f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 4 mai 2008



  Viol et agressions de Petit-Gamin - Le mari de la victime : "Mo finn dir li fer seki ou le ar nou me pa touy nou !"
  Aux Casernes centrales - Redistribution des cartes au sein de la hiérarchie
  Découverte macabre à Eau-Bleue vendredi - L'homme a été immolé alors qu'il était encore vivant
  Grave accident à Quatre-Bornes


Viol et agressions de Petit-Gamin

Le mari de la victime : "Mo finn dir li fer seki ou le ar nou me pa touy nou !"

C'est d'une voix cassée, à peine audible, que le veilleur de nuit, dont l'épouse a été sauvagement violée dans la soirée de lundi dans un bungalow sis à Petit-Gamin, Baie-du-Tombeau, s'est confié à Week-End. Pour les besoins du témoignage qui suit, son prénom et celui de son épouse ont été remplacés par des prénoms fictifs. Dans la soirée de lundi, les vies de Rajen, 68 ans, et celle de son épouse, Reshmi, 56 ans, ont basculé dans l'horreur. Et, pourtant, ce n'était que la première fois que Rajen surveillait ce bungalow. Pouvant à peine s'exprimer, visiblement cassé par cette nuit d'horreur, il souligne que tout pouvait arriver ce soir-là. "Mo finn dir li fer seki ou le ar nou, me pa touy nou !".

"Nou finn fini net. Seki finn fer ek mo madam, li pir ki seki trouve dan film…" Ces mots proviennent de la bouche d'un homme écrasé, les larmes aux yeux, qui se demande toujours comment une telle horreur a pu être commise envers son épouse. Sans avoir besoin d'être volubile, dans les yeux de Rajen, on peut y lire l'horreur de cette nuit de lundi. Son épouse a été agressée sexuellement sous ses yeux pendant plus de deux heures, sans qu'il puisse esquisser le moindre geste pour lui venir en aide. "Sorry... Mo napa kapav koze. Me enn zafer mo ti anvi dir. Ki kalite dimoun sa ? Mo finn sipliye li. Mo madam finn siplye li. Li enn mirak si nou ankor vivan. Me seki li finn fer la..." Rajen ne peut en dire plus et éclate en sanglots.

Rajen cherchait du travail comme veilleur de nuit. Cet ancien laboureur n'avait plus la force d'affronter le dur labeur du travail dans les champs. Il pensait avoir fait une excellente affaire en se faisant embaucher comme veilleur de nuit dans ce bungalow en phase terminale de construction, appartenant à un infirmier. Rajen était d'accord pour le salaire, et aussi avec le fait que, lors de sa veillée du bungalow, son épouse Reshmi pouvait aussi être avec lui.

Ce que Rajen ignorait, c'est que le propriétaire des lieux avait remercié le vigile qui surveillait le bungalow jusqu'ici, Ignace Jacksony, afin de l'embaucher, contre une somme inférieure à celle perçue par son prédécesseur. Lundi, dans la journée, le couple arrive sur les lieux. Ils rencontrent Jacksony dans les environs. Celui-ci ne montre envers eux aucune animosité. Mais, dans la soirée, les choses se gâtent.

Peu après 21h, alors que le couple était déjà endormi, des aboiements de leur chien devaient, dans un premier temps, réveiller Rajen. Peu de temps après, des cris provenant de l'extérieur se font entendre. Une voix - que Rajen identifie comme celle de Noël Victorien, un sans domicile fixe (SDF) ami à Ignace Jacksony - se fait entendre. "Ignace ! Ignace !", appelle la voix. Puis, on se met à frapper à la porte. La voix lui dit alors : "Ouver laport ! Mo bizin koz ar twa enn kou". Rajen refuse catégoriquement. La même voix se fait alors menaçante : "Si to pa ouver, enn bom pou eklat ar twa !"

Rs 3 000

Une autre voix se fait entendre. Rajen n'en démord pas et ne veut toujours pas ouvrir la porte. L'un des deux hommes se met alors à cogner dur sur la poignée de la porte avec un objet pesant. Les assauts répétés sur la porte ont pour effet que celle-ci finit par céder. C'est alors qu'un homme encagoulé pénètre à l'intérieur de la dépendance où Rajen et son épouse dormaient. L'homme les insulte copieusement et les menace d'un cutter. Il réclame de l'argent. Saisie de crainte, Reshma devait lui remettre une somme de Rs 3 000, qui représentait le salaire perçu par Rajen pour le gardiennage des lieux.

L'homme à la cagoule fait ensuite main basse sur des bouteilles d'alcool, un téléphone cellulaire et un fer à repasser. Le couple l'implore de quitter les lieux avec son butin. Mais l'homme à la cagoule ne veut rien comprendre. "Aster la zot pou kone", leur balance-t-il avant d'agresser Rajen à l'aide d'un tuyau d'arrosage. L'époux est roué de coups avant d'être ligoté. "Fer seki ou le ar nou me pa touy nou !" implore Rajen.

C'est maintenant au tour de Reshma. Toujours sous la menace de son cutter, il devait contraindre la femme à se dévêtir afin d'assouvir ses pulsions bestiales. Rajen supplie, implore. Reshma aussi, qui lui fait comprendre qu'elle a des fils du même âge que son agresseur. Mais rien n'y fait. Il abuse d'elle sexuellement à plusieurs reprises et l'agresse avec une bouteille de bière vide, avant de ligoter Reshma. Les sévices durent plus de deux heures.

En quittant les lieux, le violeur/agresseur leur lance : "Zot ena chance. Mo pa pou touy zot." C'est aux aurores, mardi matin, que le couple est parvenu à informer la police de l'atrocité survenue quelques heures plus tôt. Selon les recoupements de Week-End auprès de sources policières, le couple, visiblement éprouvé, a eu beaucoup de mal afin de consigner une déposition en ce sens. "Ils étaient véritablement traumatisés par ce qu'ils avaient vécu, notamment la femme", a-t-on fait ressortir.

La plage du Goulet

Cependant, le couple transmet une information capitale au fin limier qu'est l'inspecteur Bhojesh Domun, responsable de la Criminal Investigation Division (CID) de Terre-Rouge. Ils ont fait comprendre à l'inspecteur qu'ils étaient catégoriques à l'effet qu'une des personnes qui étaient à l'extérieur du bungalow dans la soirée de la veille était Noël Victorien, le SDF. C'est à partir de là que l'enquête de l'inspecteur Domun prend sa source.

De fil en aiguille, l'inspecteur Domun, le sergent Bheekoo et les limiers de la CID de Terre-Rouge découvrent que, peu avant l'agression, Noël Victorien se trouvait en compagnie de deux autres personnes à consommer de l'alcool sous un arbre, à la plage du Goulet. Dans un premier temps, Noël Victorien est appréhendé. Il nie toute implication dans cette affaire. Mais les enquêteurs ne s'arrêteront pas en si bon chemin…

Ils devaient, par la suite, établir que les deux kamarad bwar avec qui Victorien se trouvait étaient un certain Mike Labelle, un aide-chauffeur de 30 ans et... Ignace Jacksony, celui-là même qui travaillait comme veilleur de nuit au bungalow de l'infirmier, jusqu'à ce qu'il soit remplacé par Rajen. À partir de là, les enquêteurs se lancent sur la piste de Labelle.

Aux aurores, jeudi matin, le sergent Bheekoo et une équipe de policiers débarque chez Labelle à Arsenal. Ce dernier, tout nonchalant, fait mine de ne rien comprendre à la venue des policiers et leur demande de se dépêcher de fouiller son domicile, parce qu'il doit se rendre à son travail. Mais c'était sans compter sur la perspicacité du sergent Bheekoo.

Ce dernier sait pertinemment qu'il a affaire à un rusé, qui est également fiché à la police. Le sergent décide alors de demander à ses hommes de monter sur le toit de la maison et d'y faire des recherches. C'est précisément sur le toit que les policiers découvrent, dans un premier temps, un jean, un t-shirt, un slip et une cagoule. Pressé de questions par les enquêteurs quant à cette "découverte", Labelle se met à table et se livre à des aveux complets.

Correction

Il explique aux enquêteurs que c'est Ignace Jacksony, lors de la fameuse "partie boire" sur la plage du Goulet, qui fulminait contre le fait d'avoir perdu son emploi au détriment de Rajen, et lui avait, dans un premier temps, donné l'ordre de "donn zot enn koreksyon". Mais cette idée, selon Labelle, n'était pas non plus satisfaisante pour Jacksony. Ce dernier lui avait alors dit de violer la femme autant de fois qu'il le voulait, de façon que "tou le de kit lakaz la enn fwa e pa retourn ankor !" Nantis de ces confirmations, à l'effet que toute cette sordide histoire reposait sur une affaire de vengeance, les enquêteurs coffrent à son tour Ignace Jacksony.

Vendredi dernier, l'exécutant de la basse besogne, à savoir Labelle, a été conduit sur les lieux du viol, lors d'un exercice de reconstitution des faits. Cet exercice, qui s'est déroulé sous une forte présence policière, aura également permis à Labelle d'indiquer l'endroit exact, à la plage du Goulet, où les trois compères buvaient et où le complot du viol et de l'agression du couple avait été ourdi. Les trois suspects ont été maintenus en détention policière.


Aux Casernes centrales

Redistribution des cartes au sein de la hiérarchie

La semaine a été fertile en rebondissements aux Casernes centrales. Le Deputy Commissionner of Police (DCP) Crime, Tangavel Seerunghen, numéro 1 de la Central Criminal Investigation Division (CCID) a été muté à la Special Supporting Unit (SSU) mercredi, à peine après être rentré de mission. Il est remplacé à ce poste par l'assistant commissaire de Police (ACP) Clifford Parsad, qui était n° 1 à la Major Crime Investigation Team (MCIT) avant l'arrivée du défunt surintendant Prem Raddhoa à ce poste. D'autre part, une enquête serrée a été ouverte au niveau de la CCID relativement à l'accident survenu au véhicule de fonction de l'Assistant commissaire de Police (ACP) Anil Kumarsing Dip. Ce dernier, qui était affecté au Police Headquarters a été muté à la Western Division en même temps que le DCP Seerunghen. Si officiellement, l'on fait ressortir que "n'importe qui peut être transféré à n'importe quel moment", il n'en demeure pas moins que les deux hommes sont connus pour être proches du Commissaire de Police Mahen Gopalsingh, actuellement en congé de maladie.

Dans les milieux concernés, c'est le transfert du DCP Seerunghen qui est le plus diversement commenté. Dans certains milieux, l'on s'accorde à dire que le transfert de l'ancien homme fort du CCID est imputé à la volonté du commissaire de Police par intérim, Duneshwar Rampersad, d'asseoir son autorité sur la force policière et de vouloir "donner une nouvelle impulsion au CCID en y nommant l'ACP Parsad à sa tête", tandis que dans d'autres, l'on souligne que le DCP Seerunghen a été transféré à cause de décisions n'ayant pas fait l'unanimité, dont le transfert de quatre policiers à Abercrombie, suite à des incidents qui y sont survenus.

En ce qu'il s'agit de l'ACP Dip, son transfert est commenté comme étant "moins surprenant", dans la mesure que ce dernier aura été "subject to close scrutiny" depuis l'arrivée de Daneshwar Ramparsad comme commissaire par intérim. Tous les voyages effectués par l'ACP Dip ont été passés au crible, mais depuis deux semaines, le DCP Rampersad et ses proches collaborateurs ont surveillé de près un cas touchant directement l'ACP Dip. En effet, le véhicule de fonction de l'ACP, une Toyota Prado immatriculée 5630 DC 05 a été impliqué dans un accident alors que ledit véhicule aurait été conduit par un proche de l'ACP Dip, ce qui ne serait pas conforme aux Standing Orders de la police.

Pis encore, l'enquête initiée à la demande du DCP Rampersad a déjà commencé à révéler certaines irrégularités. L'accident serait survenu dans le sud et non à Pailles, contrairement à la déclaration faite à la police à ce sujet. Selon nos renseignements, les enquêteurs dans cette affaire n'écartent pas que des entées relatives à cet accident aient été fabriquées de toutes pièces afin de protéger l'ACP Dip et son proche. Un constable a été arrêté et dans les girons de l'enquête, l'on souligne que d'autres arrestations devraient intervenir d'ici peu...


Découverte macabre à Eau-Bleue vendredi

L'homme a été immolé alors qu'il était encore vivant

La découverte du corps en partie brûlé d'un homme âgé entre 40 ans et 45 ans, vendredi, à Eau Bleue, a donné lieu à l'ouverture d'une enquête policière visant à traiter le cas comme suspect. En effet, l'autopsie effectuée dans la soirée de vendredi par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer (PPMO), a permis d'établir que l'homme, qui n'avait toujours pas été identifié à hier, aurait été brûlé alors qu'il était encore en vie. Cependant, compte tenu de l'état de décomposition avancé du corps, le médecin-légiste n'a pas été en mesure de certifier formellement la cause du décès. D'autre part, il ressort que deux autres victimes dans des cas suspects, dont les corps sont demeurés à la morgue pendant environ une année, ont dû être enterrés.

C'est dans le courant de l'après-midi de vendredi que le corps en décomposition avancée d'un homme a été découvert à la lisière d'une forêt à Eau-Bleue. Il portait d'importantes brûlures au dos, à l'abdomen, à la tête et à la jambe. L'autopsie effectuée dans la soirée de vendredi par le Dr Gungadin a permis aux policiers de Cent Gaulettes, qui étaient les premiers sur l'affaire, d'en comprendre un peu plus sur cette découverte macabre.

L'homme, qui serait âgé entre 40 et 45 ans, aurait été victime d'un foul play, dans la mesure où, selon les observations post-mortem, il aurait été encore en vie lorsqu'il a été immolé par le feu. Aucune fracture n'aura été décelée. Cependant, compte tenu de l'état de décomposition avancée du corps, le médecin-légiste n'a pas été en mesure de certifier la nature exacte du décès.

Si, sur place, aucune trace de lutte n'aura été relevée par les Scene of Crime Officers (SOCO), il ressort qu'une bouteille de Green Island et un bouchon tendent à penser que l'homme en question n'était pas seul et trinquait avec d'autres personnes. La présence d'une chaîne sur les lieux donne également à penser que l'homme aurait pu avoir été étranglé avec cet objet, ou attaché a priori.

L'homme en question, qui n'avait pas encore été identifié à hier, mesure environ 1,76 m. Aucun signe distinctif (tatouage, boucle d'oreille ou autre) n'a été relevé sur son corps. Cependant, il porte un plombage du côté droit de la mâchoire et du même côté il lui manque une dent. Les enquêteurs passent actuellement au crible tous les cas de personnes portées manquantes recensés dans la région ces derniers temps, en vue de tenter d'identifier le corps.

"C'est un cas complexe, d'une part parce que le corps n'a toujours pas été identifié, mais aussi parce que l'état de décomposition avancé, de même que les brûlures, réparties sur la moitié de son corps, n'ont pas permis d'obtenir de plus amples renseignements au sujet de ce cas lors de l'exercice post-mortem. Cependant, il y a suffisamment d'éléments qui nous permettent de traiter ledit cas comme suspect", a-t-on laissé entendre à Week-End dans le giron de l'enquête policière.

D'autre part, deux autres corps non-identifiés, qui sont demeurés dans différentes morgues de l'île pendant une année, dont sept mois à Flacq, ont été enterrés. Dans les deux cas, pendant cette durée, personne n'a été en mesure d'identifier formellement ces corps en dépit de tentatives multiples. Selon les recoupements effectués par Week-End, ces deux cas seraient des foul play.

Dans le premier cas, il s'agit d'un homme âgé entre 25 et 30 ans dont le corps avait été découvert à Flic-en-Flac, non loin de la route menant vers le Domaine Anna. Il avait eu la tête écrabouillée, probablement par une voiture. Cependant, l'homme, qui était habillé à la mode dernier cri, aurait subi un passage à tabac au préalable. Il portait des chaussures griffées CAT et des jeans neufs. Ses poches ne contenaient ni téléphone cellulaire, ni portefeuille, ce qui avait donné à la police de penser que l'homme en question avait été attaqué.

Le deuxième cas concerne le corps d'un autre homme, découvert à l'arrière de la station du Central Electricity Board (CEB) de la route Nicolay, Port-Louis. Dans ce cas également, la police a toutes les raisons de croire qu'il s'agit d'un foul play. Les enquêtes policières dans ces affaires susmentionnées se poursuivent toujours.


Grave accident à Quatre-Bornes

Un grave accident de la route est survenu sur le coup de 23h45 à la route St-Jean, Quatre-Bornes, entre la municipalité et le casino Ti-Vegas. Selon certains témoins, une Toyota de couleur blanche et une moto sont entrées en collision. Le motocycliste, sous la violence du choc, a atterri sur le capot du véhicule. La police de Quatre-Bornes a été mandée sur les lieux. A l'heure où nous mettions sous presse, ni l'état de santé du blessé, ni son identité n'étaient encore connus



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 4 mai 2008