s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 11 mai 2008



  Maltraitance - Les habitants de Vallée Pitot : "Bizin ferm mama-la. Mama boper compliss. Tou le de baté"
  Rodrigues : - Le tabac de la discorde…
  Transport par autobus - Petites misères du grand public usager
  Réaction—Siven Mootoocurpen : - "Mugabe pratique l'apartheid à l'envers au Zimbabwe"
  Droits humains - La branche locale d'Amnesty appelle à manifester contre la Chine
  Salon de la Maison et du Jardin - L'utile, l'agréable et l'extravagant…
  Droits de l'homme - La Commission nationale pour le créole comme médium d'enseignement
  Ce dimanche au Thabor - Grand rassemblement de la Pentecôte
  Mise au point
  Dadi Gulzar - Causeries sur la paix, le pouvoir et la sagesse


Maltraitance

Les habitants de Vallée Pitot : "Bizin ferm mama-la. Mama boper compliss. Tou le de baté"

Elle a refusé de voir sa mère. Lorsque les officiers de la Child Development Unit l'ont emmené aux funérailles de son frère Seyfoullah, 8 ans, décédé mardi dernier, elle n'a pas souhaité fouler le seuil de sa demeure. Elle, c'est Madina Fakeerbux,11 ans. "C'est une enfant traumatisée", racontent les voisins. "Li ena rezon pa guet so mama. Pa enn mama sa. Enn démon. Bizin ferm li", crie le voisinage de Jasbeen Fakeerbux, la mère du petit Seyfoullah, mort à l'hôpital Jeetoo, après un mois passé dans le coma. Un état qui avait résulté des coups que son beau-père, Sayed Mamode Soobhan, lui aurait infligés. Une accusation provisoire de murder a été retenue contre ce dernier, actuellement détenu. Mais les habitants de Vallée Pitot, dont ses proches n'en démordent pas. Pour eux, la mère de Seyfoullah aussi est complice dans cette affaire. "Li oussi li baté. Nu habitié tann li dir so galan bat so bann zenfan. Bizin ferm li", disent-ils.

Ce samedi matin, (ndlr : hier), Jasbeen Fakeerbux, âgée d'un peu plus de 25 ans, enceinte de plus de deux mois, selon les voisins, est tranquillement assise devant la porte de sa bicoque en tôle, à Boulevard Pitot, Vallée Pitot, entourée de quatre individus. L'un d'entre eux serait son père. A notre approche, elle esquisse un sourire. Elle lorsqu'on lui demande de nous parler des circonstances de la mort de son fils Seyfoullah, elle siffle : "Guet ar mo avocat. Nanien mo pa pou dir". Et, mine de rien, elle reprend sa conversation avec ses amis. Un mois de cela, en emmenant son fils aux urgences de l'hôpital Jeetoo, elle aurait pourtant - pour expliquer la blessure que portait son fils à la tête - affirmé que Seyfoullah avait glissé dans la salle de bains. Mais, mardi dernier, confrontée, avec son concubin, à l'interrogatoire de la police, elle a avoué que son fils a été battu. C'est le concubin qui a pris toutes les charges. Jasbeen Fakeerbux n'a pas été arrêtée. Elle serait rentrait chez elle le soir même, soutenant qu'elle devait allaiter encore son dernier enfant, âgé de neuf mois. "Menti. Li pa donn dilé ti baba. Moi monn donn dilé lapoud so zenfan. Li pa donn zot manzé. Pa enn mama sa", indique la mère de Sayed Mamode Soobhan, Fareeda. Les larmes aux yeux, entourée de plusieurs voisins, elle raconte le martyre que vivraient les enfants de Jasbeen Fakeerbux, décrite comme "enn mové fam".

"Tou lezour bann zenfan la gagn baté. Mo tann zot depi derrière mo lacaz. Madina la, li ti couma dir enn esclav. Rezma CDU inn pran li", raconte Fareeda Soobhan. Depuis septembre 2007, indique-t-elle, deux des enfants de Jasbeen Fakeerbux, Madina et Seyfoullah, issus de son premier mariage avec Ameen Fakeerbux (voir texte plus loin), sont venus habités avec son fils Sayed Mamode et leur mère qui vit en concubinage avec ce dernier depuis plusieurs années. "Avan zot ti rest Notre Dame kot zot papa. Siposé zot gagn baté la ba. Lerla zot dadi inn vinn kit zot. Me ici martyr zot ti pe passé", explique Fareeda Soobhan. Plusieurs fois, dit-elle, tard dans la soirée, elle entendait Sayed, aussi bien que Jasbeen, battre les deux enfants. "Kan li pa baté (ndlr : Jasbeen), li dir : bez li ta Sayed. To pa kapav bez li. Pa tigit fwa monn tandé". Tant et si bien qu'elle s'en est mêlé à maintes reprises."Kan mo demann zot kifer pe baté coum ça, zot dir zenfan la mové. Ou krwar, comié mové enn zenfan kapav fer. Enn mama kapav guet so piti gagn baté ziska lamort?", s'interroge la mère de Sayed Mamode Soobhan.

"Linn mett diboi are so tifi"

Fareeda Soobhan affirme qu'à plusieurs reprises, elle a informé la CDU de la maltraitance de laquelle étaient victimes ces enfants. La première fois remonte à novembre ou décembre de l'année dernière, se souvient-elle. Le lendemain d'un de ses soirs où les enfants auraient été battus par leurs parents, en voyant Madina Fakeerbux marcher en se cabrant, Fareeda Soobhan lui demande de quoi elle souffre. Réticente au départ, la petite n'a rien voulu dire. Mais pressée de questions par les voisines qui s'inquiètent de son état, elle racontera, après s'être assurée que sa mère ne serait pas mise au courant de ses aveux que "mo mama inn mett diboi are mwa". "Monn ale guetté. So kilot ek so tchouss rempli ar disan ti encor la mem. Boucou douler li ti pe gagné", raconte Fareeda Soobhan. Lorsqu'elle demande des explications à sa bru, celle-ci rétorque que la petite aurait eu ses règles pour la première fois. Mais suite aux douleurs que ressent la petite Madina, Jasbeen Fakeerbux a dû emmené sa fille aux urgences. Mais la petite n'aurait rien rapporté aux médecins. D'où la décision de Fareeda de rapporter ce cas de violence à la CDU, à Ste. Croix. "Monn alé, monn dir zot, zot dir mwa ale Rémy Ollier. Laba zot donn mwa enn niméro telephone dir mwa telephoné kan bann piti la gagn baté. Assoir kan telephoné, perna personn", soutient Fareeda Soobhan.

"Atass piti ar pied. Fer sac labox ar li"

C'est le soir principalement que les enfants sont victimes de coups, soutiennent les voisins. "Mama papa ale traîné enn zourné. Kan zot retourné zot tir laraz lor zenfan", expliquent-ils. Une des voisines indique que très souvent, elle a vu le petit Seyfoullah, à genoux, dans le canal situé à l'arrière de sa demeure. "Zot mett zenfan la a zenou la touni. Monn fatigué trouvé. Pa kapav dir zot nanien zot laguer are ou", déplore-t-elle. Montrant les pieds d'un lit à étages dans la maison carbonisée de son fils, la mère de Sayed Mamode Soobhan raconte "zot atass Seyfoullah ar bar lili aprè zot baté". L'enfant aurait plusieurs fois également été attaché à un poteau au milieu de la maison, avant d'être battu. Un des voisins indique, pour sa part, qu'il a lui aussi référé cette famille à la CDU. "CDU dir mwa al lapolis. Lapolis dir ale CDU. Personn pa finn vini zamé", explique-t-il. En février dernier, la bicoque des Sayed Mamode Soobhan a pris feu. La famille a alors déménagé à Boulevard Pitot, Vallée Pitot. "Laba pir nou tann dir. Atass piti are pied, fer sac labox are li", racontent les voisins.

La CDU pointée du doigt

Selon les informations, des enseignants de l'école Goomany, témoins des marques sur le corps du petit Seyfoullah auraient également alertés la CDU. Des officiers de cette instance se seraient même, selon les voisins, rendus à l'école pour constater de visu ce cas. Mais rien n'a été fait pour sauver le petit. "Finn bizin piti la mort pou CDU vinn sers so ser. Si CDU ti fer so travay, zordi piti la ti pou encor la", déplore le voisinage. Révoltés, ils ne comprennent pas pourquoi Jasbeen Fakeerbux n'a pas été arrêtée. Les mots envers Sayed Mamode Soobhan ne sont pas tendres. Au contraire, ses voisins le décrivent comme un malfrat. Connu comme un zougader invétéré, Sayed Mamode Soobhan, a eu mailles à partir avec plusieurs voisins, dont son propre frère. "Kot ena kass pou zoué li ladan. Li pa lé travay, li lé kass. Li lé manz bon zafer. Kan li perdi kikpar, li vini li bat sa pov piti la (ndlr ; Seyfoullah)", racontent les voisins. La mère est complice de ses actes, soutiennent-ils, réclamant qu'elle soit aussi incarcérée. "Enn mama ou krarw kapav guett enn zot bat so piti. Ki kantité mové enn piti kapav fer pou batt li ziska touye li", s'insurgent les habitants de Vallée Pitot.


Seyfoullah, enfant battu de 8 ans, n'a pas survécu à ses blessures

Admis inconscient avec d'importantes blessures à la tête et des cicatrices et brûlures de cigarette sur tout le corps à l'unité des soins intensifs de l'hôpital Jeetoo depuis le 7 avril dernier, Seyfoullah Fakeerbux, huit ans, est décédé mardi dernier. L'autopsie pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer, a attribué le décès à une septicémie. Une hémorragie intracrânienne a également été relevée. Sayed Mamode Soobhan, son beau-père, qui prétendait, comme la mère de Seyfoullah que le petit s'est blessé lorsqu'il a glissé dans la salle de bains, est finalement passé aux aveux, mardi dernier. Il a indiqué qu'il a infligé des coups au petit Seyfoullah, pour le corriger.

Malgré les nombreux soins médicaux, Seyfoullah Fakeerbux, placé sous respiration artificielle et ayant eu à subir une opération délicate à la tête, n'a pas repris conscience depuis le 7 avril dernier. Date à laquelle sa mère, Jasbeen, l'avait emmené à l'hôpital dans un état des plus inquiétants. Sa mère ainsi que son beau-père affirmaient alors qu'il avait fait une chute dans la salle de bains. Soupçonné de maltraitance, Sayed Mamode Soobhan a été placé en détention policière le 11 avril dernier, sous une accusation provisoire d'attempt at murder. Toutefois, vu la nouvelle tournure dramatique que vient de prendre cette affaire, c'est une charge pour murder qui sera logée contre Sayed Mamode Soobhan. Selon les informations, ce dernier, qui a pris toutes les charges, soutient qu'il ne faisait que corriger l'enfant quand il était indiscipliné. Mais les voisins démentent indiquant que l'enfant était régulièrement violenté, par son beau-père et par sa mère. "Ti enn ti garçon couma lezot. Selma kan ou trouv li marsé, tou letan so latet baissé. Couma dir li per tou dimoun", racontent les habitants de Vallée Pitot. Certains avancent "tou lezour li vinn ek ou ek enn kalité mark. Kan demann li li dir, mama inn bat mwa". Les voisins soutiennent qu'aucun enfant ne mérite le sort qu'a connu Seyfoullah. Selon eux, ce sont ses parents qui lui ont donné la mort.


Ameen Fakeerbux, le père biologique de Seyfoullah : "Mama oussi entor ladan"

Cela fait près d'un an que Ameen Fakeerbux n'a pas vu Madina et Seyfoullah, deux des enfants qu'il a eus avec sa première femme, Jasbeen Fakeerbux. Pour cause, leur mère les a emmenés vivre avec elle et son concubin, à Vallée Pitot. Jusqu'à l'âge de 9 ans et 6 ans, Madina et Seyfoullah ont vécu avec leur père. Aujourd'hui, seule la benjamine de son union avec Jasbeen Fakeerbux, Zaynab, vit chez lui, à Notre-Dame. "40 zour Seyfoullah ti ena, mama la inn kit lacaz inn alé. Linn ale are Sayed. fodé kan zenfan la inn malad lopital, lerla linn retourné. Mé apré linn realé", indique-t-il.

Quelques mois plus tard, notamment en raison de la relation de Sayed Mamode Fakeerbux avec une mineure, dit-il, Jasbeen Fakeerbux serait rentrée une nouvelle fois au bercail, pour repartir aussitôt, en prenant avec elle deux de ses enfants, Madina et Seyfoullah, les plus grands. Le regard dans le vide, il raconte que Seyfoullah "ti enn zenfan couma tou zenfan. So gran problem, tou letan li pipi dan son pantalon". Comme les autres enfants de son âge, raconte son père biologique, Seyfoullah "ti fer enn de ti dezord". Mais rien qui mérite les sévices qui lui ont été infligés, s'insurge-t-il. S'il n'a pas vu ses enfants depuis si longtemps, c'est parce que le concubin de sa femme l'avait menacé. Pour éviter tout ennui avec cet individu qu'il décrit comme "enn bezer boug", il a préféré s'abstenir et couper les liens avec ses enfants et leur voisinage. Ce n'est qu'une semaine avant le décès de son fils qu'il a appris par l'intermédiaire d'un ami à Port-Louis, que son fils était dans le coma. "Mo finn fer demars lopital, lerla monn coné linn gagn baté", explique-t-il. Désignant une marque sur sa joue droite, il indique "mama la inn fer mwa sa. Li ti rod met couto are mwa". Selon lui, si le beau-père est coupable du décès de son fils, la mère de Seyfoullah est également à blâmer. "Li oussi li contan baté", soutient-il, ajoutant que "mem si sa zour la li pa ti bat zenfan la, li pa kapav guet so galan bat so zenfan, li rest lebra croisé. Ki kalité mama sa. Li perna pitié. Bizin ferm li parey couma zom la".


Un rapport de la CDU attendu

L'Ombudsperson for Children, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, a initié une enquête sur cette affaire. Ne souhaitant pas faire de commentaires sur ce drame, l'Ombudsperson for Children indique néanmoins qu'à ce stade "personne n'a fait de signalement à mon bureau, ni auprès de mes officiers, malgré les nombreuses lignes téléphoniques toujours ouvertes". Elle fait également ressortir qu'ayant appris qu'il y aurait eu un signalement de ce cas de maltraitance auprès de la CDU, Shirin Aumeeruddy-Cziffra indique qu'elle a demandé un rapport à la CDU. Dans le cas où il y aurait effectivement eu un signalement, mais que la CDU n'aurait pris aucune mesure, la CDU aura à s'expliquer. Au niveau des autorités, on apprend qu'aucune plainte n'a été logée avant le décès du petit Seyfoullah, pour signaler ce cas de maltraitance. Au ministère de la Femme et du bien-être des enfants, on fait ressortir que ce n'est que lorsque l'enfant a été emmené à l'hôpital en avril dernier, que les autorités ont été saisies du cas. Immédiatement la sœur aînée de Seyfoullah Fakeerbux, Madina, a été placée dans un shelter, et assurée d'un suivi psychologique.


Un casier judiciaire chargé contre Sayed Mamode Soobhan

Sayed Mamode Soobhan, la trentaine passée, est décrit par ses proches comme un malfrat. Son union avec Jasbeen Fakeerbux n'aurait pas arrangé les choses. Au contraire, soutiennent ses voisins, "linn vinn pir". Son vice, c'est le jeu. "Kot ena zoué kass li ladan. Lecours, carte, casino… tou pou li", disent-ils. Et selon eux, c'est principalement lorsqu'il perd aux jeux qu'il devient violent envers les enfants de Jasbeen Fakeerbux, issus de son premier mariage avec Ameen Fakeerbux (voir texte plus loin). "Baté sa kalité la, lontan li pa ti pe fer", indiquent toutefois ses proches. Une de ses belles-sœurs raconte même "li ti extra contan mo bann zenfan. Lontan kot nou ti alé nou ti ale ensam". L'histoire de Sayed Mamode Soobhan est pleine d'embûches. Selon les informations, il a plusieurs antécédents à la police, dont un cas de viol contre mineure. Mardi dernier, après l'interrogatoire des limiers de la CID Nord, qui s'occupent de l'enquête autour du décès du petit Seyfoullah Fakeerbux, Sayed Mamode Soobhan est finalement passé aux aveux, soutenant toutefois qu'il a infligé des coups au petit Seyfoullah, pour le corriger parce que c'était un enfant indiscipliné.


Rodrigues :

Le tabac de la discorde…

Depuis la distribution des sachets de graines de tabac, au siège de la Commission de l'Agriculture, à Rodrigues, il y a de cela un peu plus d'un mois, les semis, en provenance de Maurice, n'ont rien donné, sur certains champs. Ce qui ne déçoit pas pour autant un des planteurs rencontrés, s'étant inscrit au projet expérimental de la culture du tabac, suite à la visite de prospection du Tobacco Board dans l'île. Le dossier divise et il ne veut pas se mettre à dos les ONG, l'Eglise et autres mouvements exerçant une certaine pression pour dissuader le gouvernement régional de Rodrigues à s'engager dans cette culture. Malgré les affirmations du Commissaire de l'Agriculture, Louis Ange Perrine selon lesquelles la question ne se pose pas et encore moins une " collaboration " entre le Tobacco Board et la Commission, d'autres sources maintiennent le contraire. La station agricole de la Commission, disent-elles, a bien tenté une première expérience. Le Tobacco Board, attend les premiers résultats avant d'évaluer la viabilité du projet…

S'il y a un dossier qui agace plus d'un actuellement à Rodrigues, c'est bien celui de la culture du tabac. Avec l'eau, la sécurité alimentaire, l'exode des Rodriguais vers Maurice, la fuite des cerveaux et… la politique, le sujet fait partie des dossiers qualifiés brûlants. Il faut dire que la culture du tabac à des fins d'exploitation commerciale n'a pas encore démarrée. Mais la distribution de graines, ramenées de Maurice, à une vingtaine de planteurs, la présence de représentants du Tobacco Board à Rodrigues, une petite culture sur une base expérimentale dans une station agricole de l'île, le déplacement du chief technical officer de la Commission de l'Agriculture à Maurice, précisément au board, ont suffit pour diviser les esprits. Car ce dossier divise. D'une part, le Commissaire à l'Agriculture, Louis Ange Perrine, affirmait à Week-End, jeudi dernier, qu'avec le gouvernement régional de Rodrigues, sa Commission s'affaire plutôt à mettre l'accent sur la culture agricole en marge d'un plan d'action à atteindre en 2015. La culture du tabac sur une grande échelle, nous déclare-t-il, " relève d'une campagne menée par des politiques qui veulent en faire leur cheval de bataille pour remporter les prochaines élections". "Pour l'instant, laisse-t-il comprendre, la culture du tabac, n'est pas une préoccupation pour le gouvernement régional de Rodrigues". Il insiste en précisant qu'il n'y a jamais été question de lancer à titre expérimentale une culture à la section agricole de Baie-aux-Huîtres, dans le Nord Ouest de l'île. "Il y a bien eu semence. Mais on a tout enlevé", nous confie, cependant, une source proche de la Commission.

D'autre part, le même jour, un cultivateur Sud Est, visiblement agacé, confie son désarroi. "Les graines que j'ai reçues lors de la distribution, en mars dernier à la Commission de l'Agriculture n'ont rien donné ! Bé ki pou fer aster ?" Comme pour apporter une réponse à cette question, le General Manager du Tobacco Board, Rama Hotar, nous explique que la première expérience tentée, après la mise en terre des semis à Rodrigues sera déterminante pour la viabilité du projet ! Toutefois, celui-ci ne se poursuivra pas, si les plantes ne donnent pas les résultats attendus.

Une agricultrice : "Si la culture du tabac peut renflouer la caisse de l'économie et alléger la pauvreté, alors pourquoi pas ?"

La communauté des planteurs est également partagée sur la question. "Si la culture du tabac peut renflouer la caisse de l'économie et alléger la pauvreté, alors pourquoi pas ?", avance Olive Boncoeur, présidente d'une association de femmes agricultrices à Nouvelle Découverte, dans le Nord- Est de l'île. D'autres voix s'accordent pour dire que Rodrigues a besoin de ses terres cultivables pour développer l'Agroalimentaire. Toutefois, Olive Boncoeur dit reconnaître que l'île devrait accentuer la culture de maïs et exporter vers Maurice.

"Dans un contexte où le riz commence à manquer et la vie chère, nous avons mieux à planter que le tabac. Nous devons penser à nous nourrir", disent certains. Surtout ceux qui sont proches de l'opposition, qui, à l'Assemblée Régionale, s'emploie pour pousser le gouvernement local à fermer les portes à tout projet qui encouragerait la plantation du tabac. "Lancer la culture du tabac chez nous est une mauvaise chose ! Il se trouve déjà que la consommation du gandia commence à s'ancrer dans les mœurs des jeunes, nous n'avons pas besoin de souci additionnel ! Veut-on dégrader Rodrigues ? Et polluer notre santé ?", s'indigne une autre agricultrice, dans le centre de l'île. Cultivant ses terres depuis des décennies, sur une petite échelle, elle affiche une inquiétude que l'on peut observer chez les militants contre la toxicomanie. Mais, à ce jour, les associations d'agriculteurs rodriguais ne se sont pas officiellement prononcées. Il est à noter que la communauté des planteurs serait également divisée sur la question. La marche pour dire non au tabac sur les terres rodriguaises, prévue pour le 31 prochain et réunissant organisations non-gouvernementales, syndicats entre autres, donnera un peu plus d'indication sur le nombre de planteurs contre l'éventuel projet. Car même si le gouvernement régional se défend d'encourager la culture du tabac, disent les opposants, "il est en mesure d'intervenir pour décourager le Tobaco Board à investir à Rodrigues", dit-on, presque d'une même voix…

Le gouvernement régional réitère sa volonté de faire du dossier agricole, une de ses priorités

Il se chuchote qu'en raison de la sensibilité du dossier, dans un contexte où chaque parcelle de terre cultivable devrait être utilisée pour assurer l'autosuffisance alimentaire, le gouvernement régional de Rodrigues est contraint de faire profil bas. De plus, selon une source proche de la Commission de l'Agriculture, "les semis mis en terre à titre expérimental dans une station agricole ont été récemment enlevés !" Dans une déclaration faite à Week-End, le Commissaire de l'Agriculture, maintient : "Il n'y a eu aucune expérience concernant la culture du tabac !" Précision aussi que dans l'édition du 2 mai de La Tribune, Louis Ange Perrine, plaidait pour la révalorisation du secteur agricole pour le développement économique du pays. Rodrigues, déclarait le Commissaire, doit "retourner vers le concept du Rodriguais planteur et éleveur en misant sur la réintroduction d'unit farm pour produire 50 % du côté de l'élevage et 50% du côté de l'agriculture". Dans notre édition du 27 avril dernier, le Chef Commissaire déclarait pour sa part : "Il n'est pas du tout dans la politique du gouvernement régional de Rodrigues d'encourager ni la culture, ni même la consommation du tabac. Nous voulons utiliser les terres disponibles à Rodrigues pour planter maïs, oignons et haricots…" Ramené sur l'échiquier politique, ce dossier, rappelle Louis Ange Perrine, n'a pas dérangé l'Opposition lorsqu'il était au pouvoir. Louis Ange Perrine réitère également le fait que le Tobaco Board a le droit de prospecter à Rodrigues, s'il en a envie. Mais réfute les affirmations de part et d'autre, à l'effet qu'il y ait eu une "étroite collaboration entre le Tobacco Board et la Commission". Et de se demander, "pourquoi, y aurait-il et collaboration ?" Week-End, qui lui demandait si le récent déplacement du

technicien en chef de sa Commission au Tobacco Board, n'était pas une forme de " collaboration ", le Commissaire Perrine, devait nous déclarer : "Chaque semaine, des officiers partent pour Maurice et il peut arriver qu'ils passent au Tobacco Board. D'ailleurs, actuellement 3 de nos techniciens sont à Maurice. Le Tobacco Board a tout à fait le droit d'acheter du tabac avec les planteurs rodriguais s'il le désire. Rodrigues est un pays libre et il n'est pas rare que les planteurs reçoivent de l'aide avec les Small Planters Fund de Maurice." Dans une déclaration faite à Week-End, dans son édition du 27 avril, le Chef Commissaire de Rodrigues, Johnson Roussety, affirme qu'"en raison du caractère statuaire de cet organisme (ndlr : Tobacco Board), le gouvernement régional ne pouvait lui refuser un dialogue. Mais, nous n'avons pris aucun engagement". Nous avons sollicité le Chef Commissaire, qui n'a pas donné suite à notre requête…

Un appel à la radio aux planteurs intéressés

Du côté du Tobacco Board, il revient que celui-ci aura une position de facilitateur, si le projet, novateur, devient viable. Toutefois, pour assurer sa mission de prospection et démarrer le projet sur une base pilote, il lui a été impératif d'agir en accord avec les procédures administratives et légales, dans ce sens. L'organisme, nous explique son General Manager, s'est intéressé de près au tabac cultivé à Rodrigues, au début de cette année. Il est connu de tous, que plusieurs Rodriguais, dans le passé, en plantaient dans leur potager au milieu des maïs et autres patates, manioc… ou dans l'arrière-cour. La fabrication, artisanale du tabac, était destinée à leur consommation et non au marché. "Mo mari éna 83 an, li ankor plant taba pou li mem", dit Marjolaine Perrine, habitante du Sud- Est en indiquant un petit coin où pousse l'Amarelo, dans le climat sec de cette partie de l'île. Et c'est en constatant que cette variété, cultivée par des anciens, est toujours présente dans l'île, que le board a émis une suggestion. "Nous nous sommes dit que si des planteurs désiraient poursuivre la culture du tabac, le Tobacco Board, serait disposer à en acheter auprès de ceux-ci", nous explique Rama Hotar. De plus, souligne Stevenson Clair, président de la Rodrigues Public Service Workers'Union (RPSWU), les planteurs rodriguais, de tabac, sont compétents dans le domaine. La formation de la main-d'œuvre ne se pose pas. Des démarches administratives étant faites auprès du gouvernement régional de Rodrigues, dont également la Commission de l'Agriculture, pour concrétiser le projet et obtenir le permis légal pour aller de l'avant, le Tobacco Board, est, alors, dit-il, en présence de quelque 56 planteurs intéressés. "C'est alors qu'il y a eu un appel à la radio, demandant aux planteurs de se faire enregistrés. Ceux qui l'ont fait ont eu des semis", poursuit Stevenson Clair. "La conjoncture économique difficile, le chômage, l'argent qui ne rentre pas, le riz qui commence à manquer… ont poussé les planteurs vers ce qui leur semble être un alternatif !", explique-t-il encore. A ce stade, il n'a pas été question de procéder à la semence sur une grande superficie. D'où la culture sur les terres des planteurs respectifs. Les semis en terre depuis un bout de temps déjà, le Tobacco Board, indique qu'il attend "les premiers feedback de l'expérience pour évaluer les possibilités d'une culture sur une grande échelle". Stevenson Clair se dit sceptique quant à la culture d'un cash crop, tel le tabac, aux côtés des produits agraires. Mais, selon Rama Hotar, la terre qui est utilisée pour faire pousser les feuilles de tabac, sera enrichie d'azote, grandement présent dans l'Amarelo, et propice pour la culture du maïs. Au cas où les objectifs visés par le Tobacco Board sont atteints, plusieurs étapes impliquant la production du tabac devront être définies.


RPSWU : Lettre au PM

"Si le gouvernement dit qu'il ne veut pas encourager la culture du tabac, il a le droit et le choix de ne pas permettre sa culture sur les terres rodriguaises", déclare d'emblée Stevenson Clair. La gestion des terres rodriguaises, n'étant pas du ressort du gouvernement mauricien, l'Etat peut cependant, dit-il, faire pression sur le Tobacco Board pour qu'il ne garde plus un pied à Rodrigues. S'associant au syndicat - lequel a fait appel au Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour intervenir dans ce dossier -, des ONG, telles CRAC Antidrogue, Carrefour… ont l'intention de continuer à militer contre la culture du tabac, pour faire reculer tout investisseur.


Un planteur :

- "Mo népli anvi plante taba Maurice !"

- "Les abeilles butineront sur les fleurs du tabac. Est-ce que cela risque d'altérer la qualité de notre miel ?", se demande-t-il

- Au total, selon lui, un peu plus d'une centaine d'hectares devrait être utilisée pour la culture du tabac mauricien à Rodrigues

"Kan mo'nn remarké ki sémi dépi Maurice na pa pousé, mo'nn senti mwa soulazé. Mo népli anvi plante taba Maurice ! Ena boukou kozé ki pé dir ki fodré pa plante taba dan Rodrigues", nous confie un des planteurs qui se sont inscrits au projet. Rencontré dans son immense champs, il nous montre une petite remise où il fait sécher des feuilles d'Amarelo. "J'en cultive depuis longtemps", dit-il. Sa terre et les semis en provenance de Maurice, ne semblent pas s'accommoder. "Les gens de la Commission nous ont dit qu'ils allaient faire un suivi de la culture expérimentale. Mo pa'nn trouv zot mwa ! Ziska ler zot pane vini", explique le planteur. "Même s'ils me remettent d'autres graines de tabac mauricien, mo pa pou pran !" Au fond, notre homme ne veut pas être mal vu par l'Église et autres ONG, lesquelles exerçant une certaine pression pour que Rodrigues n'aille pas de l'avant avec la culture du tabac. Il s'en veut presque d'avoir accepté de se rendre à la Commission le jour de la distribution des graines. "Il y avait beaucoup de planteurs. Nous avons reçu un sachet contenant des semis pour 2 hectares de terre. Le technicien de la Commission nous a dit que nous aurons Rs 45 par kilo. Mais en réalité, nous ne gagnerons pas grand-chose comparé au prix de vente de notre tabac local. Lorsque nous le vendons, le prix est de Rs 50, le kilo !" Faisant le compte, notre planteur avance que ce sont presque une centaine, voire plus d'hectares qui devraient être concernés par la culture du tabac mauricien. Autre inquiétude soulevée, est l'impact de cette culture en grande quantité sur la qualité du miel. "Les abeilles butineront inévitablement sur les fleurs du tabac. Est-ce que cela risque d'altérer la qualité de notre miel ?", se demande-t-il avant de retourner à ses occupations.


Transport par autobus

Petites misères du grand public usager

"Travel times" interminables durant les heures de pointe pour des trajets en direction ou au sortir de la capitale; conduite dangereuse sur des routes dégagées; service irrégulier sur certaines dessertes; impolitesse de quelques chauffeurs et receveurs; insécurité dans des gares routières: autant de petites misères du grand public usager du transport par autobus. Alors que le coût du ticket a, de nouveau, augmenté depuis lundi, Week-End pose la question de la qualité du service de transport par autobus.

Certes, la situation d'aujourd'hui ne se compare pas à celle des années 1970 à la mi-1980. Il était courant, en ce temps-là, de rencontrer en route un autobus en panne avec son plein de passagers attendant désespérément un véhicule de rechange sous la pluie ou sous un soleil de plomb.

Révolu, tout aussi, le temps où des habitants de certains quartiers urbains excentrés avaient des centaines de mètres à marcher pour trouver un arrêt d'où ils pouvaient embarquer. Fini aussi l'époque où le service ne s'étendait qu'aux seuls "grands villages".

Les 25/30 dernières années ont vu un renouvellement progressif de la flotte de véhicules. Avec l'accroissement parallèle du nombre de voitures privées, il est plus aisé, aujourd'hui - du moins, sur les principales dessertes - de trouver une place à bord.

Nombre de gares routières ont, d'autre part, connu un lifting et des abribus assurent aux passagers un meilleur confort d'attente sur plusieurs arrêts. Petit à petit, les compagnies investissent dans des véhicules plus confortables avec, même, quelques autobus "de luxe".

Avec la modernisation, ces 20 dernières années, du réseau routier, le voyage, notamment, les longs trajets, ne s'appairent plus à des rallyes d'endurance en chemins escarpés. Les fumeurs se sont, depuis longtemps, résignés à ne plus empester les autres de la fumée incommodante de leurs cigarettes, particulièrement gênantes les jours de pluie.

Mais voyager par autobus, de nos jours est loin d'être, à tous les coups, une réelle partie de plaisir. Première - et de loin - plus grande misère du public usager: le temps du voyage, particulièrement aux heures de pointe du matin et de l'après-midi.

Un problème qui se pose surtout sur les trajets en direction ou au sortir de la capitale en jour de semaine. Janine, la cinquantaine, employée de bureau à Port-Louis témoigne: "Cela me prend, chaque jour, une heure le matin pour sortir de chez moi à Beau-Bassin pour arriver à mon lieu de travail à Port-Louis".

Une heure pour un trajet long de seulement quelque 10 km! Soit, un déplacement à 10 km/h! Et pour Janine, c'est la même galère, l'après-midi pour rentrer chez elle: encore une bonne heure de "travel time" pour quitter Port-Louis et regagner Beau-Bassin.

Vivement, donc, le bus way dont nous promettent les autorités et qui, nous dit-on, saura rallier Curepipe à Port-Louis (quelque 23 km) en 35 minutes. Soit, à une vitesse de quelque 55 km/h. Encore qu'il convient de connaître ce que, au final, cela coûtera au public usager.

"Couses poursuites entre individuels"

Quand ça n'avance pas à pas de tortue, sur certaines routes dégagées, notamment, à l'est, ça roule à tombeau ouvert. A., 21 ans, étudiante à l'Université de Maurice qui fait, régulièrement, le trajet Flacq/Réduit et vice-versa raconte: "Cela se passe surtout en fin d'après-midi ou en début de soirée. A cette heure, quand le nombre de passagers se fait moindre, il semble que les chauffeurs sont tous pressés de rentrer chez eux. C'est le course poursuite en route pour ramasser les derniers passagers en chemin".

Avec les risques d'accidents que l'on suppose. Et en parlant de risques d'accidents,comment ne pas évoquer ces tançons de routes desservies par des autobus et non pourvus de trottoirs où, souvent, des passagers attendent aux arrêts à même la chaussée.

Ou encore ces routes étroites comme Hugnin/Pope Hennessy à Beau-Bassin/Rose-Hill où chaque croisement entre un autobus et un autre venant en sens opposé et toujours un exercice périlleux susceptible, à tout moment, de mettre en danger la vie des passagers.

De manière générale, sur les principales dessertes, la fréquence des passages est régulière et à la satisfaction du plus grand nombre. Sur les dessertes moins rentables en raison du nombre moins élevé de passagers, en revanche, ceux qui attendent l'autobus poireautent souvent de longues minutes durant avant de pouvoir embarquer.

En cause, selon nombre de passagers: des opérateurs individuels, "moins consciencieux" en matière de régularité du service, disent-ils, que les compagnies, particulièrement, la Corporation Nationale de Transport (CNT).

A la vue du nombre d'autobus individuels en stand-by sur certaines gares routières, il est, en effet, permis de se demander si le nombre de tels véhicules autorisés à opérer ne dépasse pas la demande réelle. Serait-ce, d'ailleurs, la raison qui fait que des autobus individuels, notamment, à Rose-Hill et à la Gare du Nord à Port-Louis prennent, toujours, un temps fou avant de démarrer, à la plus grande exaspération de passagers las d'attendre?

Aujourd'hui, le transport par autobus, c'est, malheureusement aussi certains chauffeurs et receveurs impolis. Ceux-là "brûlent" des arrêts pour ne pas avoir à embarquer des personnes âgées, des étudiants et autres handicapés. "IIs ne paient pas leur tickets", disent-ils. Ils feignent, en ce faisant, d'oublier que c'est l'Etat - et, conséquemment, l'ensemble des contribuables -qui paient pour ces "passagers voyageant gratuitement".

Si les gares routières d'aujourd'hui ont, en général, connu un lifting certain, l'insécurité y règne avec son lot de voleurs à la tire et de marchands de rue encombrants. Sans parler des risques d'agressions, notamment, à la tombée de la nuit quand les gares prennent un air particulièrement sinistre.

Hausse de Re 1.00 à Rs 5.00 par trajet selon la desserte et la catégorie de passagers: on aura beau dire que les frais de transport des salariés sont remboursés par le patronat et que l'Etat prend à sa charge ceux des personnes âgées et des étudiants. Mais le fait demeure que nombre de personnes ne tombant pas dans ces catégories - femmes au foyer et self-employed, notamment - doivent souvent voyager qui, pour une démarche administrative, se rendre à l'hôpital ou pour faire des courses.

Le transport par autobus est, par ailleurs, le seul moyen de se déplacer d'un nombre conséquent de salariés en dehors des heures de travail. Alors que les étudiants doivent, eux, payer quand ils voyagent en week-end ou durant les congés scolaires même si cela est à tarif réduit.

Autant dire que les milliers d'usagers quotidiens du transport par autobus ont le droit d'exiger que le service qui leur est assuré soit à la hauteur. Et qu'il y a nécessité d'une contrepartie à la nouvelle hausse tarifaire qui est entrée en vigueur depuis lundi.


Réaction-Siven Mootoocurpen :

"Mugabe pratique l'apartheid à l'envers au Zimbabwe"

C'est en 1963 que Siven Mootoocurpen entendit parler de la proposition qui devait devenir la chance de sa vie. Cet artisan de Mont SE entendit dire que l'on recrutait des artisans pour aller travailler dans une usine en Rhodésie où l'on pouvait gagner plus d'argent qu'à Maurice. Il se laissa tenter, se fit inscrire sur la liste des candidats et fut accepté. Quarante-cinq ans plus tard, il raconte son séjour dans l'ex-Rhodésie qui l'a profondément marqué et dénonce le silence des autorités mauriciennes sur la situation actuelle dans ce pays devenu le Zimbabwe.

"En 1963, j'avais vingt-sept ans, je venais de me marier et j'avais un enfant de sept mois. Je touchais Rs 375 par mois et le salaire offert en Rhodésie était de 40 livres, soit presque Rs 550 ce qui permettait de faire des économies. C'était une occasion pour le jeune père de famille que j'étais." Ils seront en fait trente artisans venant de diverses propriétés de l'île à être engagés pour un contrat d'une année renouvelable pour aller travailler à Hippo Valey SE, un établissement sucrier situé dans le Sud-Est de la Rhodésie. Après avoir pris l'avion pour la première fois de sa vie, Siven débarque dans une colonie britannique dirigée par une minorité blanche contre une majorité de Noirs. C'est l'année où la Rhodésie du Sud va choisir de demeurer colonie alors que la Rhodésie du Nord choisit l'indépendance en se scindant en deux pays, le Malawi et la Zambie. Hipo SE, l'usine où il va passer un an est "une belle propriété sucrière au milieu de très grandes plantations. Le pays était magnifique avec d'immenses plantations sur de très bonnes terres dans lesquelles tout poussait." Les conditions de travail sont les mêmes qu'à Maurice, mais le climat social du pays est différent. "C'était le régime de l'apartheid traitant les Noirs comme des citoyens de deuxième catégorie. A Maurice, certains le pensaient mais ne le disaient pas ouvertement. En Rhodésie, c'était affiché et se ressentait vivement dans la vie de tous les jours. Bien que bénéficiant d'un statut différent quand nous sommes allés en ville, nous ne pouvions avoir accès en tant que Noirs dans certains endroits. Les droits des Noirs étaient limités, beaucoup de choses leurs étaient interdites." Certains travailleurs mauriciens, surtout les staff vont se ranger du côté des Blancs tandis que Siven se lie d'amitié avec des Rhodésiens noirs qui lui expliquent la situation politique, de leur point de vue. "Comme le gouvernement avait rejeté l'indépendance, les Noirs avaient mis tous leurs espoirs dans la lutte armée qui avait commencée au début des années soixante et qui s'était donnée pour objectif de renverser le régime de l'apartheid pour rendre le pouvoir à la majorité noire." La guerre armée se déroule sur les frontières du pays. Parmi les dirigeants de la révolte, figure un certain Robert Mugabe, dont le nom était prononcé avec respect par les Noirs et avec haine par les Blancs. "Il était pratiquement interdit de prononcer son nom en public, mais le soir avec les Noirs on ne parlait que de lui et des victoires de la guérilla. Pour les Noirs, Mugabe allait libérer le pays et devenir leur sauveur."

"A Maurice, on fait comme si on ne savait pas ce qui se passe au Zimbabwe"

A la fin de son contrat d'un an, Siven décide de rentrer à Maurice à cause de ses obligations familiales. Il rentre avec des économies qui vont lui permettre d'acheter le terrain sur lequel il va construire sa maison à Beau-Bassin. "C'est vrai que la Rhodésie était un pays de l'apartheid, mais il était riche, assez développé et tout le monde mangeait à sa faim. J'y ai réussi à faire des économies." Une fois rentrée à Maurice, Siven continue à garder le contact avec des amis Rhodésiens et surtout à suivre l'actualité de ce pays. "J'ai suivi par la radio la proclamation unilatérale d'indépendance, les sanctions, l'avancée de la guérilla et le long combat qui allait finalement se terminer en 1980, quand les Noirs reprennent le pouvoir et Robert Mugabe nommé président. Après, pendant les premières années de l'indépendance, les choses se sont bien passées : non seulement Mugabe a rendu le pouvoir aux Noirs, mais il n'a pas fait la chasse à la minorité blanche et a prêché le pardon." Siven continue à suivre la situation en Rhodésie devenue le Zimbabwe où les choses semblent bien aller jusqu'à la fin des années quatre-vingts-dix. "C'est là que je n'ai pas compris la politique de Maurice. Quand les choses ont commencé à dégénérer au Zimbabwe, ici on a fait comme si on n'étendait pas. Tous les Premiers ministres, les leaders de l'opposition et les ministres des Affaires Étrangères ont gardé le même silence sur la situation au Zimbabwe. On a fait des conférences de chefs d'Etat à Maurice et malgré le fait qu'on savait que Mugabe pratiquait une politique d'apartheid à l'envers, personne n'a rien dit et on a sorti le tapis rouge pour lui à chaque fois. Jusqu'aujourd'hui, le gouvernement mauricien n'a pas pris position sur ce qui se passe au Zimbabawe alors qu'il fait de grands discours sur l'Equal Opportunity Act, sur la démocratie dans les forums internationaux. A chaque fois qu'un Mauricien a un problème dans un pays étranger, les autorités mauriciennes lui viennent en aide, ne serait-ce qu'au niveau d'une déclaration, prennent contact mais pas dans le cas du Zimbabwe où il y a pourtant des Mauriciens qui sont dans une mauvaise situation. Est-ce que Maurice soutiendrait cette politique, car qui ne dit mot consent. J'ai l'impression que les autorités mauriciennes font semblant de ne pas être au courant. Comment un pays qui se respecte peut-il garder le silence sur une telle affaire ? En tout cas, moi qui ai travaillé en Rhodésie, je me sens obligé de prendre la parole pour dénoncer ce qui se passe au Zimbabwe."


"C'est quand j'ai vu le billet de 10 millions de Z$ dans Week-End que j'ai eu une idée de l'ampleur de la dégradation du Zimbabwe. A l'époque, je gagnais 40 livres par mois et je pouvais, avec cette somme, non seulement me nourrir, mais également faire des économies puisque que je suis rentré à Maurice après un an de travail avec Rs 3000 roupies d'économie qui m'ont permis, en ajoutant un prêt d'acheter le terrain sur lequel j'ai construit ma maison. Avec une livre, je pouvais acheter les provisions pour quelques jours dont une douzaine d'œufs. Aujourd'hui, 10 millions ne donnent droit qu'a un œuf. Non seulement Mugabe est en train de pratiquer l'apartheid à l'envers, mais il est en train d'affamer les Zimbabwéens."


Droits humains

La branche locale d'Amnesty appelle à manifester contre la Chine

La branche mauricienne d'Amnesty International appelle les Organisations non-gouvernementales (Ong), les travailleurs syndiqués, les militants des Droits humains, les leaders politiques et les membres du public en général à manifester, samedi prochain, contre les atteintes aux droits civils en Chine et au Tibet.

Les manifestants débuteront une marche pacifique à Rose-Hill, à l'esplanade du Plaza, vers 15h et emprunteront ensuite la route principale en direction de Belle-Rose, pour se rendre devant l'ambassade de Chine. Une pétition sera déposée dans ce contexte.

Selon le bureau local d'Amnesty International, les objectifs de la manifestation sont de sensibiliser l'opinion publique à la situation exécrable, affirme-t-on, des Droits de l'Homme en Chine - qui, cette année, organise les Jeux Olympiques. Il est question de solliciter le soutien des Mauriciens aux vastes mouvements déclenchés dans le monde en vue d'une amélioration du sort des Tibétains.

À ce jour, le Mouvement Rezistans ek Alternativ, le CEDEM, la Fédération des syndicats du Service civil et la Federation of Progressive Unions ont déjà confirmé leur participation à cette manifestation. L'hésitation caractérise cependant la classe politique influente du pays, soutient-on dans ce contexte.

Dans un communiqué adressé à la presse, également invitée à faire entendre sa voix contre la censure, le bureau d'Amnesty appelle "à faire fi des scrupules" envers la Chine. "Les droits humains na pa get 2 lizié. Que ce soit pour dénoncer l'administration américaine à Guantanamo, les massacres au Darfour, la junte militaire au Myanmar, les droits humains n'ont pas de frontières", conclut le communiqué.


Salon de la Maison et du Jardin

L'utile, l'agréable et l'extravagant…

L'utile, l'agréable et l'extravagant : le plus difficile devrait pouvoir trouver son compte à la nouvelle édition du Salon bi-annuel de la Maison et du Jardin qui se tient jusqu'à ce soir, 19h00, au centre de conférences de Pailles.

Inauguré mercredi par l'épouse du président de la République, Lady Sarojini Jugnauth, cet événement commercial de PubliPromo qui donne, deux fois l'an, l'occasion à d'éventuels clients de prendre connaissance des derniers produits et services disponibles sur le marché attire, encore une fois, la grande foule.

Il était en effet difficile au courant de la journée d'hier de se faufiler dans les diverses allées pour visiter les différents stands tant la foule de visiteurs était nombreuse. Difficile tout aussi de trouver un parking vu le nombre de véhicules qui avançaient à l'allure d'escargot.

Cette année, les organisateurs, joignant l'utile à l'agréable, ont prévu un coin restauration de même que des promenades à dos de poneys pour les enfants. Il faut dire, en effet, que ce genre d'événements est pour beaucoup une occasion de sortie en familles.

Côté tendance, l'on aura vu beaucoup de visiteurs s'enquérir des derniers produits disponibles en matière de prévention contre les cambriolages ainsi que des chauffe-eau solaires. Les divers ameublements d'intérieur intéressant aussi les visiteurs. Coup de cœur aussi pour les beaux luminaires en exposition.

Sinon, comme c'est de tradition, les institutions bancaires profitent de l'occasion pour dévoiler aux visiteurs leurs dernières offres en matière de prêts-logement alors que les divers revêtements de sol et autres rideaux et literies s'offrent aux yeux dans des disigns et des coloris les uns plus attirants que les autres.


Droits de l'homme

La Commission nationale pour le créole comme médium d'enseignement

Quel est le dénominateur commun entre l'ancien évêque irlandais du diocèse catholique de Port-Louis des années 50 à 1968, Mgr Daniel Liston, le pédagogue-linguiste-ex-politique et dramaturge de gauche, Dev Virahsawmy, les nombreuses organisations progressistes mauriciennes tels Lalit, Lédikasyon pou travayer, le Playgroup, le Mouvement

1er Mai, l'universitaire Arnaud Carpouron, le mouvement sectaire MMKA de Mario Flore et... la très officielle Commission nationale des droits de l'homme que préside l'ancien juge, Dilraj Seetulsingh? Réponse: ils sont tous convaincus de ceci : pour que l'Education soit une réussite dans la République de Maurice, pour que l'enfant Mauricien puisse maîtriser dès le plus jeune âge ce qu'on veut bien lui enseigner, il est impératif, qu'une fois pour toutes, le créole soit utilisé comme médium d'enseignement dès les premières années de scolarisation plus spécialement pour aider les enfants socialement défavorisés.

En effet, la Commission nationale des Droits de l'homme, dont le tout dernier rapport vient d'être rendu public, fait, elle aussi, un plaidoyer sans équivoque pour l'usage de la langue créole à l'école, dans ses recommandations aux autorités sous l'item des droits économiques, sociaux et culturels.

Sur six recommandations qu'elle a formulées en lien direct avec ces droits, en deux occasions, la commission s'est référée à l'usage du créole après s'y être étalée en longueur dans ses paragraphes 27 et 33, en faisant ressortir également que "Creole could also be used to teach children basic values".

La référence à l'évêque catholique, Daniel Liston - nous tenons à le préciser - ne se retrouve pas dans le rapport de la Commission nationale des Droits de l'homme lui-même. Mais à Week-End, nous la jugeons très pertinente eu égard à l'opposition qu'avait manifestée et manifestent encore certains cercles durant des décennies, y compris, le diocèse catholique lui-même, au recours au créole dans les établissements d'enseignement primaire. Toutefois, malgré le temps perdu et surtout le nombre de générations d'enfants mal guidés aussi, il faut souligner que dans le sillage de l'institution des écoles ZEP (Zone d'enseignement prioritaire et Pré- vocationnelles) le Bureau de l'enseignement catholique (le B.E.C) s'est laissé finalement gagner lui aussi à la cause de la langue nationale comme médium alors que dans les institutions gouvernementales la résistance est toujours de mise...

L'évêque Liston l'avait dit depuis... 65 ans !

Il faut effectivement rendre hommage au diagnostic de cet évêque irlandais qui avait bien décelé le mal principal du système d'éducatoin locale depuis ... 65 ans ! Mgr Daniel Liston, êveque de Port-Louis, alors recteur du Collège St. Esprit, avait affirmé ce qui suit lorsqu'il fut entendu par le Comité des Examens, lequel déposa ensuite son rapport 1943 sous la signature d'un certain M. Ward :

"Je suis d'opinion - j'ai peut-être absolument tort - que la méthode actuelle d'enseigner l'anglais est une effroyable perte de temps et d'énergie. On devrait enseigner aux enfants la langue qu'ils comprennent le mieux. Et c'est, je le déclare sans hésitation, le patois créole menant graduellement au français. Le but doit être de donner à l'enfant une bonne connaissance du français, à l'âge 11 ans."

Le dernier rapport de la Commission nationale des droits de l'homme s'est également intéressé aux raisons de l'échec d'un tiers des enfants aux examens de sortie du cycle primaire (Primary School Leaving Certificate) et à l'intention du gouvernement de revoir la pratique de la promotion automatique des élèves au primaire. La commission réclame que les autorités prennent des mesures d'urgence concernant le taux d'échec et elle accueille favorablement la révision de la pratique de promotion automatique.

Selon la Commission, toute future Constitution de Maurice devrait accorder une protection explicite aux droits économiques, sociaux et culturels et les promouvoir. Ces droits inclus l'Education, la Santé, le Logement, la Sécurité sociale, l'Alimentation et l'Accès à l'eau. On devrait comprendre que les moyens de pratiquer un culte préoccupent également les membres de la commission puisqu'il ont jugé bon de préciser immédiatement, après ce préambule, la nécessité que toutes les parties concernées soient consultées si jamais les autorités envisageaient de supprimer les subsides accordées aux institutions religieuses...

Sodomie : l'âge de consentement devrait être de 18 ans

D'autre part, la manière dont la Police mauricienne s'acquitte de sa tâche a beaucoup occupé les pages du rapport de la Commission nationale des Droits de l'homme. Il faut noter que les remarques de la Commission à l'adresse de la Police sont récurrentes. Selon la Commission, il faut plus de patrouilles policières pour décourager efficacement la criminalité et la communication entre la Police et les membres du public doit être améliorée. Les officiers de police de grades supérieurs doivent démontrer leur image d'autorité dans les endroits tombant sous leurs juridiction afin de redonner confiance au public. La commission a aussi fait quelques recommandations visant à consolider la protection du droit à la liberté. Il ne suffit pas, par exemple, qu'une déclaration contre une personne soit inscrite dans l'Occurence Book de la Police pour que cette personne soit recherchée et arrêtée. Le déclarant doit être amené à faire un "proper detailed statement" avant que la Police ne procède à l'arrestation du suspect. La commission a également préconisé certaines mesures susceptibles d'empêcher les décès de suspects ou de prisonniers en cellule.

Pour ce qui a trait aux peines d'emprisonnement, la Commission nationale des droits de l'homme a recommandé la réintroduction des rémissions, même pour les crimes sérieux, en guise de réconnaissance de bonne conduite en prison. Annuler le système de rémission pourrait, selon elle, constituer une punition inhumaine et dégradante qui viole la constitution du pays. Elle a également recommandé que les prisonniers Rodriguais purgent leurs sentences dans leur île, ce qui pourrait contribuer à les réinsérer dans la société tout en soulageant, partiellement, le problème de surpopulation des prisons à Maurice.

Au chapitre de la discrimination sexuelle, la Commission a fait les recommandations suivantes:

- le travail non payé des femmes doit faire l'objet d'une régulation légale

- les délinquants sexuels doivent être jugés aussitôt que possible après leurs actes afin d'aider et de protèger leurs victimes

- ces délinquants doivent bénéficier d'un traitement psychologique et être relachés sur parole en prenant la précaution de les doter d'anneaux électroniques plutôt que d'êtres condamnés à 60 ans de prison comme proposé par le Sexual Offences Bill

- la peine prévue par le Sexual Offences Bill pour punir une fausse déclaration d'agression sexuelle ne doit pas être aussi sévère, ce afin de ne pas décourager les victimes de rapporter des atteintes à leur personne.

Enfin, selon la Commission nationale des Droits de l'homme, "si la sodomie est décriminalisée, l'âge de consentement pour des relations homosexuels devrait être de 18 ans".


Ce dimanche au Thabor

Grand rassemblement de la Pentecôte

Fête qui clôture, au 50e jour, le temps pascal, la Pentecôte célèbre la descente du Saint-Esprit sur les apôtres. Déçus et démunis face à la tâche de l'annonce de la Bonne Nouvelle du salut après le départ de Jésus, les apôtres reçoivent en ce jour l'esprit même du Christ ressuscité.

"Il vaut mieux que je parte, car si je ne pars pas, le Paraclet (l'Intercesseur) ne viendra pas à vous mais si je pars, je vous l'enverrai (…) Lorsque viendra l'Esprit de vérité, il vous mènera à la vérité toute entière", déclare ainsi le Christ à ses apôtres avant de les quitter dans l'Evangile de Jean (Jn 16; 7-13).

Ainsi, la venue du Saint-Esprit sur le petit groupe des disciples désorientés leur donne, soudain, courage et efficacité à communiquer à la foule leur foi au Christ ressuscité. Cet événement marque, en même temps, le début de l'Eglise. C'est le point de départ de l'évangélisation du monde.

En "déliant" les langues le jour de la Pentecôte tel que le relate les Actes des Apôtres (Ac 2, 1-12), Dieu permet, de nouveau, aux hommes de se comprendre. C'est la fin de la "malédiction" de la Tour de Babel (Genèse 11, 1-9) quand Dieu sanctionna l'arrogance des hommes en confondant leurs langues après qu'ils ont voulu s'unir pour s'égaler à lui.

Une vieille tradition de l'Eglise qui s'inspire du prophète Isaïe parle des sept dons du Saint-Esprit: sagesse, intelligence, conseil, force, connaissance, esprit filial et adoration. Dans la Bible, l'Esprit-Saint, Troisième Personne de la Trinité, est symbolisé sous diverses formes : l'eau qui désaltère, le feu brûlant, la lumière qui éclaire, la force qui transforme le coeur…

Plus couramment, dans l'iconographie usuelle, le Saint-Esprit est représenté sous la forme de la colombe au rameau d'olivier. Comme pour témoigner que le souffle de Dieu qui a animé le Christ était aussi un esprit de paix, outre d'être un esprit d'amour et de Justice.


Mise au point

The Road Development Authority Employees Union refers to the press article titled "Malaise à la RDA" published in your Newspaper Week-End of 27th April 2008 and would appreciate if the following "Mise au point" could be published to the attention of the public.

(1) The Union has never been contacted for such complaints as reported in the contents of the said press article by any of its members.

(2) Since its creation in 2006, the Union has had many meetings with the management of the Road Development Authority to discuss issues pertaining to the rights and welfare of its members. The Management has always shown keen interest and has come forward with the best possible solution to the satisfaction of the Union.

(3) The Union views that the contents of such article may be prejudicial to the good reputation of the employees of the Authority and may also jeopardize the harmony and inter-personal relationship among these employees.

Yours faithfully

A. A. Jhumka

Secretary

Road Development Authority Employees Union


Dadi Gulzar

Causeries sur la paix, le pouvoir et la sagesse

Dadi Hirday Mohini Ji, plus connue comme Dadi Gulzar, le chef administratif additionnel de l'université spirituelle mondiale, Brahma Kumaris, entame une tournée en Afrique. L'île Maurice est la première étape de son voyage qui a débuté jeudi pour prendre fin le mardi 13 mai.

Née en 1928, dans une famille riche, pieuse et philanthrope à Hyderabad, Dadi Mohimi a pratiqué le Raja Yoga durant ces 60 dernières années. A l'âge de neuf ans, soit en 1937, elle fit son entrée à l'institution des Brahma Kumaris. Elle fut initiée à la connaissance spirituelle par le père fondateur de l'université Prajapita Brahma. A l'âge de 16 ans, elle ouvre un centre de méditation à Lucknow. Elle se rend fréquemment au quartier général, à Mont Ida. Elle a voyagé à travers les cinq continents pour propager le message de paix et d'harmonie et également sur la pratique de la méditation et la propagation des valeurs spirituelles.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 11 mai 2008