f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 11 mai 2008



  Notary Connection Probe - Le moment de vérité pour Vinay Deelchand
  Décès de Selvee Ghengadoo, 8 ans, au SSR Hospital le 10 avril dernier - Deux médecins accusés de négligence médicale et d'usage de faux
  Des suites d'allégations - Dhaneshwar Soobrah arrêté et libéré sous caution vendredi
  Vol, agression et séquestration à Bois-Rouge jeudi - Un suspect appréhendé hier matin à Vacoas
  Des suites d'une affaire de faux billets - Deux soirées successives de tensions et de bagarres à Ste-Croix
  Drogue-Affaire du consultant américain Mertz L'étau se resserre autour d'Ashraf Mohamed Ali - Un quatrième suspect coffré par l'ADSU vendredi


Notary Connection Probe

Le moment de vérité pour Vinay Deelchand

Le juge Paul Lam Shang Leen, siégeant en Cour suprême, a entendu cette semaine le procès intenté au notaire Veenay Deelchand. Ce dernier est accusé d'avoir remis plus de 800 grammes d'héroïne le 18 ou 19 mars 2004. Vinay Deelchand, qui plaide non-coupable, a insisté, à la barre des témoins, qu'Antoine Chetty ment. Il a fourni un alibi quant à l'endroit où il se trouvait au moment où la drogue lui aurait prétendument été remise. Il a affirmé se trouver, le 19 mars, sur la plage de Trou-aux-Biches à manger des grillades et du briyani en compagnie de ses amis. Cependant, le "fournisseur" de briyani n'a pas corroboré les dires de Veenay Deelchand et de ses amis. La défense a, durant tout le procès, tenté de démontrer que l'accusateur du notaire, à savoir Antoine Chetty, a monté cette histoire de toutes pièces. La poursuite, elle, a insisté sur le fait que le témoignage de Chetty concernant la remise du colis de drogue par le notaire à son homme de main n'a aucunement été mis en doute.

Qui dit vrai? Qui ment? C'est ce que le juge Lam Shang Leen devra trancher. L'accusé Deelchand, qui est représenté par Me Jacques Panglose - Mes Guy Ollivry et Siddartha Hawoldar s'étant retirés de l'affaire - soutient bec et ongles que l'accusation portée contre lui par Antoine Chetty n'est que pure mensonge. Appelé par son homme de loi à la barre des témoins, le notaire a été catégorique: "Je n'ai jamais remis de drogue à Chetty", et a également rejeté les accusations de la poursuite à l'effet qu'il aurait tout mis en œuvre afin de se sortir de ce mauvais pas. La poursuite a confronté Vinay Deelchand au contenu de son Diary, qui avait été saisi par l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU). Dans ce Diary, le notaire fait référence à plusieurs hauts gradés de la police, dont l'ex-DCP Vishnu Appadoo, le DCP Anil Surujbali et l'inspecteur Hector Tuyau entre autres. La poursuite, représentée par Me Johan Moutrou-Leckning a avancé que le notaire a écrit ces noms comme étant des personnes susceptibles de l'aider dans son affaire, tandis que Vinay Deelchand, lui, a soutenu qu'il a écrit simplement ces noms dans le cadre de différents scénarii de ce qui pouvait lui arriver. Le procès du notaire Deelchand a été articulé autour de deux axes principaux, à savoir autour de l'alibi du notaire et de la crédibilité d'Antoine Chetty.

Vinay Deelchand: "Les allégations de Chetty sont fausses"

"Je n'ai jamais remis de drogue à Antoine Chetty. Il prétend être venu chez moi à Solférino, le 18 ou le 19 mars 2004, entre 18 h et 18 h 30, pour recevoir de la drogue. C'est totalement faux !". C'est en ces termes qu'à la barre des témoins, le notaire Deelchand a rejeté en bloc les accusations portées contre lui par Antoine Chetty. Ces deux jours cités par Chetty, a déclaré le notaire Deelchand, il affirme être rentré chez lui tard dans la soirée. Lors de son interrogatoire par son avocat, Me Jacques Panglose, Vinay Deelchand a indiqué que son ancien chauffeur et garde du corps, Antoine Chetty, n'est pas venu travailler pendant le mois de mars de cette année-là. Il a soutenu que ces deux jours en question, il n'a pas du tout vu Antoine Chetty.

A l'issue de son interrogatoire, Vinay Deelchand a été contre-interrogé par la poursuite, notamment au sujet de son arrestation et du contenu de son Diary. Le notaire devait faire ressortir qu'il a été arrêté à son retour de Madagascar, où il s'était rendu dans l'optique de la création de logements sociaux. C'est à Madagascar, dit-il, qu'il a appris qu'Antoine Chetty avait fait des allégations contre lui. "Je savais que j'allais être arrêté par la police à ma descente d'avion. C'est pour cette raison que j'ai pris contact avec mes hommes de loi, Mes Guy Ollivry, QC, Sidddartha Hawoldar et Yabnilla Monnshiram", a-t-il fait ressortir.

Me Moutou-Leckning a ensuite confronté Vinay Deelchand au contenu de son agenda personnel, dans lequel plusieurs noms, dont ceux de certains hauts gradés de la police sont mentionnés. "Tuyau nou dimoune sa?", est-il, entre autres, écrit dans l'agenda. Dans cette optique, le notaire devait souligner qu'il a simplement écrit toutes les hypothèses possibles et non pas ourdir un complot dans le but de sauver sa peau, contrairement à ce qu'a soutenu la poursuite. Il a aussi fait ressortir qu'il était tombé malade en apprenant les allégations portées contre lui par Antoine Chetty. "Je suis cardiaque et claustrophobe. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai noté dans mon agenda que je devais aller en clinique après mon arrivée. J'étais, du reste, en clinique à Madagascar", a-t-il déclaré. Il a insisté sur le fait qu'il a voulu rentrer au pays pour répondre à la justice de son pays.

Chetty: "Tout ce que j'ai dit est vrai"

Le principal témoin de l'accusation, Antoine Chetty, a, de son côté, maintenu que tout ce qu'il a dit dans ses dépositions, notamment qu'il avait reçu de la drogue de la part de son patron d'alors, le notaire Vinay Deelchand, dans le but de garder cette drogue en son absence du pays, est vrai. "Tou seki mo finn dir dan mo bann dépositions li vrai. Notaire ti donne moi sa la drogue la pu mo garder", a fait comprendre Antoine Chetty A la barre des témoins. Chetty a cependant fait ressortir qu'il ne se rappelait pas de la date exacte à laquelle la drogue lui avait été remise. "Mo pa rapel", a-t-il dit en réponse à cette question.

La défense devait assigner plusieurs témoins, notamment dans le but de corroborer l'alibi de Vinay Deelchand. Dans cette optique, l'ex-Deputy Commissioner of Police (DCP) Vishnu Appadoo est venu à la barre des témoins, pour dire que le vendredi 16 mars 2004, aux alentours de 18h35, le notaire Deelchand était devant sa porte d'entrée à sa demeure de Belle-Etoile. Ce dernier s'apprêtait, en compagnie du fils du DCP, Sandeep Appadoo, à faire une sortie entre amis. "Ma belle-fille m'a informé que M. Deelchand était là. Mon fils, lui, m'a dit qu'il allait conduire M. Deelchand. Ce dernier est un ami de longue date", a déclaré l'ex- DCP en cour. Contre-interrogé par Me Johan Mouou-Leckning, l'ex-DCP a confirmé qu'il n'a jamais donné de déposition à cet effet. "I never found the necessity to do so at that time because there were a number of persons to support his alibi", a fait ressortir Vishnu Appadoo.

Me Moutou-Leckning : And after four years, you find it necessary to support his alibi?

L'ex DCP Appadoo: Yes.

Le fils du DCP Appadoo, Sandeep, également appelé à la barre par la défense, a pour sa part soutenu que le 18 mars 2004, le notaire Deelchand a assisté, en sa présence, à une réunion de travail de la compagnie On Line Properties. Cette réunion a pris fin aux alentours de 18h15. Le lendemain, a-t-il fait ressortir, il était à Trou-aux-Biches en compagnie de Deelchand et d'autres personnes. Ils avaient organisé une petite fête, comme tous les vendredis. La fête a pris fin vers 23 heures. Six autres témoins de la défense, ont confirmé l'alibi de Vinay Deelchand. Riyad et Yousouf Mamode, Abdul Moosadee, Dharamraj Appanah, Dharmarajen Thondee, et Subiraj Loobeechand, ont déclaré que l'accusé était rentré chez lui, à Solférino, tard dans la soirée de deux dates citées par la poursuite, les 18 et 19 mars 2004. Abdul Moosadee a aussi indiqué que le 28 avril 2004, le chef inspecteur Hector Tuyau l'a appelé au bureau de l'Anti Drug and Smuggling Unit où il lui aurait donné l'ordre de ne pas confirmer l'alibi du notaire.

Briyani

Cependant, selon la poursuite, un certain nombre de ces témoignages sont truffés d'incohérences. Contrairement à ce qu'il a affirmé en cour, dans sa déposition à la police dans le cadre de l'enquête, Riyad Mamode dit qu'il se trouvait chez lui à regarder la télé, en compagnie de son frère et ne se trouvait pas à Trou-aux-Biches le 19 mars 2004. Dans sa déposition à la police, il a déclaré s'être couché ce soir-là vers minuit. Contre-interrogé par la poursuite, le témoin Mamode a déclaré qu'il ne savait pas qu'il était interrogé au sujet de la soirée du 19 mars 2004. Tous les témoins qui disent avoir été présents à la fête de Trou-aux-Biches affirment avoir mangé du briyani ce soir-là. Mais le supposé "fournisseur" de briyani, Reza Allykhan, dit le contraire.

Le témoin Dharamraj Appanah, qui, lui aussi a confirmé l'alibi du notaire Deelchand en cour, a dit le contraire dans la déposition qu'il a donnée à la police en marge de l'affaire. Contre-interrogé par Me Moutou-Leckning, cette dernière a confronté le témoin à sa déposition, dans laquelle il dit n'avoir jamais assisté à une réunion aux locaux d'Online Properties, le 18 mars 2004. Le témoin devait souligner, à cet effet, qu'il se pourrait que les enquêteurs avaient "mal kompran". Ce jour-là, dit-il, il a assisté à ladite réunion, mais pas depuis le début.

Le chef inspecteur Hector Tuyau, responsable de l'enquête policière dans cette affaire, a, pour sa part, rejeté les allégations de la défense selon lesquelles il aurait intimidé certains témoins, durant l'enquête policière, afin qu'ils ne corroborent pas l'alibi du notaire. Le CI Tuyau a aussi souligné qu'il ne s'occupait pas de cet aspect de l'enquête. Il a aussi fait ressortir qu'à sa descente d'avion en retournant de Madagascar, l'accusé Vinay Deelchand était dans un fauteuil roulant. Il a, en conséquence, fait conduire l'ex-notaire directement à l'hôpital.

Othello

Les plaidoiries ont été l'occasion, pour les avocats des deux parties, de faire ressortir les failles de chaque côté. Me Panglose, qui paraît pour Vinay Deelchand, a décrit ce cas comme étant "weird et wonderful". Citant Iago, personnage Shakespearien de Othello, Me Panglose a décrit Antoine Chetty comme quelqu'un qui a faussement accusé son client et qui n'a aucun "credit worthiness" compte tenu de ses antécédents. Il a également souligné que tout le procès repose uniquement sur la parole d'Antoine Chetty et que ce dernier aurait "crumbled down to pieces" durant son contre-interrogatoire, notamment sur la question de la date à laquelle le notaire Deelchand lui aurait remis la drogue. Me Panglose a aussi soutenu que la poursuite a failli dans sa tâche de démonter l'alibi du notaire.

Me Panglose n'a également pas caché son étonnement sur le fait qu'aucune poursuite n'a été intentée contre Anju Lallah, la compagne d'Antoine Chetty, qui pourtant, était sur les lieux lorsque la drogue a été découverte par l'ADSU. Me Panglose a souligné que c'est là une décision du directeur des Poursuites Publiques (DPP) et que celui-ci n'est aucunement tenu de motiver ses décisions. "This is a wonderful issue. The house belongs to a person, and drugs are found in the house of that person and she gets out scot-free, without a scratch!" Antoine Chetty a bénéficié d'un traitement préférentiel de la part de la police, a insisté Me Panglose. Il a aussi affirmé que son client a été soutenu par un ex-DCP, qui est venu en cour pour dire la vérité. "Why would an ex DCP fabricate an alibi to allow a drug trafficker out?", a demandé Me Panglose.

Me Moutou-Leckning a, pour sa part, fait ressortir qu'Antoine Chetty était "l'homme de confiance" de l'accusé et a travaillé pendant dix années à son service. Antoine Chetty est, selon la poursuite, un "self-confessed accomplice", dont l'affirmation, à l'effet que son patron d'alors lui avait confié de la drogue à garder durant son absence, n'a pas été mise en doute durant le procès. Elle a aussi souligné que Chetty a donné des alibis pour les 18 et 19 mars et ne s'est pas départi de ces dates. "He deponed as a witness of truth", a-t-elle déclaré en substance. Me Moutou-Leckning a aussi fait ressortir que la décision du DPP de ne pas poursuivre Anju Lallah n'a jamais été contestée. Elle a aussi qualifié les témoins qui sont venus confirmer l'alibi du notaire Deelchand de "témoins de complaisance".

"Some of these witnesses never gave any statement to the police in the present matter and suddenly find they should help their friend and depone four years later", a-t-elle martelé. Elle a aussi rappelé à la cour que certains de ceux qui avaient donné des dépositions à la police dans cette affaire se sont, en corroborant l'alibi du notaire en cour, départis de leur version initiale. Elle a aussi affirmé que tous ceux qui disent avoir été brutalisés ou maltraités par la police n'ont jamais fait aucune dénonciation à cet effet. Commentant la déposition de l'ex-DCP Appadoo en cour, Me Moutou-Leckning a eu ceci à dire: "He saw the accused at his place at the material date. He never bothered to give a statement to that effect to the police and four years later, he brings that piece of evidence before court."

Il est à noter, en marge du procès que les rédacteurs en chef du Mauricien et de Week-End, à savoir Gilbert Ahnee et Gérard Cateaux, ont été entendus. Gilbert Ahnee a refusé de divulguer le/les nom/s du/des journaliste/s qui a/ont écrit les articles en marge de cette affaire, en date du 30 avril, 4 mai et 11 mai 2004. Ces articles n'étant pas signés, c'est le rédacteur en chef qui assume l'entière responsabilité du contenu de ceux-ci. Gilbert Ahnee a souligné qu'il ne comptait aucunement divulguer les noms recherchés par Me Panglose pour des raisons de sécurité et qu'il avait "totalement confiance" en ces journalistes et collaborateurs.


Décès de Selvee Ghengadoo, 8 ans, au SSR Hospital le 10 avril dernier

Deux médecins accusés de négligence médicale et d'usage de faux

"Kan Acca pou vini?", demande sans arrêt le petit frère de Selvee Ghengadoo, à ses parents. Âgé de 4 ans, il ne comprend pas pourquoi sa Acca (grande sœur) n'est plus là pour jouer avec lui. Le 10 avril dernier, dans des circonstances qualifiées de "troublantes", Selvee Ghengadoo, huit ans, est décédée à l'hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR). Les médecins n'ont pu lui sauvé la vie. Ses parents, accablés par ce drame, ne digèrent pas que leur petite fille soit décédée quelques heures après avoir été vue par deux médecins, dont l'un l'a renvoyée chez elle avec des médicaments. "Il y a eu négligence médicale", crient-ils, ajoutant que "les deux médecins qui l'ont vue, lui ont prodigué un traitement approximatif".

Une enquête interne a été initiée au sein de l'hôpital, et les médecins en question, trouvées coupables, ont été suspendues de leurs fonctions. L'affaire a été référée au Medical Council. Mais les proches de Selvee Ghengadoo ne s'arrêtent pas à cela. La mort de la petite habitante de Belle Source, Pamplemousses, fait maintenant l'objet d'une enquête policière. L'affaire a été confiée au Central Criminal Investigation Department, suivant la plainte déposée des Ghengadoo concernant la falsification de documents, notamment au niveau des cartes émises au service des urgences (casualty cards).

Un mois exactement depuis que la petite perle de la maison des Ghengadoo s'en est allée. Un mois que ses proches tentent de comprendre ce qui s'est passé. Pour eux, les circonstances dans lesquelles la fillette est décédée sont troublantes. Outre la douleur que leur inflige cette mort, les proches de Selvee Ghengadoo sont révoltés. Révoltés contre le traitement approximatif qu'ont prodigué les deux médecins qui ont vu la petite fille à peine quelques heures avant qu'elle ne rende l'âme. "Et pourtant, on leur avait prévenu que Selvee souffrait d'allergie. On leur a dit qu'elle avait, dans le passé, été mise pour les mêmes symptômes, en observation à l'hôpital. On a insisté pour qu'elle soit admise", déplorent ses proches. Dans leur douleur, ils reviennent sur les événements d'il y a un mois.

Diagnostic du 2e médecin : infection virale

Vers 19h, le jeudi 10 avril dernier, disent-ils, la petite Selvee Ghengadoo, souffrant de sa gorge, est conduite d'urgence à l'hôpital du Nord par ses parents. Après un passage aux unsorted cases aux Casualties, la petite est auscultée par un premier médecin généraliste. Les proches soulignent que ce premier médecin qui a vu Selvee Ghengadoo a été prévenu que la petite est allergique. Depuis l'âge de quatre ans, la petite fille est allergique aux fruits de mer, aux colorants etc., indiquent ses proches. Ils font ressortir qu'en novembre 2007, souffrant d'un mal de gorge, la petite a immédiatement été hospitalisée. "Les médecins nous ont dit que si à l'avenir Selvee présentait les mêmes symptômes, il est impératif qu'elle soit hospitalisée car ce cas est grave", soulignent ses proches, ajoutant qu'ils ont prévenu le premier médecin qui a ausculté l'enfant. Ce médecin, après avoir vu la petite, a référé son cas au service de pédiatrie de l'hôpital. "Elle nous a dit qu'un pédiatre va s'occuper d'elle", indiquent ceux qui ont accompagné l'enfant. Quelques minutes plus tard, la petite a effectivement été vue par un autre médecin, à qui les parents auraient une nouvelle fois indiqué les antécédents allergiques de la petite. Après une auscultation, ce deuxième médecin a diagnostiqué une infection virale chez l'enfant, faisant comprendre aux parents que l'infection n'était pas associée à ses allergies. Les proches de la petite soutiennent avoir insisté pour que leur fille soit admise, car elle présentait les mêmes symptômes que l'année précédente, mais le médecin, refusant une hospitalisation, a indiqué aux parents que l'infection virale qu'elle avait diagnostiquée n'était pas associée à ses allergies. Selon les proches de Selvee Ghengadoo, ils auraient expliqué au médecin que, prévoyant, ils avaient apporté tous les effets personnels de la fillette pour qu'elle soit hospitalisée. "Mais le médecin a persisté avec son diagnostic et nous a prescrit des médicaments", disent-ils. La petite fille est renvoyée chez elle, avec un gargarisme, un inhalateur, des gouttes nasales et du paracétamol.

En rentrant chez elle, la petite n'a pu rien avalé, racontent ses proches. "Seulement une goutte d'eau. Et elle n'a pas pu prendre les médicaments", indiquent-ils. Vers 22h, comme Selvee se sent très mal, ses parents la reconduisent d'urgence avec l'aide d'un voisin, à l'hôpital du Nord. La petite était très agitée, racontent ses proches. "So lizié ti pe sorti gro", expliquent les proches. Elle présentait des symptômes d'étouffement, disent-ils et en cours de route, elle aurait même craché du sang. A son arrivée aux urgences, un groupe de médecins tente, en vain, de la réanimer. Mais en quelques minutes, Selvee Ghengadoo a rendu l'âme. Le rapport d'autopsie de la fillette a conclu au décès causé par un œdème aigu du larynx. Mais les proches de Selvee Ghengadoo crient eux à l'erreur médicale. "Elle a eu un traitement approximatif. Si ti gagn traitman approprié, si ti admet li lopital, li ti pou encor la zordi", déplorent-ils.

Falsification des Casualty Cards

Malgré la tristesse qui les afflige, les Ghengadoo ne cachent pas leur colère. Outre l'erreur médicale commise, principalement par le deuxième médecin, selon ses proches, ils clament également qu'il y auraient eu falsification de documents médicaux. Un des proches soutient que la "prescription card" de la petite fille aurait été changée. Il soutient avoir vu une carte de couleur verte dans le dossier de la fille, au lieu de la carte jaune de la veille. Une enquête départementale séparée a été initiée par le ministère de la Santé en attesterait. D'où la décision du ministère de la Santé de référer le cas à la police en début de la semaine dernière. Entre-temps, le couperet est déjà tombé pour les deux médecins qui ont été suspendus de leurs fonctions mardi dernier. Parmi les deux déjà suspendus, un des médecins serait un jeune, nouveau venu dans le service. Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, interpellé lors des travaux parlementaires de mardi dernier par le député Mahen Jhugroo, sur les circonstances de la mort de l'enfant, a expliqué que son ministère a référé cette affaire au Medical Council pour enquête approfondie. Satish Faugoo affirme avoir ordonné une enquête préliminaire immédiatement après avoir appris le décès de l'enfant, mais que n'étant pas satisfait des conclusions de cette enquête, il a ordonné une full-fledged departmental enquiry menée par l'acting regional health director de l'Hôpital du Nord. Selon nos informations, c'est au cours de cette enquête départementale approfondie que les falsifications de la casualty card de l'enfant, déplorées par ses proches, auraient été découvertes. Le comité d'enquête a ainsi décidé d'initier une enquête séparée spécifiquement de manière à confronter les médecins concernés au traitement dispensé à l'enfant ce jour-là. L'affaire a, par la suite, été référée à la police. Certaines sources avancent également qu'un troisième médecin pourrait être impliqué dans cette affaire. La police poursuit son enquête.


Négligence médicale alléguée -Le Medical Council appelé à enquêter sur ce cas

Le Medical Council a également été appelé à se pencher sur ce cas, notamment par rapport à la négligence médicale. Le président du Medical Council, Rajendranath Goordoyal indique qu'un comité a été saisi de l'affaire, en fin de semaine, et qu'une enquête devrait démarré incessamment. "A ce stade, il est difficile de faire des commentaires. Il faut voir quels ont été les manquements s'il y a eu, et ensuite situer les responsabilités. Les sanctions seront prises à la lumière du rapport des enquêteurs", explique-t-il. Or, les médecins du public tombent sous le Public Service Commission (PSC) Act, et il revient au PSC de prendre des sanctions. Rajendranath Goordoyal indique que, selon les circonstances, au vu des nouveaux amendements apportés au Medical Council Act, le Medical Council, peut, dans certains cas, demander une dérogation des pouvoirs de la PSC et ainsi sévir contre les médecins impliqués dans une affaire de négligence ou d'erreur médicale. Les sanctions, qui peuvent être prises, dépendant des cas, par le Medical Council s'étale d'une suspension temporaire de la pratique médicale, à leur radiation dans la profession. Le président du Medical Council assure qu'une enquête approfondie sera effectuée au plus tôt, et espère que d'autres cas ne se répéteront pas.


Des suites d'allégations

Dhaneshwar Soobrah arrêté et libéré sous caution vendredi

Dhaneshwar Soobrah, ex-homme fort de la Development Works Corporation (DWC), a été arrêté par des limiers de l'Independant Commission against Corruption (ICAC) vendredi, traduit en cour et libéré sous caution le même jour. Il est accusé de "using his position for personal gratification"

Selon les recoupements de Week-End, Dhaneshwar Soobrah aurait, alors qu'il était à la tête de la DWC, embauché un certain Suriaduth Napaul comme Personal Officer alors même que le Board de la DWC avait refusé d'entériner une telle décision. Selon nos sources, Dhaneswar Soobrah avait fait l'objet de dénonciations devant la commission anti-corruption en marge de cette affaire et l'ICAC a, conséquemment, décidé d'ouvrir une enquête afin de vérifier le bien-fondé de ces allégations.

Des suites de sa comparution en cour, devant le magistrat Sachin Boodhoo, Dhaneshwar Soobrah a été libéré contre une caution de Rs 30 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 50 000. Il est représenté dans cette affaire par Me V. Rampoortab.


Vol, agression et séquestration à Bois-Rouge jeudi

Un suspect appréhendé hier matin à Vacoas

Les éléments de la CID de Terre-Rouge, menés par l'inspecteur Bhojesh Domun, ont frappé un grand coup, aux aurores hier matin, lors d'une opération rondement menée à Vacoas. En effet, cette opération a abouti à l'arrestation d'un des trois suspects recherchés relativement à une affaire de vol, d'agression et de séquestration survenue jeudi matin à Bois-Rouge. Trois hommes masqués et encagoulés étaient entrés dans une maison, avaient ligoté et bâillonné une femme de 25 ans, avant de s'attaquer à son père. L'homme a été conduit de force à une succursale de la State Commercial Bank (SCB) de Pamplemousses et contraint d'y retirer la somme de Rs 75 000.

Selon les recoupements effectués par Week-End de source proche des enquêteurs, il ressort que c'est sur la base de renseignements précis que l'opération d'hier a été menée. Nos sources indiquent que les enquêteurs avaient eu vent du fait que l'un des trois suspects appréhendés seraient connus des victimes. Lors de l'opération menée à Vacoas, où ledit suspect, un étudiant de 25 ans, est domicilié, les enquêteurs ont retrouvé une chaîne et un téléphone cellulaire appartenant aux victimes du casse de jeudi. Il s'avère que le suspect arrêté, qui sera traduit en cour de Pamplemousses demain, lundi,

Il était aux alentours de 10 h, jeudi matin, quand trois hommes encagoulés et armés ont fait irruption dans cette maison sise en bordure de route à Bois-Rouge. Se trouvaient alors dans la maison l'ex- petite amie d'un des bandits et son père. La jeune femme est rentrée, depuis peu de la Grande Péninsule, où elle étudiait. Dans un premier temps, les trois hommes devaient s'attaquer à elle et la ligoter, puis à son père, âgé d'une soixantaine d'années.

Ils devaient faire main basse sur des bijoux, un ordinateur portable et un téléphone cellulaire. Puis, ils devaient, sous la menace de leur arme, conduire le sexagénaire à la succursale de la SCB de Pamplemousses et le contraindre à y effectuer un retrait de Rs 75 000.

Les enquêteurs sont également d'avis que ce cas pourrait être une vengeance, dans la mesure où le suspect appréhendé se serait fait larguer par une des victimes juste avant son départ pour l'Inde.

Le suspect appréhendé comparaîtra en cour de Pamplemousses lundi. Les limiers de la CID de Terre-Rouge poursuivent leur enquête en vue de retracer les deux autres suspects encore en cavale dans cette affaire.

Dans le giron de l'enquête policière, l'on soutenait hier que "les auteurs de ce braquage peu ordinaire ont eu le culot de conduire une de leurs victimes à la banque et l'obliger à faire ce retrait de Rs 75 000. On aura tout vu. Nous réitérons notre appel au public afin d'être sur ses gardes, que ce soit à domicile ou à l'extérieur. Certains bandits ne reculent devant rien", a-t-on fait ressortir.


Des suites d'une affaire de faux billets

Deux soirées successives de tensions et de bagarres à Ste-Croix

Un faux billet de Rs 500 a mis le feu aux poudres. Et durant deux soirées successives, jeudi et vendredi, des affrontements et des bagarres de rue ont éclaté à Ste-Croix, nécessitant un déploiement et une intervention policiers musclés.

Jeudi , Serge Boudeuse, un habitant de Cité-Briquetterie, s'était rendu à la boutique Good Heart avec un billet de Rs 1 000 pour faire des achats. L'un des billets qui lui auraient été retournés comme change, à savoir un billet de Rs 500, était un faux. C'est aux Champs-de-Mars, où Serge Boudeuse s'est ensuite rendu, qu'on lui aurait dit que le billet était faux. Il aurait alerté la police à cet effet, mais devait être arrêté subséquemment pour possession de faux billets, en dépit de ses récriminations quant à la provenance de ce billet. Il devait être traduit en cour et libéré sous caution.

Dès jeudi soir, cette affaire devait mettre le feu aux poudres. La devanture de la boutique Good Heart, qui se trouve non loin du poste de police d'Abercrombie, devait être saccagé et des habitants de la localité devaient manifester bruyamment leur mécontentement. Tout devait cependant rentrer dans l'ordre après l'intervention de la police.

Dans la soirée de vendredi, ils étaient environ 200 à descendre de nouveau dans la rue et manifester ouvertement leur colère devant la tournure des événements de la veille. Cette situation, monitored par le commissaire de Police par intérim, Dhun Iswar Rampersad, a nécessité un fort déploiement d'éléments de la Special Supporting Unit (SSU) à Ste-Croix. Les habitants de la localité avaient, cette fois, bloqué la rue avec des pneus usagés et incendiés ainsi que d'autres objets hétéroclites. Les pompiers et les policiers présents sur les lieux durent battre en retraite dans un premier temps. La police a dû faire usage de gaz afin de disperser les manifestants, qui soutenaient mordicus que "enn inosan finn areter pu naryen akoz sa fos billet la ek L'enquête policière se poursuit.


Drogue-Affaire du consultant américain Mertz

L'étau se resserre autour d'Ashraf Mohamed Ali

Un quatrième suspect coffré par l'ADSU vendredi

Ashraf Mohamed Ali, présumé ponte de la drogue de la capitale, est activement recherché par la police. L'étau se resserre autour de lui, des suites de l'arrestation vendredi de Hervé Daniel Assame, 46 ans, lui aussi recherché dans l'affaire d'importation de Rs 13 millions d'héroïne. C'est l'arrestation d'un consultant militaire américain Scott Bradley Mertz, le 30 mars dernier, qui avait tout déclenché.

Dans les milieux de l'enquête policière, l'on soutenait, en fin de semaine, que l'arrestation du suspect Ashraf Mohamed Ali était "imminente" et qu'il serait difficile, cette fois, pour lui, d'échapper aux filets de la police, suites aux preuves jugées "accablantes" réunies contre lui dans cette affaire. Vendredi, les limiers de l'ADSU ont perquisitionné la demeure de Hervé Daniel Assame, dont le téléphone cellulaire avait été retrouvé dans le véhicule accidenté du sergent de police Kughputh. Assame est le quatrième suspect coffré, après Mertz, Kughputh et Sawoo-Balgobin Ajay Kumar.

Lors de la perquisition effectuée au domicile de Assame vendredi, les policiers ont mis la main sur le Starter Pack de la Carte SIM qui se trouvait dans le véhicule abandonné, de même qu'une certaine quantité de graines de gandia.

L'on se souviendra que le consultant américain Mertz était arrivé à Maurice quelques jours avant son arrestation. Il avait été chargé, par des contacts kenyans, de livrer une cargaison de 1,3 kilos d'héroïne à Maurice, valant Rs 13 millions.

Le premier rendez-vous prévu pour livrer la drogue à Flic-en-Flac ayant avorté, un deuxième rendez-vous devait être fixé pour le 30 mars à Bain-des-Dames. L'opération de l'ADSU, visant à récupérer la drogue et à arrêter les suspects devait réussir en partie, mais Ashraf Mohamed Ali et un deuxième suspect, à savoir Assame, avaient pu prendre la poudre d'escampette.

Hervé Daniel Assame devrait comparaître en cour lundi.



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