure où nous pouvons avoir les moyens de donner le type d'éducation que l'île Maurice d'aujourd'hui souhaite pour ses enfants, nous sommes partants. Il est dommage que nous ayons été obligés d'en arriver à cette situation, à menacer de descendre dans la rue, à réclamer des démissions, à, comme vous l'avez souligné, mal dire et mal communiquer nos actions dans sa globalité. Ce qui est essentiel c'est que le secteur du secondaire est en ébullition, un peu confuse ici et là, je l'admets, mais c'est une ébullition légitime.

Même si le syndicat a faussement affirmé que les collèges confessionnels allaient se mettre en grève ?

C'est faux. Ce qui est vrai c'est la facilité avec laquelle l'UPSEE s'est précipitée dans ce que vous appelez l'opération politique du 1er-Mai.

Revenons à une question à laquelle vous avez un peu rapidement répondu. En fin de compte, le ministère de l'Éducation a réussi un coup de génie politique en réussissant à faire révoquer la grève et à ramener la fédération à la table des discussions, mais également à introduire le ver dans le fruit des relations entre ces deux entités…

Vous pensez que gérer l'éducation nationale consiste à introduire des vers dans les relations entre les syndicats et les fédérations ? Je récuse ce type de "génie". Si seulement 5% de ce "génie" étaient utilisés à faire fonctionner correctement le système d'éducation mauricien… Ce qui est important c'est de faire avancer des causes qui ont pour objectif : justice rendue aux enfants. Nous ne sommes pas là pour créer des animosités entre X ou Y composante du secteur éducatif secondaire. Même si le ministère a tenté une opération politique, notre grille de lecture de l'événement est d'avoir enfin, confusion ou pas, réussi à rendre possible le dialogue. Maintenant que le dialogue est rétabli, j'espère que tous les hommes et les femmes de bonne volonté autour de la table vont avoir pour seul objectif l'intérêt des enfants dont nous avons la responsabilité.

Sortez-vous de cet épisode blessé, aigri ?

Non. Serein, avec toutefois une dose de scepticisme. Serein parce que je ne désespère pas de nos interlocuteurs et que je n'ai aucune raison de mettre en cause leur bonne foi. J'espère que l'avenir me donnera tort d'avoir été sceptique et que nous allons atteindre nos objectifs.

Est-ce que le ministre de l'Éducation est venu à la fameuse réunion de réouverture du dialogue entre le ministère et la FMCP ?

Il n'y était pas, mais ce n'était pas sa personne qui comptait…

Pardon, mais sa présence aurait été hautement symbolique dans le processus du dialogue renoué…

Je lui laisse la responsabilité de sa non présence. Je crois que son PS, l'homme qui décide en dernier recours, était là et, me concernant, ça me suffisait. Il y avait aussi les principaux cadres du ministère et surtout un climat de dialogue retrouvé et une bonne volonté manifestée. On aurait tellement souhaité de notre côté ne pas avoir eu à attendre tout ce temps pour aboutir à cette réunion. Si seulement au bon moment le geste salutaire avait été fait, que d'énergie, que de temps n'auraient pas été gaspillés.

Votre sentiment est-il partagé par vos interlocuteurs du ministère de l'Éducation ?

Je ne veux pas présumer de leurs sentiments, mais je crois qu'avec cette avancée nous ne pouvons que parler d'hommes de bonne volonté.

Vous avez dit avancée. Ce n'est pas un peu prématuré ?

Oui, je dis avancée, par rapport à l'entame du dialogue et des points majeurs qui étaient sur la table qui ont été considérés et discutés. Je ne dis pas que des solutions ont été proposées, mais nous sommes en train d'évoluer dans une bonne direction. Je crois fortement que le moment est arrivé pour prendre les bonnes décisions par rapport au rétablissement de l'égalité pour les élèves des collèges privés. Nos enfants c'est la richesse et l'avenir du pays. Si la République ne peut développer la matière grise de tous ses enfants, elle n'ira pas loin.

Donc, le mot de la fin est : on efface tout et on recommence ?

Pas tout à fait. Tout n'est pas effacé. On n'a pas encore eu les assurances pour dire ce qui peut être effacé. Mais nous sommes partants pour recommencer. L'éducation est un processus, un éternel recommencement. On n'est jamais arrivé. Tout se fait, se défait, s'adapte, s'ajuste pour faire que, devenu homme, l'enfant que nous devons éduquer soit un citoyen utilise à son pays, à sa famille, à lui-même. Notre objectif est de former les hommes de qualité dont la République a besoin pour avancer. Nous ne demandons que les moyens d'assurer cette formation.



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