a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 11 mai 2008



  Révision salariale - La touche finale au PRB de Rs 5 milliards !
  Compensation salariale - Denrées de base : budget supplémentaire de Rs 854
  Avec la libéralisation - Riz de ration : incertitudes sur le prix de vente actuel
  Secteur énergétique - Fort Victoria : deux turbines de 26 MW à Rs 1,2 Md


Révision salariale

La touche finale au PRB de Rs 5 milliards !

Les dernières échéances relatives au rapport du Pay Reseach Bureau (PRB 2008) se sont précisées au cours de la semaine écoulée. Avec la décision officielle annoncée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, au sujet de l'extension de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans et le paiement de la pension de vieillesse à partir de 60, le PRB a franchi une étape majeure dans les dernières procédures avant l'impression des recommandations salariales qui seront en vigueur dans la Fonction publique et les corps parapublics à partir du 1er juillet prochain. Le coût brut de la mise en vigueur du rapport du PRB tourne autour de quelque Rs 5 milliards (voir Week-End du 13 avril dernier) et les premiers exercices de simulation des Budgetary Estimates pour 2008/09 en tiennent compte.

Dans les milieux proches de l'Hôtel du gouvernement, l'on faisait comprendre que le semaine prochaine s'annonce cruciale dans le calendrier de travail du PRB. Une première indication avait été donnée au cours de la semaine écoulée par le Secretary to Cabinet, Suresh Seballuck, lors des délibérations du National Pay Council. Il est venu confirmer que l'ultime échéance pour la publication officielle du PRB 2008 demeure le vendredi 30 mai courant vu que la présentation du budget par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, se déroulera le vendredi d'après, soit le 6 juin.

De ce fait, tout indique que le PRB ne disposera que de la semaine prochaine pour mettre la touche finale aux principaux chapitres de son nouveau rapport salarial. Les deux principales innovations de ce rapport devraient être l'introduction de la pension contributive pour les fonctionnaires à hauteur de 6% de leurs salaires et une contribution de l'ordre de 12% venant du gouvernement et aussi la proposition relative à un "Performance/Productivity Reward Scheme", pour encourager les fonctionnaires et les employés des corps parapublics à améliorer la productivité.

Selon des sources bien renseignées, l'impression des recommandations salariales du PRB devrait être entamée vers la mi-mai ou au plus tard à la fin de la semaine prochaine. Après cette étape, ce document, qui intéresse près de 105 000 fonctionnaires et retraités de la Fonction publique, devra être soumis au gouvernement, en particulier au Premier ministre et au chef de la Fonction publique et au vice-Premier ministre et ministre des Finances. Les recommandations salariales devront être avalisées par le Conseil des ministres avant sa publication officielle à la date-butoir du vendredi 30 mai. Certaines sources officielles n'hésitent pas à avancer qu'une réunion spéciale du Conseil des ministres pourrait être envisagée en vue de passer en revue les répercussions sur l'économie en général de la révision salariale avec une hausse moyenne de 25%. " L'impact du rapport salarial du PRB sur l'inflation devrait être minimal comme il a été le cas dans le passé ", avance-t-on, au sein d'une aile au gouvernement alors que le vice-Premier ministre et ministre des Finances soutient que " la révision salariale du PRB pu fatigue tout dimoune " compte tenu de la conjoncture inflationniste.

A ce stade, le suspense demeure de taille quant aux barèmes de salaires qui seront proposés aux fonctionnaires à partir du 1er juillet prochain ou encore sur le montant du plus haut et du plus bas salaire dans le Service Civil. Toutes les tentatives de Week-End pour entrer en contact avec le directeur du PRB, M. Beejay Coomar Appanah, en vue d'obtenir confirmation des dernières étapes du calendrier menant à la soumission du rapport au gouvernement sont demeurées vaines. " Le directeur du PRB est pris dans des réunions. Laissez votre numéro de téléphone, on vous rappellera ", a-t-on fait comprendre dans le week-end.

L'ultime exercice qui attend le PRB avant de rendre public le rapport concerne un " Fine Tuning " en ce qui concerne l'extension de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans avec la décision du gouvernement de maintenir le versement de la Basic Old Age Pension à l'âge de 60 ans. De ce fait, il faudra s'attendre à voir le PRB venir de l'avant avec la formule graduelle en vue d'étendre l'âge de la retraite sur un certain nombre d'années.

Le PRB devra se prononcer sur la possibilité que le privilège accordé à certaines catégories de hauts fonctionnaires travaillant au-delà de 60 ans, comme notamment les juges, avec le paiement de la pension de vieillesse, soit étendu à toute la Foncton publique. Le président de la Government General Services Union (GGSU), Rashid Imrith, en a fait son cheval de bataille depuis que le début sur la réforme des pensions a été lancé.

En général, la déclaration du Premier ministre fait la distinction entre le maintien du paiement de la pension de vieilesse à 60 ans à ceux et celles qui ne travaillent pas et l'extension de l'âge de la retraite à 65 ans. Les dernières précisions sur ce sujet, qualifié de délicat, devront être disponibles dans le rapport salarial du PRB et avec le prochain discours du budget du vice-Premier ministre et ministre des Finances à l'Assemblée nationale.

En parallèle à cette réforme de la pension, le PRB devra préconiser l'entrée en vigueur de la formule contributive pour la pension dans la Fonction publique et les corps para-étatiques. Ainsi, à partir du 1er juillet prochain, des déductions mensuelles représentant 6% des salaires des fonctionnaires seront versées dans un fonds spécial à être créé en vue d'assurer la retraite des fonctionnaires. Certaines sources évaluent le montant de cette contribution à quelque Rs 730 millions. La contribution du gouvernement à ce fonds de pension sera de l'ordre de 12% de la masse salariale mensuelle pour le secteur public.

Mais la véritable question, qui hante les calculs des fonctionnaires, demeure les plafonds de l'Income Exempt Threshold (IET) pour les besoins de l'IncomeTax. Avec une révision salariale de 25% en moyenne, bon nombre de fonctionnaires devront se retrouver dans les filets mensuels de la Mauritius Revenue Autority (MRA). A ce stade, les fonctionnaires sont unanimes à reconnaître que le maintien des barèmes actuels équivaudrait à un exercice de " reprendre avec la main gauche ce que la main droite à donner ".

Des représentations syndicales ont été soumises au gouvernement pour un relèvement des plafonds d'imposition de l'Income Tax en vue de préserver les acquis de ceux au bas de l'échelle et de mettre en pratique la promesse électorale de l'Alliance Sociale visant à exempter du paiement de la taxe les contribuables avec des salaires de moins de Rs 25 000 par mois.

Des savants calculs effectués indiquent qu'avec la mise à exécution des recommandations salariales du PRB, le seuil des déductions pour maintenir les exemptions fiscales en vigueur ou encore l'exemption au paiement de la National Residential Property Tax (NRPT) devra être revu comme suit :

Il faudra attendre le dernier volet du discours du budget 2008/09 pour savoir si le Grand Argentier conjuguera ses propositions budgétaires avec générosité, soit au moment où il devra énumérer dans les grandes lignes les mesures fiscales, qui feront partie du Finance Bill à être adopté par l'Assemblée nationale, comme le veut la tradition.

Si l'introduction du Performance/Productivity Reward Scheme va servir à récompenser les efforts et la productivité dans la Fonction publique, le rapport du PRB 2008 ne devra pas apporter de grands changements dans la formule de Fringe Benefits, que ce soit au niveau du Passage Credit ou encore des Duty Free Allowances lors de l'achat de voitures par les fonctionnaires. C'est du moins ce qu'avancent certaines sources bien renseignées.

En tout cas, d'ici le 30 mai, toutes les spéculations et permutations seront possibles quant à la distribution de cette " manne " de l'ordre Rs 5 milliards avec un peu plus des Rs 1 milliard distribuées retournant dans les caisses du gouvernement sous forme de taxes directes ou de contributions…


National Pay Council : Décision au plus tard le 23 sur la compensation

l Les syndicats adoptent la ligne dure au sujet des critères en vue de fixer le taux de compensation

A proprement dire, les délibérations au sein du National Pay Council (NPC), présidé par Kris Ponnusamy, n 'ont pas encore démarré sur le quantum de la compensation salariale, qui devra être payée aux salariés du secteur privé à partir du 1er juillet prochain. Les discussions butent toujours sur les critères en vue de déterminer le quantum de cette compensation. En tout, le National Pay Council a jusqu'à la semaine se terminant au 23 mai pour soumettre au gouvernement ses recommandations. C'est ce qu'a appris Week-End de sources autorisées.

Que ce soit du côté du Fron Traveyer Sekter Privé (FTSP) ou encore de l'Artisan and General Workers Union (AGWU), l'on maintient que pour les débats sur la compensation salariale, le seul et unique critère devra être la hausse du coût de la vie (CPI) et nul autre critère. " In no circonstances, the FTSP represented by Reeaz Chuttoo on the National Pay Council will accept to take on board the criteria of productivity and capacity to pay to determine the payment of a salary compensation due to lost in purchasing power ", soutient le FTSP, qui se dit prêt à entretenir cette éventualité dans d'autres instances comme le National Remuneration Board.

De son côté, Lall Dewnath de l'AGWU maintient le même langage en ce qui concerne les critères pour déterminer le quantum de la compensation salariale. " La plate-forme syndicale commune a défini un mandat de négociations pour les représentants syndicaux siégeant au sein du NPC. Nous ne ferons aucun cadeau et nous ne nous départirons pas de ce mandat. La compensation salariale devra être fixée sur la base du CPI et non les critères comme la capacité de payer, le chômage ou la création d'emplois. Dimun ine mari sufer avek perte puvwar dasa avek flambée des prix. Nous avons choisi de nous battre de l'intérieur pour modifier les attributions du National Pay Council ", a ajouté le syndicaliste.

Une première tentative visant à restreindre la compensation au seul coût de la vie a échoué lors de la première réunion convoquée jeudi dernier. Le président du National Pay Council a soutenu que le mandat que lui a attribué le gouvernement comporte d'autres critères. Kris Ponnusamy a été soutenu par d'autres représentants du gouvernement et ceux du patronat siégeant à cette instance.

Dans une tentative visant à désamorcer cette crise bloquant le National Pay Council, le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, a convoqué une séance de travail avec les syndicalistes demain matin. Tout semble indiquer que le dialogue de sourds se poursuivra. " Nous irons à la réunion du ministre du Travail pour lui rappeler que le mandat de la plate-forme commune, qui comprend 11 des 14 fédérations syndicales, ne comprend nul autre critère que le coût de la vie pour la compensation salariale. Le problème demeure encore entier et si le gouvernement ne modifie pas son attitude, l'on peut s'attendre à tout… ", s'est appesanti Lall Dewnath.

La prochaine réunion du National Pay Council a été fixée à mercredi prochain. Cette séance de travail revêt toute son importance pour arriver à un consensus sur le quantum de la compensation salariale compte tenu de l'échéance du vendredi 23 mai pour soumettre au vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, les barèmes de compensation salariale.


MEF : Compensation salariale minimale

La Mauritius Employers' Federation (MEF) préconise une approche flexible quant à la détermination du quantum de la compensation salariale payable au secteur privé à partir du 1er juillet prochain. C'est ce qui ressort du mémoire soumis par la fédération patronale dans le cadre des consultations au niveau du National Pay Council. Ce document procède à une analyse détaillée de la situation dans les principaux secteurs économiques, notamment le sucre, le tourisme et le textile.

Tout en rappelant qu'au moins une entreprise sur deux (55,8%) a payé un taux de compensation salariale supérieur à celui préconisé par le National Pay Council depuis le 1er juillet de l'année dernière, la MEF se déclare être en faveur d'une " minimal salary compensation, taking into consideration the actual increase in the CPI and labour productivity and to allow enterprises the flexibility of granting more than the prescribed rate, depending on their ability to pay ".

Tourisme : La MEF prévoit qu'avec un taux d'appréciation de 10,8% de la roupie sur le marché de change, l'industrie touristique se retrouvera avec un manque à gagner de Rs 5,2 milliards en 2008, soit Rs 42,8 milliards contre des prévisions initiales de Rs 48 milliards avec un taux de croissance inférieur à celui de l'année dernière.

La MEF ajoute qu'au cours de l'exercice financier 2007/08, l'industrie touristique a contribué quelque Rs 3,5 milliards sous forme d'impôts et de Levies sans oublier une contribution supplémentaire de Rs 75 millions au budget de promotion de la Mauritius Tourism Promotion Autority (MTPA). " The level of debt of the tourism sector knew significant increase, climbing from Rs 15 billion in 2004 to Rs 21 billion in 2007, a rise of 41% ", ajoute le document de la MEF.

De 2007 à 2008, la moyenne d'augmentation salariale dans l'industrie touristique a été de l'ordre de 15% alors que les Fringe Benefits représentent une moyenne de 30% des salaires des employés de secteur. Les salaires pratiqués sont supérieurs de 42,7% de ceux préconisés dans le Remuneration Order. La MEF maintient que l'industrie touristique demeure volatile et vulnérable malgré son taux d'expansion exceptionnelle.

Sucre : Le principal problème dans ce secteur engagé dans une profonde réforme demeure la nouvelle configuration du prix du sucre avec la baisse de 36% décidée par l'Union Européenne et le démantèlement du Protocole-Sucre. Déjà en 2007, le manque à gagner en terme de revenus était de Rs 1,2 milliard.

" The strengthening of the Mauritian rupee vis-à-vis major foreign currencies will indeniably affect the revenues of the sugar industry. Based on the projected cuts in the sugar prices over the next two years, it is expected that the revenue to the producer would fall from Rs 18 200 per tonne in 2007 to Rs 15 500 in 2008 and Rs 12 500 in 2009. The fall in prices would be more severe should the Mauritian rupee appreciate further ", note la MEF pour souligner que " in the circonstances, the margin of the sector to pay wage compensation is limited ".

Zone franche : La MEF fait état d'un manque à gagner de Rs 3 à Rs 4 milliards avec l'appréciation de la roupie. Elle ajoute que le prix de l'huile lourde a augmenté de 43% de janvier 2007 à janvier 2008, celui du Gas Oïl de 35% au cours de la même période, des tarifs d'électricité de 15% depuis septembre 2007, de la main-d'œuvre de 8% depuis juin 2007 et du fret de 10 à 12% de janvier 2007 à janvier 2008.

La MEF situe l'importance de ce secteur économique en soulignant le fait qu'il est le deuxième plus important pourvoyeur d'emplois, soit 67 317 salariés et une contribution de Rs 40 milliards en 2007. " In the present difficult economic situation, we firmly believe that the wage increase granted should favour the preservation and creation of jobs in the export sector ", maintient la MEF.


Compensation salariale

Denrées de base : budget supplémentaire de Rs 854

La dure réalité des prix des denrées alimentaires de base sera une des pièces maîtresses qu'abattront les représentants des syndicats du secteur privé lors des négociations pour une compensation salariale minimale de Rs 800 par mois à partir du 1er juillet prochain. La principale documentation, qui sera présentée en vue de justifier cette demande salariale, concerne l'évolution des prix des denrées alimentaires de base que représente le " Panier " constitué par le Fron Travayer Sekter Privé (FTSP) depuis décembre 2006.

Un exercice effectué au cours de la période entre le 1er mai 2007 et le 30 avril 2008 démontre les prix dans le panier du FTSP nécessitent un budget supplémentaire de Rs 854 pour " la ration mensuelle " d'une famille de quatre personnes, soit le père, la mère et deux enfants.

La documentation préparée par les animateurs du Fron Travayer Sekter Privé, dont entre Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, souligne qu'au cours de la période entre décembre 2006 et avril 2007, pour la première édition du panier, le ménage-type a dû trouver un budget mensuel supplémentaire de Rs 816 pour subvenir à ses besoins alimentaires de base. Or, la compensation salariale maximale, qui a été payée à partir du 1er juillet 2007 est de Rs 400 soit une perte du pouvoir d'achat de Rs 416.

L'autre relevé des prix du Panier du FTSP pour la période allant de mai 2007 à avril 2008 (voir tableau détaillé plus loin) conclut que cette famille de quatre personnes a dû trouver une nouvelle somme supplémentaire de Rs 854 par mois pour faire les mêmes provisions à la boutique. L'effet cumulatif de la montée des prix de décembre 2006 à avril 2006 est de Rs 1 270, compte tenu d'une Undercompensation de Rs 416 pour 2006/07 avec l'absence de la notion de rattrapage salarial.

Les animateurs du Fron Travayer Sekter privé, qui représente des employés d'au moins 150 compagnies à Maurice, mettent en exergue le fait que cette perte du pouvoir d'achat ne tient pas en considération les dernières augmentations massives des tarifs intervenues récemment, soit la moyenne de 28% du tarif d'autobus, qui fait véritablement mal depuis lundi dernier, de 22% des tarifs d'électricité et de 22% de la Waste Water Tax en vigueur depuis le 1er avril dernier sans oublier les autres ajustements de prix intervenus avec la hausse du taux d'inflation.

Sur la base de l'évolution des prix de son panier, le Front Travayer Sekter Privé, dont le représentant sur le National Pay Council est Reeaz Chuttoo, réclame une compensation minimale de Rs 800 et une compensation additionnelle et spéciale de Rs 100 à tous les salariés de Rodrigues compte que les prix sont de 12% supérieurs comparativement à Maurice en raison du fret maritime entre les deux îles.

D'autre part, le FTSP propose que " in sectors where no collective agreement or Remuneration Order exists to determine the wage of employees, compensation should be paid on last year total earnings (1/12 accumulated wages from July 2007 to June 2008) ".


Avec la libéralisation

Riz de ration : incertitudes sur le prix de vente actuel

La décision formelle du conseil des ministres ratifiant la libéralisation de l'importation du riz de ration, un monopole jusqu'ici jalousement gardé par la State Trading Corporation (STC), est diversement interprétée. Mais la principale interrogation demeure au niveau du prix de vente au détail de cette denrée alimentaire de base à compter du 1er juillet prochain. D'autre part, la livraison de riz de ration aux grossistes se fait déjà sur une base de quotas pour éviter tout stockage illégal. Entre-temps, des importateurs de riz s'interrogent sur la proposition officielle leur demandant de faire stocker leurs éventuelles importations dans la région de Cluny, qui enregistre un taux d'humidité élevé.

Avec la libéralisation de l'importation du riz de ration, la répartition des subsides par le gouvernement sur le prix de cette denrée revient au premier plan de l'actualité. Dans les milieux autorisés au ministère des Finances, l'on affirme que les dotations budgétaires à cet item seront maintenues. Mais la formule de répartition de ces subsides entre les différents importateurs qui s'engageront dans cette transaction reste à être connue, pour ne pas dire définie.

" Targetted Subsidies for Low-Income Households "

Jusqu'ici, le budget voté annuellement prévoyait une enveloppe financière pour le compte de la State Trading Corporation (STC) pour subventionner le prix. En attendant d'autres précisions de l'Hôtel du gouvernement, certains milieux avancent que cette initiative pourrait constituer le prélude à l'entrée en vigueur du concept de " Targetted Subsidies for Low-Income Households ", comme il a été évoqué dans le cadre d'une éventuelle élimination des subsides universels sur le prix du gaz ménager.

" Cutting Down to Size " de la STC

Officiellement, cette décision est présentée dans la mise en œuvre des dispositions de la Competition Act avec une plus grande ouverture du marché et un " Cutting Down to Size " de la STC, selon ce qui a été réclamé par le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM) ou encore l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Une aile au sein du gouvernement mise sur le fait que le jeu de la concurrence pourrait atténuer la hausse du prix du riz de ration dans les mois à venir.

Mais des milieux avisés soutiennent qu'avec les nouveaux cours du riz sur le marché international, soit plus de 1 000 dollars américains la tonne contre 300 dollars l'année dernière et les récentes décisions des principaux pays fournisseurs de réduire leurs exportations, les effets sur le prix devront se faire sentir avec la prochaine cargaison de riz attendue au mois de juillet selon le programme de travail établi par la STC.

" Le ministère des Finances peut affirmer que l'item des subsides sur le prix de vente de ration sera maintenu dans le Budget. Mais le montant de ces dotations budgétaires sera-t-il suffisant pour garder le prix de vente à son niveau actuel de Rs 5.40 le demi-kilo ? Qu'adviendra-t-il du prix avec le débarquement de ces cargaisons ? Ce sont des questions des plus légitimes dans la conjoncture ", avancent ceux qui suivent l'évolution des prix de denrées alimentaires de base sur le plan international.

Si les importateurs traditionnels de riz de luxe avaient été sondés au préalable sur une éventuelle libéralisation de l'importation du riz de ration, ils furent étonnés d'entendre officiellement que les autorités leur proposaient des entrepôts situés à Cluny pour leur cargaison. Devant leurs protestations relatives aux conditions climatiques peu propices au stockage de riz ou autres céréales et grains, les autorités devaient battre en retraite en ajoutant que la question sera étudiée en profondeur.

Tergiversations et changements de décisions brusques

Mais ce qui saute aux yeux dans le dossier du riz de ration ce sont les tergiversations et les changements de décisions brusques. Les importateurs soutiennent que cette décision de libéralisation intervient au même moment auquel la STC a lancé des appels d'offres pour l'importation de quelque 20 000 tonnes de riz de ration, soit la consommation pour la période allant de juillet 2008 à juin 2009. La clôture de cet exercice a été fixée au 29 courant par le Central Procurement Board.

" La STC dispose-t-elle des informations à l'effet qu'il y a un gros risque qu'aucun fournisseur international de riz n'allait soumettre de cotations à la date limite ? De ce fait, elle tente d'éviter de prendre des risques inutiles en invitant d'autres opérateurs locaux dans le jeu. Les consommateurs sont en droit de se poser des questions au chapitre de l'approvisionnement en sus du prix ", soutiennent les milieux concernés.

Par ailleurs, dans un souci d'éviter des risques de " Hoarding " de riz de ration, la STC a déjà mis en pratique une formule de quota pour la livraison aux commerçants. La confirmation de cet élément d'information a été donnée à l'Assemblée nationale par Indira Seebun, ministre de la Protection des Consommateurs en réponse à une interpellation écrite du député Anwar Husnoo en date du 29 avril dernier.

" As regards ration rice, I am informed that to mitigate the risks of hoarding, the State Trading Corporation is effecting deliveries of ration rice to its wholesalers on a strictly quota basis, based on the monthly averages of deliveries undertaken during the preceeding three months ", devait faire comprendre la ministre, qui a ajouté que " the Consumer Protection Unit acting as a watchdog will ensure that traders do not hoard rice to the detriment of consumers through continuous monitoring and surprise checks ". A ce jour, plus de 3 000 contrôles ont été effectués et aucun procès-verbal n'a été dressé.

Démarche à contre-pied de la garantie du ministre Jeetah

D'autre part, la nouvelle démarche du gouvernement vient prendre à contre-pied la garantie affichée par le ministre Rajesh Jeetah en réponse à une interpellation parlementaire du backbencher de la majorité, Anwar Husnoo, lors de la séance du 29 avril. A cette occasion, il avait laissé entendre que des contacts nécessaires avaient été établis à plusieurs niveaux avec les fournisseurs de riz par la STC.

" The General Manager of the STC who has just attended the 2nd Rice Congress of Americas 2008 in Brazil which grouped the world main rice suppliers and buyers, has established contacts with potential suppliers and will follow up on the matter. Besides, STC India has also been contacted for the supply of rice to STC Mauritius. In fact, an MoU for trading purposes have been signed between the two corporations ", avait affirmé le ministre du Commerce.

Rajesh Jeetah devait également faire état d'un Memorandum of Understanding (MoU) entre la STC de Maurice et celle de la République islamique du Pakistan. " Contact has been established with the STC of the Islamic Republic of Pakistan for the supply of rice to Mauritius. " Deux semaines après, la décision du gouvernement d'avoir recours à la libéralisation de l'importation de riz suscite des questions…


Secteur énergétique

Fort Victoria : deux turbines de 26 MW à Rs 1,2 Md

Le Central Electricity Board (CEB) s'apprête à engager des procédures d'appels d'offres pour la mise en opération de deux nouvelles turbines de 26 MW à la station thermique de Fort-Victoria. Le coût de ces investissements est de Rs 1,2 milliard, selon les premières estimations officielles. Le feu vert du Central Procurement Board est attendu ces jours-ci avant que l'exercice d'appels d'offres ne soit enclenché officiellement. D'autre part, le CEB mise toujours sur le démarrage de la centrale thermique au charbon de Pointe-aux-Caves pour début 2011, avec une décision sur l'Environmental Impact Assessment attendue vers juin prochain.

Dans les milieux officiels du CEB, l'on soutient que les deux turbines au diesel de Fort-Victoria devraient générer de l'énergie électrique pour le réseau national à partir de 2010. " Le CEB avait voulu faire entrer ces deux turbines plus tôt que 2010. Mais le fait est qu'il y a une grande demande pour des équipements énergétiques sur le plan international et que les constructeurs se retrouvent déjà avec des listes de commandes majeures. De ce fait, le CEB aura à faire preuve de patience ", a fait comprendre à Week-End une source officielle et bien placée.

Dans les milieux du CEB, l'on tente de répondre à la campagne à l'effet que ces investissements dans le diesel interviennent à un moment où le cours mondial du pétrole bat quotidiennement des records avec en perspective la barre des 200 dollars américains pour le baril de pétrole. " La commande de ces deux turbines au coût de Rs 1,2 milliard faisait partie du programme d'investissements du CEB depuis longtemps. Les machines Mirlees, qui sont en opération depuis plus de 15 ans, demandent à être remplacées. C'est ce que nous faisons actuellement. Ces équipements, qui sont en Semi-Based Load, font partie des 20 % de Diesel Oil dans l'Energy Mix préconisé par le Pr Joël de Rosnay dans le cadre du projet de développement durable ", répond-on officiellement du côté du CEB.

" Le CEB dispose d'un autre gros avantage avec ce projet de remplacement des machines Mirlees à Fort-Victoria. Nous allons réaliser d'importantes économies au niveau des Civil Works car toute la structure pour accueillir ces nouvelles machines existe déjà ", fait-on ressortir.

Un autre projet majeur dans lequel le CEB est engagé concerne la centrale thermique au charbon de Pointe-aux-Caves. Le contentieux porte actuellement sur l'aspect environnemental de ce projet au sud de la capitale. Le ministère de l'Environnement a pris la décision de confier l'étude pour les procédures d'Environmental Impact Assessment (EIA) à un spécialiste étranger.

Les indications sont que les premières conclusions sur la fiabilité environnementale de cette centrale thermique devraient être connues vers le mois de juin au plus tôt. " Nous nous attendons à prendre connaissance de la décision du ministère de l'Environnement en juin et nous prévoyons le démarrage de la production énergétique au plus tard vers le début de 2011 ", affirme-t-on du côté du CEB.

Après l'accord-cadre avec les promoteurs de Malaisie sur ce projet de centrale thermique, le CEB a déjà engagé des discussions sur une série d'autres accords pour la mise en œuvre de ces investissements majeurs. " Il n'y a pas que le Power Producers'Agreement. Nous avons déjà engagé des discussions sur la teneur d'un Shareholders'Agreement, d'un Coal Supplier Agreement, d'un Leasing Agreement et d'un Implementation Agreement. Ces procédures ont déjà été enclenchées et avec l'éventuelle décision relative à l'EIA Permit, nous devrons être en mesure d'aller de l'avant avec ce projet ", déclare cette source officielle.


Facture d'éclairage de rues : plus de Rs 180 M

Avec la flambée des cours pétroliers sur le marché mondial, des mesures d'économies s'imposent. Ainsi, le rapport sur la politique énergétique pour la période allant jusqu'à 2025 préconise une série de mesures à court terme, qui pourraient être retenues dans le cadre du prochain Budget. " The cost of public lighting is a major burden on local budgets ", note le rapport sur la politique énergétique.

Avant la récente hausse des tarifs du CEB de 22 %, la facture des collectivités locales pour l'éclairage de la voie publique s'élevait à plus de Rs 180 millions annuellement. Les spécialistes avancent que " there is substantial scope for lowering the burden through the introduction of efficient lamps and improved lighting techniques on a national scale ".

À court terme, ils préconisent le remplacement des lampes de " 70 W Sodium Pressure Lamps ", la reconfiguration des " Lighting Patterns " sur l'autoroute menant à l'aéroport et des mesures pour corriger le problème d'Overlighting à proximité de la Cybercité.

Ce rapport énergétique met l'accent sur la nécessité de développer les sources d'énergie renouvelables comme l'éolienne et le solaire avec pour objectif de doter au moins 80 % des immeubles résidentiels en Solar Hot Water Systems au cours des prochaines années ou encore l'introduction du Flexi-Time entre 7h et 19h dans la Fonction publique.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 11 mai 2008