Faits et effets
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Agitations post 1er Mai
Humeur
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Le marketing grégorien
Pris sur le vif
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Babysitting
Faits et effets...
Agitations post 1er Mai
On sait qu'il y a une intense campagne de mobilisation qui précède
généralement les rassemblements du 1er Mai mais
on ne se doutait pas qu'il y avait une autre
après
la Fête du Travail également. Au sein de l'Alliance
sociale, toutes les composantes s'étaient mises ensemble
le temps d'une rencontre avec la presse pour dire qu'il y avait
foule à Vacoas et deux fois plus de monde qu'à
Rose-Hill. Or, après avoir saisi le prétexte de
la commémoration de l'anniversaire de la mort de Sir Gaëtan
Duval pour une sortie en duo à l'École hôtelière
mercredi dernier pour un hommage appuyé à l'ancien
leader des bleus, Xavier Duval et Rama Valayden étaient
présents à une réunion conjointe à
Curepipe le lendemain.
Il y a non seulement le fait de tenir ses rassemblements ensemble,
mais il y aussi ce qui s'y dit. A Ébène mercredi,
Xavier Duval s'est présenté avec Rama Valayden comme
deux des "ministres les plus performants" du gouvernement
de l'Alliance sociale. Passons sur le côté un peu
déplacé qui consiste à s'autoféliciter
et à s'encenser soi-même mais il n'y a, néanmoins,
pas besoin de décodeur sophistiqué pour comprendre
ce que ces deux ministres pensent de leurs collègues et
quelle piètre opinion ils ont d'eux. La campagne de XLD
"résultat lors résultats" d'avant le 1er
Mai continue donc de plus belle. Et faut savoir à qui ce
message est destiné.
A Curepipe, c'est le champ politique qui a été balisé.
Les dirigeants des deux partis de l'Alliance sociale que sont
le PMXD et le MR ont parlé d'union qui fait la force et
on croyait ferme que c'était l'association de tous les
partis qui se retrouvent au gouvernement qui assurait cela mais
il faut croire que non puisque deux de ses composantes ont ressenti
le besoin de s'organiser. Reste plus au PTr et au MSD d'Anil Baichoo
de battre le rappel de leurs troupes ensemble. Il y a plusieurs
grilles de lecture possible à cette stratégie du
PMXD et du MR. Voyons-les.
Ces deux partis minoritaires de l'Alliance sociale se sentent
un peu marginalisés au sein du gouvernement. XLD n'a toujours
pas digéré le fait qu'il a été rétrogradé
à la troisième place et qu'il n'est plus qu'un faux
vice-Premier ministre, ce qui doit être particulièrement
pénible pour quelqu'un qui revendique des résultats
alors que Rama Valayden est lui dans une position encore plus
fragile, lui qui n'est pas élu et qui dispose d'un siège
éjectable à souhait.
Il y a ensuite deux rumeurs que l'on véhicule allégrement
ces derniers jours, celle d'un remaniement qui verrait quelques
retouches dans la répartition des maroquins et l'entrée
de Suren Dayal au gouvernement, la circonscription No 8 étant
celle où une partielle pourrait être déclarée
et où la présence d'un ministre pourrait peser de
tout son poids si cela s'avérait. Il y a aussi cette folle
rumeur, répandue par les Travaillistes eux-mêmes,
de l'arrivée du MSM au gouvernement. Ce qui fragiliserait
davantage la place du PMXD et du MR, puisqu'à eux deux,
ils ne disposent que deux voix au Parlement, celles de Richard
et de Xavier Duval, le leader du MR n'ayant pas le droit de vote
contrairement au MSM qui compte quand même dix députés
au Parlement.
Et comme le seul poste ministériel auquel le non-élu
Pravind Jugnauth peut aspirer est celui de l'Attorney General,
on peut comprendre que Rama Valayden assure dès maintenant
ses arrières. On parle même du paiement du PRB et
de la compensation salariale, de la présentation, d'un
budget "la bouche doux" avant des élections anticipées,
2009 devant être une année moins faste que celles
que le pays a connue jusqu'ici. Quoi qu'il en soit, on aura l'occasion
de vérifier si toutes ces rumeurs se confirment dans les
semaines à venir.
Il ne faut pas croire que l'opposition soit en reste. Certains,
tant au sein du MSM que du MMM, se sont mis en tête qu'une
nouvelle alliance est encore possible et ils y travaillent dans
l'espoir de constituer une plate-forme commune le 1 er mai 2009.
Il y a eu, en tout cas, une détente très visible
entre élus du MSM et du MMM mardi dernier au Parlement.
Il n'a échappé à personne qu'à son
arrivée dans l'hémicycle, le chef de file du MSM
a été saluer chaleureusement le leader de l'opposition
avant un bref brin de causette dans la bonne humeur.
Non seulement, certains se sont mis en choeur au MSM comme au
MMM pour embarrasser le gouvernement et les envoyer quelques bonnes
piques mais chez les orange ils ont été particulièrement
sensibles et heureux d'entendre de la bouche de Paul Bérenger
que c'est Pravind Jugnauth qui avait lancé le Programme-Based
Budgeting en 2004 alors que le leader du MSM officiait comme vice-Premier
ministre et ministre des Finances, mais Paul Bérenger a
même été jusqu'à citer l'extrait du
discours du budget de juin 2004 pour soutenir sa thèse
selon laquelle c'est l'ancien gouvernement qui avait mis ce projet
en chantier et que celui de l'Alliance sociale a mis trois bonnes
et longues années pour le mettre en pratique.
Il n'en a pas fallu plus pour que l'on parle dès jeudi
de "dégel" dans les relations MSM/MMM et que
certains se mettent à rêver d'une reconstitution
proche de l'alliance qui, dans la sérénité,
a présidé aux destinées du pays de 2000 à
2005. Certains parlementaires des deux partis seraient, dit-on,
à la base de ces fuites d'informations indiquant un réchauffement
des relations entre le MSM et le MMM. Mais il y a eu les mises
au point respectives de Paul Bérenger et de Pravind Jugnauth
hier sur toute cette question. Il y a visiblement encore du chemin
à faire mais il est clair aussi que la possibilité
que les routes se croisent n'est pas exclue. Les agitations post-1er
Mai ont leur raison d'être. C'est aujourd'hui qu'il faut
dégager les configurations qui s'affronteront demain. Les
voilà partis
Humeur
Le marketing grégorien
Jocelyn Grégoire aura au moins réussi, avec son
rassemblement du 1er Mai, une chose qu'il est loin de détester,
faire parler de lui. Il faut reconnaître qu'il ne s'est
épargné aucune peine pour atteindre cet objectif
médiatique. Déjà avant son départ
de Maurice en mars, il avait lancé l'opération médiatique
en annonçant que la Fédération des Créoles
Mauriciens allait organiser une manifestation le 1er mai. De quoi
obliger les Mauriciens à se questionner sur le pourquoi
de cette décision d'organiser une manifestation le jour
où tous les partis politiques réunissent traditionnellement
leurs partisans. D'autant plus que le bon père n'arrête
pas de jurer ses grands Dieux qu'il n'a aucune intention de faire
de la politique. Jurer ne pas vouloir faire de la politique et
organiser une manifestation - un meeting en fait - le 1er Mai,
ça ne peut que faire jaser. C'était ça le
but de l'opération : faire parler de son initiative et
de lui, même en son absence du pays. Et pour le cas où
la vague de curiosité s'affaiblirait, il ralluma la flamme
par quelques déclarations de presse via téléphone
ou internet des USA pour entretenir le flou sur le lieu où
il tiendrait son meeting avant de jeter son dévolu sur
le stade de Rose-Hill. A quelques centaines de mètres de
celle du meeting du MMM et pratiquement aux mêmes heures.
Cette proximité dans le lieu et les horaires ne pouvaient
que susciter des réactions et faire rebondir la polémique.
Jocelyn Grégoire consacra plusieurs déclarations
de presse volontairement ambigues à l'entretenir en changeant
plusieurs fois d'horraire pour finalement annoncer que l'heure
choisie serait annoncée plus tard. Le tout dans le cadre
d'une campagne de marketing médiatique comprenant plusieurs
interviews radios sur une même chaîne dont une en
compagnie de représentants de la Voice of Hindu. Ce qui
ramène le FCM au rang d'une organisation communaliste déclarée
? Sans doute, mais ça fait parler du produit et c'est ça
l'essentiel en marketing, n'est-ce pas ?
C'est, porté sur des épaules - comme Gaëtan
Duval, ou comme une rock star - et entouré de bouncers
déguisés en gardes de sécurité - ou
en garde prétorienne ou en apôtres selon les mauvaises
langues - que Jocelyn Gregoire fit son entrée au stade
de Rose-Hill. Lui qui jure ne pas vouloir faire de la politique
parla pendant deux heures - comme Fidel Castro -, promit tout
et son contraire, jura de défendre la cause et fit des
propositions qui furent vivement applaudies par la foule. Comme
tout politicien qui se respecte. Des propositions qui ne pouvaient
que susciter la polémique et que le bon père répéta
lors de sa conférence de presse bilan du 1er Mai. Comme
tous les partis politiques. C'est quand même curieux de
refuser de faire de la politique en copiant systématiquement
tout ce que font les politiciens. Parmi les propositions répétées
et destinées à provoquer des réactions :
celle du quota de 35% dans le Service Civil. Comment ne pas faire
réagir un pays où chaque communauté est persuadée
que les autres ont plus que ce à quoi ils ont droit en
lançant un combat pour que 35% des places du Service civil
soient réservées aux créoles. Le sujet est
explosif et ne peut que susciter des réactions négatives.
C'est le but de la manuvre et de toute l'opération
marketing grégorien autour du 1er Mai. D'ailleurs, le soir
de son retour au pays, il anima une manifestation à Bambous,
qui fut annoncée par un SMS dont une phrase résumait
toute la philosophie du marketing grégorien : "Venez
en foule, ce sera médiatisée."
Rendons à César ce qui lui appartient : Jocelyn
Gregoire sait se médiatiser par des déclarations
provocantes soigneusement pensées. Mais suffit-il de faire
parler d'un leader dans la presse ou d'afficher son image sur
toutes les murailles du pays pour améliorer les conditions
de vie de ceux qui le suivent et lui font confiance ? Autrement
dit, est-ce que le produit est de la même qualité,
au niveau de la réalisation des promesses faites et des
engagements pris, que l'opération marketing qui a entouré
son lancement ?
L'avenir répondra rapidement à cette question.
Pris sur le vif
Babysitting
- Seigneur, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as figure comme si on
t'avait obligée à monter et à redescendre
la montagne du Pouce à toute vitesse.
- Aio, qu'est-ce que je vais te dire, toi ? J'ai des problèmes
à la maison
-
nooon ! qu'est-ce qui t'es arrivée ?... Ne me
dis pas que ton mari ?... non, c'est pas possible
-
je te préviens
fais attention à ce
que tu vas dire là, hein !
- Mais je n'ai rien dit
-
justement
avec certaines personnes, c'est quand
elles disent rien qu'on entend tout !
-.. sorry bonnefemme
pas besoin de piquer une crise
mo fine seulement demande toi pourquoi tu as mauvaise mine et
tu m'a répondu que tu avais des problèmes dans ton
ménage.
-... mon ménage !... je n'ai jamais dit mon ménage.
J'ai dit ma maison. C'est pas la même chose, non ?
- Ecoute-moi, je n'ai pas fait attention aux mots. Seule affaire,
je voulais t'aider. Maintenant si tu veux garder ton problème
pour toi
c'est ton problème. D'ailleurs, c'est toujours
comme ça : quand tu veux aider, tu reçois toujours
des coups de pied.
- Arrête ton cinéma. Je sais que tu meurs d'envie
de savoir ce qui fine arrive moi.
- Tu sais moi, je ne veux surtout pas te donner l'impression que
je veux veiller tes affaires.
- Bon
on laisse tomber, ok ? Figure-toi que j'ai cette tête
parce que j'ai fait du baby-sitting.
- Toi faire du baby-sitting ? Toi qui n'a jamais laissé
tes enfants boire avec toi et qui les a envoyés en garderie
petit, petit même !!! Mais qu'est-ce qui t'es arrivée
? Et surtout avec quel enfant que tu veilles comme ça !?
- C'est une histoire compliquée..
- Ca, c'est sûr ? Surtout que tout le monde sait que tu
aimes les petits bébés - surtout en photos. Mais
où est-ce que tu es allée trouver un bébé
? A ma connaissance, il n'y a personne dans ta famille qui était
gros ventre. En tout cas, ça ne se voyait pas.
- Mo pas ti konné ki to contrôleur grosseur ventre,
moi.
- Aio
arrête de tire l'ail, donc. Ce n'est qu'une
manière de parler. Alors ce bébé
kot
li sorti ?
- C'est le bébé de ma bonne.
- J'ai raté un épisode ou je suis tarée ?
Tu fais du baby-sitting avec le bébé de ta bonne
? Et pendant ce temps que fait ta bonne ?
- Mais elle fait le ménage.
- Sorry, on va rewind un coup : pendant que ta bonne fait
le ménage chez toi, toi tu babbysit son bébé,
c'est ça ?
- Oui.
- Madam veille ti baba servante quand servante pé faire
l'ouvrage madame : c'est une nouvelle mode ou une nouvelle loi
du gouvernement pour la démocratisation de l'économie
?
- Arrête de faire ton foutant. C'est juste que ma bonne
a eu une prise de bec avec sa belle-mère et ne peut plus
lui demander de veiller son bébé.
- Alors tu veille son bébé pour qu'elle puisse faire
le ménage chez toi. Je t'avoue que je trouve ça
un peu comique et surtout compliqué. C'est pas plus simple
de faire ton ménage toi-même ?
- C'est ce que m'a dit mon mari. Je ne te dis pas la rafale que
j'ai prise avec lui quand il est rentré pour me voir en
train de bercer le bébé ! Mais je lui ai fait comprendre
qu'il n'était pas question pour moi de faire le ménage.
Je suis plein de faire la servante dans la maison.
- Tu préfères faire la babysitteuse de la servante
? Je suppose que ton mari a dû te dire ça.
- S'il n'avait dit que ça.
- Qu'est-ce qu'il a ajouté encore ?
- Il ma dit de transformer le garage en garderie pour m'occuper
également des enfants du jardinier et de la dame qui fait
le repassage l'après-midi, comme ça tous mes travailleurs
pourraient travailler en paix !
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 11 mai 2008
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