i n t e r v i e w WEEK-END --- dimanche 4 mai 2008



Sekar Naidu :

"Je ne suis pas fait pour faire la politique comme elle se pratique au MSM"

Sekar Naidu, député MSM de Beau-Bassin/Petite Rivière, a démissionné de toutes les instances de son ex-parti en début de semaine. Dans l'interview réalisée vendredi soir, il explique les raisons qui l'ont poussé à prendre cette décision et commente les répercussions qui peuvent en découler.

C'est à la veille des élections de 2005 que vous êtes apparu sur la scène politique mauricienne. Qu'est-ce qui vous a propulsé dans la politique active Sekar Naidu, vous qui êtes cadre du secteur privé ?

Je crois qu'en général les Mauriciens ne sont jamais très éloignés de la politique et du football, nos sports nationaux. Donc, comme tous les Mauriciens, j'étais intéressé à la politique mais de loin. Le soir du 29 avril 2005, j'ai reçu un coup de téléphone de Pravin Jugnauth qui était alors vice-Premier ministre et que je ne connaissais pas personnellement, qui a demandé à me rencontrer. Comme je devais quitter le pays pour des raisons professionnelles, je ne pouvais pas le voir immédiatement. Nous avons pris rendez-vous pour le samedi suivant, nous avons bavardé pendant une petite heure au cours de laquelle il m'a proposé un ticket MSM.

Avez-vous été étonné ou flatté par cette proposition ?

J'ai été un peu étonné et très flatté, surtout quand on sait que, de manière générale, à Maurice, les gens attendent des mois, pour ne pas dire des années devant la porte de X, Y ou Z leader avant d'obtenir un ticket.

Avez-vous accepté tout de suite ?

Je crois qu'il y avait au fond de moi le désir de faire de la politique active. J'ai dit oui.

Vous étiez MSM déjà ?

Non. On peut dire que j'étais, dans le sens bien large du mot, un militant.

Donc en deux mois, d'avril à juillet 2005, vous sortez de l'anonymat politique pour devenir un candidat. Comment s'est passé votre apprentissage rapide en politique ?

J'ai commencé par donner un coup de main à l'équipe MSM/MMM qui avait déjà fait ses preuves. C'était pour le débutant en politique que j'étais une fierté d'être appelé à épauler une telle équipe. Mon premier contact avec la politique s'est bien déroulé puisque nous avons eu à Beau- Bassin, où j'avais été posté, une campagne très civilisé, sans échauffourées, avec des adversaires corrects et deux colistiers qui contrôlaient parfaitement la circonscription.

On peut dire que vous avez eu une chance extraordinaire de commencer votre carrière politique dans ces circonstances, avec ces colistiers et dans ce que l'on appelle un "safe seat". Vous ne pouviez pas, par conséquent, perdre cette élection.

En effet, j'ai eu des débuts privilégiés et je peux vous dire que j'ai aimé mon entrée en politique, rencontrer l'électorat de Beau-Bassin avec qui j'ai un contact privilégié. Je ne demande jamais l'appartenance politique d'un mandant quand il a besoin de mes services. Je suis le député de la circonscription, pas celui d'une partie de l'électorat.

Votre apprentissage en politique commence par votre élection, mais également par la défaite de l'alliance MMM/MSM. Comment avez-vous vécu cette défaite ?

Ce fut un mauvais coup. Je voulais aider à continuer le bon travail entrepris par le MMM/MSM avec des gens bien intentionnés ayant faits leurs preuves. Je me souviens avoir dit à la presse, lors de la proclamation des résultats, que j'étais heureux de la victoire de l'alliance MSM/MMM à Beau-Bassin, mais que, dans un autre ordre d'idées, pour autant, je n'étais pas tout à fait heureux à cause de la défaite nationale. Je n'ai pas encore connu l'euphorie d'une victoire électorale.

En quelque sorte, vous devenez MSM après les élections quand il faut apprendre à découvrir les structures et le fonctionnement du parti.

C'est vrai, je suis entré en politique afin de faire campagne pour l'élection et ce n'est qu'après que j'ai appris à découvrir les rouages et les instances du MSM.

C'est une découverte qui vous a intéressée ?

C'est un monde très particulier que celui d'un parti politique...

... avec ses clans, ses lobbies, ses conciliabules et ses petites réunions après les grandes...

... c'est un peu tout ça qui m'a amené à prendre la décision que j'ai prise cette semaine.

Nous allons y revenir. Et puis dans votre cheminement politique il y a la cassure de l'alliance MSM/MMM et la démission d'Ashock Jugnauth du MSM.

Cette cassure a été un moment dur pour moi. Je m'entendais, je m'entends toujours très bien avec mes deux colistiers. Je crois que je suis sorti grandi de la cassure en parvenant à préserver une bonne relation avec deux colistiers dans l'intérêt de l'ensemble de nos mandants. Je ne suis jamais rentré dans le jeu des dénonciations et des insultes.

Mais n'est-ce pas ainsi que vivent et agissent les politiciens ?

Pas tous. Tout dépend de l'individu. Quand Maurice Allet a rejoint pour un moment les rangs du gouvernement, je lui ai dit, en privé, ma façon de voir, jamais en public. J'ai été triste de voir Ashock Jugnauth quitter le MSM parce qu'il a été un des cadres du parti pendant de longues années et que je crois que son départ a fait du mal au parti.

A quand remonte le malaise qui va vous pousser à quitter le MSM ?

J'ai tout fait pour essayer de m'adapter au mode de fonctionnement du MSM. Mais j'ai une façon de faire les choses qui est différente dans la manière de pratiquer la politique.

De manière générale n'est-ce pas l'individu qui doit s'adapter au fonctionnement du parti ?

En règle générale, oui. Mais je ne suis pas fait pour faire de la politique comme elle se pratique au MSM, mais dans le sens large et noble du terme.

Suite à cette cassure MMM/MSM et à la démission d'Ashock Jugnauth, Nando Bodha devient le leader de l'opposition.

Les relations deviennent tendues entre les deux partis, mais ce qui est surtout regrettable, c'est ce que cet ensemble de choses affaiblit l'opposition face au gouvernement. Les deux partis de l'opposition commencent à se tirer dessus et ça commence à vraiment voler bas.

A quelle hauteur avez-vous volé au cours de cette période ?

J'ai toujours essayé d'être hors de la mêlée. Je n'ai jamais fait une remarque ou attaque personnelle et désobligeante contre qui que ce soit. Pendant cette période, j'ai laissé passer les choses en donnant du temps au temps.

Vous êtes un député discret qui pose des questions parlementaires sans insulter et sans hausser le ton, qui ne fait pas des conférences de presse tonitruantes pour accuser ses adversaire et qui va à la rencontre de ses mandants sans appeler les journalistes. Cette manière de faire est-elle adaptée à la politique telle qu'elle est pratiquée à Maurice ?

Je souhaite en tous cas qu'il y ait à l'avenir beaucoup plus de politiciens comme moi. La génération précédente de politiciens a une manière un peu spectaculaire, j'oserais dire parfois, un peu vociférante et les gens aiment bien ce style. Je pense qu'il n'y a pas que ce style, ou pour utiliser un mot à la mode, que ce profil qui doit exister. Mais je ne suis pas tout seul : il y a pas mal de jeunes qui sont arrivés aux dernières élections et qui sont discrets tout en faisant de bonnes interventions et posent des questions pertinentes au Parlement et qui sont très actifs sur le terrain - actif voulant dire en contact avec leur électorat. C'est peut-être une nouvelle race de politiciens qui est en train de naître.

Revenons à votre histoire : quand comprenez-vous que vous ne pourrez pas vous adapter au fonctionnement politique du MSM ?

Cela a été une accumulation de petites choses. Je suis une personne de convictions qui cultive un certain nombre de valeurs sur lesquelles je ne suis pas prêt à transiger. Parmi ces valeurs que je tiens à défendre, il y a la lutte contre le communalisme. Je suis entièrement Mauricien et pense que ce pays nous appartient tous et doit être dirigé sur la base du mérite, et non pas sur celle de l'appartenance ethnique. J'ai des positions contre la peine de mort, je crois dans les discussions franches. La politique comme elle se pratique au sein du MSM allait dans le sens opposé à mes convictions. J'ai commencé à me sentir mal à l'aise par rapport à la position du parti sur ces questions...

... excusez-moi, mais vous n'étiez pas n'importe qui au sein du MSM. Vous occupiez une position qui vous permettait d'influer sur les débats, vous étiez vice-président...

... pardon, j'étais un des cinq vice-présidents...

... mais c'est un poste hiérarchique tout de même, qui vous place dans les instances du parti où l'on doit discuter avant de prendre des décisions et des positions sur des questions précises...

... je regrette d'avoir à dire qu'il existe au sein du MSM un gros déficit de communication et de dialogue.

Soyons précis. Avant que Pravind Jugnauth annonce la position du parti sur la peine de mort, cette question avait-elle fait l'objet d'un débat au sein des instances dirigeantes du MSM ?

Non. La question a peut-être été discutée en petit groupe, mais l'annonce a été faite dans une conférence de presse. Je n'ai pas eu voix au chapitre sur cette question.

Vous n'avez pas demandé à avoir voix au chapitre au moins sur cette question ?

J'ai eu l'occasion, par la suite, d'exprimer ma position sur la question. Mais il n'y a jamais eu au sein du MSM un débat sérieux sur la question pour savoir qui est pour et qui est contre et comment l'application de la peine de mort, comme l'a dit le leader, va-t-elle résoudre le problème du law and order dans le pays. Il n'y a jamais eu de débat interne sur la question. C'est au lendemain d'un crime atroce, alors que les réactions étaient vives dans le pays, que cette position a été prise et annoncée...

... ce qui a donné l'occasion à certains observateurs de dire que c'était une prise de position opportuniste. Quelle a été la réaction du parti quand vous avez exprimé votre position sur la peine de mort ?

Je me suis entendu dire que chacun était libre de ses convictions.

Excusez mon étonnement : vous êtes en train de dire que sur une question aussi délicate les vice-présidents du MSM ne sont pas invités à donner leur point de vue avant que la position du parti soit définie.

Je n'étais vice-président du MSM que sur papier. Pravin Jugnauth a déclaré qu'il était pour la peine de mort. Je ne sais s'il s'était bien exprimé ou s'il avait été mal interprété, mais l'impression générale était que c'était le MSM qui était pour la peine de mort. Après cette déclaration, Sawkatally Soodun et Lila Devi Dookun se sont publiquement exprimés pour la peine de mort, mais aucun autre membre du MSM n'a exprimé l'opinion contraire en dehors de moi.

Je continue a être étonné : le MSM, c'est tout de même un parti fait d'individus. Est-ce que les membres de l'équipe dirigeante du MSM, parti qui a l'ambition de diriger le pays, ne se parlent pas entre eux ?

Nous nous sommes parlés dans les couloirs. Certains se sont même offusqués que je puisse prendre une position publique différente de celle du parti.

Comment réagissez-vous au fait que Pravin Jugnauth exige d'être Premier ministre dans une éventuelle alliance MSM au nom de la réalité politique du pays, ce qui veut dire en fait la réalité communale ?

C'est une position qui heurte également mes convictions de Mauricien déclaré. C'est une autre question qui n'a jamais été débattue au MSM et personne n'a eu le loisir de donner son point de vue sur la question.

Le débat n'existe-il pas au MSM, même dans les instances dirigeantes ?

Vous savez il y a sûrement au MSM un niveau où un discussion où un débat se fait et ou des décisions sont prises. Mais je ne faisais pas partie de cette instance.

J'ai l'impression d'entendre parler d'un parti communiste d'avant la chute du mur de Berlin ! Si un vice-président n'est pas impliqué dans les discussions concernant la ligne du parti, à quel niveau décisions sont-elles prises ?

Je vous dis très sincèrement que je ne le sais pas et que beaucoup de membres du MSM sont dans la même situation. Il nous arrivait souvent de prendre connaissance d'une décision du parti au moment où elle était rendue officielle.

Et personne au sein du parti ne protestait contre cet état de choses ?

Non personne ne protestait. C'est une des raisons qui m'ont poussé à quitter le MSM.

Est-il vrai que le parti verse une allocation aux membres de ses instances dirigeantes, ce qui expliquerait leur absence de réaction pour ne pas dire leur silence complice ?

Je réponds pour moi : je n'ai jamais perçu un seul sou du MSM. Je parle en mon nom et je ne suis pas au courant de ce qui se passe pour les autres. Il y a quand même quelques membres des instances dirigeantes avec qui j'avais des échanges et que je ne nommerais pas pour ne pas les embarrasser. Ils étaient au courant de mes états d'âme. Avec eux, je discutais franchement de certaines questions comme les raisons de la défaite de 2005, qui n'a jamais fait l'objet d'un débat au sien du parti.

Quelles sont les raisons de la défaite, selon vous.

Il y en a plusieurs et pas uniquement celle que le parti met en avant : les réalités électorales du pays. C'est un ensemble de raisons. Vous savez, il y a des endroits où l'alliance MSM/MMM a perdu par une trentaine de votes...

... comme à Rose Belle...

... exactement. Mais il y a des endroits où l'on a gagné par quelques dizaines de voix. En fin de compte, la défaite n'a pas été aussi cuisante qu'on l'a dit et la victoire aurait pu, à quelques dizaines de votes prés, basculer dans notre camp. Mettre la défaite de l'alliance MSM/MMM de 2005 uniquement sur le dos de Paul Bérenger comme le fait le MSM est injuste. Cette question n'a jamais été discutée dans les instances du parti.

Je vous pose la question sans détours : à quoi serviez-vous comme un des vice-présidents du MSM ? A faire joli sur la photo ?

Franchement... à rien.

Mais même dans le plus petit club de football, le vice-président à un rôle...

... il a un rôle même dans un petit club de carrom, pas au MSM.

Mais alors pourquoi avez-vous attendu aussi longtemps avant de démissionner ?

C'est sans doute le fait que je suis nouveau en politique, ce qui fait que je prends beaucoup de temps pour réfléchir avant de prendre une décision. Et cette décision était particulièrement dure à prendre, car malgré tout j'ai des relations avec certains membres du parti. J'espère que quand les choses se seront calmées, nous pourrons entretenir des relations civilisées, voire amicales en dépit du fait que je ne sois plus au MSM. Je l'espère très sincèrement. J'ai reçu des coups de téléphone de personnes me disant que j'ai pris la mauvaise décision, mais tout cela sur un ton correct, sans insultes...

... il me semble cependant que M. Soodhun vous a traité de traître au Parlement, mardi dernier...

... je vais vous dire une chose : M Soodhun est M. Soodhun et c'est un cas très particulier. Point final.

Vous n'êtes pas sans savoir que depuis la cassure MSM/MMM, on entend souvent dire à Beau-Bassin que vous avez plus le profil du député mauve que celui d'orange ?

Ce que l'on dit n'est pas totalement faux. Parce que quand j'ai été propulsé député MSM, qui a été mon mentor, mon guru, qui m'a appris comment devenir un bon député bien présent sur le terrain, qui m'a appris à avoir une politique de proximité à passer dans les mariages et les anniversaires à soutenir les gens frappés par la mort d'un proche ? Je suis le produit de l'école Rajesh Bhagwan et je dois forcément lui ressembler dans ma manière d'agir, de communiquer, d'être sur le terrain. Je tiens à souligner qu'à aucun moment, Rajesh ne m'a proposé de quitter le MSM pour le MMM.

On dit aussi que votre démission a été orchestrée par le MMM et Rajesh Bhagwan pour embarrasser le MSM autour du 1er Mai.

Pas du tout.

Alors pourquoi l'annoncer à la veille du 1er Mai ?

Ma décision a été prise depuis quelque temps déjà et il fallait le faire un jour ou l'autre. J'ai décidé de rendre ma décision publique à mon retour au pays après un voyage professionnel. J'ai pris rendez-vous avec Pravin Jugnauth dimanche soir et je lui ai annoncé ma décision. Il m'a demandé les raisons, je lui ai surtout parlé des raisons professionnelles - je souhaite être plus présent au sein de mon entreprise. Le lendemain je lui ai envoyé un fax pour lui signifier ma démission.

Lui avez-vous parlé, comme vous êtes en train de le faire, de tout ce qui vous gêne dans le fonctionnement du MSM ?

Pas vraiment. Je n'ai pas eu contact avec lui depuis dimanche. J'avais pris ma décision et je ne voulais pas tomber dans un cycle d'explications. C'est déjà très dur de démissionner.

Qu'est-ce qui est dur dans cette décision ?

Je suis peut-être un romantique, un émotif. Je n'ai pas comme Rajesh Bhagwan une armure en peau de crocodile pour me protéger. Peut-être que je n'ai pas su m'endurcir et que c'est ce qui me fait trouver tout cela dur à vivre.

Est-ce pour aller au bout de la logique de votre décision vous ne devriez pas démissionner comme député, car, après tout, c'est le MSM qui vous a donné le ticket ?

Je ne quitte pas la politique, mais le MSM. Je suis député de Beau-Bassin/Petite-Rivière depuis 2005, je fais mon travail de mon mieux, je suis très présent sur le terrain et je pense que l'électorat en est conscient. Il n'y a aucune raison avec tout ce que le pays subit en termes économiques, de provoquer une élection partielle à deux ans des échéances électorales.

Vous restez donc en politique, mais dans quel camp au Parlement ?

Dans celui des indépendants, dans l'opposition. Je vais soutenir les propositions qui me semblent être dans l'intérêt du pays qu'elles viennent des partis de l'opposition ou du camp du gouvernement. D'ailleurs, dans mes précédentes interventions au Parlement, il m'est arrivé de reconnaître certains projets de loi du gouvernement allant dans le bon sens.

Vous envisagez de vous présenter aux prochaines élections ?

C'est une question que je ne me suis pas encore posée.

Est-ce qu'une réconciliation entre vous et le MSM est envisageable ?

Je ne le crois pas, car je pense que mon départ a dû faire beaucoup de mal. Mais j'aurais souhaité voir une réconciliation entre le MSM et le MMM, même si je n'en fais pas partie. Je suis toujours convaincu que cette alliance réunirait les meilleures compétences pour permettre au pays de faire face aux défis qui l'attendent.

Vous pensez que nous allons dans cette direction après les déclarations du 1er Mai ?

Malheureusement, non. Le fossé entre le MMM et le MSM s'agrandit de jour en jour et je ne vois personne s'intéresser à le combler. C'est malheureux, mais c'est comme ça.

Le mot de la fin de cette interview en tant que député indépendant, Sekar Naidu.

J'ai vu un entrefilet dans la presse me qualifiant de traître. Peut-être que demain je vais découvrir des choses écrites contre moi sur un mur, à Beau- Bassin. Je vais demander à Rajesh Bhagwan de me prêter son armure en peau de crocodile. Je pourrai en avoir besoin dans les jours qui viennent.



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