é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 4 mai 2008



  Banque de Maurice - Inflation alimentaire : 17 % en mars dernier
  Consultations prébudgétaires - GSA : « Le NPF est en pilotage automatique »
  Compensation salariale - Le flou syndical embrume le NPC
  Commerce - Chaussettes pour les diabétiques : Maurice, marché potentiel
  Pouvoir d'achat entamé - Quelle compensation salariale?


Banque de Maurice

Inflation alimentaire : 17 % en mars dernier

Les appréhensions de la Banque de Maurice par rapport aux principaux indicateurs économiques sont entre autres sur le front des prix des produits alimentaires de première nécessité. C'est ce qui ressort des dernières délibérations du Monetary Policy Committee de vendredi dernier. Cette instance a pris la décision de procéder à une nouvelle réduction de 50 Basis Points du Repo Rate, soit la troisième depuis le début de l'année. Avec le Repo Rate porté à 8 %, soit le taux le plus bas depuis décembre 2006, il faudra s'attendre à des ajustements à la baisse des taux d'intérêts pratiqués dans le secteur bancaire.

Après analyse des données économiques à Maurice et à l'étranger, la Banque de Maurice identifie deux zones d'ombres majeures, soit l'inflation alimentaire et les risques pour les emplois dans la conjoncture économique. Elle met en garde contre les risques des dérapages de l'inflation, prenant du même coup à contre-pied la prudence affichée par l'Hôtel du gouvernement à ce sujet.

La Banque centrale fait état des effets en cascade de la montée des prix en soulignant que " a large component of inflation registered was imported and operated through food and energy prices and their second-round effects ". Plus loin, dans un communiqué émis, vendredi soir, en attendant le point de presse du gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick, annoncé pour demain matin, la Banque centrale quantifie le taux de l'inflation alimentaire au premier trimestre de cette année.

" Food price inflation in Mauritius had gone up from 14.7 per cent in June 2007 to 17 per cent in March 2008, contributing to the increase in headline inflation. The Monetary Policy Committee noted that here has been some easing of headline inflation over the past two years ", ajoute le communiqué qui met l'accent sur les retombées de l'appréciation de la roupie sur le marché de change. " The pass-through effects of the appreciation of the rupee have started to be reflected in a range of consumer product prices ", rappelle la Banque de Maurice.

La Banque centrale réitère son appel à la prudence de la part des opérateurs dans le secteur commercial en ce qui concerne la fixation des prix. " The Monetary Policy Committee reiterates its call to economic operators involved in the import and distributive trade to exercise caution in their pricing Policy so as not to fuel domesticable-generated inflation ". Le communiqué note que " the view was also expressed that inflationary expectations should be contained ".

La Banque de Maurice ne passe pas par quatre chemins pour faire état des risques potentiels sur l'emploi dans la conjoncture et surtout pour le secteur de l'exportation. " While overall economic growth appeared reasonable, it was unbalanced and export-sectors could be vulnerable and jobs could be at risk ", affirme cette institution.

L'une des raisons justifiant les appréhensions de la Banque centrale concerne la détérioration de la compétitivité des secteurs tournés vers l'exportation. " The Monetary Policy Committee expressed concerns over the worsening exports competitivity of the Mauritian economy and the potential adverse impact on domestic growth prospects, for a small highly-open economy ", souligne la Banque centrale, qui rappelle que le taux d'intérêt n'est pas le seul instrument susceptible de permettre de renverser les risques d'une décélération de la croissance.

La Banque de Maurice croit que la nouvelle décision de revoir à la baisse le taux directeur bancaire devrait aider les entreprises tournées vers l'exportation. " Nevertheless, today's policy action, combined with those taken earlier, should help mitigate the downside risks to economic activity and the maintenance of employment in key sectors of the economy ", ajoute le Monetary Policy Committee, qui réaffirme son engagement dans le maintien de la stabilité des prix et la promotion d'" orderly and balanced economic development ".

En guise de préambule, le communiqué de la Banque de Maurice soutient que " concerns over the issue of food price inflation, food availability on world markets, and food security, which were being discussed worldwide, were also expressed at the meeting. The potential effects of the global economic downturn on the major industries in the domestic real sector, export-oriented as well as those producing for the domestic economy, were assessed by the Monetary Policy Committee ".


Repo Rate : la 3e baisse en trois mois

La décision du Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice de réviser le Repo Rate, le taux directeur bancaire, à la baisse est la troisième en trois mois. Avec un taux de 8 % à partir de vendredi, le taux directeur est à son plus bas niveau depuis décembre 2006, où il avait été fixé à 8.5 %

Dès le début de la semaine, il faudra s'attendre à voir les banques commerciales annoncer des baisses dans les taux d'intérêts offerts à leurs clients. Ainsi, le taux bancaire sur les épargnes pourrait descendre vers la barre des 7 % ou moins alors que le taux d'inflation prévu est de l'ordre de 8.7 %. Les Prime Lending Rates, qui tournent autour de 11 % dans le circuit bancaire, devraient descendre, selon toute probabilité jusqu'à 10.5 %.

Ci-dessous, l'évolution du Repo Rate depuis la fin de 2006 :

18 décembre 2006 : 8.5 %

30 juin 2007 : 9.25 %

22 août 2007 : 9.25 %

5 décembre 2007 : 9.25 %

6 février 2008 : 9 %

24 mars 2008 : 8.5 %

2 mai 2008 : 8 %


Consultations prébudgétaires

GSA : " Le NPF est en pilotage automatique "

Dans une communication écrite et adressée au secrétaire financier, Ali Mansoor, dans le cadre des consultations pré-budgétaires, la Government Servants Association (Social Security Branch) tire la sonnette d'alarme sur les risques que représente le pilotage automatique du Fonds national de Pension (NPF). Ismaël Shiekh Issack Imrith, le président de cette branche syndicale, réclame des mesures d'urgence du gouvernement au niveau du ministère de la Sécurité sociale pour éviter le " squandering of public funds ".

" The situation is quite alarming at the Ministry of Social Security. The present organisational structures are outdated and no longer respond to the various challenges of our modern world. We are unable to adopt a customer-oriented approach so as to satisfy the actual needs of the public. There is much dysfunction in the system and high risk of squandering of public fund ", souligne le président de la GSA (Social Security Branch) dans une correspondance en date du 28 avril. Il souligne que le récent cas de fraude découvert à la Sécurité sociale est un exemple concret des appréhensions au sujet du manque de contrôle.

" After three décades since the inception of the contributory phase of the National Pensions Scheme, it is evident that Social Compulsory Insurance (NPS) and Social Assistance (Social Aid/Poor Law) make strange bedfellows ", ajoute-t-il avant de formuler des proposition pour éviter de nouvelles détériorations de la situation à la Sécurité sociale.

La GSA (Social Security Brach) attire l'attention sur le fait que les officiers affectés à ce ministère sont appelés à s'engager dans des exercices de Fire-Fighting pour gérer les nouveaux schemes annoncés chaque année, comme l'Income Support Scheme (CEB/75 kWh), le New Exam Fees Scheme, le New Allowance to Handicaped Children, la School Attendance Allowance ou encore l'Allowance/Methadone Therapy.

" Every year, the inspectorate/enforcement section of the National Pensions is paralysed for at least for two to three months ", rappelle Ismaël Imrith, en soulignant que " the Visiting Officers/National Pensions spends an average of four days every month on accompanying medical practitioners for domiciliairy visits to applicants for invalidity pensions ".

Il ajoute que cette responsabilité ne relève pas de la gestion du fonds national de pensions car la tâche principale de ces officiers est de traquer les employeurs au sujet des contributions au NPF. Mais cet aspect du travail est négligé en raison d'autres exigences.

La GSA (Social Securit Branch) s'appesantit sur la responsabilité du Visiting Officer/Social Aid (VO/SA). " The degree of responsability of the VO/SA is very High as the grant of assistance dépends mainly on his/her report ", note le président en soulignant que le montant de l'aide sociale accordée annuellement est de l'ordre de Rs 345 millions,

" The huge amount of money involved and the concentration of power in the hands of the officers warrants a highly efficient control mechanism. Unfortunately, the present organisational structures do not guarantee such rigorous control over taxpayers' money ", fait-il ressortir. Pour le simple cas du paiement des frais d'examens, un officier de la Sécurité sociale est appelé à traiter pas moins de 300 demandes par an, soit une somme de Rs 2.5 millions avec tous les risques que cela comporte. Il ajoute qu'en moyenne 700 personnes bénéficient de manière frauduleuse de l'assistance sociale chaque mois, vu que les officiers dans les 69 sections ne sont pas en mesure de procéder à toutes les vérifications nécessaires.

En guise de conclusion, le syndicat soutient que " a through revision of the structure would cost less than one third of the amount squandered and would bring remedy. The Union is of the view that the load cases for each section should not exceed 175. More emphasis should be laid on quality of the job rather than quantity as is the case presently. "


Compensation salariale

Le flou syndical embrume le NPC

À 33 jours de la présentation du Budget 2008/09, le point du quantum de la compensation salariale à être payée aux salariés du privé à partir du 1er juillet 2008 demeure encore entier. En effet, le véritable problème concerne le fonctionnement du National Pay Council (NPC). Alors que le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, a convoqué en début de semaine une séance de travail au sujet de cette instance (qui a remplacé les tripartites pour la compensation salariale), les syndicats se présentent en ordre dispersé avec un véritable flou sur les perspectives de développement.

" Le véritable problème n'a pas été résolu. Les deux critères contestés par le mouvement syndical, notamment la productivité et la Capacity to Pay, en vue de fixer le quantum de la prochaine compensation salariale, sont toujours maintenus. Les responsables des syndicats ne peuvent dire qu'ils ont eu gain de cause sur des points fondamentaux. Le gouvernement n'a accordé que des concessions cosmétiques aux syndicalistes, notamment des consultations pour le choix du président du NPC ", a fait comprendre à Week-End un des syndicalistes en première ligne du combat contre le remplacement des négociations tripartites.

Les recoupements d'informations que nous avons effectués indiquent que des lézardes se font voir dans le mouvement syndical quant à un retour au sein du National Pay Council. Ceux qui prônent la ligne dure, avec la nécessité d'éliminer les deux critères contraignants pour le taux de compensation salariale, ont du mal à imposer leur point de vue avec au moins une centrale syndicale relativement proche du pouvoir se disant prête à revoir son boycott du NPC et une autre fédération syndicale montant des signes de faiblesse.

La réunion convoquée par le ministre du Travail et des Relations industrielles en début de semaine pour un Wrapping Up au sujet du National Pay Council devrait apporter des débuts de réponse à la situation floue qui prévaut dans la conjoncture compte tenu de l'urgence d'engager les consultations sur la compensation salariale. À pareille époque l'année dernière, le National Pay Council était sur le point de soumettre ses recommandations au gouvernement.

Dans les milieux syndicaux, l'on n'écarte pas la possibilité que le scénario de 2007 ne se répète avec le ministre du Travail procédant au choix des représentants des employés pour permettre à cette instance de fonctionner. La nécessité de revoir la composition et le fonctionnement du National Pay Council fait suite à un rapport du Bureau international du Travail (BIT) demandant au gouvernement de revoir sa copie en vue d'encourager le Collective Bargaining.

" Mais contrairement à l'année dernière, l'enjeu de la compensation salariale est plus important pour les salariés du privé. National Pay Council ou pas, les fonctionnaires et les employés des corps para-publics sont assurés d'une révision salariale avec la publication du rapport du Pay Research Bureau à la fin de ce mois. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances a clairement indiqué que la fonction publique et les corps para-étatiques sont exclus de la compensation salariale en cette année du PRB ", rappelle un des syndicalistes engagés dans le privé.

Entre-temps, la demande pour une " Full Compensation " et la notion de rattrapage salarial dans un contexte de flambée généralisée de prix de première nécessité sont éclipsées par le bras intrasyndical au sujet du National Pay Council.


Restructuration oblige ! - 320 employés de Sweat Sun jetés sur le pavé vendredi

Fin de semaine traumatisante pour des employés d'une unité de Sweat Sun du groupe Palmar. Au vu d'une restructuration des opérations industrielles dans un contexte économique qui se dégrade, ce groupe, dont le principal marché d'exportation demeure les États-Unis, a pris la décision de procéder au licenciement de 320 employés, Mauriciens aussi bien qu'étrangers, de sa filiale des Plaines-Wilhems.

Selon les indications disponibles, la direction du groupe Palmar a déjà communiqué au ministère du Travail et des Relations industrielles sa décision. Les employés ont été informés que leur compensation leur sera versée à la fin de ce mois. Un Job Fair en vue de faciliter le recyclage de la main-d'œuvre licenciée est prévu au cours de la semaine.

L'élaboration de plans de restructuration dans le secteur du textile est d'actualité dans la mesure où pas moins de quatre autres unités de confection pourraient approcher le ministère du Travail et des Relations industrielles pour mettre au point certains derniers détails. Pas moins d'un millier d'emplois se trouvent menacés.

La principale raison avancée pour justifier ces compressions du personnel demeure la situation économique difficile sur les principaux marchés d'exportation. Les risques de récession sur le marché américain poussent les entreprises à revoir leurs prévisions de production. Le fléchissement du dollar américain sur le marché de change vient se greffer sur ce contexte extrêmement difficile.

D'autre part, la situation au niveau de Manupan, entreprise de textile en liquidation, est toujours en suspens. Les représentants de Blueberry International Limited, qui avaient signifié leur intention de reprendre les opérations de Manupan, ne se sont pas manifestés auprès du liquidateur jusqu'ici.

Quelque 300 emplois restent dans le flou et tout semble indiquer que les négociations en vue d'une reprise devront être engagées avec un consortium de sauvetage comprenant des hommes d'affaires mauriciens. Les premiers contacts devront être établis dans les meilleurs délais en vue de résoudre ce problème.


Commerce

Chaussettes pour les diabétiques : Maurice, marché potentiel

U. Rosen, le directeur de la multinationale Uriel - spécialisée dans les soins et traitements de problèmes de pieds - est actuellement en voyage d'affaires à Maurice. L'objectif est d'examiner les possibilités de fabriquer par les usines de textiles mauriciennes plusieurs produits de son entreprise. L'initiative de cette visite revient à Robert Le Maire (RLM) Ltd, représentant de la marque Uriel à Maurice.

La gamme des produits Uriel, comprenant entre autres des pommades de protection et de traitement des problèmes de pieds, mais aussi des supports de gel de silicone pour le confort de la plante et des orteils du pied, est maintenant disponible sur le marché mauricien. A travers un accord entre Uriel et la division Médicale et Laboratoires de RLM Ltd, ces produits seront mis en vente uniquement à travers le réseau des pharmacies. RLM Ltd, qui a également obtenu le contrat pour promouvoir la ligne de produits Uriel à Madagascar, souhaite renforcer sa position dans le secteur de la santé des diabétiques, sur lequel, l'entreprise est présente depuis 1996 avec les produits d'Aboot Diagnostics (firme britannique spécialisée dans les testes de précision du taux de glucose) et Axis Shield, qui permet le suivi des personnes diabétiques. Lors du lancement officiel de la gamme de produits Uriel à Maurice, au Domaine Les Pailles, la semaine dernière, les directeurs de RLM ont suggéré au directeur d'Uriel de considérer le savoir-faire mauricien en matière de textile. En effet, présente dans plus de 35 pays à travers le monde, l'un de produits phares de Uriel est les chaussettes pour les diabétiques. Ces chaussettes en coton, tissées de manière spéciale, sans couture, afin de ne produire aucune pression sur les pieds sensibles, sont également faites de fils en argent, incorporés afin d'assurer des effets antiseptiques et désodorisants. L'idée est d'évaluer la possibilité d'Uriel de s'approvisionner localement pour les matières textiles de ses chaussettes pour les diabétiques.


Pouvoir d'achat entamé

Quelle compensation salariale?

Selon la dernière prévision du Bureau central des statistiques (BCS), le taux d'inflation pour l'année financière qui s'achève le 30 juin prochain sera de deux points inférieur à celui - record - de l'année financière précédente. Mais mieux que toute autre mesure, les récriminations populaires à n'en plus finir contre la vie chère témoigne, bel et bien, que le pouvoir d'achat des Mauriciens, particulièrement, celui des plus vulnérables, s'amenuise. Alors que les partenaires sociaux s'apprêtent à arrêter le taux de la nouvelle compensation salariale, Week-End fait le point…

A 8.7% contre 10.7% en 2006/07, l'inflation 2007/08 sera, quand même, à son deuxième taux le plus élevé de ces 14 dernières années. Pour être "acceptable" dans le contexte local, des milieux autorisés estiment que ce taux ne saurait dépasser le cap de 5%.

Alors que les autorités gouvernementales - le ministre des Finances, en tête - ne cessent, depuis un certain temps, de rappeler que la plupart des clignotants économiques ont viré au vert, les récriminations populaires contre la vie chère ne cessent non plus de se faire entendre.

Déjà, le Household Budget Survey 2006/07 publié en novembre de l'année dernière indiquait qu'en cinq ans, la moyenne mensuelle des dépenses de consommation des familles qui était de l'ordre de Rs 11,390 en 2001/02 avait atteint Rs 15,188 en 2006/07; soit une hausse de 33.3% en cinq ans. Principal poste de dépenses des familles : l'alimentation (boissons alcoolisées exclues) qui représente quelque 30% des dépenses des ménages.

Le BCS indique dans son relevé de l'évolution de l'Indice des Prix à la Consommation (CPI) pour le premier trimestre 2008 que c'est, précisément, au poste "food and non-alcoolic beverages" que l'on aura noté la plus forte tendance à la hausse des prix entre décembre 2007 et mars 2008 (5.3%).

Les raisons : hausses de la farine (30.2%) et du pain (22.8%) le 19 janvier de même que celles du lait et des produits laitiers (9%), de l'huile de cuisine (15.4%), du poisson (5.1%) et du poulet (4.6%), entre autres. Depuis, la menace de la crise alimentaire mondiale se précise et l'on parle, notamment, de l'imminence d'une flambée du prix du riz.

Preuve additionnelle que le pouvoir d'achat s'amoindrit et que la population s'appauvrit : le nombre de ménages vivant sous le seuil de pauvreté selon les critères du BCS s'est accru par 0.3% en cinq ans; passant de 23,700 familles (7.7% de l'ensemble des ménages) en 2001/02 à 26,900 familles (8% des ménages) en 2006/07.

30 ans de compensation salariale

Chaque année, depuis plus de 30 ans, les salariés bénéficient, à compter du premier mois de la nouvelle année financière, d'une compensation financière supposée compenser la perte de leur pouvoir d'achat durant l'année financière précédente.

Jusqu'à l'an dernier, le montant de cette compensation était calculé dans le cadre de "négociations tripartites" gouvernement/patronat/syndicats. Techniquement, l'unique critère utilisé pour le calcul était le taux d'inflation pour l'année financière qui s'achève. Depuis, il y a eu l'institution fort controversée du National Pay Council (NPC).

Outre l'inflation, trois autres critères très contestés par les syndicats ont été inclus; à savoir, la productivité, la capacité de payer des entreprises et le taux de chômage. C'est ainsi que pour un fort taux d'inflation de 10.7% en 2006/07, le pourcentage maximal qui avait été payé au terme des "négociations" avait éte de l'ordre de 8.7% pour ceux touchant jusqu'à Rs 3000 mensuellement, soit Rs 261. Le critère d'inflation n'avait, alors, compté que pour 50% dans le calcul du taux final de compensation.

"Nous sommes contre l'imposition de nouveaux critères pour le calcul de la compensation. La base des négociations doit demeurer l'Indice des Prix à la Consommation (CPI) quitte, pour cela, à ce que chaque partenaire vienne avec des arguments pour suggérer que d'autres facteurs soient tenus en ligne de compte", explique Ashok Subron, conseiller technique de la General Workers' Federation (GWF).

Selon le syndicaliste, "l'imposition" des critères de productivité, de capacité de payer et de taux de chômage est contesté par les syndicats dans la mesure où il s'agit là de critères "pro-patronaux". "Dans ces conditions, pourquoi ne pas aussi imposer d'autres critères tel le coefficient Gini", se demande-t-il.

Pour M. Subron, la compensation salariale vise, comme son appellation l'indique, à compenser, essentiellement, la perte du pouvoir d'achat. Elle est payable, explique-t-il encore, sur les salaires de base. Or, déclare Ashok Subron, le critère de productivité est déjà tenu en compte lors de la publication des rapports du Pay Research Bureau (PRB), du National remuneration Board (NRB) ou dans le cadre des négociations sectorielles.

"Le seul chiffre qui affecte les travailleurs, dit-il, c'est l'inflation alors que la productivité varie d'un secteur à l'autre". La compensation, fait-il ressortir, ne s'applique pas sur les "productivity related components of wages" tels l'"attendance bonus" ou le "productivity bonus".

"Pas moins de Rs 800 par tête de salarié": c'est, à ce stade, ce que réclame les syndicats. Un chiffre arrêté sur la base des dépenses moyennes de chaque salarié selon le dernier Household Expenditure Survey et en tenant compte du taux d'inflation.

A ceux qui trouvent "déraisonnable" une telle demande dans la mesure où elle risque de relancer l'inflation, Ashok Subron soutient que cette assertion ne s'est jamais vérifiée dans les faits. Il en veut pour preuve que même le paiement des dernières recommandations du PRB en 2003 n'ont, en rien, relancé l'inflation.

C'est le cas de le dire: alors que le "ti-kari" se fait de plus en plus cher, à quelle sauce le salarié sera-t-il mangé, cette fois, lors des travaux du NPC? Les paris sont ouverts…


Mieux comprendre: Le CPI Basket

Pour mesurer la perte du pouvoir d'achat (l'inflation), le Bureau central des statistiques (BCS) suit l'évolution des prix d'un panier de biens et services. Constitué à partir du Household Budget Survey, ce panier (le CPI Basket) reflète la moyenne des dépenses des ménages sur un certain nombre de biens et services.

Les articles constituant ce panier sont sélectionnés sur la base de leur importance dans la consommation des dépenses. Selon l'importance de chaque dépense, un "poids" est accordé à chaque article. Ce "poids" s'exprime par un chiffre par 1000.

Les produits dans le panier sont classifiés selon la Classification of Consuumption Expenditure according to Purpose des Nations Unies (UN COICOP). Ils se déclinent en douze divisions, 43 groupes et 84 classes.

Pour le calcul régulier de l'Indice des Prix à la Consommation (CPI) qui, lui-même, permettra l'établissement de taux réguliers d'inflation, le BCS procède, régulièrement, à la collecte des prix des produits contenus dans le panier.

Chaque mois, quelque 7 800 offres de prix pour 1 080 articles sont collectés de quelque 400 points de vente à Maurice et à Rodrigues. Les prix d'articles non-périssables sont collectés au niveau des neuf districts de Maurice ainsi qu'à Rodrigues.

Quant aux prix des fruits frais, des légumes, de la viande et du poisson, ils sont collectés chaque semaine dans neuf marchés situés à Port-Louis, Rose-Hill, Quatre-Bornes, Vacoas, Mahébourg, Flacq, Goodlands, Pamplemousses et Port-Mathurin.

Quant aux informations concernant les prix du loyer, elles sont obtenues à partir d'une enquête trimestrielle auprès d'une centaine de maisons à louer. L'ensemble des prix collectés sont ceux que tout membre du public aurait dû payer pour s'acheter les produits ou services concernés.

Ces prix comprennent les taxes qui lui sont imposées. Depuis juillet 2007, le CPI est calculé sur la base d'un nouveau panier de produits et de services constitué sur la base du dernier Household Budget Survey de 2006/07.



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