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Rodrigues :
Le tabac de la discorde
Depuis la distribution des sachets de graines de tabac, au siège
de la Commission de l'Agriculture, à Rodrigues, il y a
de cela un peu plus d'un mois, les semis, en provenance de Maurice,
n'ont rien donné, sur certains champs. Ce qui ne déçoit
pas pour autant un des planteurs rencontrés, s'étant
inscrit au projet expérimental de la culture du tabac,
suite à la visite de prospection du Tobacco Board dans
l'île. Le dossier divise et il ne veut pas se mettre à
dos les ONG, l'Eglise et autres mouvements exerçant une
certaine pression pour dissuader le gouvernement régional
de Rodrigues à s'engager dans cette culture. Malgré
les affirmations du Commissaire de l'Agriculture, Louis Ange Perrine
selon lesquelles la question ne se pose pas et encore moins une
" collaboration " entre le Tobacco Board et la Commission,
d'autres sources maintiennent le contraire. La station agricole
de la Commission, disent-elles, a bien tenté une première
expérience. Le Tobacco Board, attend les premiers résultats
avant d'évaluer la viabilité du projet
S'il y a un dossier qui agace plus d'un actuellement à
Rodrigues, c'est bien celui de la culture du tabac. Avec l'eau,
la sécurité alimentaire, l'exode des Rodriguais
vers Maurice, la fuite des cerveaux et
la politique, le
sujet fait partie des dossiers qualifiés brûlants.
Il faut dire que la culture du tabac à des fins d'exploitation
commerciale n'a pas encore démarrée. Mais la distribution
de graines, ramenées de Maurice, à une vingtaine
de planteurs, la présence de représentants du Tobacco
Board à Rodrigues, une petite culture sur une base expérimentale
dans une station agricole de l'île, le déplacement
du chief technical officer de la Commission de l'Agriculture
à Maurice, précisément au board, ont suffit
pour diviser les esprits. Car ce dossier divise. D'une part, le
Commissaire à l'Agriculture, Louis Ange Perrine, affirmait
à Week-End, jeudi dernier, qu'avec le gouvernement
régional de Rodrigues, sa Commission s'affaire plutôt
à mettre l'accent sur la culture agricole en marge d'un
plan d'action à atteindre en 2015. La culture du tabac
sur une grande échelle, nous déclare-t-il, "
relève d'une campagne menée par des politiques qui
veulent en faire leur cheval de bataille pour remporter les prochaines
élections". "Pour l'instant, laisse-t-il comprendre,
la culture du tabac, n'est pas une préoccupation pour le
gouvernement régional de Rodrigues". Il insiste
en précisant qu'il n'y a jamais été question
de lancer à titre expérimentale une culture à
la section agricole de Baie-aux-Huîtres, dans le Nord Ouest
de l'île. "Il y a bien eu semence. Mais on a tout
enlevé", nous confie, cependant, une source proche
de la Commission.
D'autre part, le même jour, un cultivateur Sud Est, visiblement
agacé, confie son désarroi. "Les graines
que j'ai reçues lors de la distribution, en mars dernier
à la Commission de l'Agriculture n'ont rien donné
! Bé ki pou fer aster ?" Comme pour apporter une
réponse à cette question, le General Manager du
Tobacco Board, Rama Hotar, nous explique que la première
expérience tentée, après la mise en terre
des semis à Rodrigues sera déterminante pour la
viabilité du projet ! Toutefois, celui-ci ne se poursuivra
pas, si les plantes ne donnent pas les résultats attendus.
Une agricultrice : "Si la culture du tabac peut renflouer
la caisse de l'économie et alléger la pauvreté,
alors pourquoi pas ?"
La communauté des planteurs est également partagée
sur la question. "Si la culture du tabac peut renflouer
la caisse de l'économie et alléger la pauvreté,
alors pourquoi pas ?", avance Olive Boncoeur, présidente
d'une association de femmes agricultrices à Nouvelle Découverte,
dans le Nord- Est de l'île. D'autres voix s'accordent pour
dire que Rodrigues a besoin de ses terres cultivables pour développer
l'Agroalimentaire. Toutefois, Olive Boncoeur dit reconnaître
que l'île devrait accentuer la culture de maïs et exporter
vers Maurice.
"Dans un contexte où le riz commence à manquer
et la vie chère, nous avons mieux à planter que
le tabac. Nous devons penser à nous nourrir",
disent certains. Surtout ceux qui sont proches de l'opposition,
qui, à l'Assemblée Régionale, s'emploie pour
pousser le gouvernement local à fermer les portes à
tout projet qui encouragerait la plantation du tabac. "Lancer
la culture du tabac chez nous est une mauvaise chose ! Il se trouve
déjà que la consommation du gandia commence à
s'ancrer dans les murs des jeunes, nous n'avons pas besoin
de souci additionnel ! Veut-on dégrader Rodrigues ? Et
polluer notre santé ?", s'indigne une autre agricultrice,
dans le centre de l'île. Cultivant ses terres depuis des
décennies, sur une petite échelle, elle affiche
une inquiétude que l'on peut observer chez les militants
contre la toxicomanie. Mais, à ce jour, les associations
d'agriculteurs rodriguais ne se sont pas officiellement prononcées.
Il est à noter que la communauté des planteurs serait
également divisée sur la question. La marche pour
dire non au tabac sur les terres rodriguaises, prévue pour
le 31 prochain et réunissant organisations non-gouvernementales,
syndicats entre autres, donnera un peu plus d'indication sur le
nombre de planteurs contre l'éventuel projet. Car même
si le gouvernement régional se défend d'encourager
la culture du tabac, disent les opposants, "il est en
mesure d'intervenir pour décourager le Tobaco Board à
investir à Rodrigues", dit-on, presque d'une même
voix
Le gouvernement régional réitère sa volonté
de faire du dossier agricole, une de ses priorités
Il se chuchote qu'en raison de la sensibilité du dossier,
dans un contexte où chaque parcelle de terre cultivable
devrait être utilisée pour assurer l'autosuffisance
alimentaire, le gouvernement régional de Rodrigues est
contraint de faire profil bas. De plus, selon une source proche
de la Commission de l'Agriculture, "les semis mis en terre
à titre expérimental dans une station agricole ont
été récemment enlevés !"
Dans une déclaration faite à Week-End, le
Commissaire de l'Agriculture, maintient : "Il n'y a eu
aucune expérience concernant la culture du tabac !"
Précision aussi que dans l'édition du 2 mai
de La Tribune, Louis Ange Perrine, plaidait pour la révalorisation
du secteur agricole pour le développement économique
du pays. Rodrigues, déclarait le Commissaire, doit "retourner
vers le concept du Rodriguais planteur et éleveur en misant
sur la réintroduction d'unit farm pour produire 50 % du
côté de l'élevage et 50% du côté
de l'agriculture". Dans notre édition du 27 avril
dernier, le Chef Commissaire déclarait pour sa part : "Il
n'est pas du tout dans la politique du gouvernement régional
de Rodrigues d'encourager ni la culture, ni même la consommation
du tabac. Nous voulons utiliser les terres disponibles à
Rodrigues pour planter maïs, oignons et haricots
"
Ramené sur l'échiquier politique, ce dossier, rappelle
Louis Ange Perrine, n'a pas dérangé l'Opposition
lorsqu'il était au pouvoir. Louis Ange Perrine réitère
également le fait que le Tobaco Board a le droit de prospecter
à Rodrigues, s'il en a envie. Mais réfute les affirmations
de part et d'autre, à l'effet qu'il y ait eu une "étroite
collaboration entre le Tobacco Board et la Commission".
Et de se demander, "pourquoi, y aurait-il et collaboration
?" Week-End, qui lui demandait si le récent
déplacement du
technicien en chef de sa Commission au Tobacco Board, n'était
pas une forme de " collaboration ", le Commissaire Perrine,
devait nous déclarer : "Chaque semaine, des officiers
partent pour Maurice et il peut arriver qu'ils passent au Tobacco
Board. D'ailleurs, actuellement 3 de nos techniciens sont à
Maurice. Le Tobacco Board a tout à fait le droit d'acheter
du tabac avec les planteurs rodriguais s'il le désire.
Rodrigues est un pays libre et il n'est pas rare que les planteurs
reçoivent de l'aide avec les Small Planters Fund de Maurice."
Dans une déclaration faite à Week-End, dans
son édition du 27 avril, le Chef Commissaire de Rodrigues,
Johnson Roussety, affirme qu'"en raison du caractère
statuaire de cet organisme (ndlr : Tobacco Board), le gouvernement
régional ne pouvait lui refuser un dialogue. Mais, nous
n'avons pris aucun engagement". Nous avons sollicité
le Chef Commissaire, qui n'a pas donné suite à notre
requête
Un appel à la radio aux planteurs intéressés
Du côté du Tobacco Board, il revient que celui-ci
aura une position de facilitateur, si le projet, novateur, devient
viable. Toutefois, pour assurer sa mission de prospection et démarrer
le projet sur une base pilote, il lui a été impératif
d'agir en accord avec les procédures administratives et
légales, dans ce sens. L'organisme, nous explique son General
Manager, s'est intéressé de près au tabac
cultivé à Rodrigues, au début de cette année.
Il est connu de tous, que plusieurs Rodriguais, dans le passé,
en plantaient dans leur potager au milieu des maïs et autres
patates, manioc
ou dans l'arrière-cour. La fabrication,
artisanale du tabac, était destinée à leur
consommation et non au marché. "Mo mari éna
83 an, li ankor plant taba pou li mem", dit Marjolaine
Perrine, habitante du Sud- Est en indiquant un petit coin où
pousse l'Amarelo, dans le climat sec de cette partie de l'île.
Et c'est en constatant que cette variété, cultivée
par des anciens, est toujours présente dans l'île,
que le board a émis une suggestion. "Nous nous
sommes dit que si des planteurs désiraient poursuivre la
culture du tabac, le Tobacco Board, serait disposer à en
acheter auprès de ceux-ci", nous explique Rama
Hotar. De plus, souligne Stevenson Clair, président de
la Rodrigues Public Service Workers'Union (RPSWU), les planteurs
rodriguais, de tabac, sont compétents dans le domaine.
La formation de la main-d'uvre ne se pose pas. Des démarches
administratives étant faites auprès du gouvernement
régional de Rodrigues, dont également la Commission
de l'Agriculture, pour concrétiser le projet et obtenir
le permis légal pour aller de l'avant, le Tobacco Board,
est, alors, dit-il, en présence de quelque 56 planteurs
intéressés. "C'est alors qu'il y a eu un
appel à la radio, demandant aux planteurs de se faire enregistrés.
Ceux qui l'ont fait ont eu des semis", poursuit Stevenson
Clair. "La conjoncture économique difficile, le
chômage, l'argent qui ne rentre pas, le riz qui commence
à manquer
ont poussé les planteurs vers ce
qui leur semble être un alternatif !", explique-t-il
encore. A ce stade, il n'a pas été question de procéder
à la semence sur une grande superficie. D'où la
culture sur les terres des planteurs respectifs. Les semis en
terre depuis un bout de temps déjà, le Tobacco Board,
indique qu'il attend "les premiers feedback de
l'expérience pour évaluer les possibilités
d'une culture sur une grande échelle". Stevenson
Clair se dit sceptique quant à la culture d'un cash
crop, tel le tabac, aux côtés des produits agraires.
Mais, selon Rama Hotar, la terre qui est utilisée pour
faire pousser les feuilles de tabac, sera enrichie d'azote, grandement
présent dans l'Amarelo, et propice pour la culture du maïs.
Au cas où les objectifs visés par le Tobacco Board
sont atteints, plusieurs étapes impliquant la production
du tabac devront être définies.
RPSWU : Lettre au PM
"Si le gouvernement dit qu'il ne veut pas encourager la culture
du tabac, il a le droit et le choix de ne pas permettre sa culture
sur les terres rodriguaises", déclare d'emblée
Stevenson Clair. La gestion des terres rodriguaises, n'étant
pas du ressort du gouvernement mauricien, l'Etat peut cependant,
dit-il, faire pression sur le Tobacco Board pour qu'il ne garde
plus un pied à Rodrigues. S'associant au syndicat - lequel
a fait appel au Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour intervenir
dans ce dossier -, des ONG, telles CRAC Antidrogue, Carrefour
ont l'intention de continuer à militer contre la culture
du tabac, pour faire reculer tout investisseur.
Un planteur :
- "Mo népli anvi plante taba Maurice !"
- "Les abeilles butineront sur les fleurs du tabac.
Est-ce que cela risque d'altérer la qualité de notre
miel ?", se demande-t-il
- Au total, selon lui, un peu plus d'une centaine d'hectares devrait
être utilisée pour la culture du tabac mauricien
à Rodrigues
"Kan mo'nn remarké ki sémi dépi Maurice
na pa pousé, mo'nn senti mwa soulazé. Mo népli
anvi plante taba Maurice ! Ena boukou kozé ki pé
dir ki fodré pa plante taba dan Rodrigues", nous
confie un des planteurs qui se sont inscrits au projet. Rencontré
dans son immense champs, il nous montre une petite remise où
il fait sécher des feuilles d'Amarelo. "J'en cultive
depuis longtemps", dit-il. Sa terre et les semis en provenance
de Maurice, ne semblent pas s'accommoder. "Les gens de
la Commission nous ont dit qu'ils allaient faire un suivi de la
culture expérimentale. Mo pa'nn trouv zot mwa ! Ziska ler
zot pane vini", explique le planteur. "Même
s'ils me remettent d'autres graines de tabac mauricien, mo pa
pou pran !" Au fond, notre homme ne veut pas être
mal vu par l'Église et autres ONG, lesquelles exerçant
une certaine pression pour que Rodrigues n'aille pas de l'avant
avec la culture du tabac. Il s'en veut presque d'avoir accepté
de se rendre à la Commission le jour de la distribution
des graines. "Il y avait beaucoup de planteurs. Nous avons
reçu un sachet contenant des semis pour 2 hectares de terre.
Le technicien de la Commission nous a dit que nous aurons Rs 45
par kilo. Mais en réalité, nous ne gagnerons pas
grand-chose comparé au prix de vente de notre tabac local.
Lorsque nous le vendons, le prix est de Rs 50, le kilo !"
Faisant le compte, notre planteur avance que ce sont presque une
centaine, voire plus d'hectares qui devraient être concernés
par la culture du tabac mauricien. Autre inquiétude soulevée,
est l'impact de cette culture en grande quantité sur la
qualité du miel. "Les abeilles butineront inévitablement
sur les fleurs du tabac. Est-ce que cela risque d'altérer
la qualité de notre miel ?", se demande-t-il avant
de retourner à ses occupations.
Transport par autobus
Petites misères du grand public usager
"Travel times" interminables durant les heures de pointe
pour des trajets en direction ou au sortir de la capitale; conduite
dangereuse sur des routes dégagées; service irrégulier
sur certaines dessertes; impolitesse de quelques chauffeurs et
receveurs; insécurité dans des gares routières:
autant de petites misères du grand public usager du transport
par autobus. Alors que le coût du ticket a, de nouveau,
augmenté depuis lundi, Week-End pose la question de la
qualité du service de transport par autobus.
Certes, la situation d'aujourd'hui ne se compare pas à
celle des années 1970 à la mi-1980. Il était
courant, en ce temps-là, de rencontrer en route un autobus
en panne avec son plein de passagers attendant désespérément
un véhicule de rechange sous la pluie ou sous un soleil
de plomb.
Révolu, tout aussi, le temps où des habitants de
certains quartiers urbains excentrés avaient des centaines
de mètres à marcher pour trouver un arrêt
d'où ils pouvaient embarquer. Fini aussi l'époque
où le service ne s'étendait qu'aux seuls "grands
villages".
Les 25/30 dernières années ont vu un renouvellement
progressif de la flotte de véhicules. Avec l'accroissement
parallèle du nombre de voitures privées, il est
plus aisé, aujourd'hui - du moins, sur les principales
dessertes - de trouver une place à bord.
Nombre de gares routières ont, d'autre part, connu un lifting
et des abribus assurent aux passagers un meilleur confort d'attente
sur plusieurs arrêts. Petit à petit, les compagnies
investissent dans des véhicules plus confortables avec,
même, quelques autobus "de luxe".
Avec la modernisation, ces 20 dernières années,
du réseau routier, le voyage, notamment, les longs trajets,
ne s'appairent plus à des rallyes d'endurance en chemins
escarpés. Les fumeurs se sont, depuis longtemps, résignés
à ne plus empester les autres de la fumée incommodante
de leurs cigarettes, particulièrement gênantes les
jours de pluie.
Mais voyager par autobus, de nos jours est loin d'être,
à tous les coups, une réelle partie de plaisir.
Première - et de loin - plus grande misère du public
usager: le temps du voyage, particulièrement aux heures
de pointe du matin et de l'après-midi.
Un problème qui se pose surtout sur les trajets en direction
ou au sortir de la capitale en jour de semaine. Janine, la cinquantaine,
employée de bureau à Port-Louis témoigne:
"Cela me prend, chaque jour, une heure le matin pour sortir
de chez moi à Beau-Bassin pour arriver à mon lieu
de travail à Port-Louis".
Une heure pour un trajet long de seulement quelque 10 km! Soit,
un déplacement à 10 km/h! Et pour Janine, c'est
la même galère, l'après-midi pour rentrer
chez elle: encore une bonne heure de "travel time" pour
quitter Port-Louis et regagner Beau-Bassin.
Vivement, donc, le bus way dont nous promettent les autorités
et qui, nous dit-on, saura rallier Curepipe à Port-Louis
(quelque 23 km) en 35 minutes. Soit, à une vitesse de quelque
55 km/h. Encore qu'il convient de connaître ce que, au final,
cela coûtera au public usager.
"Couses poursuites entre individuels"
Quand ça n'avance pas à pas de tortue, sur certaines
routes dégagées, notamment, à l'est, ça
roule à tombeau ouvert. A., 21 ans, étudiante à
l'Université de Maurice qui fait, régulièrement,
le trajet Flacq/Réduit et vice-versa raconte: "Cela
se passe surtout en fin d'après-midi ou en début
de soirée. A cette heure, quand le nombre de passagers
se fait moindre, il semble que les chauffeurs sont tous pressés
de rentrer chez eux. C'est le course poursuite en route pour ramasser
les derniers passagers en chemin".
Avec les risques d'accidents que l'on suppose. Et en parlant de
risques d'accidents,comment ne pas évoquer ces tançons
de routes desservies par des autobus et non pourvus de trottoirs
où, souvent, des passagers attendent aux arrêts à
même la chaussée.
Ou encore ces routes étroites comme Hugnin/Pope Hennessy
à Beau-Bassin/Rose-Hill où chaque croisement entre
un autobus et un autre venant en sens opposé et toujours
un exercice périlleux susceptible, à tout moment,
de mettre en danger la vie des passagers.
De manière générale, sur les principales
dessertes, la fréquence des passages est régulière
et à la satisfaction du plus grand nombre. Sur les dessertes
moins rentables en raison du nombre moins élevé
de passagers, en revanche, ceux qui attendent l'autobus poireautent
souvent de longues minutes durant avant de pouvoir embarquer.
En cause, selon nombre de passagers: des opérateurs individuels,
"moins consciencieux" en matière de régularité
du service, disent-ils, que les compagnies, particulièrement,
la Corporation Nationale de Transport (CNT).
A la vue du nombre d'autobus individuels en stand-by sur certaines
gares routières, il est, en effet, permis de se demander
si le nombre de tels véhicules autorisés à
opérer ne dépasse pas la demande réelle.
Serait-ce, d'ailleurs, la raison qui fait que des autobus individuels,
notamment, à Rose-Hill et à la Gare du Nord à
Port-Louis prennent, toujours, un temps fou avant de démarrer,
à la plus grande exaspération de passagers las d'attendre?
Aujourd'hui, le transport par autobus, c'est, malheureusement
aussi certains chauffeurs et receveurs impolis. Ceux-là
"brûlent" des arrêts pour ne pas avoir à
embarquer des personnes âgées, des étudiants
et autres handicapés. "IIs ne paient pas leur tickets",
disent-ils. Ils feignent, en ce faisant, d'oublier que c'est l'Etat
- et, conséquemment, l'ensemble des contribuables -qui
paient pour ces "passagers voyageant gratuitement".
Si les gares routières d'aujourd'hui ont, en général,
connu un lifting certain, l'insécurité y règne
avec son lot de voleurs à la tire et de marchands de rue
encombrants. Sans parler des risques d'agressions, notamment,
à la tombée de la nuit quand les gares prennent
un air particulièrement sinistre.
Hausse de Re 1.00 à Rs 5.00 par trajet selon la desserte
et la catégorie de passagers: on aura beau dire que les
frais de transport des salariés sont remboursés
par le patronat et que l'Etat prend à sa charge ceux des
personnes âgées et des étudiants. Mais le
fait demeure que nombre de personnes ne tombant pas dans ces catégories
- femmes au foyer et self-employed, notamment - doivent souvent
voyager qui, pour une démarche administrative, se rendre
à l'hôpital ou pour faire des courses.
Le transport par autobus est, par ailleurs, le seul moyen de se
déplacer d'un nombre conséquent de salariés
en dehors des heures de travail. Alors que les étudiants
doivent, eux, payer quand ils voyagent en week-end ou durant les
congés scolaires même si cela est à tarif
réduit.
Autant dire que les milliers d'usagers quotidiens du transport
par autobus ont le droit d'exiger que le service qui leur est
assuré soit à la hauteur. Et qu'il y a nécessité
d'une contrepartie à la nouvelle hausse tarifaire qui est
entrée en vigueur depuis lundi.
Réaction-Siven Mootoocurpen :
"Mugabe pratique l'apartheid à l'envers au Zimbabwe"
C'est en 1963 que Siven Mootoocurpen entendit parler de la proposition
qui devait devenir la chance de sa vie. Cet artisan de Mont SE
entendit dire que l'on recrutait des artisans pour aller travailler
dans une usine en Rhodésie où l'on pouvait gagner
plus d'argent qu'à Maurice. Il se laissa tenter, se fit
inscrire sur la liste des candidats et fut accepté. Quarante-cinq
ans plus tard, il raconte son séjour dans l'ex-Rhodésie
qui l'a profondément marqué et dénonce le
silence des autorités mauriciennes sur la situation actuelle
dans ce pays devenu le Zimbabwe.
"En 1963, j'avais vingt-sept ans, je venais de me marier
et j'avais un enfant de sept mois. Je touchais Rs 375 par mois
et le salaire offert en Rhodésie était de 40 livres,
soit presque Rs 550 ce qui permettait de faire des économies.
C'était une occasion pour le jeune père de famille
que j'étais." Ils seront en fait trente artisans
venant de diverses propriétés de l'île à
être engagés pour un contrat d'une année renouvelable
pour aller travailler à Hippo Valey SE, un établissement
sucrier situé dans le Sud-Est de la Rhodésie. Après
avoir pris l'avion pour la première fois de sa vie, Siven
débarque dans une colonie britannique dirigée par
une minorité blanche contre une majorité de Noirs.
C'est l'année où la Rhodésie du Sud va choisir
de demeurer colonie alors que la Rhodésie du Nord choisit
l'indépendance en se scindant en deux pays, le Malawi et
la Zambie. Hipo SE, l'usine où il va passer un an est "une
belle propriété sucrière au milieu de très
grandes plantations. Le pays était magnifique avec d'immenses
plantations sur de très bonnes terres dans lesquelles tout
poussait." Les conditions de travail sont les mêmes
qu'à Maurice, mais le climat social du pays est différent.
"C'était le régime de l'apartheid traitant
les Noirs comme des citoyens de deuxième catégorie.
A Maurice, certains le pensaient mais ne le disaient pas ouvertement.
En Rhodésie, c'était affiché et se ressentait
vivement dans la vie de tous les jours. Bien que bénéficiant
d'un statut différent quand nous sommes allés en
ville, nous ne pouvions avoir accès en tant que Noirs dans
certains endroits. Les droits des Noirs étaient limités,
beaucoup de choses leurs étaient interdites."
Certains travailleurs mauriciens, surtout les staff vont se ranger
du côté des Blancs tandis que Siven se lie d'amitié
avec des Rhodésiens noirs qui lui expliquent la situation
politique, de leur point de vue. "Comme le gouvernement
avait rejeté l'indépendance, les Noirs avaient mis
tous leurs espoirs dans la lutte armée qui avait commencée
au début des années soixante et qui s'était
donnée pour objectif de renverser le régime de l'apartheid
pour rendre le pouvoir à la majorité noire."
La guerre armée se déroule sur les frontières
du pays. Parmi les dirigeants de la révolte, figure un
certain Robert Mugabe, dont le nom était prononcé
avec respect par les Noirs et avec haine par les Blancs. "Il
était pratiquement interdit de prononcer son nom en public,
mais le soir avec les Noirs on ne parlait que de lui et des victoires
de la guérilla. Pour les Noirs, Mugabe allait libérer
le pays et devenir leur sauveur."
"A Maurice, on fait comme si on ne savait pas ce qui se
passe au Zimbabwe"
A la fin de son contrat d'un an, Siven décide de rentrer
à Maurice à cause de ses obligations familiales.
Il rentre avec des économies qui vont lui permettre d'acheter
le terrain sur lequel il va construire sa maison à Beau-Bassin.
"C'est vrai que la Rhodésie était un pays
de l'apartheid, mais il était riche, assez développé
et tout le monde mangeait à sa faim. J'y ai réussi
à faire des économies." Une fois rentrée
à Maurice, Siven continue à garder le contact avec
des amis Rhodésiens et surtout à suivre l'actualité
de ce pays. "J'ai suivi par la radio la proclamation unilatérale
d'indépendance, les sanctions, l'avancée de la guérilla
et le long combat qui allait finalement se terminer en 1980, quand
les Noirs reprennent le pouvoir et Robert Mugabe nommé
président. Après, pendant les premières années
de l'indépendance, les choses se sont bien passées
: non seulement Mugabe a rendu le pouvoir aux Noirs, mais il n'a
pas fait la chasse à la minorité blanche et a prêché
le pardon." Siven continue à suivre la situation
en Rhodésie devenue le Zimbabwe où les choses semblent
bien aller jusqu'à la fin des années quatre-vingts-dix.
"C'est là que je n'ai pas compris la politique
de Maurice. Quand les choses ont commencé à dégénérer
au Zimbabwe, ici on a fait comme si on n'étendait pas.
Tous les Premiers ministres, les leaders de l'opposition et les
ministres des Affaires Étrangères ont gardé
le même silence sur la situation au Zimbabwe. On a fait
des conférences de chefs d'Etat à Maurice et malgré
le fait qu'on savait que Mugabe pratiquait une politique d'apartheid
à l'envers, personne n'a rien dit et on a sorti le tapis
rouge pour lui à chaque fois. Jusqu'aujourd'hui, le gouvernement
mauricien n'a pas pris position sur ce qui se passe au Zimbabawe
alors qu'il fait de grands discours sur l'Equal Opportunity
Act, sur la démocratie dans les forums internationaux.
A chaque fois qu'un Mauricien a un problème dans un pays
étranger, les autorités mauriciennes lui viennent
en aide, ne serait-ce qu'au niveau d'une déclaration, prennent
contact mais pas dans le cas du Zimbabwe où il y a pourtant
des Mauriciens qui sont dans une mauvaise situation. Est-ce que
Maurice soutiendrait cette politique, car qui ne dit mot consent.
J'ai l'impression que les autorités mauriciennes font semblant
de ne pas être au courant. Comment un pays qui se respecte
peut-il garder le silence sur une telle affaire ? En tout cas,
moi qui ai travaillé en Rhodésie, je me sens obligé
de prendre la parole pour dénoncer ce qui se passe au Zimbabwe."
"C'est quand j'ai vu le billet de 10 millions de Z$ dans
Week-End que j'ai eu une idée de l'ampleur de la
dégradation du Zimbabwe. A l'époque, je gagnais
40 livres par mois et je pouvais, avec cette somme, non seulement
me nourrir, mais également faire des économies puisque
que je suis rentré à Maurice après un an
de travail avec Rs 3000 roupies d'économie qui m'ont permis,
en ajoutant un prêt d'acheter le terrain sur lequel j'ai
construit ma maison. Avec une livre, je pouvais acheter les provisions
pour quelques jours dont une douzaine d'ufs. Aujourd'hui,
10 millions ne donnent droit qu'a un uf. Non seulement Mugabe
est en train de pratiquer l'apartheid à l'envers, mais
il est en train d'affamer les Zimbabwéens."
Droits humains
La branche locale d'Amnesty appelle à manifester contre
la Chine
La branche mauricienne d'Amnesty International appelle les Organisations
non-gouvernementales (Ong), les travailleurs syndiqués,
les militants des Droits humains, les leaders politiques et les
membres du public en général à manifester,
samedi prochain, contre les atteintes aux droits civils en Chine
et au Tibet.
Les manifestants débuteront une marche pacifique à
Rose-Hill, à l'esplanade du Plaza, vers 15h et emprunteront
ensuite la route principale en direction de Belle-Rose, pour se
rendre devant l'ambassade de Chine. Une pétition sera déposée
dans ce contexte.
Selon le bureau local d'Amnesty International, les objectifs de
la manifestation sont de sensibiliser l'opinion publique à
la situation exécrable, affirme-t-on, des Droits de l'Homme
en Chine - qui, cette année, organise les Jeux Olympiques.
Il est question de solliciter le soutien des Mauriciens aux vastes
mouvements déclenchés dans le monde en vue d'une
amélioration du sort des Tibétains.
À ce jour, le Mouvement Rezistans ek Alternativ, le CEDEM,
la Fédération des syndicats du Service civil et
la Federation of Progressive Unions ont déjà confirmé
leur participation à cette manifestation. L'hésitation
caractérise cependant la classe politique influente du
pays, soutient-on dans ce contexte.
Dans un communiqué adressé à la presse, également
invitée à faire entendre sa voix contre la censure,
le bureau d'Amnesty appelle "à faire fi des scrupules"
envers la Chine. "Les droits humains na pa get 2 lizié.
Que ce soit pour dénoncer l'administration américaine
à Guantanamo, les massacres au Darfour, la junte militaire
au Myanmar, les droits humains n'ont pas de frontières",
conclut le communiqué.
Salon de la Maison et du Jardin
L'utile, l'agréable et l'extravagant
L'utile, l'agréable et l'extravagant : le plus difficile
devrait pouvoir trouver son compte à la nouvelle édition
du Salon bi-annuel de la Maison et du Jardin qui se tient jusqu'à
ce soir, 19h00, au centre de conférences de Pailles.
Inauguré mercredi par l'épouse du président
de la République, Lady Sarojini Jugnauth, cet événement
commercial de PubliPromo qui donne, deux fois l'an, l'occasion
à d'éventuels clients de prendre connaissance des
derniers produits et services disponibles sur le marché
attire, encore une fois, la grande foule.
Il était en effet difficile au courant de la journée
d'hier de se faufiler dans les diverses allées pour visiter
les différents stands tant la foule de visiteurs était
nombreuse. Difficile tout aussi de trouver un parking vu le nombre
de véhicules qui avançaient à l'allure d'escargot.
Cette année, les organisateurs, joignant l'utile à
l'agréable, ont prévu un coin restauration de même
que des promenades à dos de poneys pour les enfants. Il
faut dire, en effet, que ce genre d'événements est
pour beaucoup une occasion de sortie en familles.
Côté tendance, l'on aura vu beaucoup de visiteurs
s'enquérir des derniers produits disponibles en matière
de prévention contre les cambriolages ainsi que des chauffe-eau
solaires. Les divers ameublements d'intérieur intéressant
aussi les visiteurs. Coup de cur aussi pour les beaux luminaires
en exposition.
Sinon, comme c'est de tradition, les institutions bancaires profitent
de l'occasion pour dévoiler aux visiteurs leurs dernières
offres en matière de prêts-logement alors que les
divers revêtements de sol et autres rideaux et literies
s'offrent aux yeux dans des disigns et des coloris les uns plus
attirants que les autres.
Droits de l'homme
La Commission nationale pour le créole comme médium
d'enseignement
Quel est le dénominateur commun entre l'ancien évêque
irlandais du diocèse catholique de Port-Louis des années
50 à 1968, Mgr Daniel Liston, le pédagogue-linguiste-ex-politique
et dramaturge de gauche, Dev Virahsawmy, les nombreuses organisations
progressistes mauriciennes tels Lalit, Lédikasyon pou travayer,
le Playgroup, le Mouvement
1er Mai, l'universitaire Arnaud Carpouron, le mouvement sectaire
MMKA de Mario Flore et... la très officielle Commission
nationale des droits de l'homme que préside l'ancien juge,
Dilraj Seetulsingh? Réponse: ils sont tous convaincus
de ceci : pour que l'Education soit une réussite dans la
République de Maurice, pour que l'enfant Mauricien puisse
maîtriser dès le plus jeune âge ce qu'on veut
bien lui enseigner, il est impératif, qu'une fois pour
toutes, le créole soit utilisé comme médium
d'enseignement dès les premières années de
scolarisation plus spécialement pour aider les enfants
socialement défavorisés.
En effet, la Commission nationale des Droits de l'homme, dont
le tout dernier rapport vient d'être rendu public, fait,
elle aussi, un plaidoyer sans équivoque pour l'usage de
la langue créole à l'école, dans ses recommandations
aux autorités sous l'item des droits économiques,
sociaux et culturels.
Sur six recommandations qu'elle a formulées en lien direct
avec ces droits, en deux occasions, la commission s'est référée
à l'usage du créole après s'y être
étalée en longueur dans ses paragraphes 27 et 33,
en faisant ressortir également que "Creole could
also be used to teach children basic values".
La référence à l'évêque catholique,
Daniel Liston - nous tenons à le préciser - ne se
retrouve pas dans le rapport de la Commission nationale des Droits
de l'homme lui-même. Mais à Week-End, nous
la jugeons très pertinente eu égard à l'opposition
qu'avait manifestée et manifestent encore certains cercles
durant des décennies, y compris, le diocèse catholique
lui-même, au recours au créole dans les établissements
d'enseignement primaire. Toutefois, malgré le temps perdu
et surtout le nombre de générations d'enfants mal
guidés aussi, il faut souligner que dans le sillage de
l'institution des écoles ZEP (Zone d'enseignement prioritaire
et Pré- vocationnelles) le Bureau de l'enseignement catholique
(le B.E.C) s'est laissé finalement gagner lui aussi à
la cause de la langue nationale comme médium alors que
dans les institutions gouvernementales la résistance est
toujours de mise...
L'évêque Liston l'avait dit depuis... 65 ans !
Il faut effectivement rendre hommage au diagnostic de cet évêque
irlandais qui avait bien décelé le mal principal
du système d'éducatoin locale depuis ... 65 ans
! Mgr Daniel Liston, êveque de Port-Louis, alors recteur
du Collège St. Esprit, avait affirmé ce qui suit
lorsqu'il fut entendu par le Comité des Examens, lequel
déposa ensuite son rapport 1943 sous la signature d'un
certain M. Ward :
"Je suis d'opinion - j'ai peut-être absolument tort
- que la méthode actuelle d'enseigner l'anglais est une
effroyable perte de temps et d'énergie. On devrait enseigner
aux enfants la langue qu'ils comprennent le mieux. Et c'est, je
le déclare sans hésitation, le patois créole
menant graduellement au français. Le but doit être
de donner à l'enfant une bonne connaissance du français,
à l'âge 11 ans."
Le dernier rapport de la Commission nationale des droits de l'homme
s'est également intéressé aux raisons de
l'échec d'un tiers des enfants aux examens de sortie du
cycle primaire (Primary School Leaving Certificate) et à
l'intention du gouvernement de revoir la pratique de la promotion
automatique des élèves au primaire. La commission
réclame que les autorités prennent des mesures d'urgence
concernant le taux d'échec et elle accueille favorablement
la révision de la pratique de promotion automatique.
Selon la Commission, toute future Constitution de Maurice devrait
accorder une protection explicite aux droits économiques,
sociaux et culturels et les promouvoir. Ces droits inclus l'Education,
la Santé, le Logement, la Sécurité sociale,
l'Alimentation et l'Accès à l'eau. On devrait comprendre
que les moyens de pratiquer un culte préoccupent également
les membres de la commission puisqu'il ont jugé bon de
préciser immédiatement, après ce préambule,
la nécessité que toutes les parties concernées
soient consultées si jamais les autorités envisageaient
de supprimer les subsides accordées aux institutions religieuses...
Sodomie : l'âge de consentement devrait être de
18 ans
D'autre part, la manière dont la Police mauricienne s'acquitte
de sa tâche a beaucoup occupé les pages du rapport
de la Commission nationale des Droits de l'homme. Il faut noter
que les remarques de la Commission à l'adresse de la Police
sont récurrentes. Selon la Commission, il faut plus de
patrouilles policières pour décourager efficacement
la criminalité et la communication entre la Police et les
membres du public doit être améliorée. Les
officiers de police de grades supérieurs doivent démontrer
leur image d'autorité dans les endroits tombant sous leurs
juridiction afin de redonner confiance au public. La commission
a aussi fait quelques recommandations visant à consolider
la protection du droit à la liberté. Il ne suffit
pas, par exemple, qu'une déclaration contre une personne
soit inscrite dans l'Occurence Book de la Police pour que
cette personne soit recherchée et arrêtée.
Le déclarant doit être amené à faire
un "proper detailed statement" avant que la Police ne
procède à l'arrestation du suspect. La commission
a également préconisé certaines mesures susceptibles
d'empêcher les décès de suspects ou de prisonniers
en cellule.
Pour ce qui a trait aux peines d'emprisonnement, la Commission
nationale des droits de l'homme a recommandé la réintroduction
des rémissions, même pour les crimes sérieux,
en guise de réconnaissance de bonne conduite en prison.
Annuler le système de rémission pourrait, selon
elle, constituer une punition inhumaine et dégradante qui
viole la constitution du pays. Elle a également recommandé
que les prisonniers Rodriguais purgent leurs sentences dans leur
île, ce qui pourrait contribuer à les réinsérer
dans la société tout en soulageant, partiellement,
le problème de surpopulation des prisons à Maurice.
Au chapitre de la discrimination sexuelle, la Commission a fait
les recommandations suivantes:
- le travail non payé des femmes doit faire l'objet d'une
régulation légale
- les délinquants sexuels doivent être jugés
aussitôt que possible après leurs actes afin d'aider
et de protèger leurs victimes
- ces délinquants doivent bénéficier d'un
traitement psychologique et être relachés sur parole
en prenant la précaution de les doter d'anneaux électroniques
plutôt que d'êtres condamnés à 60 ans
de prison comme proposé par le Sexual Offences Bill
- la peine prévue par le Sexual Offences Bill pour
punir une fausse déclaration d'agression sexuelle ne doit
pas être aussi sévère, ce afin de ne pas décourager
les victimes de rapporter des atteintes à leur personne.
Enfin, selon la Commission nationale des Droits de l'homme, "si
la sodomie est décriminalisée, l'âge de consentement
pour des relations homosexuels devrait être de 18 ans".
Ce dimanche au Thabor
Grand rassemblement de la Pentecôte
Fête qui clôture, au 50e jour, le temps pascal, la
Pentecôte célèbre la descente du Saint-Esprit
sur les apôtres. Déçus et démunis face
à la tâche de l'annonce de la Bonne Nouvelle du salut
après le départ de Jésus, les apôtres
reçoivent en ce jour l'esprit même du Christ ressuscité.
"Il vaut mieux que je parte, car si je ne pars pas, le Paraclet
(l'Intercesseur) ne viendra pas à vous mais si je pars,
je vous l'enverrai (
) Lorsque viendra l'Esprit de vérité,
il vous mènera à la vérité toute entière",
déclare ainsi le Christ à ses apôtres avant
de les quitter dans l'Evangile de Jean (Jn 16; 7-13).
Ainsi, la venue du Saint-Esprit sur le petit groupe des disciples
désorientés leur donne, soudain, courage et efficacité
à communiquer à la foule leur foi au Christ ressuscité.
Cet événement marque, en même temps, le début
de l'Eglise. C'est le point de départ de l'évangélisation
du monde.
En "déliant" les langues le jour de la Pentecôte
tel que le relate les Actes des Apôtres (Ac 2, 1-12), Dieu
permet, de nouveau, aux hommes de se comprendre. C'est la fin
de la "malédiction" de la Tour de Babel (Genèse
11, 1-9) quand Dieu sanctionna l'arrogance des hommes en confondant
leurs langues après qu'ils ont voulu s'unir pour s'égaler
à lui.
Une vieille tradition de l'Eglise qui s'inspire du prophète
Isaïe parle des sept dons du Saint-Esprit: sagesse, intelligence,
conseil, force, connaissance, esprit filial et adoration. Dans
la Bible, l'Esprit-Saint, Troisième Personne de la Trinité,
est symbolisé sous diverses formes : l'eau qui désaltère,
le feu brûlant, la lumière qui éclaire, la
force qui transforme le coeur
Plus couramment, dans l'iconographie usuelle, le Saint-Esprit
est représenté sous la forme de la colombe au rameau
d'olivier. Comme pour témoigner que le souffle de Dieu
qui a animé le Christ était aussi un esprit de paix,
outre d'être un esprit d'amour et de Justice.
Mise au point
The Road Development Authority Employees Union refers to the press
article titled "Malaise à la RDA" published in
your Newspaper Week-End of 27th April 2008 and would appreciate
if the following "Mise au point" could be published
to the attention of the public.
(1) The Union has never been contacted for such complaints as
reported in the contents of the said press article by any of its
members.
(2) Since its creation in 2006, the Union has had many meetings
with the management of the Road Development Authority to discuss
issues pertaining to the rights and welfare of its members. The
Management has always shown keen interest and has come forward
with the best possible solution to the satisfaction of the Union.
(3) The Union views that the contents of such article may be prejudicial
to the good reputation of the employees of the Authority and may
also jeopardize the harmony and inter-personal relationship among
these employees.
Yours faithfully
A. A. Jhumka
Secretary
Road Development Authority Employees Union
Dadi Gulzar
Causeries sur la paix, le pouvoir et la sagesse
Dadi Hirday Mohini Ji, plus connue comme Dadi Gulzar, le chef
administratif additionnel de l'université spirituelle mondiale,
Brahma Kumaris, entame une tournée en Afrique. L'île
Maurice est la première étape de son voyage qui
a débuté jeudi pour prendre fin le mardi 13 mai.
Née en 1928, dans une famille riche, pieuse et philanthrope
à Hyderabad, Dadi Mohimi a pratiqué le Raja Yoga
durant ces 60 dernières années. A l'âge de
neuf ans, soit en 1937, elle fit son entrée à l'institution
des Brahma Kumaris. Elle fut initiée à la connaissance
spirituelle par le père fondateur de l'université
Prajapita Brahma. A l'âge de 16 ans, elle ouvre un centre
de méditation à Lucknow. Elle se rend fréquemment
au quartier général, à Mont Ida. Elle a voyagé
à travers les cinq continents pour propager le message
de paix et d'harmonie et également sur la pratique de la
méditation et la propagation des valeurs spirituelles.
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