é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 4 mai 2008

3 MAI : JOURNÉE MONDIALE DE LIBERTÉ DE LA PRESSE !
Gérard Cateaux


"Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit."

(Article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l'homme, 1948).

Chaque année, à pareille date, la communauté internationale est appelée à célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse tels que produits dans la Déclaration de Windhoek, le 3 mai 1991. C'est aussi le moment d'évaluer la liberté de la presse dans le monde, mais aussi de défendre l'indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont été arrêtés ou perdus leur vie dans l'exercice de leur profession.

J'ai eu l'immense privilège de participer à la Déclaration de Windhoek, dans la capitale namibienne, en ma qualité de Rapporteur général de cette conférence organisée conjointement par l'UNESCO, le UNDP et un certain nombre d'ONG ou d'associations de journalistes, dont, entre autres, Reporters Sans Frontières que dirigeait, déjà, son infatigable secrétaire général, Robert Mesnard.

Cette conférence, qui a vu la participation de plus de 300 journalistes Africains et mondiaux, avait pour objectif principal de débattre sur le thème suivant : Comment promouvoir une presse libre, indépendant et pluraliste en Afrique ? Windhoek avait été choisie, symboliquement, parce que la Namibie était le dernier État africain à avoir obtenu son indépendance de l'Allemagne coloniale.

Sous l'ère coloniale, Windhoek était divisée en trois parties : dans la ville elle-même et ses banlieues ne vivaient que des Blanc. Puis, un no man's land les séparait des coloured (métisses). Encore un nouveau no man's land qui séparait les métisses des Noirs. Je ne sais pas si ces structures de fragmentation interethniques existent toujours - peut-être Amédée Darga, lui qui compte de nombreux voyages dans ce pays, pourrait nous apporter son éclairage là-dessus - mais je puis vous dire que la communauté des journalistes, réunie à Windhoek, en est revenue traumatisée de cette expérience vécue.

Bref, la Déclaration de Windhoek a proclamé que "la création, le maintien et le renforcement d'une presse indépendante, pluraliste et libre sont indispensables au progrès et à la préservation de la démocratie dans un pays, ainsi qu'au développement économique." La Déclaration signale que, "dans de nombreux pays africains, les professionnels des médias sont encore victimes d'atteintes aux droits de l'homme et que leurs activités sont entravées par toutes sortes de pressions politiques et économiques, comme le rationnement du papier journal, les autorisations préalables à toute parution, les restrictions dans la délivrance de visas…"

Nous, les signataires, avions appelé les organisations internationales à appuyer financièrement les médias non-gouvernementaux qui "reflètent la société dans son ensemble et les divers points de vue des communautés qu'ils desservent..."

Le 3 Mai, c'est aussi "Une Journée pour 365 jours de liberté de la presse." Espérons que nos politiques, où qu'ils soient, s'en souviennent…



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