Bienvenue dans le monde de la MFA house. Les raisons avancées
sur les ondes de la BBC en ce qui concerne le désistement
du Club M pour la prochaine édition du championnat d'Afrique
ne tiennent pas la route.
Dans le passé, quand l'équipe première n'était
pas prête pour une compétition importante, soit on
envoyait l'équipe B ou alors les moins de 23 ans. Le Club
M ne peut s'exclure d'une telle compétition parce qu'elle
prétend se concentrer sur les éliminatoires de la
Coupe du monde 2010. La fédération de football singapourienne
a lancé depuis l'an 2000, le projet GOAL 2010 qui a pour
but la qualification pour la phase finale de la coupe du monde
2010. Un budget colossal de plus de Rs 300 millions sur une période
de 10 ans avait été alloué par le gouvernement.
Le Norvégien Jan Poulsen était à la tête
d'une équipe dotée de moyens financiers et logistiques
importants. Les résultats sont, jusqu'à présent,
décevants et c'est ainsi qu'en 2003, Radojko Avramovic
a pris les rênes du football singapourien.
Une qualification pour une phase finale de la CAN ne sera envisageable
que dans une dizaine d'années si les bases sont jetées
aujourd'hui. Une préparation minutieuse, une formation
rigoureuse se doivent d'être le moteur du renouveau du football.
Le Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) travaille
sur une formule qui ne peut être que gagnante, formule qui
est constamment jalousée par les inefficaces et les inefficients.
Cette formule est le résultat d'une approche pédagogique
qui vise à accompagner l'enfant dans un environnement adéquat
pour que la transition vers le haut niveau se fasse dans des conditions
idéales. Cette formule est vivante et est appelée
a se réinventer régulièrement pour se mettre
au diapason des mutations naturelles qui se font dans cet environnement
dynamique.
Les recrues du TFES ont aujourd'hui entre 10 et 12 ans. Passé
leur apprentissage, ils devraient se retrouver dans une équation
ou la perfection de l'athlète se fait d'une façon
quotidienne, avec constance et suivi d'un cercle éducatif
approprié. Ce n'est que quand ces jeunes auront atteint
la vingtaine qu'ils seront efficaces et compétitifs. Il
y aura certainement un ou deux prodiges - dans le jargon ils sont
définis comme des athlètes précoces - pas
plus.
Le calendrier de la CAN, celui de la FIFA ou tout autre calendrier
sont connus d'avance. La densité de nos ligues n'a pas
grand-chose à voir avec celle de nos comparses européens,
ne trouvez surtout pas une excuse dans le facteur temps car l'anglais
vous dira : failing to plan is planning to fail.
Toutes les raisons que pourra avancer la MFA pour cette non-participation
ont leurs racines dans une équation financière.
Le MJS n'est pas le sponsor, ni le banquier de la MFA, le financement
requis pour un tel déplacement n'est pas à la portée
de tout le monde. Quoiqu'avec beaucoup de crédibilité
et des résultats probants, il n'est pas à écarter
que les autorités et des tierces aient un regain d'intérêt
pour le sport roi.
Le financement d'une fédération a plusieurs facettes.
L'allocation de la fédération internationale est
une grosse manne qui donne un peu d'autonomie. Le soutien du gouvernement
en est une autre, car il ne faut pas oublier que les infrastructures
appartiennent, dans la plupart des cas, à l'État,
c'est-à-dire au peuple. Troisièmement, les arrangements
commerciaux avec les sponsors, c'est-à-dire un niveau acceptable
de remplissage dans les stades et des panneaux publicitaires,
tel n'est pas le cas pour le football. Enfin, le gate money qui
est de nos jours pratiquement inexistant. La MFA est coincée
dans cette logique économique et ne peut s'en sortir. Les
projets sont annoncés mais aboutissent rarement, si l'État
n'intervient pas.
On ne peut qu'espérer pour les sponsors actuels qu'ils
se retrouvent dans leurs comptes et que les innombrables cas de
"hit and run" du passé ne se reproduisent pas.
Il est quand même bon de savoir que la MFA a pris 66 jours
pour répondre à un courriel du Comité de
Marketing & Sponsoring du MJS. Allez comprendre
Ming Chen