C'est d'une voix cassée, à peine audible, que le
veilleur de nuit, dont l'épouse a été sauvagement
violée dans la soirée de lundi dans un bungalow
sis à Petit-Gamin, Baie-du-Tombeau, s'est confié
à Week-End. Pour les besoins du témoignage
qui suit, son prénom et celui de son épouse ont
été remplacés par des prénoms fictifs.
Dans la soirée de lundi, les vies de Rajen, 68 ans, et
celle de son épouse, Reshmi, 56 ans, ont basculé
dans l'horreur. Et, pourtant, ce n'était que la première
fois que Rajen surveillait ce bungalow. Pouvant à peine
s'exprimer, visiblement cassé par cette nuit d'horreur,
il souligne que tout pouvait arriver ce soir-là. "Mo
finn dir li fer seki ou le ar nou, me pa touy nou !".
"Nou finn fini net. Seki finn fer ek mo madam, li pir
ki seki trouve dan film
" Ces mots proviennent de
la bouche d'un homme écrasé, les larmes aux yeux,
qui se demande toujours comment une telle horreur a pu être
commise envers son épouse. Sans avoir besoin d'être
volubile, dans les yeux de Rajen, on peut y lire l'horreur de
cette nuit de lundi. Son épouse a été agressée
sexuellement sous ses yeux pendant plus de deux heures, sans qu'il
puisse esquisser le moindre geste pour lui venir en aide. "Sorry...
Mo napa kapav koze. Me enn zafer mo ti anvi dir. Ki kalite dimoun
sa ? Mo finn sipliye li. Mo madam finn siplye li. Li enn mirak
si nou ankor vivan. Me seki li finn fer la..." Rajen
ne peut en dire plus et éclate en sanglots.
Rajen cherchait du travail comme veilleur de nuit. Cet ancien
laboureur n'avait plus la force d'affronter le dur labeur du travail
dans les champs. Il pensait avoir fait une excellente affaire
en se faisant embaucher comme veilleur de nuit dans ce bungalow
en phase terminale de construction, appartenant à un infirmier.
Rajen était d'accord pour le salaire, et aussi avec le
fait que, lors de sa veillée du bungalow, son épouse
Reshmi pouvait aussi être avec lui.
Ce que Rajen ignorait, c'est que le propriétaire des lieux
avait remercié le vigile qui surveillait le bungalow jusqu'ici,
Ignace Jacksony, afin de l'embaucher, contre une somme inférieure
à celle perçue par son prédécesseur.
Lundi, dans la journée, le couple arrive sur les lieux.
Ils rencontrent Jacksony dans les environs. Celui-ci ne montre
envers eux aucune animosité. Mais, dans la soirée,
les choses se gâtent.
Peu après 21h, alors que le couple était déjà
endormi, des aboiements de leur chien devaient, dans un premier
temps, réveiller Rajen. Peu de temps après, des
cris provenant de l'extérieur se font entendre. Une voix
- que Rajen identifie comme celle de Noël Victorien, un sans
domicile fixe (SDF) ami à Ignace Jacksony - se fait entendre.
"Ignace ! Ignace !", appelle la voix. Puis, on
se met à frapper à la porte. La voix lui dit alors
: "Ouver laport ! Mo bizin koz ar twa enn kou".
Rajen refuse catégoriquement. La même voix se fait
alors menaçante : "Si to pa ouver, enn bom pou
eklat ar twa !"
Rs 3 000
Une autre voix se fait entendre. Rajen n'en démord pas
et ne veut toujours pas ouvrir la porte. L'un des deux hommes
se met alors à cogner dur sur la poignée de la porte
avec un objet pesant. Les assauts répétés
sur la porte ont pour effet que celle-ci finit par céder.
C'est alors qu'un homme encagoulé pénètre
à l'intérieur de la dépendance où
Rajen et son épouse dormaient. L'homme les insulte copieusement
et les menace d'un cutter. Il réclame de l'argent. Saisie
de crainte, Reshma devait lui remettre une somme de Rs 3 000,
qui représentait le salaire perçu par Rajen pour
le gardiennage des lieux.
L'homme à la cagoule fait ensuite main basse sur des bouteilles
d'alcool, un téléphone cellulaire et un fer à
repasser. Le couple l'implore de quitter les lieux avec son butin.
Mais l'homme à la cagoule ne veut rien comprendre. "Aster
la zot pou kone", leur balance-t-il avant d'agresser
Rajen à l'aide d'un tuyau d'arrosage. L'époux est
roué de coups avant d'être ligoté. "Fer
seki ou le ar nou me pa touy nou !" implore Rajen.
C'est maintenant au tour de Reshma. Toujours sous la menace de
son cutter, il devait contraindre la femme à se dévêtir
afin d'assouvir ses pulsions bestiales. Rajen supplie, implore.
Reshma aussi, qui lui fait comprendre qu'elle a des fils du même
âge que son agresseur. Mais rien n'y fait. Il abuse d'elle
sexuellement à plusieurs reprises et l'agresse avec une
bouteille de bière vide, avant de ligoter Reshma. Les sévices
durent plus de deux heures.
En quittant les lieux, le violeur/agresseur leur lance : "Zot
ena chance. Mo pa pou touy zot." C'est aux aurores, mardi
matin, que le couple est parvenu à informer la police de
l'atrocité survenue quelques heures plus tôt. Selon
les recoupements de Week-End auprès de sources policières,
le couple, visiblement éprouvé, a eu beaucoup de
mal afin de consigner une déposition en ce sens. "Ils
étaient véritablement traumatisés par ce
qu'ils avaient vécu, notamment la femme", a-t-on
fait ressortir.
La plage du Goulet
Cependant, le couple transmet une information capitale au fin
limier qu'est l'inspecteur Bhojesh Domun, responsable de la Criminal
Investigation Division (CID) de Terre-Rouge. Ils ont fait comprendre
à l'inspecteur qu'ils étaient catégoriques
à l'effet qu'une des personnes qui étaient à
l'extérieur du bungalow dans la soirée de la veille
était Noël Victorien, le SDF. C'est à partir
de là que l'enquête de l'inspecteur Domun prend sa
source.
De fil en aiguille, l'inspecteur Domun, le sergent Bheekoo et
les limiers de la CID de Terre-Rouge découvrent que, peu
avant l'agression, Noël Victorien se trouvait en compagnie
de deux autres personnes à consommer de l'alcool sous un
arbre, à la plage du Goulet. Dans un premier temps, Noël
Victorien est appréhendé. Il nie toute implication
dans cette affaire. Mais les enquêteurs ne s'arrêteront
pas en si bon chemin
Ils devaient, par la suite, établir que les deux kamarad
bwar avec qui Victorien se trouvait étaient un certain
Mike Labelle, un aide-chauffeur de 30 ans et... Ignace Jacksony,
celui-là même qui travaillait comme veilleur de nuit
au bungalow de l'infirmier, jusqu'à ce qu'il soit remplacé
par Rajen. À partir de là, les enquêteurs
se lancent sur la piste de Labelle.
Aux aurores, jeudi matin, le sergent Bheekoo et une équipe
de policiers débarque chez Labelle à Arsenal. Ce
dernier, tout nonchalant, fait mine de ne rien comprendre à
la venue des policiers et leur demande de se dépêcher
de fouiller son domicile, parce qu'il doit se rendre à
son travail. Mais c'était sans compter sur la perspicacité
du sergent Bheekoo.
Ce dernier sait pertinemment qu'il a affaire à un rusé,
qui est également fiché à la police. Le sergent
décide alors de demander à ses hommes de monter
sur le toit de la maison et d'y faire des recherches. C'est précisément
sur le toit que les policiers découvrent, dans un premier
temps, un jean, un t-shirt, un slip et une cagoule. Pressé
de questions par les enquêteurs quant à cette "découverte",
Labelle se met à table et se livre à des aveux complets.
Correction
Il explique aux enquêteurs que c'est Ignace Jacksony, lors
de la fameuse "partie boire" sur la plage du Goulet,
qui fulminait contre le fait d'avoir perdu son emploi au détriment
de Rajen, et lui avait, dans un premier temps, donné l'ordre
de "donn zot enn koreksyon". Mais cette idée,
selon Labelle, n'était pas non plus satisfaisante pour
Jacksony. Ce dernier lui avait alors dit de violer la femme autant
de fois qu'il le voulait, de façon que "tou le
de kit lakaz la enn fwa e pa retourn ankor !" Nantis
de ces confirmations, à l'effet que toute cette sordide
histoire reposait sur une affaire de vengeance, les enquêteurs
coffrent à son tour Ignace Jacksony.
Vendredi dernier, l'exécutant de la basse besogne, à
savoir Labelle, a été conduit sur les lieux du viol,
lors d'un exercice de reconstitution des faits. Cet exercice,
qui s'est déroulé sous une forte présence
policière, aura également permis à Labelle
d'indiquer l'endroit exact, à la plage du Goulet, où
les trois compères buvaient et où le complot du
viol et de l'agression du couple avait été ourdi.
Les trois suspects ont été maintenus en détention
policière.
Aux Casernes centrales
Redistribution des cartes au sein de la hiérarchie
La semaine a été fertile en rebondissements aux
Casernes centrales. Le Deputy Commissionner of Police (DCP) Crime,
Tangavel Seerunghen, numéro 1 de la Central Criminal Investigation
Division (CCID) a été muté à la Special
Supporting Unit (SSU) mercredi, à peine après être
rentré de mission. Il est remplacé à ce poste
par l'assistant commissaire de Police (ACP) Clifford Parsad, qui
était n° 1 à la Major Crime Investigation Team
(MCIT) avant l'arrivée du défunt surintendant Prem
Raddhoa à ce poste. D'autre part, une enquête serrée
a été ouverte au niveau de la CCID relativement
à l'accident survenu au véhicule de fonction de
l'Assistant commissaire de Police (ACP) Anil Kumarsing Dip. Ce
dernier, qui était affecté au Police Headquarters
a été muté à la Western Division
en même temps que le DCP Seerunghen. Si officiellement,
l'on fait ressortir que "n'importe qui peut être transféré
à n'importe quel moment", il n'en demeure pas moins
que les deux hommes sont connus pour être proches du Commissaire
de Police Mahen Gopalsingh, actuellement en congé de maladie.
Dans les milieux concernés, c'est le transfert du DCP Seerunghen
qui est le plus diversement commenté. Dans certains milieux,
l'on s'accorde à dire que le transfert de l'ancien homme
fort du CCID est imputé à la volonté du commissaire
de Police par intérim, Duneshwar Rampersad, d'asseoir son
autorité sur la force policière et de vouloir "donner
une nouvelle impulsion au CCID en y nommant l'ACP Parsad à
sa tête", tandis que dans d'autres, l'on souligne que
le DCP Seerunghen a été transféré
à cause de décisions n'ayant pas fait l'unanimité,
dont le transfert de quatre policiers à Abercrombie, suite
à des incidents qui y sont survenus.
En ce qu'il s'agit de l'ACP Dip, son transfert est commenté
comme étant "moins surprenant", dans la mesure
que ce dernier aura été "subject to close scrutiny"
depuis l'arrivée de Daneshwar Ramparsad comme commissaire
par intérim. Tous les voyages effectués par l'ACP
Dip ont été passés au crible, mais depuis
deux semaines, le DCP Rampersad et ses proches collaborateurs
ont surveillé de près un cas touchant directement
l'ACP Dip. En effet, le véhicule de fonction de l'ACP,
une Toyota Prado immatriculée 5630 DC 05 a été
impliqué dans un accident alors que ledit véhicule
aurait été conduit par un proche de l'ACP Dip, ce
qui ne serait pas conforme aux Standing Orders de la police.
Pis encore, l'enquête initiée à la demande
du DCP Rampersad a déjà commencé à
révéler certaines irrégularités. L'accident
serait survenu dans le sud et non à Pailles, contrairement
à la déclaration faite à la police à
ce sujet. Selon nos renseignements, les enquêteurs dans
cette affaire n'écartent pas que des entées relatives
à cet accident aient été fabriquées
de toutes pièces afin de protéger l'ACP Dip et son
proche. Un constable a été arrêté et
dans les girons de l'enquête, l'on souligne que d'autres
arrestations devraient intervenir d'ici peu...
Découverte macabre à Eau-Bleue vendredi
L'homme a été immolé alors qu'il était
encore vivant
La découverte du corps en partie brûlé d'un
homme âgé entre 40 ans et 45 ans, vendredi, à
Eau Bleue, a donné lieu à l'ouverture d'une enquête
policière visant à traiter le cas comme suspect.
En effet, l'autopsie effectuée dans la soirée de
vendredi par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical
Officer (PPMO), a permis d'établir que l'homme, qui n'avait
toujours pas été identifié à hier,
aurait été brûlé alors qu'il était
encore en vie. Cependant, compte tenu de l'état de décomposition
avancé du corps, le médecin-légiste n'a pas
été en mesure de certifier formellement la cause
du décès. D'autre part, il ressort que deux autres
victimes dans des cas suspects, dont les corps sont demeurés
à la morgue pendant environ une année, ont dû
être enterrés.
C'est dans le courant de l'après-midi de vendredi que le
corps en décomposition avancée d'un homme a été
découvert à la lisière d'une forêt
à Eau-Bleue. Il portait d'importantes brûlures au
dos, à l'abdomen, à la tête et à la
jambe. L'autopsie effectuée dans la soirée de vendredi
par le Dr Gungadin a permis aux policiers de Cent Gaulettes, qui
étaient les premiers sur l'affaire, d'en comprendre un
peu plus sur cette découverte macabre.
L'homme, qui serait âgé entre 40 et 45 ans, aurait
été victime d'un foul play, dans la mesure où,
selon les observations post-mortem, il aurait été
encore en vie lorsqu'il a été immolé par
le feu. Aucune fracture n'aura été décelée.
Cependant, compte tenu de l'état de décomposition
avancée du corps, le médecin-légiste n'a
pas été en mesure de certifier la nature exacte
du décès.
Si, sur place, aucune trace de lutte n'aura été
relevée par les Scene of Crime Officers (SOCO), il ressort
qu'une bouteille de Green Island et un bouchon tendent à
penser que l'homme en question n'était pas seul et trinquait
avec d'autres personnes. La présence d'une chaîne
sur les lieux donne également à penser que l'homme
aurait pu avoir été étranglé avec
cet objet, ou attaché a priori.
L'homme en question, qui n'avait pas encore été
identifié à hier, mesure environ 1,76 m. Aucun signe
distinctif (tatouage, boucle d'oreille ou autre) n'a été
relevé sur son corps. Cependant, il porte un plombage du
côté droit de la mâchoire et du même
côté il lui manque une dent. Les enquêteurs
passent actuellement au crible tous les cas de personnes portées
manquantes recensés dans la région ces derniers
temps, en vue de tenter d'identifier le corps.
"C'est un cas complexe, d'une part parce que le corps n'a
toujours pas été identifié, mais aussi parce
que l'état de décomposition avancé, de même
que les brûlures, réparties sur la moitié
de son corps, n'ont pas permis d'obtenir de plus amples renseignements
au sujet de ce cas lors de l'exercice post-mortem. Cependant,
il y a suffisamment d'éléments qui nous permettent
de traiter ledit cas comme suspect", a-t-on laissé
entendre à Week-End dans le giron de l'enquête policière.
D'autre part, deux autres corps non-identifiés, qui sont
demeurés dans différentes morgues de l'île
pendant une année, dont sept mois à Flacq, ont été
enterrés. Dans les deux cas, pendant cette durée,
personne n'a été en mesure d'identifier formellement
ces corps en dépit de tentatives multiples. Selon les recoupements
effectués par Week-End, ces deux cas seraient des foul
play.
Dans le premier cas, il s'agit d'un homme âgé entre
25 et 30 ans dont le corps avait été découvert
à Flic-en-Flac, non loin de la route menant vers le Domaine
Anna. Il avait eu la tête écrabouillée, probablement
par une voiture. Cependant, l'homme, qui était habillé
à la mode dernier cri, aurait subi un passage à
tabac au préalable. Il portait des chaussures griffées
CAT et des jeans neufs. Ses poches ne contenaient ni téléphone
cellulaire, ni portefeuille, ce qui avait donné à
la police de penser que l'homme en question avait été
attaqué.
Le deuxième cas concerne le corps d'un autre homme, découvert
à l'arrière de la station du Central Electricity
Board (CEB) de la route Nicolay, Port-Louis. Dans ce cas également,
la police a toutes les raisons de croire qu'il s'agit d'un foul
play. Les enquêtes policières dans ces affaires susmentionnées
se poursuivent toujours.
Grave accident à Quatre-Bornes
Un grave accident de la route est survenu sur le coup de 23h45
à la route St-Jean, Quatre-Bornes, entre la municipalité
et le casino Ti-Vegas. Selon certains témoins, une Toyota
de couleur blanche et une moto sont entrées en collision.
Le motocycliste, sous la violence du choc, a atterri sur le capot
du véhicule. La police de Quatre-Bornes a été
mandée sur les lieux. A l'heure où nous mettions
sous presse, ni l'état de santé du blessé,
ni son identité n'étaient encore connus