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Compensation salariale
Denrées de base : budget supplémentaire de Rs
854
La dure réalité des prix des denrées alimentaires
de base sera une des pièces maîtresses qu'abattront
les représentants des syndicats du secteur privé
lors des négociations pour une compensation salariale minimale
de Rs 800 par mois à partir du 1er juillet prochain. La
principale documentation, qui sera présentée en
vue de justifier cette demande salariale, concerne l'évolution
des prix des denrées alimentaires de base que représente
le " Panier " constitué par le Fron Travayer
Sekter Privé (FTSP) depuis décembre 2006.
Un exercice effectué au cours de la période entre
le 1er mai 2007 et le 30 avril 2008 démontre les prix dans
le panier du FTSP nécessitent un budget supplémentaire
de Rs 854 pour " la ration mensuelle " d'une famille
de quatre personnes, soit le père, la mère et deux
enfants.
La documentation préparée par les animateurs du
Fron Travayer Sekter Privé, dont entre Reeaz Chuttoo
et Jane Ragoo, souligne qu'au cours de la période entre
décembre 2006 et avril 2007, pour la première édition
du panier, le ménage-type a dû trouver un budget
mensuel supplémentaire de Rs 816 pour subvenir à
ses besoins alimentaires de base. Or, la compensation salariale
maximale, qui a été payée à partir
du 1er juillet 2007 est de Rs 400 soit une perte du pouvoir d'achat
de Rs 416.
L'autre relevé des prix du Panier du FTSP pour la période
allant de mai 2007 à avril 2008 (voir tableau détaillé
plus loin) conclut que cette famille de quatre personnes a dû
trouver une nouvelle somme supplémentaire de Rs 854 par
mois pour faire les mêmes provisions à la boutique.
L'effet cumulatif de la montée des prix de décembre
2006 à avril 2006 est de Rs 1 270, compte tenu d'une Undercompensation
de Rs 416 pour 2006/07 avec l'absence de la notion de rattrapage
salarial.
Les animateurs du Fron Travayer Sekter privé, qui
représente des employés d'au moins 150 compagnies
à Maurice, mettent en exergue le fait que cette perte du
pouvoir d'achat ne tient pas en considération les dernières
augmentations massives des tarifs intervenues récemment,
soit la moyenne de 28% du tarif d'autobus, qui fait véritablement
mal depuis lundi dernier, de 22% des tarifs d'électricité
et de 22% de la Waste Water Tax en vigueur depuis le 1er
avril dernier sans oublier les autres ajustements de prix intervenus
avec la hausse du taux d'inflation.
Sur la base de l'évolution des prix de son panier, le Front
Travayer Sekter Privé, dont le représentant
sur le National Pay Council est Reeaz Chuttoo, réclame
une compensation minimale de Rs 800 et une compensation additionnelle
et spéciale de Rs 100 à tous les salariés
de Rodrigues compte que les prix sont de 12% supérieurs
comparativement à Maurice en raison du fret maritime entre
les deux îles.
D'autre part, le FTSP propose que " in sectors where no
collective agreement or Remuneration Order exists to determine
the wage of employees, compensation should be paid on last year
total earnings (1/12 accumulated wages from July 2007 to June
2008) ".
Avec la libéralisation
Riz de ration : incertitudes sur le prix de vente actuel
La décision formelle du conseil des ministres ratifiant
la libéralisation de l'importation du riz de ration, un
monopole jusqu'ici jalousement gardé par la State Trading
Corporation (STC), est diversement interprétée.
Mais la principale interrogation demeure au niveau du prix de
vente au détail de cette denrée alimentaire de base
à compter du 1er juillet prochain. D'autre part, la livraison
de riz de ration aux grossistes se fait déjà sur
une base de quotas pour éviter tout stockage illégal.
Entre-temps, des importateurs de riz s'interrogent sur la proposition
officielle leur demandant de faire stocker leurs éventuelles
importations dans la région de Cluny, qui enregistre un
taux d'humidité élevé.
Avec la libéralisation de l'importation du riz de ration,
la répartition des subsides par le gouvernement sur le
prix de cette denrée revient au premier plan de l'actualité.
Dans les milieux autorisés au ministère des Finances,
l'on affirme que les dotations budgétaires à cet
item seront maintenues. Mais la formule de répartition
de ces subsides entre les différents importateurs qui s'engageront
dans cette transaction reste à être connue, pour
ne pas dire définie.
" Targetted Subsidies for Low-Income Households "
Jusqu'ici, le budget voté annuellement prévoyait
une enveloppe financière pour le compte de la State Trading
Corporation (STC) pour subventionner le prix. En attendant d'autres
précisions de l'Hôtel du gouvernement, certains milieux
avancent que cette initiative pourrait constituer le prélude
à l'entrée en vigueur du concept de " Targetted
Subsidies for Low-Income Households ", comme il a été
évoqué dans le cadre d'une éventuelle élimination
des subsides universels sur le prix du gaz ménager.
" Cutting Down to Size " de la STC
Officiellement, cette décision est présentée
dans la mise en uvre des dispositions de la Competition
Act avec une plus grande ouverture du marché et un "
Cutting Down to Size " de la STC, selon ce qui a été
réclamé par le Fonds monétaire international
(FMI), la Banque mondiale (BM) ou encore l'Organisation mondiale
du Commerce (OMC).
Une aile au sein du gouvernement mise sur le fait que le jeu de
la concurrence pourrait atténuer la hausse du prix du riz
de ration dans les mois à venir.
Mais des milieux avisés soutiennent qu'avec les nouveaux
cours du riz sur le marché international, soit plus de
1 000 dollars américains la tonne contre 300 dollars l'année
dernière et les récentes décisions des principaux
pays fournisseurs de réduire leurs exportations, les effets
sur le prix devront se faire sentir avec la prochaine cargaison
de riz attendue au mois de juillet selon le programme de travail
établi par la STC.
" Le ministère des Finances peut affirmer que l'item
des subsides sur le prix de vente de ration sera maintenu dans
le Budget. Mais le montant de ces dotations budgétaires
sera-t-il suffisant pour garder le prix de vente à son
niveau actuel de Rs 5.40 le demi-kilo ? Qu'adviendra-t-il du prix
avec le débarquement de ces cargaisons ? Ce sont des questions
des plus légitimes dans la conjoncture ", avancent
ceux qui suivent l'évolution des prix de denrées
alimentaires de base sur le plan international.
Si les importateurs traditionnels de riz de luxe avaient été
sondés au préalable sur une éventuelle libéralisation
de l'importation du riz de ration, ils furent étonnés
d'entendre officiellement que les autorités leur proposaient
des entrepôts situés à Cluny pour leur cargaison.
Devant leurs protestations relatives aux conditions climatiques
peu propices au stockage de riz ou autres céréales
et grains, les autorités devaient battre en retraite en
ajoutant que la question sera étudiée en profondeur.
Tergiversations et changements de décisions brusques
Mais ce qui saute aux yeux dans le dossier du riz de ration ce
sont les tergiversations et les changements de décisions
brusques. Les importateurs soutiennent que cette décision
de libéralisation intervient au même moment auquel
la STC a lancé des appels d'offres pour l'importation de
quelque 20 000 tonnes de riz de ration, soit la consommation pour
la période allant de juillet 2008 à juin 2009. La
clôture de cet exercice a été fixée
au 29 courant par le Central Procurement Board.
" La STC dispose-t-elle des informations à l'effet
qu'il y a un gros risque qu'aucun fournisseur international de
riz n'allait soumettre de cotations à la date limite ?
De ce fait, elle tente d'éviter de prendre des risques
inutiles en invitant d'autres opérateurs locaux dans le
jeu. Les consommateurs sont en droit de se poser des questions
au chapitre de l'approvisionnement en sus du prix ",
soutiennent les milieux concernés.
Par ailleurs, dans un souci d'éviter des risques de "
Hoarding " de riz de ration, la STC a déjà
mis en pratique une formule de quota pour la livraison aux commerçants.
La confirmation de cet élément d'information a été
donnée à l'Assemblée nationale par Indira
Seebun, ministre de la Protection des Consommateurs en réponse
à une interpellation écrite du député
Anwar Husnoo en date du 29 avril dernier.
" As regards ration rice, I am informed that to mitigate
the risks of hoarding, the State Trading Corporation is effecting
deliveries of ration rice to its wholesalers on a strictly quota
basis, based on the monthly averages of deliveries undertaken
during the preceeding three months ", devait faire comprendre
la ministre, qui a ajouté que " the Consumer Protection
Unit acting as a watchdog will ensure that traders do not hoard
rice to the detriment of consumers through continuous monitoring
and surprise checks ". A ce jour, plus de 3 000 contrôles
ont été effectués et aucun procès-verbal
n'a été dressé.
Démarche à contre-pied de la garantie du ministre
Jeetah
D'autre part, la nouvelle démarche du gouvernement vient
prendre à contre-pied la garantie affichée par le
ministre Rajesh Jeetah en réponse à une interpellation
parlementaire du backbencher de la majorité, Anwar
Husnoo, lors de la séance du 29 avril. A cette occasion,
il avait laissé entendre que des contacts nécessaires
avaient été établis à plusieurs niveaux
avec les fournisseurs de riz par la STC.
" The General Manager of the STC who has just attended
the 2nd Rice Congress of Americas 2008 in Brazil which grouped
the world main rice suppliers and buyers, has established contacts
with potential suppliers and will follow up on the matter. Besides,
STC India has also been contacted for the supply of rice to STC
Mauritius. In fact, an MoU for trading purposes have been signed
between the two corporations ", avait affirmé
le ministre du Commerce.
Rajesh Jeetah devait également faire état d'un Memorandum
of Understanding (MoU) entre la STC de Maurice et celle de la
République islamique du Pakistan. " Contact has
been established with the STC of the Islamic Republic of Pakistan
for the supply of rice to Mauritius. " Deux semaines
après, la décision du gouvernement d'avoir recours
à la libéralisation de l'importation de riz suscite
des questions
Secteur énergétique
Fort Victoria : deux turbines de 26 MW à Rs 1,2 Md
Le Central Electricity Board (CEB) s'apprête à engager
des procédures d'appels d'offres pour la mise en opération
de deux nouvelles turbines de 26 MW à la station thermique
de Fort-Victoria. Le coût de ces investissements est de
Rs 1,2 milliard, selon les premières estimations officielles.
Le feu vert du Central Procurement Board est attendu ces jours-ci
avant que l'exercice d'appels d'offres ne soit enclenché
officiellement. D'autre part, le CEB mise toujours sur le démarrage
de la centrale thermique au charbon de Pointe-aux-Caves pour début
2011, avec une décision sur l'Environmental Impact Assessment
attendue vers juin prochain.
Dans les milieux officiels du CEB, l'on soutient que les deux
turbines au diesel de Fort-Victoria devraient générer
de l'énergie électrique pour le réseau national
à partir de 2010. " Le CEB avait voulu faire entrer
ces deux turbines plus tôt que 2010. Mais le fait est qu'il
y a une grande demande pour des équipements énergétiques
sur le plan international et que les constructeurs se retrouvent
déjà avec des listes de commandes majeures. De ce
fait, le CEB aura à faire preuve de patience ",
a fait comprendre à Week-End une source officielle
et bien placée.
Dans les milieux du CEB, l'on tente de répondre à
la campagne à l'effet que ces investissements dans le diesel
interviennent à un moment où le cours mondial du
pétrole bat quotidiennement des records avec en perspective
la barre des 200 dollars américains pour le baril de pétrole.
" La commande de ces deux turbines au coût de Rs
1,2 milliard faisait partie du programme d'investissements du
CEB depuis longtemps. Les machines Mirlees, qui sont en opération
depuis plus de 15 ans, demandent à être remplacées.
C'est ce que nous faisons actuellement. Ces équipements,
qui sont en Semi-Based Load, font partie des 20 % de Diesel Oil
dans l'Energy Mix préconisé par le Pr Joël
de Rosnay dans le cadre du projet de développement durable
", répond-on officiellement du côté
du CEB.
" Le CEB dispose d'un autre gros avantage avec ce projet
de remplacement des machines Mirlees à Fort-Victoria. Nous
allons réaliser d'importantes économies au niveau
des Civil Works car toute la structure pour accueillir
ces nouvelles machines existe déjà ", fait-on
ressortir.
Un autre projet majeur dans lequel le CEB est engagé concerne
la centrale thermique au charbon de Pointe-aux-Caves. Le contentieux
porte actuellement sur l'aspect environnemental de ce projet au
sud de la capitale. Le ministère de l'Environnement a pris
la décision de confier l'étude pour les procédures
d'Environmental Impact Assessment (EIA) à un spécialiste
étranger.
Les indications sont que les premières conclusions sur
la fiabilité environnementale de cette centrale thermique
devraient être connues vers le mois de juin au plus tôt.
" Nous nous attendons à prendre connaissance de
la décision du ministère de l'Environnement en juin
et nous prévoyons le démarrage de la production
énergétique au plus tard vers le début de
2011 ", affirme-t-on du côté du CEB.
Après l'accord-cadre avec les promoteurs de Malaisie sur
ce projet de centrale thermique, le CEB a déjà engagé
des discussions sur une série d'autres accords pour la
mise en uvre de ces investissements majeurs. " Il
n'y a pas que le Power Producers'Agreement. Nous avons déjà
engagé des discussions sur la teneur d'un Shareholders'Agreement,
d'un Coal Supplier Agreement, d'un Leasing Agreement et d'un Implementation
Agreement. Ces procédures ont déjà été
enclenchées et avec l'éventuelle décision
relative à l'EIA Permit, nous devrons être en mesure
d'aller de l'avant avec ce projet ", déclare cette
source officielle.
Facture d'éclairage de rues : plus de Rs 180 M
Avec la flambée des cours pétroliers sur le marché
mondial, des mesures d'économies s'imposent. Ainsi, le
rapport sur la politique énergétique pour la période
allant jusqu'à 2025 préconise une série de
mesures à court terme, qui pourraient être retenues
dans le cadre du prochain Budget. " The cost of public
lighting is a major burden on local budgets ", note le
rapport sur la politique énergétique.
Avant la récente hausse des tarifs du CEB de 22 %, la facture
des collectivités locales pour l'éclairage de la
voie publique s'élevait à plus de Rs 180 millions
annuellement. Les spécialistes avancent que " there
is substantial scope for lowering the burden through the introduction
of efficient lamps and improved lighting techniques on a national
scale ".
À court terme, ils préconisent le remplacement des
lampes de " 70 W Sodium Pressure Lamps ", la reconfiguration
des " Lighting Patterns " sur l'autoroute menant à
l'aéroport et des mesures pour corriger le problème
d'Overlighting à proximité de la Cybercité.
Ce rapport énergétique met l'accent sur la nécessité
de développer les sources d'énergie renouvelables
comme l'éolienne et le solaire avec pour objectif de doter
au moins 80 % des immeubles résidentiels en Solar Hot
Water Systems au cours des prochaines années ou encore
l'introduction du Flexi-Time entre 7h et 19h dans la Fonction
publique.
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