p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 11 mai 2008



  Çà va se savoir
  Interrogé par la presse hier sur les relations MSM/MMM - Paul Bérenger : "Il y a toujours un souhait que nous allions ensemble aux prochaines élections"
  A l'Assemblée nationale, mardi dernier - Une séance consacrée aux considérations budgétaires
  Mardi prochain - Gros plan sur la MBC
  Paris sur le football à l'étranger - Booksystem du tandem Ah LeeSeng-Farouk Joomun obtient une licence
  Deux ans après - L'Adviser d'Asraf Dulull se fait rattraper par la MCIT
  Sale by levy - Les victimes commencent à recevoir l'aide promise


Çà va se savoir

Acquisitions obligatoires : le bonanza de la SSS Triolet confirmé

On comprend un peu mieux maintenant les raisons pour lesquelles le ministère du Logement, que dirige Asraf Dulull, a été réticent jusqu'ici à circuler la liste des acquisitions obligatoires effectuées depuis septembre 2005 et les montants payés aux propriétaires. C'est sur l'insistance de Éric Guimbeau mardi dernier que le ministre a finalement dû déposer la liste demandée à la bibliothèque de l'Assemblée nationale. Et elle ne fait que confirmer que les propriétaires qui ont vendu leur terrain à l'État pour l'extension de la SSS Triolet ont bénéficié d'une loterie exceptionnelle. C'est, en effet, un des rares cas où la somme payée, avec la complicité du ministère qui n'a pas objecté devant le Board of Assessment, dépasse plus que largement les recommandations du Chief Government Valuer. Pour le terrain de la veuve Dhunraz Ram (née Tulsi), la recommandation était de Rs 680 000, elle a reçu Rs 7 575 810, celui de Mme Jasso Tulsi, Rs 7 698 486 contre Rs 692 000 comme suggéré par le CGV et veuve Taleyboodeen Noormamode, Rs 4,217, 156, contre Rs 380,000.

On relève aussi sur cette liste qu'une famille rouge pur sang de Triolet, les Deenasing, qui compte un médecin jadis à la tête de la Mauritius Duty Free Paradise a, elle aussi, vu sa cagnotte sensiblement augmentée pour la vente d'un terrain à Triolet pour la construction d'un centre communautaire. Si le CGV avait recommandé Rs 100 000 la perche pour les 946 mètres carrés, c'est Rs 3,5 millions plus les intérêts que touchera Daleepsing Deenasing. Ailleurs, ce sont les sociétés Central Park, Agriflor et Best Graphics, qui ont vu leur terrains évalués à prix plus élevés par le Board of Assessment.

Frictions physiques à BB/RH

Le maire Ramalingum Maistry du PMXD et Paul Lemière du PTr ont eu un vif accrochage vendredi dans le bureau du maire de Beau-Bassin/Rose-Hill. On parle de tasse de café qui aurait été renversée sur la veste du conseiller après une altercation avec le maire qui, à la dernière réunion trimestrielle du conseil municipal, s'était pourtant permis de donner des leçons de bonne conduite à son collègue Nitin Soonarane. Les écuries d'Augias reviennent, on dirait, à grands galops !

La fille de Jayen Cuttaree quitte le BOI

Lilka Cuttaree-Gujjalu, fille du Deputy Leader du MMM a démissionné il y a deux semaines du Board of Investment. Interrogée, celle qui est entrée au BOI en 2004 et qui a été promue directrice de l'International Business Services, a déclaré qu'elle part "pour des raisons personnelles". "J'ai trouvé le secteur public très enrichissant, mais complexe. Je souhaite passer à autre chose et évoluer dans un cadre plus autonome. Je garde des relations cordiales avec la direction du BOI et je pars avec le sentiment d'avoir contribué à l'essor du BPO", a déclaré la jeune cadre à Week-End.

Gérard Paya dénonce les représailles

L'annonce de sa démission comme conseiller de la ville dite de lumière mais aussi du PMXD n'a pas été de tout repos pour Gérard Paya. Un des conseillers de Xavier Duval a vite fait de sortir un dossier sur un paiement de Rs 189 000 qui aurait été versé sur son compte par mégarde alors que cette somme était destinée à un autre prestataire. Gérard Paya assure avoir longuement discuté de la question avec le ministre et trouvé un accord sur les modalités du retour de cette somme au ministère et il trouve étrange que cette affaire ait été ébruitée juste après sa démission.

Appels bloqués

Le Public Procurement Appeal Board est paralysé pour cause de départ d'un de trois membres qui a dû se retirer pour ne pas se retrouver dans une situation de conflit d'intérêt. Et c'est avec le Public Procurement Board tant réclamé par l'Union Européenne que l'on était censé révolutionner les marchés publics. Tu parles d'une efficacité !

Black-out sur Balaclava

Les réponses tardent à venir sur les heureux bénéficiaires des terres de l'État à Balaclava. Cette opacité a une explication. Un des heureux bénéficiaires n'est autre qu'un proche parent d'un conseiller très en vue du Premier ministre.

On lorgne la Rainbow House

Maintenant que la Rainbow Insurance ne fonctionne plus sur décision de la Financial Services Commission, certains petits malins se sont mis en tête de s'approprier le quartier général qui abritait cet assureur, la Rainbow House, idéalement située à l'angle des rues Édith Cavell et Brown Sequard au cœur du Port-Louis des affaires. La résistance s'organise quand même.

Il fait disparaître le chien de son voisin

Ce conseiller de ministre qui devrait exceller dans le social ne pratique pas ce qu'il prêche. Se disant importuné la nuit par les aboiements du chien de son voisin, il a menacé celui-ci des pires représailles et même d'une descente de la SMF chez lui. Terrorisé, le propriétaire du chien bruyant a fini par aller déposer son chien chez un parent.

Siddick Chady part en guerre contre Asraf Dulull

"Mo pa pou quitte li". C'est en substance ce qu'a déclaré Siddick Chady à des proches concernant Asraf Dulull à qui il reproche de faire perdre du terrain à l'Alliance sociale à Plaine Verte. C'est dans cette perspective qu'il était descendu dans la circonscription pour mobiliser les troupes rouges à la veille du 1 er mai. Le président de la Mauritius Ports Authority a ouvertement critiqué une nouvelle fois le ministre du Logement à qui il a attribué le non-relogement des habitants des Dockers Flats, site qui est en train d'être rasé pour faire de la place aux installations portuaires.

La question qui fait bouger

C'est sans aucun doute la question du député indépendant Sekar Naidu inscrite à l'agenda des travaux parlementaires de mardi prochain ainsi libellée "whether, in regard to the Rs 100 million earmarked for the Sale by Levy Solidarity Fund, he will state how much has been disbursed as at date, indicating the details", et adressée au Premier ministre qui a précipité les choses. La question soumise dès mardi a donné tout le loisir aux services du bureau du Premier ministre pour organiser la remise très médiatisée de chèques de Rs 500 000 à 16 familles vendredi. C'est, en somme, la question qui a fait bouger…

Cela aurait pu se passer dans un feuilleton télévisé de série B.

Pour vérifier s'ils sont bien sur la liste des promotions qui seront bientôt annoncées, deux employés de la MBC ont décidé... d'aller consulter la liste. Pour ce faire, ils ont tout simplement forcé la porte et le bureau du directeur adjoint. On ne sait si ces employés capables de beaucoup faire pour satisfaire leur curiosité ont réussi à mettre la main sur la fameuse liste. Ce que l'on sait, par contre, c'est que leur intrusion dans le bureau du directeur général adjoint a été enregistrée par les multiples caméras de surveillance installées dans les couloirs de la MBC. Le plus curieux, c'est que cet incident survenu le 1er mai n'a pas fait l'objet d'une déclaration à la police et que la direction de la MBC n'a pas encore jugé bon de demander des explications à ces employés "forceurs" de bureaux. On chuchote dans les couloirs que les deux employés n'ont pas été interrogés parce que le premier, qui travaille dans la production est un proche du directeur général, et le deuxième - un cameramen-chauffeur - est un parent d'une éminence grise du bureau du Premier ministre, spécialiste des montages des meetings du 1er Mai.


Interrogé par la presse hier sur les relations MSM/MMM

Paul Bérenger : "Il y a toujours un souhait que nous allions ensemble aux prochaines élections"

C'est en réponse à des questions de la presse que le leader de l'opposition et du MMM est venu avec des clarifications, hier, sur les relations de son parti avec le MSM. Paul Bérenger a ainsi dit "qu'il y avait et qu'il y a toujours un souhait pour que les deux partis aillent ensemble aux prochaines élections générales". Il a même ajouté qu'il n'a "aucun problème pour discuter si la possibilité existe maintenant" et a, toutefois, repoussé "toute spéculation par presse interposée".

A une première question sur l'existence d'un "pacte de non-agression" entre le MSM et le MMM, le leader du MMM a déclaré que "dépi six mois, nou pas dir enn mot lors MSM ni dans conférence de presse ni dans meeting." "Pacte là bizin guette koté MSM et Pravind Jugnauth qui systématiquement atak moi ek MMM. Si li fine areté, tant mieux !. Nou pa lé trompe nou de cible et cible-là c'est l'alliance sociale lor lekel nou concentré nou banne tir".

Quant à sa réaction au fait que le leader du MSM ait récemment déclaré que le poste de Premier ministre n'était plus prioritaire pour lui, Paul Bérenger a dit "qu'il n'est pas sérieux" et que c'est son insistance pour être Premier ministre pendant 5 ans, qui a "bloqué tout rapprochement". C'est alors qu'il a ajouté que "ti éna et encore éna enn souhait ki nou alle ensemble aux prochaines élections".

Y a-t-il eu des pourparlers récents à ce sujet ? A cette question, le leader du MMM a répondu qu'il y a trois mois de cela, des dirigeants de son parti avaient rencontré le leader du MSM qui leur avait indiqué qu'il restait sur sa position quant au poste de Premier ministre. Cela ne fait pas sérieux du tout !

"Pensez-vous que le MSM est revenu à de "bons sentiments ? Bon ou mauvais, fodé pa fer spéculations mais nou pa comment Fuel ek Belle Vue et nou pa amne discussions par presse interposée. Si possibilité existe maintenant, no problem pou discuté. Mais jusqu'à présent péna oken indication ki condition-là existe", a déclaré Paul Bérenger.

Répondant à d'autres questions sur Sekar Naidu notamment, le leader du MMM a parlé de "bougre bien droit et de principe" alors qu'au sujet de Madan Dulloo, il a indiqué que le bureau politique de son parti a entamé une discussion sur les relations que le MMM souhaite entretenir avec l'ancien ministre des Affaires Étrangères et qu'elle va se poursuivre.

Libéralisation de l'importation du riz de ration :

quid du prix et des subsides…

Le leader de l'opposition et du MMM avait, auparavant, évoqué plusieurs sujets dont les difficultés pour s'approvisionner en riz. Ce dossier est tellement "fondamental, sérieux et important" qu'il ne faudrait pas le laisser entre les mains de Rajesh Jeetah et de la STC qui ont, ces derniers temps, "étalé leur incompétence et leur amateurisme en général et surtout sur la farine".

Il a d'ailleurs, rappelé, à l'heure des questions, qu'il y avait eu un premier appel d'offres pour le riz de ration l'année dernière par la STC, que le fournisseur avait disparu et un deuxième qui s'est aussi retiré sans que le "performance bond" ne soit saisi.

Paul Bérenger a aussi réitéré son appel pour que le Premier ministre s'adresse directement et sans plus tarder à son homologue indien pour que Maurice puisse bénéficier d'un traitement préférentiel et obtienne, au nom de nos relations privilégiées et spéciales, du riz de l'Inde au même titre que Madagascar, le Sénégal et Sierra Leone. Il a aussi demandé à Navin Ramgoolam de se tourner aussi vers le président et le Premier ministre du Pakistan.

A une question indiquant que Maurice avait déjà obtenu une dérogation pour l'importation de 10,000 tonnes de riz de l'nde, Paul Bérenger a dit ne détenir aucune information dans ce sens et que si cela est vrai, le Premier ministre devrait faire une déclaration à cet effet à l'Assemblée Nationale, dès mardi prochain.

Commentant la toute dernière décision du conseil des ministres de libéraliser l'importation du riz de ration, il a déploré qu'il n'y ait eu aucun éclaircissement fourni sur ce qui adviendra du prix et des subsides que la STC applique sur ce produit. "Bizin banne éclaircissements, lor enn question aussi fondamental ki du riz, fodé pa badiné" a observé le leader du MMM.

Quant à la réforme électorale et le sort du Best Loser System, il a dit espérer que le Premier ministre tienne parole et que les discussions commencent, comme il l'a lui même annoncé, "soon after the 1 st of May". Il a répété avoir sollicité un rendez-vous avec le Premier ministre pour en discuter mais aussi pour évoquer l'autre exercice délicat qu'est la révision, attendue l'année prochaine, des délimitations des circonscriptions.

Ces deux questions coïncident et il faut les "handle with care", a-t-il dit ajoutant que ce sont deux choses qui sont au coeur de la démocratie. "Il faut prendre grand soin de ces questions et venir avec des propositions qui aillent dans le sens de l'unité nationale et de l'avancement des femmes". Il a aussi dit avoir aussi sollicité une rencontre séparée avec Rama Sithanen pour parler de réforme électorale.

La dépréciation bouffera le PRB et la compensation salariale

Il est trop tôt pour dire si les événements ne donnent pas raison au MMM lorsqu'il a prévenu avant le 1er mai qu'après avoir laissé apprécier la roupie, celle-ci n'amorce ensuite une courbe descendante. Mais c'est exactement ce qui est arrivé, s'est indigné le leader de l'opposition. Si cette dépréciation continue, le gouvernement donnera le PRB et la compensation salariale d'une main et les reprendra de l'autre. Il a adressé une mise en garde au gouvernement à cet effet.

Interrogé sur ceux qui seraient responsables de ce mouvement de yoyo orchestré de la roupie, Paul Bérenger a dit que le ministre des Finances et le Gouverneur de la Banque de Maurice tirent chacun de son côté et que ce sont les consommateurs qui font les frais de cette politique monétaire en dents de scie avec une roupie qui s'est appréciée alors que le taux d'inflation avoisinant les 9% reste élevé. Et de rappeler qu'à travers le monde les banques centrales relèvent le taux directeur pou maîtriser l'inflation. Ici, on déprécie au détriment du PRB et de la compensation salariale.

Le leader de l'opposition et du MMM s'est, par ailleurs, déclaré "attristé" que le jour même où le Parlement était censé voter des lois plus transparentes, le ministre des Finances ait refusé de répondre à sa PNQ sur les chiffres des dépenses et de revenus pour l'exercice 2007/2008 et a dit espérer que le prochain budget ne sera pas marqué par le même manque de transparence quant aux chiffres pour l'année financière en cours.

Un arbitre pour Belle Vue et FUEL

Dénonciation aussi du nominé politique à la tête de la Central Water Authority pour la reprise des coupures d'eau aux Plaines Wilhems, à Rivière Noire et dans l'est après les fortes pluies récentes, une situation que le leader de l'opposition jugé inacceptable.

Mauvais pour l'image du pays mais surtout pour l'industrie sucrière vis-à-vis de l'Union Européenne cette querelle entre FUEL et Belle Vue autour de la fermeture de Mon Loisir, a aussi commenté Paul Bérenger qui a souligné que cela intervient au moment où l'industrie sucrière, ici même mais dans le monde, passe par une période de transition difficile. C'est la même chose pour les salariés concernés par ce problème de fermeture, a-t-il aussi observé.

Il faut que cela cesse, a déclaré le leader de l'opposition et du MMM avant de suggérer que les deux parties se mettent d'accord pour désigner un arbitre compétent et intègre et qu'elles s'engagent à respecter son arbitrage.

Un dernier mot sur l'actualité internationale pour rappeler que le MMM a été le premier parti à appeler les parties impliquées dans la crise du Tibet à faire preuve de raison et à entamer un dialogue entre la Chine et le Dalaï Lama. Il a annoncé que le MMM ne participera pas à la manifestation d'Amnesty International samedi prochain devant l'ambassade de Chine parce que son parti n'est pas d'accord pour mélanger le problème du Tibet avec la situation des droits de l'homme en général en Chine, cela n'aidant pas les choses mais aussi parce que le dialogue a été amorcé entre les deux parties. Il a maintenu que la Chine peut faire au Tibet ce qui a été réussi avec éclat en termes d'autonomie et de respect de droits de l'homme à Hong Kong, mais aussi à Macao.

Quant à la Birmanie, Paul Bérenger a dit que la dictature militaire impose une double sanctions à la population, celle de n'avoir pas fait ce qu'il fallait avant le passage du cyclone et, ensuite, de ne pas permettre que l'aide internationale arrive librement sur son territoire.


A l'Assemblée nationale, mardi dernier

Une séance consacrée aux considérations budgétaires

Budget. Ce mot est revenu du début à la fin lors de la séance de l'Assemblée nationale de mardi dernier. La Private Notice Question du leader de l'opposition qui visait à obtenir quelques chiffres macro-économiques s'est heurtée à un refus du ministre des Finances qui lui a demandé de patienter jusqu'au prochain budget pour en connaître tous les détails. Ce qui est néanmoins apparu de manière assez nette durant les échanges, c'est que le taux de croissance pour 2009 sera bien inférieur à ce qui a été enregistré jusqu'ici, l'Organisation Mondiale du Commerce prévoyant même un modeste 4%. Du budget, il en a aussi été question lors de l'examen du Finance and Audit Act, qui revoit le mode de présentation du budget et du Public Debt Management Bill.

Calme plat avant la séance, la séance référence aux rassemblements du 1 er mai venant de Paul Bérenger qui a fait référence à un problème de "la guerre chaise" à Vacoas. Comme personne ne réagissait sur les bancs de la majorité, il enverra une autre pique : "Koumsa zot ine faible!". On aura aussi remarqué, qu'à son arrivée dans l'hémicycle, le chef de file du MSM, Nando Bodha s'est dirigé vers le leader de l'opposition, assis seul sur les travées du MMM pour une chaude poignée de mains.

C'est, comme d'habitude, sur "l'héritage" que Rama Sithanen a entamé sa réponse à la PNQ du leader de l'opposition avant d'en venir à ce qu'ils avait demandé, à savoir que les estimations de croissance ont été ainsi calculées: le Bureau Central des Statistiques, 6% pour 2008 et 5,5% en 2009 alors que le FMI a prévu 7% pour 2008 et la MCB 5,9%. Pour justifier son refus de répondre de manière détaillée aux questions posées par Paul Bérenger sur le budget alloué aux services sociaux, le ministre a dit que cela ne s'est jamais fait à quatre semaines de la présentation d'un budget. Une attitude déplorée par le leader de l'opposition qui y a vu une contradiction avec les textes sur le budget censés favoriser la transparence. Mais petit à petit, le ministre finira par donner quelques indications à l'effet que le déficit budgétaire sera dans les limites fixées, que les budgets de l'Éducation, de la Santé, des Administrations régionales et de la Sécurité sociale seront en hausse et que même au plan du budget de développement et après qu'il a révélé, il y a quelques semaines que seules Rs 3 milliards sur les Rs 10 milliards prévues, on s'approchera des prévisions faites. Ce qui a suscité les commentaire suivants : "All the figures are coming out goutte à goutte, I find that very shameful!".

Quant aux prévisions de croissance pour 2009 qui varient d'une agence à l'autre, Rama Sithanen a semblé prêter plus de foi à celle faite par le BCS et qui la chiffre à 5,5%. Paul Bérenger est alors revenu sur les chiffres de 2008 et des observations du BCS publiées en janvier même de cette année indiquant que la croissance dans la construction, dopée par les IRS, tombera de 15% en 2007 à seulement 3% en 2008, dans le tourisme, de 13% à 8%, dans le textile, de 10% à 5%.

Le ministre a dit que les chiffres seront un peu meilleurs que ceux présentés par le BCS mais que c'est un fait que l'on ne peut répéter, année après année, les mêmes taux élevés dans tous les secteurs.

Un total de 5 342 accusés de délits de drogue libérés sous caution depuis juillet 2005

Quelques chiffres intéressants fournis lors de la tranche consacrée aux questions pour le Premier ministre. Ainsi, en réponse à une question de Mahen Jhugroo, le Dr Navin Ramgoolam a indiqué qu'il y a eu 81 cas de troubles sociaux, 13 de rassemblements illégaux, 67 manifestations et 1 d'obstruction dans la périphérie des postes de classe A, lesquels sont, eux, au nombre de 15.

Quant à la question de Rajesh Bhagwan sur le nombre de prévenus pour des délits de drogue, rémis en liberté sous caution depuis juillet 2005, le Premier ministre a répondu qu'ils sont au nombre de 5,342, qualifié de chiffre effarant par le leader de l'opposition. Le chef du gouvernement en a profité pour dire que toute la législation concernant la remise en liberté sous caution est à l'étude par la Law Review Commission. Le député du MMM est également revenu sur les ingérences ministérielles pour faire libérer des prévenus et a même promis d'y apporter la preuve.

S'agissant de la question de Nando Bodha sur le Commissaire de police, Ramanooj Gopalsing, Navin Ramgoolam a révélé qu'il avait pris un congé le 12 février et qu'il a dû suivre un traitement en Inde, qu'il a prolongé son congé avant de demander 75 jours supplémentaires le 18 mars dernier, ce qui fait que son congé se termine le 31 mai prochain.

A noter que lors de la tranche des questions aux ministres, Sheila Bappoo a confirmé, en réponse à une question de Ajay Gunness que la manchote qui bénéficiait d'une pension d'invalide depuis 82 alors qu'elle avait 15 ans s'en est vue privée en mars dernier après que le panel médical l'ait trouvé handicapée à seulement à 42.5% au lieu de 60%. La ministre a aussi attaqué la médiatisation de cette affaire qu'elle a assimilée à de la "stigmatisation".

A relever aussi la parade du ministre suppléant de l'Éducation, James Burty David qui a, plus d'une fois, dit s'en tenir au communiqué émis par la PSSA sur la grève projetée des enseignants du privé malgré l'insistance de Ajay Gunness pour connaître les raisons de la mention des activités politiques du président de l'UPSEE.

L'Assemblée nationale a, par ailleurs, approuvé, l'adoption du Finance and Audit (Amendment) Bill et du Public Debt Management Bill, tous deux inscrits au nom du vice-Premier ministre et ministre des Finances, le premier qui a supprimé les budgets annuels pour des exercices sur trois ans et le second qui vise à maîtriser l'endettement en fixant le montant total des dettes à 60% du Produit Intérieur Brut et à 50% en 2013.

Le leader de l'opposition a dit bien accueillir ce développement qui intervient après que l'ancien ministre des Finances Pravind Juganuth l'a annoncé dans son discours du budget de 2004. Il a cité des documents confidentiels du FMI pour prêcher la prudence et insister sur la transparence. Également suggérés la formation des fonctionnaires qui auront la responsabilité de la mise en œuvre adéquate de ces changements faute de quoi ils seront sanctionnés et des amendements à la Constitution puisque certaines de ses provisions relatives au Contingencies Fund et au Capital Fund sont supprimées.

Se sont ensuite succédé à la tribune pour commenter ces deux textes, le ministre du Travail, Vasant Bunwaree, les députés, le Dr Mungur, Leela Devi Dookun-Luchoomun, avant le résumé des débats par Rama Sithanen.


Mardi prochain

Gros plan sur la MBC

Ce sera un gros plan rapproché sur la MBC au Question Time mardi prochain, le Premier devant répondre à quatre questions concernant la station de la rue Pasteur. Mahen Jhugroo ouvre le bal avec trois questions sur l'acquisition d'équipements, sur le conseil d'administration tenu le 25 avril et qui s'est penché sur l'exercice de promotion et sur l'achat de films indiens alors que Rajesh Bhagwan demande à Navin Ramgoolam s'il nommera un consultant indépendant pour se pencher sur la performance de la MBC. Le même député a aussi une question sur le conseiller du ministre Asraf Dulull accusé de complot.

Les autres questions pour le Premier ministre sont la liste des conseillers et leurs conditions de service, les salariés du public qui touchent entre Rs 100,000 et Rs 150,000 et la National Crime Intelligence Unit (Sam Lauthan), le financement des partis politiques (Eric Guimbeau), les cas sur Rodrigues soumis à l'ICAC (Robert Spéville), les Rs 100 millions budgétées pour les victimes de la vente à la barre et les personnes qui ont plus de 60 ans qui sont toujours employées dans le public, la mutation d'un haut cadre de la police (Ajay Gunness), le sort du conseiller légal de l'ICAC (Jean-Claude Barbier), les cadavres non identifiés, le Zimbabwe et les saisies de drogue depuis avril 2007 (Nando Bodha) et la SADC National Committee (le Dr Mungur).

Quant aux autres questions, on notera celle de Alan Ganoo sur le récent jugement qui a déclaré illégal le fait que la police puisse suspendre le permis de conduire d'un automobiliste. Maya Hanoomanjee revient avec sa question relative aux dons reçus qui ont été à la base de la distribution de bons d'achat après les pluies torrentielles, sur les entrepreneurs locaux intéressés à investir à Madagascar et au Mozambique et sur la situation des petits planteurs.

Sam Lauthan s'intéresse à ceux qui ont supprimé leur pension depuis juillet 2005 et Yatin Varma a, lui, une interpellation sur les fuites à la CWA et Eric Guimbeau à un accident mortel survenu à la fonderie Samlo mais aussi à l'incident durant lequel un passager d'Air Mauritius a été mordu par un rat et au Freedom of Information Bill.

Deux questions de Rajesh Bhagwan pour Xavier Duval, l'une sur les postes vacants de président et de directeur de Airports of Mauritius Ltd et sur la productivité dans le port. Le député de Rodrigues Robert Spéville veut obtenir des facilités pour les veuves des anciens combattants, le montant du budget de développement dépensé à Rodrigues et sur les difficultés pour se procurer du gaz dans l'île. Un sujet qui également est source de préoccupation pour le député Christian Léopold.

Ajay Gunness cible le "rebranding" de MT et la Financial Service Commission et son directeur Milan Meetarban tandis que son collègue Jayen Cuttaree veut savoir du ministre Gowressoo le montant dépensé pour les centres culturels, Mandela, Mauricien, Islamique, Télégou, Marathi et Tamoul. Jean Claude Barbier recherchera des détails sur l'affectation d'un officier au bureau du BOI à New Delhi et sur les recrutements effectués à Airports of Mauritius.

Les autres questions d'intérêt général portent sur les tarifs de téléphone, l'économie d'énergie et une augmentation de l'allocation pour le coulage de dalle.

L'Assemblée nationale sera aussi appelée à approuver une motion pour demander un Standing Orders Committee de se pencher sur les amendements qui son devenus nécessaires après le vote de deux textes qui modifient le calendrier de la présentation du budget.


Paris sur le football à l'étranger

Booksystem du tandem Ah LeeSeng-Farouk Joomun obtient une licence

Une compagnie, Booksystem, avec pour directeurs Ah Lee Seng et Farook Joomun, qui obtient une lettre d'intention du Gaming Regulatroy Authority pour organiser des paris sur le football à l'étranger. Rien de bien particulier, si ce n'est que ces deux bookmakers sont en liberté sous caution depuis juillet 2006 après avoir été interpellés par la brigade des jeux pour paris illégaux allégués.

C'est le député du MSM Joe Lesjongard qui a révélé le pot aux roses à l'assemblée nationale mardi dernier. Rama Sithanen avait annoncé que la Gambling Regulatory Authority, que préside le travailliste Hiren Jankee, a reçu 37 demandes pour organiser des paris sur les rencontres de foot à l'étranger, que 32 ont satisfait les conditions exigées et qu'il y a eu finalement 10 lettres d'intention délivrées. Ces compagnies sont Automatic System Ltd, Global Sports Ltd, Play on Line Ltd, Steevenhills Ltd, Peerless Ltd, Booksystem Ltd, Silver Sports Ltd, Bosco Ltd, Value Plus Ltd et Empowering People Ltd.

Le député a alors évoqué le cas de deux de ces compagnies, Booksystem Ltd et Empowering People Ltd. Il a alors souligné que Booksystem a pour actionnaires les bookmakers Ah Lee Seng et Farouk Joomun, ceux-là même qui, en 2006, avaient été impliqués dans l'affaire des paris illégaux. À cela, le ministre des Finances, Rama Sithanen, n'a rien trouvé de mieux à répondre que les personnes concernées n'ont pas été condamnées par la cour.

La compagnie Booksystem a été incorporée le 16 décembre 1999. Ses principaux directeurs sont les bookmakers Izam Joomun, Chan Kane Line Sou Chiong, Mme Hee Lan Chan How, Lee Wai Chung Lee Lip Cheong et les commerçants Alain Ah Choon et Ruben Ra Gopalea. Les actionnaires de la compagnie sont Ah Lee Seng, les héritiers de André Chan How, Raffiq Damoo, Hemanjini Ellapen, Ajmal Damhmad Goomany - également impliqué dans l'affaire des paris illégaux - Farook Joomun, Sultan Kamal Joomun, Lam Kee Kwong Lam Thuon Mine, Michel Lee Shim, Soopamah Papaya Naidoo, Chettiar Gopaulsamy, Haroon Owarish et D. et V. Vythelingum.

L'affaire des paris illégaux avait défrayé la chronique en 2006 avec la saisie chez le bookmaker Ah Lee seng d'une somme de Rs 1,2 million. L'enquête menée par la brigade des jeux, alors dirigée par l'inspecteur Hector Tuyau, s'était intéressée de près aux disques durs des bookmakers incriminés de même que les pseudonymes comme Cheribinny, Rama, Sousou, Ah Fat, Asraff derrière lesquels se cachaient de notables parieurs illégaux.

On sait qu'en dépit des engagements pris au Parlement par le Premier ministre à l'effet que l'enquête ne changera pas de mains, elle a été subséquemment retirée de Hector Tuyau pour être passée à Prem Raddhoa. Jusqu'à maintenant, on ne sait pas si les démarches de l'enquêteur initial pour décoder les disques durs de l'ordinateur des bookmakers incriminés et l'examen de la liste des appels qui leur ont été passés ont abouti.

Autre compagnie bénéficiaire d'une lettre d'intention pour organiser des paris sur le football à l'étranger qui s'est retrouvée dans la ligne de mire de Joe Lesjongard, Empowering People Ltd. Cette compagnie fondée le 12 mai 2006 pour l'avancement des femmes par Sandhya Boygah, l'ancienne vice-présidente du conseil de district du nord qui, à la dernière minute, avait été évincée du poste suprême au profit de Nitin Seethiah, a changé de mains le 31 janvier dernier.

Elle a transféré ses actions à Rishi Kundun Gunputh et Rajendra Yellapah Chetty, deux personnes connues pour être proches de Navin Ramgoolam. Joe Lesjongard a, d'ailleurs, posé la question de savoir si ce monsieur Chetty n'est pas un conseiller au bureau du Premier ministre. Ce changement d'actionnaires soulève également de nombreuses interrogations auxquelles le ministre des Finances a été incapable de répondre.

Entre "empowering people" et les femmes en particulier et l'activité de "zougader" que constitue l'organisation de paris, il y a quand même une grosse nuance. Mais la loi, elle, ne fait pas dans la nuance. Le Gambling Regulatory Authority Act ne stipule-t-il pas à la section 93 (b) que "no licence shall be issued, unless the person, or in the case of a company, any director, manager or officer of that company, is a fit and proper person" ? Ceux qui sont sous caution sont-ils "fit and proper" pour opérer un business parallèle à celui pour lequel ils ont été interpellés ? That's the question…


Deux ans après

L'Adviser d'Asraf Dulull se fait rattraper par la MCIT

L'Adviser du ministre du Logement et des Terres, Asraf Dulull, Aktar Hussain Ramchurn, a été inculpé provisoirement pour le délit de Conspiracy dans une affaire de faux certificat médical au nom de son frère Naushad Ramchurn. Ce dernier avait fait présenter au magistrat siégeant en Cour intermédiaire ce faux certificat médical en juillet 2006 pour éviter se faire appréhender par la Major Crime Investigation Team suite au braquage d'une bijouterie à la rue La-Corderie, à Port-Louis, en août 2005.

Dans un premier temps, le conseiller du ministre Dulull devait être entendu à la MCIT dans cette affaire portant également sur des connexions avec les activités criminelles avec l'Escadron de la Mort. Pendant deux ans, il n'a été nullement inquiété jusqu'à son inculpation provisoire devant le magistrat siégeant au tribunal de deuxième instance de Port-Louis, lundi dernier. Il a été remis en liberté provisoire contre le paiement d'une caution.

Aktar Ramchurn avait été impliqué dans cette affaire par un dénommé Adam Edoo. Ce dernier avait affirmé à la MCIT qu'il s'était rendu au cabinet du Dr Ibne Mansoor pour obtenir le faux certificat médical. Il avait déclaré que cette demande avait été faite par Aktar Ramchurn. Mais avec les développements en début de semaine, ce suspect se serait rétracté.

En effet, il aurait écrit en date du 29 avril 2008 au commissaire de police avec copie à l'Attorney General, Rama Valayden, pour soutenir qu'il était l'auteur de fausses allégations contre Aktar Ramchurn et que celui-ci n'avait rien à faire. Malgré cette démarche pour disculper l'Adviser du ministre Dulull, la MCIT devait l'inculper provisoirement le 5 mai.


Sale by levy

Les victimes commencent à recevoir l'aide promise

Le gouvernement a ainsi commencé à honorer une promesse qu'il avait été amenée à faire à ces familles après que celles-ci, sous la férule de Harish Boodhoo et M. Salim Muthy, ont mené un rude combat pour sortir de leurs misères. Ce combat avait culminé sur une des grèves de la faim parmi les plus rudes qu'a connues le pays entamée principalement par de vieilles personnes dont de nombreux malades, en janvier de l'année dernière.

Dans le sillage de sa promesse, le Premier ministre avait, rappelons-le, convoqué exceptionnellement l'Assemblée nationale, le 23 janvier 2007, pour faire adopter le Borrrowers Protection Bill afin d'accorder plus de protections à des emprunteurs contre des banques, des hommes de loi et des prêteurs sur gages aux pratiques abusives. Par la suite, en se rendant compte que la nouvelle loi ne pouvait, de manière rétroactive, éviter la saisie des biens mises en hypothèses par des emprunteurs - dont les grévistes de la faim eux-mêmes - le gouvernement avait décidé de consacrer une somme de 100 millions de roupies dans le budget national (2007/2008) en guise de solidarité afin de permettre aux familles les plus démunies de retrouver un toit.

Après le vote de cette somme, un High Powered Committee avait été mis sur pied pour recenser les familles nécessitant de l'aide et pour définir les critères à respecter pour l'obtenir. Il fut découvert que, finalement, au lieu de 112 familles qui s'étaient plaintes d'avoir perdu leurs biens au 31 janvier 2006, il y en avait, en fait, 164 ! Après une étude d'un premier groupe de 40 familles, l'État a identifié seize cas de familles les plus méritantes qui nécessitent une assistance. Recevant les chefs de ces familles à son bureau, vendredi dernier, le Premier ministre a fait état d'un exercice d'identification bien compliqué et de difficultés de ne pouvoir appliquer le Borrowers Protection Bill pour des raisons d'ordre constitutionnel. En passant, le Premier ministre à adressé une pique à son prédécesseur, Paul Bérenger, lequel, selon lui, "s'était contenté d'instituer la commission Victor Glover après le combat mené par Harish Boodhoo et Salim Muthy pou ensuite pa koner kifer li pas fine fer nanyé pou bann fami victime". Renchérissant, le ministre des Finances, M. Sithanen, a, lui, a déclaré comprendre pourquoi l'ancien gouvernement n'avait rien fait . "Sa l'exercice là ti byen kompliké e difisil", a déclaré M. Sithanen tout en demandant à la population "de juger un gouvernement à résoudre des problèmes humains". Selon le ministre des Finances, l'effort du gouvernement sera considérable, soit entre Rs 150 000 et RS 500 000 (au maximum) . De son côté, le ministre de la Justice a promis que le gouvernement accordera bientôt une assistance légale aux familles se trouvant sous une menace de saisie de leurs biens et qu'il s'occupera également des cas de prescriptions de terres douteuses.

Bien qu'il ait été le principal animateur du mouvement contre la Sale by levy, Harish Boodhoo ne met pas les pieds à l'Hôtel du gouvernement, même pour savourer son triomphe. Il a laissé à M. Salim Muthy le soin de remercier le gouvernement. Celui-ci a exprimé "sa reconnaissance" en soutenant que "le Premier ministre a eu une capacité d'écoute remarquable des victimes et que l'effort du gouvernement restera gravé à jamais dans l'Histoire du pays".

Il convient , toutefois, de faire remarquer que Harish Boodhoo et Salim Muthy ne voulaient pas que le gouvernement remette de l'argent aux victimes, mais qu'il entreprenne lui-même plutôt la construction de maisons afin de prévenir tout détournement des objectifs de l'aide de l'État. Cette proposition n'a pas été retenue, le gouvernement faisant , sans doute, confiance au sens de responsabilité des bénéficiaires de cette aide.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 11 mai 2008