ISRAËL, L'AN SOIXANTE !
Le 14 mai, l'Etat d'Israël soufflera ses soixante bougies.
Cet Etat sioniste, créé à la faveur d'une
résolution votée par l'Assemblée générale
des Nations unies, le 29 novembre 1947, prévoyait aussi
le partage de la Palestine en deux Etats, l'un juif, l'autre arabe.
Mais l'histoire nous a appris que si le premier vu a été
exaucé, le second attend toujours et, en attendant, plusieurs
guerres ont opposé Israéliens et pays arabes au
prix d'on ne sait combien de victimes des deux côtés,
civils et militaires.
Israël et ses alliés occidentaux ont souvent évoqué
que leurs initiatives militaires, les occupations territoriales
tant qu'en Egypte, en Syrie ou au Liban étaient liées
à leur survie en tant qu'Etat. Nous savons aussi que certains
jusqu'au-boutistes arabes avaient souhaité jeter tous les
Juifs d'Israël à la mer, comme une sorte d'opération
Exodus à l'envers. Mais nous savons aussi que ce souhait
était irréalisable dans la mesure où l'Etat
hébreu disposait d'un formidable appui de l'Occident avec
pour tête de pont les Etats-Unis et le puissant lobby juif
américain.
Tout ceci nous amène à penser que Palestiniens et
Israéliens sont appelés à gérer leur
destin commun. Chassés de la Palestine au temps de l'occupation
romaine, - d'où l'expression de "Juifs errants"-
les Juifs de la Palestine ont, effectivement, erré sur
les terres européennes, en Pologne, en Tchécoslovaquie,
en Hongrie et, même jusqu'à Maurice, lorsque leurs
identités ont été happées par le nazisme
hitlérien. Les Juifs d'Europe ont connu l'un des pires
génocides de l'histoire du vingtième siècle.
Ce qui est impardonnable !
Certes, ils ont eu leur Etat, ils l'ont fait fructifier. Ils ont
inventé un mouvement extraordinaire autour des Kibbouz,
genre de fermes agricoles qui ont permis de faire reverdir le
désert. Ils étaient en avance sur le développement
durable. Aujourd'hui, ces Kibbouz se sont modernisés et
se sont transformés en villages hi-tech, véritable
Silicon Valley du désert ! Les Israéliens, sur le
plan militaire, possèdent l'armée la plus puissante
et la plus moderne du Moyen-Orient.
Et pourtant, leur soif de conquête territoriale, où
la gestion de l'eau demeure leur obsession primordiale, prime
sur leur occupation du Jourdain et du plateau du Golan. Un jour,
Alain Bauer, spécialiste des problèmes de sécurité
à l'échelle mondiale - il fait partie, nous croyons,
du cabinet du président français, Nicolas Sarkozy
- nous disait que la question israélo-palestinienne était
liée, essentiellement, à l'approvisionnement de
l'eau et que son enclavement l'empêchait de faire la part
belle à ses "ennemis"
Eau, source de vie, dit le slogan ! Mais aussi source de conflits.
Avec leurs surs et frères arabes ! Depuis la création
de l'Etat d'Israël, ce pays est allé de guerre en
guerre : 1956, la Guerre des Six Jours en 1967, la guerre du Kippour,
en 1973, où, pour la première fois, Tsahal est défaite
par les Egyptiens, le massacre du camp palestinien Sabra et Chatila
en septembre 1982, la guerre du Liban en juillet-août 2006.
Non sans oublier les deux Intifada où Israël a dû
courber l'échine face à la guérilla.
Laissons le mot de la fin à l'historien israélien,
Avi Shlaïm, qui, dans son livre Le Mur de fer Israël
et le monde arabe, écrit, comme un message d'espoir
: "Il n'est pas totalement exclu que les Israéliens
tirent aussi un jour les leçons de leurs erreurs et élisent
des dirigeants conscients que la coexistence de deux Etats constitue
la seule vraie solution. Les nations, comme les individus, sont
capables d'agir rationnellement - après avoir épuisé
toutes leurs autres solutions
"
SHALOM !
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 11 mai 2008
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