Le juge Paul Lam Shang Leen, siégeant en Cour suprême,
a entendu cette semaine le procès intenté au notaire
Veenay Deelchand. Ce dernier est accusé d'avoir remis plus
de 800 grammes d'héroïne le 18 ou 19 mars 2004. Vinay
Deelchand, qui plaide non-coupable, a insisté, à
la barre des témoins, qu'Antoine Chetty ment. Il a fourni
un alibi quant à l'endroit où il se trouvait au
moment où la drogue lui aurait prétendument été
remise. Il a affirmé se trouver, le 19 mars, sur la plage
de Trou-aux-Biches à manger des grillades et du briyani
en compagnie de ses amis. Cependant, le "fournisseur"
de briyani n'a pas corroboré les dires de Veenay Deelchand
et de ses amis. La défense a, durant tout le procès,
tenté de démontrer que l'accusateur du notaire,
à savoir Antoine Chetty, a monté cette histoire
de toutes pièces. La poursuite, elle, a insisté
sur le fait que le témoignage de Chetty concernant la remise
du colis de drogue par le notaire à son homme de main n'a
aucunement été mis en doute.
Qui dit vrai? Qui ment? C'est ce que le juge Lam Shang Leen devra
trancher. L'accusé Deelchand, qui est représenté
par Me Jacques Panglose - Mes Guy Ollivry et Siddartha Hawoldar
s'étant retirés de l'affaire - soutient bec et ongles
que l'accusation portée contre lui par Antoine Chetty n'est
que pure mensonge. Appelé par son homme de loi à
la barre des témoins, le notaire a été catégorique:
"Je n'ai jamais remis de drogue à Chetty",
et a également rejeté les accusations de la poursuite
à l'effet qu'il aurait tout mis en uvre afin de se
sortir de ce mauvais pas. La poursuite a confronté Vinay
Deelchand au contenu de son Diary, qui avait été
saisi par l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU). Dans ce
Diary, le notaire fait référence à
plusieurs hauts gradés de la police, dont l'ex-DCP Vishnu
Appadoo, le DCP Anil Surujbali et l'inspecteur Hector Tuyau entre
autres. La poursuite, représentée par Me Johan Moutrou-Leckning
a avancé que le notaire a écrit ces noms comme étant
des personnes susceptibles de l'aider dans son affaire, tandis
que Vinay Deelchand, lui, a soutenu qu'il a écrit simplement
ces noms dans le cadre de différents scénarii de
ce qui pouvait lui arriver. Le procès du notaire Deelchand
a été articulé autour de deux axes principaux,
à savoir autour de l'alibi du notaire et de la crédibilité
d'Antoine Chetty.
Vinay Deelchand: "Les allégations de Chetty
sont fausses"
"Je n'ai jamais remis de drogue à Antoine Chetty.
Il prétend être venu chez moi à Solférino,
le 18 ou le 19 mars 2004, entre 18 h et 18 h 30, pour recevoir
de la drogue. C'est totalement faux !". C'est en ces
termes qu'à la barre des témoins, le notaire Deelchand
a rejeté en bloc les accusations portées contre
lui par Antoine Chetty. Ces deux jours cités par Chetty,
a déclaré le notaire Deelchand, il affirme être
rentré chez lui tard dans la soirée. Lors de son
interrogatoire par son avocat, Me Jacques Panglose, Vinay Deelchand
a indiqué que son ancien chauffeur et garde du corps, Antoine
Chetty, n'est pas venu travailler pendant le mois de mars de cette
année-là. Il a soutenu que ces deux jours en question,
il n'a pas du tout vu Antoine Chetty.
A l'issue de son interrogatoire, Vinay Deelchand a été
contre-interrogé par la poursuite, notamment au sujet de
son arrestation et du contenu de son Diary. Le notaire
devait faire ressortir qu'il a été arrêté
à son retour de Madagascar, où il s'était
rendu dans l'optique de la création de logements sociaux.
C'est à Madagascar, dit-il, qu'il a appris qu'Antoine Chetty
avait fait des allégations contre lui. "Je savais
que j'allais être arrêté par la police à
ma descente d'avion. C'est pour cette raison que j'ai pris contact
avec mes hommes de loi, Mes Guy Ollivry, QC, Sidddartha Hawoldar
et Yabnilla Monnshiram", a-t-il fait ressortir.
Me Moutou-Leckning a ensuite confronté Vinay Deelchand
au contenu de son agenda personnel, dans lequel plusieurs noms,
dont ceux de certains hauts gradés de la police sont mentionnés.
"Tuyau nou dimoune sa?", est-il, entre autres,
écrit dans l'agenda. Dans cette optique, le notaire devait
souligner qu'il a simplement écrit toutes les hypothèses
possibles et non pas ourdir un complot dans le but de sauver sa
peau, contrairement à ce qu'a soutenu la poursuite. Il
a aussi fait ressortir qu'il était tombé malade
en apprenant les allégations portées contre lui
par Antoine Chetty. "Je suis cardiaque et claustrophobe.
C'est aussi la raison pour laquelle j'ai noté dans mon
agenda que je devais aller en clinique après mon arrivée.
J'étais, du reste, en clinique à Madagascar",
a-t-il déclaré. Il a insisté sur le fait
qu'il a voulu rentrer au pays pour répondre à la
justice de son pays.
Chetty: "Tout ce que j'ai dit est vrai"
Le principal témoin de l'accusation, Antoine Chetty, a,
de son côté, maintenu que tout ce qu'il a dit dans
ses dépositions, notamment qu'il avait reçu de la
drogue de la part de son patron d'alors, le notaire Vinay Deelchand,
dans le but de garder cette drogue en son absence du pays, est
vrai. "Tou seki mo finn dir dan mo bann dépositions
li vrai. Notaire ti donne moi sa la drogue la pu mo garder",
a fait comprendre Antoine Chetty A la barre des témoins.
Chetty a cependant fait ressortir qu'il ne se rappelait pas de
la date exacte à laquelle la drogue lui avait été
remise. "Mo pa rapel", a-t-il dit en réponse
à cette question.
La défense devait assigner plusieurs témoins, notamment
dans le but de corroborer l'alibi de Vinay Deelchand. Dans cette
optique, l'ex-Deputy Commissioner of Police (DCP) Vishnu
Appadoo est venu à la barre des témoins, pour dire
que le vendredi 16 mars 2004, aux alentours de 18h35, le notaire
Deelchand était devant sa porte d'entrée à
sa demeure de Belle-Etoile. Ce dernier s'apprêtait, en compagnie
du fils du DCP, Sandeep Appadoo, à faire une sortie entre
amis. "Ma belle-fille m'a informé que M. Deelchand
était là. Mon fils, lui, m'a dit qu'il allait conduire
M. Deelchand. Ce dernier est un ami de longue date",
a déclaré l'ex- DCP en cour. Contre-interrogé
par Me Johan Mouou-Leckning, l'ex-DCP a confirmé qu'il
n'a jamais donné de déposition à cet effet.
"I never found the necessity to do so at that time because
there were a number of persons to support his alibi",
a fait ressortir Vishnu Appadoo.
Me Moutou-Leckning : And after four years, you find it necessary
to support his alibi?
L'ex DCP Appadoo: Yes.
Le fils du DCP Appadoo, Sandeep, également appelé
à la barre par la défense, a pour sa part soutenu
que le 18 mars 2004, le notaire Deelchand a assisté, en
sa présence, à une réunion de travail de
la compagnie On Line Properties. Cette réunion a pris fin
aux alentours de 18h15. Le lendemain, a-t-il fait ressortir, il
était à Trou-aux-Biches en compagnie de Deelchand
et d'autres personnes. Ils avaient organisé une petite
fête, comme tous les vendredis. La fête a pris fin
vers 23 heures. Six autres témoins de la défense,
ont confirmé l'alibi de Vinay Deelchand. Riyad et Yousouf
Mamode, Abdul Moosadee, Dharamraj Appanah, Dharmarajen Thondee,
et Subiraj Loobeechand, ont déclaré que l'accusé
était rentré chez lui, à Solférino,
tard dans la soirée de deux dates citées par la
poursuite, les 18 et 19 mars 2004. Abdul Moosadee a aussi indiqué
que le 28 avril 2004, le chef inspecteur Hector Tuyau l'a appelé
au bureau de l'Anti Drug and Smuggling Unit où il lui aurait
donné l'ordre de ne pas confirmer l'alibi du notaire.
Briyani
Cependant, selon la poursuite, un certain nombre de ces témoignages
sont truffés d'incohérences. Contrairement à
ce qu'il a affirmé en cour, dans sa déposition à
la police dans le cadre de l'enquête, Riyad Mamode dit qu'il
se trouvait chez lui à regarder la télé,
en compagnie de son frère et ne se trouvait pas à
Trou-aux-Biches le 19 mars 2004. Dans sa déposition à
la police, il a déclaré s'être couché
ce soir-là vers minuit. Contre-interrogé par la
poursuite, le témoin Mamode a déclaré qu'il
ne savait pas qu'il était interrogé au sujet de
la soirée du 19 mars 2004. Tous les témoins qui
disent avoir été présents à la fête
de Trou-aux-Biches affirment avoir mangé du briyani ce
soir-là. Mais le supposé "fournisseur"
de briyani, Reza Allykhan, dit le contraire.
Le témoin Dharamraj Appanah, qui, lui aussi a confirmé
l'alibi du notaire Deelchand en cour, a dit le contraire dans
la déposition qu'il a donnée à la police
en marge de l'affaire. Contre-interrogé par Me Moutou-Leckning,
cette dernière a confronté le témoin à
sa déposition, dans laquelle il dit n'avoir jamais assisté
à une réunion aux locaux d'Online Properties, le
18 mars 2004. Le témoin devait souligner, à cet
effet, qu'il se pourrait que les enquêteurs avaient "mal
kompran". Ce jour-là, dit-il, il a assisté
à ladite réunion, mais pas depuis le début.
Le chef inspecteur Hector Tuyau, responsable de l'enquête
policière dans cette affaire, a, pour sa part, rejeté
les allégations de la défense selon lesquelles il
aurait intimidé certains témoins, durant l'enquête
policière, afin qu'ils ne corroborent pas l'alibi du notaire.
Le CI Tuyau a aussi souligné qu'il ne s'occupait pas de
cet aspect de l'enquête. Il a aussi fait ressortir qu'à
sa descente d'avion en retournant de Madagascar, l'accusé
Vinay Deelchand était dans un fauteuil roulant. Il a, en
conséquence, fait conduire l'ex-notaire directement à
l'hôpital.
Othello
Les plaidoiries ont été l'occasion, pour les avocats
des deux parties, de faire ressortir les failles de chaque côté.
Me Panglose, qui paraît pour Vinay Deelchand, a décrit
ce cas comme étant "weird et wonderful".
Citant Iago, personnage Shakespearien de Othello, Me Panglose
a décrit Antoine Chetty comme quelqu'un qui a faussement
accusé son client et qui n'a aucun "credit worthiness"
compte tenu de ses antécédents. Il a également
souligné que tout le procès repose uniquement sur
la parole d'Antoine Chetty et que ce dernier aurait "crumbled
down to pieces" durant son contre-interrogatoire, notamment
sur la question de la date à laquelle le notaire Deelchand
lui aurait remis la drogue. Me Panglose a aussi soutenu que la
poursuite a failli dans sa tâche de démonter l'alibi
du notaire.
Me Panglose n'a également pas caché son étonnement
sur le fait qu'aucune poursuite n'a été intentée
contre Anju Lallah, la compagne d'Antoine Chetty, qui pourtant,
était sur les lieux lorsque la drogue a été
découverte par l'ADSU. Me Panglose a souligné que
c'est là une décision du directeur des Poursuites
Publiques (DPP) et que celui-ci n'est aucunement tenu de motiver
ses décisions. "This is a wonderful issue. The
house belongs to a person, and drugs are found in the house of
that person and she gets out scot-free, without a scratch!"
Antoine Chetty a bénéficié d'un traitement
préférentiel de la part de la police, a insisté
Me Panglose. Il a aussi affirmé que son client a été
soutenu par un ex-DCP, qui est venu en cour pour dire la vérité.
"Why would an ex DCP fabricate an alibi to allow a drug
trafficker out?", a demandé Me Panglose.
Me Moutou-Leckning a, pour sa part, fait ressortir qu'Antoine
Chetty était "l'homme de confiance" de l'accusé
et a travaillé pendant dix années à son service.
Antoine Chetty est, selon la poursuite, un "self-confessed
accomplice", dont l'affirmation, à l'effet que
son patron d'alors lui avait confié de la drogue à
garder durant son absence, n'a pas été mise en doute
durant le procès. Elle a aussi souligné que Chetty
a donné des alibis pour les 18 et 19 mars et ne s'est pas
départi de ces dates. "He deponed as a witness
of truth", a-t-elle déclaré en substance.
Me Moutou-Leckning a aussi fait ressortir que la décision
du DPP de ne pas poursuivre Anju Lallah n'a jamais été
contestée. Elle a aussi qualifié les témoins
qui sont venus confirmer l'alibi du notaire Deelchand de "témoins
de complaisance".
"Some of these witnesses never gave any statement to the
police in the present matter and suddenly find they should help
their friend and depone four years later", a-t-elle martelé.
Elle a aussi rappelé à la cour que certains de ceux
qui avaient donné des dépositions à la police
dans cette affaire se sont, en corroborant l'alibi du notaire
en cour, départis de leur version initiale. Elle a aussi
affirmé que tous ceux qui disent avoir été
brutalisés ou maltraités par la police n'ont jamais
fait aucune dénonciation à cet effet. Commentant
la déposition de l'ex-DCP Appadoo en cour, Me Moutou-Leckning
a eu ceci à dire: "He saw the accused at his place
at the material date. He never bothered to give a statement to
that effect to the police and four years later, he brings
that piece of evidence before court."
Il est à noter, en marge du procès que les rédacteurs
en chef du Mauricien et de Week-End, à savoir
Gilbert Ahnee et Gérard Cateaux, ont été
entendus. Gilbert Ahnee a refusé de divulguer le/les nom/s
du/des journaliste/s qui a/ont écrit les articles en marge
de cette affaire, en date du 30 avril, 4 mai et 11 mai 2004. Ces
articles n'étant pas signés, c'est le rédacteur
en chef qui assume l'entière responsabilité du contenu
de ceux-ci. Gilbert Ahnee a souligné qu'il ne comptait
aucunement divulguer les noms recherchés par Me Panglose
pour des raisons de sécurité et qu'il avait "totalement
confiance" en ces journalistes et collaborateurs.
Décès de Selvee Ghengadoo, 8 ans, au SSR Hospital
le 10 avril dernier
Deux médecins accusés de négligence médicale
et d'usage de faux
"Kan Acca pou vini?", demande sans arrêt
le petit frère de Selvee Ghengadoo, à ses parents.
Âgé de 4 ans, il ne comprend pas pourquoi sa Acca
(grande sur) n'est plus là pour jouer avec lui. Le
10 avril dernier, dans des circonstances qualifiées de
"troublantes", Selvee Ghengadoo, huit ans, est
décédée à l'hôpital Sir Seewoosagur
Ramgoolam (SSR). Les médecins n'ont pu lui sauvé
la vie. Ses parents, accablés par ce drame, ne digèrent
pas que leur petite fille soit décédée quelques
heures après avoir été vue par deux médecins,
dont l'un l'a renvoyée chez elle avec des médicaments.
"Il y a eu négligence médicale",
crient-ils, ajoutant que "les deux médecins qui
l'ont vue, lui ont prodigué un traitement approximatif".
Une enquête interne a été initiée au
sein de l'hôpital, et les médecins en question, trouvées
coupables, ont été suspendues de leurs fonctions.
L'affaire a été référée au
Medical Council. Mais les proches de Selvee Ghengadoo ne
s'arrêtent pas à cela. La mort de la petite habitante
de Belle Source, Pamplemousses, fait maintenant l'objet d'une
enquête policière. L'affaire a été
confiée au Central Criminal Investigation Department, suivant
la plainte déposée des Ghengadoo concernant la falsification
de documents, notamment au niveau des cartes émises au
service des urgences (casualty cards).
Un mois exactement depuis que la petite perle de la maison des
Ghengadoo s'en est allée. Un mois que ses proches tentent
de comprendre ce qui s'est passé. Pour eux, les circonstances
dans lesquelles la fillette est décédée sont
troublantes. Outre la douleur que leur inflige cette mort, les
proches de Selvee Ghengadoo sont révoltés. Révoltés
contre le traitement approximatif qu'ont prodigué les deux
médecins qui ont vu la petite fille à peine quelques
heures avant qu'elle ne rende l'âme. "Et pourtant,
on leur avait prévenu que Selvee souffrait d'allergie.
On leur a dit qu'elle avait, dans le passé, été
mise pour les mêmes symptômes, en observation à
l'hôpital. On a insisté pour qu'elle soit admise",
déplorent ses proches. Dans leur douleur, ils reviennent
sur les événements d'il y a un mois.
Diagnostic du 2e médecin : infection virale
Vers 19h, le jeudi 10 avril dernier, disent-ils, la petite Selvee
Ghengadoo, souffrant de sa gorge, est conduite d'urgence à
l'hôpital du Nord par ses parents. Après un passage
aux unsorted cases aux Casualties, la petite est
auscultée par un premier médecin généraliste.
Les proches soulignent que ce premier médecin qui a vu
Selvee Ghengadoo a été prévenu que la petite
est allergique. Depuis l'âge de quatre ans, la petite fille
est allergique aux fruits de mer, aux colorants etc., indiquent
ses proches. Ils font ressortir qu'en novembre 2007, souffrant
d'un mal de gorge, la petite a immédiatement été
hospitalisée. "Les médecins nous ont dit
que si à l'avenir Selvee présentait les mêmes
symptômes, il est impératif qu'elle soit hospitalisée
car ce cas est grave", soulignent ses proches, ajoutant
qu'ils ont prévenu le premier médecin qui a ausculté
l'enfant. Ce médecin, après avoir vu la petite,
a référé son cas au service de pédiatrie
de l'hôpital. "Elle nous a dit qu'un pédiatre
va s'occuper d'elle", indiquent ceux qui ont accompagné
l'enfant. Quelques minutes plus tard, la petite a effectivement
été vue par un autre médecin, à qui
les parents auraient une nouvelle fois indiqué les antécédents
allergiques de la petite. Après une auscultation, ce deuxième
médecin a diagnostiqué une infection virale chez
l'enfant, faisant comprendre aux parents que l'infection n'était
pas associée à ses allergies. Les proches de la
petite soutiennent avoir insisté pour que leur fille soit
admise, car elle présentait les mêmes symptômes
que l'année précédente, mais le médecin,
refusant une hospitalisation, a indiqué aux parents que
l'infection virale qu'elle avait diagnostiquée n'était
pas associée à ses allergies. Selon les proches
de Selvee Ghengadoo, ils auraient expliqué au médecin
que, prévoyant, ils avaient apporté tous les effets
personnels de la fillette pour qu'elle soit hospitalisée.
"Mais le médecin a persisté avec son diagnostic
et nous a prescrit des médicaments", disent-ils.
La petite fille est renvoyée chez elle, avec un gargarisme,
un inhalateur, des gouttes nasales et du paracétamol.
En rentrant chez elle, la petite n'a pu rien avalé, racontent
ses proches. "Seulement une goutte d'eau. Et elle n'a
pas pu prendre les médicaments", indiquent-ils.
Vers 22h, comme Selvee se sent très mal, ses parents la
reconduisent d'urgence avec l'aide d'un voisin, à l'hôpital
du Nord. La petite était très agitée, racontent
ses proches. "So lizié ti pe sorti gro",
expliquent les proches. Elle présentait des symptômes
d'étouffement, disent-ils et en cours de route, elle aurait
même craché du sang. A son arrivée aux urgences,
un groupe de médecins tente, en vain, de la réanimer.
Mais en quelques minutes, Selvee Ghengadoo a rendu l'âme.
Le rapport d'autopsie de la fillette a conclu au décès
causé par un dème aigu du larynx. Mais les
proches de Selvee Ghengadoo crient eux à l'erreur médicale.
"Elle a eu un traitement approximatif. Si ti gagn traitman
approprié, si ti admet li lopital, li ti pou encor la zordi",
déplorent-ils.
Falsification des Casualty Cards
Malgré la tristesse qui les afflige, les Ghengadoo ne cachent
pas leur colère. Outre l'erreur médicale commise,
principalement par le deuxième médecin, selon ses
proches, ils clament également qu'il y auraient eu falsification
de documents médicaux. Un des proches soutient que la "prescription
card" de la petite fille aurait été changée.
Il soutient avoir vu une carte de couleur verte dans le dossier
de la fille, au lieu de la carte jaune de la veille. Une enquête
départementale séparée a été
initiée par le ministère de la Santé en attesterait.
D'où la décision du ministère de la Santé
de référer le cas à la police en début
de la semaine dernière. Entre-temps, le couperet est déjà
tombé pour les deux médecins qui ont été
suspendus de leurs fonctions mardi dernier. Parmi les deux déjà
suspendus, un des médecins serait un jeune, nouveau venu
dans le service. Le ministre de la Santé, Satish Faugoo,
interpellé lors des travaux parlementaires de mardi dernier
par le député Mahen Jhugroo, sur les circonstances
de la mort de l'enfant, a expliqué que son ministère
a référé cette affaire au Medical Council
pour enquête approfondie. Satish Faugoo affirme avoir ordonné
une enquête préliminaire immédiatement après
avoir appris le décès de l'enfant, mais que n'étant
pas satisfait des conclusions de cette enquête, il a ordonné
une full-fledged departmental enquiry menée par
l'acting regional health director de l'Hôpital du
Nord. Selon nos informations, c'est au cours de cette enquête
départementale approfondie que les falsifications de la
casualty card de l'enfant, déplorées par
ses proches, auraient été découvertes. Le
comité d'enquête a ainsi décidé d'initier
une enquête séparée spécifiquement
de manière à confronter les médecins concernés
au traitement dispensé à l'enfant ce jour-là.
L'affaire a, par la suite, été référée
à la police. Certaines sources avancent également
qu'un troisième médecin pourrait être impliqué
dans cette affaire. La police poursuit son enquête.
Négligence médicale alléguée -Le
Medical Council appelé à enquêter sur ce cas